« La révolution selon Macron !! » L’édito de Charles SANNAT-et varia

« La révolution selon Macron !! » L’édito de Charles SANNAT-et varia

« La révolution selon Macron !! » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents, Le destin est parfois cruel. Le livre programmatique de Macron était intitulé tout simplement « Révolution ». Programmatique, mais aussi presque prophétique. Comme me le faisait si justement remarquer ma femme devant la TSF lors de la journée de samedi, « tu sais mon chéri, il y a quand même un truc qu’on ne pourra pas enlever à Macron, c’est sa capacité à organiser les plus belles festivités commémoratives de mai 68… » Bon, c’était son momen…

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Et si on annulait le prélèvement à la source ? Ce n’est vraiment pas le moment !

Dans cette situation très tendue, et où les annonces du chef de l’État sont plus qu’attendues par les gilets jaunes et autres sans-dents que nous sommes, il est un autre sujet que tout le monde évacue, mais qui constitue une bombe à retardement. C’est le prélèvement à la source et le big bang fiscal qu’il représente et l’usine à gaz qu’il nécessite. Le problème des 13e mois… Par exemple, comment il doit être géré par les entreprises. Actuellement, certaines grosses sociétés tentent de re…

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Retour sur le CICE… Moins de taxes sur l’essence = moins d’aides pour les entreprises !

Comme nous l’apprend cet article du Figaro, « au-delà du pouvoir d’achat, le ton monte entre le gouvernement et le patronat concernant les moyens de récupérer les 4 milliards d’euros qui n’entreront pas dans le budget en raison de la suppression des taxes sur les carburants. Selon Les Échos, l’exécutif entend les récupérer dans les poches des entreprises. Plusieurs options seraient sur la table. Parmi elles, la possibilité de faire une pause l’an prochain dans la trajectoire de …

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Gilets jaunes… C’est la faute à la Russie, et à cause de Poutine !

Inutile d’essayer d’analyser avec froideur et lucidité le phénomène des gilets jaunes et le besoin viscéral du peuple français de se sentir libre dans un pays devenu étouffant et de choisir son destin, ce qui porte le nom « d’autodétermination ». Non, la crise des gilets jaunes, c’est la faute à Poutine comme nous l’apprend cet article du JDD. « Selon le Times et Bloomberg, la Russie se trouve derrière des centaines de faux comptes qui cherchent à amplifier la contestation d…

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Alerte baissière sur les marchés. Croix de la mort… qui tue !

En plus, notre pauvre Macron risque de se prendre un krach financier dans les gencives, ce qui ne va pas arranger ses affaires. Comme disait Jacques Chirac, « les emmerdes, ça vole en escadrille »…
C’est quoi une « croix de la mort » (qui tue les hausses) ?
C’est un indicateur graphique et technique très suivi. Lorsque sur les graphiques de Bourse, la moyenne à 50 jours a croisé dans sa chute la moyenne de long term…

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erlande Non classé Laisser un commentaire 10 décembre 2018 2 MinutesModifier « « La révolution selon Macron !! » L’édito de Charles SANNAT-et varia »
GLOBAL RESEARCH NEWSLETTER:A People’s History of George H. W. Bush. “Soldier Statesman” or Criminal War Profiteer? By Michael Welch

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A People’s History of George H. W. Bush. “Soldier Statesman” or Criminal War Profiteer?
By Michael Welch, Prof Michel Chossudovsky, Stephen Lendman, and John Buchanan

Mainstream retrospectives of the man have been flattering and laudatory of his record in power. The major US news outlets generally presented the invasions of Panama and Iraq in a positive light, completely glossing over, if not completely ignoring, the massive civilian casualties and the war crimes perpetrated by U.S. and coalition forces in the process. Read more…

“Terrorism Made in America”: US Sponsored ISIS-Daesh “Pockets” Inside Iraq After More than Three Years of Fighting and US Bombings
By Haidar Mansour Hadi Al-Athari and Edu Montesanti

After four years of ISIS-Daesh terrorism sponsored by Obama, the ISIS which acted as a proxy terrorist organization on behalf of Washington has finally been defeated. Read more…

Canada Arrests Meng Wanzhou, CFO of HuaWei, China’s Global Cell Phone Competitor
By Christopher Black

It is clear the US is pushing the battle line to our door … We can completely regard the US arrest of Meng Wanzhou as a declaration of war against China. Read more…

University of Sydney Professor Tim Anderson Suspended for “Criticism of War Propaganda against Syria, Iraq and Palestine”
By Prof. Tim Anderson and Jordan Baker

By Friday afternoon 30 academics, including several emeritus professors, had signed the open letter arguing that academic freedom was “meaningless if it is suspended when its exercise is deemed offensive.” Read more…

Mainstream Media Assaults on Freedom of Speech. “The Truth” is No Longer “Important”
By Shane Quinn

The New York Times unveiled a new slogan early in 2017 titled, “The truth is more important now than ever.” It has acquired a seemingly noble motto but a perhaps contentious one if we examine the Times’ recent history. Two international law specialists, Howard Friel and Richard Falk, published a book after the 2003 Invasion of Iraq called The Record of the Paper, which has scarcely been reviewed. Read more…

Gene Editing and “Genetically Modified Humans”: China’s “Golem Babies”. There Is Another Agenda
By F. William Engdahl

The shocking news that a team of scientists working in China have managed to gene-edit the DNA of recently-born human twins to allegedly make them genetically immune to a HIV infection is more than bizarre and irresponsible. Read more…

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erlande Non classé Laisser un commentaire 10 décembre 2018 2 MinutesModifier « GLOBAL RESEARCH NEWSLETTER:A People’s History of George H. W. Bush. “Soldier Statesman” or Criminal War Profiteer? By Michael Welch »
Les Crises:Zineb Redouane, octogénaire décédée suite à une blessure par une grenade lacrymogène

Les Crises

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10.décembre.2018 // Les Crises
Zineb Redouane, octogénaire décédée suite à une blessure par une grenade lacrymogène
Gilets jaunes, Marseille
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Il est possible que vous n’ayez même pas entendu le nom de cette octogénaire, décédée à Marseille, semble-t-il des suites d’une blessure par une grenade lacrymogène.

La faible couverture médiatique des exactions d’une poignée de forces de l’ordre est parfois problématique, surtout quand on la compare à celle des exactions d’une poignée de manifestants…

Source : France TV info, AFP, 04-12-2018
Des plots de grenade ont été découverts chez la femme, qui résidait près de la Canebière où ont éclaté les violents incidents samedi.

Une manifestation de “gilets jaunes” à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 1er décembre 2018. (MAXPPP)

Un drame et des questions. Une femme de 80 ans est morte, dimanche 2 décembre, lors d’une opération chirurgicale après avoir été blessée la veille chez elle par des éléments d’une grenade lacrymogène. Le projectile a été tiré pendant des heurts qui ont opposé les forces de l’ordre à des manifestants lors de la mobilisation des “gilets jaunes” à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Quand a eu lieu le drame ?

La journée du samedi 1er décembre a été marquée par plusieurs manifestations dans la cité phocéenne, à l’appel des “gilets jaunes”, de la CGT mais aussi d’un collectif né après la mort de huit personnes dans l’effondrement de deux immeubles le 5 novembre dans le centre-ville. En fin de journée, de violents incidents ont éclaté, sur le Vieux-Port, puis sur la Canebière. Les CRS se sont retrouvés en sous-nombre.

Des grenades ont été tirées “dans tous les sens”, rapportent des témoins, cités par La Provence. “La situation était très tendue, c’était bouillant, on a pris des pavés”, explique également une source policière à Mediapart.
Comment l’octogénaire a été touchée par un lacrymogène ?

Zineb Redouane, née en juillet 1938 et de nationalité algérienne, fermait les volets de son appartement samedi, au quatrième étage d’un immeuble de la rue des Feuillants, dans le 1er arrondissement de Marseille, proche de la Canebière, lorsqu’un projectile l’a heurtée au visage.

La victime, une femme “à la santé fragile”, était “en train de fermer ses volets pour éviter les fumées de bombes lacrymogènes et en a reçu une en pleine face”, a assuré à l’AFP Salim Moussa, avocat d’une amie de la victime qui habite l’immeuble en face.

“Samedi vers 17h30, entendant le brouhaha dans la rue, ma mère en refermant les volets de sa fenêtre pour éviter les fumées a croisé le regard d’un CRS positionné en face de son immeuble. Celui-ci l’a immédiatement mise en joue et a tiré une grenade avec son fusil, il l’a atteinte en plein visage. Ses voisins l’ont immédiatement évacuée à l’hôpital”, raconte pour sa part son fils Sami Redouane au site algérien Maghreb Emergent.

Ce témoignage va dans le même sens que ceux des voisins de la victime. “Quand je suis arrivée, témoigne Nadja à Libération, elle sortait de la salle de bains une serviette en sang sur la mâchoire. Elle criait : ‘Ils m’ont visée, ils m’ont visée !’ L’appartement était rempli d’une fumée noire. Elle m’a racontée que deux policiers en tenue se trouvaient sur le trottoir d’en face de la Canebière et lui ont tiré dessus.”

Interrogée par Mediapart (article payant), une source policière marseillaise est pour sa part sceptique sur l’origine du projectile. Il indique ainsi que les lance-grenades sont conçus avec un coude pour éviter les tirs tendus et ne peuvent tirer qu’en parabole. “Normalement ça sert à défendre contre des assaillants, pas à tirer sur un immeuble et comme ça part en parabole, ça semble compliqué d’atteindre un quatrième étage”, développe cette source.
Où en est l’enquête ?

Transportée à l’hôpital, l’octogénaire y a été opérée mais est morte “d’un choc opératoire”, a déclaré le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux. Elle a été victime d‘”un arrêt cardiaque sur la table d’opération”, a-t-il précisé.

L’autopsie a révélé que le “choc facial n’était pas la cause du décès”. Des plots de grenade ont pourtant été retrouvés chez la victime. “Plus précisément, il s’agit de deux capsules actives de 10 grammes de gaz projetés par les grenades MP7, développe La Provence. Une fois lancée, chacune libère sept palets qui dégagent un épais nuage gazeux.” Une enquête de l’IGPN a été ouverte.

Source : France TV info, AFP, 04-12-2018
GILETS JAUNES: «L’ALGÉRIENNE TUÉE À MARSEILLE A ÉTÉ DIRECTEMENT VISÉE PAR LES POLICIERS»

Source : Maghreb Emergent, Lynda Abbou, 03-12-2018

Contacté par Maghreb Émergent, Sami Redouane, le fils de l’octogénaire algérienne Zineb Zerari épouse Redouane, décédée hier à Marseille, en France, suite à une blessure lors des émeutes des « gilets jaunes » samedi, a déclaré que deux policiers ont délibérément tiré une grenade lacrymogène sur sa mère.

« Samedi vers 17h30, entendant le brouhaha dans la rue, ma mère en refermant les volets de sa fenêtre pour éviter les fumées, a croisé le regard d’un CRS positionné en face de son immeuble. Celui-ci l’a immédiatement mise en joue et a tiré une grenade avec son fusil, il l’a atteinte en plein visage. Ses voisins l’ont immédiatement évacuée à l’hôpital », raconte Sami Redouane.

Le fils qui vit à Alger et qui n’a pas le visa a pu avoir un très court échange avec sa mère au téléphone avant son agonie. Il a aussi échangé avec le docteur qui avait pris en charge sa mère et qui l’avait pourtant rassuré.

« Le médecin chirurgien m’a dit que ma mère souffrait d’une fracture au niveau de la mâchoire supérieure et qu’il lui fallait une intervention chirurgicale bénigne qui ne nécessitait pas plus d’une heure de temps », explique notre interlocuteur.

Malheureusement, Mme Zineb Zerari, agée de 80 ans n’a pu tenir le coup après trois heures au bloc opératoire. Elle rendra l’âme vers 17H hier dimanche, soit 24H après son admission à l’hôpital, nous a expliqué, effondré, son fils.

Il a ajouté que le procureur de la République à Marseille a ordonné l’ouverture d’une enquête à ce sujet ainsi qu’une autopsie. A leur tour les proches de la victime vivant en France ont constitué un avocat et ont déposé plainte contre les policiers en question. « Nous avons déposé plainte et notre avocat se chargera de poursuivre les fautifs. Nous avons également des témoins qui ont vu la scène », a-t-il signalé.

Il faut noter que Mme Zineb Zerari avait un statut de résidente en France. Elle faisait des allers-retours entre les deux pays pour des soins. Elle s’y était rendue, cette fois-ci, pour un contrôle médical, elle était arrivée à Marseille le 4 septembre dernier.

Source : Maghreb Emergent, Lynda Abbou, 03-12-2018

Marseille : un rassemblement en hommage à Zineb Redouane

Source : La Provence, L.D’A., 07-12-2018

Entre 250 et 300 personnes se sont rassemblées dans le calme, ce soir, à l’entrée de Noailles, pour rendre hommage à Zineb Redouane sous les fenêtres de son logement de la rue des Feuillants (1er).

Cette femme, âgée de 80 ans, est décédée dimanche dernier à la Conception au cours d’une opération chirurgicale après avoir été blessée, la veille, par des éléments d’une grenade lacrymogène tirée par les forces de l’ordre et qui l’ont atteint en pleine face alors qu’elle tentait de fermer les volets de son appartement du quatrième étage. Une enquête a été confiée à la police des polices.

Source : La Provence, L.D’A., 07-12-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]
erlande Non classé Laisser un commentaire 10 décembre 2018 6 MinutesModifier « Les Crises:Zineb Redouane, octogénaire décédée suite à une blessure par une grenade lacrymogène »
Les Crises:Gilets jaunes : apprendre de l’histoire et agir dans le présent, par Eric Toussaint

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10.décembre.2018 // Les Crises
Gilets jaunes : apprendre de l’histoire et agir dans le présent, par Eric Toussaint
Eric Toussaint, Gilets jaunes
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Source : CADTM, Eric Toussaint, 05-12-2018

Wikicommons

Certains estiment que lorsqu’on engage un mouvement contre une taxe (instrument censé être redistributif, en théorie du moins) plutôt que pour l’augmentation des salaires (au sens large, sécurité sociale comprise), on se retrouve dans un mouvement de droite. La réalité est bien différente : bien des mouvements révolutionnaires ont éclaté parce que le poids d’impôts considérés comme injustes était devenu insupportable pour la majorité du peuple.

Le démarrage de la révolution française a été marqué par le rejet de la politique injuste de la monarchie au niveau fiscal. La majorité de la population était soumise à une charge d’impôts énorme et totalement inéquitable puisque la noblesse et le clergé ne payaient pas d’impôts. Pourquoi la monarchie augmentait-elle les impôts ? Pour rembourser la dette publique empruntée aux bourgeois, dette publique qui servait les intérêts du régime sans prendre en compte les besoins de la population.

Un des déclics de la révolution liégeoise de 1789 a été l’impôt sur la bière, qui a constitué la goutte qui a fait débordé le vase. Là aussi, le peuple n’acceptait plus que le clergé et la noblesse soient exemptés du paiement de l’impôt et dénonçait le fait que 25 % du budget de la principauté de Liège allaient au remboursement d’une dette publique illégitime.

La première révolution russe de 1905 a été notamment provoquée par les impôts injustes servant à financer le remboursement de la dette publique qui avait augmenté suite aux guerres dans lesquelles le pouvoir tsariste s’était engagé. Avant son arrestation par la police du Tsar, la direction du mouvement révolutionnaire à la tête des conseils d’ouvriers, de paysan-ne-s et de soldats de la capitale Saint-Pétersbourg avait annoncé qu’il fallait arrêter de rembourser la dette contractée par le pouvoir en place.

L’imposition de la poll-tax décrétée par Margaret Thatcher en 1989 en Grande-Bretagne a provoqué un très grand mouvement populaire de résistance car cette taxe sur les logements frappait injustement le peuple. Cela provoqua des émeutes à différents endroits du pays et entraîna la chute de la Dame de fer.

Le mouvement des gilets jaunes constitue l’expression d’un profond ras-le-bol contre l’injustice flagrante des politiques menées par les gouvernants

En 2018, le mouvement des gilets jaunes qui se développe, entre autres, en France, dans sa colonie de l’île de la Réunion et en Belgique (wallonne et bruxelloise, principalement) constitue l’expression d’un profond ras-le-bol contre l’injustice flagrante des politiques menées par les gouvernants : une grande partie de la population a vu ses revenus diminuer, est victime de la baisse de qualité des services publics et éprouve de plus en plus de difficultés pour faire face au coût de la vie. Une majorité de celles et ceux qui participent à ce mouvement n’est pas organisé-e dans les partis et les syndicats. Les gilets jaunes dénoncent les taxes injustes, les salaires ainsi que les retraites de misère, ils exigent une hausse du salaire minimum et du pouvoir d’achat. Apparaît très souvent la revendication du rétablissement en France de l’impôt sur la fortune ISF.

Les gouvernants expliquent qu’il faut accepter l’augmentation du coût des carburants afin de contribuer à la lutte contre le changement climatique et afin de rembourser la dette [1]. Ce discours ne passe pas, ne convainc pas. Pourquoi ? Parce que la grande majorité des citoyens et des citoyennes se rend parfaitement compte que le gouvernement ne lutte pas efficacement contre le changement climatique : pas de taxe sur le kérosène, pas de taxe sur les bénéfices des multinationales pétrolières, pas d’alternatives à la voiture mais au contraire moins de trains et une augmentation du prix des billets, etc. De plus, pendant que le gouvernement réduit le pouvoir d’achat de ceux et celles d’en bas, il multiplie les cadeaux aux plus riches et aux grandes entreprises.

De plus en plus de citoyens et de citoyennes se rendent compte que les gouvernants mènent une politique totalement injuste et donc illégitime. Ils sortent dans les rues pour exprimer haut et fort leurs exigences.

Comme lors du processus révolutionnaire de 1789, on voit émerger une dynamique d’élaboration collective et spontanée de cahiers de doléances, cela passe par des revendications et des propositions qui fusent via les « réseaux sociaux » et qui font l’objet de discussion entre des gens qui hier ne se connaissaient pas et qui aujourd’hui se retrouvent à faire des piquets pour bloquer ou filtrer la circulation automobile sur les routes et devant les ports, les dépôts industriels, les « tours des finances ». Ils veulent se faire entendre et ils en discutent. Pour beaucoup, c’est la première fois de leur vie qu’ils se mettent à faire de la politique « sur le terrain », à apprendre comment s’auto-organiser, à affronter la répression, à se rendre compte que les grands médias et les gouvernants pratiquent la désinformation.

Certaines manifestations prennent des formes violentes, exactement comme lors des grandes explosions sociales qui marquent l’histoire de l’humanité.

Pas un seul patron voyou de haut vol (!) n’a fait l’objet d’une condamnation à de la prison

En France, la justice complice du pouvoir a décidé de réprimer sévèrement les protestataires. Les peines de prison se multiplient à une vitesse impressionnante. La violence exercée par les gouvernants et l’appareil judiciaire à travers les lourdes peines infligées aux protestataires est sans précédent depuis 60 ans. Il s’agit littéralement d’intimer par la force au mouvement de ne plus manifester de colère face à un pouvoir parfaitement répressif, sourd, injuste et autoritaire. Cette politique rappelle sans le moindre doute la stigmatisation et la répression telle qu’elle était menée au 19e siècle contre des classes stigmatisées comme dangereuses. La justice fait preuve de son caractère de classe. D’un côté, des peines de quatre mois ou six mois de prison ferme sont infligées à des gilets jaunes pour avoir participé activement à des protestations citoyennes où des biens publics ont été abîmés. D’autre part, aucune condamnation des patrons des banques ou de grandes entreprises qui pratiquent systématiquement le vol des biens publics via l’évasion fiscale et la fraude à grande échelle. Pas un seul patron voyou de haut vol (!) n’a fait l’objet d’une condamnation à de la prison alors que les dégâts causés par la crise qu’ils ont provoquée en 2007-2008 ont entraîné un coût s’élevant à des dizaines de milliards d’euros pour la société.

Par ailleurs, maniant la carotte et le bâton, le gouvernement de Macron essaye de désamorcer le mouvement en annonçant le moratoire sur l’augmentation du prix des carburants et sur le durcissement du contrôle technique. Mais il refuse une hausse du salaire minimum et des retraites. Il rejette le rétablissement de l’ISF.

L’austérité budgétaire continuera et empêchera en conséquence d’augmenter réellement les revenus de ceux et celles qui en ont urgemment besoin. Il n’y aura pas non plus d’investissements massifs dans les transports collectifs publics et de baisse du coût de ces transports alors que cela constituerait un excellent moyen de combattre le réchauffement climatique. Il n’y aura pas une augmentation des prélèvements d’impôts sur les grandes entreprises polluantes comme Total. Longue est la liste de ce qu’il faudrait faire et qui ne sera pas accompli par Macron pour apporter une solution aux crises sociale et climatique.

Les impôts et taxes injustes servent à rembourser la dette publique elle-même injuste

Il est important de souligner, dans les discussions au sein du mouvement, que les impôts et taxes injustes servent à rembourser la dette publique elle-même injuste. La dette publique, qui a fortement augmenté ces dernières années, a été accumulée afin de favoriser les intérêts particuliers d’une minorité privilégiée : les grands actionnaires et les patrons des banques qui ont bénéficié des sauvetages bancaires depuis 2007-2008, les plus riches qui ont reçu de manière continue des cadeaux fiscaux, les grandes entreprises qui paient très peu d’impôt… De plus, au lieu de recourir au financement de la dette par le service du Trésor, les gouvernements qui se sont succédé depuis 40 ans placent les titres de la dettepublique auprès des banques privées et des fonds d’investissement privé qui bénéficient du monopole de l’octroi du crédit aux pouvoirs publics. Cette pratique inacceptable est dictée par le traité de Maastricht et entraîne un surcoût pour les pouvoirs publics qui le compensent en augmentant les impôts et les taxes payés par le peuple et dont les plus riches sont en pratique exemptés comme à l’époque de l’Ancien régime.

Une grande partie des nouveaux emprunts de dette publique sert à refinancer le remboursement d’anciennes dettes et cela constitue donc une rente pour les banques privées et les riches qui achètent les titres de la dette. Pour ces différentes raisons, une grande partie de cette dette est illégitime et il faut se battre pour qu’elle soit annulée.

Une grande partie des nouveaux emprunts de dette publique sert à refinancer le remboursement d’anciennes dettes

L’autre face de cette médaille injuste est constituée par le fait qu’une partie très importante de celles et ceux qui rejoignent le mouvement des gilets jaunes sont endetté·e·s auprès des banques car leurs maigres revenus ne suffisent pas à faire face aux dépenses élémentaires qu’il faut supporter pour se loger, s’alimenter, se chauffer, se vêtir, se soigner, se déplacer, permettre aux enfants d’avoir accès à l’enseignement… On le voit clairement dans la situation des personnes qui ont été condamnées ces derniers jours : une partie significative d’entre elles sont surendettées car leurs revenus sont insuffisants pour satisfaire leurs besoins élémentaires. Des mesures doivent être prises pour annuler une partie de la dette des ménages qui font partie de la majorité sociale car ils ont subi de plein fouet une diminution de leurs revenus réels.

Après quatre décennies d’offensive néolibérale, l’exploitation capitaliste d’aujourd’hui a ramené le peuple à une situation qui le rapproche progressivement de la condition des prolétaires du 19esiècle

Finalement, le pouvoir est en train de faire la démonstration pratique de la validité de l’affirmation du manifeste communiste qui affirmait que les prolétaires n’ont à perdre que leurs chaînes. Après quatre décennies d’offensive néolibérale, l’exploitation capitaliste d’aujourd’hui a ramené le peuple à une situation qui le rapproche progressivement de la condition des prolétaires du 19e siècle : précarisation des conditions de travail, diminution des revenus, toute puissance des patrons dans leurs relations contractuelles avec les salariés, insécurité face à la vieillesse, dégradation des conditions de vie en général, stigmatisation des classes dangereuses, répression arbitraire et disproportionnée pour faire des exemples et empêcher les protestations sociales…

Rappelons qu’au début de l’offensive néolibérale, certains pouvaient faire semblant de croire que cela ferait émerger un capitalisme populaire en amenant les salariés à devenir également des actionnaires accumulant des richesses. Aujourd’hui, tout le monde peut se rendre compte qu’une partie très importante de la population vit avec un revenu de misère. Le mythe du capitalisme populaire s’effondre dans un bruit assourdissant.

Il est grand temps de se prononcer pour des solutions radicales.

Une orientation alternative et favorable aux intérêts des peuples doit à la fois porter sur l’austérité, sur la dette publique, sur la monnaie, sur les banques privées, sur la zone euro, sur l’opposition aux politiques autoritaires et sur le lancement de processus constituants. Le bilan de la période 2010-2018 dans la zone euro est clair : il est impossible de sortir de l’austérité sans apporter des réponses à ces questions. Bien sûr, il faut ajouter que l’alternative doit aussi aborder d’autres problèmes, parmi lesquels la crise climatique et écologique, la crise humanitaire liée au renforcement de l’Europe forteresse qui condamne chaque année à une mort certaine, dans la Méditerranée ou ailleurs, des milliers de candidats à l’immigration ou/et à l’asile, sans oublier la crise au Proche Orient. Il s’agit également de lutter contre l’extrême-droite et la montée du racisme. Les gilets jaunes, la gauche radicale, les mouvements syndicaux, sociaux, féministes et écologiques européens doivent jeter des ponts vers les forces qui résistent aux États-Unis après l’élection de Donald Trump, notamment avec l’apparition du mouvement radical de gauche encouragé par la campagne de Bernie Sanders et qui est appelé à se battre en toute première ligne contre Trump et ses projets. Il est aussi vital que les mouvements de gauche radicale du continent développent une collaboration étroite avec la gauche britannique et le corbynisme.

La dette publique peut constituer un instrument de financement d’un vaste programme de transition écologique au lieu de servir à imposer des politiques anti-sociales

La dette publique pourrait constituer un instrument de financement d’un vaste programme de transition écologique, au lieu de servir à imposer des politiques anti-sociales, extractivistes, productivistes, favorisant la compétition entre les peuples. L’endettement public n’est pas mauvais en soi. Les pouvoirs publics peuvent recourir à l’emprunt pour :

financer la fermeture complète des centrales nucléaires ou thermiques ;
remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables respectueuses de l’environnement ;
financer une reconversion de l’agriculture actuelle qui contribue de manière importante au changement climatique et qui est une grosse consommatrice d’intrants chimiques responsables de la baisse de biodiversité. Il s’agit de redonner aux activités agricoles une orientation compatible avec la lutte contre le changement climatique en favorisant notamment les circuits courts et en produisant de la nourriture bio ;
réduire radicalement le transport routier et aérien au profit de transports collectifs par voies ferrées ;
financer un vaste programme de développement d’un habitat de meilleure qualité et consommant beaucoup moins d’énergie.
L’emprunt public est légitime s’il est au service de projets eux-mêmes légitimes et si ceux et celles qui contribuent à l’emprunt le font également de manière légitime.

Un gouvernement populaire n’hésitera pas à obliger les grandes entreprises (nationales ou étrangères) et les ménages les plus riches à contribuer à l’emprunt sans que ceux-ci en retirent avantage, c’est-à-dire à taux zéro et sans compensation pour l’inflation.

Simultanément, une grande partie des ménages des classes populaires qui ont une épargne pourront être convaincus d’accepter de confier volontairement celle-ci aux pouvoirs publics afin de financer les projets légitimes mentionnés plus haut. Ce financement sur base volontaire par les couches populaires serait rémunéré à un taux réel positif, par exemple de 4 %. Cela signifie que si l’inflation annuelle atteignait 3 %, les pouvoirs publics assureraient le paiement d’un intérêt nominal de 7 % afin de garantir un taux réel de 4 %.

Ce mécanisme serait hautement légitime car il financerait des projets utiles pour la société et parce qu’il permettrait de réduire la richesse des plus riches tout en augmentant les revenus des couches populaires et en sécurisant leur épargne.

Il s’agit également d’avancer d’autres propositions concrètes qui devraient être assumées par un gouvernement aussi fidèle au peuple que les gouvernants actuels le sont à l’égard du 1 % le plus riche.

Le premier point est de s’engager, d’une manière claire et déterminée, à désobéir

La première proposition est la nécessité, pour un gouvernement populaire, de désobéir, de manière très claire et annoncée au préalable, à la Commission européenne. Le parti qui prétend, ou la coalition de partis qui prétend gouverner doit s’engager à refuser d’obéir, dès le début, aux exigences d’austérité et refuser les contraintes budgétaires. Il faudra dire : « Nous ne respecterons pas l’obligation décrétée par les traités européens de viser l’équilibre budgétaire parce que nous voulons augmenter les dépenses publiques pour lutter contre les mesures antisociales et d’austérité, et pour entreprendre la transition écologique. Cela implique d’augmenter le déficit budgétaire pendant plusieurs années ». Par conséquent, le premier point est de s’engager, d’une manière claire et déterminée, à désobéir. Après la capitulation grecque, il est essentiel d’abandonner l’illusion d’obtenir de la Commission européenne et des autres gouvernements européens qu’ils respectent la volonté populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au désastre. Nous devons désobéir.

Deuxième point : S’engager à appeler à la mobilisation populaire, tant au niveau de chaque pays qu’au niveau européen.

Troisième point : S’engager à organiser un audit de la dette avec la participation des citoyens et s’engager dans le refus du remboursement des dettes illégitimes. Les situations dans les pays de l’Union européenne sont différentes, de même bien sûr à l’intérieur de la zone euro. Il y a des pays européens où la suspension des remboursements est une mesure de nécessité absolue et prioritaire, comme dans le cas de la Grèce dans le but de répondre avant tout aux besoins sociaux et de garantir les droits humains fondamentaux. C’est aussi un élément clé d’une stratégie d’autodéfense.

Imaginez qu’un gouvernement de gauche en Espagne ou en France dise à la BCE : je suspends immédiatement le remboursement des titres du QE que vous détenez.

Face aux menaces de représailles de la BCE, les peuples des États membres de la zone euro disposent d’une arme puissante d’autodéfense. En effet, la BCE détient de grandes quantités de titres souverains des pays de la zone euro qu’elle a achetés aux banques privées dans le cadre du Quantitative Easing ou politique d’assouplissement monétaire (voir encadré sur le QE). À la date du 30 septembre 2018, elle détenait des titres souverains espagnols pour une valeur de 256 milliards €, 360 milliards € de titres italiens, 414 milliards € de titres français, 36 milliards € de titres portugais [2]. En tout, elle détenait en novembre 2018 pour 2150 milliards € de titres souverains de pays de la zone euro (si on y inclut ce qui lui reste des titres grecs acheté en 2010-2012). Imaginez qu’un gouvernement de gauche en Espagne ou en France dise à la BCE : « si vous cherchez à m’empêcher de mener la politique que je me suis engagé à réaliser auprès du peuple de mon pays, je suspends immédiatement le remboursement des titres que vous détenez ». La suspension s’appliquant tant sur les intérêts que sur le montant dû à l’échéance. Le gouvernement aurait dans ses mains une puissante arme d’autodéfense et de pression qu’il ne faudrait pas hésiter à utiliser. Si en plus cette dette est considérée comme odieuse par le gouvernement et le peuple parce qu’elle a servi à des buts contraires à l’intérêt du plus grand nombre, la répudiation sur la base d’un audit à participation citoyenne constituerait un acte légitime.

Quantitative Easing ou politique d’assouplissement monétaire :

Il s’agit de la politique appliquée par la BCE à partir de 2015 dans la foulée de celle menée par la Réserve fédérale des États-Unis entre 2008 et 2014. La BCE rachète massivement des titres de la dette privée et publique aux banques de la zone euro ainsi qu’à de grandes entreprises. En faisant, cela elle vient en aide aux banques et aux autres grandes entreprises privées en les gavant de liquidités que celles-ci utilisent pour spéculer en agrandissant les risques de nouvelles crises. La relance économique n’est pas au rendez-vous. En principe, la BCE doit mettre fin à ce programme de rachat à partir de la fin 2018 mais en réalité elle a décidé de maintenir constant le stock d’environ 2200 milliards d’euros de titres souverains qu’elle a acheté aux banques privées entre 2015 et fin 2018. Cela signifie que quand des titres souverains arriveront à échéance elle rachètera des titres pour un montant équivalent et elle continuera à injecter des liquidités dans les banques privées. Celles-ci continueront à acheter des titres souverains de France et d’ailleurs. Ensuite la BCE leur rachètera ces titres en poursuivant l’injection de liquidités. De plus, la BCE se servira de ce mécanisme pour faire du chantage à l’égard des gouvernements qui ne mèneraient pas une politique d’austérité et de réformes néolibérales suffisamment dure. En effet au cas où un gouvernement déciderait de rompre avec l’austérité, la BCE pourrait décider de ne pas racheter des titres du pays concerné lorsque les anciens titres viendront à échéance.
La BCE pourrait faire du tort au gouvernement concerné en décidant de remplacer les titres venus à échéance par des titres émis par un gouvernement néo libéral pur et dur. Cela aurait comme conséquence de faire augmenter le coût du financement de la dette du pays indiscipliné. C’est notamment pour cela qu’un gouvernement légitime voulant rompre avec les politiques néo libérales ne devrait pas hésiter, afin d’appliquer une politique d’autodéfense, à suspendre le remboursement des titres détenus par la BCE tout en se lançant dans une politique légitime d’emprunts publics combinée à un audit à participation citoyenne des anciennes dettes léguées par l’ « Ancien Régime » afin de répudier la partie illégitime, odieuse, illégale ou/et insoutenable.

Quatrième mesure. Mettre en place un contrôle des mouvements de capitaux. Et tenir compte de ce que cela signifie. C’est-à-dire aller à l’encontre de l’idée selon laquelle il serait interdit aux citoyens de transférer quelques centaines ou quelques milliers d’euros à l’étranger. Il est évident que les transactions financières internationales seront autorisées jusqu’à un certain montant. Par contre, il s’agit de mettre en place un contrôle strict sur les mouvements de capitaux au-dessus d’un montant prédéterminé.

Placer le secteur financier sous contrôle citoyen et créer un service public bancaire

Cinquième mesure : Socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie. Socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement à développer un pôle bancaire public. Il s’agit de décréter un monopole public sur le secteur financier, à savoir les banques et les sociétés d’assurance. La socialisation consiste à placer le secteur financier sous contrôle citoyen et à créer un service public bancaire. Socialiser le secteur bancaire signifie :

– l’expropriation sans indemnité (ou avec comme seule indemnité l’euro symbolique) des grands actionnaires (les petits actionnaires seront indemnisés) ;
– l’octroi au secteur public du monopole de l’activité bancaire à une exception près : l’existence d’un secteur bancaire coopératif de petite taille (soumis aux mêmes règles fondamentales que le secteur public) ;
– la définition – avec participation citoyenne – d’une charte sur les objectifs à atteindre et sur les missions à poursuivre, qui mette le service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement au service des priorités définies selon un processus de planification démocratique ;
– la transparence des comptes qui doivent être présentés au public de manière compréhensible ;
– la création d’un service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement, doublement structuré, avec d’une part un réseau de petites implantations proches des citoyens, et d’autre part, des organismes spécialisés en charge des activités de gestion de fonds et de financement d’investissements non assurés par les ministères en charge de la santé publique, de l’éducation nationale, de l’énergie, des transports publics, des retraites, de la transition écologique, etc. Les ministères devront être dotés du budget nécessaire aux financements des investissements relevant de leurs attributions. Les organismes spécialisés interviendraient quant à eux dans des domaines et des activités excédant les compétences et les sphères d’action de ces ministères afin d’assurer le bouclage d’ensemble [3].

Dans le cadre de la transition écologique, bien sûr, la socialisation du secteur de l’énergie est également une mesure prioritaire. Il ne peut y avoir de transition écologique sans monopole public sur le secteur de l’énergie, tant au niveau de la production que de la distribution.

Sixième mesure : Création d’une monnaie complémentaire, non convertible et sortie de l’euro quand c’est nécessaire. Que ce soit dans le cas d’une sortie de l’euro ou d’un maintien dans la zone euro, il est nécessaire de créer une monnaie complémentaire non convertible. Autrement dit, une monnaie qui serve, en circuit court, aux échanges à l’intérieur du pays. Par exemple, pour le paiement des augmentations des retraites et des salaires des fonctionnaires, le paiement des impôts, le paiement des services publics. Utiliser une monnaie complémentaire permet de se détacher et de sortir partiellement de la dictature de l’euro et de la Banque centrale européenne. Bien sûr, on ne peut pas éviter le débat sur la zone euro. Dans plusieurs pays, la sortie de la zone euro est également une option qui doit être défendue par les partis, les syndicats et d’autres mouvements sociaux. Plusieurs pays de la zone euro ne pourront pas réellement rompre avec l’austérité et lancer une transition écosocialiste sans quitter la zone euro. Dans le cas d’une sortie de la zone euro, il faudrait soit mettre en œuvre une réforme monétaire redistributive [4], soit appliquer un impôt exceptionnel progressif au-dessus de 200 000 € de patrimoine. Cette proposition ne concerne que le patrimoine liquide, elle ne concerne donc pas le patrimoine immobilier (maison où réside le contribuable, etc.) évoqué dans la septième mesure.

La septième mesure : une réforme radicale de la fiscalité. Supprimer la TVA sur les biens et les services de consommation de base, comme la nourriture, l’électricité, le gaz et l’eau (pour ces trois derniers, jusqu’à un certain niveau de consommation par individu) [5], et d’autres biens de première nécessité. Par contre, une augmentation de la TVA sur les biens et les produits de luxe, etc. Nous avons aussi besoin d’une augmentation des impôts sur les bénéfices des entreprises privées et des revenus au-dessus d’un certain niveau. Autrement dit, un impôt progressif sur les revenus et sur le patrimoine. La maison d’habitation devrait être exonérée d’impôt en dessous d’un certain montant qui varie en fonction de la composition du foyer. La réforme de la fiscalité doit produire des effets immédiats : une baisse très sensible des impôts indirects et directs pour la majorité de la population et une augmentation très sensible pour les 10 % les plus riches et pour les grandes entreprises. Enfin, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale serait intensifiée.

Huitième mesure : Déprivatisations. « Racheter » les entreprises privatisées pour un euro symbolique. Ainsi, de ce point de vue, utiliser l’euro pourrait s’avérer très sympathique, en payant un euro symbolique à ceux qui ont profité des privatisations. Et renforcer et étendre les services publics sous contrôle citoyen.

Neuvième mesure : La mise en œuvre d’un vaste plan d’urgence pour la création d’emplois socialement utiles et pour la justice sociale. Réduire le temps de travail avec maintien des salaires. Abroger les lois antisociales et adopter des lois pour remédier à la situation de la dette hypothécaire abusive, des dispositions qui concernent en priorité des pays comme l’Espagne, l’Irlande, la Grèce… Cela pourrait très bien se résoudre par la loi, en évitant des procès (car il y a de nombreux procès sur la dette hypothécaire où les ménages sont confrontés aux banques). Un Parlement peut décréter par une loi l’annulation des dettes hypothécaires inférieures à 150 000 euros par exemple et mettre ainsi un terme à des procédures judiciaires. Il s’agit aussi de mettre en œuvre un vaste programme de dépenses publiques afin de relancer l’emploi et l’activité socialement utile en favorisant les circuits courts.

Dixième mesure : Entamer un véritable processus constituant. Il ne s’agit pas de changements constitutionnels dans le cadre des institutions parlementaires actuelles. Il s’agit de dissoudre le parlement et de convoquer l’élection au suffrage direct d’une Assemblée constituante en articulant ce processus avec des luttes existantes à différents niveaux locaux, qui jettent les bases de ce à quoi pourrait ressembler une société écosocialiste. Pour ne citer que quelques-unes de ces luttes, on peut mentionner évidemment l’actuel mouvement des gilets jaunes, les grèves visant à améliorer les conditions de travail et défiant de fait le pouvoir des patrons ; les occupations et récupérations d’usines avec introduction de modèles autogestionnaires ; la nouvelle vague de luttes féministes qui s’attaque au patriarcat et pousse à l’égalité des droits ; les mouvements d’accueil et d’aide aux migrants ; les mouvements écologiques basés sur l’occupation de territoires et sur l’action directe (« ZAD », « Ende Gelände », etc.), inventant de nouvelles formes de gestion des communs ; les « municipalités rebelles » qui désobéissent aux directives austéritaires et anti-migrants et se constituent en réseaux ; les initiatives par le bas, d’audit des dettes publiques et de remise en question des dettes illégitimes. Ces luttes sont autant de points d’appui pour engager un processus constituant prenant une orientation anticapitaliste. Il s’agit également d’intégrer ce processus dans d’autres processus constituants similaires au niveau européen.

Il est impossible de rompre avec les politiques d’austérité sans prendre des mesures radicales contre le grand capital

Ce sont dix propositions de base à soumettre au débat. Mais une chose est certaine, les mesures à prendre doivent aller à la racine des problèmes et elles doivent être appliquées simultanément car il faut un programme cohérent. En l’absence de la mise en œuvre de mesures radicales annoncées depuis le début, il n’y aura pas de rupture avec les politiques d’austérité. Il est impossible de rompre avec les politiques d’austérité sans prendre des mesures radicales contre le grand capital. Ceux qui pensent que l’on peut éviter cela sont des « enfumeurs » qui ne pourront pas obtenir de réelles avancées concrètes. Au niveau européen, la nature de l’architecture européenne et l’ampleur de la crise du capitalisme font qu’il n’y a pas de réel espace pour des politiques productivistes néo-keynésiennes. L’écosocialisme ne doit pas être à la marge mais au cœur du débat, d’où doivent venir les propositions immédiates et concrètes. Il faut mener à bien la lutte contre l’austérité et se lancer sur le chemin de l’anticapitalisme. La transition écosocialiste est une nécessité absolue et immédiate.

Il est fondamental de construire et populariser une explication sur ce qu’il est nécessaire et possible de faire pour réaliser un changement réel car dans les discussions publiques surgissent constamment des questions sur la faisabilité de la rupture avec le modèle néolibéral après le fiasco de l’expérience grecque de 2015.

Les propositions devraient constituer un programme cohérent. Le programme devait être accompagné d’une sorte de mode d’emploi. C’est évidemment le plus difficile mais comment convaincre de la faisabilité d’un programme si on ne prévoit pas plusieurs scénarios basés sur les leçons des 8 dernières années dans l’UE en général et dans la zone euro en particulier ?

Il est important d’avoir en vue une analyse rigoureuse des évènements du premier semestre 2015 et de la capitulation du gouvernement d’Alexis Tsipras en Grèce. Une conclusion claire est à tirer : face à un gouvernement populaire, la réaction négative des organes dirigeants l’UE et de la zone euro sera rapide. La Commission européenne, l’Eurogroupe, la direction de la BCE ne resteront pas les bras croisés devant la décision d’un gouvernement populaire de s’engager dans la voie des changements. Il n’y aura pas de période d’attente de plusieurs mois. Le gouvernement populaire devra lui-même agir rapidement.

Dans le cas de la Grèce, dès les premiers jours qui ont suivi la mise en place du gouvernement, la BCE a soumis la Grèce à un processus d’asphyxie financière. Le refus du gouvernement Tsipras de prendre des mesures fortes d’autodéfense l’a conduit à une première capitulation le 20 février 2015 [6]. Par la suite, il aurait encore été possible de prendre un virage radical mais le noyau dirigeant autour de Tsipras a maintenu la même orientation capitularde et cela a conduit à l’issue dramatique de juillet 2015.

En fait, depuis l’expérience grecque, à moins de se contenter des mesures prises par un gouvernement de type Costa au Portugal, la gauche doit intégrer dans sa stratégie le fait que les mesures de sabotage que prendront les autorités européennes seront rapides et fortes. De même, les marchés réagiront négativement et les grands médias seront hostiles à un gouvernement populaire.

La gauche aurait tort de penser que l’Eurogroupe, la BCE, le gouvernement allemand mis en place en 2018 et ses alliés de la zone euro, pourraient permettre à un gouvernement populaire en Espagne, en France, en Belgique et dans d’autres pays de la zone euro d’entamer des changements profonds. Pour ces institutions, il sera vital d’empêcher une extension possible d’une authentique expérience populaire.

Dès lors, il faut se montrer capable d’élaborer des propositions radicales dans les domaines de la politique monétaire, de la dette, des banques, des impôts, du budget (en refusant de dégager un excédent primaire avant le paiement de la dette), des relations Capital/Travail, du système de sécurité sociale, de la politique internationale et, c’est tout aussi indispensable, dans le domaine de la démocratie politique qui implique la convocation d’un authentique processus constituant.

Pour modifier les rapports de force… la mobilisation du camp populaire sera l’élément décisif

Nous savons qu’il ne suffit pas d’élaborer un programme cohérent et d’y joindre un mode d’emploi convaincant pour modifier les rapports de force. La mobilisation du camp populaire sera l’élément décisif. Mais sans programme cohérent et sans une volonté réelle de l’appliquer, des mobilisations populaires risquent de ne pas aboutir, elles risquent de rester fragmentaires. L’existence d’un programme et la détermination à le propager pourraient commencer à faire bouger les lignes afin de repartir à l’offensive.

Espérons que nous serons capables de confronter nos idées et nos propositions afin de réaliser une élaboration collective qui dépasse le niveau actuel de fragmentation et d’abstraction des propositions du camp populaire. Faisons le nécessaire en termes d’actions et de mobilisations pour que ce programme soit mis en pratique.

En faisant ces propositions, il ne s’agit pas de chercher une issue nationaliste à la crise et à la protestation sociale. Tout autant que par le passé, il est nécessaire d’adopter une stratégie internationaliste et de prôner une fédération européenne des peuples, opposée à la poursuite de la forme actuelle d’intégration qui est totalement dominée par les intérêts du grand capital. Il s’agit également de chercher constamment à développer des campagnes et des actions coordonnées au niveau continental (et au-delà) dans les domaines de la dette, du droit au logement, de l’accueil des migrants et des réfugiés, de la santé publique, de l’éducation publique, du droit au travail, dans la lutte pour la fermeture des centrales nucléaires, dans la réduction radicale du recours aux énergies fossiles, dans la lutte contre le dumping fiscal et les paradis fiscaux, dans le combat pour la socialisation des banques, des assurances et du secteur de l’énergie, dans l’action contre l’évolution de plus en plus autoritaire du mode de gouvernance, dans la lutte pour la défense et l’extension des droits des femmes et des LGBTI, dans la promotion des biens publics, dans le lancement de processus constituants.

Les maillons faibles de la chaîne de domination intra-européenne se trouvent dans les pays périphériques (Grèce, Portugal, Espagne…), mais aussi en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Italie.

Le mouvement des gilets jaunes, initié en France et à la Réunion, a tendance à s’étendre vers d’autres régions en Belgique francophone notamment. Des actions de solidarité avec les gilets jaunes se développent y compris en Grèce. Il est grand temps d’adopter une stratégie émancipatrice internationaliste.
Notes

[1] Soulignons qu’à partir de juillet 2018 un énorme mouvement populaire a secoué Haïti. Afin de privilégier, comme le souligne un communiqué du FMI, « la création d’un espace budgétaire nécessaire au financement des programmes sociaux et d’accroître les investissements publics » (blablabla…), le gouvernement en place a augmenté le prix des carburants. Cela a eu un effet immédiat sur le coût de la vie en provoquant une hausse brusque du prix des transports publics, dans un pays à l’urbanisation anarchique, où l’essentiel de ce qui est consommé est importé, où la production agricole doit être transportée par la route vers la capitale Port-au-Prince. La population, elle, ne s’y est pas trompée. Aussitôt annoncée la hausse, début juillet, des émeutes éclataient dans les quartiers populaires. Deux millions d’Haïtiens se sont mobilisés et ont fini par obtenir le retrait des mesures.

[2] Site officiel de la BCE, Breakdown of debt securities under the PSPP, https://www.ecb.europa.eu/mopo/implement/omt/html/index.en.html , consulté le 3 novembre 2018.

[3] Patrick Saurin et Eric Toussaint, « Comment socialiser le secteur bancaire »

[4] En appliquant un taux de change progressif au passage de l’euro à la nouvelle monnaie on diminuerait le patrimoine liquide en possession des 10% les plus riches, ce qui réduirait les inégalités.

[5] Cela peut être combiné avec des mesures de gratuité sur la consommation d’eau, d’électricité, de gaz, les transports publics, etc. par individu et jusqu’à un certain niveau de consommation.

[6] Eric Toussaint, « Varoufakis-Tsipras vers l’accord funeste avec l’Eurogroupe du 20 février 2015 », publié le 11 février 2018, http://www.cadtm.org/Varoufakis-Tsipras-vers-l-accord ; Eric Toussaint, « La première capitulation de Varoufakis-Tsipras fin février 2015 », publié le 14 mars 2018, http://www.cadtm.org/La-premiere-capitulation-de

Source : CADTM, Eric Toussaint, 05-12-2018
erlande Non classé Laisser un commentaire 10 décembre 2018 27 MinutesModifier « Les Crises:Gilets jaunes : apprendre de l’histoire et agir dans le présent, par Eric Toussaint »
Les Crises:L’existence de l’euro, cause première des « gilets jaunes » – Tribune de Todd, Sapir, Gomez, Rosa, Hureaux, Werrebrouck…

Les Crises

Créé par Olivier Berruyer
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10.décembre.2018 // Les Crises
L’existence de l’euro, cause première des « gilets jaunes » – Tribune de Todd, Sapir, Gomez, Rosa, Hureaux, Werrebrouck…
euro, Gilets jaunes
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Près de vingt ans après le lancement de l’euro, le 1er janvier 1999, la situation de la monnaie unique européenne est paradoxale. D’un côté, l’échec de ce projet est patent, étant reconnu par la plupart des économistes compétents, dont de très nombreux prix Nobel. De l’autre, ce sujet est maintenant tabou en France, au point qu’aucun responsable politique n’ose plus l’aborder de front. Comment s’explique une telle situation ?

Personne ne relie le mouvement actuel des « gilets jaunes » à l’échec de l’euro. Or, l’appauvrissement du plus grand nombre, dont il est le signe le plus manifeste, découle directement des politiques mises en œuvre pour tenter de sauver, coûte que coûte, la monnaie unique européenne. Il ne s’agit pas tant, ici, de la politique monétaire d’assouplissement quantitatif pratiquée par la Banque centrale européenne, peu efficace, au demeurant, pour relancer la production, mais des politiques budgétaires de hausse des impôts et de baisse des investissements publics, partout exigées par la Commission de Bruxelles. Celles-ci ont, certes, fini par redresser les comptes extérieurs de certains pays déficitaires. En revanche, ce fut au prix d’une « dévaluation interne », c’est-à-dire d’une diminution drastique des revenus, associée à un étranglement de la demande interne. Elles ont ainsi engendré un effondrement dramatique de la production dans la plupart des pays d’Europe du Sud et un taux de chômage resté très élevé, en dépit d’un exode massif des forces vives de ces pays.

La zone euro est désormais celle dont le taux de croissance économique est devenu le plus faible du monde. Les divergences entre les pays membres, loin d’avoir été réduites, se sont largement amplifiées. Au lieu de favoriser l’éclosion d’un marché européen des capitaux, la « monnaie unique » s’est accompagnée d’une montée de l’endettement, public et privé, de la majorité des nations. Or, l’existence même de l’euro, dont on pouvait autrefois encore discuter les effets, est maintenant devenu un sujet absolument tabou. Tandis que son lien avec le mécontentement actuel est manifeste, les partisans de l’euro font miroiter aux Français ses avantages largement illusoires (sauf la facilité de déplacement en Europe). Ils dressent un tableau apocalyptique de la situation économique qui prévaudrait en cas de sortie de la « monnaie unique », dans le but d’affoler des Français qui n’ont pas approfondi le sujet.

Face à de tels arguments, il faut aujourd’hui montrer tout ce que l’euro a fait perdre à la France en matière de croissance économique (effondrement de ses parts de marché en Europe et dans le monde, affaiblissement dramatique de son appareil industriel). Les Français subissent déjà des reculs en matière de pouvoir d’achat, d’emploi, de retraite, de qualité des services publics, etc. Les politiques de « dévaluation interne », qui sont indispensables si l’on veut garder l’euro, n’ont pas encore été pleinement mises en œuvre chez nous, contrairement aux autres pays d’Europe du Sud, mais elles provoquent déjà des réactions de rejet. Le mouvement des « gilets jaunes » en est la conséquence directe.

Il faut donc expliquer à nos compatriotes que l’inconvénient majeur de l’euro, pour la France, est un taux de change trop élevé qui engendre, fatalement, une perte de compétitivité de notre économie, en majorant les prix et coûts salariaux français vis-à-vis de la plupart des pays étrangers. Évitons de brouiller les esprits avec l’idée d’une coexistence éventuelle entre un franc rétabli et une « monnaie 2 commune », pourvue de tous ses attributs, car c’est une voie sans issue : une telle monnaie ne pourrait se concevoir valablement que comme une simple « unité de compte », analogue à l’ancien ECU. Quant à la perte de souveraineté due à l’euro, si elle est indubitable, il s’agit d’un sujet théorique, loin des préoccupations des Français, ceux-ci étant surtout sensibles à leur situation concrète.

Faute d’avoir compris les vrais enjeux, beaucoup de nos compatriotes gardent ainsi, pour l’instant, une peur non dissipée vis-à-vis de tout bouleversement du statu quo, cependant que les partisans de l’euro poussent des cris d’orfraie à chaque fois que leur fétiche est remis en question. Que faire, dans ces conditions ? Face au mécontentement des Français, il est évident qu’aucune politique de redressement de la France ne sera possible si l’on ne parvient pas à recréer une monnaie nationale dont le taux de change soit adapté à notre pays. Mais il est également certain que ce changement doit être opéré dans des conditions qui soient à la fois viables et acceptées par le peuple français.

La première de ces conditions serait de préparer une transition harmonieuse vers un après-euro, si possible en discutant avec nos partenaires l’organisation d’un démontage concerté, mais sinon en prenant l’initiative de façon unilatérale après avoir mis en place les mesures conservatoires appropriées. La seconde serait de faire comprendre à nos compatriotes les avantages d’une « dévaluation monétaire » du franc retrouvé, accompagnée d’une politique économique cohérente, maîtrisant l’inflation, comme ce fut le cas en 1958 avec le général de Gaulle, puis en 1969 avec Georges Pompidou. Et l’inflation serait encore moins à redouter aujourd’hui en raison du sous-emploi de nos capacités de production. La perte inéluctable de pouvoir d’achat, résultant du renchérissement de certaines importations, ne serait que modeste et passagère, étant très rapidement compensée par le redémarrage de la production nationale. La dette publique de notre pays ne s’alourdirait pas, car elle serait automatiquement convertie en francs (selon la règle dite lex monetae qui prévaut en matière de finance internationale). La France et les Français recouvreraient ainsi les brillantes perspectives d’avenir que l’euro a, jusqu’à présent, constamment étouffées.

Tribune collective signée par Guy BERGER, Hélène CLÉMENT-PITIOT, Daniel FEDOU, Jean-Pierre GERARD, Christian GOMEZ, Jean-Luc GREAU, Laurent HERBLAY, Jean HERNANDEZ, Roland HUREAUX, Gérard LAFAY, Jean-Louis MASSON, Philippe MURER, Pascal PECQUET, Claude ROCHET, Jean-Jacques ROSA, Jacques SAPIR, Henri TEMPLE, Jean-Claude WERREBROUCK, Emmanuel TODD

08-12-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]
erlande Non classé Laisser un commentaire 10 décembre 2018 5 MinutesModifier « Les Crises:L’existence de l’euro, cause première des « gilets jaunes » – Tribune de Todd, Sapir, Gomez, Rosa, Hureaux, Werrebrouck… »
Actuall – actuall.com:Las opciones de un cambio político en Andalucía se conocerán esta semana. En cuestión de días, se sabrá si hay, o no, gobierno de Ciudadanos, PP y Vox en la región-et varia

Actuall – actuall.com

Te escribe S. Rodríguez,
10 de diciembre de 2018

Las opciones de un cambio político en Andalucía se conocerán esta semana. En cuestión de días, se sabrá si hay, o no, gobierno de Ciudadanos, PP y Vox en la región.

Vox ya ha dicho que lo apoyará. Falta que Ciudadanos y PP se pongan de acuerdo. Las reticencias de Ciudadanos a pactar con Vox son el principal obstáculo.

El candidato naranja a la Alcaldía de Barcelona, Manuel Valls, ha pedido a los suyos que no hagan tratos con el partido de Santiago Abascal, al que los medios y los partidos establecidos han puesto la etiqueta de “extrema derecha”. Fuera de la burbuja de los políticos, muchos piden el cambio en Andalucía.

Más de 33.000 han firmado en 72 horas la petición en Internet, promovida por la asociación HazteOir, para que los tres partidos se pongan de acuerdo. La pregunta va dirigida al líder de Ciudadanos, Albert Rivera: “¿Va a dejar que el PSOE siga gobernando Andalucía?”.

Esta semana se sabrá la respuesta.

TU DÍA ACTUALL

Podemos y Vox, como un huevo y una castaña. Ana Fuentes compara las propuestas y el discurso de los dos partidos. Cualquier parecido entre ellos seguro que no es una semejanza, sino un aviso para tu oculista.

El peligro de la ultra corrección política. Jaume Vives escribe en este artículo para Actuall que “la gente está hasta el moño de la corrección política y de ideologías absurdas que solo triunfan gracias al poder del Estado.”

Evo eterno. El Tribunal Supremo Electoral le permite presentarse a la reelección en Bolivia.

El día en que volvió el fascismo. “¿Dónde estabas tú?”, pregunta Candela Sande en su nueva columna para Actuall.

CARTA DEL DÍA

40 años de la Constitución Española

Después de 40 años, los partidos de izquierdas quieren convencernos de que la Constitución Española, el modelo territorial y la Jefatura del Estado, son ya cosas obsoletas y del pasado.

Esto ha coincidido con que en Andalucía los ciudadanos han exigido a través de las urnas un cambio en el modelo actual que se nos quiere imponer desde la izquierda.

Cuando las cosas no van bien electoralmente, para ellos, la izquierda más radical llama a movilizaciones inútiles y violentas contra un supuesto e imaginario fascismo, para que por la fuerza se intente imponer un modelo no deseado de neocomunismo con tintes venezolanos. Esto es fácil de decir desde un chalet privilegiado con seguridad a cargo de todos los ciudadanos y con magníficos sueldos. Pero en estos momentos hay más tintes de fascismo en este tipo de acciones, que en la irrupción de un nuevo partido que sin saber aún de que es capaz en las instituciones a las que ha llegado de manera democrática, ya se le tacha de fascista, xenófobo, antieuropeista y no sé cuantas cosas más.

Creo que mejor sería que estas fuerzas “progresistas” reflexionasen sobre lo que los ciudadanos quieren y dejasen de preocuparse de cordones sanitarios y estupideces por el estilo. Ellos ven bien que los partidos golpistas estén en las instituciones. Tampoco les preocupa que se ataquen nuestros símbolos y los fundamentos de nuestro estado de derecho, que han dado muy buen juego en estos 40 años.

La ley de “Memoria Histórica” debe de ser revisada y que no solo sea aplicable a una parte de las víctimas de la Guerra Civil. El tema de los restos del General Franco y su destino, no es hoy por hoy ninguna prioridad, Hay temas mucho más urgentes, como la crisis catalana que precisan de solución.

Cierto que nuestra Constitución precisa reformas, pero estas deben de ser pausadas, consensuadas, razonadas y refrendadas por los ciudadanos. Mientras utilicemos lo que tenemos, que no es tan malo como nos quieren hacer creer algunos.

Manuel Rincón Arche

Madrid

Corrección política y perversión del Lenguaje

Buenos días, me decido escribir estas líneas después de leer el ‘Brief’ de este 7 de diciembre. No entiendo que, para hablar de la violencia, se apele al fascismo, como única ideología capaz de utilizar la violencia.

¿Fue fascista Robespierre? No, en aquel momento histórico no se había desarrollado la ideología fascista.

Entonces, ¿por qué atribuir exclusivamente la violencia al fascismo? La respuesta no es sencilla, aunque sí ha habido y hay un interés, desde el final de la Segunda Guerra Mundial, en atribuir cualquier violencia a la ideología fascista, o atribuirle tal etiqueta.

¿Qué ideología ha sido y es más violenta en los últimos 100 años? Para mí, sin duda, el comunismo, que sin embargo, no es etiquetado como violento (ni tan siquiera como ideología totalitaria).

Todo esto, personalmente, lo atribuyo a la denominada “corrección política” imperante, y que se viene desarrollando desde el final de la Segunda Guerra Mundial, como consecuencia, fundamentalmente de dos factores: Stalin y Hollywood. Stalin, tirano comunista, fue vencedor de la Gran Guerra. Hollywood, dominado por el capital judío, sólo ha tenido interés en denunciar el fascismo por el terrible, y condenable, holocausto.

Por lo tanto, entiendo es hora de terminar con esa “corrección política”, y no seguir pervirtiendo el lenguaje y que “cada palo aguante su vela”: la violencia de la organización terrorista ETA no es fascista, es comunista; la violencia habida y que hay en los países de dictadura comunista (por ejemplo, Cuba) es violencia comunista.

¡Basta ya de Perversión del Lenguaje!

Atentamente,

Francisco Iglesias Guisasola

Pd: Mientras escribo estas palabras, recuerdo al gran intelectual judío George Steiner.

Malos tiempos para formar una familia

Estimados Señores de ‘Actuall’,

En su carta a Alfonso Basallo (artículo “Por qué Europa se suicida”), Conchita L.S .apunta a otras razones para el descenso de la natalidad, más allá de la « crisis de valores ».

Respecto a las causas económicas … el tema economico es chungo… como dice Conchita. Muy pocas personas hablan de la falta de políticas que apoyen de verdad a las familias, al contrario, todas parecen querer castigar a los que queremos tener familas grandes, un ejemplo, que puede ser tonto, es el precio de los aparcamientos en la ciudad de Madrid que penaliza a los coches más antiguos, con la obsesión ecologista… que me diga nuestra querida alcaldesa como quiere que me compre un coche nuevo si quiero mantener a mis 5 hijos.

Y tantas familias que están empezando… ¿Como mantengo una familia con mil euros al mes?… en mi parroquia, en el barrio madrileño de Vallecas, hay familias con trabajos superprecarios… en hostelería y ‘en negro’… parejas jóvenes casadas intentando vivir en una vivienda digna y que ahora ocupan habitaciones caca porque los alquileres están imposibles (por leyes injustas que no protegen al arrendador)… o ¿Quien ayuda a las familias para poder llevar a cabo una conciliación real del trabajo con la vida familiar? Se podría favorecer los horarios continuados y el trabajo desde casa igual que se favorece el trabajo a los discapacitados, a los jovenes o a los mayores. Hay tanto de que hablar… había tanto por hacer por parte de los políticos. Pero no hay voluntad, la familia molesta, estorba, vamos a ponérselo difícil, más difícil.

Un saludo.

M. Pilar Carmena Ayuso

Razones de la crisis demográfica

Leopoldo Crisi:

Sé que planteo un dilema, según me dices en tu carta.

Pero, no sé si lo entiendes.

Me refiero, en mi carta sobre maternidad y apoyo a familias numerosas, a mirar el porqué de la falta de hijos hoy en día. Mirarlo hacia dos campos, la mujer y su profesión y el segundo la economía familiar.

Matemáticamente hablando repoblamos España con una familia de cada tres o cuatro con mogollón de hijos, como dices. Desde luego. O con abrir el país a familias musulmanas. Que suelen ser numerosas.

Pero yo no veo sea esa la solución. Porque no se mira la causa del descenso de la natalidad.

Hay que analizar el porqué hay parejas que o no tienen hijos o tienen uno o dos hijos. Por debajo de la tasa de mantenimiento de la población..

Apunto en una carta publicada hoy al análisis de la profesión de la mujer y a la realidad económica de muchas familias.

Seguramente en Argentina, como era el caso en mi infancia en España, las familias sean muy numerosas y las mujeres sean amas de casa, en su casi totalidad sin otra formación.

No es el caso ya en España.

El hecho de que las mujeres valoren su profesión y vean en la maternidad un parón hay que mirarlo a la cara. Ya que así lo es en la gran mayoría de los casos.

Siendo el otro motivo que percibo una realidad económica que requiera el trabajo de los dos.

No digo que no sea posible en ambos casos hacer sacrificios profesionales y personales, pero habría que mirar si esto es lo deseable.

El cómo ayudar a las familias es un reto. Yo lo que digo es el ayudar desde el primer hijo. Económica y profesionalmente.

Por los motivos expuestos antes.

Un ejemplo: una mujer es funcionaria. Al coger tiempo para su hogar en poco tiempo pasa a la cola…

En la empresa privada o el mundo de la política etc sencillamente pierde su sitio, y sin ayuda de reinserción laboral para recuperar lo perdido.

Otro ejemplo: una pareja depende del pequeño sueldo de los dos. Y más en un mundo donde uno o los dos pueden ver el paro.a la vuelta de la esquina..¿Cómo salir adelante con muchos hijos, o sencillamente con hijos?

Otro ejemplo: pareja pillada por la crisis que tiene que ser acogida por los padres de uno de ellos. ¿Tener más hijos así?

La Providencia tiene que ir mano a mano con la política…

El tema es complejo. Por eso, planteo el dilema. Porque hay que pensar. En la mujer y en la realidad económica. Y, cuidado, porque hay que pensar también en el padre, que ya los hay que son ellos los que sufren en parón profesional al asumir ellos el hogar…

Para eso está la política. No sencillamente pedir ayuda a familias grandes como solución a la demografía.

Es mucho más complejo.

Un saludo.

Conchita L.-S.

Guarderías en el trabajo

Una solución para tener más hijos sería poner una especie de guardería en el trabajo de las madres trabajadoras. Así, cuando salen de casa, cogen a sus hijos y se los llevan con ellas.

Ana de Arce

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erlande Non classé Laisser un commentaire 10 décembre 2018 8 MinutesModifier « Actuall – actuall.com:Las opciones de un cambio político en Andalucía se conocerán esta semana. En cuestión de días, se sabrá si hay, o no, gobierno de Ciudadanos, PP y Vox en la región-et varia »
Alexandre| CitizenGO : La fin de l’année approche et, comme d’habitude, nous vous annonçons nos principales victoires. Pour cette année 2019, nous vous demandons de rester tels que vous êtes et de ne pas changer. Notre combat doit rester intact.

Alexandre| CitizenGO :

La fin de l’année approche et, comme d’habitude, nous vous annonçons nos principales victoires. Pour cette année 2019, nous vous demandons de rester tels que vous êtes et de ne pas changer. Notre combat doit rester intact.

Sans vous et les millions d’autres abonnés du monde entier, rien de tout cela n’aurait été possible. Nous avons gagné aux États-Unis, en Asie, en Afrique, en Europe, à l’ONU… CitizenGO développe son influence à l’international et sa présence est de plus en plus visible dans le monde entier.

Asia Bibi libérée après des années de prison accusée de blasphème

Asia Bibi, une Pakistanaise chrétienne, a passé 8 ans en prison pour un présumé délit de blasphème qui entraîne la peine de mort par pendaison. Grâce à Dieu et à votre mobilisation, elle a finalement été relâchée (mais elle est toujours en liberté surveillée au Pakistan…).

Asia est longtemps restée loin de son mari et de ses enfants, ils ont enfin pu se réunir grâce aux soutiens de nombreuses associations, gouvernements et personnalités.

CitizenGO a apporté un soutien important à Asia Bibi, notamment sur le plan économique. Et c’est que, bien que la première bataille ait été gagnée, la plus difficile reste à faire : les faire sortir du Pakistan. Nous continuerons à les aider jusqu’à ce qu’ils soient entièrement libres.

L’ONU accepte l’aide humanitaire au Venezuela

Cette campagne n’était pas facile, car elle a impliqué une importante coordination à l’ONU. Notre objectif était de faire pression sur des organisations telles que l’Organisation mondiale de la santé et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (qui appartiennent toutes les deux aux Nations Unies) afin d’intercéder en faveur du peuple vénézuélien. Nous voulions faire reconnaître la grave crise humanitaire qui ravage le pays en raison de la pénurie de nourriture et de médicaments.

En septembre dernier, un mois après le lancement de la campagne, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies s’est réuni à Genève (Suisse) pour discuter de diverses questions, notamment sur le Venezuela.

Grâce au travail diplomatique de plusieurs pays et de l’aide de centaines de milliers d’abonnés comme vous, l’ONU a finalement réussi à faire pression sur le gouvernement de Maduro pour qu’il accepte l’aide humanitaire internationale.

Nous travaillons avec la Fondation LEAN afin d’envoyer des dizaines de tonnes de médicaments aux Vénézuéliens dans le besoin. Nos partenaires sur le terrain sont responsables de la gestion et de la livraison des envois.

Éliminer l’idéologie du genre lors de la 62e réunion de la Commission de la condition de la femme

Une autre victoire d’une grande importance a été d’éliminer toute référence anti-vie et anti-famille dans le document final de la 62e réunion de la Commission de la condition de la femme qui s’est tenue en mars dernier au siège des Nations Unies à New York.

La pression exercée par CitizenGO à l’ONU a payé. Grâce à 6 de nos militants en faveur de la vie et de la famille, qui ont discuté et influencé de nombreux délégués présents à l’ONU. Car, l’avortement reste un drame.

Ces petites victoires…mais très importantes et symbolique nous incitent à continuer le combat. Pas à pas, bataille pour bataille, nous pouvons renverser la situation mondiale et défendre la vie, la famille et la liberté.

Tout cela a été possible grâce à vous Brandenburg, et aux millions de citoyens actifs qui forment CitizenGO.

Merci beaucoup de nous soutenir et de votre contribution pour la défense de la vie, de la famille et de la liberté.

Bien cordialement,

Alexandre et toute l’équipe de CitizenGO
erlande Non classé Laisser un commentaire 10 décembre 2018 3 MinutesModifier « Alexandre| CitizenGO : La fin de l’année approche et, comme d’habitude, nous vous annonçons nos principales victoires. Pour cette année 2019, nous vous demandons de rester tels que vous êtes et de ne pas changer. Notre combat doit rester intact. »

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