Pour une école libre au Québec :Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ?

vendredi 14 décembre 2012

Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ?

Les nouveaux athées comme Dawkins et Hitchens ont convaincu de nombreux intellectuels occidentaux que l’athéisme — ou sa version plus douce la « laïcité » agnostique — représente le sens de l’Histoire. Mais la plupart des gens ne lisent pas les livres de ces auteurs avant de décider d’être religieux. Ils héritent plutôt leur foi de leurs parents. Pour Eric Kaufmann, un professeur de l’Université de Birkbeck de Londres, ce que personne ne semble avoir remarqué c’est que loin de diminuer, la proportion de croyants dans le monde augmente. D’ailleurs, plus ils sont religieux, plus ils ont d’enfants. Pour le professeur londonien, l’effet cumulatif de l’immigration en provenance de pays religieux et la fécondité des croyants inversera le processus de sécularisation en Occident. Non seulement la religion finira par triompher de l’irréligion, mais ce sont les croyants les plus convaincus qui ont les plus grandes familles. L’effet de cette différence dans la natalité des groupes en présence aura plus d’effet en Occident que dans le Tiers-Monde puisque celui-ci est plus généralement homogène et religieux. C’est là la thèse du dernier livre d’Eric Kaufmann au titre quelque peu provocateur : Les Religieux hériteront-ils de la Terre ? (Shall the Religious Inherit the Earth?)

Contraction démographique à venir

Le monde connaît un changement démographique sans précédent. L’Europe montre la voie, mais l’Asie de l’Est vieillit plus rapidement que celle-ci et pourrait bientôt être plus vieille, alors que d’autres régions du monde — en particulier l’Inde, l’Asie du Sud et l’Amérique latine — empruntent le même chemin. Ces bouleversements sont imputables à une prospérité croissante, à l’éducation des femmes (enfin une certaine éducation), à l’urbanisation et à la régulation des naissances.

Le taux de fécondité en Occident — c’est-à-dire le nombre moyen d’enfants qu’une femme a durant sa vie — est inférieur au seuil de remplacement depuis près de quarante ans. La seule exception importante est les États-Unis. En conséquence, la population autochtone a commencé à baisser en termes absolus – un déclin qui va s’accélérer dans les années à venir. L’indice de fécondité mondiale devrait passer sous le taux de remplacement vers 2040. La population mondiale, elle, commencerait à diminuer quelques décennies plus tard, de plus en plus rapidement. Seuls les États-Unis maintiennent encore une natalité saine, mais celle-ci s’explique par une fécondité importante des Latinos et le fait que les États-Unis sont encore une société religieuse quand on la compare à l’Europe ou au Québec.

L’importance numérique de l’Occident laïque dans le monde est en plein déclin. Alors que 35 % de la population mondiale en 1900 étaient d’origine européenne (en Europe, en Russie, en Amérique), la population de l’Occident (qui comprend désormais de nombreux immigrés) ne représente plus que 17 % de la population mondiale. Elle devrait atteindre 10 % vers 2050.

Eric Kaufmann cite l’anthropologue Scott Atran qui rappelle qu’aucune civilisation n’a survécu sans une certaine forme de religion pendant plus de deux générations. Ceux qui prédisent que la religion disparaîtra vaincue par les Lumières qu’ils incarnent (bien sûr) devraient se pencher sur les faits. En chiffres bruts, le monde devient plus religieux de par l’effondrement démographique relatif de l’Occident. Qui aurait également cru il y a soixante ans alors que les juifs ultra-orthodoxes disparaissaient virtuellement en Europe où ils étaient les plus nombreux qu’ils deviendraient si importants en Israël et même ailleurs en Occident ?


« Faites l’amour, pas la guerre »

Le slogan des soixante-huitards « faites l’amour, pas la guerre » aurait pu être inventé par des huttérites, des chrétiens anabaptistes conservateurs communautaristes et pacifistes établis aux États-Unis et au Canada. Ils n’étaient plus que 400 quand, à la fin du XIXe siècle, ils ont émigré de Russie vers le Dakota. Depuis, la plupart se trouvent au Canada. Ils sont près de 50.000 aujourd’hui alors que bien peu de gens se convertissent à leur doctrine et à leur mode de vie : originaire du Sud de l’espace germanique les huttérites parlent une forme archaïque d’un dialecte proche du bavarois, vivent en pleine campagne et ne cherchent pas vraiment à convertir, bien que deux missions aient été établies dans le passé : une au Nigéria qui semble survivre et l’autre au Japon moribonde. Aujourd’hui, les huttérites représenteraient autour de 8 % de la population agricole des Prairies canadiennes.

Les mormons, les amish, les juifs orthodoxes, les évangéliques

Les huttérites (on dit aussi huttériens) ne sont pas les seuls à avoir connu une telle croissance. Si les mormons continuent de croître de 40 % tous les dix ans, en grande partie grâce à un taux de natalité élevé, ils pourraient bien être 63 millions en 2080 comme l’avait prédit Rodney Stark en 1984. Les mormons ont atteint 14 millions de membres en 2010, un peu avant la date prévue par Stark.

Les chrétiens évangéliques représentent aujourd’hui les deux tiers des protes­tants blancs  amé­ricains, les protestants historiques (luthériens, anglicans, métho­distes, calvi­nistes, presby­tériens, uni­tariens) voient leur nombre s’effondrer. Les juifs ultra-orthodoxes constituent 17 % du judaïsme britannique, mais 75 % des enfants juifs naissent dans des familles ultra-orthodoxes. Dans la région montréalaise, les hassidim (les « pieux ») sont arrivés en très petit nombre à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, selon une étude récente citée par Julien Bauer dans Les Communautés juives de Montréal, la population juive ultra-orthodoxe est estimée à 18 450 individus. La population « pieuse » double tous les quinze ans grâce à un taux de natalité très important : les familles de cinq à six enfants sont la norme. Si la tendance se maintient, la population hassidim dans la région montréalaise devrait s’élever à 49 000 en 2030. Entretemps, la population totale juive à Montréal comprenant donc les juifs moins conservateurs ne cesse de décroître et de vieillir : de 103.765 en 1981, elle est passée à 92.970 en 2001.

Partout en Occident, le taux de fécondité des conservateurs religieux dépasse de loin celui des non-croyants, tant et si bien que la laïcité libérale moderne serait en danger pour Eric Kaufmann.

Naguère, on considérait comme allant de soi que, un peu comme la démocratie libérale représentait la fin de l’histoire, elle représentait aussi la fin de la religion. Une fois les gens devenus riches, instruits et sexuellement libérés, ils abandonneraient leurs croyances irrationnelles et autres balivernes.

Le christianisme a connu un déclin constant à partir du milieu du XIXe siècle, mais il a fallu attendre les années 1960 pour que les sociétés européennes abandonnent leurs comportements sexuels traditionnels et que la natalité s’effondre.

Mais si ce que Kaufmann dit se vérifie — et les données démographiques semblent lui donner raison — alors la pilule contraceptive n’aura pas tant libérer les sociétés laïques européennes, mais elle aura plutôt été sa tablette de cyanure

Cette baisse de natalité affecte toutes les populations en Occident, y compris les immigrants. Le facteur ethnique n’est pas déterminant, c’est la religiosité, le fondamentalisme si l’on veut parler en terme de laïques. Selon Kaufmann, l’Europe ne sera donc jamais totalement islamisée, bien que sa prévision de 20 à 25 % de musulmans en Europe sera mal vécue pour d’aucuns. La mauvaise nouvelle (pour certains), c’est que l’Europe va devenir plus protestante évangélique et, par le même effet, plus fondamentaliste musulman. Quant à Israël les ultra-orthodoxes devraient y devenir majoritaires à partir du milieu de ce siècle, au plus tard à la fin de ce siècle.

Proportion des élèves juifs ultra-orthodoxes
et arabes israëliens dans les écoles primaires israéliennes
(prévisions de 2010)

Raidissement prévisible des « progressistes »

Les nouveaux athées se rassurent à l’idée que le nombre de personnes religieuses continuera de baisser. Les chiffres ne leur donnent pas raison. Il est vrai que les croyants progressistes continuent de passer à l’athéisme à un taux qui alarme les églises catholique, anglicane et méthodiste et les synagogues réformées. Pour Kaufmann, une fois que les religions commencent à accepter la laïcité, le seul rationalisme et une distance envers ses croyances (comme le requiert le programme ECR au Québec, au passage) leurs jeunes aboutissent assez vite à la conclusion logique du doute : l’incrédulité.

Les formes religieuses les plus conservatrices n’ont pas ce problème. Seuls 5 % des amish les plus traditionnels abandonnent leur foi. Le taux de natalité des communautés amish est deux à trois fois supérieur à celui des États-Unis, elles peuvent donc facilement se permettre de perdre un membre sur 20. Les amish étaient 5.000 au début du XXe siècle, ils sont aujourd’hui un quart de million aux États-Unis. Leur taux d’attrition a été bien supérieur par le passé. Steven Nolt estime qu’environ 500 amish émigrèrent en Pennsylvanie pendant tout le XVIIIe siècle. L’immigration européenne amish s’est ensuite tarie. La plupart des amish de l’époque avaient déjà de grandes familles. Mais, le taux d’attrition était tel que vers 1800 il ne restait plus que 1.000 amish aux États-Unis.
Alors que des gens comme Richard Dawkins distillent leur fiel contre le christianisme traditionnel, les fondamentalistes échappent, pour leur part, en grande partie à ces attaques : ils ne lisent pas ses livres. Entretemps, ils ne font que se renforcer alors que les membres les plus convaincus des grandes Églises historiques les rejoignent. Les religions qui survivront seront devenues plus conservatrices. Un effet peut-être paradoxal, mais qui devrait être évident pour les adeptes de la théorie de la sélection naturelle chère aux nouveaux athées, comme Dawkins, un théoricien de l’évolution.
Dieu seul sait ce qu’il adviendra de l’Église anglicane au XXIe siècle alors qu’elle est menacée de schismes, que des paroisses entières rejoignent l’Église catholique et que, dans certaines contrées, comme le Québec, elle pourrait disparaître complètement. En effet, le diocèse du Québec de l’Église anglicane comprend 82 assemblées, dont 50 sans enfants, et dans 35 paroisses l’âge moyen est de 75 ans.
S’il est fort possible que l’Église catholique en Occident se contracte malgré l’afflux d’immigrants catholiques, elle sera également plus militante et déterminée. Elle continuera d’exister en marge d’une société occidentale dominée culturellement par des athées, le plus souvent gouvernée par une gauche laïque de plus en plus intolérante.
Ces sentiments profondément antireligieux se renforceront au fur et à mesure que les changements démographiques prévus par Kaufmann s’esquisseront. Déjà, on voit poindre cette rigidité. L’État renforce sa mainmise sur les enfants en interdisant l’école à la maison dans des pays comme l’Allemagne et la Suède. En Allemagne, cette sévérité vise au premier chef des évangéliques ou baptistes chrétiens aux nombreux enfants et aux mœurs conservatrices. Ailleurs, l’État élimine le choix dans la formation morale et religieuse et impose un seul programme afin de gérer ce qu’il considère être du fondamentalisme, de l’intégrisme, bref des gens qui prennent leur religion au sérieux. C’est également le cas au Québec. La natalité y est très basse, l’immigration importante, ces immigrants d’ailleurs souvent chrétiens sont plus religieux que les naturels du pays. Les opposants chrétiens au controversé cours d’ECR sont donc qualifiés de « catholiques parmi les plus intégristes » lors d’un bulletin de nouvelles de Radio-Canada, un bastion du progressisme laïque, et de « fanatiques » par l’inénarrable Raymond Gravel, un « prêtre progressiste » qui poursuit pour un demi-million de dollars des catholiques conservateurs. Sans doute avait-il à l’esprit l’évangélique « tend l’autre joue » quand il a entamé sa poursuite.
Mais il ne s’agit que de prémices. Cette ardeur antireligieuse sera sans doute exacerbée quand l’influence croissante des croyants conservateurs se fera plus sentir, par exemple, celles des évangéliques chrétiens sur le Parti conservateur britannique.
La fécondité comme signe de reconnaissance pour les vrais croyants
On pourrait croire que ces mouvements conservateurs ne sont pas nécessairement liés à une haute natalité. Or, pour ces conservateurs, aujourd’hui c’est un signe de reconnaissance qui permet de distinguer les vrais croyants des relapses qui retombent dans la société laïque contemporaine, le siècle hédoniste.  Plus une communauté comme les mennonites libéraux a une faible natalité, plus elle cherche à grandir par l’évangélisation et plus elle se conforme au monde extérieur, au protestantisme établi. Protestantisme libéral qui n’est souvent que l’antichambre de l’indifférence, puis de l’agnosticisme. L’exemple le plus frappant est la communauté mennonite hollandaise (les Doopsgezinden) : ils ont été les premiers à célébrer des mariages homosexuels aux Pays-Bas, ils ont un des taux les plus hauts de femmes ministres du culte, ils sont aussi une des plus petites communautés mennonites au monde (8 000 membres) et en plein déclin. À l’inverse, une des communautés avec la population la plus jeune au Canada est celle de La Crête sur la rivière de la Paix, dans le Nord-Est albertain. L’âge moyen y est de 23 ans, alors qu’il est de 37 ans au Canada. Dans les commerces, on y parle l’anglais et le bas allemand. La ville est principalement peuplée de mennonites rigoristes féconds, les Vieux Colons. [On les nomme ainsi parce que leurs ancêtres proviennent de la première colonie mennonite en Ukraine (la Chortitza) fondée en 1789 et non de la nouvelle sur la Molotchna, établie en 1803. Ils étaient en général moins éduqués que ceux de la nouvelle colonie.]
Protestants et Plein Carquois 
Il ne faut pas croire non plus que ce conservatisme extrêmement fécond se limite aux seuls mouve­ments conser­vateurs anabap­tistes et hassidim, des exemples exotiques et relativement peu nombreux.

Chris & Wendy Jeub et une partie de leur carquois (14 enfants sur 16)
« Heureux le père garnissant
De telles flèches son carquois !
Ces parents-là auront de quoi
Faire face aux plus menaçants.
Au jugement de la cité
Leur famille peut résister. »

Psaume 127,
Version rimée de Théodore de Bèze

Il existe un important mouvement évangélique récent à dessein nataliste : le Plein Carquois (Quiverfull). Le terme est tiré du psaume 127 qui identifie une famille nombreuse à un plein carquois qui la protège.  Ce mouvement a bien assimilé ce que révélait une étude universitaire portant sur 83 communes américaines formées au XIXe siècle, dont une trentaine de religieuses. Sur ces 83 communes, les huttérites étaient le seul groupe à avoir survécu jusqu’à aujourd’hui. Selon Kaufmann, un taux élevé de fécondité était une des principales raisons du succès huttérite.
En Europe, les quelque 100.000 luthériens conservateurs laestadiens de Finlande et le million de calvinistes orthodoxes des Pays-Bas ont résisté à la sécularisation.
Ces sectes endogames à haute fertilité commencent à avoir un impact : il y a maintenant plus de calvinistes orthodoxes pratiquants que de calvinistes libéraux, l’Église réformée hollandaise, dont les paroissiens étaient à une époque six fois plus nombreux que les membres plus rigoristes. Les autres conservateurs ont retenu la leçon : « Reproduisons-nous plus vite que les mormons », exhorte Russell Moore, doyen de la Faculté de théologie au séminaire baptiste du Sud à Louisville au Kentucky. Le mouvement du Plein Carquois, comme les laestadiens, adopte une fécondité naturelle et refuse toute contraception. Il a désormais attiré l’attention des plus grands intellectuels fondamentalistes américains : « La stratégie probablement la plus efficace que nous puissions entreprendre », soutient le théologien conservateur David Bentley Hart, en est « une d’une fécondité militante : abondante, implacable, exubérante et provocante ». Le théologien Gary North ajoute que l’endogamie des ultra-orthodoxes juifs est le modèle que les fondamentalistes protestants doivent adopter s’ils veulent survivre.
Allocution en anglais d’Eric Kaufmann sur la croissance des fondamentalismes
Les adhérents au Plein Carquois ne s’habillent pas de manière aussi distincte que les huttérites ou les juifs hassidim. Leurs vêtements ressemblent, au premier abord, à ceux de la société contemporaine.
Les membres du Plein Carquois gardent leurs distances avec le siècle, y compris la société évangélique traditionnelle en éduquant leurs enfants à la maison et en tenant même parfois leurs cultes à la maison. Ils lisent des livres, des cédéroms et des manuels approuvés par le mouvement. L’endogamie est assurée par l’idée que les jeunes hommes doivent s’adresser aux parents de la jeune fille qu’ils voudraient épouser. Un jeune homme ne sort jamais seul avec une jeune fille célibataire. Toutes les sorties et les activités sportives et cultuelles se font en groupe. Les familles au plein carquois ne sont pas aussi isolées que les juifs ultra-orthodoxes, les amish, voire les mormons de l’Utah. Mais il semble que les Pleins Carquois parviennent à émuler le taux de rétention des anabaptistes et des mormons. Animés d’un sens d’élection divine et d’une mission à accomplir, les enfants des Pleins Carquois ont été élevés à se méfier du siècle et même du milieu évangélique traditionnel. Mais les réseaux sociaux des Pleins Carquois recoupent assez le monde évangélique traditionnel pour qu’ils puissent attirer de nombreux nouveaux membres grâce à la conversion de ces évangéliques traditionnels.
Des églises peut-être d’abord plus petites, mais plus conservatrices
La pilule, la tablette de cyanure de l’Occident ?

L’Église catholique, plus petite et plus orthodoxe, possèdera un avantage inhérent : ce que les vieux Canadiens appelaient la « revanche des berceaux ». Beaucoup de catholiques conservateurs ont 3 ou 4 enfants – ce n’est pas un nombre énorme –, mais dans une société où les femmes athées ne donnent naissance qu’à environ un enfant, cet avantage peut se révéler très important au bout de quelques générations. En effet, huit athées ont une descendance d’un enfant au bout de trois générations, alors qu’avec 3,5 enfants par femme une famille conservatrice aura de plus de quarante arrière-petits-enfants. De 8 à 1 d’un côté, de 2 à 40 de l’autre. Cette différence est amplifiée par le fait que les catholiques conservateurs ont un taux de déperdition nettement moindre que leurs coreligionnaires progressistes.

Cette perspective n’est évidemment pas faite pour réjouir les « laïcistes » ou les progressistes. Plusieurs douteront de ces prédictions. Eric Kaufmann soutient cependant que ceci s’est déjà produit dans le christianisme primitif qui est passé d’une cinquantaine de disciples à six millions d’adeptes en trois siècles. Pour le professeur londonien, à l’instar de Rodney Stark, cette croissance fulgurante aurait moins été due à un haut fort taux de conversion qu’à un haut taux de natalité puisque les chrétiens ne pratiquaient ni la polygamie ni l’infanticide fréquents chez les païens. Aujourd’hui, nous considérons l’infanticide du monde antique comme une coutume barbare et incompréhensible, mais rien n’exclut que d’ici quelques siècles on pense de même de l’avortement moderne. Ce ne sera peut-être pas parce que les pro-vie auront remporté le débat philosophique, il aura peut-être suffi que l’avortement et la pilule aient suffisamment réduit les rangs des athées.
Maîtriser l’école et la transmission des valeurs
Pour que cela se produise, il faudra toutefois que les croyants maîtrisent la transmission de valeurs à leurs enfants. C’est ce que les groupes très conservateurs ont réussi à faire, le plus souvent en retirant leurs enfants de l’école publique et laïque. Car les chiffres sont éloquents. Selon une étude du Southern Baptist Council, 88 % des enfants de foyers protestants évangéliques éduqués à l’école publique quittent leur église à 18 ans pour ne jamais y revenir, alors que, selon la HSLDA, une organisation qui défend les parents éducateurs à la maison, près des trois quarts des enfants de chrétiens éduqués à la maison continuent d’aller à l’église une fois par semaine une fois majeurs. Ces conservateurs créent aussi des enclaves au sein desquelles leurs enfants grandissent. Leurs amis ont les mêmes convictions qu’eux; la pression conformiste séculière ne s’y ressent plus. Évidemment, les services sociaux de certains pays ne voient pas d’un bon œil ces enclaves, c’est la raison sous-jacente du rejet de l’instruction à la maison en Suède et en Allemagne. C’est également ce qui explique qu’un juge québécois, à la demande de la DPJ, ait forcé un bambin à aller la garderie « pour le socialiser ».
Pourquoi maintenant ?
On peut se demander pourquoi, tout à coup, la natalité des groupes conservateurs devrait leur donner un tel avantage et avoir un tel effet à l’avenir. Après tout, les amish ont toujours eu un haut taux de fécondité.
Pour Kaufmann, plusieurs facteurs militent désormais en faveur des conservateurs religieux.
  • D’abord, l’effondrement de la natalité des séculiers alors que la natalité devient un choix conscient. C’est ainsi que l’avantage de fécondité des femmes plus fondamentalistes (la Bible est la parole de Dieu) aux États-Unis sur les femmes modernistes (la Bible est simplement inspirée par Dieu, un récit) est passé de 15 % en 85, à 25 % en 2006. Les nombreuses femmes qui s’opposent à l’avortement et considèrent l’homosexualité comme un péché ont, quant à elles, près de 40 % plus d’enfants que les autres femmes dans la population.  Cela peut paraître peu, mais sur plusieurs générations la différence de fécondité peut avoir des conséquences importantes. Cette contraction dans la fécondité occidentale est principalement due à la disponibilité de la contraception, mais pas uniquement. Selon Philip Longman il existe d’autres causes : « Une fois qu’une société devient cosmopolite, trépidante, déborde d’idées nouvelles, de nouveaux peuples et de raffinements tout neufs … [le] sens de la lignée s’estompe ainsi que tout sentiment qu’il faut se reproduire ». [Personnellement, nous pensons que l’État-providence participe aussi à cette faible fécondité : pourquoi avoir des enfants ? Ils coûtent cher. Les enfants des autres paieront les pensions et autres dépenses sociales une fois à la retraite.]
  • Autre différence avec le passé, la mortalité infantile chez les conservateurs est désormais très faible grâce à la médecine moderne accessible partout alors que les enfants des « barbares » plus féconds que craignaient Polybe et Cicéron mouraient souvent en grand nombre.
  • Enfin, le siècle est devenu nettement moins attirant avec la fin des grandes idéologies laïques (tous les « ismes » chers à un Arcand désabusé dans Les Invasions barbares). Comme on l’a vu, le taux d’attrition des amish est aujourd’hui nettement moins grand qu’au XIXe siècle. Si le taux de rétention des amish nés avant 1945 était de 70 %, il n’a fait qu’augmenter depuis et, pour les jeunes nés entre 1966 et 1975, il est désormais de 85 %. C’est sans doute aussi dû à une distance plus grande entre le « siècle » et ces groupes fondamentalistes. Le monde extérieur s’éloigne de plus en plus des valeurs de ces groupes. Il n’est plus tant attrayant que repoussant ou même hostile. Même si le siècle venait à attirer des jeunes, le coût émotionnel du départ est devenu prohibitif : tout change, on perd tous ses amis, tout contact avec sa famille, la sécurité offerte par la communauté. Le jeune qui quitte les amish se retrouve seul dans une société individualiste qui a fort changé et s’est fort éloignée de la société américaine du début du XXe siècle qui partageait encore des valeurs et des coutumes avec les Amish. Il en va de même chez les protestants aux États-Unis, alors que 21 % des protestants conservateurs nés dans les années 1900 à 1909 passaient  aux églises plus libérales, cette proportion n’est plus que de 9 % pour les conservateurs nés de 1960 à 1973.
« On a commencé par être existentialistes. Sartre. Camus… —  On a lu Fanon et on est devenu anticolonialiste. — Après on a lu Marcuse et on est devenu marxistes… marxistes-léninistes,… trotskistes, … maoïstes…»
Le libéralisme peut-il agir sans contredire son essence ?

Pour ce qui est du Canada, Kaufmann a précisé dans une allocution qu’il ne sera pas épargné par ce regain de la religiosité, mais que la radicalisation due au différentiel de fécondité n’y était pas une perspective imminente, mais qu’on ne saurait en écarter la possibilité à plus long terme, c’est-à-dire vers 2050.

Des régimes totalitaires, comme le nazisme ou le communisme soviétique, pourraient sans doute forcer l’intégration des enfants des religieux dans la société « impie », mais pour Kaufman le libéralisme répugnera à prendre des mesures aussi draconiennes, car ce serait contredire l’essence même du libéralisme. Les sionistes en Israël tentent de séduire les jeunes juifs « pieux » en leur faisant miroiter les appas de l’intégration. Il n’est pas sûr qu’ils réussissent. Les juifs ultra-orthodoxes sont un cas extrême, même si leur poids deviendra déterminant dans la politique israélienne. Sur le long terme, le libéralisme devra pourtant relever le gant que les fondamentalistes leur ont jeté partout en Occident. Pour Kauffman, « nous sommes tous des sionistes aujourd’hui ».

Autre allocution (plus récente) d’Eric Kaufmann (en anglais), le début énumère ses titres et prix universitaires. Ensuite plus de détails sur l’impact de l’immigration en Europe.

Shall the Religious Inherit the Earth?
Demography and Politics in the Twenty-First Century
par Eric Kaufmann
chez Profile Books
en décembre 2010
356 pages
ISBN: 1846681502
Merci à Jonathan pour nous avoir indiqué cet ouvrage.

Voir aussi

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Pour une école libre au Québec:mercredi 18 avril 2018 :Vatican II, « déclencheur » de l’effondrement de la pratique catholique ?

mercredi 18 avril 2018

Vatican II, « déclencheur » de l’effondrement de la pratique catholique ? (M-à-j vidéos)

Dans un livre nourri de statistiques impressionnantes, Guillaume Cuchet (ci-contre) a fait une analyse minutieuse de l’effondrement du catholicisme en France.

Le recul du catholicisme en France et au Québec depuis les années 1960 est un des faits les plus marquants et pourtant les moins expliqués de notre histoire contemporaine. S’il reste la première religion des Français, le changement est spectaculaire : au milieu des années 1960, 94 % de la génération en France étaient baptisés et 25 % allaient à la messe tous les dimanches ; de nos jours, la pratique dominicale tourne autour de 2 % et les baptisés avant l’âge de 7 ans ne sont plus que 30 %. Comment a-t-on pu en arriver là ? De quand date la rupture ? Quelles en ont été les causes ? Ces questions hantent le monde catholique qui se retrouve perdu dans ses vêtements d’hier devenus trop amples et dont les différentes composantes ont eu tendance par le passé à s’accuser mutuellement d’avoir provoqué la « catastrophe ». Il est vrai que l’événement résiste à l’analyse.

Au seuil des années 1960 encore, le chanoine Boulard, qui était dans l’Église française le grand spécialiste de ces questions, avait conclu à la stabilité globale des taux dans la longue durée, même s’il notait une pente légèrement déclinante qui préservait a priori de toute mauvaise surprise. Or, au moment même où prévalaient ces conclusions rassurantes et où s’achevait cette vaste entreprise de modernisation de la religion que fut le concile Vatican II (1962-1965), il a commencé à voir remonter des diocèses, avec une insistance croissante, la rumeur inquiétante du plongeon des courbes.

Normalien, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Est-Créteil, spécialiste d’anthropologie religieuse, Guillaume Cuchet a repris cette question en se fondant sur l’étonnante richesse des statistiques dont nous disposons.

Guillaume Cuchet a repris l’ensemble du dossier : il propose l’une des premières analyses de sociologie historique approfondie de cette grande rupture religieuse, identifie le rôle déclencheur de Vatican II dans ces évolutions et les situe dans le temps long de la déchristianisation et dans le contexte des évolutions démographiques, sociales et culturelles des décennies d’après-guerre.

Selon le normalien Cuchet, le concile de Vatican II a joué en France un rôle déclencheur dans le décrochage massif de la pratique et l’éloignement progressif des fidèles catholiques depuis le milieu des années 1960. C’est l’une des conclusions de cet essai.

Analysant avec rigueur les causes du retournement de ce qui avait été presque unanimement salué comme un « printemps de la foi », Guillaumet Cuchet pointe la révolution qui a fait renoncer l’Église à centrer sa prédication sur les fins dernières (le but de la vie, la mort, la résurrection, le salut) pour l’axer sur la tolérance, l’œcuménisme, et la liberté religieuse comme autant de signes de sa réconciliation avec la modernité. Mais en cessant de se présenter comme l’arche qui permet de conduire les âmes au Salut éternel, en se redéfinissant comme une communion chargée d’annoncer au monde la Miséricorde de Dieu et le Salut pour tous, elle sapait à la fois les notions de Péché, de Jugement, de Purgatoire et d’Enfer. [Voir les manuels d’ECR où ces notions sont absentes [PDF], à dessein selon le Bureau d’approbation du matériel didactique.]

À terme, cette attitude sapait l’idée même que l’Église puisse définir des dogmes devant lesquels s’incline la raison de chacun, puisse imposer des obligations morales qui entravent la liberté de comportement (la « licence »). Quelle valeur pouvait, dès lors, conserver ses enseignements et sa prétention à guider les consciences si chaque homme était invité à prendre pour guide sa propre conscience ? Pourquoi continuer à observer des commandements si le Salut éternel était assuré quoi qu’il en soit à tous les hommes ?

Guillaume Cuchet pour son livre « Comment notre monde a cessé d’être chrétien. Anatomie d’un effondrement » (Seuil) et Christophe Dickès pour son livre « Le Vatican. Vérités et légendes » (Perrin)
Extraits d’un entretien dans le Figaro

Le Figaro. — Vous dites que Vatican II a été le « déclencheur » de l’effondrement de la pratique. Pourquoi ?

Guillaume Cuchet. — Je suis reparti des constats faits à l’époque par le chanoine Boulard qui était le grand spécialiste de ces questions dans l’Église. Les courbes plongent brutalement autour de 1965, l’Église perdant du quart au tiers des pratiquants du début des années 1960 (des jeunes surtout) en deux ans. Il faut bien qu’il y ait eu un événement derrière une telle rupture et on ne voit pas bien quel autre que le concile pourrait avoir joué ce rôle-là. Mai 1968 a amplifié une vague qu’il n’a pas créée. On a eu longtemps du mal à en convenir dans l’Église parce qu’on avait peur, ce faisant, d’apporter de l’eau au moulin des adversaires du concile qui ont depuis longtemps planté leur drapeau noir sur cette fâcheuse « coïncidence ». Ma thèse est que le concile a non pas provoqué la rupture au sens où elle aurait pu ne pas avoir lieu sans lui, puisqu’elle a eu lieu dans les pays protestants et qu’elle procède de causes socioculturelles plus larges, mais qu’il l’a déclenchée tout en lui donnant une intensité particulière.

Toute la question — mais combien complexe — est de savoir ce qui dans le concile (dans ses textes, leur interprétation, la manière dont ils ont été appliqués, ses effets indirects) a pu jouer un tel rôle. La réforme liturgique, adoptée dès décembre 1963, a un peu obsédé la discussion. Elle a masqué à mon avis un changement plus décisif intervenu dans le sens même de la pratique : la sortie brutale de la culture de la pratique obligatoire sous peine de péché grave longtemps très insistante en catholicisme.

Le Figaro. — Dans la « carte Boulard » présentant une photographie de la France chrétienne, avant l’effondrement, on voit des disparités géographiques très importantes. À quoi sont-elles dues ?

Guillaume Cuchet. — La première édition de la Carte religieuse de la France rurale date de 1947. C’est un des documents les plus fascinants de l’histoire de France. Elle montre à la fois l’ampleur des contrastes religieux régionaux (sans équivalent ailleurs en Europe) et une géographie d’ensemble de la France chrétienne très singulière. Un même dimanche des années 1950, la pratique pouvait varier de 100 % dans un bourg du nord de la Vendée à 0 % dans le Limousin. En quelques kilomètres on pouvait changer de monde religieux.


Annette Wieviorka (aux questions intéressantses mais à la diction saccadée) 
reçoit Guillaume Cuchet sur RCJ

La France chrétienne recouvrait tout l’Ouest, le Nord, l’Est lorrain, alsacien, vosgien, le Jura, le Nord des Alpes, tout le rebord Sud-Est du Massif central (de la Haute-Loire au Tarn ou à l’Aveyron), le Pays basque et le Béarn. Inversement, une « diagonale du vide » courait des Ardennes au Sud-Ouest en passant par tout le Bassin parisien et l’Ouest du Massif central, avec des prolongements dans la vallée du Rhône, le Languedoc, la Provence. Cette carte est née pendant la Révolution française. Les pays qui ont accepté la politique religieuse de la Révolution sont généralement devenus les « mauvais » pays religieux des XIXe et XXe siècles, et vice versa.

Le Figaro. — Cette carte est-elle toujours d’actualité ?

Guillaume Cuchet. — Elle n’a pas totalement disparu, mais elle n’existe plus vraiment comme carte de la pratique et des croyances, plutôt comme carte culturelle et anthropologique. Par exemple dans la carte des dons du sang en France, ce qui n’est pas tout à fait anodin symboliquement.

Le Figaro. — Tout un discours dans l’Église au moment de ce tournant a été de dire que la qualité finirait par l’emporter sur la quantité, et que c’en était fini d’un christianisme « sociologique ». Quels ont été les effets de ce discours ?

Guillaume Cuchet. — On doit cette expression de catholicisme « sociologique » à Gabriel Le Bras, qui a fondé la sociologie religieuse dans les années 1930. Le fait que le catholicisme, censé procéder de convictions intimes, avait une sociologie et une géographie particulières stables dans la longue durée, montrait l’importance des facteurs collectifs dans le maintien ou la perte de la foi. Le Bras n’était pas très optimiste sur la teneur en christianisme « réel » du catholicisme de nombre de ses contemporains. Le décrochage des courbes dans les années 1960 a souvent été interprété comme le résultat d’une sorte d’opération-vérité terme de laquelle ne seraient plus restés dans l’Église que les fidèles vraiment convaincus. Vérité historique ou philosophie de la misère ?

C’est bien difficile à dire, mais l’historien note qu’en France, depuis les lendemains de la Révolution, chaque génération de catholiques a eu plus ou moins le sentiment d’être la première à avoir une foi vraiment personnelle ! En réalité, c’est le concept même de religion « sociologique » qui est problématique. Les catholiques d’aujourd’hui, qu’on ne soupçonnera pas de l’être par pur conformisme social, ne sont-ils pas eux aussi pour la plupart les enfants d’une certaine « sociologie », s’il faut entendre par là les efforts accomplis par leurs parents pour leur transmettre la foi ?


Comment notre monde a cessé d’être chrétien
de Guillaume Cuchet
paru au Seuil
à Paris
le 1er février 2018
288 pages
ISBN-10 : 2 021 021 297
ISBN-13 : 978-2021021295
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Pour une école libre au Québec:samedi 21 avril 2018- Religion:baisse de la fréquentation de la messe sous le pape François, stabilité chez les protestants

samedi 21 avril 2018

Religion — baisse de la fréquentation de la messe sous le pape François, stabilité chez les protestants

De 2014 à 2017, en moyenne 39 % des catholiques états-uniens ont déclaré avoir fréquenté l’église au cours des sept derniers jours.

Il s’agit d’une baisse par rapport à une fréquentation moyenne de 45 % de 2005 à 2008 et de 75 % en 1955.

En revanche, les 45 % de protestants américains qui ont déclaré une présence à l’église chaque semaine de 2014 à 2017 sont essentiellement les mêmes que ceux d’il y a dix ans. Ils épousent en grande partie la tendance à long terme pour ces dénominations religieuses.

Au milieu des années 2000, le nombre de fidèles catholiques hebdomadaires s’était stabilisé à 45 % après avoir chuté de manière considérable à partir du Concile Vatican II (1962-1965) et de ses conséquences tumultueuses. Voir à ce sujet l’excellent livre de Guillaume Cuchet.

La première grande chute de la fréquentation de la messe (dans l’histoire récente) de la part des catholiques a eu lieu de 1950 à 1970 quand le pourcentage des catholiques qui déclaraient avoir assisté à la messe cours des sept derniers jours a chuté de plus de 20 points de pourcentage. Cette fréquentation a ensuite diminué en moyenne de quatre points par décennie jusqu’au milieu des années 1990 avant de se stabiliser jusqu’au milieu des années 2000. Depuis lors, la tendance à la baisse a repris, le pourcentage de « messalisants » ayant chuté de six points au cours de la dernière décennie.

Gallup ne fournit pas un décompte exact d’une année à l’autre, par conséquent, la période 2005-2008 sélectionnée pour l’enquête (46 % de messalisants) correspond aux quatre premières années de la papauté de Benoît et la période 2014-2017 (39 % de messalisants) coïncide au début du pontificat de François (le pape François est devenu pape en 2013). L’Office central des statistiques du Vatican a publié un rapport l’année dernière dans lequel il a constaté que les vocations au sacerdoce ont poursuivi leur tendance à la baisse depuis 2012. Le déclin s’est accéléré sous le pontificat du pape François. Le nombre total de séminaristes dans le monde a chuté de 118 251 en 2013 à 116 843 en 2015.

Cette analyse est basée sur plusieurs enquêtes Gallup menées vers le milieu de chaque décennie des années 1950 à nos jours. Les données pour chaque période fournissent une taille d’échantillon suffisante pour examiner la fréquentation des églises chez les protestants et les catholiques, les deux plus grands groupes religieux du pays, ainsi que les tendances selon l’âge au sein de ces groupes. La taille des échantillons n’est pas suffisante pour permettre l’analyse de dénominations protestantes spécifiques ou de religions non chrétiennes.

plus de la moitié des catholiques les plus âgés ne vont désormais plus à la messe hebdomadaire

En 1955, les catholiques pratiquants de tous les groupes d’âge ont largement respecté l’obligation de masse hebdomadaire de leur foi. À cette époque, environ trois catholiques sur quatre, quel que soit leur âge, ont déclaré avoir été à l’église la semaine d’avant. Cette fréquentation a brusquement chuté dans les années 1960, alors que les jeunes catholiques sont devenus de moins en moins susceptibles d’y assister. La baisse s’est accélérée au cours des années 1970 et s’est poursuivie à un rythme plus lent depuis lors.

Pendant ce temps, depuis 1955, il y a eu aussi un déclin lent, mais régulier de la fréquentation régulière des églises chez les catholiques plus âgés. Cela inclut des déclins de 10 points ou plus au cours de la dernière décennie parmi les catholiques âgés de 50 ans et plus, menant à la situation actuelle où plus de 49 % des catholiques dans toutes les catégories d’âge déclarent aller à l’église la semaine dernière.

La seule augmentation de la fréquentation hebdomadaire à la messe est venue des catholiques américains âgés de 30 à 39 ans, qui ont augmenté de trois points de pourcentage, passant de 40 à 43 %. Le groupe des jeunes adultes âgés de 21 à 29 ans a connu une légère hausse de la fréquentation hebdomadaire de Benoît XVI de 2005 à 2008, à 29 %. Mais cela a ensuite chuté sous le pape François entre 2014-17 à 25 %. Le taux actuel de fréquentation hebdomadaire des églises chez les protestants et les catholiques est similaire à la plupart des groupes d’âge, selon l’enquête, à l’exception de ce groupe démographique de 21 à 29 ans. Les protestants du segment des jeunes adultes sont plus susceptibles que les jeunes adultes catholiques (25 %) de dire qu’ils ont fréquenté l’église au cours des sept derniers jours (36 %). Cette baisse de la fréquentation de masse chez les jeunes adultes catholiques et la disparité entre leur taux de fréquentation et celui de leurs homologues protestants vient alors que François est en train de convoquer un synode de la jeunesse.

Pour maintenir la cohérence avec les sondages Gallup antérieurs lorsque la population de l’échantillon était âgée de 21 ans et plus, cette analyse définit le groupe d’âge le plus jeune comme les personnes de 21 à 29 ans plutôt que la tranche d’âge de 18 à 29 ans.

La fréquentation hebdomadaire du temple se maintient chez les protestants de tous âges

La fréquentation des temples protestants américains n’était pas aussi élevée que celle des églises catholiques dans les années 1950 — mais elle n’a pas diminué avec le temps. La fréquentation des églises protestantes a diminué dans les années 1960 et 1970 chez les 21 à 29 ans, mais elle a depuis rebondi. Parmi les personnes de 60 ans et plus, la fréquentation hebdomadaire a augmenté de huit points depuis les années 1950.

Actuellement, le taux de fréquentation hebdomadaire des églises chez les protestants et les catholiques est similaire pour la plupart des tranches d’âge.

Les protestants (36 %) sont plus susceptibles que les catholiques (25 %) de dire qu’ils y ont participé à un culte religieux au cours des sept derniers jours.

L’immigration diminue la part des protestants

Bien que le taux auquel les protestants vont à l’église ait tenu bon au cours des six dernières décennies, le pourcentage d’Américains se disant protestants a fortement diminué, passant de 71 % en 1955 à 47 % au milieu de 2010. Si en 1955, 89 % des Américains étaient blancs, ils n’étaient plus que 64 % en 2019 à se dire blancs non hispaniques (ce chiffre est de 61 % en 2016).

Depuis 1999, la définition des protestants par Gallup inclut ceux qui utilisent le terme générique « Chrétien » ainsi que ceux qui se disent protestants ou qui nomment une foi protestante spécifique.

En revanche, alors que l’Église catholique a connu une baisse de fréquentation aux États — Unis, le pourcentage global de catholiques s’est maintenu assez régulièrement — en très grande partie à cause de la croissance de la population hispanique américaine.

Vingt-deux pour cent des adultes américains s’identifient aujourd’hui comme catholiques alors qu’ils étaient 24 % en 1955.

Signe troublant pour ces deux confessions religieuses : les jeunes adultes, en particulier ceux âgés de 21 à 29 ans, sont moins susceptibles que les adultes plus âgés de s’identifier comme protestants ou catholiques. C’est en partie parce que plus de jeunes s’identifient comme « autres » ou avec d’autres religions non chrétiennes, mais surtout en raison de la grande proportion — 33 % — qui se dit « sans religion ».

Bilan

Il est révélateur de noter que la fréquentation hebdomadaire de la messe baisse alors que la fréquentation au culte protestant est restée globalement stable. Cet affaissement suggère que cette chute s’explique par des problèmes confessionnels propres aux catholiques plutôt que des changements sociétaux plus larges qui toucheraient toutes les confessions. Il serait probablement injuste d’attribuer tout le déclin de la fréquentation de la messe catholique au seul effet François, bien que l’on sache que plus une église est progressiste moins elle semble attirer de fidèles (il est plus facile de regarder la télévision et sa religiosité progressiste faite d’écologisme, de droit-de-l’hommiste, de féminisme exacerbé et d’immigration illimitée).

Source : Gallup
Pas de prière chrétienne dans ce manuel ECR,
mais bien une à un esprit amérindien
créateur et protecteur de la Terre

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Pour une école libre au Québec:Religion — retour ou retournement ?

Pour une école libre au Québec


Religion — retour ou retournement ?

Posted: 19 Jun 2018 10:36 PM PDT

Rémi Brague est interrogé dans La Revue des deux mondes sur le retour du religieux. Extrait. Rémi Brague est membre de l’Académie des sciences morales et politiques, il a enseigné la philosophie à la Sorbonne et à l’université de Munich.


Revue des Deux Mondes –
Il y a trente ans, écrivez-vous au début de votre récent livre, Sur la religion, dans les dîners, on parlait politique ; si quelqu’un parlait religion, cela faisait sourire. Aujourd’hui, c’est le contraire : la religion est redevenue un sujet préoccupant ; on enregistre une certaine lassitude quand on parle politique ou économie. Comment expliquez-vous ce retournement ?

Rémi Brague – Cette remarque n’est pas vraiment de moi, mais de Michel Serres. J’ai dû l’entendre sur une chaîne de radio. Lorsque, il y a trente ans, racontait-il, il voulait faire rigoler ses étudiants, il parlait de religion ; en revanche, lorsqu’on parlait politique, les fronts se plissaient, les bouches se contractaient et on hochait la tête doctement. Maintenant, c’est le contraire. Quand on parle de religion, fini de rire.

Pourquoi ce retournement ? Votre mot est juste, c’est plutôt un retournement qu’un retour. On parle du retour du 
religieux, or il n’est jamais parti ! Ce qui s’est 
passé, c’est un retour sur soi de la conscience de 
l’intelligentsia occidentale.

Comme l’a expliqué 
le sociologue autrichien devenu américain Peter Berger, les intellectuels occidentaux, pendant des années et des années, ont voyagé de campus sécularisé en campus sécularisé en empruntant des tuyaux étanches qui les ont empêchés de voir la montée fulgurante du protestantisme évangélique ou le réveil de l’hindouisme ultra-nationaliste et responsable de pogroms antichrétiens et antimusulmans en Inde.

Ils n’avaient pas vu non plus un phénomène tout récent : les aspects fort déplaisants que prend le bouddhisme dans la Birmanie actuelle. En réalité, il l’avait déjà pris pendant la guerre du Pacifique et avant, en Chine : des généraux japonais adeptes du zen se sont rendus coupables de certaines espiègleries de fort mauvais goût (bombardement de Chang-haï, prostitution obligée des Coréennes…).

Ces intellectuels n’ont pas vu non plus le réveil de l’islam, ce qu’on appelle l’islamisme pour éviter d’incriminer la totalité de la religion. Ce prétendu retour du religieux n’est donc pas vraiment un retour, mais plutôt un retour sur soi des intellectuels, qui comprennent enfin de manière douloureuse qu’ils se sont trompés sur toute la ligne.

Revue des Deux Mondes – En prenant le problème de haut, de façon presque planétaire, vous avez évidemment raison, mais si nous nous concentrons sur l’Europe et particulièrement sur la France, le diagnostic est-il le même ? Je suis frappé par le grand nombre d’ouvrages, dus aussi bien à des sociologues qu’à des théologiens, qui depuis trente ans paraissent toujours plus ou moins sous le titre : « Comment l’Europe a-t-elle cessé d’être chrétienne ? ». D’un côté le religieux n’est jamais parti, il ne cesse même de prendre de l’importance, et de l’autre les églises se vident. À en croire certaines enquêtes, la pratique religieuse en France serait tombée à 5 %. Comment les deux tendances s’articulent-elles ?

Rémi Brague – Ce sont des faits indéniables. Il est clair que le christianisme recule en Occident, peut-être également dans le reste du monde. J’ai entendu récemment quelqu’un dire qu’en Afrique, continent que bien des chrétiens considèrent comme l’eldorado de la foi, les choses n’allaient pas aussi bien qu’on le dit.

Il y a en effet ce livre récent de Guillaume Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être chrétien1. L’auteur a repris et inversé le titre de Paul Veyne,  Quand notre monde est devenu chrétien, et celui de Marie-Françoise Baslez, Comment notre monde est devenu chrétien, deux études qui expliquaient comment l’Occident était devenu chrétien à la fin de l’Empire romain.

Revue des Deux Mondes — Paul Veyne se concentre sur une trentaine d’années au IVe siècle et Guillaume Cuchet sur une trentaine d’années à la fin du XXe siècle. L’un étudie le début et l’autre la fin…

Rémi Brague — Exactement. Je crois que chez Guillaume Cuchet, la volonté de retourner le titre était parfaitement claire et peut-être s’en tient-il volontairement aussi aux mêmes limites chronologiques : trente ans, soit une génération.

On ne sait pas trop ce qui se passera à la génération suivante, peut-être que le mouvement va s’accélérer encore. Ce n’est pas impossible. Ce qui recule, c’est le christianisme. En revanche, il semble que certains bouddhismes ont fait une percée ; par ailleurs, la persistance de l’islam chez les jeunes immigrés est réelle, de même que la montée en puissance des haredim (les juifs ultra-orthodoxes) en Israël. Si celle-ci continue, ils sont appelés à former la majorité et à pousser à la marge les Achkénazes, quelque peu sécularisés ou seulement vaguement religieux.

Ces phénomènes sont difficiles à chiffrer, car il s’agit de religions encore minoritaires et leurs adhérents ne répondent pas toujours aux questions des sondeurs… à la différence des ex-chrétiens qui, eux, n’ont pas peur d’avouer leur incroyance.

[…]


1. Voir à ce sujet Religion — baisse de la fréquentation de la messe sous le pape François, stabilité chez les protestants et Vatican II, « déclencheur » de l’effondrement de la pratique catholique ? (M-à-j vidéos)

Voir aussi Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ?

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The economic collapse:Females Are Outperforming Males On Every Educational Level, And That Has Staggering Implications For The Future Of Our Society

Females Are Outperforming Males On Every Educational Level, And That Has Staggering Implications For The Future Of Our Society


Females Are Outperforming Males On Every Educational Level, And That Has Staggering Implications For The Future Of Our Society

Posted: 19 Jun 2018 10:10 PM PDT

It is an uncomfortable truth that most educators simply do not want to talk about.  Females are dramatically outperforming males on every educational level, and many are wondering what this means for our future.  If men do not feel a strong sense of purpose and meaning, they can get into trouble really quickly.  As I write this article, the vast majority of those that abuse drugs are men, the vast majority of those that commit violent crimes are men, and the vast majority of those that we put into prison are men.  I began researching this article by looking into the fact that the labor participation rate for men has been declining for decades, but our problems run much deeper than that.  Today, so many men feel lost.  Millions of them don’t have a sense of direction, millions of them don’t have anything that really drives or motivates them, and millions of them are deeply depressed and greatly dissatisfied with life.

For a lot of them, it started very early.  As Dr. Michael Thompson told CBS News, all across America girls are outperforming boys at every educational level…

“Girls outperform boys in elementary school, middle school, high school, and college, and graduate school,” says Dr. Michael Thompson, a school psychologist who writes about the academic problems of boys in his book, “Raising Cain.” He says that after decades of special attention, girls are soaring, while boys are stagnating.

“Girls are being told, ‘Go for it, you can do it. Go for it, you can do it.’ They are getting an immense amount of support,” he says. “Boys hear that the way to shine is athletically. And boys get a lot of mixed messages about what it means to be masculine and what it means to be a student. Does being a good student make you a real man? I don’t think so… It is not cool.”

Perhaps one of the big reasons why young males are so drawn to sports is because it allows them to do the sorts of things the come naturally to males.  Sporting events allow young males to engage in battle, to hunt and to conquer.  Yes, it is a simulated environment, but sporting events really do bring out something primal in young boys.

We all have natural tendencies, and it appears that modern forms of schooling are doing a much better job of connecting with females.  In fact, one extremely large study found that girls all over the world are substantially outperforming boys in the classroom

According to a recent study from University of New Brunswick in Canada, girls have been outperforming boys consistently through the years. It is a popular belief that boys perform better in subjects like Math and Science; however, a review of 308 studies involving more than 1.1 million children across the globe has challenged this stereotype. The study looked at data from 1914 to 2011 and the findings suggest that girls do better in school than boys in the classroom regardless of the material.

So it isn’t just in the United States that this is happening.

And it is a trend that does not seem to diminish with age.

Young women are dominating in high schools all over the nation, and at one high school in Massachusetts girls make up 70 to 80 percent of the students in advanced placement classes…

At graduation ceremonies last June at Hanover High School in Massachusetts, it was the ninth year in a row that a girl was on the podium as school valedictorian. Girls also took home nearly all the honors, including the science prize, says principal Peter Badalament.

“[Girls] tend to dominate the landscape academically right now,” he says, even in math and science.

The school’s advanced placement classes, which admit only the most qualified students, are often 70 percent to 80 percent girls. This includes calculus. And in AP biology, there was not a single boy.

I suppose the silver lining for young men is that if they really want to meet more girls they should just work really, really hard to get into those AP classes.

But the truth is that this is no joking matter.  At this point, higher education in the United States is totally dominated by women.  Just check out these numbers

Women earned approximately 57 percent of the bachelor’s degrees awarded by U.S. institutions of higher education in the 2016-2017 academic year, according to data released this week by the National Center for Education Statistics, which is part of the U.S. Department of Education.

That, according to NCES data, makes 2016-2017 the eighteenth straight academic year in which women have earned approximately 57 percent of the bachelor’s degrees awarded by U.S. colleges and universities.

Did you understand what that excerpt was saying?

Women have received about 57 percent of all bachelor’s degrees in this country for 18 years in a row.

Our future doctors, lawyers, politicians and societal leaders come from our pool of college graduates, and the numbers tell us that women are going to be dominating those fields for the foreseeable future.

So what will men be doing?

Well, in recent years more of them have been dropping out of the labor force than ever before.  The following comes from the New York Times

Among women, the share out of the labor force has fallen from 66 percent in 1950 to 43 percent today. That is not surprising in light of changing social norms and the greater career opportunities now open to women.

Men, however, exhibit the opposite long-term trend. In 1950, 14 percent of men were out of the labor force. Today, that figure stands at 31 percent.

For those of you that prefer graphics, here is a chart from the Federal Reserve that shows this staggering decline over the last several decades.  Please note that we are currently at a much lower level than we were at during the last major recession…

If men aren’t working, how are they supporting themselves?

For many, the social safety net provided by the government is an easy answer.  Here is more from the New York Times

One might wonder how these less educated, prime-age men support themselves after leaving the labor force. The social safety net plays a role. In a study for the Mercatus Center of George Mason University, Scott Winship reports that “75 percent of inactive prime-age men are in a household that received some form of government transfer payment.” Mr. Winship believes that government disability benefits in particular are one reason for the lack of interest in work.

For others, living with Mom and Dad for as long as possible is the solution.  Today, a staggering 38.4 percent of all Millennials live with their parents, and that number seems to keep going up with each passing year.

We live during an era of dramatic societal change, and many are concerned about where all of this change is taking us.

Yes, we need a society in which females can thrive, but we also need a society in which males can thrive as well, and right now that simply is not happening.

Michael Snyder is a nationally syndicated writer, media personality and political activist. He is the author of four books including The Beginning Of The End and Living A Life That Really Matters.

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Le Salon Beige:Lettre à Guillaume Goubert sur l’affaire Gaulmyn-une catholique pas très catholique?Même pas,une pauvre pétasse,ignare crasse et qui se veut « dans le vent comme une feuille morte »-et varia

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Chaque lundi, retrouvez le plus fort de l’actualité dans notre lettre hebdomadaire… et encore bien plus sur LeSalonBeige.fr – Contactez-nous – Nous aider

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J’ai peur pour Damoclès.

Madame, Monsieur,

Avez-vous lu mon appel à la résistance ?

Je vous invite vivement à le lire. J’insiste, car Damoclès risque d’être attaqué d’un moment à l’autre.

Pour la France !
Samuel Lafont et l’équipe Damoclès

PS. Nous avons déjà collecté 7 410 €, c’est déjà plus des 3/4 de la somme. Comme c’est urgent, j’ai déjà commencé à travailler avec l’avocat. Merci de tout ce que vous pourrez faire !

***

Madame, Monsieur,

J’ai peur pour Damoclès.

Depuis quelques mois, je constate autour de nous des associations et des personnalités « non politiquement correctes » en proie à des attaques et des intimidations : mises sur écoute, infiltrations, fausses rumeurs instillées aux proches et aux relations de travail…

J’aurais pu croire à un mauvais film d’espionnage, si je n’y avais reconnu les techniques immorales utilisées par nos adversaires.

Et je m’inquiète pour Damoclès qui commence à prendre une ampleur telle qu’elle commence à en gêner certains.

L’influence de Damoclès grandit

Comme vous le savez, Damoclès a déjà réussi à infléchir le discours du gouvernement, notamment sur le retour des djihadistes. Cela s’est fait progressivement au fil des mois depuis novembre 2017 ; mais le changement est réel et impressionnant.

J’avais, au nom de Damoclès, envoyé une lettre au président de la République, qui a botté en touche. Son chef de cabinet s’est quand même fendu d’une réponse de deux pages.
Pour le moment, je ne pense pas que nous les gênions suffisamment pour qu’ils cherchent à nous nuire au point de nous attaquer en justice.
Nous veillons à rester dans les clous de la loi. Aussi, ils optent pour l’indifférence feinte et se contentent de suivre le vent.

En effet, les sondages montrent que l’opinion publique est largement avec nous sur le sujet des djihadistes, sur l’expulsion des étrangers fichés S et sur l’implantation guerrière des mosquées…
Là aussi, nous avons largement initié le mouvement — et je dois vous dire que ce n’était pas du tout gagné d’avance.

Heureusement, nos experts Alexandre Del Valle et Alain Marsaud n’y vont pas de main morte. Ils pilonnent nos adversaires qui font tout pour cacher la menace islamique.
Et ça paie !

Les médias à l’écoute

Nous plaçons de plus en plus nos propres mots dans les débats, repris par les médias classiques et par des personnalités en vue.

Par exemple, de plus en plus de journalistes hésitent maintenant à parler de « djihadistes français » au lieu de « djihadistes qui ont la nationalité française ».
L’ « immigration massive » est entrée les débats, y compris sur Mediapart qui tente de s’y opposer.
Les Français prennent conscience du caractère massif de l’immigration qui dure depuis des décennies et le terme devient incontournable.

Vous avez sans doute entendu parler de ces universités bloquées par quelques militants politiques ces dernières semaines. L’action d’information de Damoclès a également été décisive sur ce terrain-là :

  • Grâce à notre diffusion de vidéos filmées sur place, les méfaits de ces militants ont été mis à nu. De plus en plus de médias, y compris BFMTV, ont cessé de désigner ces militants comme de simples « étudiants » mais parlent désormais de l’action de « syndicalistes politisés extérieurs à l’université » et de « militants d’extrême-gauche ».
  • Le journaliste politique Jean-Michel Aphatie parle de « minorités agissantes » en citant un tweet de Damoclès, à propos des examens de l’Université de Nanterre supprimés à cause de quelques militants.
  • Nous avons réuni un vaste ensemble d’informations pour démontrer le coût astronomique des saccages qui ont lieu dans les universités bloquées : des millions d’euros à la charge des contribuables français. Il ne s’agissait pas de simples « occupations » de locaux, mais de « dégradations » avec l’inscription de « messages haineux » à but subversif et de « saccages » pour marquer les esprits.

Ce ne sont que quelques exemples, car les fronts sont nombreux.

La victoire par les mots

Cela pourrait vous sembler anodin, voire futile.
En réalité, les mots sont une arme redoutable, que les saboteurs de la France ont utilisée pendant des décennies.
Et aujourd’hui, c’est nous qui retournons leur arme contre eux !

Soyez en sûr : la guerre des idées et des mots doit être gagnée si nous voulons un changement politique pérenne ; si nous voulons sauver la France.

C’est pour cela que nous diffusons massivement les faits, rien que les faits, en les mettant simplement en exergue.

Par exemple, il fallait contrer la récupération politique de ces derniers jours par le pouvoir.
Vous avez probablement vu ou entendu parler de cette vidéo qui montre un migrant escalader un immeuble pour sauver un enfant et qui a eu droit à une avalanche d’honneurs présidentiels.
Au-delà de ce qu’on peut penser de cette action en elle-même, la récupération politicienne qui a suivi était tellement énorme que ça en devenait clownesque.

Alors, nous avons simplement publié une liste de 37 Français « héros du quotidien » (dont les actes ont été parfois plus spectaculaires et plus héroïques), à partir d’éléments sortis dans la presse locale qui n’avaient pas forcément fait beaucoup de bruit.
Les internautes ont tout de suite massivement réagi : dès que nous l’avons publiée, c’est parti comme une traînée de poudre !
En à peine une demi-journée, nous avons atteint plus de 20 000 partages sur les réseaux sociaux. Et ça continue… C’est spectaculaire !

Et vous êtes très nombreux à nous avoir remerciés chaleureusement. Car vous n’êtes pas dupes.

Nous ressortons également des citations d’adversaires, pour mettre à jour leurs propres contradictions. Qu’ils sont nombreux à retourner leur veste et à oser des sorties scandaleuses qui seraient pourtant passées inaperçues.

Alors, bien sûr, toutes ces opérations commencent à menacer le petit confort des profiteurs.
Et ils nous cherchent déjà des poux.

Il faut renforcer nos talons d’Achille

C’est pourquoi depuis quelques semaines, j’examine tous nos points faibles.

J’en ai identifié un qu’il faut renforcer de toute urgence : les boucliers juridiques de l’association (comme les statuts par exemple, et d’autres subtilités juridiques que nos adversaires pourraient utiliser pour ouvrir des brèches…).

Oh ! Bien sûr, si nous étions une association d’artistes contemporains, ou même simplement une amicale cycliste, l’état de nos protections actuelles conviendraient parfaitement.

Mais comme Damoclès prend une ampleur nationale, que nous enchaînons buzz sur buzz, et que nos coups portent l’estocade, nos adversaires vont tout faire pour nous couler le plus rapidement possible.

J’ai déjà sollicité un cabinet d’avocat, spécialisé dans les associations et organisations à but non lucratif. Je me suis bien renseigné : ce sont les meilleurs.

Seulement, l’expertise a un prix.
Pour blinder nos statuts, colmater toutes les brèches et assurer un suivi juridique, la facture va s’élever à 9000 €.

C’est nécessaire, mais aujourd’hui, nous ne pouvons pas le financer.
C’est pourquoi je vous appelle à l’aide.

Attention, je tiens à ce que vous vous sentiez tout à fait à l’aise face à cette demande.
Si je vous sollicite, c’est parce que je vous considère comme un sympathisant à la cause.
Mais sentez vous libre : vous pouvez tout à fait ne rien faire maintenant tout en continuant à nous soutenir moralement et en diffusant nos informations.

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Vous recevrez ensuite une confirmation et je vous tiendrai au courant personnellement de nos avancées.

Un grand merci pour votre générosité.

Pour la France !
Samuel Lafont et l’équipe Damoclès

PS. Franchement, si vous m’aviez dit il y a un an que notre association influencerait aussi rapidement les médias et même le gouvernement, j’aurais sans doute souri en vous prenant pour un doux rêveur.
Mais maintenant que les succès sont devant mes yeux, je dois bien admettre que nous y sommes arrivés !
Tout cela, c’est grâce à vous, olivier. Alors merci.
Aidez-nous à défendre ce que vous et moi, et tous les membres de Damoclès, avons bâti en si peu de temps. Aidez-nous à continuer le combat, en protégeant nos arrières.
S’il vous plaît, faites un don en cliquant ici.

Damoclès — 2018
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