Le troisième homme:La mondialisation heureuse contre l’économie réelle Partie II – Le mystère de l’inflation déguisée-dette mondiale 230 000 milliards

Le troisième homme

La mondialisation heureuse contre l’économie réelle Partie II – Le mystère de l’inflation déguisée

Posted: 24 Jan 2018 10:45 PM PST

Un curieux phénomène, très peu mis en avant dans la presse économique ou généraliste, est que coexistent depuis environ 2008 deux facteurs contradictoires : une injection massive de liquidités dans l’économie et une faible inflation, celle-ci demeurant à des niveaux peu élevés et ne connaissant pas même d’accroissement sur la période de 2008 à maintenant.

Les quelques économistes ayant abordé le sujet sont en désaccord sur les causes de ce phénomène étrange. L’interprétation qui est proposée ici éclaire d’un jour nouveau le fonctionnement de notre système économique et financier depuis la crise de 2008. Ce qui semble être une petite contradiction est le révélateur d’un mécanisme fondamental institué au rang d’organisation officielle, bien que non déclarée et peu visible.

Depuis la crise de 2008, la Fed, relayée quelques années plus tard par la BCE, a fait appel au mécanisme de « Quantitative easing » (QE) pour relancer l’activité économique. Le levier classique des banques centrales était auparavant l’abaissement des taux d’intérêt directeurs, assouplissant les conditions de crédit. Ce moyen est complètement épuisé depuis quelques années, les taux d’intérêt ayant atteint le plancher du quasi zéro %, voire de taux négatifs sur certaines périodes.
Le QE est un moyen plus radical et simple d’élargir massivement la base des liquidités disponibles dans l’économie. Une banque centrale décide de créer de la monnaie, non par une émission physique de billets et pièces, mais par la création d’une simple ligne de crédit. Le monde financier est passé depuis longtemps d’une monnaie fiduciaire à une scripturale. A partir de ce crédit décidé ex nihilo par un jeu d’écriture, elle rachète un certain nombre d’actifs financiers à des banques d’affaires privées, actions, obligations ou produits dérivés. Ces achats massifs irriguent les banques privées de nouvelles liquidités fraîches, leur permettant d’octroyer davantage de crédits aux particuliers dans des conditions de faible taux. In fine, ce flux de crédits est censé relancer la consommation et souffler sur l’activité économique.

On le voit, le QE s’assimile vulgairement à « faire tourner la planche à billets », dans un mode plus électronisé et passant par l’intermédiaire de produits financiers plus sophistiqués. Le principe reste essentiellement le même.

Mécaniquement, une telle création monétaire doit générer de l’inflation. Nous le savons depuis les années 1930, la formation des prix n’est pas directement dépendante des coûts de production comme l’on a pu le penser, mais uniquement une fonction de la rareté de chaque bien et de l’intensité de sa demande sur le marché. Les coûts de production peuvent influer indirectement sur les prix puisqu’ils sont l’un des facteurs de rareté d’un bien, mais le prix n’exprime quantitativement que l’équilibre entre l’offre et la demande. La monnaie est une grandeur abstraite traduisant les termes de l’échange entre tous les biens disponibles sur le marché, comme si potentiellement l’on cherchait les grandeurs relatives de tous les trocs d’un bien contre un autre.

Chaque unité monétaire, un billet de banque par exemple, représente ainsi une fraction de la valeur totale des biens échangeables de l’économie, un coupon représentant un droit à acquérir, égal à la totalité de la valeur des biens disponibles divisée par la quantité de monnaie disponible. Si la base monétaire totale disponible dans l’économie est gonflée ex nihilo, chaque unité monétaire représente une valeur moindre, en tant que la valeur des biens est fractionnée en un plus grand nombre de coupons. Un billet de banque représentera moins de valeur, il en faudra plus pour acquérir le même bien : les prix montent.

Cet effet de la création monétaire est mécanique et obéit à une stricte loi de proportionnalité. Il montre également l’aspect néfaste et addictif de l’inflation pour un Etat : en cas d’endettement, il est tentant de « faire tourner la planche à billets » lorsque l’on dispose du droit de création monétaire, afin de combler sa dette à très court-terme. Ce palliatif se paie presque immédiatement d’une inflation galopante qui appauvrit l’ensemble de l’économie. Beaucoup de pays d’Amérique du sud dans les années 1970 voyaient ainsi leurs salariés dépenser presque toute leur paie dès qu’elle était touchée, parce que sa valeur fondait déjà de moitié le lendemain.

Cette inflation monétaire est à distinguer de la « bonne inflation », celle qui est un effet induit de l’activité économique. Une économie performante génère de l’activité et de la valeur et exerce de ce fait une tension sur les salaires et sur l’embauche. Les prix suivent avec une temps de retard l’accroissement salarial. Cette inflation-là est « saine », comme celle d’une machine qui a besoin de chauffer par dissipation thermique lorsqu’elle fonctionne à un régime supérieur.

Le QE aurait dû engendrer ces deux types d’inflation. Celle de la création monétaire, du fait de la valeur de référence représentée par la monnaie. Et celle de la reprise d’activité, si l’effet de transmission du crédit des banques centrales aux banques privées puis aux entreprises et aux particuliers était au rendez-vous. Le pari des banques centrales était au passage que la bonne inflation serait prépondérante sur la mauvaise, spéculation qui faisait peser un risque à toute la société à partir d’une décision prise en cercle totalement fermé.

Or, aucun de ces deux phénomènes n’advint, celui de la bonne inflation due à l’activité comme celui de la mauvaise du gonflement monétaire. Les indices des prix à la consommation croissent peu et ceci depuis des années :

Les chiffres de 2017 et 2018 sont prévisionnels. Source : Recherche économique / Natixis Asset Management

Quelle est la raison de ce mystère ? Deux documents vont nous aider à trouver une réponse de premier niveau, sur l’explication immédiate de ce phénomène.

Le premier provient de « La Tribune », montrant au passage que l’escamotage de l’inflation interroge de plus en plus les spécialistes économiques :

https://www.latribune.fr/economie/international/mais-ou-est-passee-l-inflation-750871.html

La relance de l’activité par le crédit, notamment celui fait aux entreprises, ne s’est pas transmise aux particuliers sous forme de hausse salariale, notamment depuis 2008. Non seulement la valeur nominale des salaires a stagné voire fortement décru, mais les conditions de précarité de l’emploi se sont renforcées : la multiplication de CDD, jobs précaires et « micro-jobs », notamment en Allemagne, a contribué à tasser la progression salariale. Le multiplicateur de crédit est donc loin de s’être propagé dans toute la société et n’a pas engendré de « bonne inflation », celle de la dissipation d’énergie due à une reprise économique.

La seconde explication, celle qui montre pourquoi l’inflation mécanique due au gonflement monétaire n’a pas eu lieu, se retrouve dans plusieurs travaux récents, dont celui-ci est une bonne synthèse :

https://cours.univ-paris1.fr/pluginfile.php/660735/mod_resource/content/1/Fascicule%20n%C2%B0%202.pdf

Sans rentrer dans trop de détails techniques, il faut rappeler que la masse monétaire est « compartimentée ». Aussi, le raisonnement d’une création monétaire engendrant de l’inflation doit-il être nuancé. Les travaux mentionnés rappellent que deux agrégats monétaires sont fréquemment suivis par les économistes. L’agrégat M0 représente l’ensemble de la monnaie fiduciaire en circulation additionnée aux réserves de l’ensemble des organismes de crédit (IFM) auprès de la Banque centrale. L’agrégat M2 représente l’ensemble de la monnaie fiduciaire à laquelle on ajoute les comptes de dépôt à vue des particuliers et entreprises, ainsi que les dépôts à préavis de moins de 3 mois et les dépôts à terme de moins de deux ans. Schématiquement, M0 représente la « base monétaire » accessible seulement par le secteur financier professionnel (hors monnaie fiduciaire qui est commune à tout le monde) et M2 la masse monétaire disponible immédiatement ou à court-terme par les particuliers et les entreprises. M0 est « l’argent du monde financier », M2 celui des particuliers et des entreprises.

Historiquement, M2 et M0 étaient fortement corrélées. Toute augmentation de la base monétaire par création monétaire se répercutait en facilités de crédit et inversement toute facilité de crédit par abaissement des taux générait des dépôts. La création monétaire comme l’abaissement des taux engendrait ainsi à la fois une reprise d’activité économique et une inflation. Si la première croit plus vite que la seconde, la relance du moteur économique est réussie. Dans le cas contraire, l’inflation a gâché l’action de relance.

Or, notamment à partir de 2008, l’on observe un gonflement de M0 sans accroissement correspondant de M2. Particulièrement en 2008, la base monétaire a presque doublé sans que les liquidités disponibles pour les particuliers aient pratiquement bougé :

Ainsi, M0 et M2 se sont retrouvées « compartimentées ». La création monétaire par les banques centrales n’a pas été redistribuée en possibilités de crédit. Qu’est-elle devenue ? Simplement, les banques privées les ont placées en réserves auprès de la Banque centrale. Le quantitative easing n’a pas « ruisselé » vers les particuliers et les entreprises mais est resté en rétention principalement dans les instituts financiers. Pour cette raison, l’inflation telle qu’elle est mesurée, par un indice des prix à la consommation, n’a pas augmenté. Il n’est guère étonnant de constater que les banques commerciales ont amélioré leurs réserves : ce n’est nullement dû à une gestion plus rigoureuse, mais à une distribution gratuite de liquidités.

Modération salariale, emplois précaires et rétention de la création monétaire au niveau de la base monétaire M0, voici les trois explications « mécaniques » de l’absence d’impact du quantitative easing sur l’indice des prix à la consommation.

Une analyse plus profonde et plus critique sur la mesure de l’inflation nous fait cependant reconsidérer ce point de vue. Il est curieux qu’un gonflement monétaire ne se traduise par l’augmentation d’aucun prix, dans aucun secteur de l’économie. Loin de stagner, l’inflation est en fait réapparue sous une autre forme, qu’aucun indice des prix classique ne peut mesurer. Cette inflation « déguisée » ou plus exactement déplacée a été identifiée dans cet article des Echos :

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-173178-non-linflation-na-pas-disparu-elle-sest-deplacee-2110020.php

Il n’y a pas de miracle : la création monétaire engendre un accroissement de certains prix, encore faut-il savoir lesquels. Comme le note l’article des Echos la première inflation facilement observable est celle des actifs financiers. Par construction, le QE consiste en des programmes massifs de rachats de titres. Les marchés financiers ont connu et connaissent encore une hause considérable, sans rapport direct avec les résultats des entreprises concernées.

Par ricochet, cette montée des actifs financiers enflamme également les prix de l’immobilier à l’achat. La barrière à l’entrée de l’accès à la propriété étant importante, ce sont généralement ceux qui ont les moyens d’entretenir un portefeuille d’actifs importants qui l’utilisent pour l’investissement immobilier. Le QE n’a donc « ruisselé » que sur une petite partie privilégiée de la population, celle des plus aisés. Déjà fortement discriminante d’avec le reste de la population, la classe la plus aisée a encore creusé l’écart en ayant accès à une manne de crédit supplémentaire pour des biens qu’elle seule pouvait déjà se payer.

L’article des « Echos » mentionne cette répercussion inégalitaire. On ne peut soupçonner pourtant son auteur d’un biais anticapitaliste : l’auteur est responsable de la stratégie de marché chez Neuflize OBC, autrement dit un acteur reconnu des institutions financières, fréquemment interviewé sur les dernières tendances boursières.

L’inflation est donc très loin d’avoir disparu. Elle ne se reflète plus dans le classique indice des prix à la consommation. Mais le fait de l’avoir fait disparaître des dépenses courantes revient à casser le thermomètre pour ne pas voir une surchauffe artificielle et malsaine, entretenue par l’intervention directe des banques centrales.

Le maintien de l’inflation courante à des niveaux bas et l’usage de la création monétaire ne semblent pas redoutables individuellement. C’est la combinaison des deux qui instaure un mécanisme très malsain. Il revient à mettre en place un circuit de ponction permanente de l’économie productive pour alimenter une bulle financière, devenant une véritable rente pour une petite minorité qui ne se distingue pas par sa capacité à entreprendre mais par la seule possibilité de toucher cette manne. Cette façon d’entretenir de riches oisifs est l’exacte négation de l’esprit d’entreprise.

L’on objectera que tout un chacun peut se placer sur les marchés financiers pour bénéficier de ce treuil monétaire : il suffit de disposer d’un compte titres. C’est une grande naïveté de penser que tous les acteurs sont équivalents à ce jeu, au regard des risques pris. Les acteurs capables d’entretenir un important portefeuille d’actifs ont un accès privilégié aux informations de retournement de marché : des actions de resserrement des taux seront connues plusieurs jours à l’avance par les grands investisseurs, au dernier moment par les petits porteurs. Les quelques bénéficiaires de la pompe monétaire sauront donc également à quel moment se retirer du jeu. Ils bénéficieront ainsi d’une double ponction : celle opérée sur l’économie productive pendant les phases de gonflement monétaire, celle leur permettant de siphonner les comptes de petits porteurs sur les marchés financiers au moment du retournement. Le pillage de l’économie productive par quelques rentiers financiers n’est pas le seul mécanisme élevé au rang d’institution, le délit d’initiés l’est également.

Enfin, inutile de préciser que le QE fausse l’efficience des marchés : une bonne nouvelle de conjoncture fait monter les cours, une mauvaise les fait monter également, les acteurs anticipant que cela incitera les banques centrales à perpétuer la création monétaire et la pression à la baisse sur les taux. Le rôle de financement rapide des entreprises que remplissait autrefois la bourse n’a plus aucune existence véritable : les cours deviennent totalement décorrélés des résultats effectifs des entreprises, les seuls paramètres influents devenant totalement endogènes au monde financier, dans une sorte de relation incestueuse demeurant dans son cercle : rythme de la création monétaire, réserves des banques centrales et des banques d’affaires, état de la dette des différents pays, enfin amplification par les algorithmes de trading.

Il est souvent de bon ton de dire que nous vivons dans un monde complexe pour justifier de regrettables errements économiques. Lorsque nous ramenons notre monde à ses buts, non à ses moyens, il devient pourtant d’une grande simplicité. La combinaison d’un indice des prix à la consommation maintenu bas et de la création monétaire par les banques centrales constitue la plus formidable machine à spoliation de l’économie productive au bénéfice de quelques acteurs financiers.

Nous ne vivons pas dans la société ouverte et avancée qui nous est souvent décrite, mais dans une économie de rente la plus archaïque qui soit, comme même la bourgeoisie la plus réactionnaire du XIXème siècle, si bien croquée par Balzac, ne l’aurait jamais rêvée. Les véritables entrepreneurs ne gagnent que très peu à ce jeu. Aussi le discours marxisant leur imputant la responsabilité de ces maux se trompe sur toute la ligne. C’est précisément lorsque nous revaloriserons l’économie d’entreprise sur l’économie de rente que nous pourrons sortir de cette situation. Encore faut-il cesser de noyer sous de mauvaises raisons ce qui n’est qu’un objectif parfaitement simple et clair : l’enrichissement sans limite et sans effort de quelques-uns, au détriment du véritable entreprenariat.

Si vous avez aimé cet article, mes deux livres sur le monde de l’entreprise et plus généralement sur les pièges de la société moderne. Egalement disponibles au format Kindle

Par défaut

L’homme nouveau :Voeux du pape au corps diplomatique, au programme : paix, vie et migrants-ou comment parler pour ne rien dire,dire n’importe quoi et parler de soi

Voeux du pape au corps diplomatique,
au programme : paix, vie et migrants.

Rédigé par Un moine de Triors le dans Religion

Voeux du pape au corps diplomatique, <br>au programme : paix, vie et migrants.

L’échange traditionnel des vœux avec les différents organismes liés au Saint Siège permet au Pape de prononcer d’importants discours. Ce fut le cas en particulier devant le corps diplomatique accrédité près le Saint Siège, de plus en plus nombreux en raison des relations que le Vatican entretient désormais avec la quasi totalité des pays du monde, hormis les pays communistes et islamiques les plus réfractaires. Ces relations qui permettent au Pape de favoriser le bien être spirituel des âmes, aident aussi à une meilleure gestion du bien commun en faisant respecter le droit fondamental à la liberté religieuse, la loi naturelle et les grands points de la doctrine sociale de l’Église. Cette rencontre qui veut dépasser les normes de la politesse mondaine permet au pape de dresser un vaste aperçu de la géopolitique actuelle.

Après une introduction générale, le pape commence par rappeler ses voyages apostoliques de l’année : le Portugal où il a canonisé les deux pastoureaux Jacinta et Francesco et célébré ainsi de façon merveilleuse le centenaire de Fatima dont le message continue à susciter une réponse généreuse de foi et la conversion de beaucoup ; le Bangladesh et le Myanmar où le petit troupeau persécuté ne craint pas non seulement de défendre sa foi, mais encore d’œuvrer avec générosité et efficacité au bien commun ; l’Égypte où les coptes catholiques et orthodoxes pratiquent l’unique œcuménisme possible : celui de la prière et de la charité par le martyre ; la Colombie enfin, pays à grande majorité catholique, mais qui connaît depuis près de 50 ans les horreurs de la guerre civile. À propos de la guerre, le pape profite du centenaire de la guerre de 14-18 pour lancer un appel à travailler pour la paix : l’histoire montre que ce n’est pas en écrasant l’adversaire qu’on obtient la paix. Celle-ci ne peut venir que du Christ et exige par conséquent le renoncement à la loi de la peur, selon le cri de saint Jean-Paul II, écho de celui du Christ lui-même. La peur ne fait qu’activer les conflits, tandis que la raison guidée par la force de la foi engendre un climat de parité entre les interlocuteurs, pemettant un dialogue constructeur entre les diverses communautés ethniques, religieuses et politiques en présence. Seule une telle attitude pourra respecter vraiment les droits de l’homme en conformité avec les devoirs envers Dieu. En des termes très forts le Pape rejoint sur ce point ses prédécesseurs, spécialement Jean-Paul II : jamais on a tant parlé des droits de l’homme ; jamais non plus on ne les a autant bafoués. Cela est particulièrement vrai du droit à la vie qui doit être respecté de la conception à la mort naturelle. Souvenons-nous que le Concile parlait de l’avortement comme d’un « péché abominable ». Le Pape condamne toutes les raisons subtiles et hypocrites alléguées en faveur de l’avortement ou de toute autre atteinte contre une victime innocente. L’Église condamne aussi l’eugénisme racial de quelque bord qu’il fut. Nous devons enfin respecter les vieux et les malades, en leur octroyant tous les traitements sanitaires dont ils ont besoin.

Face au danger nucléaire, le Pape souhaite que l’on parvienne rapidement à un désarmement intégral. Il réaffirme également la nécessité d’un vrai dialogue qui seul peut ouvrir des horizons de paix véritable aux pays les plus meurtris. S’il encourage encore l’aide aux migrants, il rappelle dans la ligne de Jean-Paul II, que l’émigration demeure toujours un mal pour les pays qui perdent ainsi leurs forces vives, invitant les migrants à revenir dans leur pays d’origine dès que possible.

 

 

DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS
À L’OCCASION DES VŒUX DU CORPS DIPLOMATIQUE
ACCRÉDITÉ PRÈS LE SAINT-SIÈGE

Salle Royale, Lundi, 8 janvier 2018

 

Excellences
Mesdames et Messieurs,

Elle constitue une belle coutume, cette rencontre qui, en conservant encore vive dans les cœurs la joie de Noël, m’offre l’occasion de vous présenter personnellement les vœux pour l’année commencée depuis peu et de manifester ma proximité ainsi que mon affection aux peuples que vous représentez. Je remercie le Doyen du Corps Diplomatique, Son Excellence Monsieur Armindo Fernandes do Espiríto Santo Vieira, Ambassadeur de l’Angola, pour les paroles déférentes qu’il vient de m’adresser au nom de tout le Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège. J’adresse une spéciale bienvenue aux Ambassadeurs venus de l’extérieur de Rome pour l’occasion, dont le nombre s’est accru suite aux relations diplomatiques nouées avec la République de l’Union du Myanmar, en mai dernier. De même, je salue les Ambassadeurs résidents à Rome toujours plus nombreux, parmi lesquels se trouve, à présent, l’Ambassadeur de la République de l’Afrique du Sud, tandis je voudrais dédier une pensée particulière à feu l’Ambassadeur de la Colombie, Guillermo León Escobar-Herran, décédé quelques jours avant Noël. Je vous remercie pour les relations fructueuses et constantes que vous entretenez avec la Secrétairerie d’État et avec les autres Dicastères de la Curie Romaine, en témoignage de l’intérêt de la communauté internationale pour la mission du Saint-Siège et pour l’engagement de l’Église catholique dans vos pays respectifs. Dans cette perspective se situe aussi l’activité du Saint-Siège concernant les Conventions, qui l’an dernier a vu la signature, au mois de février, de l’Accord Cadre avec la République du Congo et, au mois d’août, de l’Accord entre la Secrétairerie d’État et le Gouvernement de la Fédération Russe sur les voyages sans visa des titulaires de passeports diplomatiques.

Dans les relations avec les Autorités civiles, le Saint-Siège ne vise rien d’autre que de favoriser le bien-être spirituel et matériel de la personne humaine et la promotion du bien commun. Les voyages apostoliques que j’ai effectués au cours de l’année passée en Égypte, au Portugal, en Colombie, au Myanmar et au Bangladesh ont été une expression de cette sollicitude.

Je me suis rendu au Portugal, en pèlerin, lors du centenaire des apparitions de la Vierge à Fatima, pour célébrer la canonisation des pastoureaux Jacinthe et François Marto. J’ai pu y constater la foi remplie d’enthousiasme et de joie que la Vierge Marie a suscitée chez les nombreux pèlerins venus pour l’occasion. De même en Égypte, au Myanmar et au Bangladesh, j’ai pu rencontrer les communautés chrétiennes locales qui, bien que numériquement réduites, sont appréciées pour la contribution qu’elles offrent au développement et à la convivialité civile de leurs pays respectifs. Des rencontres avec les représentants des autres religions n’ont pas manqué, témoignant combien les spécificités de chacune ne sont pas un obstacle au dialogue, mais plutôt la sève qui l’alimente dans le désir commun de connaître la vérité et de pratiquer la justice. Enfin, en Colombie, j’ai voulu bénir les efforts et le courage de ce peuple bien-aimé, marqué par un ardent désir de paix après plus d’un demi-siècle de conflit interne.

Chers Ambassadeurs,

Au cours de cette année, aura lieu le centenaire de la fin de la première Guerre Mondiale : un conflit qui a remodelé le visage de l’Europe et du monde entier, avec la naissance de nouveaux États qui ont pris la place des anciens empires. Des cendres de la Grande Guerre, on peut tirer deux avertissements, que malheureusement l’humanité n’a pas su comprendre immédiatement, arrivant dans le laps d’une vingtaine d’années à affronter un nouveau conflit encore plus dévastateur que le précédent. Le premier avertissement, c’est que vaincre ne signifie jamais humilier l’adversaire défait. La paix ne se construit pas comme une affirmation du pouvoir du vainqueur sur le vaincu. Ce n’est pas la loi de la peur qui dissuade de futures agressions, mais plutôt la force de la raison douce qui encourage au dialogue et à la compréhension réciproque pour aplanir les différences (Cf. Jean XXIII, Lettre encyclique, Pacem in terris, 11 avril 1963, nn. 126-129). De cela découle le second avertissement : la paix se consolide lorsque les Nations peuvent traiter entre elles dans un climat de parité. Il y a un siècle – tout juste aujourd’hui –, le Président américain d’alors, Thomas Woodrow Wilson, l’a compris lorsqu’il a proposé la création d’une association générale des Nations destinée à promouvoir pour tous les États, indistinctement grands et petits, des garanties mutuelles d’indépendance et d’intégrité territoriale. Ainsi ont été jetées les bases de cette diplomatie multilatérale, qui a acquis progressivement au cours des années un rôle et une influence croissante au sein de la Communauté internationale tout entière.

Aussi bien les relations entre les Nations que les relations humaines « doivent […] [s’]harmoniser […] selon la vérité et la justice, en esprit d’active solidarité et dans la liberté » (Ibid., n. 80). Cela comporte « l’égalité naturelle de toutes les communautés politiques en dignité » (Ibid., n. 86), ainsi que la reconnaissance des droits mutuels, avec l’accomplissement des devoirs correspondants (cf. Ibid., n. 91). La condition fondamentale de cette attitude est l’affirmation de la dignité de chaque personne humaine, dont le mépris et la méconnaissance portent à des actes de barbarie qui offensent la conscience de l’humanité (cf. Déclaration universelle des droits de l’homme, 10 décembre 1948). D’autre part, « la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde » (Ibid., Préambule), comme l’affirme la Déclaration universelle des droits de l’homme.

C’est à cet important document que, soixante-dix ans après son adoption de la part de l’Assemblée Générale des Nations Unis, advenue le 10 décembre 1948, je voudrais consacrer notre rencontre d’aujourd’hui. Pour le Saint-Siège, en effet, parler des droits humains signifie, avant tout, proposer de nouveau la centralité de la dignité de la personne, en tant qu’elle est voulue et créée par Dieu à son image et à sa ressemblance. Le Seigneur Jésus lui-même, en guérissant le lépreux, en redonnant la vue à l’aveugle, en s’entretenant avec le publicain, en sauvant la vie à la femme adultère et en invitant à prendre soin du voyageur blessé, a fait comprendre combien chaque être humain, indépendamment de sa condition physique, spirituelle ou sociale, mérite respect et considération. Du point de vue chrétien, il y a donc une relation significative entre le message évangélique et la reconnaissance des droits humains, dans l’esprit des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Ces droits trouvent leur fondement dans la nature qui objectivement unit le genre humain. Ils ont été proclamés pour faire tomber les murs de séparation qui divisent la famille humaine et favoriser ce que la doctrine sociale de l’Église appelle le développement humain intégral, puisqu’il concerne la promotion de chaque homme et de tout l’homme, jusqu’à comprendre l’humanité tout entière (cf. Paul VI, Lettre encyclique, Populorum progressio, 26 mars 1967, n. 14). Une vision réductrice de la personne humaine ouvre au contraire la voie à la propagation de l’injustice, de l’inégalité sociale et de la corruption.

Il faut, toutefois, constater qu’au cours des années passées, surtout suite aux bouleversements sociaux de ‘1968’, l’interprétation de certains droits s’est progressivement modifiée, de façon à inclure une multiplicité de ‘‘nouveaux droits’’, souvent en contradiction entre eux. Cela n’a pas toujours favorisé la promotion de relations amicales entre les Nations (cf. Déclaration universelle des droits de l’homme, Préambule), car des conceptions controversées des droits humains ont été exprimées, en contraste avec la culture de nombreux pays, qui ne se sentent pas par conséquent respectés dans leurs traditions socio-culturelles propres, mais plutôt négligés quant aux nécessités réelles qu’ils doivent affronter. Il peut donc y avoir le risque – paradoxal par certains côtés – que, au nom des mêmes droits humains, on en vienne à instaurer des formes modernes de colonisation idéologique des plus forts et des plus riches au détriment des plus pauvres et des plus faibles. En même temps, il convient d’avoir présent à l’esprit que les traditions de chaque peuple ne peuvent être évoquées comme un prétexte pour manquer au respect dû aux droits fondamentaux énoncés par la Déclaration universelle des droits humains.

Après soixante-dix ans, il est regrettable de relever comment de nombreux droits fondamentaux sont aujourd’hui encore violés. Le premier d’entre tous ces droits est celui à la vie, à la liberté et à l’inviolabilité de chaque personne humaine (cf. Ibid., art. 3). Ce ne sont pas seulement la guerre ou la violence qui les compromettent. En notre temps, il y a des formes plus subtiles : je pense d’abord aux enfants innocents, rejetés avant même de naître ; non voulus parfois uniquement parce qu’ils sont malades ou malformés, ou à cause de l’égoïsme des adultes. Je pense aux personnes âgées, elles aussi bien des fois rejetées, surtout si elles sont malades, car considérées comme un poids. Je pense aux femmes, qui souvent subissent des violences et des abus y compris au sein de leurs propres familles. Je pense, ensuite, à ceux qui sont victimes de la traite des personnes qui viole la prohibition de toute forme d’esclavage. Que de personnes, surtout fuyant la pauvreté et la guerre, sont objet de ce commerce illicite perpétré par des sujets sans scrupules ?

Défendre le droit à la vie et à l’intégrité physique signifie, ensuite, promouvoir le droit à la santé de la personne et de ses proches. Aujourd’hui, ce droit à la santé a adopté des implications qui dépassent les intentions d’origine de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui visait à affirmer le droit de chacun à bénéficier des soins médicaux et des services sociaux nécessaires (cf. ibid., art. 25). Dans cette perspective, je souhaite que, au niveau des instances internationales compétentes, on œuvre pour favoriser surtout un accès facile de tous aux soins et aux traitements sanitaires. Il est important d’unir les efforts afin qu’on puisse adopter des politiques en mesure de garantir, à des prix accessibles, la fourniture des médicaments essentiels pour la survie des personnes démunies, sans négliger la recherche et le développement des traitements qui, bien que n’étant pas économiquement importants pour le marché, sont déterminants pour sauver des vies humaines.

Défendre le droit à la vie implique également d’œuvrer activement pour la paix, universellement reconnue comme l’une des valeurs les plus hautes à rechercher et à défendre. Cependant de graves conflits locaux continent à embraser diverses régions de la terre. Les efforts collectifs de la communauté internationale, l’action humanitaire des organisations internationales et les demandes incessantes de paix, qui s’élèvent des terres ensanglantées par des combats, semblent toujours moins efficaces face à la logique aberrante de la guerre. Cette situation n’entame pas notre désir et notre engagement pour la paix, conscients que sans elle le développement intégral de l’homme est hors de portée.

Le désarmement intégral et le développement intégral sont étroitement liés entre eux. D’autre part, la recherche de la paix comme condition préalable au développement implique de combattre l’injustice et d’éradiquer, de manière non violente, les causes de désaccord qui conduisent aux guerres. La prolifération des armes aggrave clairement les situations de conflit et comporte des coûts humains et matériels considérables qui minent le développement ainsi que la recherche d’une paix durable. Le résultat historique atteint l’année dernière avec l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, au terme de la Conférence des Nations Unies, visant à négocier un instrument juridiquement contraignant pour prohiber les armes nucléaires, montre combien le désir de paix est toujours vif. La promotion de la culture de paix en vue d’un développement intégral demande des efforts persévérants pour le désarmement et la limitation du recours à la force armée dans la gestion des affaires internationales. Je voudrais, par conséquent, encourager un débat serein et le plus ample possible sur la question, qui évite des polarisations de la communauté internationale sur un sujet aussi délicat. Tout effort dans ce sens, si modeste soit-il, représente un résultat important pour l’humanité.

Pour sa part, le Saint-Siège a signé et ratifié, également au nom et pour le compte de l’État de la Cité du Vatican, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, dans la perspective exprimée par saint Jean XXIII dans Pacem in terris, selon laquelle « La justice, la sagesse, le sens de l’humanité réclament par conséquent, qu’on arrête la course aux armements ; elles réclament la réduction parallèle et simultanée de l’armement existant dans les divers pays, la proscription de l’arme atomique » (n. 112). En effet, « qu’il y ait des hommes au monde pour prendre la responsabilité des massacres et des ruines sans nombre d’une guerre, cela peut paraître incroyable ; pourtant, on est contraint de l’avouer, une surprise, un accident suffiraient à provoquer la conflagration » ( Ibid. n. 111).

Le Saint-Siège réaffirme donc la ferme conviction « que les éventuels conflits entre les peuples ne doivent pas être réglés par le recours aux armes, mais par la négociation » (Ibid., n. 126). D’autre part, précisément la fabrication ininterrompue d’armes toujours plus sophistiquées et plus ‘‘perfectionnées’’ ainsi que la persistance de nombreux foyers de conflit – de ce que j’ai, plus d’une fois, qualifié de ‘‘troisième guerre mondiale par morceaux’’ – ne peut que nous faire répéter avec force les paroles de mon saint Prédécesseur : « Il devient humainement impossible de penser que la guerre soit, en notre ère atomique, le moyen adéquat pour obtenir justice […] Néanmoins, il est permis d’espérer que les peuples, intensifiant entre eux les relations et les échanges, découvriront mieux les liens d’unité qui découlent de leur nature commune ; ils comprendront plus parfaitement que l’un des devoirs primordiaux issus de leur communauté de nature, c’est de fonder les relations des hommes et des peuples sur l’amour et non sur la crainte. C’est, en effet, le propre de l’amour d’amener les hommes à une loyale collaboration, susceptible de formes multiples et porteuse d’innombrables bienfaits » (Ibid., nn. 127-129).

Dans cette perspective, il est d’une importance primordiale qu’on puisse soutenir toute tentative de dialogue dans la péninsule coréenne, afin de trouver de nouvelles voies pour surmonter les oppositions actuelles, d’accroître la confiance réciproque et d’assurer un avenir de paix au peuple coréen et au monde entier.

De même, il est important qu’on puisse poursuivre, dans un climat constructif de confiance accrue entre les parties, les diverses initiatives de paix en cours en faveur de la Syrie, pour qu’on puisse finalement mettre fin au long conflit qui a affecté le pays et causé d’effroyables souffrances. Le souhait général est que, après tant de destructions, arrive le temps de la reconstruction. Mais plus encore que la reconstruction des édifices, s’avèrent nécessaires la reconstruction des cœurs, le retissage de la toile de la confiance réciproque, préalables indispensables pour l’épanouissement de toute société. Il faut donc travailler à favoriser les conditions juridiques, politiques et sécuritaires, pour une reprise de la vie sociale, où chaque citoyen, indépendamment de son appartenance ethnique et religieuse, puisse participer au développement du pays. En ce sens, il est vital que soient protégées les minorités religieuses, parmi lesquelles se trouvent les chrétiens, qui depuis des siècles contribuent activement à l’histoire de la Syrie.

Il est aussi important que puissent retourner dans leur patrie les nombreux réfugiés qui ont trouvé accueil et refuge dans les nations limitrophes, surtout en Jordanie, au Liban et en Turquie. L’engagement et les efforts accomplis par ces pays dans cette situation difficile mérite l’appréciation et le soutien de toute la communauté internationale, qui est en même temps appelée à œuvrer pour créer les conditions en vue du rapatriement des réfugiés provenant de la Syrie. C’est un engagement qu’elle doit concrètement prendre en commençant par le Liban, afin que ce pays bien-aimé continue à être un ‘‘message’’ de respect et de cohabitation ainsi qu’un modèle à imiter pour toute la région et pour le monde entier.

La volonté de dialogue est nécessaire également dans le bien-aimé Irak, pour que les diverses composantes ethniques et religieuses puissent retrouver le chemin de la réconciliation et de la cohabitation et collaboration pacifiques, tout comme au Yémen et dans d’autres parties de la région, ainsi qu’en Afghanistan.

J’adresse une pensée particulière aux Israéliens et aux Palestiniens, suite aux tensions des dernières semaines. Le Saint-Siège, en exprimant sa douleur pour ceux qui ont perdu la vie dans les récents affrontements, renouvelle son appel pressant à pondérer toute initiative afin qu’on évite d’exacerber les oppositions, et il invite à un engagement commun à respecter, en conformité avec les Résolutions pertinentes des Nations Unies, le status quo de Jérusalem, ville sacrée pour les chrétiens, les juifs et les musulmans. Soixante-dix ans d’affrontements rendent plus que jamais urgent de trouver une solution politique qui permette la présence dans la région de deux États indépendants dans des frontières internationalement reconnues. Même au sein des difficultés, la volonté de dialoguer et de reprendre les négociations reste le principal chemin pour arriver finalement à une cohabitation pacifique des deux peuples.

De même dans des contextes nationaux, l’ouverture et la disponibilité à la rencontre sont essentielles. Je pense surtout au bien-aimé Venezuela, qui traverse une crise politique et humanitaire toujours plus dramatique et sans précédent. Le Saint-Siège, alors qu’il exhorte à répondre sans tarder aux besoins primaires de la population, souhaite que soient créées les conditions afin que les élections prévues pour l’année en cours soient en mesure d’apporter une solution aux conflits existants, et qu’on puisse envisager l’avenir avec une sérénité retrouvée.

Que la communauté internationale n’oublie pas non plus les souffrances de nombreuses parties du Continent africain, spécialement au Sud-Soudan, en République Démocratique du Congo, en Somalie, au Nigéria et en République Centrafricaine, où le droit à la vie est menacé par l’exploitation abusive des ressources, par le terrorisme, par la prolifération de groupes armés et par des conflits persistants. Il ne suffit pas de s’indigner face à tant de violence. Il faut plutôt que chacun, dans son domaine propre, œuvre activement pour éradiquer les causes de la misère et pour construire des ponts de fraternité, condition fondamentale d’un développement humain authentique.

Un engagement commun pour reconstruire les ponts est urgent également en Ukraine. L’année qui vient de s’achever a connu de nouvelles victimes dans le conflit qui affecte le pays, en continuant à infliger de grandes souffrances à la population, en particulier aux familles qui résident dans les zones touchées par la guerre et qui ont perdu des proches, souvent des personnes âgées et des enfants.

Je voudrais précisément dédier à la famille une pensée spéciale. Le droit de former une famille, en tant qu’« élément naturel et fondamental de la société [qui] a le droit à la protection de la société et de l’État » (Déclaration universelle des droits de l’homme), est en effet reconnu par la Déclaration de 1948 elle-même. Malheureusement, on sait comment, surtout en Occident, la famille est considérée comme une institution dépassée. À la stabilité d’un projet définitif, on préfère de nos jours des liens fugaces. Mais une maison construite sur le sable des relations fragiles et instables ne tient pas. Il faut plutôt une roche, sur laquelle ancrer des bases solides. Et la roche est précisément cette communion d’amour, fidèle et indissoluble, qui unit l’homme et la femme, une communion qui a une beauté austère et simple, un caractère sacré et inviolable et une fonction naturelle dans l’ordre social (cf. Paul VI, Discours à l’occasion de la visite à la Basilique de l’Annonciation, Nazareth, 5 janvier 1964). Je juge, par conséquent, urgent qu’on entreprenne de réelles politiques de soutien aux familles, dont par ailleurs dépendent l’avenir et le développement des États. Sans cette politique, en effet, on ne peut pas construire des sociétés en mesure d’affronter les défis de l’avenir. Le désintérêt pour les familles entraîne, en outre, une autre conséquence dramatique – et particulièrement actuelle dans certaines régions – qui est la baisse de la natalité. On vit un véritable hiver démographique ! C’est le signe de sociétés qui ont du mal à affronter les défis du présent et qui deviennent donc toujours plus craintives face à l’avenir, en finissant par se replier sur elles-mêmes.

En même temps, on ne peut oublier la situation de familles brisées à cause de la pauvreté, des guerres et des migrations. Nous avons trop souvent sous nos yeux le drame des enfants qui, seuls, traversent les frontières séparant le sud du nord du monde, souvent victimes du trafic d’êtres humains.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de migrants et de migrations, parfois juste pour susciter des peurs ancestrales. Il ne faut pas oublier que les migrations ont toujours existé. Dans la tradition judéo-chrétienne, l’histoire du salut est essentiellement une histoire de migrations. Il ne faut pas non plus oublier que la liberté de mouvement, tout comme celle de quitter son propre pays et d’y retourner, fait partie des droits fondamentaux de l’homme (cf. Déclaration universelle des droits de l’homme, art. 13). Il faut donc sortir d’une rhétorique répandue sur la question et aller au fait essentiel que devant nous, il y a d’abord et avant tout des personnes.

C’est ce que j’ai voulu réaffirmer par le Message pour la Journée Mondiale de la Paix, célébrée le 1er janvier dernier, consacré aux : ‘‘[Les] migrants et [les] réfugiés : des hommes et des femmes en quête de paix’’. Tout en reconnaissant qu’ils ne sont pas toujours tous animés des meilleures intentions, on ne peut pas oublier que la majorité des migrants préfèrerait rester dans leur propre pays, alors qu’elle se trouve contrainte à le quitter « à cause des discriminations, des persécutions, de la pauvreté et de la dégradation environnementale. […] Accueillir l’autre exige un engagement concret, une chaîne d’entraide et de bienveillance, une attention vigilante et compréhensive, la gestion responsable de nouvelles situations complexes qui, parfois, s’ajoutent aux autres problèmes innombrables déjà existants, ainsi que des ressources qui sont toujours limitées. En pratiquant la vertu de prudence, les gouvernants sauront accueillir, promouvoir, protéger et intégrer, en établissant des dispositions pratiques, « dans la mesure compatible avec le bien réel de leur peuple, …[pour] s’intégrer » (Pacem in terris, n. 106). Ils ont une responsabilité précise envers leurs communautés, dont ils doivent assurer les justes droits et le développement harmonieux, pour ne pas être comme le constructeur imprévoyant qui fit mal ses calculs et ne parvint pas à achever la tour qu’il avait commencé à bâtir (cf. Lc 14, 28-30)» (François, Message pour la 51ème Journée Mondiale de la Paix, 13 novembre 2017, n. 1).

Je voudrais de nouveau remercier les Autorités de ces États qui se sont prodigués au cours de ces années pour fournir une assistance aux nombreux migrants parvenus à leurs frontières. Je pense d’abord à l’engagement de nombreux pays en Asie, en Afrique et dans les Amériques, qui accueillent et assistent un grand nombre de personnes. Je garde encore vivante dans le cœur la rencontre que j’ai eue à Dacca avec quelques membres du peuple Rohingya et j’aimerais renouveler aux autorités du Bangladesh mes sentiments de gratitude pour l’assistance qu’elles offrent, sur leur propre territoire, à ces personnes.

Je voudrais ensuite exprimer une gratitude spéciale à l’Italie qui, ces années, a montré un cœur ouvert et généreux et a su aussi donner des exemples positifs d’intégration. Mon souhait est que les difficultés que le pays a traversées ces dernières années, et dont les conséquences persistent, ne conduisent pas à des fermetures et à des verrouillages, mais au contraire à une redécouverte de ces racines et de ces traditions qui ont nourri la riche histoire de la Nation et qui constituent un inestimable trésor à offrir au monde entier. De même, j’exprime mon appréciation pour les efforts accomplis par d’autres Etats européens, en particulier la Grèce et l’Allemagne. Il ne faut pas oublier que de nombreux réfugiés et migrants cherchent à rejoindre l’Europe parce qu’ils savent qu’ils pourront y trouver paix et sécurité, qui sont d’ailleurs le fruit d’un long cheminement né des idéaux des Pères fondateurs du projet européen après la seconde guerre mondiale. L’Europe doit être fière de ce patrimoine, fondé sur certains principes et sur une vision de l’homme qui plonge ses bases dans son histoire millénaire, inspirée par la conception chrétienne de la personne humaine. L’arrivée des migrants doit la pousser à redécouvrir son patrimoine culturel et religieux propre, de sorte que, reprenant conscience de ses valeurs sur lesquelles elle s’est édifiée, elle puisse en même temps maintenir vivante sa tradition et continuer à être un lieu accueillant, annonciateur de paix et de développement.

L’an passé, les gouvernements, les organisations internationales et la société civile se sont consultés réciproquement sur les principes de base, sur les priorités et sur les modalités les plus opportunes pour répondre aux mouvements migratoires et aux situations persistantes qui concernent les réfugiés. Les Nations Unies, suite à la Déclaration de New York pour les Réfugiés et les Migrants de 2016, ont initié d’importants processus de préparation en vue de l’adoption de deux Pactes Mondiaux (Global Compacts), respectivement sur les réfugiés et pour une migration sûre, ordonnée et régulière.

Le Saint Siège souhaite que ces efforts, grâce aux négociations qui s’ouvriront bientôt, conduisent à des résultats dignes d’une communauté mondiale toujours plus interdépendante, fondée sur les principes de solidarité et d’aide mutuelle. Dans le contexte international actuel, les possibilités et les moyens d’assurer à tout homme et à toute femme qui vit sur terre des conditions de vie dignes de la personne humaine ne manquent pas.

Dans le Message pour la Journée Mondiale de la Paix de cette année j’ai suggéré quatre ‘‘jalons’’ pour l’action : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer (Ibid., n. 4). Je voudrais m’arrêter en particulier sur ce dernier, sur lequel s’affrontent différentes positions à la lumière d’autant d’évaluations, d’expériences, de préoccupations et de convictions. L’intégration est un “processus bidirectionnel”, avec des droits et des devoirs réciproques. Celui qui accueille est en effet appelé à promouvoir le développement humain intégral, alors qu’on demande à celui qui est accueilli de se conformer immanquablement aux normes du pays qui l’accueille, ainsi qu’au respect de ses principes identitaires. Tout processus d’intégration doit toujours maintenir au centre des normes qui concernent les divers aspects de la vie politique et sociale, la défense et la promotion des personnes, surtout de celles qui se trouvent dans des situations de vulnérabilité.

Le Saint Siège n’a pas l’intention d’interférer dans les décisions qui reviennent aux Etats, lesquels, à la lumière de leurs situations politiques, sociales et économiques respectives, et aussi des capacités propres et des possibilités d’hospitalité et d’intégration, ont la première responsabilité de l’accueil. Cependant, il estime nécessaire de jouer un rôle pour le “rappel” des principes d’humanité et de fraternité qui fondent toute société unie et harmonieuse. Dans cette perspective, il est important de ne pas oublier l’interaction avec les communautés religieuses, tant institutionnelles qu’au niveau associatif, qui peuvent jouer un rôle précieux de renfort dans l’assistance et la protection, de médiation sociale et culturelle, de pacification et d’intégration.

Parmi les droits humains que je voudrais rappeler aujourd’hui, il y a aussi le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, qui inclut le droit à la liberté de changer de religion (cf. Déclaration universelle des droits de l’homme, art. 18). On sait malheureusement combien le droit à la liberté de religion est souvent violé et la religion devient souvent ou l’occasion pour justifier idéologiquement de nouvelles formes d’extrémisme ou bien un prétexte à l’exclusion sociale, voire à des formes de persécutions des croyants. La construction de sociétés inclusives exige comme condition une compréhension intégrale de la personne humaine, qui peut se sentir vraiment accueillie quand elle est reconnue et acceptée dans toutes les dimensions qui constituent son identité, y compris religieuse.

Enfin, je souhaite rappeler l’importance du droit au travail. Il n’y a pas de paix ni de développement si l’homme est privé de la possibilité de contribuer personnellement, par son travail, à l’édification du bien commun. Il est regrettable de constater, au contraire, combien le travail est, en de nombreuses régions du monde, un bien rare. Peu nombreuses sont parfois les opportunités, surtout pour les jeunes, de trouver du travail. Il est souvent facile de le perdre non seulement à cause des conséquences de l’alternance des cycles économiques, mais aussi en raison du recours progressif à des technologies et à des machines toujours plus perfectionnées et plus précises, capables de remplacer l’homme. Et si, d’un côté, on constate une répartition inéquitable des offres de travail, de l’autre on relève la tendance à demander à celui qui travaille des rythmes toujours plus pressants. Les exigences du profit, dictées par la globalisation, ont conduit à une réduction progressive des temps et des jours de repos, avec comme résultat la perte d’une dimension fondamentale de la vie – celle du repos – qui permet à la personne de se refaire non seulement physiquement mais aussi spirituellement. Dieu lui-même s’est reposé le septième jour. Il l’a béni et l’a consacré « car il avait chômé après tout son ouvrage de création » (Gn 2, 3). Dans l’alternance du travail et du repos, l’homme participe à la “sanctification du temps” accomplie par Dieu et il ennoblit son travail, le soustrayant aux dynamiques répétitives d’un quotidien aride qui ne connaît pas d’arrêt.

En outre, les données publiées récemment par l’Organisation Mondiale du Travail sur l’augmentation du nombre d’enfants employés dans des activités de travail et du nombre des victimes des nouvelles formes d’esclavage sont un motif de particulière préoccupation. Le fléau du travail des mineurs continue de compromettre sérieusement le développement psycho-physique des enfants, les privant des joies de l’enfance, fauchant des victimes innocentes. On ne peut penser projeter un avenir meilleur, ni souhaiter construire des sociétés plus inclusives si l’on continue à maintenir des modèles économiques orientés vers le simple profit et l’exploitation des plus faibles, tels que les enfants. Eliminer les causes structurelles de ce fléau devrait être une priorité des gouvernements et des organisations internationales, appelés à intensifier leurs efforts pour adopter des stratégies intégrées et des politiques coordonnées visant à faire cesser le travail des mineurs sous toutes ses formes.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

En rappelant certains des droits contenus dans la Déclaration Universelle de 1948, je n’entends pas omettre un aspect qui lui est strictement connexe : tout individu a aussi des devoirs envers la communauté, visant à « satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique » (Ibid., n. 29). Le juste rappel des droits de tout être humain doit tenir compte du fait que chacun fait partie d’un corps plus grand. Nos sociétés aussi, comme tout corps humain, jouissent d’une bonne santé si chaque membre accomplit sa tâche, conscient que celle-ci est au service du bien commun.

Parmi les devoirs particulièrement impérieux, il y a aujourd’hui celui de prendre soin de notre terre. Nous savons que la nature peut être en elle-même meurtrière même quand il n’y a pas de responsabilité de l’homme. Nous l’avons vu cette dernière année avec les tremblements de terre qui ont touché diverses régions, particulièrement ces derniers mois au Mexique et en Iran, causant de nombreuses victimes, tout comme avec la force des ouragans qui ont touché plusieurs pays des Caraïbes jusqu’à atteindre les côtes des Etats-Unis et qui, plus récemment, ont investi les Philippines. Cependant, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi une importante responsabilité de l’homme dans l’interaction avec la nature. Les changements climatiques, avec la hausse générale des températures et les effets dévastateurs qu’elle entraîne sont aussi une conséquence de l’action de l’homme. Il convient donc de faire face, dans un effort commun, à la responsabilité de laisser aux générations qui suivront une terre plus belle et plus vivable, en œuvrant, à la lumière des engagements pris à Paris en 2015, pour réduire les émissions de gaz nocifs pour l’atmosphère et dangereux pour la santé humaine.

L’esprit qui doit animer chaque personne comme les nations dans ce travail, est comparable à celui des constructeurs des cathédrales médiévales qui constellent l’Europe. Ces édifices imposants racontent l’importance de la participation de chacun à une œuvre capable de franchir les limites du temps. Le constructeur de cathédrales savait qu’il ne verrait pas l’achèvement de son travail. Néanmoins, il se prodiguait activement, comprenant qu’il faisait partie d’un projet dont jouiraient ses enfants, qui – à leur tour – l’embelliraient et l’agrandiraient pour leurs enfants. Chaque homme et chaque femme de ce monde – et en particulier celui qui a la responsabilité de gouverner – est appelé à cultiver le même esprit de service et de solidarité intergénérationnel, et être ainsi un signe d’espérance pour notre monde tourmenté.

C’est avec ces considérations que je renouvelle à chacun de vous, à vos familles et à vos peuples les vœux d’une année riche de joie, d’espérance et de paix.

Merci.

Par défaut

Pour une école libre au Québec:Réaction à « Près de 75 % des Québécois contre le financement public des écoles privées »-après « Pauvre Belgique »-Baudelaire-« Pauvre Québec »-de Gaulle: »Vive le Québec esclaves » et tour cela à cause des pétasses , des boudins frustrées du PQ et des hommes devenus des eunuques:E.M. et B.M. non bis repetita

:
:
:

Pour une école libre au Québec


Réaction à « Près de 75 % des Québécois contre le financement public des écoles privées »

Posted: 30 Jan 2018 04:26 PM PST

D’après un sondage commandé par un mouvement contre le financement « public » de l’école privée, près de 75 % des Québécois aimeraient voir l’État retirer son financement destiné à l’école privée. Le sondage a été réalisé par CROP pour le compte du Mouvement L’école ensemble. Rappelons que le financement « public » des écoles privées n’est jamais que le remboursement d’une partie des impôts des parents qui envoient leurs enfants à l’école privée.

« Les trois quarts des Québécois envoient un message très clair : ils ne veulent plus payer pour l’école privée et veulent que leurs taxes et impôts servent à l’école publique », a déclaré Stéphane Vigneault, coordonnateur du Mouvement L’école ensemble, par communiqué, mardi.

Rappelons qu’il y a moins de 6 ans (mars 2012), la Coalition pour la liberté en éducation avait posé une question assez différente : « Selon vous, le gouvernement devrait-il octroyer une somme fixe pour la scolarité de chaque enfant et laisser le parent décider à quelle école envoyer son enfant, qu’elle soit publique ou privée ? » Et là, les résultats étaient très différents !

Dans ce sondage Léger, 55 % des Québécois se montraient très ouverts à la mise en place des chèques éducation, le gouvernement octroyant une somme fixe pour la scolarité de chaque enfant et laissant alors les parents choisir l’école publique ou privée qu’ils privilégient. Le pourcentage des Québécois en faveur de cette mesure de liberté étaient encore plus fort (63 %) quand ils avaient des enfants…

De même, la moitié de la population québécoise (54 %) pensait que les écoles devraient avoir une plus grande liberté dans le choix des programmes qu’elles enseignent et dans la façon de les enseigner. Pour le secrétaire de la CLÉ, « au Québec, les parents sont en phase avec les résultats d’organismes internationaux comme l’OCDE qui identifient la liberté de pédagogie et de programmes scolaires comme un composant nécessaire à une éducation de qualité ». Il ne s’agit pas seulement de rendre plus autonomes les écoles ou de mieux encadrer les enseignants, car, comme le déclare l’OCDE, « [d] ans les pays où les établissements d’enseignement jouissent d’une grande autonomie dans le choix des programmes et des modes d’évaluation, les élèves ont tendance à obtenir de meilleurs résultats. »[1] Pour la CLÉ, un supplément de liberté dans ces domaines permettra de mieux répondre aux besoins du Québec de demain tout en respectant mieux les droits des parents.

Ce sondage avait été réalisé par Léger Marketing auprès de 1001 personnes de plus de 18 ans, dans toutes les régions du Québec, du 27 au 29 février 2012. L’échantillon pondéré choisi a une marge d’erreur de ± 3,1 % dans 19 cas sur 20.

Ce sondage d’une maison réputée (Léger) n’avait reçu aucun écho dans les médias. Aucun. Malgré la prise de contact avec plusieurs médias pour leur offrir ces résultats. Le traitement médiatique du sondage CROP contre le financement « public » des écoles privées est très différent. Pour le moins.

« Ségrégation scolaire »

Selon le Mouvement L’école ensemble, le financement public aux écoles privées et les examens d’admission ont pour effet d’encourager la «ségrégation scolaire», qui consiste en la séparation des élèves dans des écoles ou des programmes en fonction de leurs revenus ou de leurs résultats scolaires. Nous reviendrons ci-dessous sur ce concept.

Comment expliquer cette différence ?

On ne sait pas comment les Québécois répondraient au sondage de la Coalition pour la liberté en éducation aujourd’hui.

Les Québécois ont-ils vraiment changé d’avis ?

C’est possible, mais pas nécessaire.

En effet, on sait que les résultats aux sondages peuvent être influencés par les questions qui le constituent et surtout celles qui précèdent une question particulière. Elles fournissent un contexte à une question particulière. En l’absence d’une question préalable sur l’option d’offrir un chèque scolaire à tous les parents, les parents qui ne peuvent s’offrir une bonne école peuvent trouver injuste ce privilège qui serait réservé aux plus riches. Si cette même question du chèque scolaire universel offert aux parents était posée, la majorité des Québécois pourraient ainsi toujours approuver cette idée.

Ceci dit, il n’est pas impossible, devant les campagnes répétées contre l’« inégalité scolaire » bien relayées dans les médias et les partis politiques, que les Québécois aient changé d’avis. Peut-être faudrait-il alors voir là le résultat de l’absence d’une voix politique distincte qui défende la responsabilité parentale et le choix en éducation. La transformation de l’ADQ proche de ces thèses par une CAQ très peu revendicatrice dans ce domaine laisse les partisans d’un plus grand choix en éducation sans parti politique qui partage leurs préoccupations. Les partisans du choix et de la responsabilisation des parents n’ont plus de relais de poids dans les médias et parmi les principaux partis politiques. Des relais mieux organisés et de poids pourraient dissiper auprès du public certaines idées fausses, notamment, sur l’écrémage des écoles par la sélection. C’est ainsi que des études universitaires tendent à montrer que l’effet d’écrémage lié à la liberté scolaire est faible ou déjà présent (par exemple par la distribution géographique des familles selon des critères socioculturels). Les écoles publiques aux mauvais résultats scolaires sont déjà homogènes et déjà écrémées, en grande partie parce que les meilleurs élèves n’habitent pas leur bassin géographique. L’impact négatif d’un libre choix (supplémentaire ou non) vers le privé est donc exagéré.

En l’absence de véritables relais conservateurs dans les partis politiques et dans les médias, les partisans d’une restriction du choix au nom de la lutte « contre l’inégalité » et « la ségrégation scolaire » ont libre cours au Québec. Logique de « lutte contre la ségrégation scolaire » qui a mené sous certains aspects à l’intégration d’élèves aux compétences très diverses (pour rester courtois) et à des classes ingérables où l’on « passe 90 % du temps à faire de la discipline et 10 % à enseigner ».

Voir aussi

Québec — Dans la peau d’une suppléante : insolences, indiscipline, violences

Les Québécois veulent des bons d’étude et que le cours ECR soit optionnel ou aboli

France — le système scolaire toujours plus inégalitaire

Effet d’écrémage lié à la liberté scolaire : faible ou déjà présent


[1] http://www.oecd.org/dataoecd/54/0/48989573.pdf, « Autonomie et responsabilisation des établissements d’enseignement : quel impact sur la performance des élèves ? », OCDE, octobre 2011.

Par défaut

La voie de l’épée:Louvois : enquête sur un désastre par Philippe Reltien pour France Culture (le gestionnaire de ce site n’écoute jamais « France Cul » )

 

 

 

Par défaut

OnePeterFive:If You’ve Been Following the Saga of the Franciscans of the Immaculate… Cardinal Zen Speaks Out About the China-Vatican Compromise & His Meeting With the Pope-François veut détruire un autre Cardinal

Updates from

OnePeterFive

Rebuilding Catholic Culture. Restoring Catholic Tradition.

In the 01/29/2018 edition:

If You’ve Been Following the Saga of the Franciscans of the Immaculate…

By Steve Skojec on Jan 29, 2018 12:27 pm

…There’s a post up at Rorate Caeli today from FFI Father Paolo M. Siano (who has written for 1P5 here), originally published at Corrispondenza Romana and now translated into English. The piece marks the sixth anniversary of a meeting between the (then) General […]

The post If You’ve Been Following the Saga of the Franciscans of the Immaculate… appeared first on OnePeterFive.
Read More »

share on Twitter Like If You’ve Been Following the Saga of the Franciscans of the Immaculate… on Facebook

Cardinal Zen Speaks Out About the China-Vatican Compromise & His Meeting With the Pope

By OnePeterFive on Jan 29, 2018 11:48 am

Cardinal Joseph Zen sets the record straight about his meeting with the pope and what is happening in China with the Sino-Vatican compromise.

The post Cardinal Zen Speaks Out About the China-Vatican Compromise & His Meeting With the Pope appeared first on OnePeterFive.
Read More »

share on Twitter Like Cardinal Zen Speaks Out About the China-Vatican Compromise & His Meeting With the Pope on Facebook

Recent Articles:

Cardinal Eijk Asks Pope to Clarify Questions About “Remarried” Divorcees
Operation Catechism: The Homo-Heresy Makes the Final Assault
Cardinal Prefect of Congregation for Clergy Promotes Possibility of Married Priesthood
Just When You Thought You’d Heard Every Lame Excuse in the Vatican Book…
Vatican Finally Capitulates to Beijing, Demands Bishops Step

Par défaut

Diakonos.be:Risque de Schisme en Chine. Le cardinal Zen : « Le pape m’a dit… »

Risque de Schisme en Chine. Le cardinal Zen : « Le pape m’a dit… »

La lettre ouverte que nous reproduisons intégralement ci-dessous a été publiée aujourd’hui, lundi 29 janvier, par le cardinal Joseph Zen Ze-Kiun, évêque émérite de Hong Kong sur son blog avant d’être relayée par l’agence Asia News de l’Institut pontifical pour les missions étrangères.

Dans cette lettre, le cardinal révèle l’essentiel du contenu de l’un de ses colloques avec le Pape François auquel il a fait part de ses graves inquiétudes concernant les actions récemment entreprises en Chine par les représentants du Vatican.

Ces démarches ont consisté à demander à deux évêques « souterrains » et reconnus par le Saint-Siège, ceux de Shantou et de Mindong, de laisser leur place à deux évêques nommés par le gouvernement, tous deux illégitimes, le premier étant même publiquement excommunié.

Pour plus de détails sur ces événements :

> Il Vaticano domanda ai vescovi legittimi di farsi da parte per lasciare spazio a quelli illegittimi

Le cardinal Zen révèle à présent que le Pape François lui a répondu avoir donné l’ordre de “ne pas créer un autre cas Mindszenty”, faisant allusion à l’héroïque cardinal primat de Hongrie qui en 1971, fut obligé par les autorités vaticanes de quitter son pays, fut démis de sa charge en 1973 et remplacé en 1975 par un nouveau primat agréé par le régime communiste.

Mais laissons la parole au cardinal.

*

Cher amis des médias,

Depuis qu’Asia News a révélé certains événements récents de l’Eglise en Chine concernant des évêques légitimes auxquels le « Saint-Siège » aurait demandé de démissionner pour laisser leur place à des « évêques » illégitimes et même excommuniés de façon explicite, différentes versions et interprétations des faits créent la confusion entre les gens. Nombre d’entre eux, au courant de mon récent voyage à Rome, m’ont demandé certains éclaircissements.

En octobre dernier, quand Mgr Zhuang a reçu sa première communication du Saint-Siège et a demandé mon aide, j’ai envoyé quelqu’un porter sa lettre au Préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, avec une copie pour le Saint-Père. Je ne sais pas si cette copie incluse est un jour arrivée sur le bureau du Saint-Père.  Heureusement, Mgr Savio Hon Taifai était encore à Rome et a pu rencontrer le Pape pour une visite d’au-revoir.  A cette occasion, il a porté à l a connaissance du Saint-Père les deux cas de Shantou et de Mindong.  Le Saint-Père était surpris et a promis qu’il étudierait la question.

À cause de ce que le Saint-Père avait dit à Mgr Savio Hon, les nouveaux événements qui se sont déroulés en décembres ont été encore plus choquants et surprenants pour moi. Lorsque Mgr Zhuang, âgé et affligé, m’a demandé de transmettre au Saint-Père la réponse au message qu’il avait reçu de la « délégation vaticane » à Pékin, je n’ai pas pu lui dire non.  Mais que pouvais-je faire pour être certain que sa lettre parvienne au Saint-Père alors je n’étais même pas certain que mes propres lettres lui parvenaient ?

Pour m’assurer que notre voix parvienne au Saint-Père, j’ai immédiatement pris la décision de me rendre à Rome. J’ai quitté Hong Kong la nuit du 9 janvier, arrivant à Rome tôt dans la matinée du 10 janvier, juste à temps – enfin à vrai dire un peu en retard – pour participer à l’audience générale du mercredi.  À la fin de l’audience, nous cardinaux et évêques sommes reçus pour le « base-main » et j’ai eu la possibilité de mettre dans les mains du Saint-Père l’enveloppe, lui disant que j’étais venu à Rome dans le seul but de lui apporter la lettre de Mgr Zhuang, en espérant qu’il trouve le temps de la lire (dans l’enveloppe, se trouvait la lettre originale de l’évêque en chinois, ma traduction en italien et une lettre de ma part).

Pour des raisons évidentes, j’espérais que ma présence à l’audience ne soit pas remarquée mais mon arrivée tardive dans la salle avait été remarquée. Dans tous les cas, maintenant tout le monde peut voir cette scène sur le chaîne de télévision vaticane (à propos, l’audience se tenait dans la salle Paul VI et non place Saint-Pierre et j’étais en retard pour entrer dans la salle mais je n’ai pas « attendu dans la file, dans le froid » comme l’ont prétendu certains articles de façon erronée).

À Rome, j’ai rencontré le P. Bernardo Cervellera d’Asia News. Nous nous sommes échangé des informations mais je lui ai dit de ne rien écrire.  Et il était d’accord.  Maintenant que quelqu’un d’autre a diffusé l’information, je peux donner mon accord et je la confirme.  Oui, pour autant que je sache, les choses se sont bien passées comme Asia News les rapporte (l’article d’Asia News « croit » que l’évêque qui dirigeait la délégation vaticane en Chine était Mgr Celli.  Je ne sais pas quel était son rôle officiel mais il est presque certain que c’était bien lui qui était à Pékin).

En ce moment crucial et à cause de la confusion qui règne dans les médias, connaissant directement la situation de Shantou et indirectement celle de Mindong, je me sens le devoir de partager ma connaissance des faits, afin que les personnes sincèrement préoccupées pour le bien de l’Eglise puissent connaître la vérité à laquelle ils ont droit. Je suis parfaitement conscient qu’en agissant de la sorte, j’évoque des choses qui sont techniquement qualifiées de « confidentielles ».  Mais ma conscience me dicte que, dans ce cas, le « droit à la vérité » doit prendre le pas sur tout « devoir de confidentialité ».

Fort de cette conviction, je m’apprête à partager ce qui suit avec vous.

L’après-midi de cette journée, le 10 janvier, j’ai reçu un appel de Sainte-Marthe, dans lequel on me disait que le Saint-Père me recevrait en audience privée le soir du vendredi 12 janvier (même si le bulletin du Vatican mentionne le 14 janvier). C’était le dernier jour de mes 85 années de vie, un grand don du ciel !  (Remarquez également que c’était la veille du départ du Saint-Père pour le Chili et le Pérou et que donc le Saint-Père devait être très occupé).

Ce soir-là, la conversation a duré environ une demi-heure. J’étais assez désordonné dans la façon de m’exprimer mais je pense avoir atteint l’objectif de faire part au Saint-Père des préoccupations de ses enfants fidèles en Chine.

La question la plus importante que j’ai posée au Saint-Père (qui figurait également dans la lettre) était de savoir s’il avait eu le temps « d’étudier la question » (comme il l’avait promis à Mgr Savion Hon). Au risque d’être accusé de briser la confidentialité, j’ai décidé de vous dire ce que Sa Sainteté m’a dit : « Oui, je leur ai dit [à ses collaborateurs du Saint-Siège] de ne pas créer un autre cas Mindszenty » !  J’étais là en présence du Saint-Père, en tant que représentant de mes frères chinois dans la souffrance.  Ses mots devraient être bien compris comme une consolation et un encouragement pour eux plus que pour moi.

Cette référence historique au card. József Mindszenty, l’un des héros de notre foi, a été très significatif et approprié de la part du Saint-Père. (Le card. József Mindszenty était l’archevêque de Budapest, cardinal primat de Hongrie sous la persécution communiste.  Il a beaucoup souffert pendant plusieurs années en prison.  Pendant la brève vie de la révolution de 1956, il fut libéré par les insurgés et, avant que l’Armée rouge ne détruise la révolution, il se réfugia dans l’ambassade américaine.  Sous la pression du gouvernement, le Saint-Siège lui ordonna de quitter le pays et nomma un successeur agréé par le gouvernement communiste).

J’espère, par cette révélation, avoir satisfait le légitime « droit de savoir » des médias et de mes frères en Chine. Le plus important pour nous est de prier pour le Saint-Père en chantant le très à propos hymne traditionnel « Oremus » : « Oremus pro Pontifice nostro Francisco, Dominus conservet eum et vivificet eum et beatum faciat eum in terra et non tradat eum in animam inimicorum eius ».

Quelques précisions supplémentaires sont peut-être nécessaires :

  1. Je fais remarquer que le problème n’est pas la démission des évêques légitimes mais la demande de laisser leur place aux évêques illégitimes et excommuniés. Même si la loi sur la démission pour avoir atteint la limite d’âge n’a jamais été appliquée en Chine, de nombreux évêques souterrains âgés ont demandé avec insistance qu’on leur nomme un successeur sans jamais recevoir aucune réponse du Saint-Siège. D’autres, qui ont déjà un successeur désigné, et peut-être même la bulle signée par le Saint-Père, ont reçu l’ordre de ne pas procéder à l’ordination par peur d’offenser le gouvernement.
  2. J’ai surtout parlé des deux cas de Shantou et de Mindong. Je n’ai pas d’autres informations, mis à part la copie d’une lettre écrite par une dame catholique exceptionnelle, un professeur à la retraite, très impliquée dans les affaires de l’Eglise en Chine, dans laquelle elle met en garde Mgr Celli de ne pas faire pression pour légitimer l’ « évêque » Lei Shiying au Sichuan.
  3. Je reconnais être pessimiste à propos de la situation actuelle de l’Eglise en Chine mais mon pessimisme est basé sur ma longue et directe expérience de l’Eglise en Chine. De 1989 à 1996, j’ai passé six mois par an à enseigner dans les différents séminaires de la communauté catholique officielle. Et j’ai fait directement l’expérience de l’esclavage et de l’humiliation à laquelle nos frères évêques sont soumis. Sur base des informations récentes, il n’y a aucune raison de changer cette vision pessimiste.  Le gouvernement communiste est en train de promulguer de nouvelles lois de plus en plus dures qui limitent la liberté religieuse.  Ils sont actuellement en train de mettre en œuvre des lois qui n’existaient jusqu’à présent que sur papier (depuis le 1 février 2018, le rassemblement d’une communauté souterraine pour la messe ne sera plus toléré).
  4. Certains prétendent que tous les efforts pour parvenir à un accord [entre la Chine et le Saint-Siège] visent à éviter un schisme ecclésial. C’est ridicule ! Le schisme est déjà là, dans l’Eglise indépendante. Les papes ont évité d’employer le mot « schisme » parce qu’ils savaient que de nombreux membres de la communauté catholique officielle étaient là non par leur propre volonté mais contraints par des pressions très fortes.  L’ « unification » proposée forcera donc tout le monde [à entrer] dans cette communauté.  Le Vatican donnerait donc sa bénédiction à une nouvelle Eglise schismatique encore plus forte, tout en lavant la mauvaise conscience des renégats qui l’avaient volontairement rejointe et de tous ceux qui sont prêts à les suivre.
  5. N’est-il pas bon de chercher à trouver un terrain d’entente pour refermer la division entre le Vatican et la Chine qui dure depuis des décennies ? Mais est-il possible d’avoir quelque chose « en commun » avec un régime totalitaire ? Soit tu te rends, soit tu acceptes la persécution mais tu restes fidèle à toi-même. Pourrait-on imaginer un accord entre Saint Joseph et le Roi Hérode ?
  6. Est-ce que je pense que le Vatican est en train de vendre l’Eglise catholique en Chine ? Oui, tout à fait, si ils persistent dans la direction qui est évidente dans tout ce qu’ils ont fait ces derniers mois et au cours des dernières années.
  7. Certains experts de l’Eglise catholique en Chine disent qu’il n’est pas logique de supposer une politique religieuse plus contraignante de la part de Xin Jinping. Dans tous les cas, ici il n’est pas question de logique mais de la dure et cruelle réalité.
  8. Suis-je moi-même le plus grand obstacle au processus d’accord entre le Vatican et la Chine ? Si cet accord est mauvais, je suis plus que ravi d’être un obstacle.

Hong Kong, le 29 janvier 2018
*

POST SCRIPTUM – Le 30 janvier, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Greg Burke, a diffusé la déclaration suivante:

« En référence à l’information diffusée concernant une présumée divergence de pensée et d’action entre le Saint-Père et ses Collaborateurs au sein de la Curie Romaine par rapport à la question chinoise, je suis en mesure de déclarer ce qui suit:

« Le Pape est en rapport constant avec ses collaborateurs, en particulier ceux de la Secrétairerie d’Etat, sur les questions chinoises et est informé par eux de façon fidèle et circonstanciée sur la situation de l’Eglise catholique en Chine et sur les avancées du dialogue en cours entre le Saint-Siège et la République Populaire de Chine qu’il accompagne avec une sollicitude toute particulière.  C’est avec surprise et regret que le contraire soit affirmé par des personnes d’Eglise, aiimentant ainsi la confusion et la polémique ».

 

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

Par défaut

Cardinal Zen (Chine ):Dear Friends in the Media

Dear Friends in the Media

Monday, 29 January, 2018

Dear Friends in the Media,

Since AsiaNews has revealed some recent facts in the Church in mainland China, of legitimate bishops being asked by the “Holy See” to resign and make place for illegitimate, even explicitly excommunicated, “bishops”, many different versions of the facts and interpretations are creating confusion among the people. Many, knowing of my recent trip to Rome, are asking me for some clarification.

Back in October, when Bishop Zhuang received the first communication from the Holy See and asked me for help, I send someone to bring his letter to the Prefect of the Congregation for the Evangelization of Peoples, with, enclosed, a copy for the Holy Father. I don’t know if that enclosed copy reached the desk of the Holy Father. Fortunately, Archbishop Savio Hon Tai Fai was still in Rome and could meet the Pope in a fare-well visit. In that occasion, he brought the two cases of Shantou and Mindong to the knowledge of the Holy Father. The Holy Father was surprised and promised to look into the matter.

Given the words of the Holy Father to Archbishop Savio Hon, the new facts in December were all the more a shocking surprise to me. When the old distressed Bishop Zhuang asked me to bring to the Holy Father his answer to the message conveyed to him by the “Vatican Delegation” in Beijing, I simply could not say “No”. But what could I do to make sure that his letter reach the Holy Father, while not even I can be sure that my own many letters did reach him.

To make sure that our voice reached the Holy Father, I took the sudden decision of going to Rome. I left Hong Kong the night of 9th January, arriving in Rome the early morning of 10th January, just in time (actually, a bit late) to join the Wednesday Public Audience. At the end of the audience, we Cardinals and Bishops are admitted to the “bacia mano” and I had the chance to put into the hands of the Holy Father the envelop, saying that I was coming to Rome for the only purpose of bringing to him a letter of Bishop Zhuang, hoping he can find time to read it (in the envelop there was the original letter of the Bishop in Chinese with my translation into Italian and a letter of mine).

For obvious reasons, I hoped my appearance at the audience would not be too much noticed, but my late arrival in the hall made it particularly noticeable. Anyway, now everybody can see the whole proceeding from the Vatican TV (by the way, the audience was held in Paul VI Hall, not in St. Peter’s Square and I was a little late to the audience, but did not have to “wait in a queue, in a cold weather”, as some media erroneously reported).

When in Rome, I met Fr. Bernard Cervellera of AsiaNews. We exchanged our information, but I told him not to write anything. He complied. Now that someone else broke the news, I can agree to confirm it. Yes, as far as I know, things happened just as they are related in AsiaNews (the AsiaNews report “believes” that the Bishop leading the Vatican Delegation was Msgr. Celli. I do not know in what official capacity he was there, but it is most likely that he was the one there in Beijing).

In this crucial moment and given the confusion in the media, I, knowing directly the situation of Shantou and indirectly that of Mindong, feel duty-bound to share my knowledge of the facts, so that the people sincerely concerned with the good of the Church may know the truth to which they are entitled. I am well aware that in doing so I may talk about things which, technically, are qualified as “confidential”. But my conscience tells me that in this case the “right to truth” should override any such “duty of confidentiality”.

With such conviction, I am going to share with you also the following:

In the afternoon of that day, 10th January, I received a phone-call from Santa Marta telling me that the Holy Father would receive me in private audience in the evening of Friday 12th January (though the report appeared only on 14th January in the Holy See bulletin). That was the last day of my 85 years of life, what a gift from Heaven! (Note that it was the vigil of the Holy Father’s departure for Chile and Peru, so the Holy Father must have been very busy).

On that evening the conversation lasted about half an hour. I was rather disorderly in my talking, but I think I succeeded to convey to the Holy Father the worries of his faithful children in China.

The most important question I put to the Holy Father (which was also in the letter) was whether he had had time “to look into the matter” (as he promised Archbishop Savio Hon). In spite of the danger of being accused of breach of confidentiality, I decide to tell you what His Holiness said: “Yes, I told them (his collaborators in the Holy See) not to create another Mindszenty case”! I was there in the presence of the Holy Father representing my suffering brothers in China. His words should be rightly understood as of consolation and encouragement more for them than for me.

I think it was most meaningful and appropriate for the Holy Father to make this historical reference to Card. Josef Mindszenty, one of the heroes of our faith. (Card. Josef Mindszenty was the Archbishop of Budapest, Cardinal Primate of Hungary under Communist persecution. He suffered much in several years in prison. During the short-lived revolution of 1956, he was freed from prison by the insurgents and, before the Red Army crashed the revolution, took refuge in the American Embassy. Under the pressure of the Government he was ordered by the Holy See to leave his country and immediately a successor was named to the likings of the Communist Government).

With this revelation, I hope I have satisfied the legitimate “right to know” of the media and of my brothers in China.

The important thing for us now is to pray for the Holy Father, very fittingly by singing the traditional song “Oremus”:

Oremus pro Pontifice nostro Francisco, Dominus conservet eum et vivificet eum et beatum faciat eum in terra et non tradat eum in animam inimicorum eius.

————————————-

Some explanations may still be in order.

1. Please, notice that the problem is not the resignation of the legitimate Bishops, but the request to make place for the illegitimate and even excommunicated ones. Many old underground Bishops, though the retirement age law has never been enforced in China, have insistently asked for a successor, but have never received any answer from the Holy See. Some others, who have a successor already named, may be even already in possession of the Bulla signed by the Holy Father, were ordered not to proceed with the ordination for fear of offending the Government.

2. I have talked mainly of the two cases of Shantou and Mindong. I do not have any other information except the copy of a letter written by an outstanding Catholic lady, a retired University professor well-acquainted with affairs of the Church in China, in which she warns Msgr. Celli against pushing for the legitimization of “bishop” Lei Shi Ying in Sichuan.

3. I acknowledge myself as a pessimist regarding the present situation of the Church in China, but my pessimism has a foundation in my long direct experience of the Church in China. From 1989 to 1996 I used to spend six months a year teaching in the various Seminaries of the official Catholic community. I had direct experience of the slavery and humiliation to which those our brother Bishops are subjected.

And from the recent information, there is no reason to change that pessimistic view. The Communist Government is making new harsher regulations limiting religious freedom. They are now strictly enforcing regulations which up to now were practically only on paper (from the 1st of February 2018 attendance to Mass in the underground will no longer be tolerated).

4. Some say that all the efforts to reach an agreement is to avoid the ecclesial schism. How ridiculous! The schism is there, in the Independent Church! The Popes avoided using the word “schism” because they knew that many in the official Catholic community were there not by their own free will, but under heavy pressure. The proposed “unification” would force everybody into that community. The Vatican would be giving the blessing on the new strengthened schismatic Church, taking away the bad conscience from all those who are already willing renegades and those others who would readily join them.

5. Is it not good to try to find mutual ground to bridge the decades-long divide between the Vatican and China? But can there be anything really “mutual” with a totalitarian regime? Either you surrender or you accept persecution, but remaining faithful to yourself (can you imagine an agreement between St. Joseph and King Herod?)

6. So, do I think that the Vatican is selling out the Catholic Church in China? Yes, definitely, if they go in the direction which is obvious from all what they are doing in recent years and months.

7. Some expert on the Catholic Church in China is saying that it is not logical to suppose a harsher religious policy from Xi Jinping. However, we are not talking about logical thinking, but the obvious and crude reality.

8. Am I the major obstacle in the process of reaching a deal between the Vatican and China? If that is a bad deal, I would be more than happy to be the obstacle.

Par défaut