Pour une école libre au Québec: Conséquence de la légalisation de l’euthanasie ? Suspension de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec Littérature jeunesse — entretien avec Madame Chouette Michigan — université annule « Monologues du vagin » car « toutes les femmes n’ont pas de vagin »

Pour une école libre au Québec:

Conséquence de la légalisation de l’euthanasie ? Suspension de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec
Littérature jeunesse — entretien avec Madame Chouette
Michigan — université annule « Monologues du vagin » car « toutes les femmes n’ont pas de vagin »

Conséquence de la légalisation de l’euthanasie ? Suspension de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec

Posted: 19 Nov 2018 12:36 PM PST
S’agit-il d’une conséquence, somme toute logique, maintenant que l’État « offre » « l’aide à mourir dans la dignité », les soins palliatifs, nettement plus chers, sont nettement moins prioritaires.

Le Soleil rapportait le 15 novembre 2018 :

Le manque d’effectifs médicaux a entraîné la suspension des services externes en soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec, a appris Le Soleil. Cette fermeture temporaire touche une centaine de patients non hospitalisés qui nécessitent un suivi en soins palliatifs pour contrôler leurs douleurs, souvent complexes.

«Je tiens à vous informer de la mise en place d’un plan de contingence en clinique ambulatoire de soins palliatifs à l’HDQ [Hôtel-Dieu de Québec] et à l’HEJ [Hôpital de l’Enfant-Jésus], dû à un manque de médecin», annonce la directrice des services professionnels du CHU de Québec, la Dre Maryse Turcotte, dans un communiqué interne destiné aux médecins et aux cadres des deux hôpitaux et dont Le Soleil a obtenu copie.

La Dre Turcotte explique qu’une réduction progressive des effectifs médicaux est observée en soins palliatifs au CHU de Québec depuis un peu plus d’un an. «Plusieurs mesures de compensation et de réorganisation des tâches ont été mises en place depuis pour maintenir les services offerts. Malgré cela, l’équipe médicale n’est malheureusement plus en mesure de maintenir le rythme», écrit-elle.

La décision de mettre temporairement la clé sous la porte de la clinique externe de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec, fermée depuis le 4 novembre, a été prise «pour se concentrer sur les soins aux patients hospitalisés». «Ainsi, malheureusement, aucune nouvelle référence ne pourra être prise en charge», précise la Dre Maryse Turcotte, ajoutant que «des mesures temporaires de soutien sont offertes aux patients touchés, dont la grande majorité sont déjà suivis par d’autres médecins et/ou [sic] infirmières pivot en oncologie».

Vérification faite auprès du service des communications du CHU de Québec, sur les 97 patients suivis à la clinique externe de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu, 15 n’ont pas de médecin. «Ceux-là doivent être référés à l’infirmière [pivot ou spécialisée en soins palliatifs], au pharmacien en soins palliatifs ou encore au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux [CIUSSS] de la Capitale-Nationale», précise la porte-parole Lindsay Jacques.

Selon Mme Jacques, le CHU de Québec est «actuellement en discussion» avec le CIUSSS de la Capitale-Nationale pour réorienter les nouvelles consultations et la clientèle en soins palliatifs. Depuis la fermeture de la clinique externe, une personne a dû être hospitalisée pour obtenir un suivi en soins palliatifs, précise la porte-parole du CHU de Québec.

À l’Enfant-Jésus aussi

Le document interne obtenu par Le Soleil nous apprend par ailleurs que les services externes de consultation en soins palliatifs de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus sont aussi suspendus depuis le mois d’août. «Quelques suivis sont possibles à la pièce pour les cas les plus complexes. Les autres patients doivent se référer à leur médecin spécialiste ou à leur médecin de famille pour assurer leur suivi», précise la directrice des services professionnels du CHU de Québec.

Ce n’est pas la première fois que le manque d’effectifs en soins palliatifs fait

la manchette. Selon plusieurs médecins, le problème n’est pas étranger à la loi 20 et aux règles de prise en charge en cabinet, qui compliqueraient le recrutement.

Littérature jeunesse — entretien avec Madame Chouette

Posted: 19 Nov 2018 10:09 AM PST
Entretien publié dans Éléments au sujet du livre Une bibliothèque idéale, que lire de 0 à 16 ans.

ÉLÉMENTS : Si l’on en croit une étude Ipsos, les jeunes de 4 à 14 ans passent plus de trois heures par jour devant les écrans. Les enfants lisent-ils encore ?

ANNE-LAURE BLANC. Une étude Ipsos de 2016 concluait, elle, que les jeunes Français aiment lire, mais qu’ils lisent assez peu : trois heures par semaine de lecture loisirs, avec une moyenne de 6 livres par trimestre. Sans surprise, les filles lisent plus que les garçons, surtout à l’adolescence. L’environnement familial joue un rôle déterminant : les enfants lisent quand les parents lisent.

L’édition jeunesse est un secteur très florissant, avec environ 18 % des parts de marché et près de 17 000 titres publiés l’an dernier. Néanmoins, 2017 a vu, pour la première fois, une baisse de 6,58 % de l’activité, en volume et en valeur, dans tous les secteurs. À surveiller !

ÉLÉMENTS : « Il n’y a rien de plus beau, ni de meilleur, ni de plus important au monde que de raconter des histoires », écrivait notre cher Pierre Gripari, qui plaçait au premier rang des bienfaiteurs de l’humanité les génies inconnus qui ont conçu l’histoire de Peau d’âne, de Blanche Neige ou de Cendrillon. Sans parler de génies inconnus, quels sont les grands conteurs actuels ?

ANNE-LAURE BLANC. L’ère des collecteurs de contes — Grimm, Arnason, Affanassiev — est achevée même si l’on exhume, ici ou là, un conte inuit ou bambara. Certains de ces contes de la tradition orale sont devenus le fonds le plus précieux d’une culture enfantine, alors même que le conte est tout sauf léger et naïf : il parle de la vie et de la mort, des généalogies et des transgressions, de la vertu, mais aussi de la ruse et des traquenards.

Parmi les conteurs « littéraires » des XIXe et XXe siècles, dans la lignée d’Andersen, j’évoquerais volontiers Alphonse Daudet (La chèvre de Monsieur Seguin), Oscar Wilde (Le géant égoïste), Carlo Collodi (Pinocchio), et bien sûr Saint-Exupéry (Le Petit Prince). Depuis les années 1970, le conte est souvent devenu une structure sans réel contenu. Peut-on nommer « conteurs » les auteurs de Fantasy et de féeries, tels Timothée de Fombelle, Pierre Bottero ou Erik L’Homme ? Les auteurs qui actualisent les récits mythologiques, comme Muriel Szac, avec les trois « feuilletons » d’Hermès, de Thésée et d’Ulysse (Bayard) ? Il me semble bien tôt pour se prononcer : laissons faire le temps.

ÉLÉMENTS : « La littérature jeunesse n’échappe pas à l’expansion du modèle culturel nord-américain », écrivez-vous. Quels sont les antido.es, si l’on veut épargner nos enfants ?

ANNE-LAURE BLANC. Les histoires de cow-boys ont laissé la place aux produits dérivés des dessins animés, à l’Heroic Fantasy, au Space Opera, de qualité très variable, et au Girly, romans roses d’une absolue vacuité. Ce déferlement est assez récent ; loin de moi l’idée de récuser Lyman F. Baum (Le Magicien d’Oz) ou Jack London ! Les antidotes ? Tout le reste (ou presque !) ; notamment les récits mythologiques et les romans historiques, liés à notre identité culturelle.

ÉLÉMENTS : Sous le nom de Madame la Chouette, vous animez un blogue dont la mission est, depuis 2012, de faire « découvrir les livres qui donnent aux enfants le goût de l’aventure, le sens de l’humour et une saine curiosité ». Quelles sont les tendances de la littérature jeunesse ?

ANNE-LAURE BLANC. Romans de société, uchronies et dystopies, polars, romans historiques, documentaires… On assiste, marketing oblige, à une débauche de titres. On y trouve, en cherchant bien, de vrais beaux livres qui devraient trouver leur place parmi les classiques de demain. Le « c’était mieux avant » traduit le plus souvent un biais dans l’analyse : n’est-ce pas plutôt le meilleur qui est resté ? Peu d’auteurs jeunesse ont su captiver plus d’une ou deux générations de lecteurs. Qui se souvient des romans de Pierre Maël ou de Marcelle Vigneron ? Très attachée à la transmission de notre patrimoine culturel, je propose aussi, à côté des nouveautés de saison, les textes de « grands auteurs » classiques qui peuvent donner envie aux jeunes d’entrer en littérature. Je pense à de très belles éditions de L’homme qui plantait des arbres de Giono (illustrations d’Olivier Desvaux, Gallimard Jeunesse) ou des Boîtes de peinture de Marcel Aymé, accompagnées des bois gravés de May Angeli (Les Éditions des Éléphants), à qui l’on doit aussi une superbe édition des Histoires comme ça de Rudyard Kipling (Le Sorbier).

ÉLÉMENTS : Vous semblez avoir un penchant pour le conte plutôt que le roman, ainsi qu’une inclination certaine pour les contes japonais, coréens…

ANNE-LAURE BLANC. La raison en est toute simple : il est plus rapide de recenser des albums que des pavés — or je me fais une règle de lire de A à Z tous les ouvrages que je chronique à raison de quatre « coups de cœur » hebdomadaires.

Cela dit, tout album illustré ne recèle pas un conte au sens strict ; on y trouve de la poésie, des fables animalières, de simples chroniques de la vie quotidienne, des récits mythologiques… Quant aux contes japonais ou coréens, ils sont souvent inspirés de belles valeurs traditionnelles : respect des ancêtres, caractère sacré de la nature, rituels quotidiens, jusqu’aux kamis, ces créatures facétieuses, tout cela parle aux enfants. De plus, les illustrateurs de ces albums allient élégance et inventivité graphique à un réel talent d’observation de la petite enfance.

Anne-Laure Blanc, Valérie d’Aubigny et Hélène Fruchard,
Une bibliothèque idéale, que lire de 0 à 16 ans ?
chez Critérion,
288 pp.,
18 €.

Michigan — université annule « Monologues du vagin » car « toutes les femmes n’ont pas de vagin »

Posted: 19 Nov 2018 12:26 AM PST
Les dirigeants d’une université du Michigan ont décidé d’annuler la représentation des Monologues du vagin pour cause de discrimination inacceptable, car « toutes les femmes n’ont pas de vagin ».

Selon The Ann Arbor News, le Centre de ressources pour les femmes de l’East Michigan University a mis le holà à la représentation de cette pièce emblématique du féminisme radical, car elle n’est destinée qu’aux femmes qui ont l’anatomie physique qui accompagne le sexe féminin…

La décision a été prise après que le Centre de ressources pour les femmes a mené une enquête sur « Les monologues du vagin ». Les opposants au drame se sont inquiétés du fait que la production exclue certaines femmes, notamment celles qui n’ont pas de vagin.

En raison des lois sur le droit d’auteur, la pièce ne peut pas être modifiée pour inclure les femmes transgenres. L’école s’est donc contentée de l’annuler complètement.

Le centre de ressources a publié la déclaration à la suite de l’annulation :

« Nous estimons que cette décision est conforme à la mission du Centre de ressources pour les femmes (CRF) consistant à reconnaître et à célébrer les diverses représentations des femmes sur le campus, ainsi qu’à la mission générale du Département de la diversité et de la participation communautaire, au sein duquel est hébergé le CRF, d’appuyer et de responsabiliser les minorités, les étudiants et les systèmes et structures difficiles qui perpétuent les inégalités. »

L’Université américaine a plutôt créé une nouvelle pièce intitulée « Monologues novateurs » pour « élargir la portée des organes génitaux féminins aux identités et organes multiples » et le Mount Holyoke College a décidé de mettre fin à sa performance annuelle de la production.

Triste nouvelle, car Radio-Canada aime beau

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