Pour une école libre au Québec :Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ?

vendredi 14 décembre 2012

Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ?

Les nouveaux athées comme Dawkins et Hitchens ont convaincu de nombreux intellectuels occidentaux que l’athéisme — ou sa version plus douce la « laïcité » agnostique — représente le sens de l’Histoire. Mais la plupart des gens ne lisent pas les livres de ces auteurs avant de décider d’être religieux. Ils héritent plutôt leur foi de leurs parents. Pour Eric Kaufmann, un professeur de l’Université de Birkbeck de Londres, ce que personne ne semble avoir remarqué c’est que loin de diminuer, la proportion de croyants dans le monde augmente. D’ailleurs, plus ils sont religieux, plus ils ont d’enfants. Pour le professeur londonien, l’effet cumulatif de l’immigration en provenance de pays religieux et la fécondité des croyants inversera le processus de sécularisation en Occident. Non seulement la religion finira par triompher de l’irréligion, mais ce sont les croyants les plus convaincus qui ont les plus grandes familles. L’effet de cette différence dans la natalité des groupes en présence aura plus d’effet en Occident que dans le Tiers-Monde puisque celui-ci est plus généralement homogène et religieux. C’est là la thèse du dernier livre d’Eric Kaufmann au titre quelque peu provocateur : Les Religieux hériteront-ils de la Terre ? (Shall the Religious Inherit the Earth?)

Contraction démographique à venir

Le monde connaît un changement démographique sans précédent. L’Europe montre la voie, mais l’Asie de l’Est vieillit plus rapidement que celle-ci et pourrait bientôt être plus vieille, alors que d’autres régions du monde — en particulier l’Inde, l’Asie du Sud et l’Amérique latine — empruntent le même chemin. Ces bouleversements sont imputables à une prospérité croissante, à l’éducation des femmes (enfin une certaine éducation), à l’urbanisation et à la régulation des naissances.

Le taux de fécondité en Occident — c’est-à-dire le nombre moyen d’enfants qu’une femme a durant sa vie — est inférieur au seuil de remplacement depuis près de quarante ans. La seule exception importante est les États-Unis. En conséquence, la population autochtone a commencé à baisser en termes absolus – un déclin qui va s’accélérer dans les années à venir. L’indice de fécondité mondiale devrait passer sous le taux de remplacement vers 2040. La population mondiale, elle, commencerait à diminuer quelques décennies plus tard, de plus en plus rapidement. Seuls les États-Unis maintiennent encore une natalité saine, mais celle-ci s’explique par une fécondité importante des Latinos et le fait que les États-Unis sont encore une société religieuse quand on la compare à l’Europe ou au Québec.

L’importance numérique de l’Occident laïque dans le monde est en plein déclin. Alors que 35 % de la population mondiale en 1900 étaient d’origine européenne (en Europe, en Russie, en Amérique), la population de l’Occident (qui comprend désormais de nombreux immigrés) ne représente plus que 17 % de la population mondiale. Elle devrait atteindre 10 % vers 2050.

Eric Kaufmann cite l’anthropologue Scott Atran qui rappelle qu’aucune civilisation n’a survécu sans une certaine forme de religion pendant plus de deux générations. Ceux qui prédisent que la religion disparaîtra vaincue par les Lumières qu’ils incarnent (bien sûr) devraient se pencher sur les faits. En chiffres bruts, le monde devient plus religieux de par l’effondrement démographique relatif de l’Occident. Qui aurait également cru il y a soixante ans alors que les juifs ultra-orthodoxes disparaissaient virtuellement en Europe où ils étaient les plus nombreux qu’ils deviendraient si importants en Israël et même ailleurs en Occident ?


« Faites l’amour, pas la guerre »

Le slogan des soixante-huitards « faites l’amour, pas la guerre » aurait pu être inventé par des huttérites, des chrétiens anabaptistes conservateurs communautaristes et pacifistes établis aux États-Unis et au Canada. Ils n’étaient plus que 400 quand, à la fin du XIXe siècle, ils ont émigré de Russie vers le Dakota. Depuis, la plupart se trouvent au Canada. Ils sont près de 50.000 aujourd’hui alors que bien peu de gens se convertissent à leur doctrine et à leur mode de vie : originaire du Sud de l’espace germanique les huttérites parlent une forme archaïque d’un dialecte proche du bavarois, vivent en pleine campagne et ne cherchent pas vraiment à convertir, bien que deux missions aient été établies dans le passé : une au Nigéria qui semble survivre et l’autre au Japon moribonde. Aujourd’hui, les huttérites représenteraient autour de 8 % de la population agricole des Prairies canadiennes.

Les mormons, les amish, les juifs orthodoxes, les évangéliques

Les huttérites (on dit aussi huttériens) ne sont pas les seuls à avoir connu une telle croissance. Si les mormons continuent de croître de 40 % tous les dix ans, en grande partie grâce à un taux de natalité élevé, ils pourraient bien être 63 millions en 2080 comme l’avait prédit Rodney Stark en 1984. Les mormons ont atteint 14 millions de membres en 2010, un peu avant la date prévue par Stark.

Les chrétiens évangéliques représentent aujourd’hui les deux tiers des protes­tants blancs  amé­ricains, les protestants historiques (luthériens, anglicans, métho­distes, calvi­nistes, presby­tériens, uni­tariens) voient leur nombre s’effondrer. Les juifs ultra-orthodoxes constituent 17 % du judaïsme britannique, mais 75 % des enfants juifs naissent dans des familles ultra-orthodoxes. Dans la région montréalaise, les hassidim (les « pieux ») sont arrivés en très petit nombre à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, selon une étude récente citée par Julien Bauer dans Les Communautés juives de Montréal, la population juive ultra-orthodoxe est estimée à 18 450 individus. La population « pieuse » double tous les quinze ans grâce à un taux de natalité très important : les familles de cinq à six enfants sont la norme. Si la tendance se maintient, la population hassidim dans la région montréalaise devrait s’élever à 49 000 en 2030. Entretemps, la population totale juive à Montréal comprenant donc les juifs moins conservateurs ne cesse de décroître et de vieillir : de 103.765 en 1981, elle est passée à 92.970 en 2001.

Partout en Occident, le taux de fécondité des conservateurs religieux dépasse de loin celui des non-croyants, tant et si bien que la laïcité libérale moderne serait en danger pour Eric Kaufmann.

Naguère, on considérait comme allant de soi que, un peu comme la démocratie libérale représentait la fin de l’histoire, elle représentait aussi la fin de la religion. Une fois les gens devenus riches, instruits et sexuellement libérés, ils abandonneraient leurs croyances irrationnelles et autres balivernes.

Le christianisme a connu un déclin constant à partir du milieu du XIXe siècle, mais il a fallu attendre les années 1960 pour que les sociétés européennes abandonnent leurs comportements sexuels traditionnels et que la natalité s’effondre.

Mais si ce que Kaufmann dit se vérifie — et les données démographiques semblent lui donner raison — alors la pilule contraceptive n’aura pas tant libérer les sociétés laïques européennes, mais elle aura plutôt été sa tablette de cyanure

Cette baisse de natalité affecte toutes les populations en Occident, y compris les immigrants. Le facteur ethnique n’est pas déterminant, c’est la religiosité, le fondamentalisme si l’on veut parler en terme de laïques. Selon Kaufmann, l’Europe ne sera donc jamais totalement islamisée, bien que sa prévision de 20 à 25 % de musulmans en Europe sera mal vécue pour d’aucuns. La mauvaise nouvelle (pour certains), c’est que l’Europe va devenir plus protestante évangélique et, par le même effet, plus fondamentaliste musulman. Quant à Israël les ultra-orthodoxes devraient y devenir majoritaires à partir du milieu de ce siècle, au plus tard à la fin de ce siècle.

Proportion des élèves juifs ultra-orthodoxes
et arabes israëliens dans les écoles primaires israéliennes
(prévisions de 2010)

Raidissement prévisible des « progressistes »

Les nouveaux athées se rassurent à l’idée que le nombre de personnes religieuses continuera de baisser. Les chiffres ne leur donnent pas raison. Il est vrai que les croyants progressistes continuent de passer à l’athéisme à un taux qui alarme les églises catholique, anglicane et méthodiste et les synagogues réformées. Pour Kaufmann, une fois que les religions commencent à accepter la laïcité, le seul rationalisme et une distance envers ses croyances (comme le requiert le programme ECR au Québec, au passage) leurs jeunes aboutissent assez vite à la conclusion logique du doute : l’incrédulité.

Les formes religieuses les plus conservatrices n’ont pas ce problème. Seuls 5 % des amish les plus traditionnels abandonnent leur foi. Le taux de natalité des communautés amish est deux à trois fois supérieur à celui des États-Unis, elles peuvent donc facilement se permettre de perdre un membre sur 20. Les amish étaient 5.000 au début du XXe siècle, ils sont aujourd’hui un quart de million aux États-Unis. Leur taux d’attrition a été bien supérieur par le passé. Steven Nolt estime qu’environ 500 amish émigrèrent en Pennsylvanie pendant tout le XVIIIe siècle. L’immigration européenne amish s’est ensuite tarie. La plupart des amish de l’époque avaient déjà de grandes familles. Mais, le taux d’attrition était tel que vers 1800 il ne restait plus que 1.000 amish aux États-Unis.
Alors que des gens comme Richard Dawkins distillent leur fiel contre le christianisme traditionnel, les fondamentalistes échappent, pour leur part, en grande partie à ces attaques : ils ne lisent pas ses livres. Entretemps, ils ne font que se renforcer alors que les membres les plus convaincus des grandes Églises historiques les rejoignent. Les religions qui survivront seront devenues plus conservatrices. Un effet peut-être paradoxal, mais qui devrait être évident pour les adeptes de la théorie de la sélection naturelle chère aux nouveaux athées, comme Dawkins, un théoricien de l’évolution.
Dieu seul sait ce qu’il adviendra de l’Église anglicane au XXIe siècle alors qu’elle est menacée de schismes, que des paroisses entières rejoignent l’Église catholique et que, dans certaines contrées, comme le Québec, elle pourrait disparaître complètement. En effet, le diocèse du Québec de l’Église anglicane comprend 82 assemblées, dont 50 sans enfants, et dans 35 paroisses l’âge moyen est de 75 ans.
S’il est fort possible que l’Église catholique en Occident se contracte malgré l’afflux d’immigrants catholiques, elle sera également plus militante et déterminée. Elle continuera d’exister en marge d’une société occidentale dominée culturellement par des athées, le plus souvent gouvernée par une gauche laïque de plus en plus intolérante.
Ces sentiments profondément antireligieux se renforceront au fur et à mesure que les changements démographiques prévus par Kaufmann s’esquisseront. Déjà, on voit poindre cette rigidité. L’État renforce sa mainmise sur les enfants en interdisant l’école à la maison dans des pays comme l’Allemagne et la Suède. En Allemagne, cette sévérité vise au premier chef des évangéliques ou baptistes chrétiens aux nombreux enfants et aux mœurs conservatrices. Ailleurs, l’État élimine le choix dans la formation morale et religieuse et impose un seul programme afin de gérer ce qu’il considère être du fondamentalisme, de l’intégrisme, bref des gens qui prennent leur religion au sérieux. C’est également le cas au Québec. La natalité y est très basse, l’immigration importante, ces immigrants d’ailleurs souvent chrétiens sont plus religieux que les naturels du pays. Les opposants chrétiens au controversé cours d’ECR sont donc qualifiés de « catholiques parmi les plus intégristes » lors d’un bulletin de nouvelles de Radio-Canada, un bastion du progressisme laïque, et de « fanatiques » par l’inénarrable Raymond Gravel, un « prêtre progressiste » qui poursuit pour un demi-million de dollars des catholiques conservateurs. Sans doute avait-il à l’esprit l’évangélique « tend l’autre joue » quand il a entamé sa poursuite.
Mais il ne s’agit que de prémices. Cette ardeur antireligieuse sera sans doute exacerbée quand l’influence croissante des croyants conservateurs se fera plus sentir, par exemple, celles des évangéliques chrétiens sur le Parti conservateur britannique.
La fécondité comme signe de reconnaissance pour les vrais croyants
On pourrait croire que ces mouvements conservateurs ne sont pas nécessairement liés à une haute natalité. Or, pour ces conservateurs, aujourd’hui c’est un signe de reconnaissance qui permet de distinguer les vrais croyants des relapses qui retombent dans la société laïque contemporaine, le siècle hédoniste.  Plus une communauté comme les mennonites libéraux a une faible natalité, plus elle cherche à grandir par l’évangélisation et plus elle se conforme au monde extérieur, au protestantisme établi. Protestantisme libéral qui n’est souvent que l’antichambre de l’indifférence, puis de l’agnosticisme. L’exemple le plus frappant est la communauté mennonite hollandaise (les Doopsgezinden) : ils ont été les premiers à célébrer des mariages homosexuels aux Pays-Bas, ils ont un des taux les plus hauts de femmes ministres du culte, ils sont aussi une des plus petites communautés mennonites au monde (8 000 membres) et en plein déclin. À l’inverse, une des communautés avec la population la plus jeune au Canada est celle de La Crête sur la rivière de la Paix, dans le Nord-Est albertain. L’âge moyen y est de 23 ans, alors qu’il est de 37 ans au Canada. Dans les commerces, on y parle l’anglais et le bas allemand. La ville est principalement peuplée de mennonites rigoristes féconds, les Vieux Colons. [On les nomme ainsi parce que leurs ancêtres proviennent de la première colonie mennonite en Ukraine (la Chortitza) fondée en 1789 et non de la nouvelle sur la Molotchna, établie en 1803. Ils étaient en général moins éduqués que ceux de la nouvelle colonie.]
Protestants et Plein Carquois 
Il ne faut pas croire non plus que ce conservatisme extrêmement fécond se limite aux seuls mouve­ments conser­vateurs anabap­tistes et hassidim, des exemples exotiques et relativement peu nombreux.

Chris & Wendy Jeub et une partie de leur carquois (14 enfants sur 16)
« Heureux le père garnissant
De telles flèches son carquois !
Ces parents-là auront de quoi
Faire face aux plus menaçants.
Au jugement de la cité
Leur famille peut résister. »

Psaume 127,
Version rimée de Théodore de Bèze

Il existe un important mouvement évangélique récent à dessein nataliste : le Plein Carquois (Quiverfull). Le terme est tiré du psaume 127 qui identifie une famille nombreuse à un plein carquois qui la protège.  Ce mouvement a bien assimilé ce que révélait une étude universitaire portant sur 83 communes américaines formées au XIXe siècle, dont une trentaine de religieuses. Sur ces 83 communes, les huttérites étaient le seul groupe à avoir survécu jusqu’à aujourd’hui. Selon Kaufmann, un taux élevé de fécondité était une des principales raisons du succès huttérite.
En Europe, les quelque 100.000 luthériens conservateurs laestadiens de Finlande et le million de calvinistes orthodoxes des Pays-Bas ont résisté à la sécularisation.
Ces sectes endogames à haute fertilité commencent à avoir un impact : il y a maintenant plus de calvinistes orthodoxes pratiquants que de calvinistes libéraux, l’Église réformée hollandaise, dont les paroissiens étaient à une époque six fois plus nombreux que les membres plus rigoristes. Les autres conservateurs ont retenu la leçon : « Reproduisons-nous plus vite que les mormons », exhorte Russell Moore, doyen de la Faculté de théologie au séminaire baptiste du Sud à Louisville au Kentucky. Le mouvement du Plein Carquois, comme les laestadiens, adopte une fécondité naturelle et refuse toute contraception. Il a désormais attiré l’attention des plus grands intellectuels fondamentalistes américains : « La stratégie probablement la plus efficace que nous puissions entreprendre », soutient le théologien conservateur David Bentley Hart, en est « une d’une fécondité militante : abondante, implacable, exubérante et provocante ». Le théologien Gary North ajoute que l’endogamie des ultra-orthodoxes juifs est le modèle que les fondamentalistes protestants doivent adopter s’ils veulent survivre.
Allocution en anglais d’Eric Kaufmann sur la croissance des fondamentalismes
Les adhérents au Plein Carquois ne s’habillent pas de manière aussi distincte que les huttérites ou les juifs hassidim. Leurs vêtements ressemblent, au premier abord, à ceux de la société contemporaine.
Les membres du Plein Carquois gardent leurs distances avec le siècle, y compris la société évangélique traditionnelle en éduquant leurs enfants à la maison et en tenant même parfois leurs cultes à la maison. Ils lisent des livres, des cédéroms et des manuels approuvés par le mouvement. L’endogamie est assurée par l’idée que les jeunes hommes doivent s’adresser aux parents de la jeune fille qu’ils voudraient épouser. Un jeune homme ne sort jamais seul avec une jeune fille célibataire. Toutes les sorties et les activités sportives et cultuelles se font en groupe. Les familles au plein carquois ne sont pas aussi isolées que les juifs ultra-orthodoxes, les amish, voire les mormons de l’Utah. Mais il semble que les Pleins Carquois parviennent à émuler le taux de rétention des anabaptistes et des mormons. Animés d’un sens d’élection divine et d’une mission à accomplir, les enfants des Pleins Carquois ont été élevés à se méfier du siècle et même du milieu évangélique traditionnel. Mais les réseaux sociaux des Pleins Carquois recoupent assez le monde évangélique traditionnel pour qu’ils puissent attirer de nombreux nouveaux membres grâce à la conversion de ces évangéliques traditionnels.
Des églises peut-être d’abord plus petites, mais plus conservatrices
La pilule, la tablette de cyanure de l’Occident ?

L’Église catholique, plus petite et plus orthodoxe, possèdera un avantage inhérent : ce que les vieux Canadiens appelaient la « revanche des berceaux ». Beaucoup de catholiques conservateurs ont 3 ou 4 enfants – ce n’est pas un nombre énorme –, mais dans une société où les femmes athées ne donnent naissance qu’à environ un enfant, cet avantage peut se révéler très important au bout de quelques générations. En effet, huit athées ont une descendance d’un enfant au bout de trois générations, alors qu’avec 3,5 enfants par femme une famille conservatrice aura de plus de quarante arrière-petits-enfants. De 8 à 1 d’un côté, de 2 à 40 de l’autre. Cette différence est amplifiée par le fait que les catholiques conservateurs ont un taux de déperdition nettement moindre que leurs coreligionnaires progressistes.

Cette perspective n’est évidemment pas faite pour réjouir les « laïcistes » ou les progressistes. Plusieurs douteront de ces prédictions. Eric Kaufmann soutient cependant que ceci s’est déjà produit dans le christianisme primitif qui est passé d’une cinquantaine de disciples à six millions d’adeptes en trois siècles. Pour le professeur londonien, à l’instar de Rodney Stark, cette croissance fulgurante aurait moins été due à un haut fort taux de conversion qu’à un haut taux de natalité puisque les chrétiens ne pratiquaient ni la polygamie ni l’infanticide fréquents chez les païens. Aujourd’hui, nous considérons l’infanticide du monde antique comme une coutume barbare et incompréhensible, mais rien n’exclut que d’ici quelques siècles on pense de même de l’avortement moderne. Ce ne sera peut-être pas parce que les pro-vie auront remporté le débat philosophique, il aura peut-être suffi que l’avortement et la pilule aient suffisamment réduit les rangs des athées.
Maîtriser l’école et la transmission des valeurs
Pour que cela se produise, il faudra toutefois que les croyants maîtrisent la transmission de valeurs à leurs enfants. C’est ce que les groupes très conservateurs ont réussi à faire, le plus souvent en retirant leurs enfants de l’école publique et laïque. Car les chiffres sont éloquents. Selon une étude du Southern Baptist Council, 88 % des enfants de foyers protestants évangéliques éduqués à l’école publique quittent leur église à 18 ans pour ne jamais y revenir, alors que, selon la HSLDA, une organisation qui défend les parents éducateurs à la maison, près des trois quarts des enfants de chrétiens éduqués à la maison continuent d’aller à l’église une fois par semaine une fois majeurs. Ces conservateurs créent aussi des enclaves au sein desquelles leurs enfants grandissent. Leurs amis ont les mêmes convictions qu’eux; la pression conformiste séculière ne s’y ressent plus. Évidemment, les services sociaux de certains pays ne voient pas d’un bon œil ces enclaves, c’est la raison sous-jacente du rejet de l’instruction à la maison en Suède et en Allemagne. C’est également ce qui explique qu’un juge québécois, à la demande de la DPJ, ait forcé un bambin à aller la garderie « pour le socialiser ».
Pourquoi maintenant ?
On peut se demander pourquoi, tout à coup, la natalité des groupes conservateurs devrait leur donner un tel avantage et avoir un tel effet à l’avenir. Après tout, les amish ont toujours eu un haut taux de fécondité.
Pour Kaufmann, plusieurs facteurs militent désormais en faveur des conservateurs religieux.
  • D’abord, l’effondrement de la natalité des séculiers alors que la natalité devient un choix conscient. C’est ainsi que l’avantage de fécondité des femmes plus fondamentalistes (la Bible est la parole de Dieu) aux États-Unis sur les femmes modernistes (la Bible est simplement inspirée par Dieu, un récit) est passé de 15 % en 85, à 25 % en 2006. Les nombreuses femmes qui s’opposent à l’avortement et considèrent l’homosexualité comme un péché ont, quant à elles, près de 40 % plus d’enfants que les autres femmes dans la population.  Cela peut paraître peu, mais sur plusieurs générations la différence de fécondité peut avoir des conséquences importantes. Cette contraction dans la fécondité occidentale est principalement due à la disponibilité de la contraception, mais pas uniquement. Selon Philip Longman il existe d’autres causes : « Une fois qu’une société devient cosmopolite, trépidante, déborde d’idées nouvelles, de nouveaux peuples et de raffinements tout neufs … [le] sens de la lignée s’estompe ainsi que tout sentiment qu’il faut se reproduire ». [Personnellement, nous pensons que l’État-providence participe aussi à cette faible fécondité : pourquoi avoir des enfants ? Ils coûtent cher. Les enfants des autres paieront les pensions et autres dépenses sociales une fois à la retraite.]
  • Autre différence avec le passé, la mortalité infantile chez les conservateurs est désormais très faible grâce à la médecine moderne accessible partout alors que les enfants des « barbares » plus féconds que craignaient Polybe et Cicéron mouraient souvent en grand nombre.
  • Enfin, le siècle est devenu nettement moins attirant avec la fin des grandes idéologies laïques (tous les « ismes » chers à un Arcand désabusé dans Les Invasions barbares). Comme on l’a vu, le taux d’attrition des amish est aujourd’hui nettement moins grand qu’au XIXe siècle. Si le taux de rétention des amish nés avant 1945 était de 70 %, il n’a fait qu’augmenter depuis et, pour les jeunes nés entre 1966 et 1975, il est désormais de 85 %. C’est sans doute aussi dû à une distance plus grande entre le « siècle » et ces groupes fondamentalistes. Le monde extérieur s’éloigne de plus en plus des valeurs de ces groupes. Il n’est plus tant attrayant que repoussant ou même hostile. Même si le siècle venait à attirer des jeunes, le coût émotionnel du départ est devenu prohibitif : tout change, on perd tous ses amis, tout contact avec sa famille, la sécurité offerte par la communauté. Le jeune qui quitte les amish se retrouve seul dans une société individualiste qui a fort changé et s’est fort éloignée de la société américaine du début du XXe siècle qui partageait encore des valeurs et des coutumes avec les Amish. Il en va de même chez les protestants aux États-Unis, alors que 21 % des protestants conservateurs nés dans les années 1900 à 1909 passaient  aux églises plus libérales, cette proportion n’est plus que de 9 % pour les conservateurs nés de 1960 à 1973.
« On a commencé par être existentialistes. Sartre. Camus… —  On a lu Fanon et on est devenu anticolonialiste. — Après on a lu Marcuse et on est devenu marxistes… marxistes-léninistes,… trotskistes, … maoïstes…»
Le libéralisme peut-il agir sans contredire son essence ?

Pour ce qui est du Canada, Kaufmann a précisé dans une allocution qu’il ne sera pas épargné par ce regain de la religiosité, mais que la radicalisation due au différentiel de fécondité n’y était pas une perspective imminente, mais qu’on ne saurait en écarter la possibilité à plus long terme, c’est-à-dire vers 2050.

Des régimes totalitaires, comme le nazisme ou le communisme soviétique, pourraient sans doute forcer l’intégration des enfants des religieux dans la société « impie », mais pour Kaufman le libéralisme répugnera à prendre des mesures aussi draconiennes, car ce serait contredire l’essence même du libéralisme. Les sionistes en Israël tentent de séduire les jeunes juifs « pieux » en leur faisant miroiter les appas de l’intégration. Il n’est pas sûr qu’ils réussissent. Les juifs ultra-orthodoxes sont un cas extrême, même si leur poids deviendra déterminant dans la politique israélienne. Sur le long terme, le libéralisme devra pourtant relever le gant que les fondamentalistes leur ont jeté partout en Occident. Pour Kauffman, « nous sommes tous des sionistes aujourd’hui ».

Autre allocution (plus récente) d’Eric Kaufmann (en anglais), le début énumère ses titres et prix universitaires. Ensuite plus de détails sur l’impact de l’immigration en Europe.

Shall the Religious Inherit the Earth?
Demography and Politics in the Twenty-First Century
par Eric Kaufmann
chez Profile Books
en décembre 2010
356 pages
ISBN: 1846681502
Merci à Jonathan pour nous avoir indiqué cet ouvrage.

Voir aussi

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Pour une école libre au Québec:mercredi 18 avril 2018 :Vatican II, « déclencheur » de l’effondrement de la pratique catholique ?

mercredi 18 avril 2018

Vatican II, « déclencheur » de l’effondrement de la pratique catholique ? (M-à-j vidéos)

Dans un livre nourri de statistiques impressionnantes, Guillaume Cuchet (ci-contre) a fait une analyse minutieuse de l’effondrement du catholicisme en France.

Le recul du catholicisme en France et au Québec depuis les années 1960 est un des faits les plus marquants et pourtant les moins expliqués de notre histoire contemporaine. S’il reste la première religion des Français, le changement est spectaculaire : au milieu des années 1960, 94 % de la génération en France étaient baptisés et 25 % allaient à la messe tous les dimanches ; de nos jours, la pratique dominicale tourne autour de 2 % et les baptisés avant l’âge de 7 ans ne sont plus que 30 %. Comment a-t-on pu en arriver là ? De quand date la rupture ? Quelles en ont été les causes ? Ces questions hantent le monde catholique qui se retrouve perdu dans ses vêtements d’hier devenus trop amples et dont les différentes composantes ont eu tendance par le passé à s’accuser mutuellement d’avoir provoqué la « catastrophe ». Il est vrai que l’événement résiste à l’analyse.

Au seuil des années 1960 encore, le chanoine Boulard, qui était dans l’Église française le grand spécialiste de ces questions, avait conclu à la stabilité globale des taux dans la longue durée, même s’il notait une pente légèrement déclinante qui préservait a priori de toute mauvaise surprise. Or, au moment même où prévalaient ces conclusions rassurantes et où s’achevait cette vaste entreprise de modernisation de la religion que fut le concile Vatican II (1962-1965), il a commencé à voir remonter des diocèses, avec une insistance croissante, la rumeur inquiétante du plongeon des courbes.

Normalien, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Est-Créteil, spécialiste d’anthropologie religieuse, Guillaume Cuchet a repris cette question en se fondant sur l’étonnante richesse des statistiques dont nous disposons.

Guillaume Cuchet a repris l’ensemble du dossier : il propose l’une des premières analyses de sociologie historique approfondie de cette grande rupture religieuse, identifie le rôle déclencheur de Vatican II dans ces évolutions et les situe dans le temps long de la déchristianisation et dans le contexte des évolutions démographiques, sociales et culturelles des décennies d’après-guerre.

Selon le normalien Cuchet, le concile de Vatican II a joué en France un rôle déclencheur dans le décrochage massif de la pratique et l’éloignement progressif des fidèles catholiques depuis le milieu des années 1960. C’est l’une des conclusions de cet essai.

Analysant avec rigueur les causes du retournement de ce qui avait été presque unanimement salué comme un « printemps de la foi », Guillaumet Cuchet pointe la révolution qui a fait renoncer l’Église à centrer sa prédication sur les fins dernières (le but de la vie, la mort, la résurrection, le salut) pour l’axer sur la tolérance, l’œcuménisme, et la liberté religieuse comme autant de signes de sa réconciliation avec la modernité. Mais en cessant de se présenter comme l’arche qui permet de conduire les âmes au Salut éternel, en se redéfinissant comme une communion chargée d’annoncer au monde la Miséricorde de Dieu et le Salut pour tous, elle sapait à la fois les notions de Péché, de Jugement, de Purgatoire et d’Enfer. [Voir les manuels d’ECR où ces notions sont absentes [PDF], à dessein selon le Bureau d’approbation du matériel didactique.]

À terme, cette attitude sapait l’idée même que l’Église puisse définir des dogmes devant lesquels s’incline la raison de chacun, puisse imposer des obligations morales qui entravent la liberté de comportement (la « licence »). Quelle valeur pouvait, dès lors, conserver ses enseignements et sa prétention à guider les consciences si chaque homme était invité à prendre pour guide sa propre conscience ? Pourquoi continuer à observer des commandements si le Salut éternel était assuré quoi qu’il en soit à tous les hommes ?

Guillaume Cuchet pour son livre « Comment notre monde a cessé d’être chrétien. Anatomie d’un effondrement » (Seuil) et Christophe Dickès pour son livre « Le Vatican. Vérités et légendes » (Perrin)
Extraits d’un entretien dans le Figaro

Le Figaro. — Vous dites que Vatican II a été le « déclencheur » de l’effondrement de la pratique. Pourquoi ?

Guillaume Cuchet. — Je suis reparti des constats faits à l’époque par le chanoine Boulard qui était le grand spécialiste de ces questions dans l’Église. Les courbes plongent brutalement autour de 1965, l’Église perdant du quart au tiers des pratiquants du début des années 1960 (des jeunes surtout) en deux ans. Il faut bien qu’il y ait eu un événement derrière une telle rupture et on ne voit pas bien quel autre que le concile pourrait avoir joué ce rôle-là. Mai 1968 a amplifié une vague qu’il n’a pas créée. On a eu longtemps du mal à en convenir dans l’Église parce qu’on avait peur, ce faisant, d’apporter de l’eau au moulin des adversaires du concile qui ont depuis longtemps planté leur drapeau noir sur cette fâcheuse « coïncidence ». Ma thèse est que le concile a non pas provoqué la rupture au sens où elle aurait pu ne pas avoir lieu sans lui, puisqu’elle a eu lieu dans les pays protestants et qu’elle procède de causes socioculturelles plus larges, mais qu’il l’a déclenchée tout en lui donnant une intensité particulière.

Toute la question — mais combien complexe — est de savoir ce qui dans le concile (dans ses textes, leur interprétation, la manière dont ils ont été appliqués, ses effets indirects) a pu jouer un tel rôle. La réforme liturgique, adoptée dès décembre 1963, a un peu obsédé la discussion. Elle a masqué à mon avis un changement plus décisif intervenu dans le sens même de la pratique : la sortie brutale de la culture de la pratique obligatoire sous peine de péché grave longtemps très insistante en catholicisme.

Le Figaro. — Dans la « carte Boulard » présentant une photographie de la France chrétienne, avant l’effondrement, on voit des disparités géographiques très importantes. À quoi sont-elles dues ?

Guillaume Cuchet. — La première édition de la Carte religieuse de la France rurale date de 1947. C’est un des documents les plus fascinants de l’histoire de France. Elle montre à la fois l’ampleur des contrastes religieux régionaux (sans équivalent ailleurs en Europe) et une géographie d’ensemble de la France chrétienne très singulière. Un même dimanche des années 1950, la pratique pouvait varier de 100 % dans un bourg du nord de la Vendée à 0 % dans le Limousin. En quelques kilomètres on pouvait changer de monde religieux.


Annette Wieviorka (aux questions intéressantses mais à la diction saccadée) 
reçoit Guillaume Cuchet sur RCJ

La France chrétienne recouvrait tout l’Ouest, le Nord, l’Est lorrain, alsacien, vosgien, le Jura, le Nord des Alpes, tout le rebord Sud-Est du Massif central (de la Haute-Loire au Tarn ou à l’Aveyron), le Pays basque et le Béarn. Inversement, une « diagonale du vide » courait des Ardennes au Sud-Ouest en passant par tout le Bassin parisien et l’Ouest du Massif central, avec des prolongements dans la vallée du Rhône, le Languedoc, la Provence. Cette carte est née pendant la Révolution française. Les pays qui ont accepté la politique religieuse de la Révolution sont généralement devenus les « mauvais » pays religieux des XIXe et XXe siècles, et vice versa.

Le Figaro. — Cette carte est-elle toujours d’actualité ?

Guillaume Cuchet. — Elle n’a pas totalement disparu, mais elle n’existe plus vraiment comme carte de la pratique et des croyances, plutôt comme carte culturelle et anthropologique. Par exemple dans la carte des dons du sang en France, ce qui n’est pas tout à fait anodin symboliquement.

Le Figaro. — Tout un discours dans l’Église au moment de ce tournant a été de dire que la qualité finirait par l’emporter sur la quantité, et que c’en était fini d’un christianisme « sociologique ». Quels ont été les effets de ce discours ?

Guillaume Cuchet. — On doit cette expression de catholicisme « sociologique » à Gabriel Le Bras, qui a fondé la sociologie religieuse dans les années 1930. Le fait que le catholicisme, censé procéder de convictions intimes, avait une sociologie et une géographie particulières stables dans la longue durée, montrait l’importance des facteurs collectifs dans le maintien ou la perte de la foi. Le Bras n’était pas très optimiste sur la teneur en christianisme « réel » du catholicisme de nombre de ses contemporains. Le décrochage des courbes dans les années 1960 a souvent été interprété comme le résultat d’une sorte d’opération-vérité terme de laquelle ne seraient plus restés dans l’Église que les fidèles vraiment convaincus. Vérité historique ou philosophie de la misère ?

C’est bien difficile à dire, mais l’historien note qu’en France, depuis les lendemains de la Révolution, chaque génération de catholiques a eu plus ou moins le sentiment d’être la première à avoir une foi vraiment personnelle ! En réalité, c’est le concept même de religion « sociologique » qui est problématique. Les catholiques d’aujourd’hui, qu’on ne soupçonnera pas de l’être par pur conformisme social, ne sont-ils pas eux aussi pour la plupart les enfants d’une certaine « sociologie », s’il faut entendre par là les efforts accomplis par leurs parents pour leur transmettre la foi ?


Comment notre monde a cessé d’être chrétien
de Guillaume Cuchet
paru au Seuil
à Paris
le 1er février 2018
288 pages
ISBN-10 : 2 021 021 297
ISBN-13 : 978-2021021295
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Pour une école libre au Québec:samedi 21 avril 2018- Religion:baisse de la fréquentation de la messe sous le pape François, stabilité chez les protestants

samedi 21 avril 2018

Religion — baisse de la fréquentation de la messe sous le pape François, stabilité chez les protestants

De 2014 à 2017, en moyenne 39 % des catholiques états-uniens ont déclaré avoir fréquenté l’église au cours des sept derniers jours.

Il s’agit d’une baisse par rapport à une fréquentation moyenne de 45 % de 2005 à 2008 et de 75 % en 1955.

En revanche, les 45 % de protestants américains qui ont déclaré une présence à l’église chaque semaine de 2014 à 2017 sont essentiellement les mêmes que ceux d’il y a dix ans. Ils épousent en grande partie la tendance à long terme pour ces dénominations religieuses.

Au milieu des années 2000, le nombre de fidèles catholiques hebdomadaires s’était stabilisé à 45 % après avoir chuté de manière considérable à partir du Concile Vatican II (1962-1965) et de ses conséquences tumultueuses. Voir à ce sujet l’excellent livre de Guillaume Cuchet.

La première grande chute de la fréquentation de la messe (dans l’histoire récente) de la part des catholiques a eu lieu de 1950 à 1970 quand le pourcentage des catholiques qui déclaraient avoir assisté à la messe cours des sept derniers jours a chuté de plus de 20 points de pourcentage. Cette fréquentation a ensuite diminué en moyenne de quatre points par décennie jusqu’au milieu des années 1990 avant de se stabiliser jusqu’au milieu des années 2000. Depuis lors, la tendance à la baisse a repris, le pourcentage de « messalisants » ayant chuté de six points au cours de la dernière décennie.

Gallup ne fournit pas un décompte exact d’une année à l’autre, par conséquent, la période 2005-2008 sélectionnée pour l’enquête (46 % de messalisants) correspond aux quatre premières années de la papauté de Benoît et la période 2014-2017 (39 % de messalisants) coïncide au début du pontificat de François (le pape François est devenu pape en 2013). L’Office central des statistiques du Vatican a publié un rapport l’année dernière dans lequel il a constaté que les vocations au sacerdoce ont poursuivi leur tendance à la baisse depuis 2012. Le déclin s’est accéléré sous le pontificat du pape François. Le nombre total de séminaristes dans le monde a chuté de 118 251 en 2013 à 116 843 en 2015.

Cette analyse est basée sur plusieurs enquêtes Gallup menées vers le milieu de chaque décennie des années 1950 à nos jours. Les données pour chaque période fournissent une taille d’échantillon suffisante pour examiner la fréquentation des églises chez les protestants et les catholiques, les deux plus grands groupes religieux du pays, ainsi que les tendances selon l’âge au sein de ces groupes. La taille des échantillons n’est pas suffisante pour permettre l’analyse de dénominations protestantes spécifiques ou de religions non chrétiennes.

plus de la moitié des catholiques les plus âgés ne vont désormais plus à la messe hebdomadaire

En 1955, les catholiques pratiquants de tous les groupes d’âge ont largement respecté l’obligation de masse hebdomadaire de leur foi. À cette époque, environ trois catholiques sur quatre, quel que soit leur âge, ont déclaré avoir été à l’église la semaine d’avant. Cette fréquentation a brusquement chuté dans les années 1960, alors que les jeunes catholiques sont devenus de moins en moins susceptibles d’y assister. La baisse s’est accélérée au cours des années 1970 et s’est poursuivie à un rythme plus lent depuis lors.

Pendant ce temps, depuis 1955, il y a eu aussi un déclin lent, mais régulier de la fréquentation régulière des églises chez les catholiques plus âgés. Cela inclut des déclins de 10 points ou plus au cours de la dernière décennie parmi les catholiques âgés de 50 ans et plus, menant à la situation actuelle où plus de 49 % des catholiques dans toutes les catégories d’âge déclarent aller à l’église la semaine dernière.

La seule augmentation de la fréquentation hebdomadaire à la messe est venue des catholiques américains âgés de 30 à 39 ans, qui ont augmenté de trois points de pourcentage, passant de 40 à 43 %. Le groupe des jeunes adultes âgés de 21 à 29 ans a connu une légère hausse de la fréquentation hebdomadaire de Benoît XVI de 2005 à 2008, à 29 %. Mais cela a ensuite chuté sous le pape François entre 2014-17 à 25 %. Le taux actuel de fréquentation hebdomadaire des églises chez les protestants et les catholiques est similaire à la plupart des groupes d’âge, selon l’enquête, à l’exception de ce groupe démographique de 21 à 29 ans. Les protestants du segment des jeunes adultes sont plus susceptibles que les jeunes adultes catholiques (25 %) de dire qu’ils ont fréquenté l’église au cours des sept derniers jours (36 %). Cette baisse de la fréquentation de masse chez les jeunes adultes catholiques et la disparité entre leur taux de fréquentation et celui de leurs homologues protestants vient alors que François est en train de convoquer un synode de la jeunesse.

Pour maintenir la cohérence avec les sondages Gallup antérieurs lorsque la population de l’échantillon était âgée de 21 ans et plus, cette analyse définit le groupe d’âge le plus jeune comme les personnes de 21 à 29 ans plutôt que la tranche d’âge de 18 à 29 ans.

La fréquentation hebdomadaire du temple se maintient chez les protestants de tous âges

La fréquentation des temples protestants américains n’était pas aussi élevée que celle des églises catholiques dans les années 1950 — mais elle n’a pas diminué avec le temps. La fréquentation des églises protestantes a diminué dans les années 1960 et 1970 chez les 21 à 29 ans, mais elle a depuis rebondi. Parmi les personnes de 60 ans et plus, la fréquentation hebdomadaire a augmenté de huit points depuis les années 1950.

Actuellement, le taux de fréquentation hebdomadaire des églises chez les protestants et les catholiques est similaire pour la plupart des tranches d’âge.

Les protestants (36 %) sont plus susceptibles que les catholiques (25 %) de dire qu’ils y ont participé à un culte religieux au cours des sept derniers jours.

L’immigration diminue la part des protestants

Bien que le taux auquel les protestants vont à l’église ait tenu bon au cours des six dernières décennies, le pourcentage d’Américains se disant protestants a fortement diminué, passant de 71 % en 1955 à 47 % au milieu de 2010. Si en 1955, 89 % des Américains étaient blancs, ils n’étaient plus que 64 % en 2019 à se dire blancs non hispaniques (ce chiffre est de 61 % en 2016).

Depuis 1999, la définition des protestants par Gallup inclut ceux qui utilisent le terme générique « Chrétien » ainsi que ceux qui se disent protestants ou qui nomment une foi protestante spécifique.

En revanche, alors que l’Église catholique a connu une baisse de fréquentation aux États — Unis, le pourcentage global de catholiques s’est maintenu assez régulièrement — en très grande partie à cause de la croissance de la population hispanique américaine.

Vingt-deux pour cent des adultes américains s’identifient aujourd’hui comme catholiques alors qu’ils étaient 24 % en 1955.

Signe troublant pour ces deux confessions religieuses : les jeunes adultes, en particulier ceux âgés de 21 à 29 ans, sont moins susceptibles que les adultes plus âgés de s’identifier comme protestants ou catholiques. C’est en partie parce que plus de jeunes s’identifient comme « autres » ou avec d’autres religions non chrétiennes, mais surtout en raison de la grande proportion — 33 % — qui se dit « sans religion ».

Bilan

Il est révélateur de noter que la fréquentation hebdomadaire de la messe baisse alors que la fréquentation au culte protestant est restée globalement stable. Cet affaissement suggère que cette chute s’explique par des problèmes confessionnels propres aux catholiques plutôt que des changements sociétaux plus larges qui toucheraient toutes les confessions. Il serait probablement injuste d’attribuer tout le déclin de la fréquentation de la messe catholique au seul effet François, bien que l’on sache que plus une église est progressiste moins elle semble attirer de fidèles (il est plus facile de regarder la télévision et sa religiosité progressiste faite d’écologisme, de droit-de-l’hommiste, de féminisme exacerbé et d’immigration illimitée).

Source : Gallup
Pas de prière chrétienne dans ce manuel ECR,
mais bien une à un esprit amérindien
créateur et protecteur de la Terre

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Pour une école libre au Québec:Religion — retour ou retournement ?

Pour une école libre au Québec


Religion — retour ou retournement ?

Posted: 19 Jun 2018 10:36 PM PDT

Rémi Brague est interrogé dans La Revue des deux mondes sur le retour du religieux. Extrait. Rémi Brague est membre de l’Académie des sciences morales et politiques, il a enseigné la philosophie à la Sorbonne et à l’université de Munich.


Revue des Deux Mondes –
Il y a trente ans, écrivez-vous au début de votre récent livre, Sur la religion, dans les dîners, on parlait politique ; si quelqu’un parlait religion, cela faisait sourire. Aujourd’hui, c’est le contraire : la religion est redevenue un sujet préoccupant ; on enregistre une certaine lassitude quand on parle politique ou économie. Comment expliquez-vous ce retournement ?

Rémi Brague – Cette remarque n’est pas vraiment de moi, mais de Michel Serres. J’ai dû l’entendre sur une chaîne de radio. Lorsque, il y a trente ans, racontait-il, il voulait faire rigoler ses étudiants, il parlait de religion ; en revanche, lorsqu’on parlait politique, les fronts se plissaient, les bouches se contractaient et on hochait la tête doctement. Maintenant, c’est le contraire. Quand on parle de religion, fini de rire.

Pourquoi ce retournement ? Votre mot est juste, c’est plutôt un retournement qu’un retour. On parle du retour du 
religieux, or il n’est jamais parti ! Ce qui s’est 
passé, c’est un retour sur soi de la conscience de 
l’intelligentsia occidentale.

Comme l’a expliqué 
le sociologue autrichien devenu américain Peter Berger, les intellectuels occidentaux, pendant des années et des années, ont voyagé de campus sécularisé en campus sécularisé en empruntant des tuyaux étanches qui les ont empêchés de voir la montée fulgurante du protestantisme évangélique ou le réveil de l’hindouisme ultra-nationaliste et responsable de pogroms antichrétiens et antimusulmans en Inde.

Ils n’avaient pas vu non plus un phénomène tout récent : les aspects fort déplaisants que prend le bouddhisme dans la Birmanie actuelle. En réalité, il l’avait déjà pris pendant la guerre du Pacifique et avant, en Chine : des généraux japonais adeptes du zen se sont rendus coupables de certaines espiègleries de fort mauvais goût (bombardement de Chang-haï, prostitution obligée des Coréennes…).

Ces intellectuels n’ont pas vu non plus le réveil de l’islam, ce qu’on appelle l’islamisme pour éviter d’incriminer la totalité de la religion. Ce prétendu retour du religieux n’est donc pas vraiment un retour, mais plutôt un retour sur soi des intellectuels, qui comprennent enfin de manière douloureuse qu’ils se sont trompés sur toute la ligne.

Revue des Deux Mondes – En prenant le problème de haut, de façon presque planétaire, vous avez évidemment raison, mais si nous nous concentrons sur l’Europe et particulièrement sur la France, le diagnostic est-il le même ? Je suis frappé par le grand nombre d’ouvrages, dus aussi bien à des sociologues qu’à des théologiens, qui depuis trente ans paraissent toujours plus ou moins sous le titre : « Comment l’Europe a-t-elle cessé d’être chrétienne ? ». D’un côté le religieux n’est jamais parti, il ne cesse même de prendre de l’importance, et de l’autre les églises se vident. À en croire certaines enquêtes, la pratique religieuse en France serait tombée à 5 %. Comment les deux tendances s’articulent-elles ?

Rémi Brague – Ce sont des faits indéniables. Il est clair que le christianisme recule en Occident, peut-être également dans le reste du monde. J’ai entendu récemment quelqu’un dire qu’en Afrique, continent que bien des chrétiens considèrent comme l’eldorado de la foi, les choses n’allaient pas aussi bien qu’on le dit.

Il y a en effet ce livre récent de Guillaume Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être chrétien1. L’auteur a repris et inversé le titre de Paul Veyne,  Quand notre monde est devenu chrétien, et celui de Marie-Françoise Baslez, Comment notre monde est devenu chrétien, deux études qui expliquaient comment l’Occident était devenu chrétien à la fin de l’Empire romain.

Revue des Deux Mondes — Paul Veyne se concentre sur une trentaine d’années au IVe siècle et Guillaume Cuchet sur une trentaine d’années à la fin du XXe siècle. L’un étudie le début et l’autre la fin…

Rémi Brague — Exactement. Je crois que chez Guillaume Cuchet, la volonté de retourner le titre était parfaitement claire et peut-être s’en tient-il volontairement aussi aux mêmes limites chronologiques : trente ans, soit une génération.

On ne sait pas trop ce qui se passera à la génération suivante, peut-être que le mouvement va s’accélérer encore. Ce n’est pas impossible. Ce qui recule, c’est le christianisme. En revanche, il semble que certains bouddhismes ont fait une percée ; par ailleurs, la persistance de l’islam chez les jeunes immigrés est réelle, de même que la montée en puissance des haredim (les juifs ultra-orthodoxes) en Israël. Si celle-ci continue, ils sont appelés à former la majorité et à pousser à la marge les Achkénazes, quelque peu sécularisés ou seulement vaguement religieux.

Ces phénomènes sont difficiles à chiffrer, car il s’agit de religions encore minoritaires et leurs adhérents ne répondent pas toujours aux questions des sondeurs… à la différence des ex-chrétiens qui, eux, n’ont pas peur d’avouer leur incroyance.

[…]


1. Voir à ce sujet Religion — baisse de la fréquentation de la messe sous le pape François, stabilité chez les protestants et Vatican II, « déclencheur » de l’effondrement de la pratique catholique ? (M-à-j vidéos)

Voir aussi Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ?

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The economic collapse:Females Are Outperforming Males On Every Educational Level, And That Has Staggering Implications For The Future Of Our Society

Females Are Outperforming Males On Every Educational Level, And That Has Staggering Implications For The Future Of Our Society


Females Are Outperforming Males On Every Educational Level, And That Has Staggering Implications For The Future Of Our Society

Posted: 19 Jun 2018 10:10 PM PDT

It is an uncomfortable truth that most educators simply do not want to talk about.  Females are dramatically outperforming males on every educational level, and many are wondering what this means for our future.  If men do not feel a strong sense of purpose and meaning, they can get into trouble really quickly.  As I write this article, the vast majority of those that abuse drugs are men, the vast majority of those that commit violent crimes are men, and the vast majority of those that we put into prison are men.  I began researching this article by looking into the fact that the labor participation rate for men has been declining for decades, but our problems run much deeper than that.  Today, so many men feel lost.  Millions of them don’t have a sense of direction, millions of them don’t have anything that really drives or motivates them, and millions of them are deeply depressed and greatly dissatisfied with life.

For a lot of them, it started very early.  As Dr. Michael Thompson told CBS News, all across America girls are outperforming boys at every educational level…

“Girls outperform boys in elementary school, middle school, high school, and college, and graduate school,” says Dr. Michael Thompson, a school psychologist who writes about the academic problems of boys in his book, “Raising Cain.” He says that after decades of special attention, girls are soaring, while boys are stagnating.

“Girls are being told, ‘Go for it, you can do it. Go for it, you can do it.’ They are getting an immense amount of support,” he says. “Boys hear that the way to shine is athletically. And boys get a lot of mixed messages about what it means to be masculine and what it means to be a student. Does being a good student make you a real man? I don’t think so… It is not cool.”

Perhaps one of the big reasons why young males are so drawn to sports is because it allows them to do the sorts of things the come naturally to males.  Sporting events allow young males to engage in battle, to hunt and to conquer.  Yes, it is a simulated environment, but sporting events really do bring out something primal in young boys.

We all have natural tendencies, and it appears that modern forms of schooling are doing a much better job of connecting with females.  In fact, one extremely large study found that girls all over the world are substantially outperforming boys in the classroom

According to a recent study from University of New Brunswick in Canada, girls have been outperforming boys consistently through the years. It is a popular belief that boys perform better in subjects like Math and Science; however, a review of 308 studies involving more than 1.1 million children across the globe has challenged this stereotype. The study looked at data from 1914 to 2011 and the findings suggest that girls do better in school than boys in the classroom regardless of the material.

So it isn’t just in the United States that this is happening.

And it is a trend that does not seem to diminish with age.

Young women are dominating in high schools all over the nation, and at one high school in Massachusetts girls make up 70 to 80 percent of the students in advanced placement classes…

At graduation ceremonies last June at Hanover High School in Massachusetts, it was the ninth year in a row that a girl was on the podium as school valedictorian. Girls also took home nearly all the honors, including the science prize, says principal Peter Badalament.

“[Girls] tend to dominate the landscape academically right now,” he says, even in math and science.

The school’s advanced placement classes, which admit only the most qualified students, are often 70 percent to 80 percent girls. This includes calculus. And in AP biology, there was not a single boy.

I suppose the silver lining for young men is that if they really want to meet more girls they should just work really, really hard to get into those AP classes.

But the truth is that this is no joking matter.  At this point, higher education in the United States is totally dominated by women.  Just check out these numbers

Women earned approximately 57 percent of the bachelor’s degrees awarded by U.S. institutions of higher education in the 2016-2017 academic year, according to data released this week by the National Center for Education Statistics, which is part of the U.S. Department of Education.

That, according to NCES data, makes 2016-2017 the eighteenth straight academic year in which women have earned approximately 57 percent of the bachelor’s degrees awarded by U.S. colleges and universities.

Did you understand what that excerpt was saying?

Women have received about 57 percent of all bachelor’s degrees in this country for 18 years in a row.

Our future doctors, lawyers, politicians and societal leaders come from our pool of college graduates, and the numbers tell us that women are going to be dominating those fields for the foreseeable future.

So what will men be doing?

Well, in recent years more of them have been dropping out of the labor force than ever before.  The following comes from the New York Times

Among women, the share out of the labor force has fallen from 66 percent in 1950 to 43 percent today. That is not surprising in light of changing social norms and the greater career opportunities now open to women.

Men, however, exhibit the opposite long-term trend. In 1950, 14 percent of men were out of the labor force. Today, that figure stands at 31 percent.

For those of you that prefer graphics, here is a chart from the Federal Reserve that shows this staggering decline over the last several decades.  Please note that we are currently at a much lower level than we were at during the last major recession…

If men aren’t working, how are they supporting themselves?

For many, the social safety net provided by the government is an easy answer.  Here is more from the New York Times

One might wonder how these less educated, prime-age men support themselves after leaving the labor force. The social safety net plays a role. In a study for the Mercatus Center of George Mason University, Scott Winship reports that “75 percent of inactive prime-age men are in a household that received some form of government transfer payment.” Mr. Winship believes that government disability benefits in particular are one reason for the lack of interest in work.

For others, living with Mom and Dad for as long as possible is the solution.  Today, a staggering 38.4 percent of all Millennials live with their parents, and that number seems to keep going up with each passing year.

We live during an era of dramatic societal change, and many are concerned about where all of this change is taking us.

Yes, we need a society in which females can thrive, but we also need a society in which males can thrive as well, and right now that simply is not happening.

Michael Snyder is a nationally syndicated writer, media personality and political activist. He is the author of four books including The Beginning Of The End and Living A Life That Really Matters.

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Le Salon Beige:Lettre à Guillaume Goubert sur l’affaire Gaulmyn-une catholique pas très catholique?Même pas,une pauvre pétasse,ignare crasse et qui se veut « dans le vent comme une feuille morte »-et varia

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Chaque lundi, retrouvez le plus fort de l’actualité dans notre lettre hebdomadaire… et encore bien plus sur LeSalonBeige.fr – Contactez-nous – Nous aider

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Pour l’avoir oublié par négligence ou idéologie, notre pays a plusieurs fois payé très cher son amnésie, et cet essai tout à la fois érudit et accessible à tous procède d’une double réflexion d’officier …

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J’ai peur pour Damoclès.

Madame, Monsieur,

Avez-vous lu mon appel à la résistance ?

Je vous invite vivement à le lire. J’insiste, car Damoclès risque d’être attaqué d’un moment à l’autre.

Pour la France !
Samuel Lafont et l’équipe Damoclès

PS. Nous avons déjà collecté 7 410 €, c’est déjà plus des 3/4 de la somme. Comme c’est urgent, j’ai déjà commencé à travailler avec l’avocat. Merci de tout ce que vous pourrez faire !

***

Madame, Monsieur,

J’ai peur pour Damoclès.

Depuis quelques mois, je constate autour de nous des associations et des personnalités « non politiquement correctes » en proie à des attaques et des intimidations : mises sur écoute, infiltrations, fausses rumeurs instillées aux proches et aux relations de travail…

J’aurais pu croire à un mauvais film d’espionnage, si je n’y avais reconnu les techniques immorales utilisées par nos adversaires.

Et je m’inquiète pour Damoclès qui commence à prendre une ampleur telle qu’elle commence à en gêner certains.

L’influence de Damoclès grandit

Comme vous le savez, Damoclès a déjà réussi à infléchir le discours du gouvernement, notamment sur le retour des djihadistes. Cela s’est fait progressivement au fil des mois depuis novembre 2017 ; mais le changement est réel et impressionnant.

J’avais, au nom de Damoclès, envoyé une lettre au président de la République, qui a botté en touche. Son chef de cabinet s’est quand même fendu d’une réponse de deux pages.
Pour le moment, je ne pense pas que nous les gênions suffisamment pour qu’ils cherchent à nous nuire au point de nous attaquer en justice.
Nous veillons à rester dans les clous de la loi. Aussi, ils optent pour l’indifférence feinte et se contentent de suivre le vent.

En effet, les sondages montrent que l’opinion publique est largement avec nous sur le sujet des djihadistes, sur l’expulsion des étrangers fichés S et sur l’implantation guerrière des mosquées…
Là aussi, nous avons largement initié le mouvement — et je dois vous dire que ce n’était pas du tout gagné d’avance.

Heureusement, nos experts Alexandre Del Valle et Alain Marsaud n’y vont pas de main morte. Ils pilonnent nos adversaires qui font tout pour cacher la menace islamique.
Et ça paie !

Les médias à l’écoute

Nous plaçons de plus en plus nos propres mots dans les débats, repris par les médias classiques et par des personnalités en vue.

Par exemple, de plus en plus de journalistes hésitent maintenant à parler de « djihadistes français » au lieu de « djihadistes qui ont la nationalité française ».
L’ « immigration massive » est entrée les débats, y compris sur Mediapart qui tente de s’y opposer.
Les Français prennent conscience du caractère massif de l’immigration qui dure depuis des décennies et le terme devient incontournable.

Vous avez sans doute entendu parler de ces universités bloquées par quelques militants politiques ces dernières semaines. L’action d’information de Damoclès a également été décisive sur ce terrain-là :

  • Grâce à notre diffusion de vidéos filmées sur place, les méfaits de ces militants ont été mis à nu. De plus en plus de médias, y compris BFMTV, ont cessé de désigner ces militants comme de simples « étudiants » mais parlent désormais de l’action de « syndicalistes politisés extérieurs à l’université » et de « militants d’extrême-gauche ».
  • Le journaliste politique Jean-Michel Aphatie parle de « minorités agissantes » en citant un tweet de Damoclès, à propos des examens de l’Université de Nanterre supprimés à cause de quelques militants.
  • Nous avons réuni un vaste ensemble d’informations pour démontrer le coût astronomique des saccages qui ont lieu dans les universités bloquées : des millions d’euros à la charge des contribuables français. Il ne s’agissait pas de simples « occupations » de locaux, mais de « dégradations » avec l’inscription de « messages haineux » à but subversif et de « saccages » pour marquer les esprits.

Ce ne sont que quelques exemples, car les fronts sont nombreux.

La victoire par les mots

Cela pourrait vous sembler anodin, voire futile.
En réalité, les mots sont une arme redoutable, que les saboteurs de la France ont utilisée pendant des décennies.
Et aujourd’hui, c’est nous qui retournons leur arme contre eux !

Soyez en sûr : la guerre des idées et des mots doit être gagnée si nous voulons un changement politique pérenne ; si nous voulons sauver la France.

C’est pour cela que nous diffusons massivement les faits, rien que les faits, en les mettant simplement en exergue.

Par exemple, il fallait contrer la récupération politique de ces derniers jours par le pouvoir.
Vous avez probablement vu ou entendu parler de cette vidéo qui montre un migrant escalader un immeuble pour sauver un enfant et qui a eu droit à une avalanche d’honneurs présidentiels.
Au-delà de ce qu’on peut penser de cette action en elle-même, la récupération politicienne qui a suivi était tellement énorme que ça en devenait clownesque.

Alors, nous avons simplement publié une liste de 37 Français « héros du quotidien » (dont les actes ont été parfois plus spectaculaires et plus héroïques), à partir d’éléments sortis dans la presse locale qui n’avaient pas forcément fait beaucoup de bruit.
Les internautes ont tout de suite massivement réagi : dès que nous l’avons publiée, c’est parti comme une traînée de poudre !
En à peine une demi-journée, nous avons atteint plus de 20 000 partages sur les réseaux sociaux. Et ça continue… C’est spectaculaire !

Et vous êtes très nombreux à nous avoir remerciés chaleureusement. Car vous n’êtes pas dupes.

Nous ressortons également des citations d’adversaires, pour mettre à jour leurs propres contradictions. Qu’ils sont nombreux à retourner leur veste et à oser des sorties scandaleuses qui seraient pourtant passées inaperçues.

Alors, bien sûr, toutes ces opérations commencent à menacer le petit confort des profiteurs.
Et ils nous cherchent déjà des poux.

Il faut renforcer nos talons d’Achille

C’est pourquoi depuis quelques semaines, j’examine tous nos points faibles.

J’en ai identifié un qu’il faut renforcer de toute urgence : les boucliers juridiques de l’association (comme les statuts par exemple, et d’autres subtilités juridiques que nos adversaires pourraient utiliser pour ouvrir des brèches…).

Oh ! Bien sûr, si nous étions une association d’artistes contemporains, ou même simplement une amicale cycliste, l’état de nos protections actuelles conviendraient parfaitement.

Mais comme Damoclès prend une ampleur nationale, que nous enchaînons buzz sur buzz, et que nos coups portent l’estocade, nos adversaires vont tout faire pour nous couler le plus rapidement possible.

J’ai déjà sollicité un cabinet d’avocat, spécialisé dans les associations et organisations à but non lucratif. Je me suis bien renseigné : ce sont les meilleurs.

Seulement, l’expertise a un prix.
Pour blinder nos statuts, colmater toutes les brèches et assurer un suivi juridique, la facture va s’élever à 9000 €.

C’est nécessaire, mais aujourd’hui, nous ne pouvons pas le financer.
C’est pourquoi je vous appelle à l’aide.

Attention, je tiens à ce que vous vous sentiez tout à fait à l’aise face à cette demande.
Si je vous sollicite, c’est parce que je vous considère comme un sympathisant à la cause.
Mais sentez vous libre : vous pouvez tout à fait ne rien faire maintenant tout en continuant à nous soutenir moralement et en diffusant nos informations.

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Un grand merci pour votre générosité.

Pour la France !
Samuel Lafont et l’équipe Damoclès

PS. Franchement, si vous m’aviez dit il y a un an que notre association influencerait aussi rapidement les médias et même le gouvernement, j’aurais sans doute souri en vous prenant pour un doux rêveur.
Mais maintenant que les succès sont devant mes yeux, je dois bien admettre que nous y sommes arrivés !
Tout cela, c’est grâce à vous, olivier. Alors merci.
Aidez-nous à défendre ce que vous et moi, et tous les membres de Damoclès, avons bâti en si peu de temps. Aidez-nous à continuer le combat, en protégeant nos arrières.
S’il vous plaît, faites un don en cliquant ici.

Damoclès — 2018
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Antipresse:LE BRUIT DU TEMPS par Slobodan Despot Dormeurs, somnambules et éveillés-et varia

DRONE 023 (Antipresse 133e semaine) | 17.6.2018

<Depuis le 6 décembre 2015, l’Antipresse a publié 133 lettres hebdomadaires, 506 articles originaux, 76 tribunes («désinvités»), 917 brèves («mains courantes»), 130 citations d’auteurs («pains de méninges»).

 

Au menu du DRONE cette semaine

LE BRUIT DU TEMPS par Slobodan Despot

Dormeurs, somnambules et éveillés

Et si, un beau matin, vous vous apercevez que le monde où vous êtes né n’est plus le vôtre? En conclurez-vous que le monde a soudain changé, ou bien que vous avez dormi trop longtemps? Ou préféreriez-vous d’ores et déjà programmer un réveil pour que cette mésaventure ne vous arrive pas? Quelques réflexions sur la qualité de notre présence au monde au travers d’un exemple extrême…


CANNIBALE LECTEUR de Pascal Vandenberghe

La fin d’un monde (1)

Passant de la marche militaire à la marche funèbre, Joseph Roth raconte la déchéance et la fin de l’Empire austro-hongrois dans La marche de Radetzky puis celle de la disparition de l’Autriche annexée par le IIIe Reich dans La Crypte des capucins. Deux grands livres pour une autre compréhension de l’Histoire.


ANGLE MORT par Fernand Le Pic

En Corée du Nord, Trump signe la mort du Département d’État

Au-delà d’un succès personnel, Donald Trump a initié en Corée du Nord un billard multibande très complexe avec des ramifications tant géopolitiques qu’intérieures. Essayons de comprendre un peu les plans de son missile diplomatique à plusieurs étages.


Turbulences

PHARMA | Ebola rebelote!

Le spectre Ebola plane de nouveau. Il fait déjà recette dans la presse avant de remplir les poches des marchands de vaccins. A des milliers de kilomètres d’une province reculée du Congo, où un nouveau foyer d’épidémie aurait été identifié, un journal de Montréal peut en faire un titre: «Ebola a fait une nouvelle victime au Congo». Le Monde prend la menace très au sérieux: «Ebola est présent partout et potentiellement en chaque villageois», alors que seuls quelques dizaines de cas ont été dénombrés en République démocratique du Congo. L’OMS envoie ses experts sur les lieux et lance l’alerte.

En 2014, l’état d’urgence avait été déclaré dans l’Ouest africain. Rétrospectivement, on ne compte au total pas plus de 11000 victimes de ce qui était présenté comme un fléau mondial. On rétorquera que c’est beaucoup et que le pire a pu être évité grâce aux campagnes de vaccination et à l’aide humanitaire qui s’est déversée sur l’Afrique. Or, la mise en quarantaine aurait fait beaucoup plus de morts en ruinant le système de santé et l’économie des pays touchés. L’UNICEF nous apprend ainsi que plusieurs dizaines de milliers de femmes sont mortes en couches en raison du refus des accoucheuses de les assister par crainte d’être contaminées. Le désastre économique ressort des statistiques de la Banque mondiale qui a chiffré à 32,6 milliards de dollars sur deux ans les pertes économiques pour les trois pays les plus touchés (Guinée, Sierra Leone, Liberia).

C’est ainsi que l’aide humanitaire ruine ceux qu’elle prétend secourir et crée les conditions pour une prochaine épidémie, car Ebola, comme beaucoup d’autres maladies, ne se développe que dans un contexte de misère.

Mais encore:

NORVEGE | Panne de QI

VALAIS | Une forme… olympique!

IDÉES | Le futur, c’est has been…

FRANCE | Un avis détonnant sur l’affaire Médine

PHOTO | La Libye avant et après sa «libération»

CIVILISATION | Ce qui cloche en Suisse

log.antipresse.net. L’actualité dans sa version lisible.


Pain de méninges

Rendez-nous notre mélancolie!

Quand j’ai compris que j’avais été terrassé par cette maladie, j’ai ressenti le besoin, entre autres choses, de protester haut et fort contre le terme de «dépression». La dépression, la plupart le savent, était jadis appelée «mélancolie», un mot qui apparaît dans la langue anglaise dès l’an 1303; on le rencontre à plusieurs reprises chez Chaucer qui, dans l’usage qu’il en fait, semble conscient de ses nuances pathologiques. «Mélancolie» semblerait aujourd’hui encore un terme plus approprié et plus évocateur pour les formes les plus noires de ce trouble, mais il a été occulté par un mot à la tonalité fade dénué de toute présence magistrale, utilisé aussi bien pour désigner un déclin économique ou une ornière dans le sol, une véritable sous-appellation pour une maladie aussi grave. Il se peut que le savant généralement tenu pour responsable de sa propagation dans les temps modernes, un patron justement vénéré de la Faculté de médecine Johns Hopkins — le psychiatre d’origine suisse Adolf Meyer — ait manqué d’oreille pour les sonorités les plus subtiles de l’anglais et qu’il n’ait donc jamais saisi les dégâts sémantiques qu’il allait infliger en proposant ce mot de «dépression» pour désigner une maladie aussi féroce et terrifiante.

— William Styron, Darkness Visible. A Memoir of Madness (trad. SD)

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Le Salon Beige: 16 nouveaux articles:Russie, pourquoi tant de haine ?-et varia

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C’est arrivé un 17 juin…

Posted:

« A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines. » Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 17 juin : saints du jour français ou en France.
    • St Antide, évêque de Besançon et martyr († v. 411)

À Besançon, vers 411, saint Antide, évêque et martyr, qui aurait encouru la peine de mort sous Chrocus, roi des Vandales.

  • St Avit, abbé de Micy-Saint Mesmin († v. 530)

Avit naît au pays de Beauce, de deux humbles cultivateurs. Quand sa mère le mit au monde, sa chambre, comme une autre étable de Bethléem, fut inondée d’une céleste lumière, indice des grandes destinées de cet enfant. Jeune homme, il entra dans l’abbaye de Micy, appelée plus tard de Saint-Mesmin, près d’Orléans. Dès les premiers jours, il s’y fit le serviteur de tous, au point de passer près de certains de ses frères pour un idiot et un incapable.

Le saint abbé Mesmin ou Maximin sut discerner son mérite dans sa charité pour les pauvres, et lui donna la charge d’économe du couvent. Mais bientôt l’amour de la solitude l’emporte : il dépose, de nuit, ses clefs dans le lit de l’abbé endormi, et s’enfuit au fond d’une épaisse forêt, à cinq lieues du monastère. Là, il vivait dans un si parfait détachement du monde, dans une si grande union à Dieu, qu’il semblait un esprit plutôt qu’un homme.

À la mort de l’abbé Maximin, les religieux du couvent, qui avaient souvent ridiculisé Avit, furent les premiers à le choisir pour abbé. De temps en temps, saint Avit, toujours épris de la solitude, se retirait au plus épais de la forêt pour s’y retrouver seul quelques jours avec Dieu.

Il guérit un grand nombre de malades, rendit la vue à un aveugle de naissance et ressuscita un de ses religieux. Il meurt vers l’an 530.

  • St Hervé, ermite en Bretagne († VIe s.)

Hyvarnion, barde renommé de l’île de Bretagne, est convié à la cour de Childebert, mais, pieux et chaste, la vie de cour ne lui convient pas. Résolu à se consacrer totalement à Dieu, il retourne chez lui en passant par l’Armorique. Là, il rêve d’un futur mariage. Décidé de se consacrer à Dieu il ne sait que penser quand un ange vient lui dire : « Elle s’appelle Rivanone ; tu la rencontreras demain et tu la prendras comme épouse ; de votre union naîtra un grand serviteur de Dieu. » Il la rencontre et l’épouse.

Ni l’un ni l’autre ne voulant d’une vie commune, le lendemain des noces Rivanone dit à Hyvarnion : « Si j’ai un fils je demande au Dieu tout puissant qu’il ne voie jamais la fausse et trompeuse lumière de ce monde », et avant de la quitter pour toujours, il lui répond : « Oui ! Mais qu’il ait au moins la vision des splendeurs célestes. » L’enfant naît aveugle. Quand Hervé atteint l’âge de sept ans, alors qu’il connaît par cœur tous les psaumes et les sept hymnes de l’Église les plus employées de son temps, Rivanone le confie à un saint moine. Hervé ne retrouve sa mère que des années plus tard et c’est pour l’assister dans ses derniers instants. S’il est aveugle, comme le désirait Rivanone, Hervé est aussi barde comme Hyvarnion qui avait demandé que son fils ne cesse d’avoir la vision des splendeurs célestes. C’est ainsi qu’il compose le magnifique cantique du Paradis.

Son éducation terminée, Hervé part vivre en ermite mais il est vite rejoint par des disciples. Guidé par son disciple Guiharan et escorté d’un loup qu’il avait apprivoisé, Hervé, chantant la beauté du Paradis, conduit sa communauté qui, sillonnant la Bretagne, suit le soleil, pour finir par s’installer à Plouider qui deviendra Lanhouarneau (l’ermitage d’Hervé).
Toute sa vie, il refuse obstinément de recevoir le sacerdoce, acceptant seulement d’être ordonné exorciste. Bien qu’il fût aveugle, Hervé avait été lui-même l’architecte de sa petite église qu’il ne voulut jamais quitter. Il s’y trouvait enfermé, trois jours avant sa mort, lorsque ses yeux s’ouvrirent tout à coup, et il se mit à chanter un dernier cantique : « Je vois le Ciel ouvert, le Ciel ma patrie. Je veux m’y envoler. Je vois mon père et ma mère dans la gloire et la beauté ; je vois mes frères, les hommes de mon pays. Des chœurs d’Anges, portés sur leurs ailes, volent autour de leurs têtes, comme autant d’abeilles dans un champ de fleurs. »

Le troisième jour après cette vision, il appela sa nièce Christine qui se trouvait alors auprès de lui ; c’était une orpheline élevée par sa mère : « Prépare-moi une pierre pour oreiller et de la cendre pour couchette ; quand l’ange noir viendra me chercher, qu’il me trouve couché sur la cendre. »

Christine, tout en lui obéissant, lui dit : « Mon oncle, si vous m’aimez, demandez à Dieu que je vous suive sans tarder, comme la barque suit le courant. » Elle fut exaucée : au moment où Hervé expirait, la petite Christine, se jetant à ses pieds, y mourut aussi. Lorsqu’il meurt entouré de ses nombreux moines, tous peuvent entendre les chœurs célestes entonner un hymne que leur saint père chantait depuis toujours. Inhumé à Lanhouarneau (Finistère), son tombeau est vénéré par de grands concours de peuples. Ses reliques, par crainte des Normands, sont recueillies dans la chapelle du château de Brest (878) ; mises dans une châsse d’argent, elles sont données par le duc Geoffroy à l’évêque de Nantes (1002) ; elles disparaissent de la cathédrale de Nantes pendant la révolution française.

  • Bx Philippe Papon, prêtre et martyr († 1794)

Durant la Révolution française, alors que Philippe Papon est curé de paroisse à Autun, un décret, daté 21 avril 1793, annonce que les prêtres catholiques qui n’ont pas prêté serment à la Constitution civile du clergé doivent être « déportés ou abandonnés sur la côte d’Afrique ».

Les prêtres sont alors entassés dans les prisons de Rochefort, puis dans des navires amarrés sur la Charente, en rade de l’île d’Aix. Ils sont dépouillés de tout, sans aération, ni lumière, ni hygiène. Ainsi, toutes les maladies se développent et aucun soin n’est prodigué. Tous ont interdiction de prier. Mais ils décident, malgré tout, de dire le bénédicité et de faire le signe de la croix avant de manger leur maigre ration, souvent avariée. L’équipage est frappé par le typhus. Le ministère de la Marine charge le docteur Beraud de mener une enquête. Il proteste : « C’est abominable ! » Rien ne change. La déportation de l’an II laisse, en dix mois, dans l’estuaire de la Charente, cinq cent quarante-sept victimes, dont Philippe Papon, qui meurt en donnant l’absolution à ses compagnons de captivité.

  • Bx Marie-Joseph Cassant, moine cistercien († 1903)

Marie-Joseph (au baptême Pierre-Joseph) Cassant naît le 6 mars 1878 à Casseneuil-sur-Lot, près d’Agen, dans le sud-ouest de la France, dans une famille d’arboriculteurs qui comptait déjà un garçon âgé de neuf ans. Il suivit des études au pensionnat des frères de Saint Jean-Baptiste de la Salle, toujours à Casseneuil, où il rencontra des difficultés en raison de sa mauvaise mémoire.

À la maison et au pensionnat, il reçut une solide éducation chrétienne et, peu à peu, grandit en lui le désir profond d’être prêtre. L’abbé Filhol, curé de la paroisse, estimant beaucoup le garçon, le faisait aider dans ses études par un vicaire, mais le manque de mémoire continua à empêcher son entrée au petit séminaire. Cependant, l’adolescent était porté au silence, au recueillement et à la prière. L’abbé Filhol lui suggéra de s’orienter vers la Trappe : le jeune homme de seize ans accepta sans hésiter. Après un temps de probation au presbytère, Joseph entra donc à l’abbaye cistercienne de Sainte-Marie du Désert (diocèse de Toulouse, France) le 5 décembre 1894.

Le maître des novices était alors le Père André Malet. Il savait percevoir les besoins des âmes et y répondre avec humanité. Dès la première rencontre il manifesta sa bienveillance : « Ayez confiance ! Je vous aiderai à aimer Jésus ». Quant aux frères du monastère, ils ne tardèrent pas à apprécier le nouveau venu : Joseph n’était ni raisonneur ni grognon, mais toujours content, toujours souriant. En contemplant souvent Jésus dans sa passion et sur la croix, le jeune moine s’imprégna de l’amour du Christ. La « voie du Cœur de Jésus », que lui enseigna le Père André, est un appel incessant à vivre l’instant présent avec patience, espérance et amour. Frère Marie-Joseph était conscient de ses lacunes, de sa faiblesse. Mais il comptait toujours plus sur Jésus, qui était sa force. Ce n’était pas un partisan des demi-mesures. Il voulut se donner totalement au Christ. Sa devise en témoigne : « Tout pour Jésus, tout par Marie ». Il fut ainsi admis à prononcer ses vœux définitifs, le 24 mai 1900, en la fête de l’Ascension.

Ce fut alors la préparation au sacerdoce. Frère Marie-Joseph l’envisagea surtout en fonction de l’Eucharistie. Celle-ci était bien pour lui la réalité présente et vivante de Jésus : le Sauveur entièrement donné aux hommes, dont le Cœur transpercé sur la croix accueille avec tendresse ceux qui vont à lui dans la confiance. Toutefois, les cours de théologie donnés par un frère peu compréhensif occasionnèrent des affronts très douloureux pour la sensibilité du jeune moine. Face à toutes les contradictions, il s’appuyait sur le Christ présent dans l’Eucharistie, « le seul bonheur de la terre », et confiait sa souffrance au Père André qui l’éclairait et le réconfortait. Il passa toutefois ses examens de façon satisfaisante et il eut la grande joie de recevoir l’ordination sacerdotale le 12 octobre 1902.

Cependant, on constata qu’il était atteint de tuberculose. Le mal était très avancé. Le jeune prêtre n’avait révélé ses souffrances qu’au moment où il ne pouvait plus les cacher : pourquoi se plaindre quand on médite assidûment le chemin de croix du Sauveur ? Malgré un séjour en famille durant sept semaines, exigé par le Père Abbé, ses forces déclinèrent de plus en plus. À son retour au monastère, on l’envoya bientôt à l’infirmerie, nouvelle occasion d’offrir, pour le Christ et l’Église, ses souffrances physiques de plus en plus intolérables, aggravées par les négligences de son infirmier. Plus que jamais, le Père André l’écouta, le conseilla et le soutint. Il avait dit : « Quand je ne pourrai plus dire la Messe, Jésus pourra me retirer de ce monde ». Le 17 juin 1903, au petit matin, après avoir communié, Père Marie-Joseph rejoignit pour toujours le Christ Jésus.

On a parfois souligné la banalité de cette courte existence : seize années discrètes à Casseneuil et neuf années dans la clôture d’un monastère, à faire des choses simples : prière, études, travail. Des choses simples, mais qu’il sut vivre de façon extraordinaire; de petites actions, mais accomplies avec une générosité sans limites. Le Christ avait mis en son esprit, limpide comme une eau de source, la conviction que Dieu seul est le suprême bonheur, que son Royaume est semblable à un trésor caché et à une perle précieuse.

Le message du Père Marie-Joseph est très actuel : dans un monde de défiance, souvent victime de désespérance, mais assoiffé d’amour et de tendresse, sa vie peut être une réponse, surtout pour les jeunes en quête du sens de leur vie. Marie-Joseph était un adolescent sans relief et sans valeur aux yeux des hommes. Il doit la réussite de sa vie à la rencontre bouleversante de Jésus. Il a su se mettre à sa suite au sein d’une communauté de frères, avec le soutien d’un Père spirituel, à la fois témoin du Christ et capable d’accueillir et de comprendre.

Il est pour les petits et les humbles un exemple magnifique. Il montre comment vivre, jour après jour, pour le Christ, avec amour, énergie et fidélité, en acceptant d’être aidés par un frère, par une sœur, expérimentés, capables de les mener sur les traces de Jésus.

Marie-Joseph Cassant a été béatifié le 03 octobre 2004, par saint Jean-Paul II (>>> Homélie du Pape) en même temps que : Pierre Vigne, Anna Katharina Emmerick, Maria Ludovica De Angelis, Charles d’Autriche. Ce furent les dernières béatifications de saint Jean-Paul II.

  • le 17 juin 334 : loi de Constantin Ier sur la tutelle des veuves et des orphelins.
    • le 17 juin 676 : mort du pape Adéodat II.
  • le 17 juin 1374 : décès de Bertrand de Cosnac, dit le « Cardinal de Comminges », cardinal et juriste français.
    • le 17 juin 1429 : victoire de sainte Jeanne d’Arc à Beaugency.

L’Anglais contrôle pratiquement tout le nord de la France fin de 1428. Le pont d’Orléans a été détruit peu de temps avant la levée du siège. Les Français ont en outre perdu le contrôle de tous les autres points de passage du fleuve.

La bataille de Beaugency se déroule les 16 et 17 juin 1429. Beaugency est alors une petite ville sur la côte nord de la Loire qui contrôle un pont devenu stratégique. Les Anglais en sont les maîtres. L’attaque française vise à reprendre le pont et la ville, pour redonner une ligne de communication vitale vers Reims. Ce pont avait été conquis par les Anglais quelques années plus tôt, comme une tête de pont pour une future invasion du Sud de la France. Cette campagne française de la Loire compte cinq actions majeures : le siège d’Orléans, la bataille de Jargeau, la bataille de Meung-sur-Loire, la bataille de Beaugency, la bataille de Patay. Contrairement à Meung-sur-Loire, la place forte de Beaugency se trouve dans les murs de la ville. Cette place existe toujours et forme une imposante citadelle rectangulaire. Dès le premier jour de la bataille, les Anglais abandonnent la ville pour se réfugier dans le château. Les Français bombardent le château avec leur artillerie, le même soir de Richemont arrive avec ses hommes, malgré sa disgrâce royale il vient porter secours aux Français. C’est le premier grand ralliement à la cause royale. Beaucoup vont suivre les Bretons. Cette campagne tue, capture ou met hors de combat environ un tiers des officiers anglais et de l’élite militaire anglaise, les fameux archers aux arcs longs.

  • le 17 juin 1647 : fin du siège de Lérida.

C’est le 12 mai 1647 que débute le siège de Lérida avec l’arrivée de Louis II de Bourbon-Condé, dit Le Grand Condé. Mazarin, voulant l’éloigner de France, lui a fait miroiter la victoire, là où Henri de Lorraine-Harcourt avait échoué l’année précédente : Lérida. Le Grand Condé se fait un plaisir de le relever. Mais les pertes immenses et les désertions font que le siège est levé le 17 juin 1647. C’est un échec.

  • le 17 juin 1689 : apparition du Sacré Cœur à sainte Marguerite Marie Alacoque.

Sainte Marguerite Marie a bénéficié de nombreuses apparitions, à tel point que les sœurs de sa communauté l’ont longtemps prise pour une possédée. Le 17 juin le Christ lui apparaît pour lui donner un message pour la France et pour Louis XIV.

Le premier message s’adresse au Roi :

« Il désire entrer avec pompe et magnificence dans la maison des princes et du Roi, pour y être honoré, autant qu’il y a été outragé, méprisé et humilié en sa passion  »

Mais plus spécifiquement à Louis XIV :

<< Fais savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur que, comme sa naissance a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu’ il fera de lui-même à mon cœur adorable qui veut triompher du sien et, par son entremise, de celui des grands de la terre… pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la Sainte Église »

Le deuxième message :  » Le Père Éternel voulant réparer les amertumes et angoisses que l’adorable Cœur de son divin Fils a reçues dans la maison des princes de la terre veut établir son empire dans le cœur de notre Grand monarque, duquel il veut se servir pour l’exécution de ses desseins.  »

Le Roi est fils aîné du Sacré-Cœur en qualité de chef d’État de même que la France est fille aînée de l’Église.

Le troisième message demande au Roi :  » d’être peint sur ses étendards et gravé sur ses armes pour le rendre victorieux de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds les têtes orgueilleuses et superbes, afin de le rendre triomphant de tous les ennemis de la Sainte-Eglise « .

Le quatrième message est : de  » faire construire un édifice où sera le tableau de ce divin Cœur, pour y recevoir la consécration et les hommages du Roi et de toute la cour. Dans cet édifice le chef de la nation française reconnaîtra l’empire du divin Cœur sur lui-même et la nation, il proclamera sa royauté, se dira lieutenant du Christ « .

Sainte Marguerite-Marie résume les conséquences du culte public au Sacré-Cœur :  » Je prépare à la France un déluge de grâces lorsqu’elle sera consacrée à mon divin cœur.  »

Voir la chronique du 27 juin.

L’information est transmise au Roi qui ne fait pas la consécration demandée. Louis XVI la fera, mais alors il n’est plus Roi.

  • le 17 juin 1714 : naissance César-François Cassini, astronome français.

César-François Cassini est aussi connu sous les noms de Cassini III ou Cassini de Thury. Dès son plus jeune âge il montre un intérêt profond pour l’astronomie. En 1735, il fait son entrée à l’Académie des sciences en tant qu’adjoint astronome. Ses travaux sont relativement peu connus. On lui reconnaît aujourd’hui sa célèbre carte de France. Il décède le 4 septembre 1784.

  • le 17 juin 1789 : les États généraux, sur proposition de Sieyès, se transforment en Assemblée nationale.

Cent ans jour pour jour après la demande de Notre Seigneur, le Tiers-Etat se proclame Assemblée Nationale. C’est la fin de la monarchie capétienne et le début de la révolution française.

C’est un véritable coup d’état législatif qui se passe ce jour là. Le Tiers état décide par 490 voix contre 90 de se constituer une Assemblée nationale, sans avoir aucune compétence légale pour cette décision. Les pouvoirs et les droits du monarque, ainsi que ceux des deux autres corps le clergé et la noblesse sont foulés au pied. Cette assemblée dénie au Roi le droit de veto sur ses décisions. Le 19 juin, le clergé et la noblesse sont abolis. Le 9 juillet, l’assemblée est déclarée « constituante ». Cent ans jours pour jour après la demande, jamais réalisée, du Sacré Cœur de figurer sur les étendards du Roi de France !

Par deux fois, le ciel a fait des promesses de salut et des demandes de consécration, l’une à Paray le Monial, par Notre Seigneur et son Sacré Cœur, (voir éphéméride du 13 juin), l’autre par Notre Dame à Fatima et son Cœur Immaculé.

Pour en savoir plus sur les liens entre ces deux Cœurs, consulter le site du centenaire des apparitions de Fatima : www.fatima100.fr

  • le 17 juin 1793 : allocution du Pape Pie VI au sujet de l’assassinat de sa Majesté Très Chrétienne Louis XVI, Roi de France.

Le livre est téléchargeable sur internet ici :

http://books.google.fr/books?id=0MhBAAAAcAAJ&pg=PA7&dq=le+pie+VI+au+sujet+de+la+mort+de+louis+xvi&hl=fr&sa=X&ei=DPumU6DDF46b0wW3g4GICQ&ved=0CB8Q6AEwAA

En voici des extraits :

« Le Roi très-chrétien Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie; et ce jugement s’est exécuté.

Nous vous rappellerons en peu de mots les dispositions et les motifs de cette sentence. La convention nationale n’avait ni droit ni autorité pour la prononcer. En effet, après avoir abrogé la monarchie, le meilleur des gouvernements (1), elle avait transporté toute la puissance publique au peuple qui ne se conduit ni par raison ni par conseil, ne se forme sur aucun point des idées justes, apprécie peu de choses par la vérité, et en évalue un grand nombre d’après l’opinion ; qui est toujours inconstant, facile à être trompé et entraîné à tous les excès […] » (page 5)

  1. Bossuet

« Eh! Qui pourra jamais douter que ce monarque n’ait été principalement immolé en haine de la foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques? Déjà depuis longtemps les Calvinistes avaient commencé à conjurer en France la ruine de la religion catholique. Mais pour y parvenir il fallait auparavant préparer les esprits et abreuver les peuples de ces principes impies que les Novateurs n’ont ensuite cessé de répandre dans des livres qui ne respiraient que la perfidie et la sédition.[…]» (Pages 15-16)

On s’est efforcé, il est vrai, de charger ce prince de plusieurs délits d’ordre purement politique ; mais le principal reproche qu’on ait élevé contre lui, portait sur l’inaltérable fermeté avec laquelle il refusa d’approuver et de sanctionner le décret de déportation des prêtres, et sur la lettre qu’il écrivit à l’évêque de Clermont pour lui annoncer qu’il était bien résolu de rétablir en France, dès qu’il le pourrait, le culte catholique. Tout cela ne suffit-il pas pour qu’on puisse croire et soutenir sans témérité que Louis fut un martyr ? […] » (Pages 27-29)

Et le Saint Père termine en s’adressant à la France avec des accents qui ressemblent à ceux du pape Jean Paul II au Bourget en 1980 :

« Ah France ! Ah France ! Toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de toute la chrétienté et l’inébranlable appui de la foi ; toi qui par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le Siège apostolique, ne marche pas à la suite des autres nations, mais les précède toutes, que tu nous es contraire aujourd’hui ! De quel esprit d’hostilité tu parais animée contre la véritable religion ! Combien la fureur que tu lui témoignes surpasse déjà les excès de tous ceux qui se sont montrés jusqu’à présent les persécuteurs les plus implacables ! Et cependant, tu ne peux pas ignorer, quand même tu le voudrais, que la religion est la gardienne la plus sûre, et le plus solide fondement des empires, puisqu’elle réprime également, et les abus dans les princes qui gouvernent et les écarts de la licence dans les sujets qui obéissent. Eh ! C’est pour cela même que tous les factieux adversaires des prérogatives royales cherchent à les anéantir, en s’efforçant de renverser d’abord la foi catholique.

Ah ! Encore une fois France ! Tu demandais toi-même auparavant un Roi catholique ; tu disais que les lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un Roi qui ne fût catholique. Et voilà maintenant que tu l’avais ce Roi catholique ; et c’est précisément parce qu’il était catholique que tu viens de l’assassiner.

Ta rage contre ce monarque s’est montrée telle, que son supplice même n’a pu l’assouvir, ni l’apaiser. Tu as voulu la signaler encore après la mort sur ses tristes dépouilles ; car tu as ordonné que son cadavre fût transporté et inhumé, sans aucun appareil d’une honorable sépulture. Ah ! Du moins on respecta encore la majesté royale dans Marie Stuart après la mort. Son corps fut embaumé, rapporté dans la citadelle et placé dans un dépôt pour le recevoir. On donna l’ordre à ses officiers et à ses domestiques de rester auprès du cercueil, aves toutes les marques de leurs dignités, jusqu’à ce qu’on eût destiné à cette princesse une sépulture convenable. Qu’as-tu gagné en te livrant à une animosité que tu n’as pu satisfaire, si ce n’est de t’attirer plus de honte, plus d’infamie, et de provoquer le ressentiment et l’indignation générale des souverains, beaucoup plus irrités contre toi qu’ils ne le furent jamais contre Elisabeth d’Angleterre.

Oh jour de Triomphe pour Louis XVI, à qui Dieu a donné la patience dans les tribulations, et la victoire au milieu de son supplice… (Pages 33-37)

  • le 17 juin 1795 : assassinat du chef chouan de Boishardy de Moncontour, en Bretagne.

Amateur-Jérôme Le Bras des Forges de Boishardy chevalier de Boishardy, est un chef chouan des Côtes-du-Nord. Né à Bréhand, il appartient à la petite noblesse bretonne.

Il entre au Royal-Marine en 1780, qu’il quitte le 9 juillet 1792, s’opposant au départ de son régiment pour Saint-Domingue. Mais c’est la levée des 300 000 hommes en mars 1793 qui le pousse vers la Chouannerie. Boishardy, charismatique et accessible s’impose naturellement comme chef de la chouannerie dans la région. Il prend part à la première insurrection, celle de La Rouërie, qui le désigne pour commander les forces militaires de l’Association bretonne sur les Côtes-du-Nord. Il est reconnu ailleurs aussi, puisqu’il est en contact avec le Vendéen François de Charette.

La prise de Jugon-les lacs une petite ville entre Lamballe et Dinan, où il abat l’arbre de la liberté, et déambule avec ses hommes tout en parlant avec les habitants, lui vaut le surnom de Sorcier, donné par les bleux, car la prise ne fait aucun mort et tous les soldats républicains sont capturés.

Les républicains ayant été instruits qu’il se trouverait le 15 juin 1795 dans son château de Villehemet, une compagnie de grenadiers l’y attaque. Il devait en effet se marier dans la nuit du 16 au 17 juin. Il est trahi par un jeune homme qu’il avait recueilli.

Atteint et achevé à coups de sabre par deux soldats sur la route de Bréhand à Moncontour, près de la chapelle Saint-Malo, où un calvaire marque le lieu encore aujourd’hui, en présence de sa fiancée Joséphine de Kercadio, sa tête sanglante est promenée dans les rues de Lamballe et de Moncontour puis jetée dans l’étang de Launay.

La mort de Boishardy (par Yan’ Dargent)

  • le 17 juin 1818 : naissance de Charles Gounod, compositeur français.
  • le 17 juin 1884 : renforcement du protectorat du Cambodge par la France.

Le traité de protectorat date du 5 juillet 1863. Après vingt ans d’administration indirecte, les autorités du Protectorat souhaitent rationaliser le système d’exploitation et l’étendre au pays tout entier. Le roi Norodom 1er ne le souhaite pas. Le gouverneur de Cochinchine Charles Thomson se rend à Phnom Penh, pénètre de force dans le palais royal et, le 17 juin 1884, impose au roi la signature d’une convention qui renforce le protectorat en donnant la gestion des affaires intérieures aux Français. Des révoltes vont éclater tout au long des deux années suivantes et un nouvel accord est signé en 1886.

  • le 17 juin 1885 : la Statue de la Liberté arrive à New York.

La statue, don des Français, est transportée par bateau en deux mois. Elle arrive en morceaux détachés empaquetés en 210 caisses par le navire français Isère, parti du port de Rouen. Cette statue de bronze de 46 mètres de haut est l’œuvre du sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi, franc-maçon, l’armature de fer a été conçue par Gustave Eiffel, autre maçon. Le socle, à la charge des Américains, n’étant pas achevé, la statue n’est inaugurée que le 28 octobre 1886.

  • le 17 juin 1909 : naissance de Régine Pernoud, historienne, archiviste et paléographe française.

Historien de renom, spécialiste du Moyen-âge, c’est un des premiers écrivains qui ose braver les mensonges officiels que diffusent l’éducation nationale et les médias sur la vie des Français au Moyen-âge. Elle prouve que loin d’être une période sombre et trouble c’est une des périodes phares de l’histoire de notre pays ; la place de la femme dans la société étant bien plus enviable et respectée que de nos jours.

Parmi les principales œuvres se trouvent : La femme aux temps des cathédrales ; Pour en finir avec le Moyen-âge ; Vie et mort de Jeanne d’Arc ; les témoignages du procès de réhabilitation; Les Croisades; Jeanne devant les Cauchons

  • le 17 juin 1923 : consécration de l’Église Notre-Dame du Raincy.

L’église Notre-Dame du Raincy est une église moderne construite en 1922-1923 par les architectes français Auguste et Gustave Perret, en Seine-Saint-Denis. Elle est considérée comme un monument emblématique de l’architecture moderne, et doit sa célébrité au fait qu’il s’agit de la première église construite en béton armé en France. À ce titre, elle a été classée comme monument historique par un arrêté du 29 juin 1966. On la surnomme parfois la « Sainte-Chapelle du béton armé ».

  • le 17 juin 1940 : Philippe Pétain demande l’armistice.

Le Maréchal s’adresse à la Nation par la radio pour l’en informer. Churchill, le lendemain, parle à la BBC du « traité » du 28 mars qui oblige la France à poursuivre la guerre…

Le maréchal Pétain lors de son allocution radiophonique

« Français ! A l’appel de Monsieur le Président de la République, j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du gouvernement de la France.

Sûr de l’affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes ; sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli nos devoirs vis-à-vis de nos alliés ; sûr de l’appui des Anciens Combattants que j’ai eu la fierté de commander ; sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.

En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut tenter de cesser le combat.

Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l’Honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.

Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n’écouter que leur foi dans le destin de la patrie. »

  • 17 juin 1944 : le secret de Fatima est connu de l’Eglise catholique.

Sœur Lucie remet une enveloppe cachetée contenant la troisième partie du secret à Monseigneur Feirrera da Silva, lequel la remet le soir-même à l’évêque de Leiria.

Voir le site www.fatima100.fr

18 juin : projection de La Rébellion cachée à Rambouillet

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La Rébellion cachée sera projetée à Rambouillet ce lundi 18 juin à 20h30, en présence du réalisateur. Venez nombreux ! Pour organiser votre projection : rebellion.rabourdin@gmail.com

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Le pape sur l’avortement : aujourd’hui nous faisons comme les nazis et en gants blancs

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Lu ici :

« J’ai entendu dire qu’il est à la mode, ou au moins habituel, de faire au cours des premiers mois de grossesse des examens pour voir si l’enfant ne va pas bien ou s’il naîtra avec quelque chose (un problème, ndlr), le premier choix étant de s’en débarrasser », a déclaré le pape en recevant au Vatican des représentants d’associations familiales.

« Au siècle dernier, tout le monde était scandalisé par ce que faisaient les nazis pour veiller à la pureté de la race. Aujourd’hui nous faisons la même chose en gants blancs« , a déclaré le pontife argentin.

Le pape s’est aussi interrogé: « Pourquoi ne voit-on plus de nains dans les rues ? Parce que le protocole de nombreux médecins dit: il va naître avec une anomalie, on s’en débarrasse ».

S’exprimant sur la question de la famille, le pape a observé qu' »aujourd’hui on parle de familles diversifiées, de divers types de familles. Oui c’est vrai: famille est un seul et même mot, on dit aussi la famille des étoiles, la famille des animaux ». « Mais la famille, à l’image de Dieu, homme et femme, il n’y en a qu’une seule« , a poursuivi Jorge Bergoglio.

« La famille est une belle aventure et aujourd’hui, c’est une souffrance que de le dire, on observe que souvent on pense à fonder une famille, à se marier, comme s’il s’agissait d’une loterie. Si ça va, ça va et si ça ne va pas, on efface tout et on recommence », a déploré le pape.

Vous n’avez pas suivi le mariage d’Harry et Meghan ce samedi 19 mai 2018…

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Car, selon Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté :

NDC2018-0404« … car vous étiez, chers pèlerins, avec nous sur les routes de Chartres au pèlerinage de chrétienté et vous avez eu bien raison !

Les chiffres cette année sont éloquents : 13 000 participants, 3 400 anges gardiens (non marcheurs), 7000 personnes ont assisté à la messe du lundi de Pentecôte en direct sur internet et près de 34000 en rediffusion les jours suivants. Et pour continuer à vous accabler de chiffres, chacune de nos vidéo-formations est regardée par près de 10 000 personnes.

Rassurez-vous, nous n’évaluons pas le « succès » du pèlerinage par des chiffres, nous les prenons pour ce qu’ils offrent : une tendance, un indicateur. Cette affluence montre l’enthousiasme, la ferveur que suscite notre marche-retraite de Pentecôte depuis 36 années. Le pèlerinage se développe et touche de nouveaux pèlerins tout en conservant les familles amies, fidèles de longue date, parfois sur plusieurs générations. Pour vous avoir rencontrés et avoir parlé avec vous pendant ces trois jours, j’ai observé que notre pèlerinage attirait aussi de plus en plus de catholiques découvrant les exigences spirituelles, intellectuelles et matérielles de la forme traditionnelle, liturgique ou pastorale. Le pèlerinage, votre pèlerinage, occupe désormais une place de premier rang parmi les mouvements de résistance aux décadences de notre temps. 

Nous rendons grâce à Dieu d’avoir protégé les pèlerins. Nous sommes bien conscients des efforts immenses de beaucoup (et pendant toute l’année !) pour que « la colonne passe». Nous avons eu cette année quelques accidents de différentes natures. Nous félicitons et remercions les membres de l’organisation de leur courage pour assurer la sécurité des pèlerins.

La venue du cardinal Sarah a été un immense honneur et une grande joie. Il était très heureux de voir ces familles et ces enfants l’accueillir avec ferveur ! Relisez son homélie du lundi et priez bien pour lui, il me l’a expressément demandé quand je l’ai salué dans la crypte.

Le samedi, la messe de ND de Paris a été célébrée par le Père Zago avec une homélie de Monseigneur Jachiet, évêque auxiliaire de Paris, que je remercie pour ses mots : « Que nos cœurs s’ouvrent à l’Esprit Saint répandu sur l’Eglise au jour de la Pentecôte. Que nous recevions encore l’Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir parce qu’il ne le connaît pas ».

La messe du samedi à Amblainvilliers a été célébrée par le Père Louis-Marie, chanoine régulier de la Mère de Dieu, dont les mots sur le Saint Esprit auront touché les Familles et Enfants « En venant habiter dans nos âmes, il nous rend aimables à Dieu, de son amour à lui… et nous permet d’aimer Dieu, de son amour à lui. C’est ainsi qu’il nous console en nous conduisant à Dieu qui dépasse toutes nos limites ».

Je remercie également l’abbé Paul-Joseph, supérieur du district de France de la Fraternité Saint Pierre, pour la magnifique messe du dimanche aux Courlis. Vous aurez noté la nouvelle utilisation du terrain, très bien agencé par la Logistique de NDC avec un semi-remorque/velum de haute technologie !

Cette année aura également été marquée par la venue le dimanche après-midi du nouvel évêque de Chartres, Monseigneur Christory, qui a célébré le Salut du Saint Sacrement le soir à Gas. Je le remercie d’avoir marché avec nous le dimanche de Pentecôte, dès ses premiers jours comme évêque de Chartres.

Nous avons également une pensée de reconnaissance pour le Sanctuaire de San Giovanni Rotondo qui a autorisé la venue des reliques du cœur de Saint Padre Pio en présence de 4 frères capucins. Nous avons voulu encourager, stimuler la vie spirituelle de nos pèlerins par la Messe et le sacrement de Confession. Pour la première fois, les reliques de Padre Pio venaient en France lors de messes tridentines.

En arrivant à Gas, dimanche sur le bivouac, vous avez peut-être remarqué un regroupement inhabituel. Nous avions organisé un verre de l’amitié avec les cadres pèlerins des premières années, nos amis du Centre Henri et André Charlier. Ce sont eux qui ont créé le pèlerinage dans des conditions difficiles qui étonneraient les générations actuelles. Je remercie Bernard Antony de nous avoir parlé de Dom Gérard, fondateur de ce pèlerinage qu’il a voulu de chrétienté pour inspirer les hommes de notre temps. La réunion habituelle des chefs de chapitre a pris la suite de cette rencontre, une continuité en forme de symbole de ce que nous essayons d’entretenir.

Pour continuer la méditation de notre pèlerinage sur Saint Joseph, je vous engage cet été à prier pour les familles sous la protection de la Sainte Famille avec la prière suivante : « Sainte Famille de Nazareth, Petite Trinité sur la terre, Jésus Dieu sur la terre, Marie épouse de l’Esprit, Joseph ombre du Père, rendez-nous semblable à vous ! Petite Trinité sur la terre, Joseph mourant d’amour pour Marie, Marie mourant d’amour pour Jésus, Jésus mourant d’amour pour le monde, rendez-nous semblable à vous ! »

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous ! »

TV Libertés : Nous aurons trois télévisions et s’il le faut nous irons sur Rutube, sur Chine Tube ou sur Machin Tube

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Suite à la censure de la chaîne Youtube de TV Libertés, Martial Bild explique sur Boulevard Voltaire :

Capture d’écran 2018-06-16 à 18.32.50« 24h plus tard, nous ne savons absolument rien. Le journal télévisé du 14 juin aurait été arrêté et bloqué en raison d’une atteinte, selon YouTube, au droit d’auteur. En réalité, nous avions utilisé le droit à l’emploi de courtes citations, prévu dans le droit français et donc inattaquable. Néanmoins, nous avions obtempéré. Pour que le journal sorte, nous avions accepté les injonctions de YouTube, quitte à demander à ce que notre bon droit soit reconnu ultérieurement. Mais à peine avions-nous fait cela que l’ensemble de la chaîne a été supprimée. J’attire votre attention sur le fait que l’ensemble de la chaîne représente 5000 émissions et un patrimoine colossal de quatre années. You tube n’a jamais rien eu à redire jusque-là sur nos activités et ce sont 100000 abonnés qui sont spoliés du fait de cette décision unilatérale et absolument arbitraire.

Avez-vous eu des nouvelles de l’hébergeur YouTube ?

Nous n’avons aucune nouvelle de leur part. Ils ont basé leur action sur un argument juridique dérisoire d’autant que tous les You Tubers ont de la même façon recours à ce procédé. C’est ce qui me fait dire que nous avons subi une décision politique. Comment voulez-vous expliquer que YouTube qui a des dizaines de millions de vues grâce à TV Libertés chaque année s’en prive d’un seul coup de bouton? Comme dans Big Brother, nous n’avons aucun visage et aucun nom sur celui qui a pris cette décision.

Quelle solution avez-vous trouvée pour pallier à cette absence de moyen de diffusion ?

Nous n’allons certainement pas nous laisser abattre. Nous connaissons l’adversité. Ce n’est pas à Boulevard Voltaire que je vais donner une leçon sur ce point. Nous savons vivre dans l’adversité et peut-être mieux que les autres. Ils nous ont supprimé une chaîne de télévision, nous en aurons trois. Nous avons pris la décision d’aller sur d’autres plateformes. Nous aurons trois télévisions et s’il le faut nous irons sur Rutube, sur Chine Tube ou sur Machin Tube, peu importe. Mais il est sûr et certain que TV Libertés continuera à fonctionner.

Nos techniciens ont passé toute la nuit à remettre en place les émissions de la semaine. Nous préparons tous les rendez-vous à venir, et notamment le journal télévisé, bistro liberté, le samedi politique ou terre de missions le dimanche. Tous ces rendez-vous seront maintenus et nous serons là. Il y a cependant deux obligations pour ceux qui aiment TV Libertés et qui souhaitent nous suivre. Il leur faudra désormais prendre comme point de ralliement notre site TV Libertés.com. Ils verront au fur et à mesure apparaître des chaînes plateforme de nos vidéos et ils pourraient s’y abonner. Il faudra faire preuve de beaucoup de mobilité. Nous sommes tous dans un phénomène de résistance et de dissidence. Quand on résiste, ce ne sont pas des mots vains, il faut apprendre à contourner l’adversaire et à aller là où il ne nous attend pas.

Nous avons du travail, mais il ne sera pas possible de faire taire la presse alternative. Elle gêne puisque c’est précisément au moment où nous faisions une campagne importante et cruciale pour TV Libertés de soutien financier, mais surtout de lutte contre la loi contre les Fakes News et que nous nous affirmons comme une chaîne de presse alternative et de contre-pouvoir que nous sommes soumis à ce dictat, à cet oukase et à cette censure. »

Ils n’auront pas le loisir d’écouter Médine !

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Le Supérieur général de la FSSPX a pour mission d’œuvrer à une reconnaissance de la part du pape

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L’abbé Niklaus Pfluger, premier assistant général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, c’est-à-dire qu’il seconde directement Mgr Bernard Fellay, vient d’accorder un entretien au journal américain Catholic Family News. Ses propos interviennent à quelques semaines de l’élection du nouveau supérieur de l’œuvre fondée par Mgr Lefebvre et dont les instances vont se réunir courant juillet à Écône à l’occasion du 4e chapitre général de son histoire. Dans ses réponses qui ont été traduites et publiées sur le site de la Maison Générale de la FSSPX, l’abbé Pfluger, prêtre suisse germanophone, rappelle la nécessité de travailler à la reconnaissance de la communauté de prêtres par le Saint-Siège :

Unknown-15« Nos Statuts donnent un principe de solution : le Supérieur général en son Conseil a pour mission d’œuvrer à une reconnaissance de la part du pape. Ce n’est rien d’autre que la procédure normale pour tout nouvel Institut religieux : il ne commence réellement d’exister que lorsqu’il est érigé canoniquement au sein d’un diocèse. Encore une fois, c’est la manière de faire propre à tout Institut religieux dans l’Eglise. Et c’est en vertu de ce principe que Mgr Lefebvre est allé à Rome, pour s’entretenir avec les papes Paul VI, Jean-Paul II, ainsi qu’avec des membres de la Curie. Garder le contact avec Rome : c’était là une nécessité impérieuse pour notre Fondateur à partir de la première injuste condamnation dont il fit l’objet, en même temps que son œuvre, et ce dans le but précis de faire lever cette sanction indue. […] Notez d’ailleurs qu’il n’y a rien d’exceptionnel pour le Supérieur d’un Institut religieux dans l’Eglise catholique, d’être en charge des démarches légales devant mener à une reconnaissance formelle de la part des autorités de l’Eglise. Cela relève de la compétence même du Supérieur légitime, parce que l’Eglise n’est en rien une démocratie.

Il est également revenu sur le statut des évêques consacrés par Mgr Lefebvre en 1988 ainsi que sur le fonctionnement du chapitre général.

5ème anniversaire des Veilleurs de Châlons-en-Champagne

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Ce lundi 11 juin, les Veilleurs de Châlons-en-Champagne ont fêté leur cinquième anniversaire, un mois après celui des Veilleurs de Reims :

P1010113« Comme nous le faisons une fois par mois depuis juin 2013, nous nous sommes réunis sur les marches de l’Hôtel de Ville, de 20h30 à 21h30. Nous tenons à nous réunir en ce lieu, car notre maire, Benoist Apparu, fut l’un des seuls au sein de l’UMP, à avoir voté la loi Taubira

Nous avons partagé des textes traitant de divers sujets d’actualité :

  • l’irresponsabilité de Mme Belloubet qui veut libérer de prison des islamistes et des terroristes ;
  • la déconfiture des « progressistes » à l’occasion des 50 ans de mai 68 ;
  • la seconde lettre de Madame Viviane Lambert adressée à Emmanuel Macron (Châlons se trouve à 50 kms de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert).

Nous tenons aussi à réserver une place à la littérature, afin de prendre un peu de hauteur spirituelle :

  • un article sur Bernanos, prophète de l’anti-modernité ;
  • de larges extraits de la Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres de Charles Péguy.

Notre présence n’a pu échapper à une trentaine de personnes sortant d’une réunion à l’Hôtel de Ville. Trois d’entre elles nous ont fait comprendre que l’essentiel pour un enfant être aimé, quel que soit le sexe de ses parents. Inutile de vous préciser que ce fut le seul et unique « argument » qui nous fut donné de leur part…

Fort heureusement, auprès de la dizaine de passants qui a bien voulu discuter un peu avec nous, nous avons pu constater combien la légalisation de la PMA sans père et de la GPA est loin de faire l’unanimité dans le peuple français ! En effet, sur ces sujets, nous avons reçu les soutiens d’un homme de 60 ans, mais aussi d’un groupe de jeunes mères de familles qui promenaient leur progéniture en poussette. Entre temps, deux SDF nous avaient rejoints, partageant nos inquiétudes sur l’avenir des enfants…

A la fin de notre réunion, alors que le champagne commençait à remplir les verres, un jeune homme d’une vingtaine d’années nous a parlé d’une de ses amies, âgée de 19 ans, qui se drogue car, selon lui, elle a du mal à se remettre d’avoir été élevée par « deux mamans »… Ce même jeune homme, faisant décidément preuve de bon sens, ne comprenait pas ces homosexuels qui veulent un enfant à tout prix, comme des ados capricieux réclament un animal de compagnie… Avant de nous quitter, il a bien voulu prendre la photo jointe. Nous avons trinqué non seulement à nos cinq ans révolus, mais aussi aux cinq prochains, conscients que notre juste combat pour la défense de notre culture et de notre civilisation ne fait que commencer…

Comme le dit saint Paul dans son épître aux Romains : « L’espérance ne déçoit pas. » »

24 juin : Fête de l’Ecole Sainte Geneviève du Port Marly (78)

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6ème université d’été de La Manif Pour Tous les 22-23 septembre dans le sud de Paris

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Sont déjà annoncés

  • Pierre Manentprofesseur de philosophie politique et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.
  • Gregor Puppinck, directeur de l’ECLJ ;
  • Patrick Buisson.

20 euros le week-end tout compris pour les moins de 25 ans (avec même dîner et soirée du samedi soir, nuit sous le chapiteau).

L’inscription se fait par là.

Ue2018-Savethedate-PartFB

Nantes : le Cours Charlier recrute

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Capture d’écran 2018-06-13 à 17.01.27

Russie, pourquoi tant de haine ?

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Par Emmanuel Leroy

Rendez-vous Lundi 25 Juin vers 19h30 au Parloir du Vieux Colombier

9 Rue du Vieux Colombier, 75006 Paris (métro 4 St. Sulpice)

Participation aux frais : 10€.

Tournée des Petits chanteurs de l’école Saint-Joseph des Carmes près de Carcassonne

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Les arguments des partisans du statu quo sur la PMA

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Synthèse réalisée par La Manif Pour Tous :

Capture d’écran 2018-06-15 à 18.40.58Les participants se sont très largement exprimés sur l’évolution de la PMA, c’est-à-dire sur l’éventuelle légalisation de la PMA pour les femmes seules et les couples de femmes. Sauf exceptions, ils ne s’expriment pas sur la PMA en elle-même. Ils sont, autrement dit, très concentrés sur le sujet même de la PMA tel que posé dans le cadre des états généraux de la bioéthique 2018.

Les participants expriment leur compréhension vis-à-vis du désir d’enfant, qu’ils estiment  « compréhensibles ». Pour eux, l’idée de permettre aux femmes seules et aux couples de femmes d’avoir accès à la PMA part de « bons sentiments ». Ils indiquent aussi qu’ils ne remettent pas en cause la « capacité d’amour » des femmes seules et des couples de femmes.

Mais ils soulignent que « procréer permet certes à des adultes d’avoir des enfants, mais c’est aussi ce qui permet à des enfants d’avoir un père et une mère. »

Ils interrogent le sens qu’aurait une telle évolution de la PMA, ce qu’elle signifierait : elle serait signe d’une « toute puissance » fondée sur « le refus des limites » et la possibilité de s’en affranchir par le détournement de techniques médicales. Et si la médecine devient une « prestation de service », « qui pourra poser des limites quand on sait que le marché comme le désir humain n’en ont pas ? » De fait, écrit l’un d’eux, « les progrès médicaux doivent contribuer à l’optimisation des conditions de vie de l’espèce humaine, pas à en modifier les contours et les perspective ».

Une telle évolution instaurerait un « nouveau mode de procréation » puisque, sauf exceptions, les couples homme-femme concevraient dans l’union charnelle tandis que les femmes seules et les couples de femmes recourraient systématiquement à la PMA. L’enfant serait alors « instrumentalisé au désir de la femme dont la maternité devient un en soi clos sur lui-même ».

Ce « changement de paradigme » s’appuierait sur le désir d’enfant, lequel justifierait  que la société organise et prenne en charge la conception d’enfants « pour des femmes en réalité fertiles ». Cela reviendrait à considérer que le désir crée un droit. Le désir n’est pourtant pas un besoin vital qui, lui, peut justifier la reconnaissance d’un droit.

Les participants estiment qu’une telle idée n’est pas conforme à la « fonction de la loi » ni au « rôle de l’Etat » : « comment accepter qu’un enfant puisse naître amputé de la moitié de son origine ? L’Etat ne peut être complice d’une telle spoliation. » Et, ajoute un autre, « si nous jugeons aujourd’hui sévèrement les époques qui ont toléré la méconnaissance des droits de certains, dans l’indifférence généralisée, comment se résigner à une loi méconnaissant les droits des enfants ? »

Certes, reconnaît l’un d’eux,

« il est vrai que certains pères ne sont pas dignes d’élever un enfant, mais qui vous dit que la mère seule ou le couple de femmes serait toujours plus digne ? Vous ne résolvez pas un problème et vous en ajoutez un autre. »

Les participants font part de leurs réflexions sur les implications individuelles et collectives de cette pratique :

« l’engendrement est toujours la rencontre du masculin et du féminin, quelle que soit la famille, quelle que soit la sexualité, c’est simplement  humain. La parenté, comme le patrimoine génétique, n’est jamais unisexuée (…) Prétendre à une filiation unisexuée est donc une aberration intellectuelle, psychique et sociale » écrit un internaute. « Etre issu de l’amour d’une mère et d’un père est fondamental pour l’enfant » rajoute un autre.

En effet, « les exemples sont nombreux d’enfants en questionnement long et difficile pour eux sur leurs vrais parents et ce, malgré tout l’amour dont peuvent les entourer ceux qui s’occupent d’eux. » Pour eux, « des racines sont aussi importantes pour la croissance d’un enfant que l’amour qui lui sera donné dans son éducation » et « en toute logique, un enfant élevé par un père et une mère bénéficie de davantage d’opportunités pour se construire en relation avec les deux sexes. »

Il est vrai que nombre d’enfants n’ont pas ou plus de relations avec leur père, mais « il y a une grande différence entre accepter les aléas de la vie et cautionner qu’une telle situation soit créée. » De fait, « il y a assez de problèmes et de violences dans notre société d’aujourd’hui. »

De nombreux internautes témoignent de leur propre expérience. Une enseignante de l’Education nationale raconte qu’elle

« constate déjà combien l’absence de père est source de désordre chez les jeunes dont [elle a] la charge tant sur le plan psychologique, affectif que social et symbolique (…) Quand ils peuvent parler librement, ils expriment un grand désarroi, ne considèrent jamais que pas de père, ce n’est pas grave (…) L’énergie que ces jeunes doivent déployer pour faire face à l’absence du père, en développant une stratégie de résilience, leur fait défaut pour se construire. »

Plusieurs évoquent les connaissances et enseignements tirés de la psychanalyse, dont « le complexe d’Œdipe », et « la forclusion du père » étudiée par Lacan. Du côté du père, les internautes soulignent qu’ « au moment où l’on demande aux pères d’en faire plus dans leur foyer, montrer que leur absence n’est pas un problème est totalement paradoxal. » En fait, écrivent-ils, « c’est la négation du père en tant que personne ». En étant sommé de s’effacer, « le donneur se réduit à l’état de réactif chimique ». Or, « est-ce respecter la personne qui sera issue de ce procédé ? N’avait-elle pas le droit, elle aussi, de s’inscrire en toute transparence dans la chaîne générationnelle de ses deux ascendances familiales ? La souffrance éprouvée par de nombreux enfants nés de cette façon nous apporte la réponse. Et qu’on ne nous dise pas qu’une fiche signalétique règlerait le problème ! »

Les participants estiment que « les liens charnels ont une importance fondamentale qui ne peut être niée et la rupture de la continuité entre génitalité et parentalité est un préjudice qu’il n’est pas acceptable de faire subir à l’enfant de façon délibérée dès sa conception. » En fait, « priver délibérément quelqu’un de cette mémoire génétique et l’amputer de ce passé est criminel » estime l’un d’eux.

Le rôle de la médecine est également sondé. Un internaute estime que « toute femme pouvant avoir un enfant par les moyens naturels n’a pas besoin d’être assistée médicalement pour cela », tandis que plusieurs insistent sur le fait que la médecine, c’est le « soin », le « traitement », la « réparation », et non « la réalisation des désirs ». Autrement, on ouvrirait la logique « transhumaniste » puisqu’ « il s’agit d’augmenter une femme d’une capacité qu’elle n’a pas (procréer seule ou avec une autre femme) ».

En ce qui concerne la mise en œuvre, des internautes évoquent l’obstacle pratique de la « pénurie de sperme », laquelle amènerait à le rémunérer et donc à la « marchandisation de l’humain », au « business de la procréation », L’un des participants, source à l’appui[1], détaille le fait que des pays où le sperme est officiellement gratuit achètent en fait dans les pays où il est rémunéré, à commencer par le Danemark : « la société de consommation s’étend ainsi au vivant et à l’humain ».

Autre conséquence pour l’avenir : la « mise en danger de la fraternité », du « vivre-ensemble », puisque « la société renoncerait à protéger les droits du plus faibles, l’enfant ». Une participante parle à ce sujet de « civilisation barbare ».

L’écologie est également évoquée : l’homme a abusé de la technique et constate les dégâts pour la planète. Peut-il faire de même pour la conception humaine ? Ne devrait-il pas plutôt appliquer à l’homme le principe constitutionnel de précaution, et ce d’autant plus qu’aucune étude incontestable n’existe encore et qu’il faudrait attendre au moins deux générations pour être certain de ses résultats. Suivant Cyrulnik, en effet, la 1e génération peut être résiliente, mais la 2ème souffrir de traumatismes hérités.

Alors que « nous sommes dans une société de la précaution et de l’élimination des risques dans les moindres actions de notre vie quotidienne. La moindre nouvelle thérapeutique, par exemple médicamenteuse, doit être validée par un processus très long, exigeant, fondé sur la preuve. Pourtant, sur des sujets qui concernent une société entière, on nous propose une fuite en avant (…) en refusant d’admettre leurs incertitudes et leurs risques potentiels. Sur le psychisme, l’organisation sociale, les dérives eugéniques, on ne recourt à aucun processus de validation qui s’imposent à n’importe quelle technique nouvelle (…) On est dans la pure immédiateté, dans l’individualité, sans réfléchir aux effets contraires, individuels et collectifs » développe un internaute. Et d’autres d’ajouter : « a-t-on le droit d’infliger d’emblée et au principe de la vie d’un enfant cette blessure dont nous ne savons pas à quelle profondeur elle l’atteint ? », « Mais de quel droit osons-nous priver sciemment des enfants de père ? »

Du point de vue juridique, de nombreux participants évoquent la Convention internationale des droits de l’enfant, mais aussi le rapport Braibant de 1988 sur le droit et l’éthique et la Directive européenne sur la santé.

Ainsi, de manière générale, les arguments des opposants à l’évolution de la PMA portent sur le sens de cette pratique, sur ses conséquences individuelles et collectives et sur les risques pour l’avenir.

Ils l’assimilent à une « dérégulation de l’anthropologie » et insistent sur l’impératif d’un principe de précaution pour ce qui concerne la procréation et la filiation humaine.

Le bilan complet des états généraux de la bioéthique 2018 est désormais disponible sur www.lamanifpourtous.fr

Du 24 au 28 septembre : bilan de compétences Ephata au Barroux

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The Maghreb and Orient Courier:URGENT / AFGHANISTAN – Les Talibans à Kaboul

URGENT / AFGHANISTAN – Les Talibans à Kaboul

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Le récent cessez-le-feu entre le gouvernement de Kaboul et les Talibans serait-il une simple éclaircie ou une annonce de printemps ?

Dans le film Treize jours, qui raconte la crise des missiles cubains d’octobre 1962, le secrétaire à la Défense de Kennedy, McNamara, explique à un amiral que le blocus naval de Cuba par la marine américaine, loin de n’être qu’une simple action militaire, est en fait un dialogue, dans un langage totalement nouveau, entre le président Kennedy et le premier secrétaire soviétique Nikita Krouchtchev.

Il en va de même avec le cessez-le-feu de trois jours déclaré par les Talibans, deux jours après que le président Ghani a lui-même ordonné à ses forces armées d’observer une trêve à l’occasion de la fête de l’Aïd qui marque la fin du Ramadan.

Que cette double décision ait résulté d’une négociation est évident : le 31 mai dernier, le général Nicholson, qui commande les troupes américaines en Afghanistan, lâchait l’information selon laquelle les Talibans menaient des discussions secrètes avec des officiels afghans sur un possible cessez-le-feu.

Depuis le vendredi 15 juin, les armes se sont donc (en partie…) tues en Afghanistan et elles devraient rester silencieuses jusqu’au dimanche 17 juin.

Dans un certain nombre de centres urbains, de capitales régionales, les combattants de l’insurrection talibane se sont ouvertement mêlés à la population, parfois aux côtés des forces de l’ordre.

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Même s’il reste d’une portée militaire limitée, ce geste de leur part représente incontestablement un tournant dans le dialogue secret, non reconnu officiellement mais bien réel, que le gouvernement de Kaboul mène avec les Talibans pour tenter de mettre fin à cette guerre civile de plus de quinze ans (et même de quarante ans si on la fait débuter en 1978, avec l’arrivée des premières troupes soviétiques venues renforcer le gouvernement procommuniste).

Un geste d’une portée militaire limitée

Le 7 juin 2018, le président Ghani ordonnait aux forces armées afghanes de respecter à partir du 12 juin une trêve unilatérale d’une semaine, suite aux recommandations d’une assemblée de quelque 3000 oulémas, qui avaient également prononcé une fatwa contre les attentats suicides – ce à quoi Daesh avait répliqué par un attentat suicide commis à l’entrée même du lieu de ce rassemblement et faisant quatorze morts.

Les Talibans ont mis deux jours à prendre la même décision de trêve – histoire sans doute de ne pas donner l’impression qu’ils répondaient directement à une initiative du président. Ils l’ont expliquée par leur volonté de permettre aux familles de se rassembler dans la joie pendant cette fête de l’Aïd.

Sous l’angle purement militaire, ce cessez-le-feu est important en ce qu’il est inédit depuis le début de l’insurrection, en 2002-2003, même si les combattants ont parfois, localement, respecté des périodes de trêves informelles.

Pour autant, il ne faut sans doute pas en attendre la fin immédiate et totale des hostilités entre le pouvoir afghan et ceux qui le combattent.

D’une part, les mouvements terroristes que sont Daesh et Al-Qaïda n’y sont pas associés.

D’autre part, les Talibans ont eux-mêmes annoncé qu’ils poursuivraient leurs attaques contre les militaires étrangers encore présents en Afghanistan, et qu’ils répliqueraient à toute agression venue des forces armées afghanes.

Enfin, le mouvement taliban n’étant plus aussi monolithique que lorsqu’il était dirigé par le mollah Omar (décédé en 2013), il est à prévoir que des commandants locaux s’opposeront au processus de paix – tout comme, inversement, certains ont commencé à se rallier au gouvernement.

De toute façon, comme l’a rappelé le général Nicholson, faisant référence au processus de paix conduit en Colombie qui mit fin à une guerre de 50 ans, il n’est pas rare que des combats se poursuivent pendant des périodes de trêve décrétées par les adversaires.

C’est au plan politique et diplomatique que cette trêve, aussi imparfaite soit-elle, revêt une grande importance

Tout d’abord, en termes de pure politique interne, cette brève cessation des hostilités entre les forces armées afghanes et l’insurrection constitue indéniablement un succès pour le président Ghani, qui en a bien besoin pour raffermir son pouvoir. Après le ralliement de Gulbuddin Hekmatyar, l’année dernière, elle est la seconde avancée significative qu’il peut revendiquer vers cette paix dont il a fait le cœur de sa politique.

Surtout, le fait que les Talibans aient saisi le rameau d’olivier que le chef de l’État leur tendait est bien, de leur part, une manière de reconnaître pour la première fois officiellement la légitimité d’un pouvoir qu’ils n’ont cessé de qualifier de « marionnette des États-Unis ». Ils n’ont d’ailleurs toujours pas répondu à l’offre de paix que leur a faite le président en février dernier, lorsqu’il s’est dit prêt à reconnaître leur légitimité s’ils acceptaient la constitution de 2004 et se constituaient en parti politique.

Ensuite, il a bien fallu que le réseau Haqqani donne son accord à ce cessez-le-feu, puisqu’il est le principal bras armé de la shura de Quetta, la direction politique du mouvement des Talibans afghans, ce qui fait de lui l’une des clés des négociations de paix à venir.

Cette trêve est également importante si elle traduit l’implication du Pakistan, qui, sous la pression de l’administration américaine, aurait persuadé ses protégés afghans d’accepter cette offre du président Ghani.

Le fait que l’Iran, par la voix de son ambassadeur à Kaboul, a salué ce cessez-le-feu est aussi à noter, car avec Islamabad, Téhéran sera l’un des partenaires régionaux incontournables dans toute négociation de paix entre le gouvernement de Kaboul et l’insurrection talibane.

De cette trêve, deux interprétations opposées sont possibles

Pour certains observateurs, les Talibans ont accepté cette trêve parce qu’ils sont en position de force. Ils peuvent donc se permettre de lâcher du lest, afin tout à la fois de « gagner les cœurs et les esprits » de la population (et dans une guerre insurrectionnelle, la psychologie des habitants est le seul terrain de manœuvre qui vaille) et de se démarquer des terroristes de Daesh. À l’inverse, c’est parce que le gouvernement serait sur la défensive et affaibli par ses divisions internes que le président Ghani aurait proposé cette trêve.

Mais on peut aussi faire l’interprétation inverse : si les Talibans ont accepté cette trêve, c’est parce que c’est eux qui sont sur la défensive. Qu’ils gagnent du terrain ne signifie pas grand-chose au regard de leur objectif politique, qui reste de renverser le pouvoir de Kaboul et de rétablir l’Émirat islamique qu’ils dirigeaient jusqu’en décembre 2001, lorsqu’ils ont été chassés du pouvoir par l’Alliance du Nord et les forces américaines. Même si elle contrôle une bonne partie des campagnes, une insurrection qui n’a pas de perspectives sérieuses de renverser le gouvernement en place perd la guerre.

*       *        *

Cette trêve ne sera-t-elle qu’une simple éclaircie dans un ciel désespérément orageux, ou annonce-t-elle le début d’un « printemps afghan » ?

Cette brève cessation des hostilités sera-t-elle comme la trêve de Noël 1914 que les soldats respectèrent dans leurs tranchées, mais qui n’empêcha pas la boucherie de se poursuivre ensuite ?

Ou au contraire marque-t-elle, pour reprendre l’expression de Churchill, le « début de la fin » de ce conflit ?

L’espoir est quand même permis… On le saura bien vite, dans les semaines qui viennent ; dans quelques mois au plus tard.

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