Delanopolis:Panique culturelle à Paris -stupidalgo a du attraper le virus du mensonge en ayant un enfant avec Hollande!

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La chronique Agora:L’Edition du week-end – La démocratie à toutes les sauces, sauf économique-il n’y a jamais eu,il n’y a pas et il n’y aura jamais de « démocratie » économique,politique,intellectuelle,etc: »La démocratie n’a jamais rien fait »-de Gaulle (si ,la guerre comme Athènes,Rome,les amerlocs tous toujours en guerre)

La chronique Agora:L’Edition du week-end – La démocratie à toutes les sauces, sauf économique-il n’y a jamais eu,il n’y a pas et il n’y aura jamais de « démocratie » économique,politique,intellectuelle,etc: »La démocratie n’a jamais rien fait »-de Gaulle (si ,la guerre comme Athènes,Rome,les amerlocs tous toujours en guerre)

 

 

L’Edition du week-end – La démocratie à toutes les sauces, sauf économique

 


 .
La Chronique Agora

Paris, Samedi 17 décembre 2016

L’EDITION DU WEEK-END

  • Simone Wapler : La démocratie à toutes les sauces, sauf économique
    Alors que nos élites invoquent en permanence les bienfaits de la démocratie, un tel fonctionnement est refusé aux domaines financiers, monétaires et économiques.
  • Nicolas Perrin : Planification et bonne querelle
    Mélenchon a toujours des solutions simples aux grands problèmes de notre pays. La planification et l’Etat stratège restent ses remèdes miraculeux privilégiés.

 

LES NOTES DE SIMONE WAPLER

Simone Wapler

La démocratie à toutes les sauces, sauf économique

La planification centrale a toujours des effets secondaires nuisibles et les réactions des marchés sont toujours imprévisibles. Ces deux lois empiriques sont les fils conducteurs quotidien de nos chroniques.

Aujourd’hui des esprits supérieurs pensent qu’ils peuvent planifier la monnaie, sa nature, sa quantité et imposer leurs constructions théoriques aux bipèdes qui oeuvrent dans « l’économie réelle ». Janet Yellen décide de réduire le débit de dollars inondant le monde en relevant ses taux directeurs. Elle le décide en fonction d’une batterie d’indicateurs abstraits, comme le rappelait David Stockman.

Aux Etats-Unis, le nouveau président qui avait promis de s’attaquer au marigot de Washington s’entoure de crocodiles familiers de la nourriture de ce même marigot. Pour vous en convaincre, lisez la série de Bill Bonner sur les hommes de Trump ici.

En Inde, le gouvernement Mori décide que les 1 200 millions d’habitant de son pays doivent goûter aux bienfaits de la monnaie-crédit, des réseaux bancaires et des paiements électroniques pour pouvoir mieux les taxer.

En Europe, Mario Draghi trafique les taux d’intérêt à la baisse pour faire paraître certains Etats de l’union monétaire solvables.

En France, le gouvernement joue au jeu de « je taxe tout ce qui bouge encore une oreille » mais « j’organise les ultimes cadeaux fiscaux avant les élections ». Les loueurs intermittents seront connus du fisc grâce à la nouvelle loi de « révolution numérique ».
[NDLR : Au fait, si vous avez reçu vos taxes foncières, savez-vous que ces impôts sont truffés d’erreurs ? En vérifiant certains points clés et en entamant certaines démarches, vous pouvez réduire substantiellement la facture : notre fiscaliste vous donne toutes les clés pour agir. Cliquez ici.]

Alors que toute la Parasitocratie n’a que le mot « démocratie » à la bouche, en matière économique et financière, elle se refuse farouchement à cette même démocratie.

Pour terminer cette semaine, Nicolas Perrin s’est intéressé au plus populaire des politico-twitteurs-youtubeurs, Jean-Luc Mélenchon, et à sa dernière idée de planification.


LES NOTES DE NICOLAS PERRIN

Planification et bonne querelle

Jean-Luc Mélenchon est récemment devenu le youtubeur politique le plus suivi de France et l’homme politique le plus populaire. Pas étonnant, dans un pays où tous les présidents qui se sont succédé à la tête de la République depuis 1981 étaient de fieffés démagogues.

Avec Mélenchon, au moins, la situation est toujours limpide et les solutions proposées ont le mérite d’être simples. Le député européen applique le principe KISS (« Keep it simple, stupid ») à tellement de sauces que parfois, ça se voit.

Mais cette simplicité n’est que de façade, car le candidat de la France Insoumise manie en réalité avec brio toutes les techniques de la dialectique éristique. Il est vrai qu’en 40 ans de vie politique, il a eu le temps de répéter ses gammes. Gardez Schopenhauer à portée de main, tant Mélenchon semble de prime abord toujours avoir raison.

Prenons par exemple ce tweet du 1er décembre 2016 : « Tout le monde planifie, même les grandes entreprises. Nous, nous planifierons pour changer les modes de production. » Si les grandes entreprises le font, l’Etat doit suivre leur exemple.

tweet

CQFD ? Pas vraiment. En réalité, nous avons ici affaire au syndrome de toute puissance marxiste, un sophisme et une mystification avec éruption de Hauts commissariats et de plans quinquennaux.

La mystification : « l’Etat stratège » aurait vocation à décider des modes de production

Mélenchon présuppose qu’il incombe à l’Etat d’organiser la production. Que voilà une idée qui sent bon l’entreprise d’Etat cubaine ! Mais il est vrai que pour Mélenchon, si « Fidel a fait des erreurs », « tout le monde a fait des erreurs » et « l’épée de Bolivar marche dans le ciel ».

Il me semble que les exemples soviétiques, chinois, cubains ou encore coréens parlent d’eux-mêmes. A moins bien sûr de considérer comme Ségolène Royal qu’ »il faut savoir regarder les choses positivement » et que la Révolution a tout de même garanti la « liberté religieuse » et « la liberté de conscience » aux Cubains. Dans la même logique, pourquoi ne pas réhabiliter Hitler, puisqu’il a construit des autoroutes ?

Par ailleurs, les deux phrases qui composent ce tweet ne s’appliqueraient que dans une France ayant supprimé le bleu et le blanc de son drapeau. En effet, s’il revient à l’Etat de décider des « modes de production », c’est qu’il n’y a plus d’entreprises privées pour « planifier » quoi que ce soit mais uniquement des entreprises d’Etat. Dans ce scénario, les chefs d’entreprises privées ont été remerciés par des fonctionnaires et expropriés de leurs biens qui ont été transformés en sovkhozes.

Le sophisme : si la planification fonctionne pour les grandes entreprises, aucune raison qu’elle ne fonctionne pas pour l’Etat

Pour assurer leur rentabilité et leur développement, les entreprises développent et mettent en oeuvre des stratégies qui visent à allouer plus efficacement leurs ressources que la concurrence. Si des cadres et des ingénieurs peuvent le faire, il irait donc de soi que l’Etat, fort de son armée de fonctionnaires, verrait ses activités de production couronnées de succès…

Ici, Mélenchon met sur le même plan deux entités que tout oppose. Une entreprise privée qui ne dégage pas de profit a vocation à disparaître. Au contraire, un Etat qui mène une politique industrielle désastreuse peut pratiquer la subvention, en théorie tant que sa capacité d’endettement le permet.

Le rapport au profit et au temps n’est pas le même. « La Silicon Valley réfléchit à 1 000 ans […] et nos politiques à 15 jours », explique souvent le chroniqueur Laurent Alexandre. Le constat qu’il dresse à propos des enjeux des NBIC vaut malheureusement pour tous les secteurs où intervient le pouvoir politique.
[NDLR : Réfléchir à 1 000 ans… et vivre en pleine forme à 100 ans ? « Tuer la mort » est une des ambitions des biotechnologies — et cela pourrait enrichir les actionnaires de cette petite entreprise bien particulière. Découvrez ici son marché potentiel de 169 milliards de dollars…]

Pourquoi les extrêmes prospèrent-ils grâce à des discours simplistes ?

Le principe KISS repose sur l’idée selon laquelle la simplicité de la stratégie constitue le meilleur moyen pour séduire. Mieux vaut donc tenir un discours spécieux mais simple plutôt qu’un discours honnête mais complexe.

Jean-Luc Mélenchon a-t-il conscience du fait que les solutions qu’ils proposent sont vouées à l’échec ? A chacun de se faire son idée en ayant en tête le triangle d’incompatibilité de Jean-François Revel selon lequel « on ne peut pas être à la fois socialiste, honnête et intelligent ».


L’Investissement de la Semaine


N’achetez PAS une once d’or…
Avant d’avoir lu ce message !

Découvrez l’incroyable recommandation de Simone Wapler… et comment elle pourrait vous permettre de démultiplier la moindre hausse du cours de l’or !

Tout est expliqué ici.

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Les Crises:[2014] Robert Baer : Il n’y a pas de rebelles modérés en Syrie !

[2014] Robert Baer : Il n’y a pas de rebelles modérés en Syrie !

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Source : les-crises.fr, Youtube, 07-01-2018

Bien que nous en ayons déjà parlé précédemment, nous souhaitons compléter cette histoire de livraisons d’armes à des “rebelles modérés” qui auraient mal tourné, en vous proposant l’opinion de Robert Baer sur ces fameux rebelles. Ses propos datent de septembre 2014 :

« Baer : Eh bien c’est le problème : il n’y a pas de “modérés” en Syrie ! […]

Journaliste : Mais n’y a-t-il aucun rebelle en Syrie en qui les États-Unis pourraient avoir confiance ?

Baer : Non, pas le moindre ! Si vous donnez des armes à l’Armée Libre Syrienne, elle va les vendre à Daech ; avec d’autres groupes ce sera encore pire – pour peu que ce soit possible. C’est un bazar chaotique, il n’y a aucune solution évidente. » [Robert Baer, à propos de la décapitation en septembre 2014 du journaliste Steven Sotloff, vendu par des rebelles à Daech, 0’47]

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Maghreb confidentiel:Ayoub Aissiou lorgne les terres agricoles de l’Etat-et varia

À la Une de l’édition
du 26/04/2018

 ÉVÉNEMENT   MAROC  

Rick Smotkin, un lobbyiste qui sent le gaz

Recruté par l’ambassadrice du Maroc à Washington Lalla Joumala Alaoui pour un très glamour contrat de com’ (MC nº1290), le lobbyiste Rick Smotkin est aussi un ardent défenseur des intérêts américains, notamment gaziers, dans le royaume. Selon nos sources à Rabat, […]
RÉSEAUX D’AFFAIRES
 MAROC  

BMCE récupère les décombres immobiliers d’Alliances et Addoha

 MAROC  

Bus, tram : les transports de Rabat gagnés par la poisse   GRATUIT 

 ALGERIE  

Ayoub Aissiou lorgne les terres agricoles de l’Etat

 ALGERIE  

Une nouvelle flotte de mécanos au chevet de Tassili Airlines

 TUNISIE  

La guéguerre Chahed-Kaddour fait disjoncter le plan renouvelables

 LIBYE  

Tetra Tech-Coffey, économiste en chef de Ghassan Salamé

Entreprises
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FlyOrange, pont aérien entre les Pays-Bas et le Rif

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Le turc Europower Enerji se raccorde à l’électricité

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Une antenne parisienne pour BIAT Consulting

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Amina Benkhadra veut un fonds pour l’exploration minière

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Les frères Derham carburent à Oued Eddahab

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Habib Belhamidi rayonne dans l’énergie solaire

PREMIER CERCLE
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Jazouli recrute le mari de Neila Tazi

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Aguila rêve de son avenir sans Haftar

 MAROC  

Khattat privatise son plan à 100 milliards

Hommes de pouvoir
LIBYE

Un ticket Aguila-Nadhouri pour remplacer Haftar ?

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Issad Rebrab politise Liberté avant les présidentielles

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Ismaël Belkhayat En Marche à Casa… contre Boussakouran

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Akhannouch en pleine idylle avec Castaner

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Le député Panzeri tire à vue sur l’UNSMIL

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Les Crises:Combien de millions de personnes ont-elles été tuées dans les guerres menées par les États-Unis après le 11 septembre ? – Première partie : L’Irak

Combien de millions de personnes ont-elles été tuées dans les guerres menées par les États-Unis après le 11 septembre ? – Première partie : L’Irak

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Article en lien avec les 15 ans de l’attaque de l’Irak en 2003.

Vu la sensibilité du sujet, on prendra évidemment avec prudence ces chiffres, qui ont le mérite d’alimenter le débat.

Source : Nicolas J.S. Davies, Consortium News, 22-03-2018

Le nombre de victimes dues aux guerres menées par les États-Unis depuis le onze septembre 2001 est loin d’être établi alors que faire face à l’ampleur réelle des crimes commis reste un devoir pressant, d’un point de vue moral, politique et juridique.

Combien de personnes ont été tuées dans les guerres menées par les États-Unis après le onze septembre ? Je mène des recherches et j’écris à ce sujet depuis que les États-Unis ont déclenché ces guerres, qu’ils ont essayé de justifier en alléguant que c’était une réponse aux attentats terroristes qui ont fait 2996 victimes aux États-Unis, le 11 septembre 2011.

Pourtant aucun crime, aussi abominable soit-il, ne peut justifier qu’on fasse la guerre à des pays et à des gens qui ne sont pas responsables des crimes commis, comme le procureur du procès de Nuremberg Ben Ferencz l’avait infatigablement expliqué à l’époque.

The Iraq Death Toll 15 Years After the US Invasion [Le nombre de victimes iraniennes 15 ans après l’invasion par les États-Unis, NdT] , que j’ai écrit en collaboration avec Medea Benjamin, estime le nombre de victimes en Irak de la façon la plus précise et la plus honnête possible. Selon nous, environ 2 400 000 personnes ont été tuées en Irak suite à l’agression historique, en 2003, des États-Unis et du Royaume Uni. Dans cet article, je vais expliquer de manière plus détaillée comment nous en sommes arrivés à cette estimation et fournir le contexte historique. Dans la deuxième partie, je procéderai à une évaluation similaire du nombre de personnes tuées jusqu’à maintenant lors des autres guerres menées par les États-Unis après le onze septembre.

Les études du nombre de victimes par opposition aux compte rendus passifs.

J’ai étudié ces mêmes questions dans le chapitre 7 de mon ouvrage Blood On Our hands : the American Invasion and Destruction of Iraq [Du sang sur nos mains : l’invasion américaine en Irak et la destruction du pays, NdT] et dans des articles qui ont précédé, depuis Burying the Lancet Report… and the Children [L’enterrement du rapport du Lancet… et des enfants, NdT] en 2005 jusqu’à Playing Games With War Deaths [On sous-estime le nombre des victimes de guerre, NdT] en 2016.

Dans chacun de ces exposés, j’explique que les évaluations de victimes de guerre régulièrement publiées par les agences des Nations unies, par des groupes de contrôle et par les médias sont presque tous basés sur « un compte rendu passif » et fragmentaire, non sur des études exhaustives du nombre de victimes.

Des pays où les États-Unis et leurs alliés font la guerre depuis 2001, l’Irak est le seul où des épidémiologistes ont étudié le nombre de victimes en employant les meilleures méthodes, élaborées et expérimentées dans d’autres zones de guerre, comme l’Angola, la Bosnie, la République démocratique du Congo, le Guatemala, le Kosovo, le Ruanda, le Soudan et l’Ouganda. Dans tous ces pays, comme en Irak, les résultats de ces études épidémiologiques de grande ampleur ont révélé que le nombre de victimes était de 5 à 20 fois supérieur à celui qui avait été publié auparavant et qui était basé sur le compte rendu passif de faits.

Body Count : Casualty Figures After 10 Years of the “War on Terror” [Nombre de victimes après 10 ans de « guerre contre le terrorisme », NdT] , un rapport publié par Physicians for Social Responsability (PSR) ( les Médecins et la responsabilité sociale ) a conclu en 2015 que l’étude du Lancet était la plus complète et la plus fiable de toutes celles menées en Irak, ceci en se fondant sur le type de l’étude, l’expérience et l’indépendance de l’équipe de recherche, le peu de temps écoulé depuis les morts qu’elle recensait et sa cohérence avec d’autres chiffres sur les violences commises en Irak depuis l’occupation. Selon cette étude, environ 601 000 Irakiens ont été tués dans les 39 premiers mois de la guerre d’Irak et de l’occupation du pays, sans oublier que la guerre avait été aussi à l’origine de 54 000 morts non violentes.

Pour les autres pays touchés par les guerres menées par les États-Unis depuis le 11 septembre, les seuls rapports au sujet du nombre de victimes sont ou bien compilés par les Nations unies et basés sur les enquêtes à propos de drames rapportés aux missions d’assistance des Nations unies, comme en Irak et en Afghanistan ou bien encore par des groupes de contrôle comme l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, l’Irak Body Count (IBC) et Airwars qui se fondent sur des compte- rendus passifs émanant des organisations gouvernementales, des antennes médicales ou des médias locaux ou étrangers.

Ces rapports passifs sont régulièrement présentés par les organes des Nations Unies, les agences gouvernementales, les médias et même par des militants comme des « estimations » du nombre de morts, mais ce ne sont pas des estimations. Par définition, aucune compilation de rapports fragmentaires ne peut réussir à se transformer en estimation réaliste de toutes les personnes tuées dans un pays ravagé par la guerre.

Au mieux, il est possible que les comptes rendus passifs de faits révèlent le nombre minimum de victimes de guerre. Cependant comme on ne trouve souvent dans ces rapports qu’une petite fraction du nombre effectif de victimes, il est on ne peut plus trompeur de présenter ce chiffre comme « une estimation » du nombre total des victimes. C’est la raison pour laquelle des épidémiologistes ont élaboré des méthodes d’échantillonnage scientifique qu’ils savent utiliser pour proposer des estimations exactes du nombre des victimes de guerre grâce à des études statistiquement fiables.

Les épidémiologistes ont retrouvé dans de nombreuses zones de guerre, au niveau mondial, des disparités énormes – de 5 à 1 et de 20 à 1 – entre les résultats des études du nombre de morts et les rapports passifs. Dans des pays où les gouvernements occidentaux ne sont pas responsables de la guerre en cours, il n’y a pas eu de controverse à propos de ce type de résultats qui sont cités régulièrement par les responsables occidentaux et les médias.

Cependant les hommes politiques et les médias occidentaux rejettent et marginalisent les résultats des études à propos du nombre de morts en Irak, et ce, pour des raisons politiques. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont, en effet, responsables de la guerre d’Irak, par conséquent l’ampleur du massacre est une question très sérieuse de responsabilité politique et juridique pour les hauts responsables qui ont choisi de ne pas écouter les mises en garde juridiques, cette invasion de l’Irak étant légalement une « agression criminelle ».

En 2006, des responsables britanniques ont demandé l’avis de Sir Roy Anderson, le conseiller scientifique en chef du ministère de la Défense du Royaume Uni et ce dernier leur a déclaré que « l’étude du Lancet était solide et employait des méthodes considérées comme quasiment “les meilleures” dans ce domaine ».

La BBC a obtenu des copies des mails dans lesquels des responsables britanniques avouaient que l’étude était « probablement juste » et que « sa méthodologie ne pouvait pas être contestée, que c’était une façon éprouvée d’évaluer le nombre de morts dans des zones de conflit ». Cependant les mêmes responsables ont aussitôt lancé une campagne pour discréditer cette même étude. Le président George W Bush a déclaré publiquement : « Je ne considère pas ce rapport comme crédible » et les médias dominants états-uniens, dans leur servilité, ont vite dénié à cette étude toute importance.

Dans mon article Playing Games With War Deaths en 2016, je conclus : « Comme avec le changement climatique et d’autres problèmes, les responsables des Nations unies doivent s’affranchir des pressions politiques, se familiariser avec les bases scientifiques nécessaires et cesser de reléguer la grande majorité des victimes de nos guerres dans ce “trou de la mémoire” orwellien. »

Selon certains, il n’est pas important de savoir si nos guerres ont tué des dizaines de milliers de personnes ou des millions puisque toutes les victimes de guerre constituent des pertes tragiques et que nous devrions nous contenter de les pleurer au lieu de pinailler à propos de chiffres. Cependant, comme les auteurs de Body Count l’ont remarqué :

« Les seuls chiffres relayés par les médias devraient pourtant être déjà suffisamment terrifiants… Cependant on semble toujours les considérer comme tolérables et, en outre, faciles à expliquer, grâce à l’image de l’extrême violence d’origine religieuse qui règne dans la région. Le nombre de 655 000 morts dans les trois premières années de la guerre seulement, cependant, indique clairement que nous avons affaire à un crime contre l’humanité proche du génocide. »

Je suis d’accord avec les auteurs de Body Count, il est important de savoir si nos guerres tuent des millions de personnes ou seulement 10 000 comme, semble-t-il, d’après les sondages, la plupart des gens au Royaume-Uni et aux États-Unis le croient.

La plupart des Américains diraient qu’il importe de savoir si le rôle de l’Allemagne lors de la Seconde Guerre mondiale a été à l’origine de millions de morts violentes ou de seulement dix mille. Suggérer le second terme de l’alternative est, en fait, un délit en Allemagne et dans plusieurs autres pays.

Ainsi les hommes politiques, les journalistes et les citoyens américains qui affirment ne pas se soucier de savoir combien d’Irakiens ont été tués ont-ils, consciemment ou non, ce qui est moralement insoutenable, deux poids, deux mesures au sujet des conséquences des guerres menées par notre pays ; précisément parce que c’est notre pays qui les mène.

Une guerre qui continue à tuer.

Des experts indépendants comme les auteurs du rapport du Body Count considèrent certes l’étude du Lancet de 2006 sur le nombre de morts dus à l’invasion de l’Irak comme l’estimation la plus précise et la plus fiable des victimes de guerre dans tous les conflits que nous avons déclenchés après le onze septembre, mais elle a été menée il y a presque 12 ans, après seulement 39 mois de guerre et d’occupation de l’Irak. Malheureusement on était encore bien loin des chiffres catastrophiques de victimes dues à l’agression historique par les États-Unis et le Royaume Uni.

L’étude du Lancet de 2006 met en évidence la flambée de violence qui n’a cessé de croître dans l’Irak occupé entre 2003 et 2006 et beaucoup d’autres paramètres indiquent que l’escalade de la violence a continué dans le pays au moins jusqu’à la fin de « l’augmentation des troupes » en 2007. Le déferlement de corps mutilés, victimes des escadrons de la mort, qui envahissaient les morgues de Bagdad n’a pas atteint son maximum avant la fin de 2006 avec 1 800 cadavres en juillet et 1 600 en octobre. Puis les bombardements aériens de l’Irak ont été multipliés par cinq en 2007 et janvier 2008 a été le mois où le bombardement de l’armée américaine a été le plus intense depuis l’invasion de 2003.

Ces éléments rendent crédibles le rapport, en juin 2007, un an après l’étude du Lancet, d’une société de sondages respectée, Opinion Research Business (ORB), rapport selon lequel 1 033 000 Irakiens avaient déjà été tués.

L’étude du Lancet estime que 328 000 ou plus des morts violentes avaient eu lieu entre mai 2005 et mai- juin 2006. Alors si l’estimation de l’ORB est exacte, cela signifierait qu’environ 430 000 Irakiens ont été tués l’année qui a suivi l’étude du Lancet.

Le chiffre d’un million de morts est certes choquant, mais l’augmentation constante du nombre des victimes révélée par le rapport de l’ORB cadre bien avec d’autres indicateurs de la violence de l’occupation, qui a continué à augmenter à la fin de 2006 et en 2007.

La violence en Irak a décru en 2008 et pendant les quelques années qui ont suivi. Cependant ont continué à faire régner la terreur parmi les Arabes sunnites du nord et de l’ouest du pays les escadrons de la mort de la police spéciale, qui ont été recrutés, entraînés et lâchés en Irak par le ministre irakien de l’Intérieur, les forces d’occupation des États-Unis et la CIA entre 2004 et 2006 (ces escadrons seront d’ailleurs rebaptisés police nationale après la révélation au monde de leur centre de torture Al-Jadinyah, avant de devenir police fédérale en 2009). Leurs exactions ont provoqué une reprise de la résistance armée et elles ont amené, en 2014, de grands pans du pays à se soumettre à l’autorité de l’EI, vu comme une alternative aux abus continuels du gouvernement irakien, corrompu et sectaire, et de ses escadrons de la mort.

Le Body Count d’Irak basé au Royaume Uni a compilé des compte rendus passifs à propos des morts de civils en Irak depuis l’invasion, mais il n’avait enregistré que 43 394 morts en juin 2006 alors que l’étude du Lancet avait estimé le nombre de morts violentes à 601 000, ce qui nous donne un ratio de 14 à 1. Just Foreign Police (JFP) aux États-Unis a créé le « Iraqi Death Estimator », un outil d’estimation des victimes irakiennes qui a mis à jour l’estimation de l’étude du Lancet en allant chercher les victimes rapportées par l’Iraq Body Count et a multiplié leur nombre par le ratio entre l’étude sur les victimes de guerre et le compte rendu passif de l’IBC de 2006.

Puisque l’IBC se base principalement sur des articles de médias anglophones, il a peut-être sous-dénombré les victimes, et ce, encore plus après 2007, puisque les médias occidentaux se désintéressent peu à peu de l’Irak. D’autre part, comme les responsables gouvernementaux et les journalistes courent beaucoup moins de risques à se déplacer en Irak, il est possible que ces rapports soient devenus plus précis. Ou peut-être ces facteurs se sont-ils combinés à d’autres pour donner plus de précision à l’Iraqi Death Estimator du JFP. Il est probable cependant qu’au fil du temps, il ait perdu de sa précision et on l’a arrêté en septembre 2011. À ce moment, les victimes de la guerre d’Irak se chiffraient à 1 460 000.

En 2013, la revue médicale PLOS a publié une autre étude du nombre de victimes, qui allait jusqu’en 2011. L’auteur de l’éditorial a déclaré au National Geographic que son estimation de 500 000 morts en Irak était « probablement basse ». L’étude avait une marge d’erreur plus importante que celle du Lancet et les équipes d’enquêteurs ont décidé qu’il était trop dangereux de travailler dans deux des grappes qui avaient été choisies de façon aléatoire.

Le problème le plus sérieux avec l’étude PLOS est, semble-t-il, que tellement de maisons ont été détruites ou abandonnées et tellement de familles ont été exterminées ou sont simplement disparues qu’il ne restait personne pour rapporter le nombre de victimes de ces familles aux enquêteurs. Il est même arrivé qu’on considère qu’il n’y avait eu aucune victime dans des maisons ou des immeubles entiers où tout le monde avait été tué ou s’était enfui.

Après l’extrême violence qui a sévi en 2006 et 2007 et quelques années de plus de conflit moins brutal, l’effet de la destruction et du déplacement des populations sur l’étude de PLOS doit avoir été plus marqué qu’en 2006. Un famille sur six en Irak a été obligée de déménager au moins une fois entre 2005 et 2010. La UNHCR [l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, NdT] a enregistré 3 millions de réfugiés à l’intérieur ou hors du pays, mais elle a concédé qu’un bien plus grand nombre n’était pas enregistré. Les auteurs ont ajouté 55 000 morts à leur total pour tenir compte des 15% des 2 millions de réfugiés qui ont perdu, chacun, un membre de leur famille, mais ils ont reconnu que c’était là une estimation très prudente.

Les auteurs du Body Count ont calculé que, si seulement 1% des maisons prises en compte par les enquêteurs étaient vides ou détruites et que dans chacune de ces familles, il y avait une ou deux victimes, l’évaluation globale de l’étude de PLOS aurait augmenté de 50%. Que les deux grappes qui représentaient les parties les plus dévastées de l’Irak n’aient pas été prises en compte doit avoir eu un effet similaire. La méthode de l’enquête par échantillonnage repose sur l’étude d’un échantillon représentatif de différentes zones, aussi bien les plus touchées que celles qui ont été relativement épargnées et où il y peu ou pas de victimes. Les victimes qui sont mortes le plus violemment sont souvent concentrées dans un petit nombre de grappes, ce qui donne, pour l’exactitude de l’évaluation finale, une importance énorme à des grappes comme les deux qu’ont évitées les enquêteurs de PLOS.

Depuis 2011, le guerre est entrée dans une nouvelle phase. Il y a eu un printemps arabe en Irak en 2011, mais il a été réprimé brutalement, poussant Fallujah et d’autres villes à entrer en rébellion ouverte une fois de plus. Plusieurs villes importantes ont succombé à l’EI en 2014, elles ont été assiégées par les forces gouvernementales irakiennes avant d’être détruites par le bombardement aérien des États-Unis, l’artillerie et les roquettes des Irakiens et de leurs alliés. Le Iraqi Body Count et la mission d’assistance des Nations Unies à l’Irak ont collecté des rapports passifs sur des dizaines de milliers de civils tués lors de cette phase de la guerre.

L’ancien ministre des Affaires étrangères Hoshyar Zebari a déclaré à Patrick Cockburn du quotidien britannique The Independent que les rapports des services secrets kurdes irakiens avaient estimé qu’au moins 40 000 civils avaient été tués dans le seul bombardement de Mossoul. Selon Zebari, il y avait probablement beaucoup plus de victimes dans les décombres, ce qui implique que les rapports dont il a pris connaissance faisaient jusque là référence à des victimes dont on avait retrouvé le corps et qui avaient été enterrées.

Une opération récente qui a consisté à débarrasser les décombres et à chercher les corps dans un seul quartier de Mossoul a donné 3 353 victimes, 20 % étaient apparemment des combattants de l’EI et 80 % étaient des civils. En outre, dans cette même ville, 11 000 personnes sont toujours considérées comme disparues par leur famille.

IBC a maintenant mis à jour le nombre de victimes pour la période qui va jusqu’en juin 2006, réduisant ainsi le ratio vis-à-vis de l’étude du Lancet de 11,5 à 1. Si nous appliquons la méthode du Iraqi Death Estimator du JFP depuis 2007 jusqu’à maintenant en employant ce ratio mis à jour et l’ajoutons à l’estimation de l’ORB de 1 030 000 morts jusqu’en juillet 2007, nous pouvons arriver à une estimation actuelle du nombre total des victimes irakiennes depuis 2003. Cette opération ne peut bien sûr, pas être aussi précise qu’une nouvelle étude complète sur le nombre de victimes. Cependant, à mon avis, c’est l’estimation la plus précise que nous puissions faire en nous basant sur ce que nous savons vraiment.

Et ceci nous donne une estimation de 2 380 000 victimes irakiennes depuis 2003 par suite de l’invasion criminelle de l’Irak par les États-Unis et les Britanniques.

Fourchette haute et fourchette basse.

Nous sommes loin d’être certains que cette estimation soit tout à fait exacte et il est donc important de calculer un nombre minimum et un nombre maximum basés sur les variations possibles des chiffres impliqués.

Pour arriver au nombre maximum et au nombre minimum des victimes probables de la guerre d’Irak, nous pouvons commencer avec les nombres minimum et maximum des personnes mortes de mort violente qui ont été établis avec une probabilité de 97,5 % par l’étude du Lancet, soit respectivement 426 000 et 794 000. L’ORB, en 2007, a donné, avec un échantillon plus important, un écart plus étroit entre les deux chiffres, mais cette enquête n’a pas été considérée comme aussi rigoureuse que celle du Lancet, sur d’autres aspects. Si nous appliquons les mêmes marges que dans l’étude du Lancet à l’estimation principale de l’enquête de l’ORB, cela nous donne un minimum de 730 000 et un maximum de 1 360 000 victimes de 2003 à juillet 2007.

Pour mettre à jour ces chiffres de nombres maximum et minimum en utilisant une variation de la méthode du JFP, nous devons aussi tenir compte des changements de ratio entre le décompte des victimes par IBC et le nombre réel de victimes. Les ratios des nombres minimum et maximum de l’étude du Lancet avec le compte revu à la hausse d’IBC pour juin 2006 sont d’environ 8 à 1 et 15 à 1.

Ces ratios sont caractéristiques des ratios entre les études complètes du nombre de victimes et les rapports passifs qu’on trouve dans d’autres zones de guerre au niveau mondial et qui varient de 5 à 1 à 20 à 1, comme je l’ai déjà fait remarquer. Cependant peut-être que l’IBC compte plus ou moins des victimes effectives depuis 2006 qu’il ne l’a fait auparavant. Il doit, en effet, sûrement essayer constamment d’améliorer la portée de sa collecte de données. D’ autre part, dans la phase la plus récente de la guerre, il y a eu beaucoup de victimes tuées par les bombes et les obus dans des zones gouvernées par l’EI, où des gens étaient punis ou même exécutés pour avoir essayé de communiquer avec le monde extérieur. Ainsi les données de l’IBC pour cette période pourraient-elles être plus fragmentaires que jamais.

Pour arriver à des nombres minimum et maximum réalistes, nous devons tenir compte de ces deux possibilités. Le ratio de 8 à 1 du nombre minimum de victimes tuées jusqu’en 2006 se rapproche peut-être du ratio minimum historique de 5 à 1 ou son ratio de 15 à 1 par rapport au nombre de l’étude du Lancet en 2006 peut avoir augmenté et atteindre le maximum historique de 20 à 1. En employant un ratio de 6,5 à 1 pour arriver au nombre minimum de victimes et celui de 17,5 à 1 pour le nombre maximum, on tient compte d’un minimum plus bas et d’un maximum plus élevé qu’en 2006, sans égaler les ratios les plus extrêmes jamais rencontrés dans d’autres conflits. Tout cela nous donne donc un minimum de 760 000 victimes irakiennes depuis juillet 2007 et un maximum de 2 040 000.

Nous avons ajouté ces chiffres au minimum et au maximum que nous avions calculés pour la période qui se terminait en juin 2007, ce qui nous donne des chiffres complets minimum et maximum depuis l’invasion de l’Irak par les États-Unis et le Royaume Uni. Nous pouvons estimer que le nombre d’Irakiens tués par suite de cette invasion illégale de leur pays doit se situer quelque part entre 1 500 000 et 3 400 000. Comme c’est généralement le cas avec ce genre d’amplitude statistique, le nombre réel de victimes se rapproche probablement davantage de notre estimation principale de 2 360 000 que des nombres minimum et maximum.

Appel en faveur d’une nouvelle enquête sur les victimes de guerre en Irak.

Il est très important que le secteur de la santé publique fournisse à la communauté mondiale des études actualisées sur le nombre de victimes en Irak et dans les autres pays où les États-unis ont mené des guerres après le onze septembre.

Une nouvelle enquête sur les victimes irakiennes doit trouver un moyen d’étudier même les zones les plus dangereuses et elle doit finir par trouver des procédures réalistes pour estimer le nombre de victimes quand des familles entières ont été tuées ou quand des maisons ou des appartements ont été détruits ou abandonnés. On considère que ce problème peut mener à des résultats erronés dans toutes les études au sujet des victimes irakiennes depuis 2004 et son importance ne cesse de croître à mesure que le temps passe. C’est là quelque chose qu’on ne peut pas ignorer et on ne doit pas non plus compenser ce manque d’informations par des conjectures.

Les équipes d’enquêteurs compilent des dossiers à propos de maisons vides et détruites dans les grappes qu’ils étudient et ils pourraient poser des questions aux voisins sur ces maisons où un grand nombre d’habitants ou des familles entières ont peut-être été tués. Ils doivent aussi enquêter sur les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur du pays pour estimer le nombre de victimes dans ces populations.

Les épidémiologistes ont affronté des dangers très graves et de très sérieuses difficultés pour trouver des techniques qui mesurent avec exactitude le coût humain des guerres. Ils doivent continuer à travailler dans ce sens et à perfectionner leurs méthodes. Ils doivent s’affranchir des puissantes pressions politiques, y compris de la part de ceux qui sont coupables du carnage et les empêcher de politiser et discréditer leur travail incroyablement difficile mais d’une grande noblesse et d’une importance cruciale.

Lors du 15ème anniversaire de l’invasion illégale de l’Irak, le Center for Constitutional Rights [le Centre pour le respect des droits constitutionnels, NdT] des États-Unis a demandé de nouveau aux États-Unis de payer des dommages de guerre au peuple irakien. C’est une façon dont les pays qui sont coupables d’agression et d’autres crimes de guerre s’acquittent traditionnellement de leur responsabilité collective pour les morts qu’ils ont provoquées et les destructions qu’ils ont causées.

Dans Blood on Our Hands, je conclus mon exposé sur la guerre des États-Unis en Irak en lançant, de la même manière, un appel en faveur de l’allocation de dommages de guerre et pour des poursuites pénales contre les hauts responsables états-uniens et britanniques tant civils que militaires pour le « crime international suprême » d’agression et d’autres crimes de guerre systémiques en Irak.

Faire face à l’ampleur réelle des crimes commis demeure un devoir pressant, du point de vue moral, politique et juridique pour le peuple d’Irak, les États-Unis, le Royaume Uni et pour le monde entier. L’opinion mondiale ne demandera jamais aux plus haut placés des criminels de guerre de répondre de leurs crimes tant que les citoyens ne comprendront pas la réelle ampleur de l’horreur de ce que ces gens ont fait. Et le monde ne connaîtra pas la paix tant que les agresseurs les plus puissants pourront compter sur l’impunité dont ils jouissent pour « ce crime international suprême ».

Nicolas J.S. Davies est l’auteur de Blood On Our Hands: the American Invasion and Destruction of Iraq. Il a écrit aussi le chapitre sur Obama en guerre dans Grading the 44th President : a Report Card on Barack Obama’s First Term as a Progressive Leader.

Source : Nicolas J.S. Davies, Consortium News, 22-03-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Vers où va-t-on ?:Le premier trimestre 2018 a été un désastre pour l’Amérique ;Macron pourrait piéger la France dans un bourbier au nord de la Syrie comme au Mali; Les vraies origines de la guerre commerciale américano-chinoise

Vers où va-t-on ?


Le premier trimestre 2018 a été un désastre pour l’Amérique

Posted: 25 Apr 2018 10:14 AM PDT

Article original de Chris Hamilton, publié le 2 avril 2018 sur le site Econimica
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

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Au premier trimestre de 2018, l’industrie financière et des placements a passé la surmultipliée quand on détaille la hausse des réductions d’impôt de 2018 et les répercussions positives de l’action des branches de l’exécutif et du Congrès « favorables aux entreprises » sur le monde des affaires américain. Le marché boursier a atteint des sommets sans précédent et la Réserve fédérale a proclamé que cette bonne période devait améliorer les perspectives économiques et accroître la probabilité de hausses des taux d’intérêt.


Du 1er janvier 2018 au 28 mars 2018 (premier trimestre), le PIB réel a probablement augmenté de 110 milliards de dollars (une hausse de 2,5% sur une base annualisée). Cependant, cela ne colle pas… Selon le Trésor, du 1er janvier 2018 au 28 mars 2018 (premier trimestre), la dette fédérale a augmenté de façon spectaculaire de 621 milliards de dollars (une augmentation de 13,1% sur une base annualisée… et il reste encore deux jours car le trimestre n’est pas tout à fait fini). Le graphique ci-dessus montre la variation trimestrielle de la dette fédérale par rapport à la variation trimestrielle du PIB réel depuis 2000. Le premier trimestre 2018 a été le deuxième plus important en terme de croissance de la dette fédérale, surpassé seulement par les dépenses massives du quatrième trimestre de 2008.

L’image suivante montre la situation si l’on soustrait juste la croissance trimestrielle de la dette fédérale de la croissance du PIB réel. Malheureusement, le premier trimestre de 2018 est l’un des pires enregistrés, la croissance de la dette fédérale faisant des bonds au regard de la « croissance » du produit intérieur brut (qui comprend bien sûr toute la dette fédérale alimentant l’activité!). Engendrer plus de 621 milliards de dollars de nouvelles dettes (qu’il va falloir servir) pour produire une nouvelle activité économique d’un peu plus de 100 milliards de dollars est quelque chose que seul le gouvernement pouvait réaliser.

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Cependant, cela devient carrément misérable si l’on ajoute à cette croissance trimestrielle l’ajout massif de 500 à 750 milliards de dollars de passif non capitalisé, parallèlement à la croissance de la dette fédérale. Ensemble, la dette de ce passif non capitalisé et de la dette fédérale augmentent de 3 000 à 4 000 milliards de dollars par an alors que le PIB augmente d’environ 500 milliards. Les réductions d’impôts et la hausse rapide des coûts des programmes sociaux continueront à voir les déficits augmenter beaucoup plus rapidement que l’activité économique ou les recettes fiscales qui en résultent.

Comment cela peut-il être une raison de se réjouir ? Eh bien, je suppose que tout est une question de perspective. Les États-Unis ne pourront jamais se sortir de ce trou… mais la Fed et le gouvernement fédéral sont le meilleur « leadership » que l’argent puisse acheter. En temps réel, ils choisissent (et s’alignent avec) la minorité qui finira vainqueur et laissera tout le monde supporter les pertes quand tout valsera.

Un dernier tableau ci-dessous, montrant quatre variables critiques de 1981 à 2017 :

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  1. Variation annuelle de la population américaine âgée de 15 à 64 ans (ligne grise) ;
  2. Revenu personnel disponible (ligne verte… montant total disponible à l’échelle nationale pour les dépenses après que toutes les taxes ont été comptabilisées) ;
  3. Wilshire 5 000 (ligne jaune, capitalisation boursière ou valeur de toutes les actions américaines cotées en bourse) ;
  4. Taux des fonds fédéraux (FFR) (ligne noire, taux d’intérêt à court terme fixés par la Réserve fédérale).

En résumé, la croissance démographique du noyau adulte ayant décéléré (et la demande subséquente ayant ralenti) la Fed a abusé des taux FFR pour inciter au remplacement du levier et de la dette (gouvernementale, corporative, personnelle) pour maintenir un taux de croissance artificiellement élevé. Cependant, la croissance a principalement porté sur la valeur des actifs plutôt que sur l’activité économique ou la croissance des salaires. Les détenteurs d’actifs sont récompensés alors que la classe ouvrière est punie… la nouvelle politique américaine et celle du creusement des inégalités plutôt qu’une méritocratie.

Si vous êtes curieux de savoir comment cela s’inscrit globalement, j’ai récemment expliqué comment « Plus vite l’Amérique ‘se développe’, plus vite elle va s’effondrer ». S’il vous plaît également considérez aussi « Qui achètera ces trillions de bons du trésor américains ? ». Ensuite, pourquoi l’indicateur ultime suggère que les États-Unis ne se sont jamais vraiment remis de la grande crise financière. Comment l’Amérique fait-elle faillite ? Lentement, d’abord, puis tout à coup ! Et enfin, s’il vous plaît considérez la perspective globale, Les graphiques économiques les plus importants… ne sont pas des graphiques économiques.

Chris Hamilton

Macron pourrait piéger la France dans un bourbier au nord de la Syrie comme au Mali

Posted: 25 Apr 2018 10:08 AM PDT

Article original de Andrew Korybko, publié le 9 avril 2018 sur le site Oriental Review
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr
French and Syrian flags 

La France a déclaré qu’elle envoyait des troupes au nord de la Syrie pour soutenir les Kurdes.

Le président Macron a annoncé la décision sans précédent de Paris après avoir rencontré des dirigeants kurdes dans la capitale française la semaine dernière, une décision dénoncée en résumé par Ankara comme le « dépassement d’une ligne rouge ». Ankara dénonce un pays d’Europe occidentale soutenant le terrorisme avec ce que la Turquie considérerait ironiquement comme une « invasion » de la Syrie. Les conflits intra-OTAN atteignent un point d’ébullition avec les États-Unis, la Grèce et maintenant la France s’alignant tous contre les intérêts régionaux de la Turquie en réponse à l’approche multipolaire d’Ankara après le coup d’État. Cela exerce une énorme pression sur le président Erdogan pour reculer ou faire dangereusement face aux conséquences de cet acte. Le dirigeant turc a refusé de reculer et il est maintenant contraint d’affronter les perspectives d’un soutien conjoint américano-français à ce que son gouvernement considère comme des terroristes kurdes, ce qui ne fera que renforcer son désir d’intensifier la réorientation stratégique de son pays vers l’Est.

 

Non seulement cela, mais la Turquie pourrait contrer asymétriquement le déploiement militaire hostile de la France via les forces pro-Ankara dans le nord de la Syrie. Les médias turcs ont divulgué l’emplacement de chaque base où les forces françaises seraient censées être déployées comme ils l’ont fait pour les Américains l’été dernier, ce qui peut être interprété comme une menace tacite que les troupes des deux pays pourraient être ciblées par des groupes armés sympathisants de la Turquie dans le cadre de la « guerre civile de la Rojava » qui se déroule dans le nord de la Syrie. Les plans de la France pour aider les États-Unis sur ce champ de bataille et même de les remplacer, dans une certaine mesure. Si Trump confirme « très bientôt » ses intentions de quitter le pays, cela pourrait inévitablement conduire Paris à un second bourbier malien. Elle serait alors contrainte de lutter contre les rebelles dans ce qui est devenu une « guerre civile à plusieurs niveau dans une guerre civile » et non contre les terroristes.

Les développements rapides montrent que l’ancien modèle de colonialisme ne fonctionne plus dans les sociétés post-coloniales où les anciens colonisateurs cherchaient à exploiter les groupes minoritaires contre la majorité. Les habitants du nord-est de la Syrie ne permettront pas à leur ancien colonisateur de retourner dans leur pays et d’utiliser les Kurdes pro-occidentaux comme outil de substitution pour supprimer la majorité arabe. En outre, la Turquie coopère avec la Russie via le processus de paix d’Astana et atteindra vraisemblablement un éventuel « compromis » pour au moins restituer nominalement les territoires que ses groupes rebelles alliés contrôlent à l’autorité du gouvernement syrien.

Cela se fera probablement après avoir sécurisé sa position géopolitique par la prochaine « révision constitutionnelle » mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui conduira probablement à un certain degré de « décentralisation ». La France, cependant, n’a pas l’intention de faire la même chose vis-à-vis de ses mandataires et de la Russie, de sorte qu’elle représente une menace beaucoup plus grave pour la souveraineté syrienne que la Turquie en ce moment.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Les vraies origines de la guerre commerciale américano-chinoise

Posted: 25 Apr 2018 10:05 AM PDT

Article original de Andrew Korybko, publié le 07 avril 2018 sur le site Oriental Review
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

 

La Chine a répondu aux barrières douanières de Trump avec ses propres restrictions économiques, bien que son marché ait toujours été notoirement difficile à pénétrer en raison des propres politiques « protectionnistes » en faveur de ses producteurs nationaux. Mais le gouvernement a assoupli ses règlements antérieurs ces dernières années afin de faciliter la vision globale du pays avec la connectivité de la Route de la Soie (OBOR). La guerre commerciale en cours entre les États-Unis et la Chine menace de formaliser une compétition économique de longue date entre ces deux grandes puissances rivalisant pour le contrôle de l’ordre mondial, Washington souhaitant conserver sa domination unipolaire d’autrefois qui s’affaiblit alors que Pékin veut faire émerger un système multipolaire marqué par une diversité d’acteurs théoriquement égaux.


La friction entre ces forces contradictoires est la base de la nouvelle guerre froide en cours, bien qu’il y ait beaucoup d’autres choses à dire sur cette lutte mondiale.

Les États-Unis pensaient « reconquérir Pékin » grâce à leur alliance de la fin de la Guerre froide avec la Chine contre l’URSS pour permettre à Washington de faire ce qui lui plaît avec ce que ses décideurs se sont persuadés être leur plus grand État proxy à ce jour. La trahison de la Chine à travers la tentative ratée de la Révolution de couleur de la place Tiananmen de 1989 a changé pour toujours la façon dont les dirigeants communistes de ce pays d’Asie de l’Est considèrent l’Amérique. Néanmoins, les naïfs libéraux-mondialistes de l’époque Clinton pensaient qu’ils pourraient soudoyer la Chine pour qu’elle reste « loyale » à l’ordre mondial dirigé par les États-Unis qui a émergé après la guerre froide en s’appuyant sur des investissements « gagnant-gagnant » pour enrichir les élites américaines tout en aidant la Chine à se moderniser rapidement.

Pas la peine de le dire mais cette présomption s’est avérée totalement fausse.
Le soi-disant « Consensus de Washington » et les « règles du jeu » qui s’y rattachent sont truqués afin de profiter aux États-Unis et perpétuer indéfiniment leur hégémonie mondiale, raison pour laquelle la Chine a continuellement enfreint les règles à son avantage. Elle a été autorisée à le faire pendant si longtemps à cause de la relation susmentionnée qu’elle avait avec les élites américaines libérales-globalistes naïves qui ont profité de ce système au détriment des Américains moyens. L’administration Obama a tenté de « contrebalancer » les conséquences géopolitiques inévitables de cette tendance en proposant le partenariat mondial dit du « Groupe des Deux ou Chimerica » avec la Chine, mais Pékin a rejeté cette approche.

Donald Trump and Xi Jinping
Donald Trump et Xi Jinping

En 2013, la Chine s’est sentie suffisamment confiante pour annoncer le nouveau méga-projet OBOR, qui allait révolutionner la domination économique américaine et le « leadership » unipolaire, mais alors les États-Unis et la Chine ont soudainement « changé » leur rôle économique mondial à la suite à l’élection de Trump. Le discours du président Xi à Davos en janvier 2017 l’a vu proclamer la Chine comme le champion d’une version réformée du modèle de la mondialisation que l’Amérique a mené, alors que le président Trump n’a pas caché sa préférence pour les politiques protectionnistes-nationalistes que la République populaire utilisait elle-même par le passé.

Le reste du monde est maintenant obligé de choisir entre ces systèmes concurrents.

Tout comme pendant la guerre froide, la nouvelle version voit la réapparition d’un autre mouvement des non-alignés (Neo-MNA) qui tente de trouver un terrain d’entente en « hybridant » le meilleur des politiques des deux champions mais d’une manière plus complexe et globale qu’auparavant à cause des dimensions géopolitiques et économiques inextricables qui transcendent l’ancienne adhésion dogmatique à une idéologie unique. S’il n’y a plus d’« idéologie » surdéterminante, il reste le pur intérêt personnel du néo-réalisme et c’est ici que la Russie peut jouer un rôle central durant cette période transitoire de changement systémique global en aidant les Néo-MNA à « équilibrer » leurs relations entre les deux « blocs » et récolter les avantages qui en résultent.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guer

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