Les clés du Moyen-Orient:Forum inter-associatif étudiant sur le Monde arabe, le 21 octobre 2017, organisé par ASHMA à l’Institut du monde arabe

Forum inter-associatif étudiant sur le Monde arabe, le 21 octobre 2017, organisé par ASHMA à l’Institut du monde arabe

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L’Association en Sorbonne sur l’Histoire du Monde Arabe (ASHMA), association étudiante, organise le samedi 21 octobre 2017 la deuxième édition du Forum inter-associatif sur le Monde arabe, en association avec l’Institut du Monde Arabe qui accueille l’événement.

Le Forum inter-associatif étudiant sur le Monde arabe est la première initiative regroupant les associations étudiantes travaillant sur le Monde arabe le temps d’une journée, afin de le promouvoir et de le faire rayonner au sein du milieu étudiant.

Autour de la thématique « Mobilité étudiante, engagement et solidarité internationale », des rencontres, animations et expositions seront organisées pour inviter le public à créer un espace de dialogue et de collaboration sur ces notions.

Programme

Matinée : réservée aux acteurs associatifs

Après-midi : ouverte au public, de 15h à 23h

Forum
15h-19h, Salle Hypostyle, niveau -2

Rencontre avec les associations étudiantes

Faites le test !
15h-19h, Salle Hypostyle, niveau -2

Quelle association choisir ? Réparties en trois pôles thématiques : Géopolitique-Economie-Société, Histoire-Recherche-Archéologie et Arts-Culture-Religion, les associations étudiantes proposent un test pour savoir vers quel pôle se diriger en fonction de ses intérêts.

Animations
15h30-16h30, Bibliothèque de l’IMA, niveau 1

Animations proposées : concours « Ma thèse/Mon mémoire en 180 secondes » organisé par le CCMO, récitations de poèmes par Qalam Sorbonne, exposition photo d’Itinéraires d’Orient, calligraphie arabe, etc…

Conférence « Pitch In »
16h-18h, Salle du Haut Conseil, niveau 9

Neuf porteurs de projets présentent le leur en 10-15 minutes. Le public est ensuite invité à partager son analyse des différents projets.

Soirée : Buffet méditerranéen et concert
19h30-23h, Salle du Haut Conseil et Terrasse, niveau 9
Participation-donation 2€ minimum.

Concert en deux parties :

20h30-21h30 LIWAN, rencontre de cordes de ouds, de voix, de guitare et de violoncelle qui composent ensemble des airs aux échos venus des quatre coins de la Méditerranée arabo-andalouse. Le groupe revisite quelques classiques du patrimoine oriental, en marge de ses propres compositions folk.

21h30-23h Eastern Pomegranates DJ Set by Pomegranates et Burdaqan, un Trip musical, de la soul libanaise, en passant par le rai marocain, le psyche turc ou l’electro oriental.

Samedi 21 octobre 2017, de 15h à 23h
Institut du monde arabe
1 rue des Fossés Saint Bernard
75005 Paris

Contacts :
forum.mondearabe@gmail.com

Site du Forum :
https://forummondearabe.wixsite.com/2017

Lien Facebook :
https://www.facebook.com/events/117013062312375/

# Twitter :
#ForumMondeArabe (via le Twitter d’ASHMA et de l’IMA)

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Les clés du Moyen-Orient :Ibn Saoud et la Grande-Bretagne : l’accord de Dhahran de décembre 1915 (4/4) Par Yves Brillet

Ibn Saoud et la Grande-Bretagne : l’accord de Dhahran de décembre 1915 (4/4)

Par Yves Brillet

Edward Grey Secretary of State for Foreign Affairs.
Source : Encyclopaedia Britannica. https://www.britannica.com/biography/Sir-Edward-Grey-3rd-Baronet
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Yves Brillet est ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Saint Cloud, agrégé d’Anglais et docteur en études anglophones. Sa thèse, sous la direction de Jean- François Gournay (Lille 3), a porté sur L’élaboration de la politique étrangère britannique au Proche et Moyen-Orient à la fin du XIX siècle et au début du XXème.
Il a obtenu la qualification aux fonctions de Maître de Conférence, CNU 11 section, a été membre du Jury du CAPES d’anglais (2004-2007).

Lire les parties précédentes :
– Ibn Saoud et la Grande-Bretagne : l’accord de Dhahran de décembre 1915 (1/4)
– Ibn Saoud et la Grande-Bretagne : l’accord de Dhahran de décembre 1915 (2/4)
– Ibn Saoud et la Grande-Bretagne : l’accord de Dhahran de décembre 1915 (3/4)
La suite de la négociation et la conclusion du traité du 26 décembre 1915

Considérant l’urgence de la situation, le Government of India, répondit le 21 janvier 1915 et donna un accord de principe à la conclusion d’un traité d’alliance avec Ibn Saoud. Néanmoins, un document détaillé, selon les indications suggérées par Ibn Saoud lui-même, était susceptible d’entrainer des difficultés lors de la négociation concernant les droits de juridiction sur les sujets musulmans de la Grande-Bretagne, la question des délimitations territoriales ainsi que le problème de la garantie dynastique. Le Government of India fit donc savoir qu’il souhaitait baser l’accord avec Ibn Saoud sur le modèle du traité passé avec l’Afghanistan. La Grande-Bretagne acceptait ainsi de reconnaitre l’indépendance et l’autorité de l’émir de Riad sur le Nedjd, Hasa et Qatif ; en cas d’agression non provoquée par une puissance étrangère, le gouvernement était disposé à lui venir en aide en usant des moyens qu’il considérait comme les plus appropriés ; Ibn Saoud s’engageait à ne pas entretenir de relations avec d’autres puissances que la Grande-Bretagne ; la Grande-Bretagne et Ibn Saoud convenaient de négocier un traité complémentaire dans les meilleurs délais (1). Le vice-roi transmit ses observations à l’India Office le 25 janvier, soulignant que l’attitude britannique à son égard au printemps 1914 expliquait sa défiance vis-à-vis des promesses de la Grande-Bretagne ainsi que son insistance à obtenir un traité en bonne et due forme. Le vice-roi ajouta cependant qu’Ibn Saoud n’avait rien entrepris de remarquable qui justifie un engagement formel de Londres. Reprenant les commentaires de Cox, il remarqua que l’émir de Riad ne pouvait s’engager aux côtés des autorités britanniques sans la conclusion d’un traité formel garantissant sa sécurité, et que si la signature n’intervenait pas rapidement, il se verrait contraint de donner des gages à la Turquie : en conséquence, le Government of India estimait que les assurances présentées le 3 novembre étaient conditionnées par sa participation aux côtés du Koweït et de Mohammerah aux opérations pour la libération de Bassora et qu’en l’absence d’engagement effectif ces garanties devenaient caduques, sauf en cas de conclusion d’un traité entre les deux parties (2).

Le vice-roi résuma le 29 janvier les conclusions du Government of India concernant les propositions faites par Ibn Saoud en insistant sur l’urgence de parvenir à un accord et en soulevant les différents points à réexaminer dans le cadre de la négociation. Le gouvernement britannique reconnaissait l’autorité et l’indépendance d’Ibn Saoud sur le Nedjd, Hasa et Qatif et admettait le principe d’une reconnaissance dynastique à condition que le mode de succession se fasse avec l’aval des tribus et l’accord des autorités britanniques. La Grande-Bretagne était seule juge des moyens mis en œuvre pour assister Ibn Saoud dans le cas d’une agression non provoquée. Ibn Saoud ne devait pas entretenir de relations avec d’autres puissances sans l’assentiment de Londres, ni accorder aucune concession sans l’avis de Londres qu’il sera tenu de suivre. Le vice-roi ajouta que Cox estimait qu’un texte rédigé selon ces lignes serait accepté par Ibn Saoud pour qui la garantie dynastique était un élément essentiel. Le Government of India estimait nécessaire de faire remarquer à Ibn Saoud que la Grande-Bretagne ne pouvait en l’état lui allouer des moyens militaires mais que la situation de la Turquie dans la zone du Golfe le garantissait pratiquement contre toute attaque. Cox considérait en outre (tel 26/01 concernant le texte du traité du 15 mai 1914 trouvé dans les archives turques à Bassora) que le déclenchement des hostilités par la Turquie contre un Etat favorablement disposé à son égard constituait une condition suffisante pour la dénonciation de l’accord et la conclusion d’un autre traité avec la Grande-Bretagne (3).

Le 30, l’India Office fit part au Foreign Office de ses observations sur la situation dans le Golfe et sur le projet de traité. Selon l’India Office, Ibn Saoud n’était pas prêt à s’engager avant la signature d’un traité. L’India Office reconnaissait qu’il n’avait pas apporté de soutien direct à la Grande-Bretagne au cours des opérations militaires sur Bassora, mais qu’au lieu de se mettre à la disposition de la Turquie, il avait mené des actions contre Ibn Rashid, ce qui impliquait qu’il avait apporté un soutien indirect aux forces britanniques. L’India Office ajoutait que la conclusion d’un traité était justifiée non seulement par les exigences du moment, comme prix à payer pour son amitié, mais aussi en prévision de la situation générale dans le Golfe, dans l’hypothèse d’une défaite de la Turquie qui laisserait Ibn Saoud à la fois maitre de l’intérieur de la péninsule mais aussi d’une partie du littoral du Golfe. Dans l’intérêt de la paix et du maintien de l’ordre, il était essentiel pour la Grande-Bretagne en tant que puissance dominante dans le Golfe de parvenir à un arrangement avec l’émir de Riad pour les services qu’il pouvait rendre. Dans cette perspective, l’India Office indiquait que les objections d’Ibn Saoud aux modalités de la garantie successorale exposées dans l’avant-projet britannique ne constituaient pas un motif de rupture de la négociation. L’assurance de protection contre une agression non provoquée devait selon le Secrétaire d’Etat, Lord Crewe, être formulée de telle manière que la Grande-Bretagne demeurait seule juge de la nature et de l’ampleur des moyens à mettre en œuvre. En dernier lieu, l’India Office s’en remettait au Foreign Office et à Grey pour décider si le traité devait inclure une clause additionnelle sur l’obligation de non intervention dans les affaires du Qatar, de Bahreïn et du Koweït (4).

Le 1er février, le Foreign Office informa l’India Office que Grey souscrivait aux termes de la communication du 30 janvier (5). Le même jour, le Secrétaire d’Etat pour l’Inde informa le vice-roi de l’accord du Foreign Office en reprenant les éléments abordés dans la communication du 30 janvier. L’India Office indiquait également que Moubarak demanderait probablement à bénéficier de la même disposition garantissant les modalités de succession obtenues par Ibn Saoud et le Cheikh Khazal de Mohammerah (6). Le 6 février, le Résident politique dans le Golfe reçut les consignes du Government of India concernant le texte du traité à rédiger et à soumettre à Ibn Saoud selon les modalités exposées dans les documents du 30 janvier et du 1er février : reconnaissance de l’autorité d’Ibn Saoud sur le Nedjd, Qatif et Hasa, succession dynastique avec approbation des populations et accord de la Grande-Bretagne, appui en cas d’agression non provoquée à la discrétion des autorités britanniques, absence de relations avec des puissances tierces et concessions soumises à l’approbation du gouvernement (7). Cox rédigea un projet de traité comprenant 7 articles selon les modalités énoncées ci-dessus. Les articles 3 et 4 spécifiaient qu’Ibn Saoud renonçait à entretenir des relations diplomatiques avec toute autre puissance que la Grande-Bretagne et à céder, hypothéquer ou accorder des concessions à une puissance étrangère sans l’aval de la Grande-Bretagne. Il lui incombait d’assurer la sécurité des pèlerins se rendant à La Mecque et s’engageait à ne pas intervenir dans les affaires de ses voisins (8). Le Government of India approuva les propositions de Cox le 28 février 1915 (9).

Le 24 avril, Ibn Saoud fit savoir à son tour qu’il avait reçu le texte du traité rédigé par Cox et informa les autorités britanniques qu’il désirait que certains changements soient apportés aux articles portant sur la garantie dynastique et l’absence de provocation en cas d’agression, souhait jugé irrecevable par Cox. Ibn Saoud désirait également que le district de Jubail soit mentionné dans le préambule et que la clause concernant la cession de territoire soit modifiée (10). Dans deux télégrammes datés du 6 et 7 juillet, le vice-roi informa donc Londres qu’Ibn Saoud avait procédé à d’importantes modifications au projet de traité définissant les conditions d’une alliance qui rendaient nécessaires l’arbitrage du gouvernement. Le vice-roi ajoutait en outre que les hostilités avec Ibn Rashid avait cessé mais que la paix entre les deux émirs ne serait pas effective tant que Hail n’aurait pas accepté de ne plus s’opposer aux opérations britanniques en Irak. Concernant les souhaits d’Ibn Saoud, le vice-roi estimait que les modifications présentées ne constituaient pas un motif suffisant pour ajourner la signature du texte et que les reformulations proposées par Cox devaient donner satisfaction aux deux parties (11). Dans une note manuscrite du 11 août, l’India Office résuma les objections du Secrétaire d’Etat pour l’Inde, Chamberlain. Concernant l’article 1 sur l’élection et le mode de succession dynastique, Chamberlain considérait la mention de l’accord préalable du gouvernement britannique comme étant indispensable et rappelait que la politique habituelle de Londres était de ne pas accorder de garantie dynastique. Au sujet de l’article 2, il lui semblait essentiel de réaffirmer la clause de non-provocation et de supprimer la référence (en tous lieux et en toutes circonstances) ajoutée par Ibn Saoud (12). Le 16 août, Grey approuva les termes de la note que Chamberlain se proposait de faire parvenir au Government of India. Le 15, Chamberlain avait informé le vice-roi de ses conclusions au sujet du mode de succession, de la clause de non-provocation et du choix des moyens de riposte (13). Le 18 août, Cox fut informé qu’il était autorisé à organiser une rencontre avec Ibn Saoud et à négocier selon les lignes fixées par Londres (14). Le 26 août, le vice-roi fit connaitre à Ibn Saoud la teneur des modifications et corrections proposées par Londres et exprima l’espoir de voir le traité signé rapidement (15).

L’occasion de venir en aide à Ibn Saoud se présenta dès le mois de septembre. Le 15, Cox télégraphia à Simla que l’émir de Riad était engagé dans une série d’opérations contre la tribu des Ajman qui menaçait ses lignes de communication vers Hasa. Face à cette demande d’assistance, Cox proposa de lui faire parvenir 500 fusils Mauser et une somme de 28.000 livres en signe de bonne volonté, rappelant que les Ajman ainsi qu’Ibn Rashid étaient manipulés et armés par les Turcs pour affaiblir Ibn Saoud dont les troupes ne disposaient que d’un armement ancien et de piètre qualité (16). En outre, Cox considérait que cet état de fait pouvait rendre Ibn Saoud plus réceptif pour ce qui concernait la rédaction et la conclusion du traité, que d’autre part il était essentiel de s’allier avec le futur homme fort de l’Arabie centrale et que la précarité de la situation de l’émir était réelle. Cox concluait que la décision revenait au Government of India. La proposition de Cox fut relayée par le vice-roi le 7 octobre. Approuvant la nécessité d’aider Ibn Saoud, il demanda la livraison de 1000 fusils Mauser et 200.000 cartouches et conditionna le versement du prêt de 28.000 livres à la signature du traité (17). Avec l’accord de Chamberlain et l’assentiment de Grey et du Foreign Office, l’India Office appuya la requête auprès de l’Army Council (18). Un télégramme du vice-roi daté du 26 décembre informa Londres qu’Ibn Saoud ayant exprimé le souhait de voir le traité signé le plus rapidement possible en raison des intrigues de la Turquie contre lui, Cox s’était rendu à Qatif et l’avait rencontré le 25 décembre. Le 29, le vice-roi informa Londres que le traité avait été adopté et que le texte satisfaisait aux demandes du Secrétaire d’Etat exprimées dans son télégramme du 16 août (19). Le 3 janvier 1916, Cox transmit au Government of India deux exemplaires du traité avec ses commentaires sur les modifications apportées ; le seul point de désaccord avec Ibn Saoud concernait la clause de non-provocation à l’article 2 (20). L’India Office reconnut cependant que l’émir de Riad s’était montré accommodant et que le compromis portant sur l’article 1 concernant la succession garantissait la liberté d’appréciation de la Grande-Bretagne (21). L’India Office proposa de procéder à la ratification du traité le 29 février ; le 4 mars Grey informa Chamberlain que le Foreign Office approuvait les termes du traité et demandait que Cox soit officiellement remercié pour sa contribution au succès de la négociation (22).
Conclusion

Dans une note datée du 15 mars 1915, Hirtzel rappela quels étaient les objectifs de la Grande-Bretagne pour l’ensemble de l’Arabie. L’existence de traités avec l’ensemble des principautés du littoral depuis le Koweït jusqu’au Yémen était essentielle pour assurer la sécurité du Golfe Persique et des voies de communication avec l’Inde. Hirtzel insistait sur le fait qu’il n’y avait aucune nécessité pour les autorités britanniques à être en relation avec les tribus de l’intérieur de la péninsule et que Londres n’y avait pas d’intérêt stratégique. Hirtzel considérait que la négociation en cours avec Ibn Saoud était néanmoins rendue nécessaire par l’occupation de Qatif et de la province du Hasa par Ibn Saoud, mais que la Grande-Bretagne n’avait pas l’intention ni les moyens d’intervenir directement dans les affaires intérieures de l’Arabie (23). En pratique, la décision d’entrer en relation avec Ibn Saoud et de conclure un traité avec lui permit de s’assurer de la fidélité de l’émir de Riad et de neutraliser les tentatives de la Turquie pour constituer une alliance arabe destinée à combattre le corps expéditionnaire britannique en Irak. Cet accord marqua cependant une inflexion de taille par rapport à la politique traditionnelle de la Grande-Bretagne d’éviter de s’engager dans les affaires de l’Arabie (24).

Pour Ibn Saoud, la signature de l’accord de Dhahran constitue une reconnaissance et la marque de son émancipation. La proclamation d’Hussein, Cherif de La Mecque, et le déclenchement de la révolte arabe sous la conduite de ses fils Fayçal et Abdallah vont cependant rapidement souligner les limites de son importance aux yeux de la Grande-Bretagne.

Notes :
(1) File 2182/1913 pt. 4, Telegram P n° N S 31, from the Secretary to the Government of India in the Foreign and Political Department to Sir P.Z. Cox, Political Resident in the Persian Gulf, 21st Jan. 1915.
(2) Ibid., From Viceroy, dated 25th Jan. 1915.
(3) Ibid., Viceroy to India Office, London, 29th Jan. 1915.
(4) Ibid., India Office to Under-secretary of State, Foreign Office, 30th Jan. 1915.
(5) Memorandum on British Commitments to Bin Saud. Réponse officielle : File 2182/1913 pt. 4, Foreign Office to India Office, 2nd Feb. 1915.
(6) File 2182/1913, pt. 4, Telegram from Secretary of State to Viceroy, 1st Feb. 1915.
(7) Ibid., Telegram P. n° D S -156, dated 6th Feb. 1915, from the Secretary to the Government of India in the Foreign and Political Department to the Political Resident in the Persian Gulf, Bushire.
(8) Memorandum on British Commitments to Bin Saud.
(9) File 2182/1913 pt., telegram P. n° D S -246 dated 28th Feb. 1915, from the Secretary to the Government of India in the Foreign and Political department to the Hon’ble Lt-Col. Sir P.Z. Cox, Political Resident in the Persian Gulf, Basrah. Le 16 février, Cox avait informé le Government of India du décès de Shakespear au cours d’un accrochage entre les forces d’Ibn Saoud et d’Ibn Rashid.
(10) Ibid., N°1315 B, dated Basrah, 26th June 1915, from the Hon’ble Lt-Col. Sir P.Z. Cox, Political Resident in the Persian Gulf, to the Foreign Secretary to the Government of India, encl. n° 1, 24th April 1915, Ibn Sa’ud to Viceroy. encl. n°2, Ibn Sa’ud to Cox, 24th Apr. 1915.
(11) Ibid., Telegram from Viceroy, 7th July 1915 : Article 2 : remplacement d’“unprovoked” par terme similaire et ajout de “to such extent and to such a manner…”. Art 4 : suggestion de Cox : “where his interests are not injured thereby”.
(12) Ibid., Reg. 2832, note manuscrite du 11 août 1915, Draft letter, India Office to Under-secretary of State for Foreign Affairs, Foreign Office.
(13) Ibid. Secretary of State to Viceroy, 15th Aug. 1915.
(14) Ibid., The Secretary to the Government of India in the Foreign and Political Department, Simla, to the Hon’ble Lt-Col. Sir P.Z. Cox, Political Resident in the Persian Gulf, dated 18th Aug. 1915.
(15) Ibid., Viceroy to Ibn Sa’ud, 26th Aug. 1915.
(16) Ibid., Lt-Col. Sir P.Z. Cox to the Secretary to the Government of India in the Foreign and Political Department, Simla, 15th Sept. 1915.
(17) Ibid., Telegram Viceroy to London Office, 7th Oct. 1915.
(18) Ibid., Hirtzel, 19th Oct. 1915 ; Maurice de Bunsen, Foreign Office, 18th Oct. 1915.
(19) Ibid., Viceroy to London Office, 29th Dec. 1915.
(20) Ibid., N° c 35 –C, the Hon’ble Lt-Col. Sir P.Z. Cox, Political Resident in the Persian Gulf to the Foreign Secretary to the Government of India in the Foreign and Political Department, 3rd Jan. 1916.
(21) Ibid. R668, Minute.
(22) Ibid., Foreign Office to India Office, 4th Mar. 1916.
(23) Notes and Private Telegram from the Viceroy regarding the Future Settlement of Eastern Turkey in Asia and Arabia, IOR/l/PS/18/B213.
(24) Troeller, Gary, The Birth of Saudi Arabia, London, 1976, p 88.

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Les clés du Moyen-Orient:Les relations franco-saoudiennes sous le mandat de Nicolas Sarkozy : une amitié intacte mais concurrencée par le Qatar (2/3) Par Aglaé Watrin-Herpin

Les relations franco-saoudiennes sous le mandat de Nicolas Sarkozy : une amitié intacte mais concurrencée par le Qatar (2/3)

Par Aglaé Watrin-Herpin

French President Nicolas Sarkozy (L) is awarded by Saudi Arabia’s King Abdullah bin Abd Al Aziz Al Saud with King Abdelaziz medal at the King’s residence in Riyadh, 13 January 2008. Sarkozy is on a two-day official visit to Saudi Arabia.
PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
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L’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy (2007-2012) s’accompagne d’une diplomatie active dans le Golfe. Le dynamisme économique des monarchies de la région est attractif pour une France durement touchée par la crise économique de 2008. Le nouveau président privilégie cependant une approche commerciale et militaire inédite dans son volontarisme, et se tourne en priorité vers les Emirats arabes unis, le Koweït et surtout le Qatar, plutôt que vers l’Arabie saoudite, pourtant leader régional et partenaire traditionnel de la France dans le Golfe.

C’est la création d’une base militaire française permanente à Abu Dhabi, près du détroit stratégique d’Ormuz, dans le cadre d’un « accord de présence » conclu en 2008 avec les autorités émiraties, qui manifeste l’intérêt nouveau du président Sarkozy pour la région du Golfe (1). Il s’agit de la première ouverture d’une base militaire française depuis 50 ans mais surtout d’une première implantation dans la région. Cette action du nouveau président français n’est pas pour déplaire aux monarchies sunnites qui cherchent à relativiser leur dépendance sécuritaire vis-à-vis des Etats-Unis.

Si la diplomatie française semble moins soucieuse de respecter une certaine hiérarchie dans ses rapports avec les pays du Golfe, des relations se mettant en place avec d’autres Etats en particulier avec le Qatar, et pouvant laisser penser à une distanciation symbolique avec le royaume des al-Saoud, l’amitié est au final préservée dans ses fondements.
Paris et Doha

Très vite, Doha apparaît comme le nouvel interlocuteur privilégié de la France. L’émir Hamad ben Khalifa Al Thani est ainsi le premier chef d’Etat arabe à être reçu par Nicolas Sarkozy à l’Elysée le 30 mai 2007, peu après son élection. Tandis que le Qatar s’illustre de manière inédite dans de nombreuses crises en tant que médiateur (comme au Darfour ou lors de la crise libanaise en 2008), c’est vers lui que se tourne également Nicolas Sarkozy en juillet 2007 pour le financement de la libération des infirmières bulgares emprisonnées par le régime libyen, et qu’il conclut son premier contrat commercial (un contrat de 16 milliards d’euros pour 80 Airbus A350).
Or, le Qatar est aussi le seul contestataire du leadership saoudien dans le Golfe. Depuis son indépendance en 1971, Doha tente de mener une politique indépendante et veut se ménager une place à part sur la scène internationale notamment via son bras médiatique Al-Jazeera (créé en 1996) ou encore via son soutien aux Frères musulmans, les deux bêtes noires de Riyad. A cet égard, le rapprochement franco-qatari a pu apparaître comme une remise en cause du leadership saoudien dans la région.

Sans doute est-il plus aisé pour Nicolas Sarkozy d’exploiter son amitié de longue date avec le cheikh Hamad ben Khalifa du Qatar que d’établir un lien de confiance avec le roi Abdallah après la relation personnelle étroite qui liait ce dernier à Jacques Chirac. En 2010, alors que le roi doit effectuer une visite officielle en France et participer à la fête nationale, la rencontre est finalement annulée (2). N. Sarkozy avait par ailleurs suscité l’exaspération des Saoudiens en bousculant plusieurs fois le protocole diplomatique lors de ses visites (3). La relation entre les deux chefs d’Etat semble moins personnelle que sous la présidence de Jacques Chirac, et a pu contribuer à pousser le président français un peu plus vers le Qatar. A contrario, c’est la grande proximité et les liens personnels qui unissaient Nicolas Sarkozy aux cheikhs qataris qui ont permis au petit émirat de devenir le nouveau partenaire privilégié de la France dans la région. Lorsqu’il était Premier ministre, Nicolas Sarkozy entretenait déjà des liens personnels avec la famille Al-Thani (4). Ces liens ont pu être interprétés comme de la connivence par l’opinion publique française et par les médias, qui ont qualifié Nicolas Sarkozy d’« homme du Qatar ».
Une relation d’amitié préservée dans ses fondements

Les relations franco-saoudiennes évoluent néanmoins positivement durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Comme ce dernier l’exprimera publiquement : « l’Arabie saoudite est un vrai partenaire de la France » (5). D’abord, car après la crise économique de 2008, l’opulence affichée des monarchies du Golfe, dont la croissance continue de progresser, a placé la coopération économique avec ces Etats encore plus au cœur des préoccupations françaises. Plus précisément, alors que la France voit sa croissance chuter à 0,2% en 2008, l’Arabie saoudite enregistre un pic à 8,4% (6). Des accords ont ainsi été signés dans le domaine commercial avec le ministre saoudien Abdallah Zaynel Ali Reda. Toutefois, les échanges commerciaux (hors armement et pétrole) entre la France et l’Arabie saoudite restent limités entre 2007 et 2012 et largement concurrencés par ceux du royaume avec les pays émergents tels que la Chine et la Corée du Sud. D’autre part, les négociations entreprises dans les domaines militaire, pétrolier et nucléaire n’ont pas abouti non plus (7).

La réussite du quinquennat de Nicolas Sarkozy à Riyad réside plutôt du côté des avancées en termes de coopération culturelle. La position modérée affichée par le président français sur la question de l’Islam et son plaidoyer pour le dialogue des religions et des civilisations, tenu devant le Conseil saoudien de la Choura (8), le 14 janvier 2008, rassure un royaume qui subit un important « saudi bashing » de la part des médias français depuis les attentats du 11 septembre (9). C’est également sous le mandat de N. Sarkozy que des accords de coopération culturelle sont conclus. Le ministre de l’Enseignement supérieur Khaled Al-Anqari se rend ainsi à Paris, accompagné des présidents d’universités saoudiens, pour signer des accords avec les universités françaises (10).
La relation américano-saoudienne, éternelle variable d’ajustement de la relation entre Paris et Riyad

La première année au pouvoir de Nicolas Sarkozy coïncide avec la fin du mandat de George W. Bush et le président français tente alors de faire oublier l’inimitié qui a opposé Jacques Chirac aux Etats-Unis, notamment autour de la question irakienne et de l’OTAN (11). Ce regain d’atlantisme laisse peu de temps à Nicolas Sarkozy pour se préoccuper de la relation franco-saoudienne. Il faut attendre l’année 2008 pour que le président porte son intérêt vers Riyad et décide de se rendre pour la première fois sur place. Il y signe alors de premiers accords commerciaux (12). Encore une fois, cette évolution coïncide avec une période de refroidissement des relations entre les Etats-Unis et le royaume qui a débutée avec l’arrivée au pouvoir de Barack Obama (13).

Par ailleurs, le contexte régional dans lequel Nicolas Sarkozy effectue une nouvelle visite à Riyad en novembre 2009 est propice à l’entente. Alors que les attaques des rebelles houthis se multiplient au Yémen et que l’Arabie saoudite renforce ses moyens sécuritaires, le président français affiche un soutien explicite à l’intervention saoudienne sur le territoire yéménite, contrairement à Washington. Nicolas Sarkozy entend même pallier le manque de soutien américain au royaume en proposant l’aide technique des satellites français et en assurant l’entraînement des forces spéciales saoudiennes (14).
L’impact du « printemps arabe »

En 2011, de nouveaux événements régionaux vont favoriser un rapprochement franco-saoudien. La France doit alors redéfinir sa politique au Maghreb face aux bouleversements du « printemps arabe », mais entend aussi rassurer ses alliés de la région dont les régimes autoritaires sont parvenus à se maintenir en place, et notamment en Arabie saoudite où elle entend protéger ses intérêts. Contrairement aux Etats-Unis qui n’ont pas hésité à lâcher Hosni Moubarak, Nicolas Sarkozy s’engage ainsi dans une défense active et unilatérale pour que ce dernier soit traité avec clémence lors de la transition (15). Cette initiative est symbolique pour l’Arabie saoudite qui souhaitait son maintien au pouvoir.

Riyad est plus largement engagé à l’échelle régionale, dans une contre-révolution pour préserver le statut-quo autoritaire. Sa Garde nationale intervient à Bahreïn le 14 mars 2011 pour soutenir la dynastie sunnite Al-Khalifa face à une révolte populaire à majorité chiite. Alors que le 27 février 2011, Nicolas Sarkozy prononçait un discours qui avait pour but de lever l’ambiguïté de la position française concernant son soutien tardif aux révolutions (« Nous devons n’avoir qu’un seul but : accompagner, soutenir, aider les peuples qui ont choisi d’être libres » (16)), l’intervention saoudienne ne suscite pas de condamnation de principe de la France. Dans la lignée de la coopération sécuritaire initiée au Yémen en 2009, le président français entend pérenniser les relations avec l’Arabie saoudite et les autres monarchies du Golfe.
Conclusion

A la fin de son mandat, et malgré la concurrence inattendue du Qatar et des relations plus distendues avec le roi Abdallah, Nicolas Sarkozy a su préserver l’amitié franco-saoudienne dans ses fondements. La relation entre Paris et Riyad a profité d’une nouvelle crise de confiance américano-saoudienne mais aussi du « printemps arabe » qui a poussé à une redirection des intérêts français vers les Etats du Golfe, derniers États jugés comme stables au sein du monde arabo-musulman. Nicolas Sarkozy a également posé les bases d’une politique étrangère commerciale et sécuritaire dans le Golfe dont ne se départira pas son successeur François Hollande. Ce dernier sera toutefois à l’origine d’une réaffirmation du leadership régional de l’Arabie saoudite et d’un rééquilibrage des relations avec son concurrent le Qatar.

Lire la partie 1 :
Les relations franco-saoudiennes de 1967 à 2007 (1/3)

Notes :
(1) Philippe Leymarie, « La France, puissance du Golfe, in Manière de voir, Le monde diplomatique, n°147 Juin-Juillet 2016.
(2) Faisal Almejfel, Les relations entre la France et l’Arabie Saoudite de 1967 à 2012, L’Harmattan, Paris, 2014, p. 361-362.
(3) Dans un message adressé au Département d’Etat et révélé par Wikileaks, l’ambassadeur américain à Riyad évoque une accumulation d’erreurs protocolaires par Nicolas Sarkozy lors de sa première visite en 2008. Le message évoque également un « rôle beaucoup plus représentant de commerce que de chef d’Etat ». Ibid.
(4) Du temps de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s’était constitué un réseau de relations au Qatar et entretenait notamment des relations proches avec Hamad Ben Jassem Al-Thani, dit « HBJ », le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères qatari. « Notre ami l’émir du Qatar », Le Monde, 22 mars 2012. URL : http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/03/22/notre-ami-l-emir-du-qatar_1673325_823448.html#5VUpeZymdMwLl19O.99
(5) Interview du président français, Al-Sharq Al-Awsat, 29/11/2008.
(6) Source : Banque mondiale de données.
(7) Faisal Almejfel, Les relations entre la France et l’Arabie Saoudite de 1967 à 2012, L’Harmattan, Paris, 2014.
(8) « Discours de Nicolas Sarkozy à Riyad le 14 janvier 2008 », Le Monde.fr, 24.04.2008 URL : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/04/24/discours-de-nicolas-sarkozy-a-riyad-le-14-janvier-2008_1038207_823448.html
(9) L’enquête sur les attentats du 11 septembre a conclu que 15 citoyens saoudiens étaient impliqués dans les attaques simultanées contre les Etats-Unis, ce qui dégrada considérablement l’image de l’Arabie saoudite.
(10) Faisal Almejfel, Les relations entre la France et l’Arabie Saoudite de 1967 à 2012, L’Harmattan, Paris, 2014, p. 377.
(11) Hervé de Charrette, « Nicolas Sarkozy et la politique étrangère de la France : entre changement et continuité », Revue internationale et stratégique, 2008/2 (N° 70).
(12) Faisal Almejfel, Les relations entre la France et l’Arabie Saoudite de 1967 à 2012, L’Harmattan, Paris, 2014, p.376.
(13) Laurent Muraviec, analyste français proche des néo-conservateurs et auteur de La guerre d’après, est à l’origine d’un rapport qui a été présenté en 2003 au ministère de la Défense américain et préconisant une « désaoudisation » de la politique américaine. Il est emblématique d’un courant politique plus critique à l’égard de l’Arabie saoudite après les attentats du 11 septembre et dont l’influence a pu avoir un écho auprès de la nouvelle administration Obama.
(14) Xavier Panon, Dans les coulisses de la diplomatie française, 2015. p. 420.
(15) Ibid. p.403-404.
(16) Ibid.

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Les clés du Moyen-Orient:Les ambassadeurs de France au Liban de 1946 à nos jours : un corps spécifique de la diplomatie française au Moyen-Orient ? (1/2) par Ludovic MARIN

Les ambassadeurs de France au Liban de 1946 à nos jours : un corps spécifique de la diplomatie française au Moyen-Orient ? (1/2)
Article publié le 12/10/2017
Par Stéphane Malsagne

Lebanon’s President General Michel Aoun (R) and French President Emmanuel Macron leave for an exhibition following a meeting at the Elysee Presidential Palace in Paris on September 25, 2017. The Lebanese President is on a three-day visit in France.
Ludovic MARIN / AFP
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Stéphane Malsagne est agrégé, docteur en histoire (Paris I) et chargé d’enseignement sur l’histoire du Moyen-Orient à Sciences Po Paris et à l’UVSQ.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le Liban dont Fouad Chéhab (1902-1973), une figure oubliée de l’Histoire libanaise, Karthala/Ifpo, 2011 ; Journal du Père Lebret au Liban et au Moyen-Orient (1959-1964), Geuthner, 2014 et Sous l’œil de la diplomatie française. Le Liban de 1946 à 1990, Geuthner, 2017.

La récente visite officielle en France du président libanais Michel Aoun et le voyage d’Emmanuel Macron à Beyrouth prévu au printemps 2018 semblent témoigner d’une nouvelle vitalité au plus haut niveau de la relation franco-libanaise. Face aux défis actuels immenses que connaît le Liban (menace djihadiste, crise financière sans précédent, gestion des réfugiés syriens, corruption généralisée dans les structures de l’Etat, discrédit pesant sur la classe politique), le président français a appelé de ses vœux au maintien d’un « Etat fort » au Liban. L’Etat fort, formule pour le moins ambiguë, est précisément celui que le général Aoun, élu péniblement en 2016 après plusieurs années inédites de vacance présidentielle, semble vouloir incarner depuis longtemps avec le soutien du Hezbollah dont les soldats combattent aux côtés du régime syrien de Bachar el-Assad.

Ancien mandat français au Levant (1920-1946), le sort du Liban n’a jamais laissé la France indifférente après l’indépendance du pays tant ses intérêts politiques, économiques et culturels au Moyen-Orient y sont restés profondément ancrés. Inutile de revenir ici sur l’ancienneté bien connue des intérêts français au Levant, lesquels se sont renforcés dès la fin du XIX è siècle et qui ont abouti à la formation des mandats français sur la Syrie et le Liban en 1920. L’Etat du Grand-Liban dans ses frontières actuelles a été alors créé par la France à la demande des maronites. Des hauts-commissaires français s’y sont succédés, puis des délégués généraux à partir de la Seconde Guerre mondiale, moment décisif pour l’accession aux indépendances syrienne et libanaise. Dans le cas du Liban, l’indépendance actée par le départ des derniers soldats français en 1946, s’est accompagnée d’un transfert progressif de souveraineté en faveur du nouvel Etat libéré de la tutelle française. Le moment fut parfois douloureux pour l’ancienne puissance mandataire, mais il n’entraîna aucune rupture entre Paris et Beyrouth. La France chercha au contraire dès les premières années post-mandataires, à entretenir par divers moyens des relations privilégiées avec son ancien territoire. Faute de continuer à exercer sa puissance, elle voulut y maintenir son influence économique et surtout culturelle. Alors que la crise de Suez (1956) créa une fracture entre la France et la plupart des pays arabes, le Liban fut le seul pays de l’Orient arabe qui, depuis 1945, n’a jamais rompu ses relations diplomatiques avec la France.

Si le premier déplacement d’un président français au Liban est tardif et s’inscrit dans un contexte dramatique (le voyage présidentiel de François Mitterrand les 23 et 24 octobre 1983 pendant la guerre civile, après l’attentat contre le poste Drakkar), les années 1990 et 2000 voient se multiplier les séjours officiels des chefs d’Etat français à Beyrouth : ainsi en témoignent les quatre voyages de Jacques Chirac, ceux de Nicolas Sarkozy (visite-éclair du 7 juin 2008, celle du 2 novembre 2011), ou ceux de François Hollande (le 4 novembre 2012 et les 16 et 17 avril 2016 en pleine vacance présidentielle). Peu avant son élection à la présidence de la République en 2017, Emmanuel Macron avait lui-même fait le voyage de Beyrouth comme candidat pour épaissir sans doute sa stature présidentielle. La forte intensité de la relation franco-libanaise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale se nourrit incontestablement d’affects puissants qui unissent depuis des décennies les chrétiens du Liban à une France encore perçue comme puissance protectrice traditionnelle, mais dont l’image de protectrice s’est pourtant fortement dégradée depuis les années de guerre. Les liens étroits entre Paris et Beyrouth ne sont pas non plus uniquement le fait de l’affinité et de la convergence de vue (très variable dans le temps, mais parfois très forte) entre chefs d’Etat français et libanais.

Elle doit beaucoup aussi à l’action et au zèle des diplomates français et libanais qui, sur le terrain, se sont employés au quotidien à alimenter les interactions entre Paris et Beyrouth. Faute de rupture diplomatique entre les deux capitales, et comme Paris maintint en permanence une ambassade dans son ancien mandat pendant les quinze années de « guerre civile », le Liban présente la particularité d’être le pays de l’Orient arabe dans lequel la France a envoyé le plus d’ambassadeurs depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Vingt-six ambassadeurs s’y sont ainsi succédés depuis 1946 dont sept avant 1975, huit pendant la guerre et onze sous la Seconde République. Le dernier en date, Bruno Foucher a été nommé à Beyrouth à l’été 2017, au début de la présidence d’Emmanuel Macron.

C’est sur le profil de ces diplomates que cet article se propose d’apporter des éclairages. Qui forme ce groupe mal connu des ambassadeurs de France au Liban dont le rôle fut souvent décisif depuis l’indépendance et sans qui la diplomatie française dans son ancien Mandat n’aurait pu s’exercer ? Quelle est leur formation ? Quels sont leurs parcours ? Est-il possible enfin de dégager des logiques de nomination spécifiques au poste de Beyrouth ?
Quatre générations d’ambassadeurs de France depuis 1946

De 1946 à 1969, une première génération d’ambassadeurs de France à Beyrouth née entre 1898 et la veille de la Première Guerre mondiale tente de maintenir coûte que coûte, voire de renforcer la place privilégiée que la France occupait au Liban avant l’indépendance du pays. Leurs missions marquent le temps de l’âge d’or de la présence française au Liban qui trouve son apogée sous la présidence du général de Gaulle. Les ambassadeurs de France sont alors respectivement Armand du Chayla (1946-1952), Georges Balaÿ (1952-1955 et le premier à porter le titre officiel d’ambassadeur), Louis Roché (1956-1960), Robert de Boisséson (1960-1964), Pierre-Louis Falaize (1964-1967), Pierre Millet (1967-1969), Bernard Dufournier (1969-1971), Michel Fontaine (1971-1975).

Au moment où le Liban bascule dans la guerre avec le massacre d’Aïn el-Remmaneh (13 avril 1975), Hubert Argod est le nouvel ambassadeur de France à Beyrouth. Son ambassade (1975-1979) est donc la première de la guerre du Liban. Elle marque la transition entre la première génération des représentants français à Beyrouth née avant la Première Guerre mondiale et une nouvelle génération qui débute avec Louis Delamare (1979-1981), née majoritairement dans l’entre-deux-guerres avec pour représentants ultérieurs, Paul-Marc Henry (1981-1983), Fernand Wibaux (1983-1985), Christian Graeff (1985-1987) et Paul Blanc (1987-1989). Cette seconde génération a servi au Liban dans des conditions périlleuses pendant les quinze années de « guerre civile ». Elle paya un lourd tribut avec le tragique assassinat de Delamare le 4 septembre 1981. Pour des raisons de sécurité et en raison du danger croissant du poste durant la guerre, les représentants français ne restèrent en moyenne pas plus de deux ans sur place.

Au moment où s’achève le conflit libanais et où s’installe la Seconde République née de l’Accord de Taëf (1989), une troisième génération d’ambassadeurs de France à Beyrouth s’apprête à prendre la relève. Il s’agit de la génération des diplomates qui ont servi au temps de l’occupation étrangère du Liban achevée par le retrait des troupes syriennes en 2005. Parmi eux, citons René Ala (mai 1989-juin 1991), Daniel Husson (juillet 1991-février 1993), Michel Chatelais (février 1993-mai 1994), Jean-Pierre Lafon (mai 1994-février 1997) lequel initie véritablement le temps de la reconstruction et du renouveau de la relation franco-libanaise d’après-guerre, Daniel Jouanneau (1997-1999), Philippe Lecourtier (1999-2004).

La quatrième génération d’ambassadeurs est celle de l’ère post-syrienne (2005 à nos jours). Elle compte parmi ses membres Bernard Emié (2004-2007), le premier représentant de la génération née après la Seconde Guerre mondiale, André Parant (2007-2009), Denis Pietton (2008-2012), Patrice Paoli (2012-2015), Emmanuel Bonne (2015-2017), puis Bruno Foucher tout juste nommé à l’été 2017.
Quels engagements, quelle formation ?

Sur les vingt-six ambassadeurs que la France a envoyés au Liban depuis 1946, la formation initiale des titulaires du poste révèle des permanences et des inflexions notables.

La première génération des ambassadeurs de France au Liban née entre 1898 (Armand du Chayla) et 1914 (Hubert Argod) se distingue par son engagement dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale aux côtés du général de Gaulle. Loin d’être une spécificité libanaise, il s’agit d’un trait marquant pour la plupart des diplomates français nommés par le Quai d’Orsay après la guerre. La plupart furent révoqués par Vichy. Armand du Chayla (1946-1952), le premier représentant français au Liban après l’indépendance, s’est rallié au Comité français de Londres dès octobre 1942. Georges Balaÿ, son successeur à Beyrouth (1952-1955), a été le chargé des affaires d’Afrique au Commissariat des Affaires étrangères de Londres en octobre 1942 de la même année, avant de prendre la tête du service Afrique à l’Administration centrale à Alger en octobre 1943. Louis Roché (1956-1960) a été membre de l’équipe française de la radio de Londres entre 1942 et 1943, puis deuxième conseiller auprès du délégué à Londres du Comité français de libération nationale (CFLN), entre 1943 et 1945. Pierre-Louis Falaize (1964-1967) s’est engagé quant à lui dans les Forces françaises libres (FFL) de 1940 à 1944. Bernard Dufournier (1969-1971) a été intégré en 1944 à la délégation du CFLN auprès des gouvernements alliés repliés à Londres. Michel Fontaine (1971-1975) a été enfin attaché d’ambassade à Londres entre 1944 et 1945. Les premiers ambassadeurs de France au Liban formaient déjà des réseaux de connaissances étroits qui remontaient même pour certains à l’entre-deux-guerres. Certains ont occupé des ambassades dans le monde arabe au même moment. Ainsi, lors de la crise de Suez (1956), Louis Roché (1955-1958) était ainsi à Beyrouth le collègue d’Armand du Chayla alors en poste dans l’Égypte de Nasser ou de Pierre-Louis Falaize en poste à Amman, autant de noms marquants de la présence française au Liban après l’indépendance.

Comme pour la plus grande partie des ambassadeurs de France à l’étranger, ceux qui ont occupé le poste de Beyrouth sont pour beaucoup d’entre eux diplômés de l’Ecole des Sciences politiques de Paris (Sciences Po) rebaptisée en 1945 Institut d’études politiques de Paris. Le passage par la rue Saint Guillaume est parfois complété par des diplômes d’études supérieures obtenus dans des écoles de renom. Pierre Millet (1967-1969) est ainsi parallèlement diplômé d’HEC, Bernard Dufournier (1969-1971) est agrégé d’histoire-géographie, Michel Fontaine (1971-1975) possède un diplôme d’études supérieures d’économie politique et de droit public. Louis Delamare (1979-1981), lequel connut un sort tragique prennant la guerre civile, inaugure l’ère des ambassadeurs énarques à Beyrouth. Après lui, viendront Paul-Marc Henry (1981-1983), Jean-Pierre Lafon (1994-1997), Daniel Jouanneau (1997-1999), Philippe Lecourtier (1999-2004), Bernard Emié (2004-2007), André Parant (2007-2009), Bruno Foucher (à partir de 2017). Les énarques font une percée remarquée à Beyrouth à partir de la Seconde République libanaise.

Le passage par l’Ecole des Sciences politiques de Paris n’est toutefois pas systématique. Nommé en 2015 à Beyrouth, Emmanuel Bonne est ainsi diplômé de l’Institut d’études politiques de Grenoble. D’autres ambassadeurs de France au Liban n’ont pas suivi le cursus universitaire classique avant l’entrée dans la voie diplomatique. Daniel Husson (1991-1993) n’est titulaire que d’un Baccalauréat de l’enseignement secondaire. Pierre-Louis Falaize (1964-1967) possède une licence en droit, Fernand Wibaux (1983-1985) un doctorat en droit. Christian Graëf (1985-1987) et René Ala (1989-1991) sont tous deux licenciés en droit et brevetés de l’Ecole nationale de la France d’outre-mer, tandis que Paul Blanc (1987-1989) est docteur en droit et breveté de la même Ecole. Michel Chatelais (1993-1994) est passé par l’Ecole nationale de la France d’Outre-mer.

Le profil général des diplomates français à Beyrouth révèle paradoxalement que la connaissance de l’arabe est loin d’être une condition indispensable pour obtenir le poste. Rares sont en effet les ambassadeurs arabisants ou du moins, faisant figurer sur leur notice biographique, des études d’arabe initiales. Seules quatre personnalités sur vingt six semblent arriver à Beyrouth avec une solide connaissance de l’arabe. Trois d’entre eux sont passés par l’Inalco : Paul-Marc Henry (1981-1983), Denis Pietton (2009-2012), diplômé en arabe littéral et Patrice Paoli (2012-2015), diplômé d’arabe et de persan. Christian Graeff (1985-1987) a pour sa part suivi une formation au centre d’enseignement pratique de l’arabe moderne à Bikfaya. La connaissance de l’arabe n’est donc pas un critère décisif pour un poste à Beyrouth. L’ambassadeur Daniel Jouanneau avoue n’avoir commencé à apprendre l’arabe avec son épouse qu’au moment de son arrivée au Liban.

Lire la partie 2 : Les ambassadeurs de France au Liban de 1946 à nos jours : un corps spécifique de la diplomatie française au Moyen-Orient ? (2/2)

Lire également sur Les clés du Moyen-Orient :
– Stéphane Malsagne, préface de Georges Corm, Fouad Chéhab 1902-1973, une figure oubliée de l’histoire libanaise
– Fouad Chéhab : fondateur de l’armée libanaise et président de la République
– Un orientaliste français en terre d’islam, Charles-Eudes Bonin (1865-1929)
– Entretien avec Stéphane Malsagne pour introduire la question contemporaine au programme de l’agrégation et du Capès d’histoire 2017 : « Le Moyen-Orient de 1876 à 1980 »

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Les clés du Moyen-Orient:Les ambassadeurs de France au Liban de 1946 à nos jours : un corps spécifique de la diplomatie française au Moyen-Orient ? (2/2) par Ludovic MARIN

Les ambassadeurs de France au Liban de 1946 à nos jours : un corps spécifique de la diplomatie française au Moyen-Orient ? (2/2)

Lebanon’s President General Michel Aoun (R) and French President Emmanuel Macron leave for an exhibition following a meeting at the Elysee Presidential Palace in Paris on September 25, 2017. The Lebanese President is on a three-day visit in France.
Ludovic MARIN / AFP
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Stéphane Malsagne est agrégé, docteur en histoire (Paris I) et chargé d’enseignement sur l’histoire du Moyen-Orient à Sciences Po Paris et à l’UVSQ.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le Liban dont Fouad Chéhab (1902-1973), une figure oubliée de l’Histoire libanaise, Karthala/Ifpo, 2011 ; Journal du Père Lebret au Liban et au Moyen-Orient (1959-1964), Geuthner, 2014 et Sous l’œil de la diplomatie française. Le Liban de 1946 à 1990, Geuthner, 2017.

Lire la partie 1 : Les ambassadeurs de France au Liban de 1946 à nos jours : un corps spécifique de la diplomatie française au Moyen-Orient ? (1/2)
Quelle expérience diplomatique préalable au Liban, dans le monde arabe et au Moyen-Orient ?

Une expérience diplomatique préalable au Liban, au Moyen-Orient ou dans un autre pays arabe est-elle un critère important de choix des ambassadeurs de France à Beyrouth ? Existe-t-il une logique systématique de nomination liée à une telle expérience ? En réalité, la grande diversité des profils et des carrières des titulaires du poste ne plaide pas en faveur de l’existence d’une telle logique. En 1994, Jean-Pierre Lafon est ainsi nommé au Liban sans aucune connaissance du terrain.

Plusieurs variables semblent cependant clairement jouer le rôle d’accélérateur vers une nomination au Liban. Il apparaît ainsi nettement qu’occuper un poste de premier secrétaire ou de premier conseiller à Beyrouth renforce considérablement les chances du titulaire de devenir ultérieurement ambassadeur. Certains ambassadeurs de France ont déjà en effet une très bonne connaissance du terrain libanais et de ses enjeux complexes. C’est le cas d’Hubert Argod (1975-1979) qui avait déjà exercé à Beyrouth comme premier secrétaire (1947-1951) sous l’ambassade d’Armand du Chayla. Il est donc probable que ce facteur a joué un rôle non négligeable dans sa nomination au moment critique des premières années de la guerre « civile ». Christian Graeff (1985-1987) avait aussi été premier secrétaire dans la capitale libanaise (1963-1967) au moment des ambassades du baron de Boisseson, puis de Pierre-Louis Falaize. Sa connaissance du terrain libanais remonte même aux années cinquante, car c’est à Bikfaya qu’il vint en 1957 perfectionner sa connaissance de la langue arabe. Après la guerre, de nouveaux ambassadeurs de France retrouvent un Liban qu’ils ont déjà connu comme diplomates pendant la guerre. C’est le cas de Daniel Husson (1991-1er février 1993), premier conseiller à Beyrouth près de dix ans plus tôt (1982-1984), à une époque charnière de la guerre civile libanaise ponctuée par l’invasion israélienne du Liban suivie par les massacres de Sabra et Chatila, l’assassinat de Béchir Gemayel, ou encore les massacres dramatiques du Chouf et l’attentat du Drakkar en 1983. Là encore, le choix de Daniel Husson comme premier ambassadeur de France dans les premiers mois de la Seconde République libanaise d’après-guerre fut très probablement motivé par sa grande expérience préalable du terrain. Il arrive qu’un poste de premier conseiller à Beyrouth précède immédiatement une nomination au grade d’ambassadeur au Liban. André Parant (2007-2009) est le seul à entrer dans cette configuration.

Sans avoir nécessairement occupé un poste diplomatique préalable au Liban, il apparaît que certains ambassadeurs de France à Beyrouth avaient déjà une bonne connaissance du terrain libanais et moyen-oriental. Ainsi, Paul-Marc Henry (1981-1983) eut déjà l’occasion de fréquenter le Liban dans les années 1950-1951, dans le cadre de sa mission auprès du Secrétariat international de l’UNRWA à Beyrouth. Avant de prendre ses fonctions à Beyrouth le 22 avril 1997, Daniel Jouanneau avait déjà parcouru le pays par ses deux visites effectuées en 1974 et 1976, alors qu’il était premier secrétaire au Caire. C’est encore lui, qui, en tant que chef du protocole, avait préparé lors d’une visite à Beyrouth les deux voyages présidentiels de Jacques Chirac en avril et octobre 1996. Il y rencontra déjà à l’occasion les dirigeants libanais. Emmanuel Bonne, nommé en 2015 à Beyrouth a aussi au préalable une bonne connaissance du Liban qu’il fréquenta dix ans plus tôt, non comme diplomate, mais comme chercheur au Cermoc.

Un autre critère important intervient pour tenter d’expliquer la nomination de nombreux ambassadeurs à Beyrouth n’ayant pas eu au préalable d’expérience libanaise. Il s’agit de l’occupation antérieure d’un poste d’attaché, de conseiller, de secrétaire ou même d’ambassadeur dans un pays arabe, et plus largement au Moyen-Orient. Avant d’être nommé à Beyrouth en 1943, Armand du Chayla avait été, près de vingt ans plus tôt, attaché d’ambassade à Constantinople (1924). Georges Balaÿ (1952-1955) fut ministre plénipotentiaire à Bagdad dès 1946. Pierre-Louis Falaize (1964-1967) fut d’abord ambassadeur de France à Amman (1954-1956) avant d’être nommé à Beyrouth en 1964. Louis Delamare (1979-1981) avait été secrétaire général des centres culturels français à Istanbul (1950-1951), puis au Caire (1951-1954). Jean-Pierre Lafon (1994-1997) a exercé à Téhéran comme chef de la mission culturelle et de coopération technique à l’ambassade de France (1977-1979). Philippe Lecourtier (1999-2004) a été nommé auparavant ambassadeur de France à Bagdad en 1990, sans y être toutefois installé. Bernard Emié (2004-2007) fut d’abord ambassadeur de France à Amman, avant de rejoindre Beyrouth deux ans plus tard. Denis Pietton (2009-2012) fut d’abord consul général à Jérusalem entre 1999 et 2002, avant d’être nommé au Liban en 2009. Patrice Paoli (2012-2015) est quant à lui un fin connaisseur des pays du Moyen-Orient avant sa prise de fonction à Beyrouth. Il exerça en effet d’abord comme attaché culturel de coopération à Sanaa, avant d’être nommé premier secrétaire à Amman entre 1983 et 1987, puis comme premier conseiller au Caire entre 1995 et 1999. Il fut surtout deux fois ambassadeur au Moyen-Orient (à Koweit dès 1999 et à Abou Dabi à partir de 2005) avant de rejoindre Beyrouth. Emmanuel Bonne fut d’abord deuxième conseiller à Téhéran (2003-2006) et premier conseiller à Riyad entre 2006 et 2009. Le dernier ambassadeur en date, Bruno Foucher, a dirigé enfin l’ambassade de Téhéran de 2011 à 2016. Entre 2000 et 2003, il avait exercé comme premier conseiller à Riyad. Le monde arabe est donc déjà un espace de connaissances pour bon nombre de ces diplomates français nommés à Beyrouth.

Quelques ambassadeurs de France à Beyrouth semblent toutefois débarquer sur place sans expérience particulière du monde arabe, ni du Moyen-Orient. Louis Roché a ainsi fait l’essentiel de sa carrière en Europe et en Australie avant d’être nommé au Liban en 1955. Son rapport diplomatique de fin de mission rédigé en 1960 montre toutefois qu’il s’est déjà rendu à titre personnel en Orient à l’hiver 1928-1929, séjour pendant lequel il resta près de 15 jours à Beyrouth. Avant sa nomination à Beyrouth en 1960, Robert de Boisseson a essentiellement exercé en Extrême-Orient et au Chili, malgré une expérience en Afrique du nord.
La direction d’Afrique-Levant : grande pourvoyeuse d’ambassadeurs

Une autre variable accélératrice est l’occupation, au cours de la carrière diplomatique, d’un poste au sein de la direction d’Afrique-Levant au Quai d’Orsay. Cela apparaît clairement comme un gage de crédibilité pour le futur titulaire du poste. Au sein d’Afrique-Levant, les diplomates entretiennent en effet déjà de nombreuses correspondances avec les ambassadeurs de France nommés à Beyrouth et au Moyen-Orient et sont déjà très familiarisés avec les acteurs et les enjeux complexes du terrain.

Depuis l’indépendance du Liban, plusieurs diplomates ont en effet occupé ce type de poste avant d’être nommés dans la capitale libanaise. C’est le cas de Georges Balaÿ (1952-1955), directeur en 1945, d’Hubert Argod (1975-1979), sous-directeur du Levant entre 1958-1961, de Paul-Marc Henry (1981-1983) chargé des affaires économiques d’Afrique-Levant en 1948-1949, de Paul Blanc (1987-1989), entre 1960 et 1962, d’André Parant (2007-2009) préalablement sous-directeur d’Egypte-Levant à la direction d’Afrique du nord-Moyen-Orient entre 2000 et 2002, de Denis Pietton (2009-2012) à partir de 1983, d’Emmanuel Bonne (2015-2017) entre 2000 et 2003. Le poste de directeur d’Afrique du Nord-Moyen-Orient peut parfois même être un tremplin direct pour une nomination à Beyrouth, comme l’illustrent les cas de Bernard Emié (2004-2007) et de Pascal Paoli (2012-2015). Avant son arrivée à Beyrouth en 2015, Emmanuel Bonne était quant à lui le conseiller pour l’Afrique du nord et le Moyen-Orient à la cellule diplomatique de la présidence de la République. C’est lui qui, dès 2013, un an avant la vacance présidentielle née du départ de Michel Sleiman, avait présenté un rapport à François Hollande sur la crise présidentielle libanaise. Le rapport prévoyait trois options : la prolongation du mandat de Michel Sleiman, le recours au commandant en chef de l’armée ou l’élection d’une personnalité nouvelle extérieure aux jeux politiques.
A quel moment l’obtention du poste à Beyrouth intervient-elle dans la carrière diplomatique des ambassadeurs ?

Là encore, aucune logique particulière ne semble se dessiner. L’observation du parcours des vingt six ambassadeurs de France au Liban depuis 1943 révèle que la nomination à Beyrouth correspond parfois à un début de carrière, ou une première ambassade. Paul-Marc Henry (1981-1983) représente toutefois un cas atypique, car sa nomination comme ambassadeur intervient à la fin de sa carrière, mais correspond aussi à sa première véritable ambassade. Pour Christian Graeff (1985-1987), Beyrouth est aussi la première ambassade de sa carrière, tout comme Jean-Pierre Lafon (1994-1997), ou encore Emmanuel Bonne (2015-2017). La plupart des ambassadeurs à Beyrouth ont toutefois déjà été ambassadeurs auparavant. La nomination au Liban intervient souvent à un moment avancé de la carrière, souvent l’avant-dernier poste diplomatique avant la retraite (Louis Roché, Robert de Boisseson, Pierre-Louis Falaize, Pierre Millet, Bernard Dufournier, Fernand Wibaux, Christian Graeff, Michel Chatelais, Jean-Pierre Lafon, Denis Pietton). La nomination à Beyrouth peut parfois même couronner une carrière diplomatique. C’est le cas de Georges Balaÿ (1952-1955), de Michel Fontaine (1971-1975), d’Hubert Argod (1975-1979), de Paul-Marc-Henry (1981-1983), de Paul Blanc (1987-1989), de René Ala (1989-1991), de Daniel Husson (en 1993, proche de la retraite, ce dernier avait demandé à être prolongé d’un an, mais le refus de Roland Dumas précipita l’arrivée de Michel Chatelais) entre 1991 et 1993, de Philippe Lecourtier (1999-2004). Beyrouth peut être enfin synonyme d’interruption brutale en temps de guerre, comme l’illustre l’assassinat tragique de Louis Delamare en novembre 1981.

Au final, le cas libanais est instructif car il permet de présenter un échantillon éclairant de l’histoire du dispositif diplomatique français au Moyen-Orient mis en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Liban en est assurément l’un des épicentres majeurs et permet de mieux comprendre les logiques de nominations diplomatiques, même si les vingt-six exemples étudiés ne permettent pas de conclure à l’existence d’un profil-type de diplomate nommé à Beyrouth. L’analyse du cas libanais est plus généralement une invitation à étudier sur la longue durée les parcours et les profils des diplomates français dans l’ensemble du Moyen-Orient.

Lire également sur Les clés du Moyen-Orient :
– Stéphane Malsagne, préface de Georges Corm, Fouad Chéhab 1902-1973, une figure oubliée de l’histoire libanaise
– Fouad Chéhab : fondateur de l’armée libanaise et président de la République
– Un orientaliste français en terre d’islam, Charles-Eudes Bonin (1865-1929)
– Entretien avec Stéphane Malsagne pour introduire la question contemporaine au programme de l’agrégation et du Capès d’histoire 2017 : « Le Moyen-Orient de 1876 à 1980 »

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Le blog officiel de Bernard Lugan 17 octobre 1961 : un « massacre » sans cadavres

Le blog officiel de Bernard Lugan

17 octobre 1961 : un « massacre » sans cadavres

Posted: 13 Oct 2017 07:07 AM PDT
Comme chaque année à la date anniversaire de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris, communistes et socialistes, amis du FLN et militants « anticolonialistes » (sic), vont commémorer un « massacre » qui aurait été perpétré par la police française. Ils se réuniront ensuite sur le Pont Saint-Michel d’où, toujours selon eux, des dizaines, voire des centaines d’Algériens auraient été précipités dans la Seine.

Le seul problème, mais il est de taille, est que ce « massacre » n’a pas eu lieu… Quant aux noyades, à l’exception de celles pratiquées par le FLN sur les membres du MNA ou sur les Harkis, elles n’ont pas davantage existé…car nous sommes en réalité en présence d’un montage.

Démonstration [1] :

1) Le 18 octobre 1961 au matin, le bilan de la manifestation de la veille parvient à Maurice Legay, directeur général de la police parisienne. Il est de 3 morts. Nous voilà donc loin des dizaines, voire des centaines de morts et de noyés avancés par certains.

2) Or, deux de ces trois morts, à savoir Abdelkader Déroués et Lamara Achenoune n’ont aucun lien avec la « répression » du 17 octobre puisqu’ils ont été tués, non pas à coups de matraque, mais par balle, non pas dans le centre de Paris, mais à Puteaux, donc loin de la manifestation. De plus, le second a été préalablement étranglé….

3) Un mort, un seul, a tout de même été relevé dans le périmètre de la manifestation et il ne s’agit pas d’un Algérien, mais d’un Français « de souche » nommé Guy Chevallier, décédé vers 21h devant le cinéma REX de fractures du crâne. Etait-il un simple passant ou bien un porteur de valises manifestant avec le FLN ? Nous l’ignorons. Fut-il tué lors d’une charge de la police ou bien par les manifestants ou bien par une toute autre cause ? Nous ne le savons pas davantage.

La conclusion qui s’impose à tout esprit doté d’un minimum de réflexion est que la « répression » de la manifestation algérienne du 17 octobre semble n’avoir paradoxalement provoqué aucun mort algérien…

A ces faits, les tenants de la thèse du « massacre » répondent que le vrai bilan de la « répression » policière n’a pu être établi que plusieurs jours plus tard, une fois pris en compte les blessés qui décédèrent ultérieurement, et une fois les cadavres retirés de la Seine. Mais aussi, parce que, terrorisés, les manifestants cachèrent d’abord les corps de leurs camarades.

Trois grandes raisons font que cette argumentation n’est pas recevable :

– Les archives des hôpitaux parisiens ne mentionnent pas une surmortalité particulière de « Nord-Africains » (selon la terminologie de l’époque), durant la période concernée. Même si de nombreux manifestants blessés à coups de matraques y furent pris en charge.

– La police ayant totalement et hermétiquement bouclé le périmètre de la manifestation, l’on voit mal comment des porteurs de cadavres auraient pu passer à travers les barrages.

– Et, in fine, que seraient devenus les cadavres en question ? Ils n’apparaissent en effet pas dans les archives de l’IML, l’Institut médico-légal (la Morgue), où sont transportés les morts relevés sur la voie publique ou repêchés dans la Seine et dans la Marne.

Le « Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961 », à l’Institut médico-légal de Paris, pour la période allant du 17 octobre au 21 octobre, nous apprend ainsi que:

– Le 17 octobre, alors que se déroulait dans Paris un prétendu « massacre », l’Institut Médico-Légal n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA ».

– Le 18 octobre, deux corps de « NA » furent admis à l’IML. Il s’agissait d’Achour Belkacem, qui avait été tué ce 18 octobre à Colombes, donc le lendemain de la manifestation, par un policier invoquant la légitime défense. Le second était Abdelkader Bennahar relevé lui aussi à Colombes et portant des blessures à la tête avec possibilité, dixit le rapport de police, d’écrasement par un véhicule.

– Les 19 et 20 octobre, l’IML n’a comptabilisé aucune entrée de corps de « NA ».

– Le 21 octobre, soit 5 jours après la manifestation, 1 corps fut déposé à l’IML, celui de Ramdane Mehani décédé vers 22h 30 durant son transfert du commissariat du 13° arrondissement au palais des Sports de la Porte de Versailles. Le registre de l’IML parle de mort naturelle, donc, là encore, sans aucun lien avec la manifestation du 17 octobre.

Conclusion : nous sommes donc en présence d’un « massacre » sans cadavres, ce qui s’explique parce qu’il n’y eut pas de « massacre » !!!

C’est donc un « massacre » imaginaire qui va être commémoré le 17 octobre prochain à l’occasion d’une grande cérémonie culpabilisatrice à laquelle des médias incultes ou partisans vont une fois de plus donner une grande publicité.

Un « massacre » imaginaire fruit d’un montage politique fait à l’époque par le FLN voulant peser psychologiquement sur les négociations en cours avec le gouvernement français. Montage qui fut ensuite orchestré par le parti communiste et plus que complaisamment relayé par les médias…hier comme aujourd’hui.

Pour les historiens du futur ce prétendu « massacre » restera donc comme la fabrication d’un des grands mythes du XX° siècle. A l’image de Katyn, des cadavres de Timisoara en Roumanie, des « couveuses » du Koweit et des « armes de destruction massive » en Irak. Leur principal sujet d’étonnement sera cependant l’insolite caution donnée à un tel mensonge par les plus hautes autorités de l’Etat français sous la présidence de François Hollande…

Bernard Lugan
13/10/2017

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