Vers où va-t-on ?:Que signifie le plein emploi ?

Vers où va-t-on ?


Que signifie le plein emploi ?

Posted: 06 Oct 2018 04:44 AM PDT

Article original de Chris Hamilton, publié le 4 septembre 2018 sur le site Econimica
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

La récession est droit devant… mais cette fois, avec un rebondissement

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Les maths ne sont généralement pas n’importe quoi. Elles peuvent être tordues et torturées par les statistiques et alambiquées par les formules, mais en général, les mathématiques simples sont à peu près aussi honnêtes qu’elles peuvent l’être. Ainsi, à la fin de 2017, lorsque le Bureau of Labor Statistics (BLS) a suggéré que le nombre d’emplois allait augmenter de 11,5 millions au cours de la prochaine décennie (2016-2026), j’ai pensé à faire le calcul pour voir par moi-même s’il y aurait une croissance démographique suffisante pour soutenir cela. J’ai récemment écrit un article expliquant pourquoi il était mathématiquement improbable que la croissance de l’emploi américain se poursuive et pourquoi la croissance économique sous Trump ne serait qu’illusoire, mais il m’a fallu un certain temps pour réfuter spécifiquement le BLS. En bref, les maths disent qu’il n’y a aucune chance que le BLS ait raison. Mais pourquoi ?


À des fins de comparaison, revenons à la période de 1995 à 2004 et comptons simplement la croissance de la population par groupe d’âge plus le taux de participation de chaque groupe d’âge (disponible sur le site du BLS). Nous constatons que la population américaine âgée de 15 ans et plus a augmenté de 26 millions, et en multipliant chaque tranche d’âge par leur taux de participation, la population active potentielle a augmenté de 16,8 millions. [À noter pour compléter une série actuelle de Lance Welton sur unz.com que le lien du BLS établit très officiellement des statistiques raciales, NdT].

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Ensuite, si l’on considère la prochaine décennie (2019 à 2028), la population âgée de 15 ans et plus augmentera pour atteindre environ 80 % de la période de croissance maximale, mais la répartition de cette croissance signifie que la main-d’œuvre potentielle augmentera moins pour atteindre seulement 40 % de la croissance observée il y a 20 ans, c’est-à-dire que 17,6 millions des 21,2 millions de personnes ajoutées seront âgées de 65 ans et plus, avec près de la moitié de la croissance totale de la population chez les 75 ans et plus.

Comme le montrent les bulles au-dessus de chaque groupe d’âge dans le graphique ci-dessous, les taux de participation (% de la population active) varient énormément selon l’âge. Les personnes de 75 ans et plus ont un taux de participation de 8,4 %, comparativement à 81,3 % chez les personnes de 25 à 54 ans ou 71 % chez les 15 à 64 ans. Le BLS estime que le taux de participation des 75 ans et plus atteindra 10,8 % d’ici 2026. Mais les augmentations mineures du taux de participation chez les 65 ans et plus et les 75 ans et plus représentent simplement une différence potentielle de quelques centaines de milliers de personnes sur une décennie… Une simple erreur d’arrondi.

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Croissance annuelle de la population âgée de 15 ans et plus aux États-Unis, par segment d’âge

Voici ci-dessous, la croissance annuelle de la population âgée de 15 ans et plus, ventilée selon les segments d’âge, de 1951 à 2028. La croissance totale a fait un double pic en 1975 et en 1999, atteignant 2,9 millions de personnes par an avant la chute démographique qui a débuté en 2008. En 2018, la croissance de la population américaine de plus de 15 ans représentait environ 70 % de la croissance maximale, soit 2,1 millions de personnes par année. Cependant, comme l’illustrent les graphiques ci-dessous, les groupements à l’origine de l’augmentation ont radicalement changé.

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Croissance annuelle potentielle de la main-d’œuvre aux États-Unis, par segment d’âge

En prenant le graphique ci-dessus, mais en se basant sur les taux de participation actuels, ci-dessous, on peut constater la croissance annuelle de la main-d’œuvre potentielle… et l’impact est énorme. La décélération démographique du nombre d’employés potentiels depuis 1999 devrait être assez évidente. Et ce ralentissement de la croissance des employés représente aussi un ralentissement de la croissance des consommateurs pour les voitures, les maisons, etc… Moins il y a de de croissance du nombre d’employés, moins il y a de potentiel de croissance au niveau de l’activité économique. Ainsi, la baisse des taux d’intérêt et l’augmentation de l’endettement par personne sont les ingrédients du maintien d’un taux de croissance artificiellement élevé.

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Rapport emploi-population aux États-Unis, par segment d’âge

Ainsi, lorsque je montre que nous sommes globalement au plus haut des ratios emploi/population pour les cohortes de 25 à 54 ans et de 55 à 64 ans et que les changements structurels signifient probablement que les 15 à 24 ans sont également au maximum de leur taux d’emploi ou près de celui-ci … alors comme la croissance de l’emploi est la cause essentielle de la croissance de la consommation, il est probablement temps de penser à ce qui va se passer ensuite !

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Pour ceux qui sont curieux de savoir comment il est possible de faire face à une telle décélération et vieillissement de la croissance de la population américaine alors qu’en même temps il y a un nombre record de grues et de constructions… Je détaille comment cela se produit avec la grande fracture entre les régions urbaines et rurales (Sud, Ouest, Midwest, Nord-est) et comment cette situation est globale par nature

Chris Hamilton

Alors vous pensez que la science sauvera le monde ? Vous en êtes sûr ?

Posted: 06 Oct 2018 04:31 AM PDT

Article original de Ugo Bardi, publié le 27 août 2018 sur le site Cassandra Legacy
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

 

Je comprends qu’en publiant ce billet, je peux donner des munitions à la foule anti-science. Mais nous ne pouvons pas nous cacher dans une tour d’ivoire et dire aux gens que la science est parfaite telle quelle. Nous avons besoin de réformes profondes dans la façon de faire de la science.

En Italie, nous avons un terme pour ceux qui s’engagent dans une tâche beaucoup trop grande et trop difficile pour eux. Nous les appelons « l’armée Brancaleone » (Armata Brancaleone), un terme qui vient du titre d’un merveilleux film italien de 1966 où un chevalier italien autoproclamé tente de diriger une armée de combattants incompétents. Les tristes conditions de la science de nos jours me font parfois penser à l’histoire de l’armée de Brancaleone.

« Qu’est-ce que la vérité ? », ces mots célèbres ne viennent pas d’un scientifique mais d’un homme politique, Ponce Pilate, gouverneur de Palestine à l’époque romaine. En tant que politicien, Pilate savait très bien comment la vérité pouvait être tordue, étirée, tranchée, cuite, aromatisée et réarrangée de plusieurs façons afin d’être vendue aux gens. Les choses ne sont pas différentes, aujourd’hui. En politique, la vérité est ce que vous percevez comme vrai. Après tout, n’est-il pas vrai que nous pouvons créer notre propre réalité ? (Un fonctionnaire du gouvernement américain aurait dit cela au moment de l’invasion de l’Irak, en 2003.)

Finalement, l’Empire romain est mort noyé dans ses propres mensonges, c’était un effondrement épistémologique. Quelque chose de semblable peut nous arriver : nous ne pouvons pas continuer longtemps à ignorer la réalité, croyant que nous pouvons fabriquer la nôtre, et tromper tout le monde dans le processus.

Mais qu’en est-il de la science ? La science n’est-elle pas capable de nous dire ce qu’est la réalité selon sa « méthode scientifique » très prisée ? En principe, oui, mais la science est loin d’être une parfaite machine à rechercher la vérité. Les attaques que la science reçoit de toutes parts ont une certaine justification : en tant que scientifiques, nous ne pouvons pas prétendre pouvoir sauver le monde si nous ne nettoyons pas d’abord devant chez nous.

Un élément critique du ventre mou de la science moderne est le processus appelé « examen par les pairs ». Si vous n’êtes pas familier avec cette procédure, laissez-moi vous l’expliquer. L’idée est que lorsque les scientifiques veulent diffuser les résultats de leurs études sous la forme d’un « article », ils le soumettent à une revue « peer-reviewed », (évaluée par les pairs). Leur manuscrit sera envoyé à un certain nombre (généralement 2 ou 3) d’évaluateurs anonymes – des scientifiques travaillant dans le même domaine – qui recommanderont le rejet ou la publication et, dans ce dernier cas, avec des changements pour améliorer le document. (pour plus de détails, voir cet excellent article de Jon Tennant).

Jusqu’à présent, tout va bien : si tout le monde fait de son mieux pour accomplir le travail de révision, le processus pourrait donner de bons résultats. Et, en effet, l’examen par les pairs est censé être l’« étalon-or » de la science. L’accusation typique que les climatologues adressent à leurs critiques est que leurs articles ne sont pas examinés par des pairs : ils sont souvent publiés dans des blogs à motivation politique, et ils n’ont pas la rigueur des vrais articles scientifiques. C’est souvent un point de vue correct, la science du climat est aujourd’hui l’un des domaines scientifiques les plus avancés et les plus vitaux, et les critiques qui lui sont adressées sont normalement de mauvaise qualité et politiquement biaisées.

Mais il y a un problème : il y a beaucoup de choses qui peuvent mal tourner avec l’examen par les pairs. Tout d’abord, cela n’empêche pas la mauvaise science de s’infiltrer. Il est toujours possible, avec un peu d’effort et de patience, de trouver une combinaison favorable de critiques et de rédacteurs en chef et d’arriver à publier dans une revue sérieuse un article qui n’est pas parfaitement correct. Cela s’est produit et certains cas sont vraiment scandaleux. Vous pouvez voir celui-ci, par exemple, où les auteurs ont sorti de nulle part une toute nouvelle physique nucléaire basée sur des preuves expérimentales pour le moins bancales, et tout cela afin d’expliquer des phénomènes qui avaient d’autres explications, parfaitement valables.

À ce stade, préparez-vous à une surprise : les revues scientifiques n’ont AUCUN moyen de remédier à une erreur. Une fois qu’un article est publié dans une revue à comité de lecture, il est inscrit dans le corpus de la « science officiellement approuvée ». À moins qu’il ne s’agisse d’escroqueries évidentes, comme le plagiat ou de fausses données, le fait que la plupart des scientifiques sur le terrain pensent que le document est erroné n’est pas suffisant pour qu’il soit retiré. Le mieux que les autres scientifiques peuvent faire est de soumettre un commentaire aux rédacteurs – qui seront généralement aussi heureux de le publier qu’ils sont heureux de voir leur dentiste. Ensuite, les auteurs du document commenté pourront soumettre leurs contre-commentaires et l’ensemble du processus ne servira qu’à leur donner plus de visibilité – et c’est exactement ce qui s’est passé avec le document dont je vous parlais.

De l’autre côté du processus d’évaluation par les pairs, le filtre rend presque impossible la publication d’idées novatrices, surtout pour les jeunes chercheurs. Les réviseurs sont un groupe auto-sélectionné, souvent formé de messieurs âgés, dont l’objectif principal semble être de s’assurer que rien de ce qui contraste avec leurs opinions ne passe à travers le filtre. Et je ne parle pas du processus incroyablement lent, long et frustrant de traiter avec des examinateurs qui n’ont rien compris de votre travail, mais qui pensent néanmoins qu’ils peuvent le démolir et même s’en moquer. Les critiques peuvent toujours réussir à transformer un papier parfaitement bon en un pâle brouillon juste parce qu’ils veulent y peser de tout leur poids. Le pire, c’est quand ils ne seront pas heureux tant qu’ils n’auront pas imposé leur point de vue aux auteurs, les forçant à écrire le document comme ils le souhaitent (les réviseurs).

Qu’en est-il des normes dans l’examen ? Encore une fois, préparez-vous à une surprise : il n’y en a pas, zéro, zéro, zéro, zéro, zéro, nul. Tout le processus se déroule dans le secret, les auteurs ne savent pas qui est la personne qui a obtenu le droit d’abuser d’une position d’anonymat confortable, il n’y a pas de norme pour savoir quel type de critique est supposé être acceptable ou non, ni quel type de réfutation est supposé être acceptable ou non. Les rédacteurs en chef peuvent faire ce qu’ils veulent avec cette soumission et, normalement, il n’y a pas de procédure qu’un auteur puisse suivre pour protester contre ce qu’il considère comme un traitement injuste de son article.

Maintenant, assigneriez-vous à quelqu’un le travail de – disons – concevoir un avion sur la base de cette méthode d’examen ? Voudriez-vous l’utiliser une fois qu’il sera construit ? Donc, si vous êtes un scientifique, pensez-vous que vous pouvez sauver le monde de cette façon ? Et l’examen par les pairs n’est pas le seul problème de la science moderne.

Heureusement, la science n’est pas encore l’escroquerie qu’elle est accusée d’être, par exemple, par ceux qui rejettent la science du climat. Mais si nous ne faisons pas quelque chose rapidement pour nous améliorer, nous risquons de voir la science perçue par tout le monde comme une escroquerie. Et n’avons-nous pas dit qu’en politique, la vérité est ce que vous percevez comme étant vrai ?
Cet article s’inspire d’un article de Jon Tennant. et d’un article de Jem Bendell.

Ugo Bardi

Note du traducteur

L’auteur oublie ou passe aussi sous silence le financement de la recherche. Comme pour le journalisme, l’auto-censure doit y régner en maitre. Qui va jouer sa carrière et ses financement sur un travail en contradiction frontale avec la doxa politico-financière du moment ? Le mème du moment, c’est le réchauffement climatique. Si vous abondez, vous avez de l’argent ; si vous êtes critique, plus de sous, comme les journalistes qui se retrouvent privés d’antenne. Pute ou chômeur …

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