Arrêt sur infoMaintenant, les États-Unis préparent la troisième guerre mondiale Par Eric Zuesse le 21 avril 2016 Crises Etats-Unis Hégémonie Ingérence Russie Ukraine 8

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Dopage: le comité d’organisation des JO de Rio veut des athlètes « propres »
Venezuela : La « crise humanitaire », un concept de la guerre non conventionnelle
Le Canard enchaîné évoque la « complaisance » France/Etats-Unis envers Al-Quaida en Syrie
La Syrie impute à la France des frappes ayant tué plus de 120 civils dans le nord du pays
Leçons de Turquie : c’est le peuple qui décide
L’ancien président du Yémen dénonce les Saoudiens, les États-Unis et Israël pour leur soutien aux djihadistes
Syrie: Les « rebelles modérés » décapitent un gamin
Des rebelles syriens «modérés» se seraient filmés en train de décapiter un enfant à Alep

Thématique | Ingérence

Venezuela : La « crise humanitaire », un concept de la guerre non conventionnelle
Par Mission Vérité le 21 juillet 2016
venezuela manif

Le concept de « crise humanitaire », selon l’Organisation des Nations Unies, est en relation avec des situations d’urgence, de désastre produites par des événements naturels (tremblements de terre, inondations et tempêtes) et avec des conflits […]
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La Syrie impute à la France des frappes ayant tué plus de 120 civils dans le nord du pays
Par RT le 20 juillet 2016
france mirages

Des chasseurs français Mirage 2000 – © Benoit TessierSource: Reuter La Syrie demande à l’ONU de prendre des mesures après qu’un raid aérien français a causé la mort de plus de 120 civils le 19 juillet à […]
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L’ancien président du Yémen dénonce les Saoudiens, les États-Unis et Israël pour leur soutien aux djihadistes
Par Brandon Turbeville le 20 juillet 2016
Armed Yemeni tribesmen from the Popular Resistance Committees, supporting forces loyal to Yemen’s Saudi-backed fugitive President Abedrabbo Mansour Hadi, hold a position in Marib province, east of the capital, Sanaa on September 18, 2015. A Saudi-led coalition is making slow but steady progress five days into a major offensive towards the rebel-held capital of Yemen, a coalition source said. Taking Marib, in central Yemen, would allow the coalition to move on Sanaa which the Huthis seized last year. AFP PHOTO / ABDULLAH HASSAN / AFP PHOTO / Abdullah Hassan

Dans une interview avec la chaîne de télévision libanaise Al Mayadeen fin juin 2016, l’ancien président du Yémen Ali Abdullah Saleh, démis par la révolution de couleur manigancée en 2011 par l’Occident et dite Printemps arabe, […]
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Les Européens vont se révolter contre l’OTAN
Par William Engdahl le 19 juillet 2016
OtanDrapeau05322a

Le voile se lève pour les Européens : l’OTAN ne leur apporte rien de bon Le sommet de l’OTAN à Varsovie est une partie du jeu de poker nucléaire. Washington et les généraux de l’OTAN tentent de provoquer la Russie dans […]
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Les assassins de Muammar Gaddhafi et du peuple libyen courent toujours…
Par Françoise Petitdemange le 18 juillet 2016
_libye-sarkozy-bhl-cameron

Sommet de Paris, 19 mars 2011 Quatre années après la mort du Guide révolutionnaire, Muammar Gaddhafi, le 20 octobre 2011, qu’en est-il des chefs d’État qui ont fait bombarder son pays et qui ont commandité son […]
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Bachar el-Assad : «Nous voulons vaincre les terroristes, les Etats-Unis veulent s’en servir»
Par RT le 18 juillet 2016
Syrie – assad

Au cours d’un entretien avec la chaîne US NBC News, le président syrien est longuement revenu sur la guerre que traverse actuellement son pays, avant de se pencher sur la stratégie à adopter contre Daesh et […]
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« Monsieur le Premier Ministre, retirez notre pays de la coalition internationale »
Par Jonathan Dehoust le 17 juillet 2016
belgique

Opinion Jonathan Dehoust Etudiant en sciences politiques à l’Université Saint-Louis de Bruxelles Pour un attentat ici, on répond par plus de bombes là-bas. Et pour plus de bombes là-bas, eux répondent par plus d’attentats ici. OEil […]
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La multiplication des attentats : signe avant-coureur de l’effondrement d’un régime ?
Par Youssef Hindi le 15 juillet 2016
hollande-fabius-valls-montebourg-reuters

Préambule Article que j’ai écrit dans la journée et dans lequel j’évoque la déstabilisation du pouvoir turc (quelques heures avant la tentative de coup d’Etat), que j’annonce depuis octobre 2015. Dans cet article je reviens sur ma […]
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Des courriels piratés révèlent qu’un général de l’OTAN complotait contre Obama sur la politique envers la Russie
Par Lee Fang, Zaid Jilani le 15 juillet 2016
Otan – BREEDLOVE

Le général retraité de l’armée de l’air Philip Breedlove, commandant suprême des forces de l’OTAN en Europe, a secrètement planifié d’outrepasser la réticence d’Obama à intensifier les tensions militaires avec la Russie à cause de la […]
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« Blair et Bush sont des criminels » : le témoignage d’un ancien entrepreneur belge en Irak
Par Raphaël MEULDERS le 15 juillet 2016
barroso aux Azores

Hier, j’avais mis de côté l’article ci dessous pour le publier ce matin. Tout me paraît vain depuis ce moment où j’ai entendu les terribles nouvelles du dernier carnage à Nice… Encore un carnage horrible, insupportable, […]
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La grenade dans la main de Mme Merkel
Par Ulrich Gellermann le 13 juillet 2016
Merkel – poutine

Ulrich Gellermann La grenade dans la main de Mme Merkel ou L’art de traiter Poutine comme un vulgaire chômeur allemand Elle tend la main, la femme en petit costume : « Bonjour M. Poutine, je voudrais avoir […]
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Le mémo dissident sur la Syrie et le soutien de la bureaucratie américaine à la stratégie de Kerry
Par Gareth Porter le 12 juillet 2016
Otan -secretaire-etat-americain-john-kerry

Les supposés dissidents savaient très bien que Kerry préconisait essentiellement la politique qu’ils expriment depuis des années Mi-juin, le mémorandum rédigé par 51 fonctionnaires du département d’État appelant à une intervention militaire américaine en Syrie a été […]
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Communiqué du Sommet de l’OTAN à Varsovie
le 12 juillet 2016
otan varsovie

Le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg, Barack Obama et François Hollande lors du sommet de Varsovie, le 8 juillet 2016. – AFP Publié par les chefs d’État et de gouvernement participant à la réunion du […]
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«L’OTAN, c’est l’empire américain sur lequel le soleil ne se couche jamais»
Par RT le 12 juillet 2016
obama varsovie

© Jonathan ErnstSource: Reuters Varsovie, bien que très peu atlantique si l’on se fie à la géographie, a accueilli le sommet de l’OTAN. Une OTAN, qui, pour l’historien John Laughland est devenue beaucoup trop grande pour […]
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RÉVÉLATION : Des enregistrements divulgués dévoilent le soutien occidental au général Haftar
Par Karim El-Bar le 11 juillet 2016
Libyan – Halifa Haftar AFP PHOTO / ABDULLAH DOMA /

D’après des enregistrements de trafic aérien, le général renégat libyen Khalifa Haftar, basé à Benghazi, est soutenu par des forces françaises, britanniques et américaines en dépit de son opposition au gouvernement de Tripoli. Une opération militaire […]
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Tony Blair n’est pas l’unique coupable de la destruction de l’Irak
Par Patrick Cockburn le 11 juillet 2016
barroso aux Azores

Barroso, Tony Blair, José María Aznar, George Bush lors du sommet sur l’île des Açores le 16 mars 2003. Tony Blair n’est pas le seul coupable du chaos et des massacres engendrés par la guerre en Irak. […]
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Lorsque le Président Hollande voulait bombarder la Syrie…
Par Marc JEAN le 09 juillet 2016
hollande – aout 2013

Rencontre à l’Elysée, le 28 août 2013 où se préparait l’intervention militaire contre la Syrie . Photo AFP Il y a 3 ans, les dirigeants français étaient prêts à « punir » le gouvernement syrien qu’ils accusaient d’être responsable de […]
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Syrie : et si Damas et Moscou parvenaient à libérer Alep ?
Par Hadrien Desuin le 09 juillet 2016
alep – le goff

Dans une certaine indifférence médiatique, l’Armé syrienne vient de couper la dernière route qui reliait les bases de la rébellion islamiste à Alep. Pour Hadrien Desuin, c’est une victoire stratégique pour le régime de Damas et […]
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De Bilderberg au Brexit : l’histoire d’un échec annoncé
Par Wayne Madsen le 08 juillet 2016
German Chancellor Adolf Hitler shakes hands with Head of State of Vichy France Marshall Philippe Pétain in occupied France on Oct. 24, 194

Les architectes de l’UE, les nazis et leurs collaborateurs ont conçu et bâti le Quatrième Reich Il y a un vieil adage pertinent, concernant la fondation de l’Union européenne : «Si au début vous ne réussissez […]
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Hyper activité américaine en Russie
Par Иван Михайлович le 08 juillet 2016
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Alors qu’Obama attise les tensions contre la Russie en vue du sommet de l’OTAN qui s’ouvre demain à Varsovie, les américains en Russie redoublent d’activité. Le mois dernier, Daniel Van Dyken, officier de la CIA en […]
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Le mémo secret révélant le soutien de Blair à la guerre
Par Dania Akkad le 08 juillet 2016
A detail of a declassified handwritten letter sent by former British Prime Minister Tony Blair, to former US President George Bush, is seen as part of the Iraq Inquiry Report presented by its Chairman Sir John Chilcot, at the QEII Centre in London on July 6, 2016. Former British prime minister Tony Blair took his country into a badly planned, woefully executed and legally questionable war in Iraq in 2003, according to the findings of a long-delayed inquiry into Britain’s role in the conflict. The Chilcot report found the decision to join the US-led invasion was taken before all other options had been exhausted and on the basis of false intelligence. / AFP PHOTO / Jeff J Mitchell

Ce mémo de juillet 2002 semble avoir engagé le Royaume-Uni à se joindre à l’invasion de l’Irak, mais Blair s’inquiétait également du soulèvement des Arabes Tony Blair: « Je serai avec vous, quoi qu’il arrive » Si vous commenciez […]
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De Londres à Bagdad, l’invasion catastrophique qui continue de faire des victimes
Par Jamie Merrill le 08 juillet 2016
bush_blair_0

À Westminster, le rapport Chilcot a condamné la décision de Tony Blair d’envahir l’Irak. À Bagdad, les gens recollent encore les morceaux. Depuis dimanche soir, des familles sont venues en groupes auprès des décombres encore fumants […]
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Comment Tony Blair a menti au Parlement pour tenir sa promesse de guerre faite à Bush
Par Peter Oborne le 08 juillet 2016
irak – us-air-force-strikes-issil_642

Nous regardions avec effroi les bomardements intensifs en mars 2003 sur Bagdad Dans cet extrait de son nouveau livre, Not the Chilcot Report, Peter Oborne explore la façon dont Tony Blair a menti pour embarquer le […]
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Washington redoute que le Brexit sape sa politique anti-russe
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ue – kerry

Le retrait de l’allié le plus loyal des Etats-Unis de l’Union Européenne va affaiblir la politique d’isolation de la Russie que mène Washington depuis des décennies, selon le journaliste Finian Cunningham. Le vote surprenant des Britanniques pour […]
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Libye : prisons secrètes et ateliers de fabrication de bombes
Par Tom Westcott le 05 juillet 2016
Libya Dawn fighters fire an artillery cannon at IS militants near Sirte March 19, 2015. REUTERS/Goran Tomasevic – RTR4U1PU

Le temple de Zeus à Cyrène, un site antique que nul n’ose plus visiter Sirte une belle ville cossue avant la destruction et le lynchage de Mouammar Kadhafi par la France de Sarkozy et l’OTAN Au sein de l’ancien […]
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L’hybris américain aura-t-il une fin, ou disparaîtra-t-il avec nous dans une combustion universelle ?
Par Alain Corvez le 04 juillet 2016
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Berlin 25 et 26 juin 2016. Conférence internationale de l’Institut Schiller Préambule En préambule à mon propos je féliciterai les responsables de l’Institut Schiller pour avoir organisé cette conférence internationale au moment critique où la menace […]
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Comment le commandant de l’OTAN a tenté de pousser Obama à déclencher la guerre avec la Russie ?
Par RT le 03 juillet 2016
otan – -philip-breedlove

Source: Reuters Alors que le général Philip Breedlove vient de prendre sa retraite après avoir laissé le commandement de l’OTAN, son compte Gmail a été piraté. Au menu de sa correspondance : lobbying intense tous azimuts, […]
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Par Karl Müller le 28 juin 2016
General view of the meeting room

La Russie reste «un cliché ennemi» lors de la rencontre des ministres de la Défense à Bruxelles Lors de leur réunion du 14 juin, les ministres de la Défense de l’OTAN ont décidé de renforcer leur […]
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Le secrétaire d’Etat John Kerry a rencontré le 21 juin plusieurs « diplomates » du Département d’Etat, auteurs d’un mémoire dissident. Ils y appellent au lancement de frappes aériennes américaines contre le gouvernement syrien, prétendument comme […]
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Otan/Exit, objectif vital
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Tandis que l’attention politico-médiatique est concentrée sur le Brexit et sur d’autres possibles détachements de l’Ue, l’Otan, dans l’inattention générale, accroît sa présence et son influence en Europe. Le secrétaire général Stoltenberg, ayant pris acte que […]
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L’Europe par De Gaulle : « Quand on est couillonné, on dit : je suis couillonné et je fous le camp ! »

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L’Europe par De Gaulle : « Quand on est couillonné, on dit : je suis couillonné et je fous le camp ! »

C’est notre camarade contrarien Bruno qui a attiré mon attention sur ce dialogue entre Charles de Gaulle et Alain Peyrefitte parfaitement d’actualité au moment où les Allemands font bien comprendre que l’appartenance à la zone euro n’est pas irréversible et que la Commission européenne a diffusé un communiqué en expliquant que « l’euro était irrévocable ».

Les traités sont faits pour être déchirés. Les accords pour être dénoncés ou renégociés, les protocoles pour être amendés et les alliances pour être brisées.

Croire une seule seconde que parce que les traités ne prévoient pas de clause de sortie de l’euro cela rendra « irrévocable » la monnaie unique c’est oublier tout simplement l’enseignement de plus de 6 000 ans d’histoire de l’humanité où les trahisons, les guerres, les paroles non tenues ont tout simplement façonné et jalonné notre évolution.

« – De Gaulle : Le Marché Commun, il n’y a en fait que deux ans qu’on a commencé à le réaliser. Or notre expansion industrielle remonte à bien avant deux ans. L’expansion industrielle allemande, italienne, de même. Ceux qui racontent des histoires sur les bienfaits incomparables de l’intégration européenne sont des jean-foutre.

– Alain Peyrefitte : Le traité de Rome n’a rien prévu pour qu’un de ses membres le quitte.

– De Gaulle : C’est de la rigolade ! Vous avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte qu’un traité n’a rien prévu pour le cas où il serait couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit : « Je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp ! » Ce sont des histoires de juristes et de diplomates, tout ça. »

Alain Peyrefitte, C’était De Gaulle, Fayard, tome 2, page 267.

Charles SANNAT
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À propos de l’auteur

Charles Sannat est diplômé de l’Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran – Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d’affaires. Il est actuellement le directeur des études économiques d’AuCOFFRE.com et rédacteur du Contrarien Matin, ‘Décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l’actualité économique’.

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Arrêt sur info : Les armées secrètes de l’OTAN – Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest Par HenHenriette HANKE GÖTTINGER

Le sommet des trois églises, par Israël Shamir
Christophe Oberlin : « Israël n’est pas un Etat, c’est un lobby »
Quand les médias pactisent avec l’argent saoudien
Les gouvernements admettent que l’histoire a été façonnée par des attaques sous fausse bannière
Les armées secrètes de l’OTAN – Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest
Nick Hayek, patron de Swatch: «Nous devrions avoir plus de confiance en nous»
Officier de l’armée US : «Nous finançons les terroristes s’ils servent notre cause»
Pourquoi la RD Congo a-t-elle proposé $ 650.000 à Clinton pour deux photos et un discours?
Hillary Clinton est-elle plus dangereuse que Donald Trump?
Gérard Chaliand : « Nous ne sommes pas en guerre »

Les armées secrètes de l’OTAN – Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest
Par HenHenriette HANKE GÖTTINGER le 22 avril 2016
Etats-Unis
9

L’Europe après la Seconde Guerre mondiale : Démocraties libres ou satellites des USA ?

Ganser livre

Les armées secrètes de l’OTAN – Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest, un livre de Daniele Ganser

Par Henriette HANKE GÖTTINGER

L’étude scientifique de l’historien Daniele Ganser intitulée Les armées secrètes de l’OTAN – Réseaux Stay Behind, Gladio et terrorisme en Europe de l’Ouest est parue en 2007 en français1. Dans cet ouvrage brillamment rédigé, Ganser présente les faits de manière nuancée et aisément compréhensible pour le profane. Ce qu’il nous apprend va changer fondamentalement l’historiographie de l’époque de la guerre froide. Ce livre se lit comme un roman.

Ganser montre que de la fin de la Seconde Guerre mondiale à 1990 existaient dans les pays membres de l’OTAN, à côté des troupes ordinaires de l’Alliance, des armées secrètes de l’OTAN (nommées aussi Stay-Behind ou Gladio) qui avaient été mises en place par la CIA et le MI6 britannique.2 Ces armées secrètes de l’OTAN étaient commandées et coordonnées par un bureau de la sécurité secret au sein du quartier général de l’OTAN à Bruxelles. Selon l’ex-président américain Richard Nixon, l’OTAN elle-même était soumise au Pentagone.3

Les représentants des armées secrètes se réunissaient chaque année dans l’une des capitales européennes. «Des représentants de la CIA étaient toujours présents aux réunions des armées stay-behind», se souvient le général Gerardo Serravalle qui avait commandé le Gladio en Italie entre 1971 et 1974.4

Le but de ces armées secrètes était de créer des structures clandestines pour armer l’Europe de l’Ouest contre une invasion soviétique et pour empêcher la prise de pouvoir des communistes dans les pays européens.5 La CIA et le MI6 financèrent la constitution et le fonctionnement de ces troupes de guérilla clandestines, ils les entraînèrent et aménagèrent des caches secrètes remplies d’armes et d’explosifs.

Ganser décrit les activités6 des armées secrètes de l’OTAN en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Italie, en France, en Espagne, au Portugal, en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg, au Danemark, en Norvège, en Allemagne, en Grèce7 et en Turquie. Dans ces pays, il n’y avait que quelques représentants politiques bien choisis qui étaient informés de l’existence de ces armées secrètes. De manière générale, les parlementaires élus par le peuple ne se doutaient de rien. Ainsi ces armées de l’OTAN opéraient en dehors de tout contrôle démocratique.

Field Manual 30-31B

Selon un document de l’état-major américain (Field Manuel 30-31B)8 les armées secrètes de l’OTAN avaient entre autres aussi la mission d’empêcher ou d’éliminer des gouvernements qui ne convenaient pas aux États-Unis. En 1961, elles planifièrent, mais sans succès, un putsch contre le gouvernement de Gaulle. En 1967, elles renversèrent en Grèce le gouvernement Papandréou et y installèrent une junte militaire des plus brutales. En Turquie, elles participèrent aux putschs militaires de 1960, de 1971 et à celui du général Evren de 1980.

Opérations sous fausse bannière

Dans le Field Manual 30-31B sont décrites des « opérations sous fausse bannière »9. Il s’agit d’attentats terroristes initiés ou perpétrés par des services secrets ou les armées clandestines de l’OTAN et qui ont ensuite été imputés aux communistes ou aux socialistes. Dans certains pays membre de l’OTAN, on a, selon Ganser, eu recours à ce concept secret : « Cette lutte contre l’ennemi intérieur faisait partie du concept dans certains pays. Elle faisait partie de la « stratégie de la tension » et reposait sur le terrorisme. C’est sans doute en Italie et en Turquie 10 que cette stratégie quasi diabolique fut appliquée avec le plus de succès, à l’aide d’attentats à la bombe et de massacres contre la population que l’on attribua ensuite à l’adversaire politique, c’est-à-dire à la gauche. »11

La guerre secrète en Italie

Ganser décrit minutieusement comment les USA ont massivement influencé la politique en Italie entre 1945 et 1993. La CIA, les services de renseignements italiens, l’armée secrète italienne de l’OTAN (Gladio) ainsi que des terroristes d’extrême droite ont mené une guerre secrète contre les communistes italiens (PCI) et les socialistes (PSI). D’une part, les campagnes électorales des démocrates chrétiens (DCI) contre la gauche italienne ont été soutenues par les USA à coups de millions de dollars. D’autre part, ces organismes ont perpétré des attentats terroristes sanglants. Juste avant Noël 1969, quatre bombes éclatèrent sur des places très animées à Rome et Milan où 16 personnes trouvèrent la mort. On attribua ce crime aux communistes. En 1972, une voiture piégée explosa près du village italien de Peteano et tua trois carabinieri. Deux jours plus tard, la police reçut un renseignement anonyme selon lequel les Brigades rouges étaient les auteurs de ce crime. En 1974, une bombe explosa au milieu d’une manifestation antifasciste : elle fit 8 morts et 102 blessés.

En août 1974, une autre bombe explosa dans l’Italicus Express qui faisait le trajet Rome-Munich. Il y eut 12 morts et 48 blessés. Le 2 août 1980, un attentat à la bombe tua 85 personnes et en blessa 200 à la gare de Bologne. Les médias et les autorités politiques déclarèrent que les auteurs étaient les Brigades Rouges.

gladio

Emblème du Gladio : «Je servirai la liberté en silence»

Aldo Moro, une victime du Gladio ?

Le 16 mars 1978, Aldo Moro fut capturé sur le trajet entre sa maison et le Parlement et retenu en otage dans le centre de Rome pendant 55 jours. Puis on découvrit son corps criblé de balles dans le coffre d’une voiture abandonnée dans le centre de Rome. L’Italie était sous le choc. Les services secrets militaires et le Premier ministre d’alors, Giulio Andreotti, accusèrent l’organisation terroriste d’extrême gauche des Brigades Rouges et prirent des mesures énergiques contre la gauche. Celle-ci perdit par la suite beaucoup de sympathies dans le monde occidental.

Ganser a récolté un grand nombre d’indices concernant l’affaire Aldo Moro qui indiquent que ce fut une opération sous fausse bannière exécutée par Gladio. Suite à ses très bons résultats aux élections, Aldo Moro tenta, dès 1972, d’associer la gauche italienne au gouvernement. En 1974, Moro, ministre des Affaires étrangères, et le Premier ministre Giovanni Leone se rendirent à Washington pour discuter avec les Américains de leur projet d’associer le PCI et le PSI au gouvernement.

A son retour en Italie, Moro fut malade plusieurs jours et envisagea de se retirer complètement de la vie politique. « C’est l’une des rares fois où mon mari me fit part de ce qu’on lui avait dit, sans toutefois me dire de qui cela provenait », témoigna plus tard sa femme Eleonora Moro.12

Lors des élections législatives de juin 1976, le PCI réalisa le meilleur score de son histoire, 34,4%, infligeant une cinglante défaite à la DCI. Aldo Moro, président par intérim de la DCI, se décida à passer outre à l’interdiction formulée par les Américains. Le 16 mars 1978, emportant dans son attaché-case les documents à son projet d’associer les communistes au gouvernement, il ordonna à son chauffeur de le conduire, en compagnie de ses gardes du corps, au Parlement où il était résolu à présenter son programme intégrant les communistes à l’exécutif. C’est pendant ce trajet que sa voiture fut arrêtée et qu’il fut capturé.

Et John F. Kennedy ?

Dans l’ouvrage de Ganser se trouvent aussi quelques développements intéressants sur la politique de John F. Kennedy face à l’Italie. Contrairement à ses prédécesseurs Truman et Eisenhower, Kennedy toléra la participation des socialistes italiens (PSI) au gouvernement conformément à leurs succès électoraux. En juillet 1963, il se rendit à Rome et invita à cette occasion Pietro Nenni, le chef des socialistes italiens, à lui rendre visite aux Etats-Unis. En novembre 1963, le président Kennedy fut assassiné à Dallas, au Texas, dans des circonstances troubles. Cinq mois plus tard, la CIA, l’armée secrète Gladio et les carabiniers déclenchèrent un coup d’État qui força les socialistes à renoncer à leurs ministères.

Les raisons de ce terrorisme

En 1984, l’homme de droite Vinciguerra, qui avait exécuté l’attentat de Peteano, révéla devant la justice l’existence de Gladio, l’armée secrète italienne de l’OTAN. Il déclara que Gladio avait participé à des attentats qui avaient ensuite été attribués aux Brigades Rouges. Gladio avait été chargée par les États-Unis d’empêcher que la gauche n’accède au pouvoir en Italie. Cette organisation était soutenue par les services secrets officiels ainsi que par les forces politiques et militaires.

En 2000, la commission du Parlement italien chargée d’enquêter sur Gladio et sur les attentats perpétrés dans le pays conclut : «Ces tueries, ces bombes, ces opérations militaires ont été organisées, encouragées ou soutenues par des personnes travaillant pour les institutions italiennes et, comme cela a été découvert plus récemment, par des individus liés aux structures du renseignement américain.»13

La guerre secrète en Turquie

La Turquie avait et a toujours une importance particulière pour les intérêts géopolitiques des USA.14 Pendant la guerre froide, elle avait des frontières communes avec les pays du Pacte de Varsovie, notamment avec la Russie. L’OTAN installa donc du matériel de pointe dans le pays qui servit dès lors aux USA de poste d’écoute. Mais la Turquie servit aussi de base arrière pour les opérations menées par les USA et l’OTAN dans les pays pétroliers du Moyen-Orient et dans les républiques du Caucase, notamment lors de la guerre du Golfe de 1991.15

Pour constituer en Turquie une armée stay-behind anticommuniste, communément appelée contre-guérilla, les USA16 utilisèrent la mouvance dominante, mais violente du panturquisme17, où le colonel Alparsan Türks, officier proche de l’extrême droite et admirateur de Hitler, joua un rôle central.18 La contre-guérilla fut responsable de trois coups d’État sanglants contre des gouvernements trucs légitimement élus ainsi que du massacre de Kizildere (1972), du terrible massacre d’Istanbul (1er mai 1977), du massacre de Bahcelivler (1978). L’attentat contre le pape Jean Paul II est également à mettre sur le compte de la contre-guérilla. Les escadrons de la mort de cette armée secrète turque de l’OTAN jouèrent aussi un rôle sinistre lors de la répression sanglante des Kurdes turcs.

Des liens avec les pays neutres

Lors de ses recherches, Ganser a constaté qu’il existait dans quatre pays neutres (Finlande, Autriche, Suède, Suisse) des armées secrètes ayant des liens indirects avec l’OTAN. L’auteur a également écrit sur ce sujet.19

L’Europe, colonie américaine

Lorsqu’on apprit, après 1990, que des armées secrètes étaient à l’œuvre dans tous les pays européens, le scandale fut grand. Bien que dans tous les parlements des voix demandaient que l’on fasse la lumière sur ce sombre chapitre, seules la Belgique, l’Italie et la Suisse mirent sur pied des commissions d’enquête dont les résultats furent rendus publics. Tous les autres pays, et également l’UE, pratiquèrent le mensonge et la dissimulation. Ils ne reconnurent que ce qui pouvait être prouvé. Ganser se heurta à un même mur du silence lors de son enquête sur les armées secrètes de l’OTAN en Europe. On ne mit à sa disposition que les documents officiels. L’OTAN et le MI6 lui refusèrent l’accès à leurs archives. Il s’agit là d’un fait choquant. Des opérations des services secrets (meurtres, massacres, coups d’État et attentats terroristes) menées dans des démocraties européennes ne peuvent pas être élucidées parce que l’OTAN et le MI6 refusent d’ouvrir leurs archives, si bien que Ganser ne put enquêter que sur la partie visible de l’iceberg. Ce qu’il a révélé est sinistre et pose la question de savoir dans quelle mesure les États européens sont souverains.20 Les démocraties sont des farces et les représentants du peuple des marionnettes qui ignorent tout des opérations secrètes menées dans leurs pays depuis 1945.

Politique de souveraineté limitée

Les recherches concernant les armées secrètes de l’OTAN21 partent de l’idée que les services secrets des pays membres de l’OTAN ont dû, lors de leur adhésion, s’engager à empêcher que les communistes prennent le pouvoir dans leurs pays. Cela représente une immixtion dans les affaires intérieures de ces pays. En 1966, quand de Gaulle décida de se retirer du commandement conjoint de l’OTAN, il dénonça ce procédé comme une atteinte à la souveraineté nationale.22

En 1967, des journalistes norvégiens publièrent un document interne ultra secret et non-daté de l’OTAN qui était signé par le général américain J. P. McConnel, vice-commandant des forces américaines en Europe. Ce document prouvait que les États-Unis étaient prêts à intervenir en Europe occidentale si leurs intérêts dans la région étaient mis en cause : «En cas de troubles intérieurs susceptibles d’entraver la mission des troupes américaines, tels qu’une insurrection militaire ou un vaste soulèvement populaire contre le gouvernement du pays hôte, [l’armée américaine] doit tout mettre en œuvre pour enrayer ces troubles en utilisant ses propres ressources.»23

Conséquences pour la recherche historique

Vu les crimes que la recherche sur les armées secrètes de l’OTAN a déjà pu prouver jusqu’à présent, les hommes politiques et les historiens devraient exiger de leurs parlements que les archives secrètes des pays membres de l’OTAN soient mises à la disposition de la recherche historique dès maintenant. L’histoire de la guerre froide va devoir être réécrite. Alors qu’à la suite de 1989, l’ouverture des archives a mis au jour l’histoire de la politique extérieure et intérieure de l’Union soviétique24, une grande partie des populations de l’Occident s’imagine toujours que les États-Unis ont restauré la liberté en Europe en 1945. Les historiens devront montrer que ce n’est malheureusement pas le cas.

Henriette HANKE GÖTTINGER
Traduit par Horizons et débats
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Notes

1 Les recherches de Ganser ont été publiées en anglais en 2005 (NATO’s Secret Armies –Operation Gladio and Terrorism in Western Europe) et en allemand en 2008 (Nato-Geheimarmeen in Europa – Inszenierter Terror und verdeckte Kriegsführung).

2 Dans beaucoup de ces pays, les Américains recrutèrent des partisans de l’extrême droite pour former les réseaux Stay-Behind de l’OTAN. C’est ainsi que l’officier SS et responsable de la Gestapo Klaus Barbie, le « Boucher de Lyon », avait été recruté en 1947 par le CIC (Counter Intelligence Corps) américain qui l’avait ensuite aidé à échapper aux poursuites pour crimes de guerre (Procès de Nuremberg) avant d’organiser sa fuite d’Europe vers l’Argentine en 1951. De même Reinhard Gehlen, un des généraux de Hitler et d’autres nazis ont été recrutés pour Gladio par les Américains. Cf. « La guerre secrète en Allemagne » in : Ganser, OTAN, p. 261-290.

3 « Le seul organisme international qui ait jamais fonctionné, c’est l’OTAN, tout simplement parce qu’il s’agit d’une alliance militaire et que nous étions aux commandes ». Citation du Président Nixon dans : Ganser, OTAN, p. 56.

4 Citation de Serravalle in : Ganser, OTAN, p. 59.

5 Le National Security Council (NSC) adopta en 1947 sa directive 4-A qui ordonnait à la CIA d’entreprendre une large série d’actions clandestines destinées à écarter le risque d’une victoire des communistes lors des élections italiennes imminentes. La directive NSC 10/2 de 1948 autorisa la CIA à effectuer des missions clandestines dans tous les pays du monde et la mise en place d’armées anticommunistes secrètes du réseau Gladio en Europe de l’Ouest. Cf. Ganser, OTAN, p. 89-91.

6 Ganser les qualifie de guerres secrètes.

7 La Grèce était une base importante pour les USA. Le quartier général de la CIA d’Athènes devint, selon Ganser, « la base arrière des activités de la CIA dans la péninsule balkanique et au Moyen-Orient, jusqu’en Iran. » cf. Ganser, OTAN, p. 298.

8 Document de l’état-major américain de 1970 (signé par Westmoreland) : « Ce Field Manual 30-31B est un document explosif découvert en Italie. Il concerne non seulement les armées secrètes mais fondamentalement la collaboration des services secrets américains avec ceux des autres pays et les opérations anticommunistes secrètes. On y trouve décrites les « false flag operations », fausses attaques terroristes destinées à persuader la population du danger communiste. (Ganser, Basler Zeitung du 16/12/2004)

9 en anglais : « false flag operation »

10 cf. Ganser, OTAN, p. 310

11 Ganser in : Basler Zeitung du 16/12/04

12 Eleonora Moro. In : Ganser, OTAN, p. 121

13 Ganser, OTAN, p. 39/40

14 Zbigniew Brzezinski considérait la Turquie comme l’un des cinq « pivots géopolitiques cruciaux » sur la nouvelle carte politique de l’Eurasie. Cf. Zbigniew Brzezinski, Le Grand Echiquier – L’Amérique et le reste du monde, Paris, 1997, p. 69.

15 Ganser, OTAN, p. 308.

16 Pour illustrer l’influence des Etats-Unis en Turquie, Ganser cite le directeur adjoint des Services secrets turcs (MIT) Sabahattin Savasman : « Il existe au sein de la CIA un groupe d’une vingtaine d’agents au moins qui collaborent avec le MIT et agissent dans les plus hautes instances du service. Ils contrôlent le partage des informations aussi bien que la coopération lors des opérations conjointes menées en Turquie et à l’étranger. Notre service collabore avec la CIA depuis les années 1950 […] tous les équipements technologiques que nous utilisons nous ont été fournis par la CIA. Bon nombre de nos employés ont été formés à l’étranger par la CIA. Le quartier général du MIT a été construit par la CIA. » « Tout l’équipement destiné aux interrogatoires [= instruments de torture], des appareils les plus simples aux plus sophistiqués, provient de la CIA. Je le sais pour l’avoir moi-même utilisé. Le coût des opérations en Turquie et à l’étranger était couvert par le budget de la CIA ». A titre d’exemple d’opération commune du MIT et de la CIA, Savasman mentionne aussi l’agent du MIT Hiram Abas. « Abas avait pris part à des opérations menées conjointement avec la CIA au Liban, opérations dont il avait tiré des revenus considérables et qui consistaient à prendre pour cible des jeunes gauchistes dans les camps de réfugiés palestiniens. Il recevait en outre des primes pour ses bons résultats sur le terrain ». Savasman cité dans : Ganser, OTAN, p. 316.

17 Les représentants du panturquisme croient à la supériorité de la race et de la nation turques. Ils aspirent à l’unification des peuples turcs, de la Chine occidentale à l’Espagne. Cf. Ganser, OTAN, p. 312.

18 Ganser, OTAN, p. 309.

19 Daniele Ganser, The British Secret Service in Neutral Switzerland : An Unfinished Debate on Nato’s Cold War Stay Behind Armies, in : Intelligence and National Security, décembre 2005,

volume 20, numéro 4, pp. 553–580.

20 En mars 2001, le général Giandelio Maletti, ancien patron du contre-espionnage italien, exprima rétrospectivement des regrets : « L’Italie a été traitée comme une sorte de protectorat. J’ai honte à l’idée que nous soyons toujours soumis à un contrôle spécial. » Maletti cité dans : Ganser, OTAN, p. 29.

21 Ganser, OTAN, pp. 55–58.

22 Ganser, OTAN, p. 58.

23 Supplement No 3 to the documents of the Civil Affairs Oplan No 100-1. Cité dans Ganser, OTAN, p. 254.

24 Cf. Stéphane Courtois et al., Le livre noir du communisme – crimes, terreur, répression. Paris 1997. Wladimir Bukovski, Abrechnung mit Moskau – Das sowjetische Unrechtsregime und die Schuld des Westens, Bergisch Gladbach 1996. Christopher Andrew, Wassili Mitrochin, Das Schwarzbuch des KGB – Moskaus Kampf gegen den Westen, Berlin 1999.

25 Armée secrète de l’OTAN financée par la CIA.

26 Dénomination turque de l’armée secrète de l’OTAN en Turquie.

27 Cf. Peter Ziegler, Zeiten Menschen Kulturen, Zurich, 1985, p. 63

28 Supplement No 3 to the documents of the Civil Affairs Oplan No 100-1. Cité dans Ganser, OTAN, p. 254.

Chronologie (de 1940 à 2001)

D. Ganser, Les armées secrètes de l’OTAN, pp. 339–343. Bibliographie sélective

D. Ganser, Les armées secrètes de l’OTAN, pp. 389–390.

Extraits

La guerre secrète en Turquie : Le coup d’Etat militaire de 1980

Le général Evren tint son engagement. Il s’empara du pouvoir lors du coup d’Etat du 12 septembre 1980 pendant que la Force mobile de l’OTAN effectuait un exercice Anviel Express. Au cours de son procès, un activiste d’extrême droite prétendit plus tard que les massacres et les attentats perpétrés dans les années 1970 avaient fait partie d’une stratégie visant à permettre l’accession au pouvoir d’Evren et de la droite militaire : « Les massacres étaient une provocation du MIT, qui avec celle de la CIA ont préparé le terrain pour le coup du 12 septembre. » On découvrit par la suite qu’au moment du putsch, le général Evren avait dirigé le Département des opérations spéciales et commandait à présent l’armée secrète contre-guérilla. Quand celui-ci troqua sa tenue de camouflage contre un costume cravate et se proclama Président de la République, tous les attentats terroristes cessèrent soudainement. Le président américain Jimmy Carter était à l’opéra lorsque survint le coup d’Etat en Turquie. Dès qu’il apprit la nouvelle, il appela Paul Henze, l’ancien chef de station qui avait quitté Ankara juste avant le putsch pour devenir conseiller à la sécurité auprès du Président à Washington, au département Turquie de la CIA. Au téléphone, Carter lui annonça ce qu’il savait déjà : « Vos gars viennent de réaliser un coup d’Etat ! » Carter avait vu juste. Le lendemain du putsch, Henze déclara triomphalement à ses collègues de la CIA : « Nos gars l’ont fait ! »

Ganser, Les armées secrètes de l’OTAN, pp. 325/26.

Le « Boucher de Lyon », un protégé des USA

Erhard Dabringhaus, qui collabora avec le CIC américain en Allemagne en 1948 et 1949, a déclaré dans un documentaire consacré à Gladio avoir lui-même participé au recrutement d’anciens nazis, quoiqu’il désapprouvât fortement cette pratique. « En 1948, j’étais un agent spécial du CIC, notre service de contre-espionnage dans l’Allemagne occupée. J’étais stationné à Augsburg et étant donné que je parlais couramment la langue, on m’a confié la direction d’un réseau d’informateurs allemands dont faisait partie Klaus Barbie et Klaus Barbie était, euh … j’ai découvert plus tard qu’il était recherché pour meurtre par les Français et j’en ai fait part à mes supérieurs qui m’ont répondu de ne pas faire de vagues : « Il nous est toujours utile pour l’instant. Dès qu’on n’aura plus rien à en tirer, on le livrera aux Français. » Je pensais que je mériterais une promotion pour leur avoir parlé de Barbie et ils m’ont simplement dit de la boucler ! »

Ganser, Les armées secrètes de l’OTAN, pp. 264/65.

La guerre froide en Europe

La doctrine de Brejnev pour les Etats du Pacte de Varsovie « Nous ne pouvons pas admettre que des forces étrangères détournent leur pays de la voie du socialisme et menacent de détacher la Tchécoslovaquie de la communauté socialiste. »27 En intervenant dans les affaires intérieures des pays socialistes, les Soviétiques ont limité leur souveraineté.

La doctrine de Brejnev de Washington pour l’Europe occidentale Concernant les pays membres de l’OTAN, les Etats-Unis ont déclaré ce qui suit : « En cas de troubles intérieurs susceptibles d’entraver la mission des troupes américaines, tels qu’une insurrection militaire ou un vaste soulèvement populaire contre le gouvernement du pays hôte, [l’armée américaine] doit tout mettre en œuvre pour enrayer ces troubles en utilisant ses propres res­sources. »28

Créer un climat de tension

Exemple type d’une opération visant à créer un climat de tension : le 6 septembre 1955, des agents du réseau stay-behind turc25 lancèrent une bombe dans une maison de Thessalonique qui abritait un musée consacré à Mustafa Kemal et revêtait à ce titre une importance particulière aux yeux des Turcs. Les agents ne laissèrent quasiment aucun indice et accusèrent la police grecque d’avoir commis l’attentat. Cette opération de terrorisme sous fausse bannière fonctionna parfaitement et le gouvernement et la presse turque attribuèrent aux Grecs la responsabilité de l’attentat. Rapidement, les 6 et 7 septembre 1955, des mouvements fanatiques turcs galvanisés par la contre-guérilla26 détruisirent des centaines de maisons et de locaux d’entreprises grecques à Istanbul et Izmir, tuant 126 ressortissants Grecs, en blessant 32 et violant au passage environ 200 femmes grecques.

Ganser, Les armées secrètes de l’OTAN, p. 310.

Souveraineté limitée pour la Grèce

A l’été 1964, le Président Johnson convoqua l’ambassadeur de Grèce Alexandre Matsas à la Maison Blanche et lui dit que les problèmes de Chypre devaient être résolus par la partition de l’île en deux zones, l’une grecque, l’autre turque. Matsas refusa, provoquant la fureur de Johnson : « Ecoutez-moi bien, M. l’Ambassadeur. Je me fous de votre Parlement et de votre Constitution. L’Amérique est un éléphant. Chypre est une puce. La Grèce est une puce. Si ces deux puces continuent de chatouiller l’éléphant, il pourrait bien les écraser d’un coup de trompe, et pour de bon ! » Comme le soulignait Johnson, le gouvernement grec devait se conformer aux ordres de la Maison Blanche. « Les Grecs profitent largement des dollars américains, M. l’Ambassadeur. Si votre Premier ministre continue à me parler de Démocratie, de Parlement et de Constitution, il se pourrait bien que lui, son Parlement et sa Constitution n’en aient plus pour très longtemps. » Quand Matsas, outré, tenta de protester : « Je ne peux tolérer de telles manières », Johnson continua : « N’oubliez pas de répéter à votre vieux Papa-je-ne-sais-plus-quoi ce que je viens de vous dire. N’oubliez pas de lui dire, vous m’entendez ? », sur quoi Matsas câbla la conversation au Premier ministre George Papandréou. Quand la NSA intercepta le message, le téléphone de Matsas sonna. C’était le Président John­son : « Vous cherchez les ennuis, M. l’Ambassadeur ? Vous voulez vraiment que je me mette en rogne ? Il s’agissait d’une conversation privée. Vous n’étiez pas censé répéter les termes que j’ai employés devant vous. Faites attention. » Clic. Fin de la communication.

Ganser, Les armées secrètes de l’OTAN, pp. 300/01.

Article original publié le 9 Juin 2008 |Horizons et débats N° 24
Source:Comité Valmy

Lire également l’entretien que Daniele Ganser nous a donné: http://arretsurinfo.ch/selon-daniele-ganser-les-attentats-comme-les-guerres-peuvent-etre-manipules/
Les opinions et assertions exprimées sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info. Vous voulez réagir, signaler une erreur, communiquer un renseignement ? Contact
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CIA, Faux drapeaux, Ganser, Gladio, Manipulation politique, OTAN, Stratégie de la tension, Terrorisme

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Polémia la leçon hongroise

Olivier Bault, journaliste français expatrié en Pologne, traducteur, collaborateur de l’hebdomadaire conservateur polonais Do Rzeczy et contributeur régulier des Nouvelles de France.

♦ La Pologne gouvernée par le PiS va-t-elle pouvoir continuer à défendre ses valeurs conservatrices et ses intérêts nationaux face aux pressions européennes ? Mercredi, le Parlement européen adoptait une résolution prenant parti pour l’opposition polonaise dans le conflit qui oppose la majorité parlementaire issue des élections du 25 octobre au Tribunal constitutionnel, verrouillé par l’ancienne majorité libérale d’obédience européiste (et à laquelle, du point de vue de Bruxelles et des médias mainstream européens, tout était donc permis). Cette résolution a été adoptée avec les voix de l’extrême-gauche, des socialistes, des libéraux, des Verts et du PPE. Les députés LR français ont voté pour cette résolution comme l’ensemble du groupe PPE sauf les députés Fidesz hongrois qui ont tous voté contre.

Face à l’hostilité des médias européens et de Bruxelles, les conservateurs polonais doivent s’inspirer de l’expérience hongroise. Car ils sont aujourd’hui dans la même situation que le Fidesz après son éclatante victoire sur la coalition des socialistes et des libéraux en 2010. Les attaques actuelles contre la Pologne ressemblent d’ailleurs beaucoup à celles contre la Hongrie de 2010 à 2014, et les critiques les plus virulentes proviennent des mêmes individus. Le journaliste polonais Maciej Szymanowski, qui partage sa vie entre Varsovie, Prague et Budapest, a publié en janvier dernier un article invitant son pays à s’inspirer de l’exemple hongrois pour sortir lui aussi victorieux des inévitables conflits avec Bruxelles.
Un article qui met en lumière l’hypocrisie et la duplicité des représentants européens de la gauche libertaire et de la droite molle quand ils prétendent défendre la démocratie chez les autres.

Olivier Bault
Nouvelles d’Europe
14/04/2016
Voici cet article traduit et publié avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire Do Rzeczy
Des menaces de sanctions et de privation du droit de vote au sein des institutions européennes, des journalistes allemands et des leaders politiques internationaux qui fulminent… Le gouvernement polonais fait aujourd’hui la même expérience que le gouvernement hongrois avant lui.

Printemps 2010. Après huit ans sur les bancs de l’opposition, le Fidesz triomphe aux élections présidentielles puis législatives. D’abord étourdie par sa défaite, la gauche passe rapidement à la contre-attaque, se moquant d’abord des nouveaux impôts sur les banques et la grande distribution, puis internationalisant, via Berlin et Bruxelles, le débat politique national. Le signal de l’attaque est donné par la conférence du premier ministre Viktor Orbán uniquement sur fond de drapeaux nationaux, sans les drapeaux européens, exactement comme pour le premier ministre Beata Szydło plus récemment. Ce n’est pas la seule ressemblance ni la seule attaque à laquelle, qu’il le veuille où non, le nouveau gouvernement polonais va se trouver confronté sur la scène européenne.
Premier Round

En Hongrie, la télévision publique MTV, symbole de la propagande gaucho-libertaire, dont le siège avait été incendié par les manifestants en colère en 2006, n’a jamais attiré l’attention des organisations internationales de journalistes du type de la Fédération Européenne des Journalistes. Mais la situation a changé après l’arrivée du Fidesz au pouvoir, quand la Hongrie a adopté une nouvelle loi sur les médias qui imposait de présenter des « informations équilibrées » et interdisait dans les médias les atteintes à la dignité humaine et les insultes aux personnes motivées par leur foi religieuse et leur conception du monde. Les protestations hystériques de l’opposition qui parlait de « nouvelle censure » reçurent rapidement le soutien de Martin Schulz, alors président du groupe socialiste au Parlement européen. Celui-ci reprocha à la nouvelle loi de « chercher à démonter la démocratie par une mise au pas des médias ». Dans une lettre ouverte aux autorités hongroises, 70 « défenseurs des droits de l’homme et anciens opposants » (dont le Polonais Adam Michnik [qui agite aussi depuis des années contre le PiS polonais, NdT]) protestèrent. Certains titres allemands commencèrent même à qualifier le premier ministre hongrois de « Führer » et à décrire une supposée « étouffante ambiance d’antisémitisme rappelant les années trente en Hongrie » (Die Welt). Pour accroître la pression sur Budapest, les médias se mirent à multiplier les déclarations anonymes de fonctionnaires de Bruxelles, par exemple sur le projet de reprendre à la Hongrie sa présidence du Conseil de l’UE ou de lui appliquer des sanctions.
Deuxième Round

Ce n’était néanmoins que des préliminaires par rapport à ce qui allait se passer au printemps 2011 quand le parlement hongrois adopta une nouvelle constitution pour remplacer celle rédigée personnellement par Staline, toujours en vigueur à l’époque même si elle avait été maintes fois modifiées après 1989. Son préambule, qui commence par les mots « Dieu, bénis les Hongrois », qui définit le mariage en tant qu’union d’un homme et d’une femme et qui rappelle la présence de Hongrois au-delà des frontières de la Hongrie, suffit pour que la nouvelle loi fondamentale fût considérée comme imprégnée, respectivement, de cléricalisme, d’homophobie et de nationalisme.

Guy Verhofstadt, président du groupe des Libéraux au Parlement européen [qui s’est, avec Martin Schulz particulièrement distingué par ses attaques mal informées contre la Pologne depuis l’arrivée du PiS au pouvoir, NdT], reprocha au premier ministre Orbán de « ne pas avoir profité de l’occasion pour faire de la Hongrie un pays plus moderne et plus démocratique ». Le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, demanda alors à la Commission européenne de vérifier si la nouvelle constitution hongroise ne violait pas « ce qui fait le bien commun de tous les pays de l’Union européenne, c’est-à-dire l’État de droit et le respect des grandes valeurs démocratiques ». Werner Hoyer, secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères allemand, qualifia quant à lui la nouvelle constitution hongroise de « pas en arrière ». Amnesty International et Human Rights Watch ne manquèrent pas non plus d’émettre des critiques, et le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon déclara que même quand un pays libre rédige une constitution, celle-ci doit être conforme aux principes internationaux, suggérant donc, en méconnaissance de cause, que ce n’était pas le cas de la nouvelle constitution hongroise.

Difficile de dire combien de temps ces attaques auraient duré si le gouvernement hongrois n’avait pas tout simplement envoyé à la Commission européenne le texte intégral de la nouvelle constitution traduit en anglais, accompagné d’explications détaillées, en demandant poliment à la Commission de bien vouloir lui indiquer les dispositions concrètes supposées contraires au droit européen. Les experts bruxellois n’ont pu justifier juridiquement leurs objections que pour deux points qui n’étaient pas inclus dans la constitution elle-même mais dans ses textes d’application : l’abaissement de 70 à 62 ans de l’âge de la retraite des juges et certains pouvoirs du président de l’Office de Protection des données à caractère personnel. Budapest a accepté ces objections et procédé aux modifications demandées.

Du coup, le Belge Guy Verhofstadt, pressé par les médias hongrois, a commencé a tergiverser. « Le problème, ce n’est pas tel ou tel paragraphe, mais la philosophie d’ensemble et ce qui se cache derrière », leur a-t-il répondu. De son côté, le président de la Commission européenne de l’époque, José Manuel Barroso, s’est défendu avec des arguments relevant presque du domaine de la psychiatrie. « Je ressens une certaine angoisse quand je lis la constitution hongroise », a-t-il affirmé.
Troisième Round

La victoire du gouvernement hongrois, obtenue en recentrant la polémique sur les faits et les paragraphes de sa constitution, n’a pas empêché la Commission européenne et le Parlement européen de repartir à l’attaque. La fois suivante, il s’agissait des efforts du gouvernement hongrois en vue de remplacer le président de la Banque nationale hongroise, András Simor. Ceci fut interprété comme une violation de l’indépendance de la banque centrale. Dans ce cas aussi, les autorités hongroises ont cherché à ramener la discussion aux arguments juridiques concrets sans exclure à l’avance des concessions de sa part. András Simor – un des présidents de banque centrale les plus mal notés au monde dans les classements annuels de Global Finance – n’a finalement été privé de son poste qu’en 2013 pour être remplacé par le ministre de l’Économie d’Orbán. Sur les rives du Danube, on considérait comme plus important de conserver les limitations imposées au Tribunal constitutionnel qui, depuis 2012, ne peut plus examiner que les questions de respect des procédures, et cela sans pouvoir se référer à sa jurisprudence antérieure, annulée en bloc par le parlement.

La réaction du Parlement européen fut d’élaborer en juillet 2013 une liste de recommandations, dans le rapport Tavares, en menaçant à nouveau de priver la Hongrie de son droit de vote au sein des institutions européennes. Ces menaces n’ont bien entendu pas été mises à exécution, entre autres parce que les préconisations du Parlement européen se fondaient sur des généralités abstraites.
La clé du succès

Aujourd’hui, plus personne dans l’UE ne parle de censure ou de « coup d’État constitutionnel » à Budapest. Pourtant, la longue liste des leaders politiques favoris des médias qui ont à leur compte des déclarations irréfléchies – et c’est un euphémisme – au sujet de la Hongrie, est vraiment impressionnante. Mais cela n’a pas empêché la Hongrie de sortir victorieuse de ces conflits. Comment a-t-elle fait ? Certes, les accusations à son encontre étaient surtout fondées sur des mensonges et des manipulations. Mais dans le contexte politico-médiatique européen, il ne suffisait pas d’exposer la réalité des faits.

La personnalité de Viktor Orbán a beaucoup contribué à la victoire hongroise. Impliqué en politique au niveau national depuis 1989, vice-président de l’Internationale libérale pendant une décennie, vice-président du Parti Populaire Européen jusqu’en 2012, Orbán n’est pas le premier venu. Il manie la langue de Shakespeare avec aisance (et souvent avec humour). Il est ami avec Helmut Kohl, avec David Cameron, avec l’ancien président du Parti Populaire Européen Joseph Daul et avec d’autres leaders politiques européens. Des leaders qui sont systématiquement invités aux congrès du Fidesz depuis des années. Quand le besoin s’en fait sentir, la Hongrie peut aussi toujours compter sur quelques déclarations fortes de Roger Scruton, de Vladimir Boukovski et d’autres intellectuels médiatiques.
Manifestations de soutien

Outre son action extérieure, le gouvernement hongrois a aussi déployé de gros efforts à l’intérieur du pays. Il a pris le temps d’expliquer longuement ses projets et ses intentions aux citoyens hongrois. Si la politique du gouvernement de Budapest n’avait pas été comprise en Hongrie-même, il n’y aurait pas eu ces centaines de milliers de citoyens venus manifester leur soutien dans la rue ni les millions de clics pour le « oui » lors des référendums par Internet quand Bruxelles protestait contre les réductions des prix de l’énergie pour les particuliers (mais pas pour les entreprises) en 2013 ou, un an plus tard, contre la nouvelle taxe sur les publicités qui frappait tout particulièrement le capital allemand très présent dans les grands médias hongrois.

Dans ses conflits avec Bruxelles, le gouvernement hongrois a toujours évité les chocs frontaux. Il tergiversait, faisait durer, et même reculait un peu quand il le fallait, cherchant le bon moment pour mettre ses plans à exécution. La Pologne aurait tout intérêt à bien étudier l’expérience hongroise des relations avec Bruxelles.

D’autant plus que l’opposition polonaise calque déjà son action sur l’exemple hongrois en cherchant des soutiens à Bruxelles. Le Comité de défense de la démocratie (KOD) copie lui-même une initiative réussie des post-communistes et des libéraux hongrois dans les années 90. Et la première délégation reçue par le président du Tribunal constitutionnel polonais Andrzej Rzepliński [très impliqué du côté de l’opposition au PiS, NdT] après les élections législatives était composée de juges du Tribunal constitutionnel hongrois.

Maciej Szymanowski
Do Rzeczy
13/04/2016

Titre original : Węgierska Lekcja

Source : Do Rzeczy n° 2/2016 (Nouvelles de France)

Traduction : Olivier Bault

Correspondance Polémia – 18/04/2016

Image : Le ministre des Affaires étrangères polonais Witold Waszczykowski à Budapest avec le premier ministre hongrois Viktor Orbán. Photographie : M. Bobiński/MSZ
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Categories: Géopolitique Tags: Hongrie, Nouvelles de France, Olivier Bault, PIS, Pologne
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Inégalités dans le système d’éducation : les causes d’un désastre

21 avril 2016 • Roger Chudeau
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Le centre de recherche Innocenti de l’Unicef a publié la semaine dernière son bilan N°13 portant sur la comparaison entre les pays riches en termes d‘inégalités de l’enfance dans des domaines tels que les revenus, la santé et l’éducation, le bien-être dans la vie.

La France est convenablement classée dans le premier domaine (13ème sur 41), mais se trouve reléguée à la 23ème place sur 35 dans le domaine de la santé, à la 28ème place sur 35 dans celui de la satisfaction dans la vie et à la 35ème place sur 37 en matière éducative. Ce classement, humiliant pour notre pays, est obtenu par référence à diverses sources peu contestables : PISA 2006 et 2013, enquêtes de l’OCDE, enquête HSBC, etc. Ce classement traduit crûment l’état de déliquescence de notre système éducatif. Il interpelle à la fois les familles qui lui confient l’éducation de leurs enfants, le million d’agents de l’Etat qui se consacre chaque jour à l’éducation et les contribuables dont l’équivalent de l’impôt sur le revenu est employé aux dépenses d’éducation. Ce bilan met aussi directement en cause nos gouvernants et les politiques éducatives qu’ils définissent et mettent en œuvre.

A peine les chiffres de l’UNICEF étaient-ils publiés que la ministre de l’Education nationale affirmait que ces résultats concernaient 2012 et donc l’ancienne majorité. Elle ajoutait que la « refondation de l’école de la République » ne manquerait pas d’améliorer les résultats des élèves et le classement de notre pays.
Examinons les termes de cette déclaration :

L’enquête PISA utilisée par le centre de recherche INNOCENTI est celle de 2012, publiée en 2013, la dernière en date. Rappelons que cette enquête mesure les performances des élèves âgés de 15 ans en mathématique, lecture et sciences.

Quelques repères : Les élèves testés sont âgés de 15 ans en 2012. Ils sont nés en 1997, entrent en maternelle en 2000 et au CP en 2003. Ils entrent en 6ème en 2008. En 2012, ils sont en seconde ou –s’ils ont pris du retard – en troisième.

2002 : Gouvernement Jospin, nouveaux programmes pour l’école primaire (25/01/2002). Ministère Jack Lang.
2005 : Gouvernement Raffarin, Loi Fillon (23/04/05) : instauration d’un « Socle commun des connaissances et des compétences ». Décrets publiés en 2006.
2007 : nouveaux rythmes scolaires hebdomadaires pour l’école primaire (ministère Darcos)
2008 : nouveaux programmes de l’enseignement primaire (ministère Darcos). Entrée en vigueur, rentrée 2009.
2007-2012 : Révision générale des politiques publiques : suppression de 80 000 emplois dans l’enseignement public et privé sous contrat.

A la simple lecture de ces repères il apparaît qu’il n’est pas possible d’imputer les piètres résultats de nos élèves aux évaluations PISA 2012 à l’influence de la Loi Fillon, ni à celle des programmes de 2008 car les élèves testés en 2012 étaient entrés au collège… en 2008. En réalité, ces élèves ont été exposés durant leur scolarité primaire aux programmes élaborés sous le ministère de Jack Lang en 2002.

Les programmes en vigueur au collège quant à eux, étaient alors ceux arrêtés par des textes réglementaires de 1995, et 1997 (Bayron) et 1998 (Allègre). Les nouveaux programmes de 2008 pour le collège n’ont pas touché les élèves testés, car leur entrée en vigueur s’est échelonnée de 2009 (6ème) à 2012 (3ème). Quant à la « semaine de quatre jours », entrée en vigueur en 2008, elle ne concerne pas les collégiens et reste donc sans effets sur leurs performances scolaires.

La RGPP enfin, a concerné essentiellement des emplois non directement liés à la classe (administratifs, stagiaires, remplaçants, RASED). Elle est restée sans effets sur le taux d’encadrement dans les écoles et les collèges, pour autant que celui-ci ait un rapport avec les résultats des élèves…
La « priorité au primaire » :

Les 3 ministres qui se sont succédés depuis 2012 rue de Grenelle ont affirmé que l’enseignement primaire était leur priorité. Ceci est loin de se traduire dans les choix budgétaires, puisque le déséquilibre entre enseignement primaire et enseignement secondaire est toujours le même – à l’épaisseur du trait près – et favorise excessivement le second degré, en particulier les lycées et leurs post-bac. Le programme 140 de 2016 prévoit donc un peu plus de 20 milliards d’euros pour les 5,8 millions d’élèves du primaire et le programme 141, un peu plus de 31 milliards pour les 4,5 millions d’élèves du second degré. Ce déséquilibre peut être l’une des sources de nos difficultés à assurer la maîtrise des fondamentaux par tous nos écoliers. Mais le gouvernement actuel ne modifie rien. Les raisons de cette passivité sont à rechercher du côté des liens qui unissent les syndicats enseignants et la rue de Grenelle.

La priorité au primaire se traduit surtout par trois mesures phares : la scolarisation précoce des enfants de deux ans, le dispositif « plus de maître que de classes », la réforme des rythmes scolaires.

Or, le budget significatif (+ 800 emplois en 2016) destiné à encourager la scolarisation d’enfants âgés de deux ans s’avère vain, car les parents rechignent à envoyer des enfants si jeunes dans une structure scolaire. Il est du reste assez douteux qu’une scolarisation si précoce soit véritablement bénéfique aux enfants (voir avis critiques de Catherine Dolto, Boris Cyrulnik, Claire Brisset par exemple).

Le dispositif « plus de maître que de classes » (très ancienne revendication du SNUIPP/FSU) consiste à affecter un maître surnuméraire dans une école afin qu’il puisse assister ses collègues dans le cadre d’un projet pédagogique. Ce dispositif est principalement destiné aux écoles de l’éducation prioritaire (qui en bénéficiaient d’ailleurs souvent déjà avant 2012). Nul ne sait aujourd’hui s’il produit des effets mesurables en matière de résultats scolaires. Les écarts de performances entre écoles de Réseaux d’éducation prioritaire et les écoles hors REP sont toujours aussi abyssaux.
Le refondation de l’éducation

Chacun se souvient que le volontarisme réformateur de Vincent PEILLON avait abouti à une réforme des rythmes scolaires supposée correspondre à « l’intérêt de l’enfant ». Tout le monde s’accorde aujourd’hui à reconnaître que cette réforme a surtout eu deux effets contre-productifs :

Elle accroit les inégalités en matière d’accès à la culture (puisque bien des communes sont incapables de proposer aux enfants des activités de bon niveau, tandis que d’autres utilisent toute la palette de l’offre culturelle dont elles disposent).
Et elle aura supprimé les deux heures hebdomadaires obligatoires d’aide personnalisées de la réforme Darcos. Certes, il existe sur le papier encore des moments consacrés à l’aide personnalisée dans les activités pédagogiques complémentaires (APC), mais c’est concurremment à d’autres « activités » et cela ne remplace pas un soutien hebdomadaire systématique qui commençait à donner des résultats encourageants auprès des élèves en difficulté quand la « refondation » l’a supprimé.

Si l’on ajoute à cet édifiant tableau le fait qu’en termes d’amélioration du pilotage du premier degré, rien n’a été accompli : pas de statut réel, ni d’autorité pour les directeurs d’écoles, pas de modification des règles d’affectation des professeurs dans les écoles difficiles (62,5% des enseignants de l’éducation prioritaire ont moins de 5 ans d’ancienneté professionnelle), suppression en 2012 des évaluations nationales de CE1 et de CM2, pourtant très appréciées par les maîtres). On parvient aisément à la conclusion suivante : la « refondation » agit à la marge, ne change rien de significatif, n’intervient sur aucun levier systémique susceptible de produire une amélioration des résultats.

Comme le gouvernement sent obscurément qu’il ne parviendra pas à « inverser la courbe » de la médiocrité de notre système éducatif, il a entrepris de réformer de fond en combles les programmes, le socle commun, l’évaluation et l’orientation.

Depuis sa fondation, l’école publique a poursuivi une double ambition : élever le niveau d’instruction des Français. Et dégager par le mérite scolaire une élite républicaine. Massification et démocratisation allaient de pair. Le renouvellement des élites, la mobilité sociale, étaient considérés dès avant la première guerre mondiale, puis par le CNR à la Libération comme une mission essentielle de l’école.

La Loi FILLON du 23 avril 2005 qui créait le socle commun des connaissances et des compétences respectait ce double impératif : Le socle devait être au minimum maîtrisé par tous et les programmes définissaient un optimum vers lequel pouvaient tendre les élèves en fonction de leurs aptitudes, de leur travail, de leurs efforts. Le collège était une propédeutique du lycée et l’orientation des élèves reposait sur leurs résultats (notation) et leurs progrès.
La Loi « PEILLON » du 8 juillet 2013 fixe quant à elle au système éducatif français un seul objectif : « La refondation doit conduire à une réduction de l’impact des déterminismes sociaux et de toutes les inégalités et discriminations ». Les orientations fixées au système éducatif comprennent notamment : « Modifier en profondeur l’organisation et le contenu des enseignements et leur évaluation/… / repenser le socle commun de connaissances de compétences et de culture et mieux l’articuler avec les programmes d’enseignement/…/ Les modalité de la notation des élèves doivent évoluer pour éviter une « notation-sanction» (Rapport annexé à la loi)
Le décret « VALLAUD-BELKASEM » du 31 mars 2015 institue donc un nouveau socle commun qui « définit les finalités de la scolarité obligatoire » (annexe). Le distinguo entre socle et programmes disparait donc au profit d’un objet unique, référence et horizon indépassable de la scolarité obligatoire, de ses pédagogies, de son organisation. Les enseignements disciplinaires ne sont plus désormais que des « repères annuels de programmation », des prétextes à l’acquisition des « compétences travaillées » (programmes 2016).

Le débat qu’a suscité la réforme du collège fournit à la réforme du socle et des programmes son éclairage idéologique et politique : la ministre de l’Education nationale a présenté sa réforme du collège comme le moyen de « la réussite pour tous ». En affaiblissant, voire en supprimant tous les enseignements supposés « élitistes » et donc, selon elle, sources de discriminations, la ministre, en pleine cohérence avec la philosophie de la « refondation », entend effacer tout ce qui pourrait être perçu comme relevant d’une « fracture sociale » au sein de l’école.

Il s’agit donc de supprimer ou de rogner tous les enseignements considérés par l’actuelle majorité comme des lieux de reproduction des distinctions sociales : langues anciennes, allemand, programmes disciplinaires exigeants. Il est également logique que la ministre s’en prenne à ce qu’elle considère comme deux « marqueurs » sociaux : la notation et l’orientation. La notation est désormais décrite comme une « sanction » qui commet en outre le péché capital de classer les élèves et l’orientation, enfin, jusque-là proposée par le conseil de classe sur la base des résultats et des aptitudes des élèves et arrêtée par la direction du collège, pourra, à titre expérimental, laisser « le dernier mot aux parents »…

Ainsi la boucle est bouclée et tous les indices de diversité des élèves en matière de travail, d’aptitudes, d’efforts, d’engagement, de résultats auront été méthodiquement gommés ou affaiblis.
Les thermomètres étant brisés, le malade est réputé guéri !

Il est indéniable que la « refondation » forme un ensemble cohérent. Il est tout aussi indéniable qu’elle ne traite aucun des véritables facteurs d’échecs du système éducatif français, qu’elle aggrave les inégalités et porte atteinte au modèle républicain de mobilité sociale par le mérite scolaire.

En abandonnant la seconde mission du système éducatif français qui est de dégager et de promouvoir une élite scolaire en sorte de renouveler les élites de la Nation, le gouvernement ne fait pas que renier l’un des fondements de l’école républicaine, il sème le doute sur la capacité de celle-ci à « élever » les enfants, à les instruire et à les éduquer. Le vocabulaire officiel est d’ailleurs révélateur : « les domaines de formation » du socle, « la scolarité obligatoire remplit un double objectif de formation et de socialisation » les élèves pourront « réussir la suite de leur parcours de formation » (annexe du décret). Où se placent l’instruction et l’éducation ?

Si l’école « bienveillante » (?!) n’évalue plus, ne note plus, n’oriente plus, si tous les élèves obtiennent tous les diplômes (les taux de réussite au brevet et au baccalauréat frôlent désormais les 99% tous les ans), les parents chercheront en dehors de l’institution les moyens d’élever véritablement leur enfant et de l’amener au meilleur de lui-même pour l’insérer dans le tissu économique et social. L’idéologie creuse de la « lutte contre les déterminismes sociaux » (loi Peillon), la mise à mal de l’architecture socle/programmes/ évaluation/orientation, auront donc tué, au final, l’égalité des chances et le modèle d’une école facteur de promotion sociale et d’insertion professionnelle réussie.

La « refondation » se caractérise avant tout par une tragique incapacité à réformer, rénover, renouveler l’école dont la France a besoin. Au regard de toutes ses décisions, il apparait probable que les prochains résultats des études Pisa ou de l’Unicef sur les performances des élèves ou la question des inégalités dans le système scolaire français, ne s’améliorent pas.
Les propositions de la Fondation iFRAP pour réformer l’Education :

Décentralisation de l’éducation nationale : Créer des agences régionales d’éducation en fusionnant les 127 académies et directions académiques dans l’administration régionale. Ces agences seraient chargées de financer la politique éducative et la masse salariale des enseignants, et donc de subventionner les 5 000 communes chargées du recrutement. L’État conserverait ses compétences pour la fixation des programmes, la passation de contrats avec plus d’établissements privés. Abroger le ratio privé/public qui bride les établissements privés. Mettre fin au collège unique.

Donner plus d’autonomie aux établissements dans la gestion financière et dans les évaluations des enseignants : faire des chefs d’établissement de véritables managers des équipes.

Réformer le statut des enseignants de 1950 en augmentant le nombre d’heures de cours par semaine donné par les enseignants du second degré, en annualisant le temps de travail de tous les professeurs (y compris les agrégés) et en instaurant la bivalence.
Introduire la notion de performance dans le calcul de la rémunération des enseignants, diversifier leurs statuts et types de contrats devraient permettre de dynamiser les carrières. En plus d’une notion de performance, l’ancienneté des enseignants qui justifie aujourd’hui de la quasi-totalité de la progression salariale, doit être calculée en fonction du nombre d’heures réelles d’enseignement (et donc d’heures passées devant les élèves) et non plus en fonction du temps passé après l’obtention du concours. Si tous les professeurs des collèges et lycées avaient une obligation de cours de 20 heures par semaine, cela permettait d’économiser l’équivalent de 47 000 postes de professeurs.

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L’actrice Susan Sarandon a récemment semé la panique en révélant sa réticence potentielle à voter pour la favorite démocrate Hillary Clinton au cas où elle affronterait le probable candidat républicain désigné Donald Trump dans la course à la présidentielle.

Sarandon faisait écho à une position partagée par de nombreux supporteurs de l’opposant démocrate de Clinton, Bernie Sanders, lesquels disent qu’ils ne voteront pas pour Clinton même si cela signifie que Trump deviendra président des Etats-Unis.

En réponse, l’establishment [démocrate] a perdu son esprit collectif.

Le chroniqueur du New York Times Charles Blow a descendu en flammes les électeurs « Bernie sinon rien » qui se livrent à une « sinistre politique électorale de la terre brûlée » en pataugeant dans « l’irascibilité et les privilèges » et qui « voient tout en noir ».

JJ Goldberg de The Forward, dans un article intitulé « ‘Bernie sinon rien’ est une revendication prétentieuse butée – et dangereuse », mettait en garde que « se plaindre de la faiblesse [de Clinton] ne peut qu’affaiblir la participation à l’élection de novembre et livrer Washington entièrement au Parti Républicain ».

Et Michael Tomasky de se lamenter dans The Daily Beast que ces refuzniks anti-Clinton sont principalement des blancs privilégiés qui n’ont rien à perdre. Même Hillary Clinton y est allée de son couplet, en twittant : « Certaines personnes peuvent peut-être se payer le luxe d’exiger « le parfait ». Mais beaucoup d’Américains souffrent ici et maintenant et ne peuvent pas attendre qu’il arrive. »

C’est devenu une orthodoxie acceptée dans les cercles de la classe dominante de considérer Trump comme un autoritaire qui fait son lit sur les tensions raciales et qui présenterait une menace majeure pour le monde s’il était élu en novembre prochain.

Si cette présentation est certainement parfaitement fondée, elle ignore le fait que Clinton est tout aussi dangereuse pour la stabilité mondiale. Et contrairement à Trump, elle a sur les mains le sang qui le prouve.

Si le moindre mal est l’objectif, comme insistent les experts de la classe dominante, on ne sait pas trop qui représenterait le moindre mal – si le choix se limite à Trump et Clinton.

Reine de la guerre

Sur de nombreux sujets, en particulier les échanges commerciaux et la politique étrangère, Clinton est à la droite de Trump, avec un penchant pour la belligérance militariste et elle ressemble beaucoup plus à une belliciste néoconservatrice qu’à la progressiste qu’elle prétend être.

Pour vous en assurer, ne cherchez pas plus loin que les néoconservateurs eux-mêmes, lesquels sont tellement terrifiés par l’approche non-interventionniste de Trump en matière de politique étrangère qu’ils sont prêts à se ranger derrière Clinton. Ce n’est pas la première fois que Clinton s’est vue gagner l’adoration des faucons.

En 2008, les néoconservateurs ont poussé un ouf de soulagement lorsque le Président Barack Obama nomma Clinton au poste de secrétaire d’Etat.

Richard Perle, l’ancien président du conseil à la politique de défense du Président George W. Bush et l’un des principaux architectes de la guerre d’Irak, commentait ainsi la nomination de Clinton, « Je suis assez content [.] Il n’y aura pas autant de changement que ce que nous avions cru au départ. »

Le très néoconservateur Weekly Standard avait également célébré la nomination de Clinton, applaudissant à son évolution de « Première Féministe » à « Reine de la guerre, plus Margaret Thatcher que Gloria Steinem.

Clinton est allée jusqu’à dépasser les attentes des néoconservateurs.

L’ancien Vice-président Dick Cheney a dit qu’il était impressionné par le travail de Clinton au Département d’Etat, ce qui équivaut à une approbation.

Dans une apparition dans l’émission Morning Joe sur la chaîne MSNBC, en 2014, Dan Senor, un agent néoconservateur de premier plan et ancien conseiller en politique étrangère du candidat républicain désigné en 2012, Mitt Romney, a déclaré, « Hillary est plus belliciste que n’importe lequel d’entre nous ! »

« Hillary est la néocon des néocons », a ajouté l’animateur Joe Scarborough. « Il sera fascinant de voir si elle décide de se présenter et si elle obtient la nomination. Elle sera plus belliciste, plus une néocon, que ne le sera probablement le candidat républicain désigné. Je veux dire qu’il n’y a quasiment eu aucun engagement militaire que Hillary n’a pas soutenu au cours des vingt dernières années ».

Cet amour pour Clinton n’est pas du tout surprenant. Après tout, Clinton a régulièrement accusé les Palestiniens d’enseigner la haine à leurs enfants, tout en s’alignant étroitement sur le Premier ministre israélien très à droite et révisionniste de l’Holocauste, Benjamin Netanyahou, un néoconservateur encarté dont la démagogie rivalise avec celle de Trump.

Elle a exprimé sa fierté d’avoir fait des « Iraniens » des ennemis, dont elle a une fois menacé de rayer le pays de la carte et qu’elle continue de menacer de sanctions.

Elle a comparé les actions du Président russe Vladimir Poutine en Ukraine aux transferts de population menés par Hitler avant la Seconde Guerre mondiale. En dépit de son mea culpa, en 2014, sur son soutien à la calamiteuse invasion de l’Irak en 2003, et son effort actuel pour redorer son blason comme progressiste, l’étiquette de belliciste est celle que Clinton est toujours fière de porter – comme lorsqu’elle s’est vantée avec jubilation du soutien que le New York Daily News lui a apporté cette semaine en tant que « guerrière réaliste super-préparée ».

Traînée de sang

Le comportement belliciste de Clinton va bien plus loin qu’une rhétorique incendiaire.

Lorsqu’elle servait en tant que secrétaire d’Etat, elle a donné son feu vert à d’énormes contrats d’armements avec des tyrans soutenus par les USA, renforçant ainsi de façon spectaculaire les prouesses militaires de despotes qui se trouvent faire partie des plus généreux donateurs de la Fondation Clinton.

Dans une démonstration stupéfiante de son échec à avoir retenu les leçons les plus fondamentales de la guerre d’Irak, Clinton a été le fer de lance du renversement par l’administration Obama du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, en se fondant sur des renseignements erronés.

Après le lynchage public particulièrement macabre de Kadhafi par des rebelles libyens soutenus par les Etats-Unis, en 2011, Clinton pouvait à peine cacher son excitation, en déclarant à CBS News avec une joie malicieuse, « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort » [« We came, we saw, he died »].

Comme l’on pouvait s’y attendre, la Libye est devenue un havre livré à l’anarchie pour les groupes extrémistes de toute la région, y compris celui que l’on appelle Etat Islamique ou Daech.

Cette semaine, Obama a dit que l’échec à préparer la suite après le renversement de Kadhafi était la « pire faute » de sa présidence. En tant que secrétaire d’Etat et chef de file de l’intervention, cette préparation aurait sûrement dû être la principale responsabilité de Clinton.

La Libye n’a pas été le seul pays où Clinton a fait de l’ingérence.

Marchant dans les pas de son mentor, l’ancien Secrétaire d’Etat Henry Kissinger, Clinton a soutenu et légitimé le coup militaire de droite au Honduras qui a chassé le Président démocratiquement élu Manuel Zelaya en 2009, plongeant le Honduras dans une violence record qui a poussé des milliers d’enfants à s’enfuir pour sauver leur peau.

Ensuite, en 2014, Clinton s’est dressée en faveur de la déportation de dizaines de milliers d’enfants réfugiés non-accompagnés d’Amérique Centrale qui cherchaient asile aux USA, afin d’« envoyer un message » a leurs parents que « ce n’est pas parce que votre enfant est arrivé de l’autre côté de la frontière que cela signifie qu’il doit rester ici ».

Près d’un tiers de ces enfants avaient fui les violences qui avaient suivi au Honduras.

Clinton a réitéré son soutien à leur déportation pas plus tard qu’en août dernier.

Berta Caceres, militante pour les droits des Indiens et écologiste, a critiqué le rôle joué par Clinton dans ce coup d’Etat, avant son assassinat, le 3 mars dernier, par un escadron de la mort hondurien.

L’équipe de campagne de Clinton a nié que sa candidate portait quelque responsabilité que ce soit pour cette violence, en disant que son rôle au Honduras avait été de la « diplomatie active ». Cette semaine, Clinton a de nouveau soutenu le renversement de Zelaya.

Malgré la traînée de sang qu’elle a laissé derrière elle, Clinton continue de croire en la vertu des changements de régimes soutenus par les USA.

Interrogée le mois dernier sur ce qu’elle pensait du passé des Etats-Unis en matière de renversement de dirigeants démocratiquement élu dans le monde entier, Clinton a invoqué le spectre de l’Allemagne nazie, en soutenant que « Quelqu’un aurait pu assassiner Hitler avant que nous envahissions l’Allemagne ; cela aurait été une bonne ou une mauvaise chose ? ».

Même Trump reconnaît plus ou moins la bellicosité de Clinton. Il a dit lors d’un meeting en mars dernier à Detroit que le « Moyen-Orient est en train de brûler en grande partie à cause des politiques et des concepts défaillants de Hillary Clinton ».

La grande panique des néocons

Dans un contraste quasi-surréel à Clinton, Trump a appelé à réduire la présence militaire des USA à l’étranger et a déclaré à plusieurs reprises son opposition à l’intervention étrangère, disant de la guerre d’Irak que Clinton a soutenue avait été « une très grosse erreur » qui a « déstabilisé le Moyen-Orient ».

Il a même suggéré une politique de neutralité dans les négociations de paix entre Israël et les Palestiniens, une proposition à laquelle il a fini par renoncer après avoir soulevé l’ire des tenants de la ligne dure pro-israélienne, y compris Clinton, qui a déclaré, « l’Amérique ne peut jamais être neutre [.] quiconque ne comprend pas cela n’a rien à faire à être président de l’Amérique ».

L’establishment néoconservateur a réagi en lançant une attaque tous azimuts contre Trump.

Le Comité d’Urgence pour Israël [Emergency Committee for Israel], un think tank néoconservateur, a diffusé une pub assimilant l’opposition de Trump aux changements de régimes en Libye et en Irak à un soutien aux dictateurs anti-américains.

Peu après, un groupe autoproclamé « communauté républicaine à la sécurité nationale » a publié une lettre condamnant le blasphème de Trump contre le dogme central de leurs principes hégémoniques.

Signée par un noyau d’intellectuels néoconservateurs, d’anciens dirigeants et agents gouvernementaux, cette lettre critiquait le frayage de Trump avec l’isolationnisme et son opposition aux traités commerciaux en faveur des grandes entreprises.

Cette lettre est allée jusqu’à dénoncer le sectarisme de Trump et son soutien appuyé pour la torture, bien que ces complaintes puissent difficilement être prises au sérieux vu que les gens qui se trouvent derrière cette lettre ont fermement soutenu pendant des décennies la torture, le sectarisme et pire. Eliot Cohen, qui a organisé la lettre anti-Trump, a même affirmé, « Hillary est, de très loin, le moindre mal ».

En attendant, sur les conseils de la Sénateur républicain de Caroline du Sud, Lindsey Graham, Netanyahou s’active maintenant à signer un très gros accord d’aide militaire américaine, qu’il avait auparavant rejeté comme étant insuffisant, avant qu’Obama ne quitte le pouvoir de peur qu’un Président Trump ne soit pas aussi généreux.

Construction de murs

Si la politique étrangère sépare Clinton et Trump, il y a de nombreuses questions intérieures qui les unissent.

Le nouvel enthousiasme de Clinton à « faire tomber les barrières », une référence directe à la proposition anti-immigrés de Trump de construire un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, contredit entièrement le soutien qu’elle a elle-même apporté au mur frontalier qui existe déjà, dont une grande partie à été construite sous la présidence d’Obama.

Il y a tout juste cinq mois de cela, Clinton se vantait du soutien qu’elle avait apporté à ce mur.

« J’ai voté de nombreuses fois lorsque j’étais sénateur pour dépenser de l’argent afin de construire une barrière visant à empêcher les immigrés illégaux de rentrer », s’est vantée Clinton dans un Hôtel de ville du New Hampshire en novembre dernier.

Le mois dernier dans un débat, à la question de savoir ce qui distinguait son mur de celui de Trump, Clinton a mentionné sa dimension. « Tel que je le comprends, [Trump] parle d’un mur très haut », a-t-elle dit.

Clinton est une immense fan du mur de séparation d’Israël qui a effectivement annexé des terres palestiniennes en Cisjordanie occupée et elle a suggéré de l’utiliser comme modèle pour la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Et elle continue de citer comme argument sur son site internet de campagne son soutien au mur d’Israël, jugé illégal par la Cour Pénale Internationale.

Son hypocrisie n’est pas restée inaperçue par Trump, qui twittait en janvier dernier, « Hillary Clinton a dit que c’est OK d’interdire l’entrée des Musulmans en Israël en construisant un MUR, mais pas de le faire aux Etats-Unis. Nous devons rester vigilants ! »

Une course vers le pire

Ces derniers mois, Clinton s’est réinventée comme une combattante pour la justice sociale antiraciste, en utilisant le langage de l’intersectionnalité et le discours sur les privilèges pour tourner en ridicule le populisme de Sanders, détourner l’attention sur ses liens bien documentés avec Wall Street et se distinguer de la rhétorique haineuse de Trump.

Mais derrière son vernis de justice sociale se trouvent des principes plus en ligne avec la base républicaine que la base démocrate.

Tandis que Trump a traité les Mexicains de « violeurs » et s’est moqué des handicapés, Clinton a notoirement appelé « super-prédateurs » les enfants noirs et s’est référé aux allocataires sociaux comme étant des « bons à rien ».

Trump veut bannir les Musulmans. Mais Clinton a un solide passé de soutien aux bombardements des Musulmans, sans parler de sa disposition à débiner les Arabes et les Musulmans pour remporter les électeurs et les donateurs pro-israéliens.

Trump exacerbe les sentiments fascistes. Mais il le fait en puisant dans la colère légitime liée aux conséquences négatives de l’économie néolibérale du ruissellement [trickle-down economics] menée par des politiciens de la classe dominante comme Clinton.

Elle a joué un rôle actif dans le démantèlement du filet social et a livré les travailleurs américains aux désastreux accords commerciaux favorables aux grandes entreprises.

Encore quatre ou huit ans d’économie et d’aventurisme militaire clintoniens pourraient très bien préparer l’ascension d’un démagogue encore plus belliciste que Trump.

Une élection présidentielle entre Clinton et Trump serait une terrifiante course vers le pire. Il ne faut pas s’étonner si autant de personnes refuseraient dans ce casde donner leur voix à l’un ou l’autre de ces candidats.

Rania Khalek | 16 avril 2016

Article original : Is Hillary Clinton more dangerous than Donald Trump?

Traduction : JF. Goulon
Source: JFG-QuestionsCritiques
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Par Stéphane Burlot, pour Ballast

Un petit appartement de la capitale. Aux murs : une carte du monde, des poignards et des objets rapportés de ses nombreux séjours à l’étranger. Gérard Chaliand a quatre-vingts ans mais ne les fait guère : il a déjà dix vies derrière lui. Géostratège spécialiste des conflits armés et poète, « aventureux » et enseignant, il milita clandestinement pour l’indépendance de l’Algérie, combattit en Guinée-Bissau aux côtés du leader révolutionnaire Amílcar Cabral, se rendit au Viêt Nam, dans les rangs communistes, tandis que le pays était sous les bombes nord-américaines, et participa aux écoles de cadres et à l’entraînement de certains mouvements de la résistance palestinienne. Une vie de terrain et d’écriture. Il revient tout juste d’Irak lorsque nous le rencontrons. Les Kurdes tentent de résister à Daech. Le géostratège ne mâche jamais ses mots : le verbe est coupant, cru, sans ornements. La violence n’est pas affaire de concepts mais d’armes et de sang : notre homme préfère parler de ce qu’il connaît. Quitte à heurter.

Entretien inédit pour le site de Ballast

L’expression « lames de fond » vous est chère. Vous revenez d’Irak et cela fait une quinzaine d’années que vous suivez la cause kurde : d’où vient cet intérêt spécifique ?

Il y a des dossiers que j’ai suivis davantage que d’autres. J’avais aussi été en Afghanistan de 1980 à 1982 puis de 2004 à 2011, chaque année. Au démarrage, c’est un peu le hasard : je me suis retrouvé à rencontrer l’émir Bedir Khan, le représentant des Kurdes en Europe, dans les années 1950. Je me suis ensuite intéressé à la révolte de Moustapha Barzani, en 1961, mais j’étais déjà engagé dans l’indépendance algérienne et les maquis de Guinée-Bissau. En 1975, lorsque les Kurdes ont commencé à être déportés par le pouvoir irakien, je suis revenu à cette cause et j’ai rencontré Abdul Rahman Ghassemlou, alors leader du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran : en 1980, il m’a invité et j’ai passé deux mois auprès de lui – il sera, plus tard, assassiné. En 1991, la question kurde est revenue à la une, lors de la tentative de renversement du régime de Saddam Hussein. Huit ans plus tard, on m’a demandé d’aller voir ce qu’il en était de cette zone autonome kurde : je suis rentré clandestinement par la Syrie, en passant par Palmyre. J’y suis retourné en 2000, 2001 et 2002, puis la guerre d’Irak est arrivée. Les Kurdes sont un peuple infortuné : ils n’avaient pas de tradition étatique, contrairement aux Turcs et aux Iraniens, et ils le paient toujours. En 1991, quand ils étaient mitraillés par Saddam Hussein, ils ont cependant eu la chance que les caméras occidentales soient sur place – les chiites du sud de l’Irak, qui s’étaient soulevés aussi, n’avaient pas de caméras : on les a écrasés. En 2003, les Américains ont commis l’erreur de déclarer la guerre à l’Irak : une erreur absurde, qu’ils continuent de payer, une erreur idéologique des néoconservateurs qui pensaient qu’ils allaient remodeler à leur guise le Moyen-Orient. Ils se sont trompés. Ils pensaient changer le régime en Iran, ça n’a pas marché ; ils pensaient forcer la main de Bachar el-Assad pour qu’il cesse d’aider le Hezbollah libanais, ça na pas marché ; ils ont essayé d’installer, soi-disant, « la démocratie » en Irak, ça n’a pas marché.

« Les Américains ont commis l’erreur de déclarer la guerre à l’Irak : une erreur absurde, qu’ils continuent de payer, une erreur idéologique des néoconservateurs. »

Jusqu’en 2007, la situation n’était pas fameuse pour les Kurdes d’Irak, d’un point de vue économique, mais ils ont eu l’idée d’exploiter le pétrole sous leur sol, n’en déplaise à Bagdad. Ils l’ont vendu aux Turcs – c’était le seul débouché géographique possible –, qui se montraient hostiles, au départ, avant de conclure qu’il s’agissait d’une bonne affaire car ils pouvaient effectuer de sérieuses économies en achetant le pétrole kurde à bon marché. Chaque camp y a trouvé son compte. Les Kurdes, au nord, ont cru qu’ils se trouvaient dans les Émirats ! Ils ont investi, construit – la corruption est venue avec, bien sûr. Ils se sont laissé aller ; ils ont oublié qu’ils étaient entourés d’États hostiles. Ils n’ont pas pris la mesure de la montée de Daech. Leurs combattants peshmergas avaient pris du gras : même pour fuir, ce n’est pas bon d’avoir du ventre ! Ils étaient mal entraînés, mal armés : ils avaient dépensé leur argent à bâtir des malls et des hôtels. Grave erreur ! Même les Suisses, qui sont dans un environnement plutôt sympathique, continuent d’avoir une arme à la maison et, jusqu’à 45 ans, font chacun quinze jours de service militaire. Quand Adolf Hitler s’est dit qu’il allait s’emparer de la partie germanique de la Suisse, ses généraux lui ont fait savoir que ce serait très coûteux de prendre la Suisse et qu’il serait mieux d’aller voir plus à l’est… Quand Daech, après Mosul, est monté jusqu’au Sinjar, les troupes kurdes ont pris la fuite. Ils ont reculé partout. Massoud Barzani a alors demandé aux Américains de les aider, sans quoi les Kurdes allaient tomber – il faut reconnaître ça aux Américains : ils ont la logistique et l’organisation, ils sont venus le jour même et ils ont stoppé l’État islamique. Les Kurdes d’Irak s’entraînent, à présent. Ils ont repris le Sinjar avec l’aide du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et des Unités de protection du peuple (YPG). Les YPG – des Kurdes de Syrie – sont les meilleurs combattants de la zone : ce sont des laïcs idéologisés. Ils sont donc prêts à mourir.

Vous avez déclaré que vous êtes favorable à la coordination internationale des frappes contre Daech. Que répondez-vous à ceux qui tiennent cela pour de l’ingérence et qui estiment que ça ne fera que renforcer les jihadistes, puisqu’ils n’attendent que ça pour légitimer leurs attaques ?

L’ingérence, on y est déjà ; je ne vois pas ce que ça change. Par contre, la question de savoir si l’ingérence, à la base, était une bonne idée, oui, elle se pose. Qu’est-ce qu’on est allés faire en Libye ? D’autant qu’on a violé le cadre fixé par le Conseil de sécurité des Nations unies. On a liquidé le dictateur. Si les Russes ou les Chinois l’avaient fait, qu’aurait dit l’Occident ? Que c’est dégueulasse et intolérable. Nous sommes des hypocrites, il faut le reconnaître. Il y en a marre du discours uni-dimensionnel, comme si tout ce que nous faisions était bien et que l’autre, qu’il s’appelle Poutine ou non, était un méchant. Nous sommes sur les listes de Daech et d’Al-Qaeda depuis des années – ils l’ont dit. Je suis donc favorable à une coordination (qui, soit dit en passant, existe déjà) et, même, pour du combat au sol en raids. Pas pour l’occupation de terrain. Daech n’est pas un mouvement terroriste ni un mouvement de guérilla : ils utilisent aussi le choc frontal, la bataille, c’est-à-dire la guerre classique. Quand l’adversaire est en face, prêt à mourir, avec 1 500 ou 2 000 hommes, je suis pour l’intervention de troupes spéciales – et qu’on en tue le plus possible.

Mais vous disiez en 2014, sur Europe 1, que vous étiez partisan d’une intervention au sol si, et seulement si, le régime d’el-Assad était menacé…

… Tout le monde a constaté que le pouvoir syrien était essoufflé. Et c’est bien pour cela que les Russes sont arrivés. Que fait-on avec Daech ? Ils sont très difficiles à contrôler ; il faut donc les affaiblir. Pourquoi ? Car les frapper et les affaiblir diminue leur aura et le nombre de jeunes hommes qui ont, chez nous et ailleurs, envie de s’enrôler. L’an passé, lorsque Daech a remporté des victoires sur le terrain, ça a été un appel d’air – qui se compte par milliers. Je n’ai pas dit que les frappes allaient tout résoudre, car on ne bombarde pas une idéologie. C’est une guerre d’usure, qui prendra du temps, puisqu’il n’y a rien à négocier : Daech ne met rien sur la table.

Le Dalaï-Lama vient pourtant de dire qu’il faut dialoguer avec eux.

(Il rit.) Ils veulent la victoire ou la mort. Donnons-leur la mort. Mais personne n’ose plus dire les choses clairement, de crainte d’être traité de je-ne-sais-quoi. Je me suis battu durant des décennies pour les luttes d’indépendance et de décolonisation : je ne vais pas me laisser terroriser par des petits cons qui n’ont jamais reçu la moindre gifle et qui ont peur de leur ombre.

Nos gouvernements, avez-vous dit, ont laissé la peur s’installer dans les têtes en diffusant jusqu’à plus soif les communiqués et les vidéos de Daech. Qu’aurait-il fallu faire ?

« Les médias nous pourrissent la vie avec leur audimat. Ils rendent service à Daech ; ils font leur propagande : si je relaie six fois un crime de guerre de l’ennemi, je lui rends cinq fois service. »

On ne montre pas en boucle, à la télévision, les images des cadavres et les familles, cousin après cousin, pour dire que les victimes étaient formidables. On dit qu’un bus a sauté et qu’il y a quinze morts ; point final. L’autre jour, je suis passé à la pharmacie et la pharmacienne me disait que les clients défilent, depuis le 13 novembre, pour prendre des calmants. Les gens se demandent ce qui va se passer ; ils ont peur. Les médias nous pourrissent la vie avec leur audimat. Ils rendent service à Daech ; ils font leur propagande : si je relaie six fois un crime de guerre de l’ennemi, je lui rends cinq fois service. C’est la société du spectacle. C’est minable. Mais, non, contrairement à ce que raconte Hollande, nous ne sommes pas en guerre : une guerre, ce serait comme ça tous les jours ; on est dans une situation conflictuelle. Le vieux Aron avait trouvé la seule formule intelligente qui soit, à propos du terrorisme : « Peut être considéré comme terroriste toute action dont l’impact psychologique dépasse de très loin les effets proprement physiques. ». Le tam-tam autour des 3 000 morts du 11 septembre ! Pendant des semaines ! J’enseignais à Singapour l’an passé et j’ai demandé à mes élèves quel était l’évènement le plus important de ces quinze dernières années : « Nine eleven ! » Ça ne va pas la tête ? C’est la Chine, partie de presque rien et devenue numéro 2 mondial !

Vous citez Aron, sur le terrorisme. Alain Gresh, du Monde diplomatique, avance que c’est une notion inopérante car elle recouvre absolument tout et son contraire. Comment pourriez-vous le définir ?

Aron a tout dit, mais je n’oublie pas que le terme « terreur » rentre dans l’Histoire comme terreur d’État. C’est 1793 et Robespierre. Le nazisme a été une terreur d’État, tout comme le stalinisme. La Turquie la pratique et, en face, le PKK mène une guérilla qui a recours à des méthodes à caractère terroriste. Daech, dit-on, est un mouvement « terroriste » ou « nihiliste» : c’est faux. Ce sont des révolutionnaires. Je parle ici en observateur froid, sans jugement de valeurs. Comment s’emparer du pouvoir ? Mao répond : il faut mobiliser les masses. Il faut des cadres qui se rendent dans les villages et expliquent les raisons et les détails de la lutte. Pourquoi, comment, qui est l’ennemi ? À travers un processus de persuasion/coercition, ils vont l’emporter. Ce n’est pas le contrôle du territoire qui compte : voilà des années que les talibans rendent la justice dans les villages afghans. C’est eux, l’État. En cas de différend avec un voisin, à cause d’une terre, on va voir le taliban, et il tranche. Daech n’est pas que le tas d’imbéciles que nous pensons : il y a des gens qui pensent. En Irak, ils dispensent de l’électricité, des soins sociaux, gèrent des écoles. Ils bourrent le crâne des plus jeunes, qui les voient puissants, armés, bien habillés, prestigieux. Même si on écrase Daech, tout ceci restera dans la tête de ces enfants. C’est un mouvement révolutionnaire qu’il ne faut pas sous-estimer. En Afrique noire, nous aurons, dans l’avenir proche, à faire face à d’autres situations de ce type : la population africaine est en train de doubler. Qui va leur trouver du travail et les instruire, alors que tout ça fait déjà défaut à l’heure qu’il est ? Il y aura une population très jeune, composée de beaucoup d’hommes, totalement désœuvrée et dans l’incapacité de franchir les frontières européennes par millions. L’islamisme sera la solution. Une arme et la possibilité de tuer de « l’autre ».

Dans votre Histoire du terrorisme, vous expliquez que le terrorisme islamiste n’aura, avec le recul, pas plus d’incidence sur l’Histoire que les attentats anarchistes du XIXe siècle. Pourquoi tant de gens redoutent-ils une guerre mondiale ou voient-ils dans tout ceci une catastrophe inédite ?

Parce qu’on est dans l’inflation verbale. Il faut en finir avec notre époque de l’adjectif. Je n’ai pas besoin de dire que c’est « ignoble », ce qu’ils font. Trouvez-vous normal que le président de la République se déplace et déclare que la France est en deuil suite à l’accident d’un autobus, qui a fait 43 victimes ? Où est-on ? Et le Bataclan, c’est Verdun ? On est devenus d’un mou… On est dans la victimisation permanente. Nous n’avons plus aucun sens commun.

L’idée que des opérations de guerre puissent avoir lieu sur notre sol a traumatisé plus d’une personne de notre génération. Comme si « la guerre » était quelque chose de lointain, qui ne nous concernait pas…

« Même si on écrase Daech, tout ceci restera dans la tête de ces enfants. C’est un mouvement révolutionnaire qu’il ne faut pas sous-estimer. »

En 1961, durant la guerre d’Algérie, nous étions dans une situation qui frisait la guerre civile. C’était une partie à trois : l’OAS, qui voulait assassiner de Gaulle (ils l’ont raté deux fois), les barbouzes gaullistes et le FLN. Il y avait des parpaings élevés à hauteur d’homme devant les commissariats. Ça n’a pas empêché les gens d’aller en boîtes de nuit et de s’amuser. Trente ans plus tard, durant la guerre du Golfe, il n’y avait personne dans les rues. Des gens achetaient de l’huile et du riz pour faire des réserves. En France ! En l’espace de trente ans, les gens se sont ramollis. Ils ont peur. Mes compatriotes, dans l’ensemble, ont peur de tout. La tragédie ne se passe pas qu’à la télévision, chez les autres.

Et que pensez-vous du fameux « choc des civilisations » ?

Il a déjà eu lieu. Au XIXe siècle, lors de l’irruption brutale de l’Europe dans le monde afro-asiatique.

Vous avez fait savoir que vous aviez la plupart du temps éprouvé de l’empathie pour les minoritaires et les maquisards que vous suiviez, mais jamais pour les combattants islamistes. Pourquoi ?

Je les ai connus en Afghanistan : ça n’a pas accroché, d’un côté comme de l’autre. Les hommes de Gulbuddin Hekmatyar étaient odieux. Un mouvement qui aspire à l’émancipation et à la liberté, bien sûr ; mais un mouvement qui veut imposer sa loi à tous les autres, je ne vois pas au nom de quoi j’irais leur prêter main forte.

Le socialisme révolutionnaire armé n’était pas tendre non plus, et vous y avez cru.

« Je n’ai pas le goût des appareils. J’aime bien penser librement, et j’aime le terrain. »

On y a cru. On pensait que c’était une avancée. Que la dictature d’une majorité sur une minorité serait un progrès. Il y a eu du monde, en effet, pour mourir au nom du marxisme-léninisme. Il faut des temps d’apprentissage, et je ne prétends pas toujours avoir eu raison. Il faut se déniaiser. Prenez le Rojava, en Syrie. Je viens de passer une dizaine de jours avec eux. Ils expliquent qu’ils fonctionnent de façon totalement démocratique, que les hommes et les femmes sont égaux et que les minorités sont protégées. Si c’était la première fois que je l’entendais, bien sûr que je serais très enthousiaste. Mais j’ai déjà entendu ça aux côtés du Front populaire de libération de l’Érythrée, avec les Tigres Tamoul et dans leSentier lumineux, au Pérou. Je sais par expérience que ce type de discipline conduit, en général, à un État de type totalitaire. Oui, les hommes et les femmes sont égaux au Rojava, mais sous la forme d’un couvent militarisé. Il en va de même pour les « fronts » : en Algérie comme au Viêt Nam, c’est très bien au début, puis toutes les petites franges qui le constituent sont écrasées, une fois le Front parvenu au pouvoir. C’est comme ça. En attendant, les Kurdes du YPG se battent bien, et ce sont nos alliés.

D’où votre volonté de marginalité, présente dans vos écrits, de « cavalier seul », de « franc-tireur ». D’où votre refus d’être au Parti communiste, dans votre jeunesse.

Oui. Je n’ai pas le goût des appareils. J’aime bien penser librement et j’aime le terrain.

Vous portez un regard très critique sur Mai 68. Sur quels points, notamment ?

C’était un mouvement multiforme, avec des agendas totalement contraires. Politiquement, on militait pour ce que Prague rejetait à la même époque. On rêvait d’un « socialisme à visage humain » quand les autres avaient déjà donné ! Les trotskystes, c’était « radio nostalgie » ; les maoïstes, c’était « raconte-moi une histoire formidable : jusqu’à quel point va-t-on bâtir l’utopie ? ». Au-delà de ce qu’il y a eu de sympathique (la libération sexuelle, notamment), j’ai beaucoup de mal avec ce qui a accompagné ce moment : en faire le moins possible, « s’éclater »… Se saouler à la bière et prendre quelques « tafs », c’est ça, la vie ? Le monde est vaste… Cherche, comprends. C’était un mouvement décevant – Castoriadis, Edgar Morin et Claude Lefort en ont bien parlé. Rien de grand n’a été fait depuis ; rien de grand n’est sorti de cette « génération 68 ». J’aime assez l’esprit protestant : on manque de rigueur éthique. Qu’un type comme Sarkozy puisse oser se représenter, c’est effarant – dans n’importe quel pays protestant, on le sortirait. Tout juste si on ne continue pas d’admirer Bernard Tapie ! Nous sommes des enfants gâtés. Il y aura des émeutes dans les prochaines années. La peur va dominer ; les déchirements communautaires vont s’accentuer au quotidien – à partir d’un incident, avec quelques morts qui seront instrumentalisés par ceux qui souhaitent activement creuser un fossé social et religieux.

Vous dénoncez souvent l’idéologie dans vos livres, mais l’idéologie ne permet-elle pas, dans une certaine mesure, de structurer une pensée et de tenir tête au cynisme, au à-quoi-bon ?

« Qu’un type comme Sarkozy puisse oser se représenter, c’est effarant – dans n’importe quel pays protestant, on le sortirait. »

Si, c’est indispensable. Je vois très bien ce que l’idéologie transporte comme mythologies mais j’admets qu’on ne peut pas faire sans. Qui, autrement, peut tenir pour un principe, une idée ? Qui peut décréter qu’il ne cédera jamais, sans ce moteur, sans y croire ?

Vous êtes nostalgique de cette époque, celle du socialisme international ?

C’est fini ; c’est une page tournée. C’est comme l’amour qu’on a porté à une femme : on continue d’avoir de la tendresse pour elle mais on sait que cette passion-là est finie.

Vous pointez une sorte de paradoxe : nous sommes saturés d’informations tout en manquant cruellement d’analyses. Il y a, dites-vous, deux éléments clés pour tout comprendre : la mémoire collective et le passé. Comment résister au zapping, au tout-présent ?

C’est difficile… Parmi mes élèves, je vois ceux qui avalent et ceux qui pensent avec esprit critique. J’essaie de développer cette pensée chez eux. Avec des choses simples, a priori : un État démocratique est-il démocratique à l’extérieur de ses frontières ? Est-ce que ce ne sont pas ses intérêts qui priment davantage que ses principes ? Pourquoi parlent-ils de « morale » ? Les États sont des monstres froids. Nous n’avons que le plaisir amer de n’être pas dupes. Mais il ne faut pas se faire d’illusions : l’esprit critique sera toujours le fait d’une minorité. Il faut travailler, lire, connaître les traditions. Quand les Américains débarquent en Irak ou en Afghanistan, ça se solde toujours par des échecs politiques ; pourquoi ? On ne peut pas prétendre se battre pour la liberté d’un peuple dont on ne connaît ni les traditions, ni la culture, et dont on soutient un gouvernement corrompu et impopulaire. C’est simple, non ? Robert McNamara, l’un des architectes de la guerre du Viêt Nam, a déclaré en 1995 qu’il ne savait rien de ce pays, avant d’ajouter qu’il a sans doute eu tort de n’en connaitre ni la culture, ni les traditions. Il lui aurait fallu lire Bernard B. Fall, qui est mort en marchant sur une mine tandis qu’il enquêtait sur place – c’est-à-dire en faisant son travail. Fall avait compris que les combattants vietnamiens n’étaient pas des « bandits », mais des communistes et des nationalistes qui se battaient, avec le soutien des populations rurales, contre un gouvernement impopulaire corrompu et tenu à bout de bras par des étrangers. Si on ne sait pas ça, on perd son temps.

Vous lisez la presse ?

« On se paie notre tête ! Ce dont je me méfie le plus, au fond, c’est la propagande de notre camp. »

Peu. Je la lis surtout en anglais. Nous nous sommes provincialisés : la France ne couvre presque plus, par exemple, ce qui se passe entre l’Inde et le Japon. La presse française est européo-africaine – notre limite extrême, c’est l’Iran. Je regarde parfois Le Monde et je suis abonné à The Economist – c’est un journal de droite, mais il est bien ficelé : ils n’ont pas perdu le sens des rapports de force, qu’on soit d’accord ou non. Même s’ils se fichent de nous en décrivant Jabhat al-Nosra comme une « opposition force » selon la presse anglo-saxonne : ce groupe serait devenu halal, après avoir été haram, depuis que Daech est arrivé ! On se paie notre tête ! Ce dont je me méfie le plus, au fond, c’est la propagande de notre camp. Je préfère les livres. Et quelques revues – comme Conflits : c’est une très bonne revue de stratégie ; c’est froid, factuel.

Les livres, justement. Vous décrivez, dans Le Regard du singe, le livre comme un objet « sacré ». Quelle évolution avez-vous pu noter, au fil de votre vie, quant à sa place dans la société ?

Contrairement à une idée répandue, il n’y a jamais eu beaucoup de lecteurs. J’avais connu André Bay, qui dirigeait une collection chez Stock et avait été à la revue NRF dans les années 1930. Il m’avait dit qu’ils la vendaient à 2 000 exemplaires ! La revue la plus prestigieuse de l’époque ! Avec Gide, Malraux, Claudel… On a toujours ces 2 000 lecteurs pointus. Ce que je vais dire n’est pas original, mais l’apparition, chez les jeunes, des smartphones et des tablettes a fait chuter la lecture. J’ai demandé à un jeune les raisons pour lesquelles il ne lisait pas ; sa réponse : « Ça prend trop de temps. » Sans commentaire. Je lis quatre à six livres par semaine. Je m’ennuie, sans. J’étais coincé à l’aéroport d’Istanbul il n’y a pas très longtemps : douze heures d’attente. J’ai acheté deux livres et j’ai écrit un poème. Le temps mort est vivant, ainsi. Pendant que je donne des cours, des élèves sortent subrepticement leur téléphone ! Je leur demande s’ils sont amoureux : « Non ? C’était pourtant ta seule excuse ! » (rires) Il faudrait les confisquer. À un autre, j’ai demandé : « C’est qui, le maître, ton téléphone ou toi ? » Il ne savait pas… (rires) On a baissé, côté esprit critique : on est dans une époque où on ne juge pas du propos mais de l’opinion politique de celui qui le porte : ce n’est pas juste ou faux, c’est bien ou mal en fonction de l’idéologie. À part sur quelques sujets fondamentaux, je ne m’occupe plus de ces clivages pour penser. Entre démocrates et républicains, c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Un professeur d’histoire formidable m’avait dit, élève, une chose qui m’avait marqué : « Rappelez-vous, Chaliand, que la proportion des médiocres dans les élites est la même qu’ailleurs. »

Vous vous présentez volontiers comme un « aventureux ». Un jour, un journaliste a demandé à Régis Debray s’il se définissait ainsi, s’il était parti en Bolivie et à Cuba par goût de l’aventure : il a reçu le mot comme une offense. Il opposait le révolutionnaire à l’aventurier.

« Il faut savoir ce qu’est la tragédie pour en parler : ce qu’elle contient de sang, de chair, de souffrances, de capacité à endurer… »

L’aventurier, dans les milieux bourgeois, signifie que la personne n’est pas très recommandable. Un peu filou, pas fiable. L’aventurier, c’est celui qui accepte l’aventure et ses risques – le contraire de l’esprit de sécurité. J’aime mettre ma vie en jeu (mais pas bêtement) ; je n’aime pas les gens pour qui « la violence » n’est qu’un concept. Il faut savoir ce qu’est la tragédie pour en parler : ce qu’elle contient de sang, de chair, de souffrances, de capacité à endurer…

… Ce que vous appelez « le savoir de la peau ».

C’est ça. C’est irremplaçable.

Vous parlez des milieux bourgeois ; mais l’aventurier est mal vu, aussi, dans les milieux politiques radicaux : on peut le considérer comme un mercenaire sans foi ni loi.

Il fait électron libre. Pas tenu par « la cause ». Pas assez « militant ». Eh bien, tant pis ! Les militants sont toujours déçus, alors que l’aventure ne déçoit jamais. Voyez George Orwell : il a été militant et aventureux dans sa vie ; il est rentré déçu d’Espagne, puis son plaisir, comme écrivain, fut d’être lucide. Dire la réalité. J’aime beaucoup ses écrits politiques.

Vous avez lu Nietzsche et vous évoquez souvent le caractère « tragique » de l’existence. À quel moment la lucidité tragique devient-elle un fatalisme ? À quel moment le « réalisme » bascule-t-il dans l’acceptation du cours des choses ?

Le fatalisme, c’est n’être responsable de rien. Tout serait tracé d’avance. C’est arrivé car « ça » devait arriver – au Moyen-Orient, je le vois souvent, et Dieu expliquerait tout. Le tragique n’empêche pas le libre arbitre. On doit pouvoir diriger sa vie comme faire se peut – même si nous n’avons pas prise sur tout.

Vous êtes ami avec l’écrivain et marin Patrice Franceschi – vous avez même écrit plusieurs livres ensemble. Arrêtez-nous si nous nous trompons : tout en maintenant l’impératif de lucidité, Franceschi paraît moins sombre que vous, plus idéaliste…

« On ne fait que patauger dans les caillots de l’Histoire. Tout n’est que bain de sang. Notre monde est atroce. »

Ça doit être les vingt ans qui nous séparent ! La vie est tragique, c’est net. Vous le savez peut-être : à la fin, elle finit mal. (rires) On ne veut plus le voir. L’Occident ne veut plus mourir. Voilà – on y revient – pourquoi tout le monde a peur de tout dans notre société ! Un jihadiste, c’est quoi ? Un gars entre 18 et 35 ans. Un jihadiste de 50 ans, ça n’existe pas : il est patron. Ce sont les enfants-soldats les pires : ils se croient immortels et tirent sur tout ce qui bouge. Les plus âgés se demandent s’ils ne pourront pas se servir des prisonniers ou en tirer de l’argent. La jeunesse compte beaucoup pour comprendre Daech… On ne fait que patauger dans les caillots de l’Histoire. Tout n’est que bain de sang. Notre monde est atroce. Je ne retiens qu’une seule chose, au fond : il ne faut jamais être vaincus. Tout le reste, c’est de la littérature – et nous l’oublions, en France. Le vainqueur, si tu es marié, va violer ta femme devant toi, et si tu protestes, il va égorger ton enfant. Le vainqueur, qui n’était rien et répétait « oui, chef » il y a peu, devient Dieu avec une arme dans les mains. La seule chose qui limite la torture, c’est l’imagination des hommes. Sans cela, tout est possible, la pire des cruautés. J’ai connu des officiers qui ont vu des Croates énucléer des Serbes à la cuillère. Voilà, c’est comme ça. Disons que je suis un optimiste physiologique mais un pessimiste historique. C’est ma santé qui me sauve.

La poésie occupe une place importante dans votre vie. Ce qui peut surprendre certains, peut-être, avec l’image terre-à-terre et rugueuse que vous pouvez renvoyer et celle, plus intimiste et sensible, qu’incarne souvent la poésie.

J’ai écrit trois ou quatre livres importants, politiquement. L’Atlas stratégique était une grande nouveauté, en 1983 : aujourd’hui, tout le monde en fait. Personne n’a fait mieux, depuis, que l’Anthologie mondiale de la stratégie que j’avais publiée. En 1976, avec Mythes révolutionnaires du tiers monde, j’ai été un des premiers à dire de l’intérieur que le « tiers-mondisme » ne marcherait pas comme prévu et qu’il ne suffit pas de mener une guerre juste pour la gagner. J’ai écrit Mémoire de ma mémoire, en prose poétique, sur ma famille et le génocide des Arméniens – mais sans esprit victimaire ! Je ne le supporte pas. Ça a été lancé après ce qui est arrivé d’atroce à la communauté juive et, ensuite, tout le monde s’est précipité pour réclamer son dû victimaire. C’est à qui sera le plus une victime, maintenant ! Tu te présentes comme une victime (il mime une poignée de main) et on te répond : « Ah oui ? C’est très bien ! » Il n’y a rien de pire. Mais la poésie, c’est ce qu’il y a de plus formidable. Je peux vous en lire un bout. (Il se lève et cherche les derniers poèmes qu’il a écrits : il en lit deux, l’un sur la condition des femmes dans les sociétés traditionnelles, l’autre sur l’esprit de vengeance… « Chaque aurore ramène le même labeur sans joie : puiser l’eau, chercher du bois, cuire, tisser, élever les enfants qui survivent, travailler la terre / Dans un temps immémorial et comme arrêté que les jours et les nuits ne peuvent mesurer »… « On tue et on se tue pour elles à cause de leurs ventres et de leurs yeux »… « Elles enfantaient jusqu’à l’usure et la mort, mais on les voulait à jamais prisonnières »…) En dehors de quelques livres – Guerre du Péloponnèse de Thucydide, La Muqaddima d’Ibn Khaldounou De la démocratie en Amérique de Toqueville –, la seule chose qui reste, c’est la littérature. Homère, Madame Bovary, Anna Karénine ou Richard II de Shakespeare, ça dépasse toutes les analyses politiques. L’œuvre d’art dépasse tout – sauf le génie, comme Aristote ou Kautilya…

Quand on se penchera sur votre œuvre, plus tard, il faudra donc considérer vos analyses géostratégiques et vos poèmes comme un tout ?

Oui.

Finissons sur une dernière question qui en comprend trois : nous vous donnons deux noms et vous nous dites lequel vous tient le plus à cœur…

… Je vous coupe. Dans un journal américain, on avait proposé deux portraits anonymes : un dirigeant qui ne fume pas, qui aime les animaux et est monogame ; un autre, connu pour être coureur, qui fume beaucoup et se saoule comme jamais. Avec comme question : « Lequel préférez-vous ? » Les gens ont répondu le premier, l’écolo… Donc Hitler plutôt que Churchill ! (rires)

Vous allez voir, ça fait sens avec votre parcours. Yasser Arafat ou Georges Habache ?

« Pourquoi le capitalisme fonctionne ? Car il dit aux gens de s’enrichir et de consommer le plus possible : ça plaît à l’espèce humaine. »

Habache. C’était un homme qui ne maniait pas la duplicité du politicien. J’ai rencontré Arafat à trois reprises et je n’ai jamais eu la moindre sympathie pour lui. Habache était authentique et courageux. Arafat était un tacticien malin ; Habache un honnête homme, sans génie mais au service d’une cause – même s’il s’est trompé : il a contribué à couper la résistance palestinienne de sa base, qui était la Jordanie.

Amílcar Cabral ou Ernesto Guevara ?

Cabral, de loin. Guevara était une belle figure mais un homme particulièrement autoritaire. À Alger, j’avais demandé à son entourage, lorsqu’il était de passage, comment ils le trouvaient. Réponse : « Implacable. » À Cuba, comme ministre de l’Économie, il estimait que la morale révolutionnaire suffisait. Non. Pourquoi le capitalisme fonctionne ? Car il dit aux gens de s’enrichir et de consommer le plus possible : ça plaît à l’espèce humaine. Guevara était un idéologue et un mauvais stratège : sa théorie du foco, que j’avais critiquée à l’époque, conduisait nécessairement au fiasco. Mais il avait pour lui un grand courage et le fait d’être prêt à mourir – il a transformé son échec en victoire, c’est-à-dire en mythe. Cabral n’était pas un homme aux gestes spectaculaires, même s’il était parvenu à faire reconnaître l’indépendance de son pays avant de l’avoir arrachée. Dommage qu’il ait été assassiné… Il avait le sens des rapports de force, l’intelligence, l’ouverture ; il était poète. Il avait beaucoup de qualités.

Blaise Cendrars ou Vladimir Maïakovski ?

(Il sourit puis marque un long silence.) J’ai connu le grand amour de Maïakovski, Lili Brik, en 1976. Nous étions dans une datcha. Elle avait une grâce d’oiseau. Elle ne l’avait pas oublié. Un homme qu’on n’oublie pas près de cinquante ans après sa mort, ce n’est pas rien : ça compte. Les histoires d’amour inoubliablement vôtres… J’aime certains des poèmes de Maïakovski, même s’il utilise un peu trop de cuivres à mon goût – un peu comme Saint-John Perse. Il a cru à la révolution, sincèrement, mais il a compris qu’il y avait maldonne. Il a écrit dans son ultime poème : « La barque de l’amour s’est brisée contre la vie courante. » Voilà un homme qui avait du savoir-vivre… et du savoir-mourir. La belle mort est un art perdu, dans nos sociétés. On ne sait plus se suicider lorsque l’affaire est close. En ça, Maïakovski me plaît. Cendrars, c’était un type formidable pour l’adolescent que j’ai été. Plein d’énergie. Ce n’est pas un grand écrivain mais il a écrit un très grand poème, « La Prose du Transsibérien ». « En ce temps-là, j’étais en mon adolescence / J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance / J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance / J’étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares / Et je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours » C’est très beau. Je lui garde toute ma tendresse. Et même s’il a un peu fabulé, il donne le goût du large.
Par Stéphane Burlot, pour Ballast
Source: http://www.revue-ballast.fr/gerard-chaliand/
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