Vers où va-t-on ?:Prévision 2017 : Afrique

 

 

 

 

Vers où va-t-on ?

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Vers où va-t-on ?


Prévision 2017 : Afrique

Posted: 05 Jun 2017 08:54 AM PDT

Article original de Andrew Korybko, publié le 11 Janvier 2017 sur le site katehon.com
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

La République démocratique du Congo (ci-après dénommée simplement le Congo) pourrait à nouveau jouer le rôle de catalyseur d’un conflit régional plus large et d’une autre « guerre mondiale africaine », tandis que les États arabes d’Afrique du Nord ont la possibilité de s’engager plus avant vers l’émergence de l’Ordre mondial multipolaire en Afrique et en Eurasie.

L’effondrement du Congo

La RDC est au bord d’une autre période de guerre civile, cette fois provoquée par le report des élections nationales par le Président Kabila et son refus de démissionner pendant l’intervalle. L’auteur a exactement prévu ce scénario il y a plus de 6 mois, dans un article pour le site The Duran intitulé La Chine contre les États-Unis : la lutte pour l’Afrique centrale et le Congo, dans lequel j’explique que la vraie raison derrière cette tourmente tourne autour de la prise de contrôle de l’un des plus grands pays d’Afrique. Plutôt que de n’être que ce que les médias traditionnels tentent de projeter, une autre crise africaine stéréotypée avec un « dictateur refusant d’abandonner le pouvoir », la vérité est que le conflit émergent est en réalité une lutte par procuration entre les États-Unis et la Chine, pour le contrôle du plus grand dépôt de coltan et de cobalt au monde – des minerais irremplaçables, mais nécessaires à l’électronique moderne et aux dispositifs de communication. Comme le prouve l’article mentionné, le pays ayant le plus grand accès à ces réserves va acquérir un avantage stratégique dans l’économie mondiale future. C’est pourquoi les États-Unis envisagent le recours de la guerre hybride pour déloger de manière destructrice la Chine et ses sociétés affiliées de cette industrie, afin qu’elles puissent être remplacées par des entreprises occidentales.

La ceinture du Chaos

Si une guerre hybride naissante se déclenche au Congo, elle affectera bien plus que les habitants de ce pays. La RDC est située au cœur du continent africain et a déjà servi par deux fois dans le passé à déclencher des crises régionales plus importantes. La Première et la Seconde Guerre du Congo se sont développées pour impliquer une multitude d’États africains, la seconde gagnant même le nom de « guerre mondiale d’Afrique », en raison de la portée géographique étendue de ses participants. Ignominieusement, elle a également le titre de guerre la plus sanglante depuis la Seconde Guerre mondiale, et environ cinq millions de personnes y sont mortes, directement ou indirectement, depuis son éclatement à la fin des années 1990. Compte tenu du fait que la transformation du Congo en un trou noir mortel de chaos régional et continental est déjà bien documenté, il y a des possibilités inquiétantes que le pays puisse à nouveau jouer cet affreux rôle s’il est de nouveau bouleversé par les prévisions susmentionnées.

En parlant de cela, l’article de l’auteur dans The Duran énonce également les prévisions de scénarios les plus probables pour ce qui peut, de manière prévisible, se produire dans le cas où le Congo glisserait de nouveau dans le chaos. Toutes les prédictions reviennent, d’une manière ou d’une autre, au dénominateur commun d’un conflit régional, vu que les frontières du pays sont déjà extraordinairement poreuses et qu’une myriade de groupes armés traversent son territoire périphérique au nord-est. Comme c’est expliqué et cité dans l’article, des groupes « rebelles » sud-soudanais, ougandais et rwandais (qualifiés de terroristes par certains acteurs) se baladent en toute impunité dans ce coin peu géré du pays, et rien n’empêche non plus les milices de la République centrafricaine de traverser la frontière du Nord du Congo. L’auteur a accordé plus d’attention à ces scénarios dans le texte d’une conférence sur les Menaces du terrorisme en Afrique : Aspects internes et externes, accueillie par l’Institut des études africaines à l’Académie des sciences de Russie en novembre 2016. La traduction anglaise devrait être publiée sur Katehon au début de l’année prochaine, mais la version russe est accessible à ce lien.

L’analyse met en évidence la facilité avec laquelle une crise de type Révolution de couleur au Congo pourrait déclencher une guerre régionale plus large, en mettant l’accent sur la manière dont les acteurs non étatiques du nord-est de la RDC ont exploité les faiblesses de Kinshasa et lancé des attaques transfrontalières contre ses voisins. Ces attaques invitent par conséquent les gouvernements concernés à prendre des mesures de rétorsion, et tout cela alimente le cycle d’un conflit qui s’accélère rapidement. Si un seul des trois États limitrophes de cette région – le Soudan du Sud, l’Ouganda et / ou le Rwanda – intervient au Congo pendant ces périodes tumultueuses, cela pourrait encourager les autres à le faire aussi, en attaquant de façon décisive leurs ennemis non étatiques pour sauvegarder préventivement leur propre souveraineté. Ce qui est le plus dangereux, c’est que, comme le montre l’Histoire, les pays intervenant au Congo ne s’arrêtent pas, une fois leurs objectifs immédiats et publiquement présentés atteints, car ils transforment leur mandat unilatéral en une tentative de changement de régime.

Le Soudan du Sud et la République centrafricaine sont beaucoup trop faibles pour le faire, mais l’Ouganda et le Rwanda sont deux pays qui ont déjà fait cela à l’occasion. Si le Congo éclate dans la violence et déclenche une plus grande guerre régionale, il est très probable que le tronçon transocéanique des États africains s’étendant de l’Atlantique à l’océan Indien puisse être impliqué à des degrés divers. Cela transformerait ainsi la région bicostale en une zone chaotique de conflits. Chacun des voisins de la RDC a ses propres faiblesses face à la déstabilisation et, dans le cas de la République du Congo et de l’Angola, ils ont tous deux vécu des conflits sporadiques de type Révolution de couleur, qui pourraient être encouragés par une foule de nouveaux facteurs situationnels (réfugiés, combattants transfrontaliers, etc.) émanant d’un Congo qui s’effondre. La Zambie et la Tanzanie, généralement beaucoup plus stables que les autres voisins de la RDC, pourraient aussi être aspirées par le vortex de la violence.
L’auteur a exploré les spécificités de chacune de ces possibilités dans sa série publiée sur Oriental Review sur les risques de la guerre hybride en Afrique et, bien que la série progressivement publiée ne le soit pas encore dans son intégralité [c’est fait à ce jour sur notre site en français, NdT], les lecteurs intéressés par plus de détails sur le potentiel de conflit interconnecté sur le continent pourront s’y référer avantageusement.

Afrique du Nord : Menace européenne ou opportunité eurasienne ?

La dernière tendance importante à explorer en Afrique est l’avenir géopolitique incertain de son littoral arabe du nord. Cette partie du continent est historiquement et démographiquement distincte du reste de ses parties subsahariennes, et est géographiquement dotée d’un plus grand potentiel pour interagir avec l’Eurasie. Comme on l’a expliqué dans la première section sur l’UE, il y a lieu de croire que la situation dans cette partie de l’Afrique pourrait se détériorer à l’avenir et créer ainsi d’innombrables défis pour l’Europe. En revanche, l’inverse pourrait bien se produire, et l’Algérie, par exemple, pourrait se soumettre à une transition sans heurts, tout comme l’Ouzbékistan, tandis que Daesh en Libye pourrait finalement être vaincu. En outre, l’Égypte pourrait continuer sur la trajectoire de son actuelle inclinaison pro-russe et donc aider à tirer la région dans l’orbite multipolaire eurasienne.

Si cela devait arriver, l’Égypte pourrait devenir le complément intéressant de son rival éthiopien de la Corne de l’Afrique, en étant une contrepartie multipolaire russo-amicale de l’ancienne civilisation sino-amicale au sud. L’Égypte et l’Éthiopie ne devraient pas pouvoir lisser leurs différends au sujet du barrage de la Renaissance de la Grande Éthiopie (peu importe que des déclarations publiques prétendant le contraire soient émises de temps à autre pour des raisons diplomatiques), mais leur concurrence au sujet des droits sur l’eau et des questions de leadership plus larges pourrait être stabilisée grâce à la participation discrète de la Russie et à l’influence médiatique de la Chine sur leurs principaux partenaires africains respectifs. Si Moscou et Pékin peuvent aider à maintenir la paix entre ces deux États multipolaires et que ni l’un ni l’autre ne capitule devant les Guerres hybrides des États-Unis contre eux, le « Plan afro-eurasien d’un Ordre mondial multipolaire » pourrait être considérablement renforcé et élargi par l’incorporation des États d’Afrique de l’Est et du Nord les plus importants, les plus puissants et les plus efficaces du point de vue géographique.

Bien sûr, ce scénario optimiste repose largement sur la situation dans chacun de ces États régionaux servant d’ancrages à leurs voisins, car la poursuite de la guerre civile en Libye et la propagation de Daesh pourraient avoir un effet négatif pour les perspectives futures de l’Égypte, comme l’intensification des insurrections terroristes des Frères musulmans soutenues par le Qatar contre le Caire. De même, les troubles en Éthiopie parmi les communautés Oromo et Amhara contre le gouvernement central pourraient resurgir pour être une force majeure de déstabilisation, après la fin de l’état d’urgence de six mois. Il ne fait aucun doute également que les États-Unis continueront à travailler avec la diaspora hyper-nationaliste, pour favoriser un conflit visant à endommager collatéralement l’ultra cruciale Route de la Soie chinoise à travers le pays. Plus loin encore, il y a bien sûr l’incertitude de la sortie imminente du président algérien Bouteflika de la scène politique en Algérie, tout comme il y a le risque réel qu’une deuxième guerre civile n’éclate au Sud-Soudan et déborde sur la frontière pour encourager un processus similaire en Éthiopie.

Cela dit, si la Russie et la Chine parviennent à transformer l’Égypte et l’Éthiopie en leurs ancres continentales respectives, à maintenir la paix froide entre les deux rivaux et à aider leurs partenaires à contrer les menaces de guerre hybrides régionales contre eux, il est fort probable que ces deux États pourraient devenir les pivots de la multi-polarité en Afrique et compléter ainsi l’ordre mondial émergent que Moscou et Pékin construisent ensemble dans tout l’hémisphère oriental.

Andrew Korybko est un commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides: l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

La réalisation de la Grande Albanie commence en juin

Posted: 05 Jun 2017 08:49 AM PDT

Article original de Anatoly Karlin, publié le 16 Mai 2017 sur le site inserbia.info
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Le portail Internet russe renommé Izvestia.ru avertit qu’après les élections anticipées du 11 juin, les nationalistes extrêmes rejoindront les autorités de Pristina et commenceront le processus de création d’une « Grande Albanie », et que le criminel de guerre Ramush Haradinaj obtiendra l’une des fonctions les plus importantes dans le nouveau gouvernement.



Le portail russe souligne que les sondages préélectoraux ont prédit une victoire du mouvement nationaliste extrême « auto-détermination », qui s’engage ouvertement à organiser un référendum sur l’unification du Kosovo et de l’Albanie.

Comme les analystes le prédisent, selon Izvestia, Ramush Haradinaj, criminel de guerre et chef de l’Alliance pour l’avenir du Kosovo, peut jouer un rôle important dans le nouveau gouvernement.

Izvestia a déclaré que la menace d’une « Grande Albanie » était l’un des principaux sujets de discussions entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue serbe Aleksandar Vucic le 15 mai à Pékin.

Le portail russe explique que le parti « auto-détermination » est l’un des favoris pour gagner les premières élections au Kosovo, notant que le programme politique du parti contient un appel direct à l’unification du Kosovo avec l’Albanie et un référendum sur la question.

« Si les prévisions électorales sont correctes, notre parti gagnera les élections et nous déciderons de qui sera le nouveau Premier ministre. Notre principal candidat est l’ancien président du mouvement Albin Kurti », a déclaré le chef du service de presse du mouvement « auto-détermination ».

Les experts croient, écrit Izvestia, qu’après les élections, le gouvernement à Pristina sera formé par un nationaliste radical dont la politique de création d’une « Grande Albanie » est soutenue par l’Occident, qui vise à affaiblir la position des pays de la région qui veulent mener une politique étrangère indépendante. Cela se réfère principalement à la Serbie, qui refuse de rejoindre l’OTAN et qui coopère étroitement avec la Russie dans les domaines politique, économique et militaire.

Le portail russe affirme que l’un des candidats au nouveau gouvernement du Kosovo est Ramush Haradinaj, que le tribunal de la ville française de Colmar a relâché en avril de cette année, rejetant la demande d’extradition en Serbie pour des crimes de guerre contre des Serbes au Kosovo et en Metohija.

« La chute du gouvernement d’Isa Mustafa ne peut être expliquée que d’une seule manière, par la pression américaine sur les Albanais du Kosovo pour accélérer la mise en œuvre de la ‘Grande Albanie’. Le retour éventuel du criminel de guerre Ramush Haradinaj en politique signifie des plans agressifs des Albanais du Kosovo en relation avec la Serbie et la Macédoine », a déclaré dans un entretien avec le directeur du Centre balkanique pour la coopération internationale des Izvestia, Viktor Kolbanovski.

L’analyste politique serbe et le chef de la diaspora serbe dans la région, Dragan Stanojevic voit également un lien entre la libération de Ramush Haradinaj et les élections anticipées au Kosovo.

« Haradinaj est un criminel de guerre, ainsi que l’avocat bien connu de l’idée d’une ‘Grande Albanie’. Placer ces personnes à des postes de direction dans le gouvernement du Kosovo est l’annonce du début d’un conflit. Après tout, le chef de la communauté albanaise dans la vallée de Presevo a déjà annoncé que ces zones fusionneront avec les autorités au Kosovo », a déclaré Stanojevic.
Il est important de noter, écrit le portail russe, que la crise politique au Kosovo suit le renforcement général des sentiments nationalistes de la population albanaise.

Dans une interview avec le chercheur des Izvestia de l’Institut d’études slovènes, Piotr Iskenderov souligne qu’au début de janvier, des dirigeants de partis albanais se sont rassemblés à Tirana venant de tous les Balkans et ont adopté la « plateforme de Tirana » qui traite des droits des Albanais en Macédoine et dans d’autres pays des Balkans.

Izvestia conclut que le projet de « Grande Albanie » conduira à la croissance du sentiment nationaliste dans les Balkans, qui sera le début d’une « nouvelle crise yougoslave » :

« L’Occident appuie Tirana, Pristina et la minorité albanaise dans la région, ce qui pourrait entraîner le début d’une nouvelle confrontation qui pourrait devenir un conflit armé. »

 

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