Pascal Lamy

A l’omc comme ailleurs,il a toujours échoué! »Ah quelle terrible époque que celle où des crétins dirigent des aveugles »-Shakespeare.

NOACHES

Commissaire européen, directeur général de l’OMC de 2005 à 2013 et membre trésorier du Siècle, Pascal fait également de menus travaux auprès du club Bilderberg, du Council on Foreign Relations, de l’ONG américaine Transparency International ou encore des « Amis de l’Europe ». C’est sans doute la raison pour laquelle il se déclarait favorable (2014) à « des petits boulots qui ne sont pas forcément payés au SMIC ».

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OJIM : Le Monde: De quotidien vespéral de référence à quotidien crépusculaire de déférence

Crises Décryptage Désinformation Droit international France Propagande Syrie

 L’«œil borgne sur la Syrie», nombril du Monde

oeil-syrie

 

Le Monde se veut non le centre du Monde, mais le nombril du Monde. De ce privilège il use souvent avec discernement, le plus souvent, sans discernement.

Ainsi Jean Marie Colombani décrétera un beau jour de septembre 2001, sans crier gare, que nous étions « tous Américains », s’arrogeant abusivement le droit de prendre en otage l’opinion française, négligeant les méfaits des États-Unis au Vietnam et les ravages de l’effet orange sur sa population civile, la vitrification nucléaire de cibles civiles au Japon (Hiroshima et Nagasaki), la transformation de l’Amérique latine en vaste « République bananière » pour le seul profit de la compagnie « United Fruit ». Sans compter le soutien américain aux dictatures d’Augusto Pinochet (Chili), de Jorge Videla (Argentine) et de Ferdinand Marcos (Philippines), ainsi que la déstabilisation du tiers monde du Guatemala (Arbenz), à l’Iran (Mossadegh) à l’Indonésie (Ahmad Soekarno), avec à la clé deux millions de communistes indonésiens exécutés.

Juste retour des choses : JMC, l’ancien maître du Monde, le commensal de Torcello, finira sa carrière rubricard d’un journal gratuit d’un nabab capitaliste.

Ignace Leverrier, Florence Aubenas : La dette d’honneur du Journal le Monde à l’égard de Haytham Manna

Sa lointaine et éphémère successeure, Nathalie Nougayrède, fera du journal de Beuve Mery un amplificateur multiplex des thèses atlantistes du pouvoir socialiste, nichant dans ses colonnes, comme autant de meurtrières, de faux nez de l’administration française, exerçant une sorte de police de la pensée dans la digne tradition des régimes totalitaires.

Dans ce dispositif, une place particulière sera occupée par le blog du clandestin de l’administration Pierre Vladimir Glassman, ancien résident à Damas, perçu dans les milieux progressistes arabes de Beyrouth comme un chiffreur de l’ambassade et désigné sous le sobriquet « Al Kazzaz ». Sous le pseudonyme d’Ignace Leverrier, toujours ce besoin de clandestinité, il animera dès le début de la guerre de Syrie un blog « Un œil borgne sur la Syrie », qui se vivra comme le prescripteur d’opinion du Monde.

Tirant profit de la crédibilité du journal pour agir en toute immunité, crachant leur venin en toute impunité, la première dame directrice du Monde privera, paradoxalement, de « droit de réponse » les cibles de la haine cyberactiviste des porte-flingues des services français, alors que ce quotidien, propriété du trio millionnaire BNP (Berger-Niel-Pigasse), bénéfice, au titre de la pluralité de la presse, d’une subvention de 18 millions d’euros par an, financée par les contribuables.

Le Journal le Monde s’est ainsi particulièrement singularisé dans la couverture de Syrie par une vision hémiplégique du cours de la guerre. Il se distinguera en qualifiant d’autorité, arbitrairement, un opposant historique au régime baasiste, Haytham Manna, de « pro-Assad », sans la moindre justification.

L’ostracisation de tout débat public d’un opposant historique syrien -de surcroît laïc et démocratique- est en contradiction tant avec la déontologie professionnelle qu’avec les valeurs que le quotidien professe. Mais cette stigmatisation participe surtout d’une contre-vérité historique en ce qu’il est de notoriété publique que le propre frère de Haytham Manna, meneur du premier soulèvement de Deraa, en Aoùt 2011, déclencheur du soulèvement populaire de Syrie, a été l’un des premiers manifestants tués par les forces de l’ordre et que son cousin a été tué lui aussi sous la torture quinze jours plus tard.

Au regard de ce tribut de sang, la stigmatisation du Monde est d’autant plus gratuite et délibérée que l’animateur du site « Un œil borgne sur la Syrie », Leverrier-Glassman-, un de ses plus importants pourfendeurs, est redevable à l’opposant syrien de sa jonction avec Sadreddine Bayanouni, à l’époque chef des Frères Musulmans de Syrie. Une jonction opérée par Haytham Manna à la demande pressante de son compagnon de route le dirigeant communiste Riyad Turk, qui pensait, à tort, orchestrer par ce biais une campagne médiatique pour favoriser sa libération de prison.

Au delà de ces considérations, cette stigmatisation signe surtout la marque d’une rare ingratitude lorsque l’on songe que l’une des plumes du journal, l’amnésique Florence Aubenas, égérie des djihadistes d’Alep, ancienne otage en Irak des collègues djihadistes de Syrie, lui est redevable de sa liberté, en ce que M. Haytham Manna était intercédé auprès de ses geôliers irakiens en sa qualité de président du « Comité Arabe des Droits de l’Homme », jouissant de surcroît de son prestige d’opposant à la double dictature baasiste en Syrie et en Irak.

L’amitié avec Michel Seurat, ni passe droit, ni rente de situation

L’amitié avec le chercheur Michel Seurat, dont se prévalait Leverrier Al Kazzaz pour justifier ses anathèmes, ne saurait valoir rente de situation, ni passe droit à l’intoxication et au mensonge. D’autres amis de l’otage français décédé en captivité à Beyrouth honorent sa mémoire dans l’exercice rigoureux de leur profession, sans étalage, ni marchandage.

Faisons un sort aux poncifs, au risque de déplaire aux pontifiants : Haytham Manna doit sa sortie de Syrie au co-voiturage sympathisant du couple Seurat, à la fin de la décennie 1970. Ah la mémorable manœuvre de dissimulation de Marie Seurat Mamarbachi au poste frontière de Masna’a pour camoufler l’identité du fugitif, à l’époque l’opposant le plus activement recherché des services syriens.

Eh Oui. Rien moins que cela. Il fallait être sur place, sur le terrain, et bénéficier de la confiance des protagonistes de cette affaire pour accéder à ses informations périlleuses et non se borner à conjecturer à distance, à coups d’anathèmes. La règle d’or de la profession est de ne parler que de ce que l’on sait et non de fantasmer sur ce que l’on ignore.

Alors Messieurs du journal Le Monde : Haytham Manna, légèrement, modérément, furieusement ou farouchement pro Assad ? En tout cas plus ancien, plus déterminé et plus constant dans son opposition et à ce titre bénéficiant d’une plus grande considération que certains des « chouchous » du Monde, qui n’hésitaient pas à faire des offres de service au président syrien, dans le domaine de la communication présidentielle, en 2008-2009, lors de son séjour parisien à l’occasion du sommet de l’Union Pour la Méditerranée, soit deux ans avant le déclenchement du soulèvement syrien. Ah quelle calamité ces opposants de la dernière heure et leur zèle néophyte.

Qualifier de « pro-assad », au prétexte de la criminaliser, toute pensée dissidente porte la marque d’une indigence intellectuelle et d’une forfaiture morale, dont les deux anciens résidents de Damas, François Burka Burgat et Ignace Levrrier, auront été l’incarnation la plus pitoyable d’un comportement de délateur dans la pure tradition des corbeaux français.
Dans une zone en proie à un intégrisme dont Laurent Fabius, l’exfiltré du Quai d’Orsay en a été le chantre, Haytham Manna serait manipulé par qui ? Au profit de qui ? Et surtout financé par qui ? Par les bailleurs de fonds des hôtes réguliers des médias français, y compris des colonnes du Monde ?

Que les édicrates du Monde interrogent donc Eric Chevallier, à l’époque garde-chiourme de l’opposition syrienne wahhabite, sur ses tentatives désespérées de décrocher un « Shake Hand/Hollande-Manna » pour la galerie. Une opération « PO and PR » -photo opportunity and public relations-, comme le jargon de la profession désigne cette opération de compensation des voyagistes américains destinés à la galerie et visant à établir un faux équilibre de traitement.

Faut-il émarger sur le budget des pétromonarchies du Golfe ou bénéficier du label « arabe de service » pour disposer de l’agrément du journal Le Monde ? L’indépendance gêne-t-elle tant au point de criminaliser un opposant non affilié à aucune structure atlantiste ou à un groupement djihadiste ? La vénalité constitue-t-elle une marque de notoriété sociale et partant de visibilité médiatique ?

Le tandem équarisseur de la Syrie, la France et la Turquie, est-il le mieux placé pour assumer un rôle prescripteur dans un pays anciennement sous son mandat ? Sous peine traîtrise, d’un comportement relevant d’une abjection morale absolue, la fonction d’un bi-national est elle de lancer un appel à la guerre depuis son pays d’accueil contre son pays d’origine ?
Que l’on se le dise : Une pensée défaitiste est une pensée de vaincus. Le verdict est sans appel :http://www.madaniya.info/2016/03/10/syrie-opposition-pensee-de-vaincu-pensee-vaincue-1/

Pour aller plus loin sur la problématique de la guerre de Syrie, le témoignage de Robert Kennedy Jr sur les enjeux sous jacents de ce conflit, infiniment plus complexe que les analyses sommaires des graphomanes de la presse française : http://www.politico.eu/article/why-the-arabs-dont-want-us-in-syria-mideast-conflict-oil-intervention/

Nicolas Henin (*) et le silence du Monde sur le père Paolo Dall’Oglio

Ignace Leverrier, décédé l’été 2015, la réanimation de son site moribond a été confiée au journaliste Nicolas Henin rescapé des geôles djihadistes de Syrie, sans doute affligé de la même pathologie que sa consœur Florence Aubenas, victime du « syndrome de Stockholm ».
Depuis sa libération contre rançon, c’est à dire contre un flux de trésorerie aux djihadistes en guerre contre la France, l’homme consacre ses écrits et ses interventions télévisées, non à fustiger ses anciens geôliers, mais le pouvoir baasiste, exclusivement le pouvoir baasiste, certes éminemment critiquable, sans jamais émettre la moindre critique ni sur les dérives de la diplomatie française, ni sur son alliance contre-nature avec le djihadisme erratique, dont l’un des fleurons n’est autre que « Jabhat An Nosra », qui fait « du bon travail en Syrie », selon l’expression du sortant Laurent Fabius.

Nicolas Henin ainsi que ses trois autres camarades de captivité qui avaient bénéficié pour leur libération d’un « prix d’ami pour le rôle de la France dans la guerre anti Assad », -une rançon de 16 millions de dollars négociée via les services de renseignements turcs- demeure taiseux sur ses ravisseurs et sur les compagnons de route des ravisseurs du Père Paolo Dall’Oglio, refondateur du monastère catholique syriaque de Mar Moussa (monastère de Saint Moise l’Abyssin, dans le désert du Nord de Damas, porté disparu depuis juillet 2013).
Pour information la rançon réclamée par les ravisseurs du prêtre italien est de l’ordre de 50 millions de dollars, un chiffre comparativement infiniment plus élevé que celui fixé pour les journalistes français « en raison de la passivité de l’Italie en Syrie ».

Un « œil borgne sur la Syrie » ne saurait porter un bon regard sur la Syrie, tout au plus un regard torve. Telles sont les lois implacables de l’optique et de la vision.

Emporté par son aveuglement dogmatique, Al Kazzaz ira même jusqu’à justifier la prise d’otages par les djihadistes des religieuses de Maaloula (Syrie), en toute quiétude d’esprit. Une opération de désinformation dans la pure tradition de l’agitprop des régimes totalitaires : «L’attaque de Maaloula moins menaçante pour les Chrétiens que certaines couvertures médiatiques », a écrit son fils Frantz Glasman, en digne successeur du pousse au crime. Autrement dit, le saccage d’une bourgade chrétienne et la capture de 17 religieuses, -c’est à dire des dames, civiles en habit religieux et désarmées-, est moins grave qu’un article de presse.

Cette monstruosité déclenchera une riposte vigoureuse de l’Agence FIDES, le contraignant à un rétropédalage honteux, sans le moindre rappel à l’ordre de la hiérarchie. Tout autre journal que Le Monde aurait été rivé au sol pour « négationnisme » pour une telle énormité… Décidément Jabhat An Nosra fait du « bon travail en Syrie » au point de gangrener le cortex cérébral du clan Glasman.
Cf. Sur ce lien http://www.renenaba.com/les-mediactivistes-francais-une-lecture-de-l-histoire-par-le-filtre-religieux/

Un deuxième site du Monde est précisément animé par un qatarophile compulsif incompressible, Nabil En Nasri, reconverti dans la « dé-radicalisation » après avoir longtemps soufflé sur les braises depuis les colonnes même du Monde.
Plus grave, au delà des intimidations et de la partialité dont il a fait preuve dans le traitement de la guerre, se sont superposées, les analyses fallacieuses de l’équipe rédactionnelle, au diapason de la thématique du Quai d’Orsay.
Ainsi un papier collectif signé de dix mains désignera le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Hamad Ben Jassem, comme le diplomate le plus fin du Monde arabe, alors que HBJ, de sinistre mémoire, passe pour avoir été le responsable direct du désastre de Bab Amro, (région de Homs, Février 2012) qui a sonné le glas des espérances atlantistes, particulièrement françaises, en Syrie.http://www.renenaba.com/hbj-le-symptome-de-la-megalocephalite/.

HBJ, celui là même qui s’est opposé avec force à la constitution d’un Front démocratique commun entre Haytham Manna et Bourhane Ghalioune, son ancien lieutenant, le jugeant « mou ». Cette information est contenue dans la « tribune libre » adressée par Haytham Manna au Monde, en janvier 2016, et censurée par le quotidien vespéral. Imprudence supplémentaire, cette distinction était de surcroît intervenue six mois avant l’éjection du qatari impulsif par sa télécommande américaine. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/01/13/chronologie-des-printemps-arabes_4347112_3218.html

La métaphore animalière du Cobra et de la Mangouste

Autre exemple de la divagation des prétendus spécialistes français du Monde arabe, la trop fameuse métaphore animalière du « cobra » Mohammad Morsi terrassant la « mangouste » (armée égyptienne). Un papier qui se voulait définitif sur ce sujet. Par malchance, le président néo-islamiste a été emporté au terme d’un an de son mandat rendant caduque cette métaphore et risible son auteur. Même les documentaires animaliers confirment la supériorité de la mangouste, qui s’empare de la gorge du cobra, au terme d’un combat épique et le traîne pour son festin mérité. Partout la mangouste triomphe, sauf au journal le Monde.
La preuve par l’image sur ce lien :
https://www.youtube.com/watch?v=ztOAvhcWY-8

Pour mémoire, le « cobra » du Monde avait déjà mordu la poussière une première fois, sous Nasser, en 1954. Venant de la part du chef du service international du journal, une telle faribole a révélé le manque de connaissance du journaliste sur un pays dont il a été pourtant correspondant en poste pendant 5 ans (1994-1999), son absence de perspicacité en même temps que l’altération de la fonction critique du journalisme. N’est pas Eric Rouleau qui veut. Un strabisme divergent qui confond le tout et le n’importe quoi, alors que la zoologie converge sur ce point avec une froide analyse des rapports de force.

CF. à ce propos :

Le chimique soluble dans le ridicule

Soyons charitables et passons sur la grande enquête de deux envoyés spéciaux du Monde à propos de l’usage par l’armée syrienne des armes chimiques dans la région de Ghouta, banlieue de Damas. Des échantillons d’une preuve irréfutable, soutenaient-ils, avant que les justiciers ne sombrent dans le ridicule dans la foulée de la remarquable enquête de Seymour Hersch qui en démontrera et la manipulation et la mystification de l’une des plus grandes opérations d’intoxication de l’époque contemporaine.
http://www.madaniya.info/2014/12/15/seymour-hersh-the-red-line-and-the-rat-line/

Le journal Le Monde actera d’ailleurs la défaite française, en même temps que la sienne propre, dans son édition du 1er octobre 2013 : « Loin d’être à la remorque des Américains, la France a cherché à les tirer vers une politique plus décisive sur une politique qui a fait 110.000 morts et menace tout le Moyen orient », soutiendra Nathalie Nougayrède dans un éditorial intitulé « les limites de l’influence française ».

Ce constat a retenti comme une oraison funèbre de la diplomatie française. Il a été d’autant plus amère que le journal dressait ce jour-là un portrait, en double page, de sa bête noire et de ses blogueurs attitrés : « Bachar Al-Assad, sans une égratignure… Le Lion de Damas sort renforcé du compromis diplomatique qui a suivi le massacre au sarin ». Non Nathalie Nougayrède. Pas du fait du massacre au sarin. Mais du fait du délire des parrains de l’opposition off-shore syrienne et des dérives de leurs poulains. Non Madame, la France n’assume pas une fonction de « diplomatie de repère », ni de balises, mais une diplomatie de repaires et de tanières.

De la casuistique du Monde

Le Monde (6 janvier 2016), mu par un souci tardif de fausse objectivité, s’est résolu à demander des explications à Mohammad Allouche, chef de Jaych Al Islam, sur ces relations avec Jabhat An Nosra, la franchise syrienne d’Al Qaida. Le chef du mouvement salafiste djihadiste lui a répondu en ces termes sibyllins : « Aussi longtemps qu’Al Nosra combattra le régime, il y a de la place pour une coopération militaire, mais nous avons des différends idéologiques. Nous avons demandé au Front Al Nosra de se distancier d’Al Qaida. Cela a échoué ».

Le Monde, curieusement, s’abstiendra de poser la moindre question sur le sort du père Paolo Dall’Oglio, détenu par ses collègues djihadistes. Surtout pas des questions qui fâchent. Point barre. Circulez, il n’y a rien à voir.

Point n’est pourtant besoin d’être grand clair pour décrypter ce langage abscons, sans doute formaté par les sessions intensives des experts français dépêchés à Riyad pour initier les mercenaires wahhabites aux subtilités de la technique des éléments de langage. La réponse est là en toute clarté avec le mot d’ordre qui ne laisse place à aucune ambiguïté : « La démocratie c’est l’idolâtrie ». Il suffit de lire en détail, sur ce lien, la coopération entre Al Qaida, Jaych Al Islam, Ahrar Al Cham. http://www.madaniya.info/2016/02/01/le-mouvement-islamique-ahrar-al-sham-les-hommes-libres-du-levant/

Que les confrères du Monde souffre ce rappel à l’ordre. Foin de casuistique : Daech, Al Qaida, Jaych Al Islam, Ahrar Al Cham constituent autant de variations sur le même thème : L’état de Droit qu’ils préconisent repose sur un traitement d’égalité fondé sur l’injustice, en ce qu’un minoritaire est condamné du fait même de son statut de minorité qui fait qu’il n’a pas le choix, soit il renonce à son identité d’origine, soit il meurt. Qu’un sunnite n’est pas condamné du fait de sa naissance, mais du fait de sa divergence avec la ligne idéologique dominante. Qu’enfin un musulman non sunnite est tout simplement un non musulman et en subit les conséquences.

Pour s’en convaincre observez le traitement journalistique que réserve Al Jazira aux opérations de Daech, où il n’est nul part fait mention de « victimes » quand il s’agit de signaler les « tués » de Daech. Pas « Dahhiya » mais « Qatil ». Jamais le terme de « terrorisme » pour les opérations de Daech par la chaîne du du Qatar, le propriétaire du « Paris Saint Germain », le club de la capitale sinistrée par ses affidés.

Les arabisants médiatisés, les Français convertis au zèle de néophyte, les orientalistes de salon auraient dû relever ces distorsions de langage. Mais c’est prendre le risque de déplaire au Prince et de se vouer à une vie de cachot médiatique.

Au delà de la lancinante question du maintien ou non à la tête de l’état syrien de Bachar Al Assad, force est d’admettre que l’idéologie djihadiste est une idéologie éradicatrice. Nier cette réalité, c’est se rendre au mieux complice d’une tentative d’éradication de toute diversité au Moyen orient, au pire partenaire d’un génocide. Pour aller plus loin sur la fable de « l’opposition modérée ».

http://galacteros.over-blog.com/2016/02/camaieu-de-vert-fonce-l-instructif-panorama-des-rebelles-syriens.html

Le Mic Mac du Monde avec Haytham Manna, opposant historique au régime syrien : Le Nec plus ultra de la fourberie

La reprise des pourparlers de Genève III sur la Syrie, fin janvier 2016, a donné lieu à une rencontre entre Haytham Manna et un correspondant du Monde, au terme de cinq ans de brouille, à la demande du journaliste. Une telle prise de contact avait alors été interprétée par des observateurs sur place comme une volonté du Monde de nuancer sa position sur le conflit syrien à proximité du départ du Quai d’Orsay de Laurent Fabius, le mentor occulte du quotidien.

Que nenni. En France, c’est bien connu, on ne change pas une équipe qui perd, surtout si elle va droit dans le mur en klaxonnant. L’entretien a duré 2 heures 30 au terme duquel l’assurance a été donnée qu’aucune retouche ne serait apporter au texte de l’opposant historique au régime syrien. Mais le texte a été refusé à la publication pour une sombre question de comptabilité des signes qui masquait mal une compatibilité des lettres.

Gaidz Minassian, Directeur de la page « Idées » du journal Le Monde, -drôle d’idée- est membre du trio arménien composé des cousins Ara Toranian et Frank Mourad Papazian et de sa personne, qui s’est livré à une OPA sur la communauté arménienne de France en vue d’une synergie avec le CRIF. Proche de Frédéric Encel -le « GUD GUY » par excellence de l’extrême droite israélienne et réserviste de l’armée israélienne sur le Golan-, il est particulièrement sensible à la règle de jeu initiée par son mentor botuliste.

Pour aller plus loin sur Gaidz Minassian, cf. à ce propos :
http://www.madaniya.info/2015/04/25/hommage-aux-victimes-du-genocide-armenien-et-du-groupe-manouchian/

Ah les misères du journalisme d’accompagnement.

La destruction de la Libye par la France et ses amis arabes (Qatar) a fragilisé le pré-carré français en Afrique (Mali, Tunisie). En toute impunité pour ses concepteurs. Au prix fort pour la Libye, ses habitants, son environnement et la sécurité régionale.

Gardons nous donc d’une lecture exclusivement occidentaliste des événements : L’avènement d’une « Syrie nouvelle, sans Assad » présuppose l’avènement d’une « Arabie saoudite nouvelle, sans une dynastie obscurantiste et takfiriste », Il en est de même pour le Qatar. Et s’il n’y a « pas de printemps en Syrie », c’est tout bonnement parce qu’il n’y a « pas eu de printemps à Bahreïn ». Et la sécurité du Monde arabe et son développement futur ne sont pas réductibles à la sanctuarisation d’Israël et du ravitaillement énergétique des pays industrialisés.

D’autres paramètres s’imposent en priorité, notamment la constitution d’un « seul critique » du Monde arabe, par le dépassement de sa balkanisation, à l’effet de peser sur la scène mondiale, le réequilibrage stratégique du Monde pour le dégager de l’étreinte de la majorité de blocage détenue au sein de la Ligue arabe par les monarchies arabes du fait de leur alliance avec les confettis de l’empire (Djibouti et Comores). Enfin, dernier et non le moindre des priorités, le combat contre l’alliance contre nature des « grandes démocraties occidentales » avec le syndicat monarchique le plus obscurantiste de la planète, qui entrave toute fluidité politique et sociale du Monde arabe de même qu’une évolution harmonieuse de l’Islam.

Le Monde de même que Libération ont ainsi assumé une fonction invasive dans cette guerre… À la manière d’une plante invasive, ils ont détruit la biodiversité dans les espaces qu’ils ont conquis.
De quotidien vespéral de référence, Le Monde a muté, à la faveur de la guerre de Syrie, en quotidien crépusculaire de déférence.
Au « Hall of Fame » de la profession aurait pu y figurer le site « Médiapart » n’était-ce la présence insidieuse et sournoise, tapie dans ses colonnes, de l’islamophiliste Thomas Pierret « burqa Boy’s » par excellence et archétype des intellectoïdales français. Pierret stigmatisera, arbitrairement, de « pro-assad » le « Collectif pour la Syrie », alors que ce groupement apolitique qui fédère la fine fleur de l’intelligentzia syrienne de France et des sympathisants français de la Syrie maintiendra à flot, contre la volonté des pouvoirs publics, mais grâce à son réseau relationnel, le prestigieux Lycée Charles de Gaulle de Damas, l’ultime instance culturelle française encore en activité en Syrie.

La couverture médiatique de la guerre de Syrie passera à la postérité comme l’un des épisodes les plus honteux de l’histoire de la presse française. Durant cette séquence, l’honneur de la presse française a porté le nom de 3 titres : la Croix, L’Humanité et le Figaro. L’honneur de la profession. L’honneur de la France.

René Naba | 11 avril 2016

(*)  Nicolas Hénin est le fils de l’ancien président de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, l’historien Jean François Hénin. Donc il fait partie du nec plus ultra de l’establishment. Ce qui lui ouvre beaucoup de portes et lui permet dans le même temps de défendre les intérêts de la technostructure de même que de la corporation médiatico politique. Cela lui permet aussi de dire beaucoup de bêtises en toute impunité. La captivité lui a ouvert les grandes portes de la notoriété. Curieux qu’il soit consultant à BFM -tout comme le djihadologue Romain Abdallah Caillet-, poste qu’il cumule avec l’ animateur du site « Un oeil borgne sur la Syrie, du journal Le Monde. [ASI]

Le Monde: De quotidien vespéral de référence à quotidien crépusculaire de déférence

Crises Décryptage Désinformation Droit international France Propagande Syrie

 L’«œil borgne sur la Syrie», nombril du Monde

oeil-syrie

 

Le Monde se veut non le centre du Monde, mais le nombril du Monde. De ce privilège il use souvent avec discernement, le plus souvent, sans discernement.

Ainsi Jean Marie Colombani décrétera un beau jour de septembre 2001, sans crier gare, que nous étions « tous Américains », s’arrogeant abusivement le droit de prendre en otage l’opinion française, négligeant les méfaits des États-Unis au Vietnam et les ravages de l’effet orange sur sa population civile, la vitrification nucléaire de cibles civiles au Japon (Hiroshima et Nagasaki), la transformation de l’Amérique latine en vaste « République bananière » pour le seul profit de la compagnie « United Fruit ». Sans compter le soutien américain aux dictatures d’Augusto Pinochet (Chili), de Jorge Videla (Argentine) et de Ferdinand Marcos (Philippines), ainsi que la déstabilisation du tiers monde du Guatemala (Arbenz), à l’Iran (Mossadegh) à l’Indonésie (Ahmad Soekarno), avec à la clé deux millions de communistes indonésiens exécutés.

Juste retour des choses : JMC, l’ancien maître du Monde, le commensal de Torcello, finira sa carrière rubricard d’un journal gratuit d’un nabab capitaliste.

Ignace Leverrier, Florence Aubenas : La dette d’honneur du Journal le Monde à l’égard de Haytham Manna

Sa lointaine et éphémère successeure, Nathalie Nougayrède, fera du journal de Beuve Mery un amplificateur multiplex des thèses atlantistes du pouvoir socialiste, nichant dans ses colonnes, comme autant de meurtrières, de faux nez de l’administration française, exerçant une sorte de police de la pensée dans la digne tradition des régimes totalitaires.

Dans ce dispositif, une place particulière sera occupée par le blog du clandestin de l’administration Pierre Vladimir Glassman, ancien résident à Damas, perçu dans les milieux progressistes arabes de Beyrouth comme un chiffreur de l’ambassade et désigné sous le sobriquet « Al Kazzaz ». Sous le pseudonyme d’Ignace Leverrier, toujours ce besoin de clandestinité, il animera dès le début de la guerre de Syrie un blog « Un œil borgne sur la Syrie », qui se vivra comme le prescripteur d’opinion du Monde.

Tirant profit de la crédibilité du journal pour agir en toute immunité, crachant leur venin en toute impunité, la première dame directrice du Monde privera, paradoxalement, de « droit de réponse » les cibles de la haine cyberactiviste des porte-flingues des services français, alors que ce quotidien, propriété du trio millionnaire BNP (Berger-Niel-Pigasse), bénéfice, au titre de la pluralité de la presse, d’une subvention de 18 millions d’euros par an, financée par les contribuables.

Le Journal le Monde s’est ainsi particulièrement singularisé dans la couverture de Syrie par une vision hémiplégique du cours de la guerre. Il se distinguera en qualifiant d’autorité, arbitrairement, un opposant historique au régime baasiste, Haytham Manna, de « pro-Assad », sans la moindre justification.

L’ostracisation de tout débat public d’un opposant historique syrien -de surcroît laïc et démocratique- est en contradiction tant avec la déontologie professionnelle qu’avec les valeurs que le quotidien professe. Mais cette stigmatisation participe surtout d’une contre-vérité historique en ce qu’il est de notoriété publique que le propre frère de Haytham Manna, meneur du premier soulèvement de Deraa, en Aoùt 2011, déclencheur du soulèvement populaire de Syrie, a été l’un des premiers manifestants tués par les forces de l’ordre et que son cousin a été tué lui aussi sous la torture quinze jours plus tard.

Au regard de ce tribut de sang, la stigmatisation du Monde est d’autant plus gratuite et délibérée que l’animateur du site « Un œil borgne sur la Syrie », Leverrier-Glassman-, un de ses plus importants pourfendeurs, est redevable à l’opposant syrien de sa jonction avec Sadreddine Bayanouni, à l’époque chef des Frères Musulmans de Syrie. Une jonction opérée par Haytham Manna à la demande pressante de son compagnon de route le dirigeant communiste Riyad Turk, qui pensait, à tort, orchestrer par ce biais une campagne médiatique pour favoriser sa libération de prison.

Au delà de ces considérations, cette stigmatisation signe surtout la marque d’une rare ingratitude lorsque l’on songe que l’une des plumes du journal, l’amnésique Florence Aubenas, égérie des djihadistes d’Alep, ancienne otage en Irak des collègues djihadistes de Syrie, lui est redevable de sa liberté, en ce que M. Haytham Manna était intercédé auprès de ses geôliers irakiens en sa qualité de président du « Comité Arabe des Droits de l’Homme », jouissant de surcroît de son prestige d’opposant à la double dictature baasiste en Syrie et en Irak.

L’amitié avec Michel Seurat, ni passe droit, ni rente de situation

L’amitié avec le chercheur Michel Seurat, dont se prévalait Leverrier Al Kazzaz pour justifier ses anathèmes, ne saurait valoir rente de situation, ni passe droit à l’intoxication et au mensonge. D’autres amis de l’otage français décédé en captivité à Beyrouth honorent sa mémoire dans l’exercice rigoureux de leur profession, sans étalage, ni marchandage.

Faisons un sort aux poncifs, au risque de déplaire aux pontifiants : Haytham Manna doit sa sortie de Syrie au co-voiturage sympathisant du couple Seurat, à la fin de la décennie 1970. Ah la mémorable manœuvre de dissimulation de Marie Seurat Mamarbachi au poste frontière de Masna’a pour camoufler l’identité du fugitif, à l’époque l’opposant le plus activement recherché des services syriens.

Eh Oui. Rien moins que cela. Il fallait être sur place, sur le terrain, et bénéficier de la confiance des protagonistes de cette affaire pour accéder à ses informations périlleuses et non se borner à conjecturer à distance, à coups d’anathèmes. La règle d’or de la profession est de ne parler que de ce que l’on sait et non de fantasmer sur ce que l’on ignore.

Alors Messieurs du journal Le Monde : Haytham Manna, légèrement, modérément, furieusement ou farouchement pro Assad ? En tout cas plus ancien, plus déterminé et plus constant dans son opposition et à ce titre bénéficiant d’une plus grande considération que certains des « chouchous » du Monde, qui n’hésitaient pas à faire des offres de service au président syrien, dans le domaine de la communication présidentielle, en 2008-2009, lors de son séjour parisien à l’occasion du sommet de l’Union Pour la Méditerranée, soit deux ans avant le déclenchement du soulèvement syrien. Ah quelle calamité ces opposants de la dernière heure et leur zèle néophyte.

Qualifier de « pro-assad », au prétexte de la criminaliser, toute pensée dissidente porte la marque d’une indigence intellectuelle et d’une forfaiture morale, dont les deux anciens résidents de Damas, François Burka Burgat et Ignace Levrrier, auront été l’incarnation la plus pitoyable d’un comportement de délateur dans la pure tradition des corbeaux français.
Dans une zone en proie à un intégrisme dont Laurent Fabius, l’exfiltré du Quai d’Orsay en a été le chantre, Haytham Manna serait manipulé par qui ? Au profit de qui ? Et surtout financé par qui ? Par les bailleurs de fonds des hôtes réguliers des médias français, y compris des colonnes du Monde ?

Que les édicrates du Monde interrogent donc Eric Chevallier, à l’époque garde-chiourme de l’opposition syrienne wahhabite, sur ses tentatives désespérées de décrocher un « Shake Hand/Hollande-Manna » pour la galerie. Une opération « PO and PR » -photo opportunity and public relations-, comme le jargon de la profession désigne cette opération de compensation des voyagistes américains destinés à la galerie et visant à établir un faux équilibre de traitement.

Faut-il émarger sur le budget des pétromonarchies du Golfe ou bénéficier du label « arabe de service » pour disposer de l’agrément du journal Le Monde ? L’indépendance gêne-t-elle tant au point de criminaliser un opposant non affilié à aucune structure atlantiste ou à un groupement djihadiste ? La vénalité constitue-t-elle une marque de notoriété sociale et partant de visibilité médiatique ?

Le tandem équarisseur de la Syrie, la France et la Turquie, est-il le mieux placé pour assumer un rôle prescripteur dans un pays anciennement sous son mandat ? Sous peine traîtrise, d’un comportement relevant d’une abjection morale absolue, la fonction d’un bi-national est elle de lancer un appel à la guerre depuis son pays d’accueil contre son pays d’origine ?
Que l’on se le dise : Une pensée défaitiste est une pensée de vaincus. Le verdict est sans appel :http://www.madaniya.info/2016/03/10/syrie-opposition-pensee-de-vaincu-pensee-vaincue-1/

Pour aller plus loin sur la problématique de la guerre de Syrie, le témoignage de Robert Kennedy Jr sur les enjeux sous jacents de ce conflit, infiniment plus complexe que les analyses sommaires des graphomanes de la presse française : http://www.politico.eu/article/why-the-arabs-dont-want-us-in-syria-mideast-conflict-oil-intervention/

Nicolas Henin (*) et le silence du Monde sur le père Paolo Dall’Oglio

Ignace Leverrier, décédé l’été 2015, la réanimation de son site moribond a été confiée au journaliste Nicolas Henin rescapé des geôles djihadistes de Syrie, sans doute affligé de la même pathologie que sa consœur Florence Aubenas, victime du « syndrome de Stockholm ».
Depuis sa libération contre rançon, c’est à dire contre un flux de trésorerie aux djihadistes en guerre contre la France, l’homme consacre ses écrits et ses interventions télévisées, non à fustiger ses anciens geôliers, mais le pouvoir baasiste, exclusivement le pouvoir baasiste, certes éminemment critiquable, sans jamais émettre la moindre critique ni sur les dérives de la diplomatie française, ni sur son alliance contre-nature avec le djihadisme erratique, dont l’un des fleurons n’est autre que « Jabhat An Nosra », qui fait « du bon travail en Syrie », selon l’expression du sortant Laurent Fabius.

Nicolas Henin ainsi que ses trois autres camarades de captivité qui avaient bénéficié pour leur libération d’un « prix d’ami pour le rôle de la France dans la guerre anti Assad », -une rançon de 16 millions de dollars négociée via les services de renseignements turcs- demeure taiseux sur ses ravisseurs et sur les compagnons de route des ravisseurs du Père Paolo Dall’Oglio, refondateur du monastère catholique syriaque de Mar Moussa (monastère de Saint Moise l’Abyssin, dans le désert du Nord de Damas, porté disparu depuis juillet 2013).
Pour information la rançon réclamée par les ravisseurs du prêtre italien est de l’ordre de 50 millions de dollars, un chiffre comparativement infiniment plus élevé que celui fixé pour les journalistes français « en raison de la passivité de l’Italie en Syrie ».

Un « œil borgne sur la Syrie » ne saurait porter un bon regard sur la Syrie, tout au plus un regard torve. Telles sont les lois implacables de l’optique et de la vision.

Emporté par son aveuglement dogmatique, Al Kazzaz ira même jusqu’à justifier la prise d’otages par les djihadistes des religieuses de Maaloula (Syrie), en toute quiétude d’esprit. Une opération de désinformation dans la pure tradition de l’agitprop des régimes totalitaires : «L’attaque de Maaloula moins menaçante pour les Chrétiens que certaines couvertures médiatiques », a écrit son fils Frantz Glasman, en digne successeur du pousse au crime. Autrement dit, le saccage d’une bourgade chrétienne et la capture de 17 religieuses, -c’est à dire des dames, civiles en habit religieux et désarmées-, est moins grave qu’un article de presse.

Cette monstruosité déclenchera une riposte vigoureuse de l’Agence FIDES, le contraignant à un rétropédalage honteux, sans le moindre rappel à l’ordre de la hiérarchie. Tout autre journal que Le Monde aurait été rivé au sol pour « négationnisme » pour une telle énormité… Décidément Jabhat An Nosra fait du « bon travail en Syrie » au point de gangrener le cortex cérébral du clan Glasman.
Cf. Sur ce lien http://www.renenaba.com/les-mediactivistes-francais-une-lecture-de-l-histoire-par-le-filtre-religieux/

Un deuxième site du Monde est précisément animé par un qatarophile compulsif incompressible, Nabil En Nasri, reconverti dans la « dé-radicalisation » après avoir longtemps soufflé sur les braises depuis les colonnes même du Monde.
Plus grave, au delà des intimidations et de la partialité dont il a fait preuve dans le traitement de la guerre, se sont superposées, les analyses fallacieuses de l’équipe rédactionnelle, au diapason de la thématique du Quai d’Orsay.
Ainsi un papier collectif signé de dix mains désignera le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Hamad Ben Jassem, comme le diplomate le plus fin du Monde arabe, alors que HBJ, de sinistre mémoire, passe pour avoir été le responsable direct du désastre de Bab Amro, (région de Homs, Février 2012) qui a sonné le glas des espérances atlantistes, particulièrement françaises, en Syrie.http://www.renenaba.com/hbj-le-symptome-de-la-megalocephalite/.

HBJ, celui là même qui s’est opposé avec force à la constitution d’un Front démocratique commun entre Haytham Manna et Bourhane Ghalioune, son ancien lieutenant, le jugeant « mou ». Cette information est contenue dans la « tribune libre » adressée par Haytham Manna au Monde, en janvier 2016, et censurée par le quotidien vespéral. Imprudence supplémentaire, cette distinction était de surcroît intervenue six mois avant l’éjection du qatari impulsif par sa télécommande américaine. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/01/13/chronologie-des-printemps-arabes_4347112_3218.html

La métaphore animalière du Cobra et de la Mangouste

Autre exemple de la divagation des prétendus spécialistes français du Monde arabe, la trop fameuse métaphore animalière du « cobra » Mohammad Morsi terrassant la « mangouste » (armée égyptienne). Un papier qui se voulait définitif sur ce sujet. Par malchance, le président néo-islamiste a été emporté au terme d’un an de son mandat rendant caduque cette métaphore et risible son auteur. Même les documentaires animaliers confirment la supériorité de la mangouste, qui s’empare de la gorge du cobra, au terme d’un combat épique et le traîne pour son festin mérité. Partout la mangouste triomphe, sauf au journal le Monde.
La preuve par l’image sur ce lien :
https://www.youtube.com/watch?v=ztOAvhcWY-8

Pour mémoire, le « cobra » du Monde avait déjà mordu la poussière une première fois, sous Nasser, en 1954. Venant de la part du chef du service international du journal, une telle faribole a révélé le manque de connaissance du journaliste sur un pays dont il a été pourtant correspondant en poste pendant 5 ans (1994-1999), son absence de perspicacité en même temps que l’altération de la fonction critique du journalisme. N’est pas Eric Rouleau qui veut. Un strabisme divergent qui confond le tout et le n’importe quoi, alors que la zoologie converge sur ce point avec une froide analyse des rapports de force.

CF. à ce propos :

Le chimique soluble dans le ridicule

Soyons charitables et passons sur la grande enquête de deux envoyés spéciaux du Monde à propos de l’usage par l’armée syrienne des armes chimiques dans la région de Ghouta, banlieue de Damas. Des échantillons d’une preuve irréfutable, soutenaient-ils, avant que les justiciers ne sombrent dans le ridicule dans la foulée de la remarquable enquête de Seymour Hersch qui en démontrera et la manipulation et la mystification de l’une des plus grandes opérations d’intoxication de l’époque contemporaine.
http://www.madaniya.info/2014/12/15/seymour-hersh-the-red-line-and-the-rat-line/

Le journal Le Monde actera d’ailleurs la défaite française, en même temps que la sienne propre, dans son édition du 1er octobre 2013 : « Loin d’être à la remorque des Américains, la France a cherché à les tirer vers une politique plus décisive sur une politique qui a fait 110.000 morts et menace tout le Moyen orient », soutiendra Nathalie Nougayrède dans un éditorial intitulé « les limites de l’influence française ».

Ce constat a retenti comme une oraison funèbre de la diplomatie française. Il a été d’autant plus amère que le journal dressait ce jour-là un portrait, en double page, de sa bête noire et de ses blogueurs attitrés : « Bachar Al-Assad, sans une égratignure… Le Lion de Damas sort renforcé du compromis diplomatique qui a suivi le massacre au sarin ». Non Nathalie Nougayrède. Pas du fait du massacre au sarin. Mais du fait du délire des parrains de l’opposition off-shore syrienne et des dérives de leurs poulains. Non Madame, la France n’assume pas une fonction de « diplomatie de repère », ni de balises, mais une diplomatie de repaires et de tanières.

De la casuistique du Monde

Le Monde (6 janvier 2016), mu par un souci tardif de fausse objectivité, s’est résolu à demander des explications à Mohammad Allouche, chef de Jaych Al Islam, sur ces relations avec Jabhat An Nosra, la franchise syrienne d’Al Qaida. Le chef du mouvement salafiste djihadiste lui a répondu en ces termes sibyllins : « Aussi longtemps qu’Al Nosra combattra le régime, il y a de la place pour une coopération militaire, mais nous avons des différends idéologiques. Nous avons demandé au Front Al Nosra de se distancier d’Al Qaida. Cela a échoué ».

Le Monde, curieusement, s’abstiendra de poser la moindre question sur le sort du père Paolo Dall’Oglio, détenu par ses collègues djihadistes. Surtout pas des questions qui fâchent. Point barre. Circulez, il n’y a rien à voir.

Point n’est pourtant besoin d’être grand clair pour décrypter ce langage abscons, sans doute formaté par les sessions intensives des experts français dépêchés à Riyad pour initier les mercenaires wahhabites aux subtilités de la technique des éléments de langage. La réponse est là en toute clarté avec le mot d’ordre qui ne laisse place à aucune ambiguïté : « La démocratie c’est l’idolâtrie ». Il suffit de lire en détail, sur ce lien, la coopération entre Al Qaida, Jaych Al Islam, Ahrar Al Cham. http://www.madaniya.info/2016/02/01/le-mouvement-islamique-ahrar-al-sham-les-hommes-libres-du-levant/

Que les confrères du Monde souffre ce rappel à l’ordre. Foin de casuistique : Daech, Al Qaida, Jaych Al Islam, Ahrar Al Cham constituent autant de variations sur le même thème : L’état de Droit qu’ils préconisent repose sur un traitement d’égalité fondé sur l’injustice, en ce qu’un minoritaire est condamné du fait même de son statut de minorité qui fait qu’il n’a pas le choix, soit il renonce à son identité d’origine, soit il meurt. Qu’un sunnite n’est pas condamné du fait de sa naissance, mais du fait de sa divergence avec la ligne idéologique dominante. Qu’enfin un musulman non sunnite est tout simplement un non musulman et en subit les conséquences.

Pour s’en convaincre observez le traitement journalistique que réserve Al Jazira aux opérations de Daech, où il n’est nul part fait mention de « victimes » quand il s’agit de signaler les « tués » de Daech. Pas « Dahhiya » mais « Qatil ». Jamais le terme de « terrorisme » pour les opérations de Daech par la chaîne du du Qatar, le propriétaire du « Paris Saint Germain », le club de la capitale sinistrée par ses affidés.

Les arabisants médiatisés, les Français convertis au zèle de néophyte, les orientalistes de salon auraient dû relever ces distorsions de langage. Mais c’est prendre le risque de déplaire au Prince et de se vouer à une vie de cachot médiatique.

Au delà de la lancinante question du maintien ou non à la tête de l’état syrien de Bachar Al Assad, force est d’admettre que l’idéologie djihadiste est une idéologie éradicatrice. Nier cette réalité, c’est se rendre au mieux complice d’une tentative d’éradication de toute diversité au Moyen orient, au pire partenaire d’un génocide. Pour aller plus loin sur la fable de « l’opposition modérée ».

http://galacteros.over-blog.com/2016/02/camaieu-de-vert-fonce-l-instructif-panorama-des-rebelles-syriens.html

Le Mic Mac du Monde avec Haytham Manna, opposant historique au régime syrien : Le Nec plus ultra de la fourberie

La reprise des pourparlers de Genève III sur la Syrie, fin janvier 2016, a donné lieu à une rencontre entre Haytham Manna et un correspondant du Monde, au terme de cinq ans de brouille, à la demande du journaliste. Une telle prise de contact avait alors été interprétée par des observateurs sur place comme une volonté du Monde de nuancer sa position sur le conflit syrien à proximité du départ du Quai d’Orsay de Laurent Fabius, le mentor occulte du quotidien.

Que nenni. En France, c’est bien connu, on ne change pas une équipe qui perd, surtout si elle va droit dans le mur en klaxonnant. L’entretien a duré 2 heures 30 au terme duquel l’assurance a été donnée qu’aucune retouche ne serait apporter au texte de l’opposant historique au régime syrien. Mais le texte a été refusé à la publication pour une sombre question de comptabilité des signes qui masquait mal une compatibilité des lettres.

Gaidz Minassian, Directeur de la page « Idées » du journal Le Monde, -drôle d’idée- est membre du trio arménien composé des cousins Ara Toranian et Frank Mourad Papazian et de sa personne, qui s’est livré à une OPA sur la communauté arménienne de France en vue d’une synergie avec le CRIF. Proche de Frédéric Encel -le « GUD GUY » par excellence de l’extrême droite israélienne et réserviste de l’armée israélienne sur le Golan-, il est particulièrement sensible à la règle de jeu initiée par son mentor botuliste.

Pour aller plus loin sur Gaidz Minassian, cf. à ce propos :
http://www.madaniya.info/2015/04/25/hommage-aux-victimes-du-genocide-armenien-et-du-groupe-manouchian/

Ah les misères du journalisme d’accompagnement.

La destruction de la Libye par la France et ses amis arabes (Qatar) a fragilisé le pré-carré français en Afrique (Mali, Tunisie). En toute impunité pour ses concepteurs. Au prix fort pour la Libye, ses habitants, son environnement et la sécurité régionale.

Gardons nous donc d’une lecture exclusivement occidentaliste des événements : L’avènement d’une « Syrie nouvelle, sans Assad » présuppose l’avènement d’une « Arabie saoudite nouvelle, sans une dynastie obscurantiste et takfiriste », Il en est de même pour le Qatar. Et s’il n’y a « pas de printemps en Syrie », c’est tout bonnement parce qu’il n’y a « pas eu de printemps à Bahreïn ». Et la sécurité du Monde arabe et son développement futur ne sont pas réductibles à la sanctuarisation d’Israël et du ravitaillement énergétique des pays industrialisés.

D’autres paramètres s’imposent en priorité, notamment la constitution d’un « seul critique » du Monde arabe, par le dépassement de sa balkanisation, à l’effet de peser sur la scène mondiale, le réequilibrage stratégique du Monde pour le dégager de l’étreinte de la majorité de blocage détenue au sein de la Ligue arabe par les monarchies arabes du fait de leur alliance avec les confettis de l’empire (Djibouti et Comores). Enfin, dernier et non le moindre des priorités, le combat contre l’alliance contre nature des « grandes démocraties occidentales » avec le syndicat monarchique le plus obscurantiste de la planète, qui entrave toute fluidité politique et sociale du Monde arabe de même qu’une évolution harmonieuse de l’Islam.

Le Monde de même que Libération ont ainsi assumé une fonction invasive dans cette guerre… À la manière d’une plante invasive, ils ont détruit la biodiversité dans les espaces qu’ils ont conquis.
De quotidien vespéral de référence, Le Monde a muté, à la faveur de la guerre de Syrie, en quotidien crépusculaire de déférence.
Au « Hall of Fame » de la profession aurait pu y figurer le site « Médiapart » n’était-ce la présence insidieuse et sournoise, tapie dans ses colonnes, de l’islamophiliste Thomas Pierret « burqa Boy’s » par excellence et archétype des intellectoïdales français. Pierret stigmatisera, arbitrairement, de « pro-assad » le « Collectif pour la Syrie », alors que ce groupement apolitique qui fédère la fine fleur de l’intelligentzia syrienne de France et des sympathisants français de la Syrie maintiendra à flot, contre la volonté des pouvoirs publics, mais grâce à son réseau relationnel, le prestigieux Lycée Charles de Gaulle de Damas, l’ultime instance culturelle française encore en activité en Syrie.

La couverture médiatique de la guerre de Syrie passera à la postérité comme l’un des épisodes les plus honteux de l’histoire de la presse française. Durant cette séquence, l’honneur de la presse française a porté le nom de 3 titres : la Croix, L’Humanité et le Figaro. L’honneur de la profession. L’honneur de la France.

René Naba | 11 avril 2016

(*)  Nicolas Hénin est le fils de l’ancien président de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, l’historien Jean François Hénin. Donc il fait partie du nec plus ultra de l’establishment. Ce qui lui ouvre beaucoup de portes et lui permet dans le même temps de défendre les intérêts de la technostructure de même que de la corporation médiatico politique. Cela lui permet aussi de dire beaucoup de bêtises en toute impunité. La captivité lui a ouvert les grandes portes de la notoriété. Curieux qu’il soit consultant à BFM -tout comme le djihadologue Romain Abdallah Caillet-, poste qu’il cumule avec l’ animateur du site « Un oeil borgne sur la Syrie, du journal Le Monde. [ASI]

Le Monde: De quotidien vespéral de référence à quotidien crépusculaire de déférence

Crises Décryptage Désinformation Droit international France Propagande Syrie

 L’«œil borgne sur la Syrie», nombril du Monde

oeil-syrie

 

Le Monde se veut non le centre du Monde, mais le nombril du Monde. De ce privilège il use souvent avec discernement, le plus souvent, sans discernement.

Ainsi Jean Marie Colombani décrétera un beau jour de septembre 2001, sans crier gare, que nous étions « tous Américains », s’arrogeant abusivement le droit de prendre en otage l’opinion française, négligeant les méfaits des États-Unis au Vietnam et les ravages de l’effet orange sur sa population civile, la vitrification nucléaire de cibles civiles au Japon (Hiroshima et Nagasaki), la transformation de l’Amérique latine en vaste « République bananière » pour le seul profit de la compagnie « United Fruit ». Sans compter le soutien américain aux dictatures d’Augusto Pinochet (Chili), de Jorge Videla (Argentine) et de Ferdinand Marcos (Philippines), ainsi que la déstabilisation du tiers monde du Guatemala (Arbenz), à l’Iran (Mossadegh) à l’Indonésie (Ahmad Soekarno), avec à la clé deux millions de communistes indonésiens exécutés.

Juste retour des choses : JMC, l’ancien maître du Monde, le commensal de Torcello, finira sa carrière rubricard d’un journal gratuit d’un nabab capitaliste.

Ignace Leverrier, Florence Aubenas : La dette d’honneur du Journal le Monde à l’égard de Haytham Manna

Sa lointaine et éphémère successeure, Nathalie Nougayrède, fera du journal de Beuve Mery un amplificateur multiplex des thèses atlantistes du pouvoir socialiste, nichant dans ses colonnes, comme autant de meurtrières, de faux nez de l’administration française, exerçant une sorte de police de la pensée dans la digne tradition des régimes totalitaires.

Dans ce dispositif, une place particulière sera occupée par le blog du clandestin de l’administration Pierre Vladimir Glassman, ancien résident à Damas, perçu dans les milieux progressistes arabes de Beyrouth comme un chiffreur de l’ambassade et désigné sous le sobriquet « Al Kazzaz ». Sous le pseudonyme d’Ignace Leverrier, toujours ce besoin de clandestinité, il animera dès le début de la guerre de Syrie un blog « Un œil borgne sur la Syrie », qui se vivra comme le prescripteur d’opinion du Monde.

Tirant profit de la crédibilité du journal pour agir en toute immunité, crachant leur venin en toute impunité, la première dame directrice du Monde privera, paradoxalement, de « droit de réponse » les cibles de la haine cyberactiviste des porte-flingues des services français, alors que ce quotidien, propriété du trio millionnaire BNP (Berger-Niel-Pigasse), bénéfice, au titre de la pluralité de la presse, d’une subvention de 18 millions d’euros par an, financée par les contribuables.

Le Journal le Monde s’est ainsi particulièrement singularisé dans la couverture de Syrie par une vision hémiplégique du cours de la guerre. Il se distinguera en qualifiant d’autorité, arbitrairement, un opposant historique au régime baasiste, Haytham Manna, de « pro-Assad », sans la moindre justification.

L’ostracisation de tout débat public d’un opposant historique syrien -de surcroît laïc et démocratique- est en contradiction tant avec la déontologie professionnelle qu’avec les valeurs que le quotidien professe. Mais cette stigmatisation participe surtout d’une contre-vérité historique en ce qu’il est de notoriété publique que le propre frère de Haytham Manna, meneur du premier soulèvement de Deraa, en Aoùt 2011, déclencheur du soulèvement populaire de Syrie, a été l’un des premiers manifestants tués par les forces de l’ordre et que son cousin a été tué lui aussi sous la torture quinze jours plus tard.

Au regard de ce tribut de sang, la stigmatisation du Monde est d’autant plus gratuite et délibérée que l’animateur du site « Un œil borgne sur la Syrie », Leverrier-Glassman-, un de ses plus importants pourfendeurs, est redevable à l’opposant syrien de sa jonction avec Sadreddine Bayanouni, à l’époque chef des Frères Musulmans de Syrie. Une jonction opérée par Haytham Manna à la demande pressante de son compagnon de route le dirigeant communiste Riyad Turk, qui pensait, à tort, orchestrer par ce biais une campagne médiatique pour favoriser sa libération de prison.

Au delà de ces considérations, cette stigmatisation signe surtout la marque d’une rare ingratitude lorsque l’on songe que l’une des plumes du journal, l’amnésique Florence Aubenas, égérie des djihadistes d’Alep, ancienne otage en Irak des collègues djihadistes de Syrie, lui est redevable de sa liberté, en ce que M. Haytham Manna était intercédé auprès de ses geôliers irakiens en sa qualité de président du « Comité Arabe des Droits de l’Homme », jouissant de surcroît de son prestige d’opposant à la double dictature baasiste en Syrie et en Irak.

L’amitié avec Michel Seurat, ni passe droit, ni rente de situation

L’amitié avec le chercheur Michel Seurat, dont se prévalait Leverrier Al Kazzaz pour justifier ses anathèmes, ne saurait valoir rente de situation, ni passe droit à l’intoxication et au mensonge. D’autres amis de l’otage français décédé en captivité à Beyrouth honorent sa mémoire dans l’exercice rigoureux de leur profession, sans étalage, ni marchandage.

Faisons un sort aux poncifs, au risque de déplaire aux pontifiants : Haytham Manna doit sa sortie de Syrie au co-voiturage sympathisant du couple Seurat, à la fin de la décennie 1970. Ah la mémorable manœuvre de dissimulation de Marie Seurat Mamarbachi au poste frontière de Masna’a pour camoufler l’identité du fugitif, à l’époque l’opposant le plus activement recherché des services syriens.

Eh Oui. Rien moins que cela. Il fallait être sur place, sur le terrain, et bénéficier de la confiance des protagonistes de cette affaire pour accéder à ses informations périlleuses et non se borner à conjecturer à distance, à coups d’anathèmes. La règle d’or de la profession est de ne parler que de ce que l’on sait et non de fantasmer sur ce que l’on ignore.

Alors Messieurs du journal Le Monde : Haytham Manna, légèrement, modérément, furieusement ou farouchement pro Assad ? En tout cas plus ancien, plus déterminé et plus constant dans son opposition et à ce titre bénéficiant d’une plus grande considération que certains des « chouchous » du Monde, qui n’hésitaient pas à faire des offres de service au président syrien, dans le domaine de la communication présidentielle, en 2008-2009, lors de son séjour parisien à l’occasion du sommet de l’Union Pour la Méditerranée, soit deux ans avant le déclenchement du soulèvement syrien. Ah quelle calamité ces opposants de la dernière heure et leur zèle néophyte.

Qualifier de « pro-assad », au prétexte de la criminaliser, toute pensée dissidente porte la marque d’une indigence intellectuelle et d’une forfaiture morale, dont les deux anciens résidents de Damas, François Burka Burgat et Ignace Levrrier, auront été l’incarnation la plus pitoyable d’un comportement de délateur dans la pure tradition des corbeaux français.
Dans une zone en proie à un intégrisme dont Laurent Fabius, l’exfiltré du Quai d’Orsay en a été le chantre, Haytham Manna serait manipulé par qui ? Au profit de qui ? Et surtout financé par qui ? Par les bailleurs de fonds des hôtes réguliers des médias français, y compris des colonnes du Monde ?

Que les édicrates du Monde interrogent donc Eric Chevallier, à l’époque garde-chiourme de l’opposition syrienne wahhabite, sur ses tentatives désespérées de décrocher un « Shake Hand/Hollande-Manna » pour la galerie. Une opération « PO and PR » -photo opportunity and public relations-, comme le jargon de la profession désigne cette opération de compensation des voyagistes américains destinés à la galerie et visant à établir un faux équilibre de traitement.

Faut-il émarger sur le budget des pétromonarchies du Golfe ou bénéficier du label « arabe de service » pour disposer de l’agrément du journal Le Monde ? L’indépendance gêne-t-elle tant au point de criminaliser un opposant non affilié à aucune structure atlantiste ou à un groupement djihadiste ? La vénalité constitue-t-elle une marque de notoriété sociale et partant de visibilité médiatique ?

Le tandem équarisseur de la Syrie, la France et la Turquie, est-il le mieux placé pour assumer un rôle prescripteur dans un pays anciennement sous son mandat ? Sous peine traîtrise, d’un comportement relevant d’une abjection morale absolue, la fonction d’un bi-national est elle de lancer un appel à la guerre depuis son pays d’accueil contre son pays d’origine ?
Que l’on se le dise : Une pensée défaitiste est une pensée de vaincus. Le verdict est sans appel :http://www.madaniya.info/2016/03/10/syrie-opposition-pensee-de-vaincu-pensee-vaincue-1/

Pour aller plus loin sur la problématique de la guerre de Syrie, le témoignage de Robert Kennedy Jr sur les enjeux sous jacents de ce conflit, infiniment plus complexe que les analyses sommaires des graphomanes de la presse française : http://www.politico.eu/article/why-the-arabs-dont-want-us-in-syria-mideast-conflict-oil-intervention/

Nicolas Henin (*) et le silence du Monde sur le père Paolo Dall’Oglio

Ignace Leverrier, décédé l’été 2015, la réanimation de son site moribond a été confiée au journaliste Nicolas Henin rescapé des geôles djihadistes de Syrie, sans doute affligé de la même pathologie que sa consœur Florence Aubenas, victime du « syndrome de Stockholm ».
Depuis sa libération contre rançon, c’est à dire contre un flux de trésorerie aux djihadistes en guerre contre la France, l’homme consacre ses écrits et ses interventions télévisées, non à fustiger ses anciens geôliers, mais le pouvoir baasiste, exclusivement le pouvoir baasiste, certes éminemment critiquable, sans jamais émettre la moindre critique ni sur les dérives de la diplomatie française, ni sur son alliance contre-nature avec le djihadisme erratique, dont l’un des fleurons n’est autre que « Jabhat An Nosra », qui fait « du bon travail en Syrie », selon l’expression du sortant Laurent Fabius.

Nicolas Henin ainsi que ses trois autres camarades de captivité qui avaient bénéficié pour leur libération d’un « prix d’ami pour le rôle de la France dans la guerre anti Assad », -une rançon de 16 millions de dollars négociée via les services de renseignements turcs- demeure taiseux sur ses ravisseurs et sur les compagnons de route des ravisseurs du Père Paolo Dall’Oglio, refondateur du monastère catholique syriaque de Mar Moussa (monastère de Saint Moise l’Abyssin, dans le désert du Nord de Damas, porté disparu depuis juillet 2013).
Pour information la rançon réclamée par les ravisseurs du prêtre italien est de l’ordre de 50 millions de dollars, un chiffre comparativement infiniment plus élevé que celui fixé pour les journalistes français « en raison de la passivité de l’Italie en Syrie ».

Un « œil borgne sur la Syrie » ne saurait porter un bon regard sur la Syrie, tout au plus un regard torve. Telles sont les lois implacables de l’optique et de la vision.

Emporté par son aveuglement dogmatique, Al Kazzaz ira même jusqu’à justifier la prise d’otages par les djihadistes des religieuses de Maaloula (Syrie), en toute quiétude d’esprit. Une opération de désinformation dans la pure tradition de l’agitprop des régimes totalitaires : «L’attaque de Maaloula moins menaçante pour les Chrétiens que certaines couvertures médiatiques », a écrit son fils Frantz Glasman, en digne successeur du pousse au crime. Autrement dit, le saccage d’une bourgade chrétienne et la capture de 17 religieuses, -c’est à dire des dames, civiles en habit religieux et désarmées-, est moins grave qu’un article de presse.

Cette monstruosité déclenchera une riposte vigoureuse de l’Agence FIDES, le contraignant à un rétropédalage honteux, sans le moindre rappel à l’ordre de la hiérarchie. Tout autre journal que Le Monde aurait été rivé au sol pour « négationnisme » pour une telle énormité… Décidément Jabhat An Nosra fait du « bon travail en Syrie » au point de gangrener le cortex cérébral du clan Glasman.
Cf. Sur ce lien http://www.renenaba.com/les-mediactivistes-francais-une-lecture-de-l-histoire-par-le-filtre-religieux/

Un deuxième site du Monde est précisément animé par un qatarophile compulsif incompressible, Nabil En Nasri, reconverti dans la « dé-radicalisation » après avoir longtemps soufflé sur les braises depuis les colonnes même du Monde.
Plus grave, au delà des intimidations et de la partialité dont il a fait preuve dans le traitement de la guerre, se sont superposées, les analyses fallacieuses de l’équipe rédactionnelle, au diapason de la thématique du Quai d’Orsay.
Ainsi un papier collectif signé de dix mains désignera le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Hamad Ben Jassem, comme le diplomate le plus fin du Monde arabe, alors que HBJ, de sinistre mémoire, passe pour avoir été le responsable direct du désastre de Bab Amro, (région de Homs, Février 2012) qui a sonné le glas des espérances atlantistes, particulièrement françaises, en Syrie.http://www.renenaba.com/hbj-le-symptome-de-la-megalocephalite/.

HBJ, celui là même qui s’est opposé avec force à la constitution d’un Front démocratique commun entre Haytham Manna et Bourhane Ghalioune, son ancien lieutenant, le jugeant « mou ». Cette information est contenue dans la « tribune libre » adressée par Haytham Manna au Monde, en janvier 2016, et censurée par le quotidien vespéral. Imprudence supplémentaire, cette distinction était de surcroît intervenue six mois avant l’éjection du qatari impulsif par sa télécommande américaine. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/01/13/chronologie-des-printemps-arabes_4347112_3218.html

La métaphore animalière du Cobra et de la Mangouste

Autre exemple de la divagation des prétendus spécialistes français du Monde arabe, la trop fameuse métaphore animalière du « cobra » Mohammad Morsi terrassant la « mangouste » (armée égyptienne). Un papier qui se voulait définitif sur ce sujet. Par malchance, le président néo-islamiste a été emporté au terme d’un an de son mandat rendant caduque cette métaphore et risible son auteur. Même les documentaires animaliers confirment la supériorité de la mangouste, qui s’empare de la gorge du cobra, au terme d’un combat épique et le traîne pour son festin mérité. Partout la mangouste triomphe, sauf au journal le Monde.
La preuve par l’image sur ce lien :
https://www.youtube.com/watch?v=ztOAvhcWY-8

Pour mémoire, le « cobra » du Monde avait déjà mordu la poussière une première fois, sous Nasser, en 1954. Venant de la part du chef du service international du journal, une telle faribole a révélé le manque de connaissance du journaliste sur un pays dont il a été pourtant correspondant en poste pendant 5 ans (1994-1999), son absence de perspicacité en même temps que l’altération de la fonction critique du journalisme. N’est pas Eric Rouleau qui veut. Un strabisme divergent qui confond le tout et le n’importe quoi, alors que la zoologie converge sur ce point avec une froide analyse des rapports de force.

CF. à ce propos :

Le chimique soluble dans le ridicule

Soyons charitables et passons sur la grande enquête de deux envoyés spéciaux du Monde à propos de l’usage par l’armée syrienne des armes chimiques dans la région de Ghouta, banlieue de Damas. Des échantillons d’une preuve irréfutable, soutenaient-ils, avant que les justiciers ne sombrent dans le ridicule dans la foulée de la remarquable enquête de Seymour Hersch qui en démontrera et la manipulation et la mystification de l’une des plus grandes opérations d’intoxication de l’époque contemporaine.
http://www.madaniya.info/2014/12/15/seymour-hersh-the-red-line-and-the-rat-line/

Le journal Le Monde actera d’ailleurs la défaite française, en même temps que la sienne propre, dans son édition du 1er octobre 2013 : « Loin d’être à la remorque des Américains, la France a cherché à les tirer vers une politique plus décisive sur une politique qui a fait 110.000 morts et menace tout le Moyen orient », soutiendra Nathalie Nougayrède dans un éditorial intitulé « les limites de l’influence française ».

Ce constat a retenti comme une oraison funèbre de la diplomatie française. Il a été d’autant plus amère que le journal dressait ce jour-là un portrait, en double page, de sa bête noire et de ses blogueurs attitrés : « Bachar Al-Assad, sans une égratignure… Le Lion de Damas sort renforcé du compromis diplomatique qui a suivi le massacre au sarin ». Non Nathalie Nougayrède. Pas du fait du massacre au sarin. Mais du fait du délire des parrains de l’opposition off-shore syrienne et des dérives de leurs poulains. Non Madame, la France n’assume pas une fonction de « diplomatie de repère », ni de balises, mais une diplomatie de repaires et de tanières.

De la casuistique du Monde

Le Monde (6 janvier 2016), mu par un souci tardif de fausse objectivité, s’est résolu à demander des explications à Mohammad Allouche, chef de Jaych Al Islam, sur ces relations avec Jabhat An Nosra, la franchise syrienne d’Al Qaida. Le chef du mouvement salafiste djihadiste lui a répondu en ces termes sibyllins : « Aussi longtemps qu’Al Nosra combattra le régime, il y a de la place pour une coopération militaire, mais nous avons des différends idéologiques. Nous avons demandé au Front Al Nosra de se distancier d’Al Qaida. Cela a échoué ».

Le Monde, curieusement, s’abstiendra de poser la moindre question sur le sort du père Paolo Dall’Oglio, détenu par ses collègues djihadistes. Surtout pas des questions qui fâchent. Point barre. Circulez, il n’y a rien à voir.

Point n’est pourtant besoin d’être grand clair pour décrypter ce langage abscons, sans doute formaté par les sessions intensives des experts français dépêchés à Riyad pour initier les mercenaires wahhabites aux subtilités de la technique des éléments de langage. La réponse est là en toute clarté avec le mot d’ordre qui ne laisse place à aucune ambiguïté : « La démocratie c’est l’idolâtrie ». Il suffit de lire en détail, sur ce lien, la coopération entre Al Qaida, Jaych Al Islam, Ahrar Al Cham. http://www.madaniya.info/2016/02/01/le-mouvement-islamique-ahrar-al-sham-les-hommes-libres-du-levant/

Que les confrères du Monde souffre ce rappel à l’ordre. Foin de casuistique : Daech, Al Qaida, Jaych Al Islam, Ahrar Al Cham constituent autant de variations sur le même thème : L’état de Droit qu’ils préconisent repose sur un traitement d’égalité fondé sur l’injustice, en ce qu’un minoritaire est condamné du fait même de son statut de minorité qui fait qu’il n’a pas le choix, soit il renonce à son identité d’origine, soit il meurt. Qu’un sunnite n’est pas condamné du fait de sa naissance, mais du fait de sa divergence avec la ligne idéologique dominante. Qu’enfin un musulman non sunnite est tout simplement un non musulman et en subit les conséquences.

Pour s’en convaincre observez le traitement journalistique que réserve Al Jazira aux opérations de Daech, où il n’est nul part fait mention de « victimes » quand il s’agit de signaler les « tués » de Daech. Pas « Dahhiya » mais « Qatil ». Jamais le terme de « terrorisme » pour les opérations de Daech par la chaîne du du Qatar, le propriétaire du « Paris Saint Germain », le club de la capitale sinistrée par ses affidés.

Les arabisants médiatisés, les Français convertis au zèle de néophyte, les orientalistes de salon auraient dû relever ces distorsions de langage. Mais c’est prendre le risque de déplaire au Prince et de se vouer à une vie de cachot médiatique.

Au delà de la lancinante question du maintien ou non à la tête de l’état syrien de Bachar Al Assad, force est d’admettre que l’idéologie djihadiste est une idéologie éradicatrice. Nier cette réalité, c’est se rendre au mieux complice d’une tentative d’éradication de toute diversité au Moyen orient, au pire partenaire d’un génocide. Pour aller plus loin sur la fable de « l’opposition modérée ».

http://galacteros.over-blog.com/2016/02/camaieu-de-vert-fonce-l-instructif-panorama-des-rebelles-syriens.html

Le Mic Mac du Monde avec Haytham Manna, opposant historique au régime syrien : Le Nec plus ultra de la fourberie

La reprise des pourparlers de Genève III sur la Syrie, fin janvier 2016, a donné lieu à une rencontre entre Haytham Manna et un correspondant du Monde, au terme de cinq ans de brouille, à la demande du journaliste. Une telle prise de contact avait alors été interprétée par des observateurs sur place comme une volonté du Monde de nuancer sa position sur le conflit syrien à proximité du départ du Quai d’Orsay de Laurent Fabius, le mentor occulte du quotidien.

Que nenni. En France, c’est bien connu, on ne change pas une équipe qui perd, surtout si elle va droit dans le mur en klaxonnant. L’entretien a duré 2 heures 30 au terme duquel l’assurance a été donnée qu’aucune retouche ne serait apporter au texte de l’opposant historique au régime syrien. Mais le texte a été refusé à la publication pour une sombre question de comptabilité des signes qui masquait mal une compatibilité des lettres.

Gaidz Minassian, Directeur de la page « Idées » du journal Le Monde, -drôle d’idée- est membre du trio arménien composé des cousins Ara Toranian et Frank Mourad Papazian et de sa personne, qui s’est livré à une OPA sur la communauté arménienne de France en vue d’une synergie avec le CRIF. Proche de Frédéric Encel -le « GUD GUY » par excellence de l’extrême droite israélienne et réserviste de l’armée israélienne sur le Golan-, il est particulièrement sensible à la règle de jeu initiée par son mentor botuliste.

Pour aller plus loin sur Gaidz Minassian, cf. à ce propos :
http://www.madaniya.info/2015/04/25/hommage-aux-victimes-du-genocide-armenien-et-du-groupe-manouchian/

Ah les misères du journalisme d’accompagnement.

La destruction de la Libye par la France et ses amis arabes (Qatar) a fragilisé le pré-carré français en Afrique (Mali, Tunisie). En toute impunité pour ses concepteurs. Au prix fort pour la Libye, ses habitants, son environnement et la sécurité régionale.

Gardons nous donc d’une lecture exclusivement occidentaliste des événements : L’avènement d’une « Syrie nouvelle, sans Assad » présuppose l’avènement d’une « Arabie saoudite nouvelle, sans une dynastie obscurantiste et takfiriste », Il en est de même pour le Qatar. Et s’il n’y a « pas de printemps en Syrie », c’est tout bonnement parce qu’il n’y a « pas eu de printemps à Bahreïn ». Et la sécurité du Monde arabe et son développement futur ne sont pas réductibles à la sanctuarisation d’Israël et du ravitaillement énergétique des pays industrialisés.

D’autres paramètres s’imposent en priorité, notamment la constitution d’un « seul critique » du Monde arabe, par le dépassement de sa balkanisation, à l’effet de peser sur la scène mondiale, le réequilibrage stratégique du Monde pour le dégager de l’étreinte de la majorité de blocage détenue au sein de la Ligue arabe par les monarchies arabes du fait de leur alliance avec les confettis de l’empire (Djibouti et Comores). Enfin, dernier et non le moindre des priorités, le combat contre l’alliance contre nature des « grandes démocraties occidentales » avec le syndicat monarchique le plus obscurantiste de la planète, qui entrave toute fluidité politique et sociale du Monde arabe de même qu’une évolution harmonieuse de l’Islam.

Le Monde de même que Libération ont ainsi assumé une fonction invasive dans cette guerre… À la manière d’une plante invasive, ils ont détruit la biodiversité dans les espaces qu’ils ont conquis.
De quotidien vespéral de référence, Le Monde a muté, à la faveur de la guerre de Syrie, en quotidien crépusculaire de déférence.
Au « Hall of Fame » de la profession aurait pu y figurer le site « Médiapart » n’était-ce la présence insidieuse et sournoise, tapie dans ses colonnes, de l’islamophiliste Thomas Pierret « burqa Boy’s » par excellence et archétype des intellectoïdales français. Pierret stigmatisera, arbitrairement, de « pro-assad » le « Collectif pour la Syrie », alors que ce groupement apolitique qui fédère la fine fleur de l’intelligentzia syrienne de France et des sympathisants français de la Syrie maintiendra à flot, contre la volonté des pouvoirs publics, mais grâce à son réseau relationnel, le prestigieux Lycée Charles de Gaulle de Damas, l’ultime instance culturelle française encore en activité en Syrie.

La couverture médiatique de la guerre de Syrie passera à la postérité comme l’un des épisodes les plus honteux de l’histoire de la presse française. Durant cette séquence, l’honneur de la presse française a porté le nom de 3 titres : la Croix, L’Humanité et le Figaro. L’honneur de la profession. L’honneur de la France.

René Naba | 11 avril 2016

(*)  Nicolas Hénin est le fils de l’ancien président de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, l’historien Jean François Hénin. Donc il fait partie du nec plus ultra de l’establishment. Ce qui lui ouvre beaucoup de portes et lui permet dans le même temps de défendre les intérêts de la technostructure de même que de la corporation médiatico politique. Cela lui permet aussi de dire beaucoup de bêtises en toute impunité. La captivité lui a ouvert les grandes portes de la notoriété. Curieux qu’il soit consultant à BFM -tout comme le djihadologue Romain Abdallah Caillet-, poste qu’il cumule avec l’ animateur du site « Un oeil borgne sur la Syrie, du journal Le Monde. [ASI]

Le Monde: De quotidien vespéral de référence à quotidien crépusculaire de déférence

Crises Décryptage Désinformation Droit international France Propagande Syrie

 L’«œil borgne sur la Syrie», nombril du Monde

oeil-syrie

 

Le Monde se veut non le centre du Monde, mais le nombril du Monde. De ce privilège il use souvent avec discernement, le plus souvent, sans discernement.

Ainsi Jean Marie Colombani décrétera un beau jour de septembre 2001, sans crier gare, que nous étions « tous Américains », s’arrogeant abusivement le droit de prendre en otage l’opinion française, négligeant les méfaits des États-Unis au Vietnam et les ravages de l’effet orange sur sa population civile, la vitrification nucléaire de cibles civiles au Japon (Hiroshima et Nagasaki), la transformation de l’Amérique latine en vaste « République bananière » pour le seul profit de la compagnie « United Fruit ». Sans compter le soutien américain aux dictatures d’Augusto Pinochet (Chili), de Jorge Videla (Argentine) et de Ferdinand Marcos (Philippines), ainsi que la déstabilisation du tiers monde du Guatemala (Arbenz), à l’Iran (Mossadegh) à l’Indonésie (Ahmad Soekarno), avec à la clé deux millions de communistes indonésiens exécutés.

Juste retour des choses : JMC, l’ancien maître du Monde, le commensal de Torcello, finira sa carrière rubricard d’un journal gratuit d’un nabab capitaliste.

Ignace Leverrier, Florence Aubenas : La dette d’honneur du Journal le Monde à l’égard de Haytham Manna

Sa lointaine et éphémère successeure, Nathalie Nougayrède, fera du journal de Beuve Mery un amplificateur multiplex des thèses atlantistes du pouvoir socialiste, nichant dans ses colonnes, comme autant de meurtrières, de faux nez de l’administration française, exerçant une sorte de police de la pensée dans la digne tradition des régimes totalitaires.

Dans ce dispositif, une place particulière sera occupée par le blog du clandestin de l’administration Pierre Vladimir Glassman, ancien résident à Damas, perçu dans les milieux progressistes arabes de Beyrouth comme un chiffreur de l’ambassade et désigné sous le sobriquet « Al Kazzaz ». Sous le pseudonyme d’Ignace Leverrier, toujours ce besoin de clandestinité, il animera dès le début de la guerre de Syrie un blog « Un œil borgne sur la Syrie », qui se vivra comme le prescripteur d’opinion du Monde.

Tirant profit de la crédibilité du journal pour agir en toute immunité, crachant leur venin en toute impunité, la première dame directrice du Monde privera, paradoxalement, de « droit de réponse » les cibles de la haine cyberactiviste des porte-flingues des services français, alors que ce quotidien, propriété du trio millionnaire BNP (Berger-Niel-Pigasse), bénéfice, au titre de la pluralité de la presse, d’une subvention de 18 millions d’euros par an, financée par les contribuables.

Le Journal le Monde s’est ainsi particulièrement singularisé dans la couverture de Syrie par une vision hémiplégique du cours de la guerre. Il se distinguera en qualifiant d’autorité, arbitrairement, un opposant historique au régime baasiste, Haytham Manna, de « pro-Assad », sans la moindre justification.

L’ostracisation de tout débat public d’un opposant historique syrien -de surcroît laïc et démocratique- est en contradiction tant avec la déontologie professionnelle qu’avec les valeurs que le quotidien professe. Mais cette stigmatisation participe surtout d’une contre-vérité historique en ce qu’il est de notoriété publique que le propre frère de Haytham Manna, meneur du premier soulèvement de Deraa, en Aoùt 2011, déclencheur du soulèvement populaire de Syrie, a été l’un des premiers manifestants tués par les forces de l’ordre et que son cousin a été tué lui aussi sous la torture quinze jours plus tard.

Au regard de ce tribut de sang, la stigmatisation du Monde est d’autant plus gratuite et délibérée que l’animateur du site « Un œil borgne sur la Syrie », Leverrier-Glassman-, un de ses plus importants pourfendeurs, est redevable à l’opposant syrien de sa jonction avec Sadreddine Bayanouni, à l’époque chef des Frères Musulmans de Syrie. Une jonction opérée par Haytham Manna à la demande pressante de son compagnon de route le dirigeant communiste Riyad Turk, qui pensait, à tort, orchestrer par ce biais une campagne médiatique pour favoriser sa libération de prison.

Au delà de ces considérations, cette stigmatisation signe surtout la marque d’une rare ingratitude lorsque l’on songe que l’une des plumes du journal, l’amnésique Florence Aubenas, égérie des djihadistes d’Alep, ancienne otage en Irak des collègues djihadistes de Syrie, lui est redevable de sa liberté, en ce que M. Haytham Manna était intercédé auprès de ses geôliers irakiens en sa qualité de président du « Comité Arabe des Droits de l’Homme », jouissant de surcroît de son prestige d’opposant à la double dictature baasiste en Syrie et en Irak.

L’amitié avec Michel Seurat, ni passe droit, ni rente de situation

L’amitié avec le chercheur Michel Seurat, dont se prévalait Leverrier Al Kazzaz pour justifier ses anathèmes, ne saurait valoir rente de situation, ni passe droit à l’intoxication et au mensonge. D’autres amis de l’otage français décédé en captivité à Beyrouth honorent sa mémoire dans l’exercice rigoureux de leur profession, sans étalage, ni marchandage.

Faisons un sort aux poncifs, au risque de déplaire aux pontifiants : Haytham Manna doit sa sortie de Syrie au co-voiturage sympathisant du couple Seurat, à la fin de la décennie 1970. Ah la mémorable manœuvre de dissimulation de Marie Seurat Mamarbachi au poste frontière de Masna’a pour camoufler l’identité du fugitif, à l’époque l’opposant le plus activement recherché des services syriens.

Eh Oui. Rien moins que cela. Il fallait être sur place, sur le terrain, et bénéficier de la confiance des protagonistes de cette affaire pour accéder à ses informations périlleuses et non se borner à conjecturer à distance, à coups d’anathèmes. La règle d’or de la profession est de ne parler que de ce que l’on sait et non de fantasmer sur ce que l’on ignore.

Alors Messieurs du journal Le Monde : Haytham Manna, légèrement, modérément, furieusement ou farouchement pro Assad ? En tout cas plus ancien, plus déterminé et plus constant dans son opposition et à ce titre bénéficiant d’une plus grande considération que certains des « chouchous » du Monde, qui n’hésitaient pas à faire des offres de service au président syrien, dans le domaine de la communication présidentielle, en 2008-2009, lors de son séjour parisien à l’occasion du sommet de l’Union Pour la Méditerranée, soit deux ans avant le déclenchement du soulèvement syrien. Ah quelle calamité ces opposants de la dernière heure et leur zèle néophyte.

Qualifier de « pro-assad », au prétexte de la criminaliser, toute pensée dissidente porte la marque d’une indigence intellectuelle et d’une forfaiture morale, dont les deux anciens résidents de Damas, François Burka Burgat et Ignace Levrrier, auront été l’incarnation la plus pitoyable d’un comportement de délateur dans la pure tradition des corbeaux français.
Dans une zone en proie à un intégrisme dont Laurent Fabius, l’exfiltré du Quai d’Orsay en a été le chantre, Haytham Manna serait manipulé par qui ? Au profit de qui ? Et surtout financé par qui ? Par les bailleurs de fonds des hôtes réguliers des médias français, y compris des colonnes du Monde ?

Que les édicrates du Monde interrogent donc Eric Chevallier, à l’époque garde-chiourme de l’opposition syrienne wahhabite, sur ses tentatives désespérées de décrocher un « Shake Hand/Hollande-Manna » pour la galerie. Une opération « PO and PR » -photo opportunity and public relations-, comme le jargon de la profession désigne cette opération de compensation des voyagistes américains destinés à la galerie et visant à établir un faux équilibre de traitement.

Faut-il émarger sur le budget des pétromonarchies du Golfe ou bénéficier du label « arabe de service » pour disposer de l’agrément du journal Le Monde ? L’indépendance gêne-t-elle tant au point de criminaliser un opposant non affilié à aucune structure atlantiste ou à un groupement djihadiste ? La vénalité constitue-t-elle une marque de notoriété sociale et partant de visibilité médiatique ?

Le tandem équarisseur de la Syrie, la France et la Turquie, est-il le mieux placé pour assumer un rôle prescripteur dans un pays anciennement sous son mandat ? Sous peine traîtrise, d’un comportement relevant d’une abjection morale absolue, la fonction d’un bi-national est elle de lancer un appel à la guerre depuis son pays d’accueil contre son pays d’origine ?
Que l’on se le dise : Une pensée défaitiste est une pensée de vaincus. Le verdict est sans appel :http://www.madaniya.info/2016/03/10/syrie-opposition-pensee-de-vaincu-pensee-vaincue-1/

Pour aller plus loin sur la problématique de la guerre de Syrie, le témoignage de Robert Kennedy Jr sur les enjeux sous jacents de ce conflit, infiniment plus complexe que les analyses sommaires des graphomanes de la presse française : http://www.politico.eu/article/why-the-arabs-dont-want-us-in-syria-mideast-conflict-oil-intervention/

Nicolas Henin (*) et le silence du Monde sur le père Paolo Dall’Oglio

Ignace Leverrier, décédé l’été 2015, la réanimation de son site moribond a été confiée au journaliste Nicolas Henin rescapé des geôles djihadistes de Syrie, sans doute affligé de la même pathologie que sa consœur Florence Aubenas, victime du « syndrome de Stockholm ».
Depuis sa libération contre rançon, c’est à dire contre un flux de trésorerie aux djihadistes en guerre contre la France, l’homme consacre ses écrits et ses interventions télévisées, non à fustiger ses anciens geôliers, mais le pouvoir baasiste, exclusivement le pouvoir baasiste, certes éminemment critiquable, sans jamais émettre la moindre critique ni sur les dérives de la diplomatie française, ni sur son alliance contre-nature avec le djihadisme erratique, dont l’un des fleurons n’est autre que « Jabhat An Nosra », qui fait « du bon travail en Syrie », selon l’expression du sortant Laurent Fabius.

Nicolas Henin ainsi que ses trois autres camarades de captivité qui avaient bénéficié pour leur libération d’un « prix d’ami pour le rôle de la France dans la guerre anti Assad », -une rançon de 16 millions de dollars négociée via les services de renseignements turcs- demeure taiseux sur ses ravisseurs et sur les compagnons de route des ravisseurs du Père Paolo Dall’Oglio, refondateur du monastère catholique syriaque de Mar Moussa (monastère de Saint Moise l’Abyssin, dans le désert du Nord de Damas, porté disparu depuis juillet 2013).
Pour information la rançon réclamée par les ravisseurs du prêtre italien est de l’ordre de 50 millions de dollars, un chiffre comparativement infiniment plus élevé que celui fixé pour les journalistes français « en raison de la passivité de l’Italie en Syrie ».

Un « œil borgne sur la Syrie » ne saurait porter un bon regard sur la Syrie, tout au plus un regard torve. Telles sont les lois implacables de l’optique et de la vision.

Emporté par son aveuglement dogmatique, Al Kazzaz ira même jusqu’à justifier la prise d’otages par les djihadistes des religieuses de Maaloula (Syrie), en toute quiétude d’esprit. Une opération de désinformation dans la pure tradition de l’agitprop des régimes totalitaires : «L’attaque de Maaloula moins menaçante pour les Chrétiens que certaines couvertures médiatiques », a écrit son fils Frantz Glasman, en digne successeur du pousse au crime. Autrement dit, le saccage d’une bourgade chrétienne et la capture de 17 religieuses, -c’est à dire des dames, civiles en habit religieux et désarmées-, est moins grave qu’un article de presse.

Cette monstruosité déclenchera une riposte vigoureuse de l’Agence FIDES, le contraignant à un rétropédalage honteux, sans le moindre rappel à l’ordre de la hiérarchie. Tout autre journal que Le Monde aurait été rivé au sol pour « négationnisme » pour une telle énormité… Décidément Jabhat An Nosra fait du « bon travail en Syrie » au point de gangrener le cortex cérébral du clan Glasman.
Cf. Sur ce lien http://www.renenaba.com/les-mediactivistes-francais-une-lecture-de-l-histoire-par-le-filtre-religieux/

Un deuxième site du Monde est précisément animé par un qatarophile compulsif incompressible, Nabil En Nasri, reconverti dans la « dé-radicalisation » après avoir longtemps soufflé sur les braises depuis les colonnes même du Monde.
Plus grave, au delà des intimidations et de la partialité dont il a fait preuve dans le traitement de la guerre, se sont superposées, les analyses fallacieuses de l’équipe rédactionnelle, au diapason de la thématique du Quai d’Orsay.
Ainsi un papier collectif signé de dix mains désignera le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Hamad Ben Jassem, comme le diplomate le plus fin du Monde arabe, alors que HBJ, de sinistre mémoire, passe pour avoir été le responsable direct du désastre de Bab Amro, (région de Homs, Février 2012) qui a sonné le glas des espérances atlantistes, particulièrement françaises, en Syrie.http://www.renenaba.com/hbj-le-symptome-de-la-megalocephalite/.

HBJ, celui là même qui s’est opposé avec force à la constitution d’un Front démocratique commun entre Haytham Manna et Bourhane Ghalioune, son ancien lieutenant, le jugeant « mou ». Cette information est contenue dans la « tribune libre » adressée par Haytham Manna au Monde, en janvier 2016, et censurée par le quotidien vespéral. Imprudence supplémentaire, cette distinction était de surcroît intervenue six mois avant l’éjection du qatari impulsif par sa télécommande américaine. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/01/13/chronologie-des-printemps-arabes_4347112_3218.html

La métaphore animalière du Cobra et de la Mangouste

Autre exemple de la divagation des prétendus spécialistes français du Monde arabe, la trop fameuse métaphore animalière du « cobra » Mohammad Morsi terrassant la « mangouste » (armée égyptienne). Un papier qui se voulait définitif sur ce sujet. Par malchance, le président néo-islamiste a été emporté au terme d’un an de son mandat rendant caduque cette métaphore et risible son auteur. Même les documentaires animaliers confirment la supériorité de la mangouste, qui s’empare de la gorge du cobra, au terme d’un combat épique et le traîne pour son festin mérité. Partout la mangouste triomphe, sauf au journal le Monde.
La preuve par l’image sur ce lien :
https://www.youtube.com/watch?v=ztOAvhcWY-8

Pour mémoire, le « cobra » du Monde avait déjà mordu la poussière une première fois, sous Nasser, en 1954. Venant de la part du chef du service international du journal, une telle faribole a révélé le manque de connaissance du journaliste sur un pays dont il a été pourtant correspondant en poste pendant 5 ans (1994-1999), son absence de perspicacité en même temps que l’altération de la fonction critique du journalisme. N’est pas Eric Rouleau qui veut. Un strabisme divergent qui confond le tout et le n’importe quoi, alors que la zoologie converge sur ce point avec une froide analyse des rapports de force.

CF. à ce propos :

Le chimique soluble dans le ridicule

Soyons charitables et passons sur la grande enquête de deux envoyés spéciaux du Monde à propos de l’usage par l’armée syrienne des armes chimiques dans la région de Ghouta, banlieue de Damas. Des échantillons d’une preuve irréfutable, soutenaient-ils, avant que les justiciers ne sombrent dans le ridicule dans la foulée de la remarquable enquête de Seymour Hersch qui en démontrera et la manipulation et la mystification de l’une des plus grandes opérations d’intoxication de l’époque contemporaine.
http://www.madaniya.info/2014/12/15/seymour-hersh-the-red-line-and-the-rat-line/

Le journal Le Monde actera d’ailleurs la défaite française, en même temps que la sienne propre, dans son édition du 1er octobre 2013 : « Loin d’être à la remorque des Américains, la France a cherché à les tirer vers une politique plus décisive sur une politique qui a fait 110.000 morts et menace tout le Moyen orient », soutiendra Nathalie Nougayrède dans un éditorial intitulé « les limites de l’influence française ».

Ce constat a retenti comme une oraison funèbre de la diplomatie française. Il a été d’autant plus amère que le journal dressait ce jour-là un portrait, en double page, de sa bête noire et de ses blogueurs attitrés : « Bachar Al-Assad, sans une égratignure… Le Lion de Damas sort renforcé du compromis diplomatique qui a suivi le massacre au sarin ». Non Nathalie Nougayrède. Pas du fait du massacre au sarin. Mais du fait du délire des parrains de l’opposition off-shore syrienne et des dérives de leurs poulains. Non Madame, la France n’assume pas une fonction de « diplomatie de repère », ni de balises, mais une diplomatie de repaires et de tanières.

De la casuistique du Monde

Le Monde (6 janvier 2016), mu par un souci tardif de fausse objectivité, s’est résolu à demander des explications à Mohammad Allouche, chef de Jaych Al Islam, sur ces relations avec Jabhat An Nosra, la franchise syrienne d’Al Qaida. Le chef du mouvement salafiste djihadiste lui a répondu en ces termes sibyllins : « Aussi longtemps qu’Al Nosra combattra le régime, il y a de la place pour une coopération militaire, mais nous avons des différends idéologiques. Nous avons demandé au Front Al Nosra de se distancier d’Al Qaida. Cela a échoué ».

Le Monde, curieusement, s’abstiendra de poser la moindre question sur le sort du père Paolo Dall’Oglio, détenu par ses collègues djihadistes. Surtout pas des questions qui fâchent. Point barre. Circulez, il n’y a rien à voir.

Point n’est pourtant besoin d’être grand clair pour décrypter ce langage abscons, sans doute formaté par les sessions intensives des experts français dépêchés à Riyad pour initier les mercenaires wahhabites aux subtilités de la technique des éléments de langage. La réponse est là en toute clarté avec le mot d’ordre qui ne laisse place à aucune ambiguïté : « La démocratie c’est l’idolâtrie ». Il suffit de lire en détail, sur ce lien, la coopération entre Al Qaida, Jaych Al Islam, Ahrar Al Cham. http://www.madaniya.info/2016/02/01/le-mouvement-islamique-ahrar-al-sham-les-hommes-libres-du-levant/

Que les confrères du Monde souffre ce rappel à l’ordre. Foin de casuistique : Daech, Al Qaida, Jaych Al Islam, Ahrar Al Cham constituent autant de variations sur le même thème : L’état de Droit qu’ils préconisent repose sur un traitement d’égalité fondé sur l’injustice, en ce qu’un minoritaire est condamné du fait même de son statut de minorité qui fait qu’il n’a pas le choix, soit il renonce à son identité d’origine, soit il meurt. Qu’un sunnite n’est pas condamné du fait de sa naissance, mais du fait de sa divergence avec la ligne idéologique dominante. Qu’enfin un musulman non sunnite est tout simplement un non musulman et en subit les conséquences.

Pour s’en convaincre observez le traitement journalistique que réserve Al Jazira aux opérations de Daech, où il n’est nul part fait mention de « victimes » quand il s’agit de signaler les « tués » de Daech. Pas « Dahhiya » mais « Qatil ». Jamais le terme de « terrorisme » pour les opérations de Daech par la chaîne du du Qatar, le propriétaire du « Paris Saint Germain », le club de la capitale sinistrée par ses affidés.

Les arabisants médiatisés, les Français convertis au zèle de néophyte, les orientalistes de salon auraient dû relever ces distorsions de langage. Mais c’est prendre le risque de déplaire au Prince et de se vouer à une vie de cachot médiatique.

Au delà de la lancinante question du maintien ou non à la tête de l’état syrien de Bachar Al Assad, force est d’admettre que l’idéologie djihadiste est une idéologie éradicatrice. Nier cette réalité, c’est se rendre au mieux complice d’une tentative d’éradication de toute diversité au Moyen orient, au pire partenaire d’un génocide. Pour aller plus loin sur la fable de « l’opposition modérée ».

http://galacteros.over-blog.com/2016/02/camaieu-de-vert-fonce-l-instructif-panorama-des-rebelles-syriens.html

Le Mic Mac du Monde avec Haytham Manna, opposant historique au régime syrien : Le Nec plus ultra de la fourberie

La reprise des pourparlers de Genève III sur la Syrie, fin janvier 2016, a donné lieu à une rencontre entre Haytham Manna et un correspondant du Monde, au terme de cinq ans de brouille, à la demande du journaliste. Une telle prise de contact avait alors été interprétée par des observateurs sur place comme une volonté du Monde de nuancer sa position sur le conflit syrien à proximité du départ du Quai d’Orsay de Laurent Fabius, le mentor occulte du quotidien.

Que nenni. En France, c’est bien connu, on ne change pas une équipe qui perd, surtout si elle va droit dans le mur en klaxonnant. L’entretien a duré 2 heures 30 au terme duquel l’assurance a été donnée qu’aucune retouche ne serait apporter au texte de l’opposant historique au régime syrien. Mais le texte a été refusé à la publication pour une sombre question de comptabilité des signes qui masquait mal une compatibilité des lettres.

Gaidz Minassian, Directeur de la page « Idées » du journal Le Monde, -drôle d’idée- est membre du trio arménien composé des cousins Ara Toranian et Frank Mourad Papazian et de sa personne, qui s’est livré à une OPA sur la communauté arménienne de France en vue d’une synergie avec le CRIF. Proche de Frédéric Encel -le « GUD GUY » par excellence de l’extrême droite israélienne et réserviste de l’armée israélienne sur le Golan-, il est particulièrement sensible à la règle de jeu initiée par son mentor botuliste.

Pour aller plus loin sur Gaidz Minassian, cf. à ce propos :
http://www.madaniya.info/2015/04/25/hommage-aux-victimes-du-genocide-armenien-et-du-groupe-manouchian/

Ah les misères du journalisme d’accompagnement.

La destruction de la Libye par la France et ses amis arabes (Qatar) a fragilisé le pré-carré français en Afrique (Mali, Tunisie). En toute impunité pour ses concepteurs. Au prix fort pour la Libye, ses habitants, son environnement et la sécurité régionale.

Gardons nous donc d’une lecture exclusivement occidentaliste des événements : L’avènement d’une « Syrie nouvelle, sans Assad » présuppose l’avènement d’une « Arabie saoudite nouvelle, sans une dynastie obscurantiste et takfiriste », Il en est de même pour le Qatar. Et s’il n’y a « pas de printemps en Syrie », c’est tout bonnement parce qu’il n’y a « pas eu de printemps à Bahreïn ». Et la sécurité du Monde arabe et son développement futur ne sont pas réductibles à la sanctuarisation d’Israël et du ravitaillement énergétique des pays industrialisés.

D’autres paramètres s’imposent en priorité, notamment la constitution d’un « seul critique » du Monde arabe, par le dépassement de sa balkanisation, à l’effet de peser sur la scène mondiale, le réequilibrage stratégique du Monde pour le dégager de l’étreinte de la majorité de blocage détenue au sein de la Ligue arabe par les monarchies arabes du fait de leur alliance avec les confettis de l’empire (Djibouti et Comores). Enfin, dernier et non le moindre des priorités, le combat contre l’alliance contre nature des « grandes démocraties occidentales » avec le syndicat monarchique le plus obscurantiste de la planète, qui entrave toute fluidité politique et sociale du Monde arabe de même qu’une évolution harmonieuse de l’Islam.

Le Monde de même que Libération ont ainsi assumé une fonction invasive dans cette guerre… À la manière d’une plante invasive, ils ont détruit la biodiversité dans les espaces qu’ils ont conquis.
De quotidien vespéral de référence, Le Monde a muté, à la faveur de la guerre de Syrie, en quotidien crépusculaire de déférence.
Au « Hall of Fame » de la profession aurait pu y figurer le site « Médiapart » n’était-ce la présence insidieuse et sournoise, tapie dans ses colonnes, de l’islamophiliste Thomas Pierret « burqa Boy’s » par excellence et archétype des intellectoïdales français. Pierret stigmatisera, arbitrairement, de « pro-assad » le « Collectif pour la Syrie », alors que ce groupement apolitique qui fédère la fine fleur de l’intelligentzia syrienne de France et des sympathisants français de la Syrie maintiendra à flot, contre la volonté des pouvoirs publics, mais grâce à son réseau relationnel, le prestigieux Lycée Charles de Gaulle de Damas, l’ultime instance culturelle française encore en activité en Syrie.

La couverture médiatique de la guerre de Syrie passera à la postérité comme l’un des épisodes les plus honteux de l’histoire de la presse française. Durant cette séquence, l’honneur de la presse française a porté le nom de 3 titres : la Croix, L’Humanité et le Figaro. L’honneur de la profession. L’honneur de la France.

René Naba | 11 avril 2016

(*)  Nicolas Hénin est le fils de l’ancien président de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, l’historien Jean François Hénin. Donc il fait partie du nec plus ultra de l’establishment. Ce qui lui ouvre beaucoup de portes et lui permet dans le même temps de défendre les intérêts de la technostructure de même que de la corporation médiatico politique. Cela lui permet aussi de dire beaucoup de bêtises en toute impunité. La captivité lui a ouvert les grandes portes de la notoriété. Curieux qu’il soit consultant à BFM -tout comme le djihadologue Romain Abdallah Caillet-, poste qu’il cumule avec l’ animateur du site « Un oeil borgne sur la Syrie, du journal Le Monde. [ASI]

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Une vision très noire, mais fondée d’Albert Edwards

brunobertez

Albert est un grand, c’est un géant. Il est classé par les bien-pensants comme perma-bear, comme baissier perpétuel. C’est bien sur faux et archi-faux, Albert n’est pas « bear » par principe ou par biais personnel, non c’est simplement quelqu’un qui a une vision.

Une vision globale, fondée, étayée par un cadre analytique qui , comme le notre,  met le taux de profit et les profits au centre du système capitaliste. Il met le profit au centre  du sytème avec les liens sur la solvabilité et avec l’investissement qui lui sont  reliés organiquement. 

« Albert Edwards, l’économiste de la Société Générale, pense qu’une vague déferlante se dirige vers l’économie Américaine,  ce qui la plongera dans une récession. Cette vague c’est une baisse des taux de profit qui détruira la dette corporate.

Il explique que les profits d’une économie entière ne baissent jamais autant sans qu’il y ait une récesion, et qu’il faut, encore…

Voir l’article original 729 mots de plus

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Présentation du site

Ce site n’est pas un site d’information mais diffuse des réactions à l’actualité émanant d’autres sites,tels agences d’information,presse,sites personnels,sites documentaires,etc,avec des analyses aussi poussées que possible et dans tous les domaines:spiritualité,politique,économie,etc.

Le gestionnaire ne prend pas à son compte ces analyses mais les livre comme matière à réflexion car originales et venant de tous les bords pourvu qu’elles soient de qualité.
Au lecteur,néanmoins, d’exercer son discernement sur la fiabilité des informations analysées,dans un monde de manipulations en tout genre,et sur le caractère plus ou moins désinteréssé des analyses.

Abonnement gratuit.

Le gestionnaire gère quatre autres sites gratuits: »spiritualité,politique,économie.erlande.com-réflexion; »tantampotestantamaude.erlande.wordpress.com-action;sourceserlande.wordpress.com-références (bibliographies,listes de revues,de sites internet,de ressources documentaires,etc ) ; »documentation.erlande.wordpress.com-statistiques,cartes,graphiques,analyses très poussées et difficiles dans les même domaines.

Reproduction autorisée sans limites.

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LE HUFFINGTON POST : Éducation , Les Républicains regardent passer le train

Jean-Paul Mongin
Philosophe et délégué général de SOS Education

Publication: 06/04/2016 09h59


L’incapacité des responsables politiques à innover, à s’appuyer sur les études internationales et à repenser les modèles obsolètes sur lesquels dysfonctionne notre société trouve une regrettable illustration dans la convention qui se tient aujourd’hui au siège des Républicains sur la question de l’éducation.

Au-delà d’un discours incantatoire, marqueur supposé de la droite et strict copié-collé des programmes électoraux de 2007, consacré à « l’autorité », au « mérite », à la réduction du nombre d’enseignants, rien, ou presque, ne semble avoir évolué de la vision monopolistique du système scolaire datant du temps de l’économie planifiée, avec le résultat catastrophique que l’on sait : illettrisme endémique à la fin de l’école primaire, échec scolaire des élèves défavorisés battant tous les records de l’OCDE, effondrement du niveau de recrutement des professeurs, gabegie financière scandaleuse…

Au cours des travaux préparatoires, des idées nouvelles avaient pourtant vu le jour, irriguées notamment par des mouvements qui ont cherché à penser l’application à l’école du principe de subsidiarité, par les réflexions de MM. Copé, Retailleau ou Mariton qui ont, ensemble et séparément, avancé depuis 2013 des propositions novatrices de contractualisation à tous les niveaux du système en vue d’offrir aux acteurs de la réussite éducative davantage de choix et d’efficacité.

Il y a quelques jours, à l’Assemblée nationale, le stimulant colloque de la Fondation Espérance Banlieues, rassemblant des personnalités aussi diverses que Laurent Bigorgne, Jean-Louis Borloo, Alexandre Jardin ou Natacha Polony, en présence de parlementaires des Républicains, avait montré la voie des solutions qui fonctionnent déjà dans des écoles indépendantes sur le terrain, par la proximité et la responsabilisation des acteurs, en complémentarité avec le système traditionnel.

A côté de nous, il suffisait de regarder l’exemple de l’Angleterre, qui est en train de redresser avec un succès incontestable son système éducatif grâce au développement des Academies où l’État finance la liberté et contrôle les résultats.

Las! La feuille de route présentée aujourd’hui par l’opposition évite soigneusement tous ces sujets. Elle n’ouvre même pas la porte au recrutement des enseignants par le chef d’établissement, que le prudent Alain Juppé lui-même évoquait pourtant dans son livre Mes Chemins pour l’école. Elle s’accroche à cette chimère, malgré 40 années de faillite éducative, que le Ministère de l’Éducation nationale peut être à la fois l’opérateur unique, le contrôleur, et l’accompagnateur d’une offre scolaire massive et efficace, alors même que l’enlisement de la funeste réforme du collège vient une fois de plus de démontrer combien il était irréformable.

La presse évoque, à l’occasion de cette convention, un contrôle renforcé de la scolarisation à domicile: gageons que celle-ci a en effet de beaux jours devant elle…

Jean-Paul Mongin
Philosophe et délégué général de SOS Education

Éducation: Les Républicains regardent passer le train
Publication: 06/04/2016 09h59


L’incapacité des responsables politiques à innover, à s’appuyer sur les études internationales et à repenser les modèles obsolètes sur lesquels dysfonctionne notre société trouve une regrettable illustration dans la convention qui se tient aujourd’hui au siège des Républicains sur la question de l’éducation.

Au-delà d’un discours incantatoire, marqueur supposé de la droite et strict copié-collé des programmes électoraux de 2007, consacré à « l’autorité », au « mérite », à la réduction du nombre d’enseignants, rien, ou presque, ne semble avoir évolué de la vision monopolistique du système scolaire datant du temps de l’économie planifiée, avec le résultat catastrophique que l’on sait : illettrisme endémique à la fin de l’école primaire, échec scolaire des élèves défavorisés battant tous les records de l’OCDE, effondrement du niveau de recrutement des professeurs, gabegie financière scandaleuse…

Au cours des travaux préparatoires, des idées nouvelles avaient pourtant vu le jour, irriguées notamment par des mouvements qui ont cherché à penser l’application à l’école du principe de subsidiarité, par les réflexions de MM. Copé, Retailleau ou Mariton qui ont, ensemble et séparément, avancé depuis 2013 des propositions novatrices de contractualisation à tous les niveaux du système en vue d’offrir aux acteurs de la réussite éducative davantage de choix et d’efficacité.

Il y a quelques jours, à l’Assemblée nationale, le stimulant colloque de la Fondation Espérance Banlieues, rassemblant des personnalités aussi diverses que Laurent Bigorgne, Jean-Louis Borloo, Alexandre Jardin ou Natacha Polony, en présence de parlementaires des Républicains, avait montré la voie des solutions qui fonctionnent déjà dans des écoles indépendantes sur le terrain, par la proximité et la responsabilisation des acteurs, en complémentarité avec le système traditionnel.

A côté de nous, il suffisait de regarder l’exemple de l’Angleterre, qui est en train de redresser avec un succès incontestable son système éducatif grâce au développement des Academies où l’État finance la liberté et contrôle les résultats.

Las! La feuille de route présentée aujourd’hui par l’opposition évite soigneusement tous ces sujets. Elle n’ouvre même pas la porte au recrutement des enseignants par le chef d’établissement, que le prudent Alain Juppé lui-même évoquait pourtant dans son livre Mes Chemins pour l’école. Elle s’accroche à cette chimère, malgré 40 années de faillite éducative, que le Ministère de l’Éducation nationale peut être à la fois l’opérateur unique, le contrôleur, et l’accompagnateur d’une offre scolaire massive et efficace, alors même que l’enlisement de la funeste réforme du collège vient une fois de plus de démontrer combien il était irréformable.

La presse évoque, à l’occasion de cette convention, un contrôle renforcé de la scolarisation à domicile: gageons que celle-ci a en effet de beaux jours devant elle…

Jean-Paul Mongin
Philosophe et délégué général de SOS Education

Éducation: Les Républicains regardent passer le train
Publication: 06/04/2016 09h59


L’incapacité des responsables politiques à innover, à s’appuyer sur les études internationales et à repenser les modèles obsolètes sur lesquels dysfonctionne notre société trouve une regrettable illustration dans la convention qui se tient aujourd’hui au siège des Républicains sur la question de l’éducation.

Au-delà d’un discours incantatoire, marqueur supposé de la droite et strict copié-collé des programmes électoraux de 2007, consacré à « l’autorité », au « mérite », à la réduction du nombre d’enseignants, rien, ou presque, ne semble avoir évolué de la vision monopolistique du système scolaire datant du temps de l’économie planifiée, avec le résultat catastrophique que l’on sait : illettrisme endémique à la fin de l’école primaire, échec scolaire des élèves défavorisés battant tous les records de l’OCDE, effondrement du niveau de recrutement des professeurs, gabegie financière scandaleuse…

Au cours des travaux préparatoires, des idées nouvelles avaient pourtant vu le jour, irriguées notamment par des mouvements qui ont cherché à penser l’application à l’école du principe de subsidiarité, par les réflexions de MM. Copé, Retailleau ou Mariton qui ont, ensemble et séparément, avancé depuis 2013 des propositions novatrices de contractualisation à tous les niveaux du système en vue d’offrir aux acteurs de la réussite éducative davantage de choix et d’efficacité.

Il y a quelques jours, à l’Assemblée nationale, le stimulant colloque de la Fondation Espérance Banlieues, rassemblant des personnalités aussi diverses que Laurent Bigorgne, Jean-Louis Borloo, Alexandre Jardin ou Natacha Polony, en présence de parlementaires des Républicains, avait montré la voie des solutions qui fonctionnent déjà dans des écoles indépendantes sur le terrain, par la proximité et la responsabilisation des acteurs, en complémentarité avec le système traditionnel.

A côté de nous, il suffisait de regarder l’exemple de l’Angleterre, qui est en train de redresser avec un succès incontestable son système éducatif grâce au développement des Academies où l’État finance la liberté et contrôle les résultats.

Las! La feuille de route présentée aujourd’hui par l’opposition évite soigneusement tous ces sujets. Elle n’ouvre même pas la porte au recrutement des enseignants par le chef d’établissement, que le prudent Alain Juppé lui-même évoquait pourtant dans son livre Mes Chemins pour l’école. Elle s’accroche à cette chimère, malgré 40 années de faillite éducative, que le Ministère de l’Éducation nationale peut être à la fois l’opérateur unique, le contrôleur, et l’accompagnateur d’une offre scolaire massive et efficace, alors même que l’enlisement de la funeste réforme du collège vient une fois de plus de démontrer combien il était irréformable.

La presse évoque, à l’occasion de cette convention, un contrôle renforcé de la scolarisation à domicile: gageons que celle-ci a en effet de beaux jours devant elle…

Jean-Paul Mongin
Philosophe et délégué général de SOS Education

Éducation: Les Républicains regardent passer le train
Publication: 06/04/2016 09h59


L’incapacité des responsables politiques à innover, à s’appuyer sur les études internationales et à repenser les modèles obsolètes sur lesquels dysfonctionne notre société trouve une regrettable illustration dans la convention qui se tient aujourd’hui au siège des Républicains sur la question de l’éducation.

Au-delà d’un discours incantatoire, marqueur supposé de la droite et strict copié-collé des programmes électoraux de 2007, consacré à « l’autorité », au « mérite », à la réduction du nombre d’enseignants, rien, ou presque, ne semble avoir évolué de la vision monopolistique du système scolaire datant du temps de l’économie planifiée, avec le résultat catastrophique que l’on sait : illettrisme endémique à la fin de l’école primaire, échec scolaire des élèves défavorisés battant tous les records de l’OCDE, effondrement du niveau de recrutement des professeurs, gabegie financière scandaleuse…

Au cours des travaux préparatoires, des idées nouvelles avaient pourtant vu le jour, irriguées notamment par des mouvements qui ont cherché à penser l’application à l’école du principe de subsidiarité, par les réflexions de MM. Copé, Retailleau ou Mariton qui ont, ensemble et séparément, avancé depuis 2013 des propositions novatrices de contractualisation à tous les niveaux du système en vue d’offrir aux acteurs de la réussite éducative davantage de choix et d’efficacité.

Il y a quelques jours, à l’Assemblée nationale, le stimulant colloque de la Fondation Espérance Banlieues, rassemblant des personnalités aussi diverses que Laurent Bigorgne, Jean-Louis Borloo, Alexandre Jardin ou Natacha Polony, en présence de parlementaires des Républicains, avait montré la voie des solutions qui fonctionnent déjà dans des écoles indépendantes sur le terrain, par la proximité et la responsabilisation des acteurs, en complémentarité avec le système traditionnel.

A côté de nous, il suffisait de regarder l’exemple de l’Angleterre, qui est en train de redresser avec un succès incontestable son système éducatif grâce au développement des Academies où l’État finance la liberté et contrôle les résultats.

Las! La feuille de route présentée aujourd’hui par l’opposition évite soigneusement tous ces sujets. Elle n’ouvre même pas la porte au recrutement des enseignants par le chef d’établissement, que le prudent Alain Juppé lui-même évoquait pourtant dans son livre Mes Chemins pour l’école. Elle s’accroche à cette chimère, malgré 40 années de faillite éducative, que le Ministère de l’Éducation nationale peut être à la fois l’opérateur unique, le contrôleur, et l’accompagnateur d’une offre scolaire massive et efficace, alors même que l’enlisement de la funeste réforme du collège vient une fois de plus de démontrer combien il était irréformable.

La presse évoque, à l’occasion de cette convention, un contrôle renforcé de la scolarisation à domicile: gageons que celle-ci a en effet de beaux jours devant elle…

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LA BOURSE AU QUOTIDIEN : Les enjeux du Grexit : à quoi s’attendre ?

Par Philippe Béchade04 Avr 2016

Une fuite de Wikileaks, qui fait déjà les gros titres, nous révèle que le FMI est en train de négocier avec la Grèce l’officialisation d’un « évènement de crédit ». Comprenez un « défaut »… ou plus concrètement encore : une faillite.

Cachons ce Grexit qui risque de dégénérer en Brexit, puis en Ibérexit, etc.

Malgré l’hyper-austérité, l’effondrement des salaires des fonctionnaires, des revenus au sens large, des pensions de retraite, les « économies » de fonctionnement de l’État grec ne sont pas encore suffisantes pour que les conditions d’un refinancement soient considérées comme satisfaisantes par le FMI.

Pour résumer : la Grèce n’est pas dans les clous et s’en éloigne de plus en plus. Le pays n’est plus éligible au plan de soutien conclu l’été dernier et cela va se dégrader encore d’ici la prochaine échéance. La seule solution serait un bailout par les pays européens. Une solution que l’Allemagne va refuser à coup sûr.

Du Grexit au Bexit, il n’y a qu’un pas

Donc, le Grexit est quasiment acté du point de vue du FMI, mais tout est affaire de timing. L’annoncer maintenant serait apporter de l’eau, voire des cataractes, au moulin des partisans du Brexit. « Quittons cette Europe qui se disloque et où il n’y a que des mauvais coups à prendre ! » Alors qu’un référendum se tiendra en juin au Royaume-encore-Uni.

Un Royaume qui le sera beaucoup moins si le pays sort de l’UE. L’Écosse veut s’y maintenir et pourrait rapidement organiser un referendum d’autodétermination, avec comme enjeu son indépendance par rapport l’Angleterre.

Et le principal danger du Grexit, ce ne sont pas les turbulences obligataires ou constitutionnelles qui vont en résulter, mais le risque terrifiant de voir la Grèce s’en sortir sans l’euro, ressusciter économiquement, et donner le mauvais exemple de la bonne marche à suivre pour échapper à l’enfer de l’austérité, à l’arbitraire des 3% de déficits, à la désintégration des standards sociaux.

Après le Grexit, le Brexit… attendons-nous à voir se profiler rapidement un Ibérexit.

photo auteur

Philippe Béchade

Rédacteur en Chef de la lettre Pitbull

Les enjeux du Grexit : à quoi s’attendre ?

Par Philippe Béchade04 Avr 2016

Une fuite de Wikileaks, qui fait déjà les gros titres, nous révèle que le FMI est en train de négocier avec la Grèce l’officialisation d’un « évènement de crédit ». Comprenez un « défaut »… ou plus concrètement encore : une faillite.

Cachons ce Grexit qui risque de dégénérer en Brexit, puis en Ibérexit, etc.

Malgré l’hyper-austérité, l’effondrement des salaires des fonctionnaires, des revenus au sens large, des pensions de retraite, les « économies » de fonctionnement de l’État grec ne sont pas encore suffisantes pour que les conditions d’un refinancement soient considérées comme satisfaisantes par le FMI.

Pour résumer : la Grèce n’est pas dans les clous et s’en éloigne de plus en plus. Le pays n’est plus éligible au plan de soutien conclu l’été dernier et cela va se dégrader encore d’ici la prochaine échéance. La seule solution serait un bailout par les pays européens. Une solution que l’Allemagne va refuser à coup sûr.

Du Grexit au Bexit, il n’y a qu’un pas

Donc, le Grexit est quasiment acté du point de vue du FMI, mais tout est affaire de timing. L’annoncer maintenant serait apporter de l’eau, voire des cataractes, au moulin des partisans du Brexit. « Quittons cette Europe qui se disloque et où il n’y a que des mauvais coups à prendre ! » Alors qu’un référendum se tiendra en juin au Royaume-encore-Uni.

Un Royaume qui le sera beaucoup moins si le pays sort de l’UE. L’Écosse veut s’y maintenir et pourrait rapidement organiser un referendum d’autodétermination, avec comme enjeu son indépendance par rapport l’Angleterre.

Et le principal danger du Grexit, ce ne sont pas les turbulences obligataires ou constitutionnelles qui vont en résulter, mais le risque terrifiant de voir la Grèce s’en sortir sans l’euro, ressusciter économiquement, et donner le mauvais exemple de la bonne marche à suivre pour échapper à l’enfer de l’austérité, à l’arbitraire des 3% de déficits, à la désintégration des standards sociaux.

Après le Grexit, le Brexit… attendons-nous à voir se profiler rapidement un Ibérexit.

photo auteur

Philippe Béchade

Rédacteur en Chef de la lettre Pitbull

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LE BLOG DE JEAN PIERRE CHEVENEMENT : « Panama papers »: pour Chevènement, documents collectés par « des services spécialisés »

Dépêche AFP, mardi 5 avril 2016, 21h.

"Panama papers": pour Chevènement, documents collectés par "des services spécialisés"
L’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement a estimé mardi que le scandale des « Panama papers » n’aurait pas pu éclater sans la collecte de « 11 millions et demi de documents » par « des services spécialisés » qui ont selon lui en outre « choisi leurs cibles ».
« Je suis un peu circonspect sur l’origine de ces fuites massives: 11 millions et demi de documents, ce n’est pas à la portée d’un vulgaire hacker, il faut que des services spécialisés se soient mis au travail », a déclaré M. Chevènement dans l’émission « Preuve par trois » AFP-Public-Sénat.
« Il fallait des services spécialisés pour opérer la collecte de données qui pourraient remplir 700 fois la Bible », a insisté le président du club politique République moderne.
Selon lui en outre, il y a eu dans ces révélations « une certaine sélection des cibles » car, a-t-il analysé « il faut des mots clés pour faire travailler les ordinateurs et pour procéder à un certain nombre de recoupements ».
« Ces cibles n’ont évidemment pas été choisies par hasard », a-t-il avancé, affirmant que la Maison Blanche avait ainsi désigné la banque Rossia comme « la tirelire de tous les oligarques russes, les principaux dirigeants de la Russie ».
Pour M. Chevènement en outre, « vous n’êtes pas lanceur d’alerte par hasard ». « Il faut avoir accès à des données extrêmement vastes », a-t-il relevé, voyant « beaucoup d’approximations » dans les articles publiés par Le Monde, un des participants du Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ) qui a travaillé sur ces documents.
« J’ajoute que ce sont des proches, ce ne sont pas les dirigeants qui sont nommément mis en cause, ce sont des proches », a encore déclaré l’ancien ministre.

Dépêche AFP, mardi 5 avril 2016, 21h.

"Panama papers": pour Chevènement, documents collectés par "des services spécialisés"
L’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement a estimé mardi que le scandale des « Panama papers » n’aurait pas pu éclater sans la collecte de « 11 millions et demi de documents » par « des services spécialisés » qui ont selon lui en outre « choisi leurs cibles ».
« Je suis un peu circonspect sur l’origine de ces fuites massives: 11 millions et demi de documents, ce n’est pas à la portée d’un vulgaire hacker, il faut que des services spécialisés se soient mis au travail », a déclaré M. Chevènement dans l’émission « Preuve par trois » AFP-Public-Sénat.
« Il fallait des services spécialisés pour opérer la collecte de données qui pourraient remplir 700 fois la Bible », a insisté le président du club politique République moderne.
Selon lui en outre, il y a eu dans ces révélations « une certaine sélection des cibles » car, a-t-il analysé « il faut des mots clés pour faire travailler les ordinateurs et pour procéder à un certain nombre de recoupements ».
« Ces cibles n’ont évidemment pas été choisies par hasard », a-t-il avancé, affirmant que la Maison Blanche avait ainsi désigné la banque Rossia comme « la tirelire de tous les oligarques russes, les principaux dirigeants de la Russie ».
Pour M. Chevènement en outre, « vous n’êtes pas lanceur d’alerte par hasard ». « Il faut avoir accès à des données extrêmement vastes », a-t-il relevé, voyant « beaucoup d’approximations » dans les articles publiés par Le Monde, un des participants du Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ) qui a travaillé sur ces documents.
« J’ajoute que ce sont des proches, ce ne sont pas les dirigeants qui sont nommément mis en cause, ce sont des proches », a encore déclaré l’ancien ministre.
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OJIM : La presse allemande sur la sellette ?

Christian Terras
La presse allemande sur la sellette ?

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Comme en France de plus en plus d’Allemands se méfient de la presse de leur pays, une presse en perte de vitesse et surtout de prestige. Mensonges, manque de pluralisme, carences dans la vérification des sources, tous ces facteurs expliquent la baisse de confiance des lecteurs.

La presse allemande jouissait depuis 1945 d’une réputation de sérieux et d’un prestige indéniables. Ce n’est pas que la concentration y fasse complètement défaut : on se rappellera du groupe de presse Springer, qui contrôle tout de même 180 journaux et magazines nationaux et régionaux, dont le fameux tabloïd Bild Zeitung, informant entre 20 et 25% des Allemands. Et on se souvient aussi de la vindicte que la gauche et l’extrême-gauche allemandes ont toujours vouée à Axel Springer (1912-1985), homme résolument conservateur voire réactionnaire, viscéralement anticommuniste et anti-intellectuel, vindicte qui a trouvé dans le fameux roman L’honneur perdu de Katharina Blum de Heinrich Böll et le film homonymes de Rainer-Werner Fassbinder son point culminant.

La majorité des journaux allemands reste cependant – à la différence de leurs homologues français – indépendants grâce à un électorat dispersé, à des tirages très supérieurs à ceux de la presse française et à de bons équilibres financiers. La presse allemande ne survit pas comme en France grâce aux seules subventions directes et indirectes des contribuables.

Et pourtant cela grince dans les chaumières des lecteurs depuis quelques temps déjà, et notamment depuis qu’une presse de réinformation, inégale mais de plus en plus audible, a fait son apparition notamment sur Internet. Le terme de « Lügenpresse » (presse mensongère), qui a été usité par tous les opposants aux régimes allemands en place depuis 1848, est revenu en force sur le devant de la scène. Et les journalistes pincés de rappeler que ce terme a « souvent été par le passé utilisé par les extrêmes » et de se défendre de tout manquement.

Mais qu’en est-il vraiment ? Pour en avoir le cœur net, le quotidien Die Zeit (« Le temps ») a fait réaliser, il y a quelques mois déjà, une enquête auprès du public par l’institut infratest dimap. Die Zeit n’est pas un des « trois grands » quotidiens allemands (qui sont FAZ, Die Welt et Süddeutsche Zeitung). Il fait partie, avec un tirage de tout de même près de 500 000 exemplaires, du deuxième rang seulement des quotidiens nationaux allemands. Il présente aussi quelques caractéristiques uniques : il est exceptionnellement épais, donne la parole à plusieurs opposants dans le cadre de débats contradictoires, et est l’un des seuls journaux à ne pas s’afficher « unabhängig » (indépendant) et « unparteilich » (non partisan). Dirigé pendant des décennies par l’ancien chancelier fédéral Helmut Schmidt (1983-2015), il n’a en effet jamais caché ses sympathies sociales-démocrates.

Les résultats sont clairs et dépassent largement le problème d’une frange extrémiste marginale : le fait est que la méfiance d’une vaste frange du public allemand vis-à-vis des médias croît. Les Allemands s’informent en effet majoritairement en regardant la télévision ; en second lieu en lisant la presse et en troisième position sur Internet, où les qualités sont très variables.

Si les médias écrits conservent donc un atout indéniable, le ver est bel et bien dans le fruit : 60% des personnes interrogées n’ont en effet aucune confiance (53%) ou seulement une confiance limitée (7%) dans la presse écrite contre 40% de personnes confiantes. La confiance a baissé chez 25% des gens au cours de ces dernières années. Les causes de la méfiance grandissante du grand public sont encore plus inquiétantes car elles touchent à la qualité et au sérieux : 27% personnes interrogées estiment en effet que l’information est volontairement biaisée et manipulée, ou bien unilatérale (20%). 15% des personnes interrogées estiment que certaines recherches sont mal faites ou insuffisantes.

Et pourtant, 10% seulement des Allemands estiment que leur presse n’est pas indépendante. C’est donc bien la chape de plomb du « politiquement correct » qui est en cause… Les contraintes économiques obligeront-elles les journaux allemands à réviser leur position ? C’est en fait ce que sous-entend Die Zeit, en publiant des résultats qui déconseillent de se contenter de jeter l’anathème sur ceux qui parlent de « Lügenpresse ». Car le mal est profond.

Vous appréciez le travail de l’OJIM et vous avez apprécié cet article, aidez-nous !

Aidez l'Ojim à se développer ! Le travail de l’Ojim se développe avec des correspondants en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Pologne et bientôt en Hongrie. Nous avons pu vous proposer des analyses de la presse européenne sur les viols de Cologne. Nous frôlons les 200 portraits de journalistes et ceux ci sont de plus en plus lus y compris à l’université et dans les écoles de journalisme. Mais le nerf de la guerre ne suit pas toujours, si vous voulez nous aider c’est facile :
En donnant 30 euros vous financez les brèves d’une journée de publication.
En donnant 100 euros vous nous aidez à couvrir les frais d’un portrait.
En donnant 200 euros vous financez un dossier.
En donnant 400 euros vous financez une infographie ou une vidéo.
Vous pouvez payer en ligne ci-dessous ou nous envoyer un chèque à OJIM 48 bd de la Bastille 75012 Paris.
Le petit cochon de l’Ojim vous remercie et vous souhaite une grande année 2016.

Claude Chollet
Président de l’OJIM

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Vous trouverez ci-dessous notre IBAN :
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La presse allemande jouissait depuis 1945 d’une réputation de sérieux et d’un prestige indéniables. Ce n’est pas que la concentration y fasse complètement défaut : on se rappellera du groupe de presse Springer, qui contrôle tout de même 180 journaux et magazines nationaux et régionaux, dont le fameux tabloïd Bild Zeitung, informant entre 20 et 25% des Allemands. Et on se souvient aussi de la vindicte que la gauche et l’extrême-gauche allemandes ont toujours vouée à Axel Springer (1912-1985), homme résolument conservateur voire réactionnaire, viscéralement anticommuniste et anti-intellectuel, vindicte qui a trouvé dans le fameux roman L’honneur perdu de Katharina Blum de Heinrich Böll et le film homonymes de Rainer-Werner Fassbinder son point culminant.

La majorité des journaux allemands reste cependant – à la différence de leurs homologues français – indépendants grâce à un électorat dispersé, à des tirages très supérieurs à ceux de la presse française et à de bons équilibres financiers. La presse allemande ne survit pas comme en France grâce aux seules subventions directes et indirectes des contribuables.

Et pourtant cela grince dans les chaumières des lecteurs depuis quelques temps déjà, et notamment depuis qu’une presse de réinformation, inégale mais de plus en plus audible, a fait son apparition notamment sur Internet. Le terme de « Lügenpresse » (presse mensongère), qui a été usité par tous les opposants aux régimes allemands en place depuis 1848, est revenu en force sur le devant de la scène. Et les journalistes pincés de rappeler que ce terme a « souvent été par le passé utilisé par les extrêmes » et de se défendre de tout manquement.

Mais qu’en est-il vraiment ? Pour en avoir le cœur net, le quotidien Die Zeit (« Le temps ») a fait réaliser, il y a quelques mois déjà, une enquête auprès du public par l’institut infratest dimap. Die Zeit n’est pas un des « trois grands » quotidiens allemands (qui sont FAZ, Die Welt et Süddeutsche Zeitung). Il fait partie, avec un tirage de tout de même près de 500 000 exemplaires, du deuxième rang seulement des quotidiens nationaux allemands. Il présente aussi quelques caractéristiques uniques : il est exceptionnellement épais, donne la parole à plusieurs opposants dans le cadre de débats contradictoires, et est l’un des seuls journaux à ne pas s’afficher « unabhängig » (indépendant) et « unparteilich » (non partisan). Dirigé pendant des décennies par l’ancien chancelier fédéral Helmut Schmidt (1983-2015), il n’a en effet jamais caché ses sympathies sociales-démocrates.

Les résultats sont clairs et dépassent largement le problème d’une frange extrémiste marginale : le fait est que la méfiance d’une vaste frange du public allemand vis-à-vis des médias croît. Les Allemands s’informent en effet majoritairement en regardant la télévision ; en second lieu en lisant la presse et en troisième position sur Internet, où les qualités sont très variables.

Si les médias écrits conservent donc un atout indéniable, le ver est bel et bien dans le fruit : 60% des personnes interrogées n’ont en effet aucune confiance (53%) ou seulement une confiance limitée (7%) dans la presse écrite contre 40% de personnes confiantes. La confiance a baissé chez 25% des gens au cours de ces dernières années. Les causes de la méfiance grandissante du grand public sont encore plus inquiétantes car elles touchent à la qualité et au sérieux : 27% personnes interrogées estiment en effet que l’information est volontairement biaisée et manipulée, ou bien unilatérale (20%). 15% des personnes interrogées estiment que certaines recherches sont mal faites ou insuffisantes.

Et pourtant, 10% seulement des Allemands estiment que leur presse n’est pas indépendante. C’est donc bien la chape de plomb du « politiquement correct » qui est en cause… Les contraintes économiques obligeront-elles les journaux allemands à réviser leur position ? C’est en fait ce que sous-entend Die Zeit, en publiant des résultats qui déconseillent de se contenter de jeter l’anathème sur ceux qui parlent de « Lügenpresse ». Car le mal est profond.

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INSOLENTIAE : « Pour le gouverneur de la banque centrale du Japon, on ne peut pas résoudre tous les problèmes avec la seule politique monétaire… » L’édito de Charles SANNAT

Japon geisha

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Vous savez ce que je pense de la situation économique actuelle, en particulier celles et ceux qui me suivent jour après jour.

Les choses sont à la fois d’une complexité extrême mais aussi d’une simplicité biblique. Économiquement, c’est la catastrophe ; économiquement, le monde entier est soumis à une déflation terrible et destructrice sur fond de surendettement généralisé.

La seule façon de faire perdurer ce système à bout de souffle, c’est évidemment les politiques totalement inouïes économiquement parlant menées par les banques centrales.

Est-ce que ce qu’elles font est bien ou mal ?

Peu importe en réalité, elles le font et, ce faisant, conditionnent le monde dans lequel nous vivons. Devons-nous les blâmer ? Sincèrement, je pense que non. Bien sûr, les politiques monétaires menées profitent bien plus à Wall Street qu’à Main Street, une expression américaine signifiant que cela est bien plus favorable aux riches de Wall Street qu’aux pauvres gens de la rue comme vous et moi.
Pourtant, sachez, sans démagogie aucune et justement par honnêteté intellectuelle, qu’en fait vous en profitez, et vous en profitez même très largement des politiques centrales.

Pourquoi et comment, me direz-vous ?

Tout simplement parce que votre monde ne s’est pas effondré… Et que si votre monde économique s’effondre, je peux vous assurer que vous allez regretter amèrement les politiques des banques centrales.
Ne vous méprenez pas. Je ne défends personne, ni accuse quiconque. Pour le moment, et bien que ces politiques enrichissent encore plus les riches et appauvrissent les pauvres, il n’en reste pas moins vrai que le système tient. Le système ne tient qu’à un fil et ce fil c’est évidemment la politique concertée des grandes banques centrales à travers le monde.

Japon : “la politique monétaire ne peut pas tout”, dit le gouverneur de la BoJ

C’est une dépêche du jour de l’AFP qui nous apprend que “trois ans après le lancement d’une vaste offensive monétaire, le gouverneur de la banque centrale du Japon (BOJ), Haruhiko Kuroda, a insisté mardi sur le fait que l’action de l’institut d’émission ne pouvait à elle seule sortir le Japon des affres de la déflation”.

“Il a souligné que les dispositifs actuels d’assouplissement quantitatif et qualitatif, dont l’instauration récente de taux négatifs sur des liquidités déposées par les banques, agissaient dans le bon sens, mais que d’autres éléments devaient jouer pour que l’économie nippone prenne l’élan attendu.”

Vous devez bien entendre les paroles de ce gouverneur en exercice au Japon qui est le pays le plus avancé et dans l’endettement, et dans la déflation, et dans les taux négatifs. Le Japon montre la voie à tous. Que son gouverneur dise qu’il ne peut pas tout est un terrible aveu d’échec mais est surtout très inquiétant.

Cette nuit en Asie : le fonds de pension japonais aurait perdu 48 milliards d’euros

Cet article des Échos aborde un autre problème touchant le Japon.

“Cherchant à doper le Nikkei, pour redonner confiance aux acteurs économiques, Shinzo Abe a poussé le fonds de pension à investir plus massivement sur les marchés actions japonais et étrangers.

Habituellement, le gigantesque Fonds de réserve japonais des régimes de retraites publiques (GPIF) communique ses résultats annuels au début du mois de juillet. Mais exceptionnellement cette année, le plus important fonds de pension de la planète ne fera la lumière sur ses performances que le 29 juillet, soit après une élection parlementaire jugée capitale pour le gouvernement de Shinzo Abe.

S’étonnant de cette modification de calendrier, l’opposition japonaise se demande si l’exécutif aurait quelques chose à dissimuler. “Oui”, lui ont répondu ce mardi matin plusieurs analystes qui estiment que le GPIF, que Shinzo Abe a poussé à se montrer plus audacieux, vient d’enregistrer des pertes colossales. Les experts de SMBC Nikko Securities Inc. évoquent une perte, sur l’exercice fiscal qui s’est achevé le 31 mars, approchant les 6 000 milliards de yens, soit près de 48 milliards d’euros.”

Le Japon au bout du rouleau et le fil de la banque centrale va-t-il lâcher ?

Oui le Japon est en crise depuis maintenant presque 30 ans. Un peu comme nous finalement.
Je vous disais un peu plus haut que tout tenait par le fil des banques centrales qui, en réalité, assurent le fonctionnement à “cours forcé” de l’économie mondiale.

Si les banques centrales vacillent, alors ce sera l’effondrement systémique. C’est la raison pour laquelle vous devez surveiller avec une acuité toute particulière ce qu’elles font.

Maintenant, imaginez que les banques centrales cessent le soutien à l’économie ?
Imaginez cela ! Et vous comprendrez aisément la raison pour laquelle je vous incite à vous protéger.

En attendant, mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT

“Insolentiae” signifie “impertinence” en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL, “patrimoine, emploi, localisation”. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »

Source AFP pour le Japon ici

Source Les Echos ici pour la perte de 48 milliards 


Charles Sannat

A propos de

Je suis diplômé de l’Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques. J’ai commencé ma carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran – Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance) et j’ai rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d’affaires. En 2012 j’ai intégré la société Aucoffre.com comme directeur des études économiques et créé le Contrarien Matin un site de « décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l’actualité économique ». En septembre 2015 je quitte mes fonctions au sein de la société Aucoffre.com pour fonder le site Insolentiae.com et me consacrer pleinement à ce nouveau projet éditorial.



Japon geisha

« Pour le gouverneur de la banque centrale du Japon, on ne peut pas résoudre tous les problèmes avec la seule politique monétaire… » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Vous savez ce que je pense de la situation économique actuelle, en particulier celles et ceux qui me suivent jour après jour.

Les choses sont à la fois d’une complexité extrême mais aussi d’une simplicité biblique. Économiquement, c’est la catastrophe ; économiquement, le monde entier est soumis à une déflation terrible et destructrice sur fond de surendettement généralisé.

La seule façon de faire perdurer ce système à bout de souffle, c’est évidemment les politiques totalement inouïes économiquement parlant menées par les banques centrales.

Est-ce que ce qu’elles font est bien ou mal ?

Peu importe en réalité, elles le font et, ce faisant, conditionnent le monde dans lequel nous vivons. Devons-nous les blâmer ? Sincèrement, je pense que non. Bien sûr, les politiques monétaires menées profitent bien plus à Wall Street qu’à Main Street, une expression américaine signifiant que cela est bien plus favorable aux riches de Wall Street qu’aux pauvres gens de la rue comme vous et moi.
Pourtant, sachez, sans démagogie aucune et justement par honnêteté intellectuelle, qu’en fait vous en profitez, et vous en profitez même très largement des politiques centrales.

Pourquoi et comment, me direz-vous ?

Tout simplement parce que votre monde ne s’est pas effondré… Et que si votre monde économique s’effondre, je peux vous assurer que vous allez regretter amèrement les politiques des banques centrales.
Ne vous méprenez pas. Je ne défends personne, ni accuse quiconque. Pour le moment, et bien que ces politiques enrichissent encore plus les riches et appauvrissent les pauvres, il n’en reste pas moins vrai que le système tient. Le système ne tient qu’à un fil et ce fil c’est évidemment la politique concertée des grandes banques centrales à travers le monde.

Japon : “la politique monétaire ne peut pas tout”, dit le gouverneur de la BoJ

C’est une dépêche du jour de l’AFP qui nous apprend que “trois ans après le lancement d’une vaste offensive monétaire, le gouverneur de la banque centrale du Japon (BOJ), Haruhiko Kuroda, a insisté mardi sur le fait que l’action de l’institut d’émission ne pouvait à elle seule sortir le Japon des affres de la déflation”.

“Il a souligné que les dispositifs actuels d’assouplissement quantitatif et qualitatif, dont l’instauration récente de taux négatifs sur des liquidités déposées par les banques, agissaient dans le bon sens, mais que d’autres éléments devaient jouer pour que l’économie nippone prenne l’élan attendu.”

Vous devez bien entendre les paroles de ce gouverneur en exercice au Japon qui est le pays le plus avancé et dans l’endettement, et dans la déflation, et dans les taux négatifs. Le Japon montre la voie à tous. Que son gouverneur dise qu’il ne peut pas tout est un terrible aveu d’échec mais est surtout très inquiétant.

Cette nuit en Asie : le fonds de pension japonais aurait perdu 48 milliards d’euros

Cet article des Échos aborde un autre problème touchant le Japon.

“Cherchant à doper le Nikkei, pour redonner confiance aux acteurs économiques, Shinzo Abe a poussé le fonds de pension à investir plus massivement sur les marchés actions japonais et étrangers.

Habituellement, le gigantesque Fonds de réserve japonais des régimes de retraites publiques (GPIF) communique ses résultats annuels au début du mois de juillet. Mais exceptionnellement cette année, le plus important fonds de pension de la planète ne fera la lumière sur ses performances que le 29 juillet, soit après une élection parlementaire jugée capitale pour le gouvernement de Shinzo Abe.

S’étonnant de cette modification de calendrier, l’opposition japonaise se demande si l’exécutif aurait quelques chose à dissimuler. “Oui”, lui ont répondu ce mardi matin plusieurs analystes qui estiment que le GPIF, que Shinzo Abe a poussé à se montrer plus audacieux, vient d’enregistrer des pertes colossales. Les experts de SMBC Nikko Securities Inc. évoquent une perte, sur l’exercice fiscal qui s’est achevé le 31 mars, approchant les 6 000 milliards de yens, soit près de 48 milliards d’euros.”

Le Japon au bout du rouleau et le fil de la banque centrale va-t-il lâcher ?

Oui le Japon est en crise depuis maintenant presque 30 ans. Un peu comme nous finalement.
Je vous disais un peu plus haut que tout tenait par le fil des banques centrales qui, en réalité, assurent le fonctionnement à “cours forcé” de l’économie mondiale.

Si les banques centrales vacillent, alors ce sera l’effondrement systémique. C’est la raison pour laquelle vous devez surveiller avec une acuité toute particulière ce qu’elles font.

Maintenant, imaginez que les banques centrales cessent le soutien à l’économie ?
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« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »

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« Pour le gouverneur de la banque centrale du Japon, on ne peut pas résoudre tous les problèmes avec la seule politique monétaire… » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Vous savez ce que je pense de la situation économique actuelle, en particulier celles et ceux qui me suivent jour après jour.

Les choses sont à la fois d’une complexité extrême mais aussi d’une simplicité biblique. Économiquement, c’est la catastrophe ; économiquement, le monde entier est soumis à une déflation terrible et destructrice sur fond de surendettement généralisé.

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Est-ce que ce qu’elles font est bien ou mal ?

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Ne vous méprenez pas. Je ne défends personne, ni accuse quiconque. Pour le moment, et bien que ces politiques enrichissent encore plus les riches et appauvrissent les pauvres, il n’en reste pas moins vrai que le système tient. Le système ne tient qu’à un fil et ce fil c’est évidemment la politique concertée des grandes banques centrales à travers le monde.

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C’est une dépêche du jour de l’AFP qui nous apprend que “trois ans après le lancement d’une vaste offensive monétaire, le gouverneur de la banque centrale du Japon (BOJ), Haruhiko Kuroda, a insisté mardi sur le fait que l’action de l’institut d’émission ne pouvait à elle seule sortir le Japon des affres de la déflation”.

“Il a souligné que les dispositifs actuels d’assouplissement quantitatif et qualitatif, dont l’instauration récente de taux négatifs sur des liquidités déposées par les banques, agissaient dans le bon sens, mais que d’autres éléments devaient jouer pour que l’économie nippone prenne l’élan attendu.”

Vous devez bien entendre les paroles de ce gouverneur en exercice au Japon qui est le pays le plus avancé et dans l’endettement, et dans la déflation, et dans les taux négatifs. Le Japon montre la voie à tous. Que son gouverneur dise qu’il ne peut pas tout est un terrible aveu d’échec mais est surtout très inquiétant.

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Cet article des Échos aborde un autre problème touchant le Japon.

“Cherchant à doper le Nikkei, pour redonner confiance aux acteurs économiques, Shinzo Abe a poussé le fonds de pension à investir plus massivement sur les marchés actions japonais et étrangers.

Habituellement, le gigantesque Fonds de réserve japonais des régimes de retraites publiques (GPIF) communique ses résultats annuels au début du mois de juillet. Mais exceptionnellement cette année, le plus important fonds de pension de la planète ne fera la lumière sur ses performances que le 29 juillet, soit après une élection parlementaire jugée capitale pour le gouvernement de Shinzo Abe.

S’étonnant de cette modification de calendrier, l’opposition japonaise se demande si l’exécutif aurait quelques chose à dissimuler. “Oui”, lui ont répondu ce mardi matin plusieurs analystes qui estiment que le GPIF, que Shinzo Abe a poussé à se montrer plus audacieux, vient d’enregistrer des pertes colossales. Les experts de SMBC Nikko Securities Inc. évoquent une perte, sur l’exercice fiscal qui s’est achevé le 31 mars, approchant les 6 000 milliards de yens, soit près de 48 milliards d’euros.”

Le Japon au bout du rouleau et le fil de la banque centrale va-t-il lâcher ?

Oui le Japon est en crise depuis maintenant presque 30 ans. Un peu comme nous finalement.
Je vous disais un peu plus haut que tout tenait par le fil des banques centrales qui, en réalité, assurent le fonctionnement à “cours forcé” de l’économie mondiale.

Si les banques centrales vacillent, alors ce sera l’effondrement systémique. C’est la raison pour laquelle vous devez surveiller avec une acuité toute particulière ce qu’elles font.

Maintenant, imaginez que les banques centrales cessent le soutien à l’économie ?
Imaginez cela ! Et vous comprendrez aisément la raison pour laquelle je vous incite à vous protéger.

En attendant, mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT

“Insolentiae” signifie “impertinence” en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL, “patrimoine, emploi, localisation”. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »

Source AFP pour le Japon ici

Source Les Echos ici pour la perte de 48 milliards 


Charles Sannat

A propos de

Je suis diplômé de l’Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques. J’ai commencé ma carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran – Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance) et j’ai rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d’affaires. En 2012 j’ai intégré la société Aucoffre.com comme directeur des études économiques et créé le Contrarien Matin un site de « décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l’actualité économique ». En septembre 2015 je quitte mes fonctions au sein de la société Aucoffre.com pour fonder le site Insolentiae.com et me consacrer pleinement à ce nouveau projet éditorial.



Japon geisha

« Pour le gouverneur de la banque centrale du Japon, on ne peut pas résoudre tous les problèmes avec la seule politique monétaire… » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Vous savez ce que je pense de la situation économique actuelle, en particulier celles et ceux qui me suivent jour après jour.

Les choses sont à la fois d’une complexité extrême mais aussi d’une simplicité biblique. Économiquement, c’est la catastrophe ; économiquement, le monde entier est soumis à une déflation terrible et destructrice sur fond de surendettement généralisé.

La seule façon de faire perdurer ce système à bout de souffle, c’est évidemment les politiques totalement inouïes économiquement parlant menées par les banques centrales.

Est-ce que ce qu’elles font est bien ou mal ?

Peu importe en réalité, elles le font et, ce faisant, conditionnent le monde dans lequel nous vivons. Devons-nous les blâmer ? Sincèrement, je pense que non. Bien sûr, les politiques monétaires menées profitent bien plus à Wall Street qu’à Main Street, une expression américaine signifiant que cela est bien plus favorable aux riches de Wall Street qu’aux pauvres gens de la rue comme vous et moi.
Pourtant, sachez, sans démagogie aucune et justement par honnêteté intellectuelle, qu’en fait vous en profitez, et vous en profitez même très largement des politiques centrales.

Pourquoi et comment, me direz-vous ?

Tout simplement parce que votre monde ne s’est pas effondré… Et que si votre monde économique s’effondre, je peux vous assurer que vous allez regretter amèrement les politiques des banques centrales.
Ne vous méprenez pas. Je ne défends personne, ni accuse quiconque. Pour le moment, et bien que ces politiques enrichissent encore plus les riches et appauvrissent les pauvres, il n’en reste pas moins vrai que le système tient. Le système ne tient qu’à un fil et ce fil c’est évidemment la politique concertée des grandes banques centrales à travers le monde.

Japon : “la politique monétaire ne peut pas tout”, dit le gouverneur de la BoJ

C’est une dépêche du jour de l’AFP qui nous apprend que “trois ans après le lancement d’une vaste offensive monétaire, le gouverneur de la banque centrale du Japon (BOJ), Haruhiko Kuroda, a insisté mardi sur le fait que l’action de l’institut d’émission ne pouvait à elle seule sortir le Japon des affres de la déflation”.

“Il a souligné que les dispositifs actuels d’assouplissement quantitatif et qualitatif, dont l’instauration récente de taux négatifs sur des liquidités déposées par les banques, agissaient dans le bon sens, mais que d’autres éléments devaient jouer pour que l’économie nippone prenne l’élan attendu.”

Vous devez bien entendre les paroles de ce gouverneur en exercice au Japon qui est le pays le plus avancé et dans l’endettement, et dans la déflation, et dans les taux négatifs. Le Japon montre la voie à tous. Que son gouverneur dise qu’il ne peut pas tout est un terrible aveu d’échec mais est surtout très inquiétant.

Cette nuit en Asie : le fonds de pension japonais aurait perdu 48 milliards d’euros

Cet article des Échos aborde un autre problème touchant le Japon.

“Cherchant à doper le Nikkei, pour redonner confiance aux acteurs économiques, Shinzo Abe a poussé le fonds de pension à investir plus massivement sur les marchés actions japonais et étrangers.

Habituellement, le gigantesque Fonds de réserve japonais des régimes de retraites publiques (GPIF) communique ses résultats annuels au début du mois de juillet. Mais exceptionnellement cette année, le plus important fonds de pension de la planète ne fera la lumière sur ses performances que le 29 juillet, soit après une élection parlementaire jugée capitale pour le gouvernement de Shinzo Abe.

S’étonnant de cette modification de calendrier, l’opposition japonaise se demande si l’exécutif aurait quelques chose à dissimuler. “Oui”, lui ont répondu ce mardi matin plusieurs analystes qui estiment que le GPIF, que Shinzo Abe a poussé à se montrer plus audacieux, vient d’enregistrer des pertes colossales. Les experts de SMBC Nikko Securities Inc. évoquent une perte, sur l’exercice fiscal qui s’est achevé le 31 mars, approchant les 6 000 milliards de yens, soit près de 48 milliards d’euros.”

Le Japon au bout du rouleau et le fil de la banque centrale va-t-il lâcher ?

Oui le Japon est en crise depuis maintenant presque 30 ans. Un peu comme nous finalement.
Je vous disais un peu plus haut que tout tenait par le fil des banques centrales qui, en réalité, assurent le fonctionnement à “cours forcé” de l’économie mondiale.

Si les banques centrales vacillent, alors ce sera l’effondrement systémique. C’est la raison pour laquelle vous devez surveiller avec une acuité toute particulière ce qu’elles font.

Maintenant, imaginez que les banques centrales cessent le soutien à l’économie ?
Imaginez cela ! Et vous comprendrez aisément la raison pour laquelle je vous incite à vous protéger.

En attendant, mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT

“Insolentiae” signifie “impertinence” en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL, “patrimoine, emploi, localisation”. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »

Source AFP pour le Japon ici

Source Les Echos ici pour la perte de 48 milliards 


Charles Sannat

A propos de

Je suis diplômé de l’Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques. J’ai commencé ma carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran – Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance) et j’ai rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d’affaires. En 2012 j’ai intégré la société Aucoffre.com comme directeur des études économiques et créé le Contrarien Matin un site de « décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l’actualité économique ». En septembre 2015 je quitte mes fonctions au sein de la société Aucoffre.com pour fonder le site Insolentiae.com et me consacrer pleinement à ce nouveau projet éditorial.



 

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BREIZH INFO : État d’urgence. La Réserve militaire refuse des candidats répondant aux critères

reserviste_gouvernement

06/04/2016 – 05h00 Vannes (Breizh-info.com) – Le Monde du 10 mars dernier titrait : « vaste campagne de recrutement de réservistes dans l’armée ». Depuis les attentats de novembre et les attaques islamistes, la réserve militaire opérationnelle, qui permet à des civils de servir dans l’armée à plusieurs périodes de l’année, est particulièrement mise en avant, et nombreux sont les politiciens qui souhaitent optimiser son utilisation.

« Plus que jamais, nous avons besoin des réservistes pour faire face à la menace terroriste inédite», avait déclaré Jean-Yves Le Drian, qui annonçait « 40 000 réservistes opérationnels étaient attendus pour la fin de l’année 2018, avec une capacité de déploiement de 1 000 réservistes par jour, ainsi que la création d’unités de réserve supplémentaires au sein de chaque arme et la mise en place d’une réserve de cyberdéfense, en avril, cette année.».

Le premier ministre Manuel Valls ayant déclaré en novembre que « la France est en guerre », l’un de nos journalistes a voulu lui aussi contribuer à l’effort de guerre régional, en postulant auprès de la réserve militaire opérationnelle (et servir 30 jours par an environ), tout en indiquant sa qualité de journaliste sur son CV. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un véritable parcours du combattant, digne du Domaine des Dieux dans Astérix, pour pouvoir franchir la première étape : obtenir un contact physique dans un régiment.

Le site – bien fait et attrayant – de recrutement de la Réserve Opérationnelle indique qu’au préalable, celui qui souhaite devenir sous-officier de réserve doit « constituer son dossier auprès du CIRFA le plus proche ». Après un contact téléphonique établi avec le CIRFA de Saint-Brieuc, un rendez-vous est fixé, deux semaines plus tard. Arrivé au rendez-vous, surprise, le soldat à l’accueil eu manifestement des difficultés à retrouver trace du rendez-vous, avant d’y parvenir enfin. Tout cela pour appeler son supérieur qui déclara, pressé : « la Réserve ne recrute pas dans les Côtes d’Armor », transmettant une feuille avec quelques adresses de régiment en Ille et Vilaine ainsi que dans le Morbihan.

Nous étions alors début Décembre , en début de l’état d’urgence, et à la rédaction, nous eûmes la naiveté de penser que l’armée avait pourtant besoin de bras …

Il fut par la suite difficile d’avoir un interlocuteur entre les régiments de Rennes et ceux de Vannes, nombre d’appels téléphoniques se révélèrent infructueux (pas de réponse, puis « appelez tel ou tel numéro » etc) jusqu’à parvenir enfin, via le CIRFA de Vannes, très professionnel et compétent, à avoir les coordonnées de la réserve opérationnelle du 3e régiment d’infanterie de marine de Vannes.

Mi-décembre, répondant aux critères fixés par le Ministère de la Défense pour devenir sous officier de réserve de l’Armée de terre  ( – avoir la nationalité française, avoir plus de 17 ans, être médicalement apte, être en bonne condition physique et mentale, avoir effectué sa journée Défense et citoyenneté (JDC), jouir de ses droits civiques ) , on demande à notre journaliste de faire parvenir un CV ainsi qu’une lettre de motivation afin d’intégrer la réserve du 3ème RIMA de Vannes. Aussitôt dit, aussitôt fait ; nous sommes exactement le 15 décembre 2015 et la prochaine préparation militaire (15 jours de formation initiale) est prévue durant les vacances de Pâques, nous informe-t-on alors, ce qui laisse quelques mois pour faire l’entretien, les tests médicaux, et pour se préparer physiquement.

Pourtant, malgré des relances en janvier, en février, puis en mars, aucune réponse à la candidature. Un interlocuteur administratif nous expliquera ce retard par de nombreux dossiers à traiter et une administration militaire débordée. Inquiétant pour un pays « en guerre » selon son premier ministre.

Début avril, enfin, une réponse, émanant d’un officier en charge du recrutement dans la réserve. Et celle-ci nous interpelle : « J’ai bien reçu votre candidature à servir la réserve opérationnelle du 3e régiment d’infanterie de marine de Vannes, et vous sais gré pour l’intérêt que vous portez à nos forces armées. J’ai toutefois le regret de vous informer qu’après une étude attentive de votre dossier, je ne peux retenir votre candidature car votre profil ne répond pas aux critères exigés. Avec mes meilleures salutations, ».

Ainsi donc, après avoir fait patienter plus de trois mois un candidat à la réserve opérationnelle militaire, un officier de l’armée renvoie un email de trois lignes, pour refuser une candidature qui pourtant, correspondait en tous points aux critères exigés pour intégrer l’armée. Malgré nos demandes d’explications, nous n’avons reçu, à ce jour, aucune réponse sur ce refus.

Le statut de journaliste serait-il incompatible avec celui de réserviste ? Ou bien alors le recrutement de la réserve opérationnelle était-il un simple effet d’annonce de Jean-Yves Le Drian afin de rassurer les Français ? Il est vrai qu’à voir le peu de contrôles opérés dans les grandes gares (nous avons là aussi testé, sur plusieurs allers-retours, les gares parisiennes de Montparnasse et de Lyon, l’aéroport de Roissy, sans constater ni d’état de guerre, ni de sécurité renforcée), toute cette mise en scène et cette communication paraissent de moins en moins crédibles …

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

État d’urgence. La Réserve militaire refuse des candidats répondant aux critères

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06/04/2016 – 05h00 Vannes (Breizh-info.com) – Le Monde du 10 mars dernier titrait : « vaste campagne de recrutement de réservistes dans l’armée ». Depuis les attentats de novembre et les attaques islamistes, la réserve militaire opérationnelle, qui permet à des civils de servir dans l’armée à plusieurs périodes de l’année, est particulièrement mise en avant, et nombreux sont les politiciens qui souhaitent optimiser son utilisation.

« Plus que jamais, nous avons besoin des réservistes pour faire face à la menace terroriste inédite», avait déclaré Jean-Yves Le Drian, qui annonçait « 40 000 réservistes opérationnels étaient attendus pour la fin de l’année 2018, avec une capacité de déploiement de 1 000 réservistes par jour, ainsi que la création d’unités de réserve supplémentaires au sein de chaque arme et la mise en place d’une réserve de cyberdéfense, en avril, cette année.».

Le premier ministre Manuel Valls ayant déclaré en novembre que « la France est en guerre », l’un de nos journalistes a voulu lui aussi contribuer à l’effort de guerre régional, en postulant auprès de la réserve militaire opérationnelle (et servir 30 jours par an environ), tout en indiquant sa qualité de journaliste sur son CV. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un véritable parcours du combattant, digne du Domaine des Dieux dans Astérix, pour pouvoir franchir la première étape : obtenir un contact physique dans un régiment.

Le site – bien fait et attrayant – de recrutement de la Réserve Opérationnelle indique qu’au préalable, celui qui souhaite devenir sous-officier de réserve doit « constituer son dossier auprès du CIRFA le plus proche ». Après un contact téléphonique établi avec le CIRFA de Saint-Brieuc, un rendez-vous est fixé, deux semaines plus tard. Arrivé au rendez-vous, surprise, le soldat à l’accueil eu manifestement des difficultés à retrouver trace du rendez-vous, avant d’y parvenir enfin. Tout cela pour appeler son supérieur qui déclara, pressé : « la Réserve ne recrute pas dans les Côtes d’Armor », transmettant une feuille avec quelques adresses de régiment en Ille et Vilaine ainsi que dans le Morbihan.

Nous étions alors début Décembre , en début de l’état d’urgence, et à la rédaction, nous eûmes la naiveté de penser que l’armée avait pourtant besoin de bras …

Il fut par la suite difficile d’avoir un interlocuteur entre les régiments de Rennes et ceux de Vannes, nombre d’appels téléphoniques se révélèrent infructueux (pas de réponse, puis « appelez tel ou tel numéro » etc) jusqu’à parvenir enfin, via le CIRFA de Vannes, très professionnel et compétent, à avoir les coordonnées de la réserve opérationnelle du 3e régiment d’infanterie de marine de Vannes.

Mi-décembre, répondant aux critères fixés par le Ministère de la Défense pour devenir sous officier de réserve de l’Armée de terre  ( – avoir la nationalité française, avoir plus de 17 ans, être médicalement apte, être en bonne condition physique et mentale, avoir effectué sa journée Défense et citoyenneté (JDC), jouir de ses droits civiques ) , on demande à notre journaliste de faire parvenir un CV ainsi qu’une lettre de motivation afin d’intégrer la réserve du 3ème RIMA de Vannes. Aussitôt dit, aussitôt fait ; nous sommes exactement le 15 décembre 2015 et la prochaine préparation militaire (15 jours de formation initiale) est prévue durant les vacances de Pâques, nous informe-t-on alors, ce qui laisse quelques mois pour faire l’entretien, les tests médicaux, et pour se préparer physiquement.

Pourtant, malgré des relances en janvier, en février, puis en mars, aucune réponse à la candidature. Un interlocuteur administratif nous expliquera ce retard par de nombreux dossiers à traiter et une administration militaire débordée. Inquiétant pour un pays « en guerre » selon son premier ministre.

Début avril, enfin, une réponse, émanant d’un officier en charge du recrutement dans la réserve. Et celle-ci nous interpelle : « J’ai bien reçu votre candidature à servir la réserve opérationnelle du 3e régiment d’infanterie de marine de Vannes, et vous sais gré pour l’intérêt que vous portez à nos forces armées. J’ai toutefois le regret de vous informer qu’après une étude attentive de votre dossier, je ne peux retenir votre candidature car votre profil ne répond pas aux critères exigés. Avec mes meilleures salutations, ».

Ainsi donc, après avoir fait patienter plus de trois mois un candidat à la réserve opérationnelle militaire, un officier de l’armée renvoie un email de trois lignes, pour refuser une candidature qui pourtant, correspondait en tous points aux critères exigés pour intégrer l’armée. Malgré nos demandes d’explications, nous n’avons reçu, à ce jour, aucune réponse sur ce refus.

Le statut de journaliste serait-il incompatible avec celui de réserviste ? Ou bien alors le recrutement de la réserve opérationnelle était-il un simple effet d’annonce de Jean-Yves Le Drian afin de rassurer les Français ? Il est vrai qu’à voir le peu de contrôles opérés dans les grandes gares (nous avons là aussi testé, sur plusieurs allers-retours, les gares parisiennes de Montparnasse et de Lyon, l’aéroport de Roissy, sans constater ni d’état de guerre, ni de sécurité renforcée), toute cette mise en scène et cette communication paraissent de moins en moins crédibles …

Crédit photos : DR
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