Vers où va-t-on ? Le crâne américain : Il se désagrège ou est-il juste un peu fin ?

Vers où va-t-on ?

Le crâne américain : Il se désagrège ou est-il juste un peu fin ?

Posted: 08 Nov 2018 05:58 AM PST
Article original de Dmitry Orlov, publié le 2 novembre 2018 sur le site Club Orlov
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Un curieux et lourd déséquilibre s’est développé entre les trois grandes puissances internationales – les États-Unis, la Russie et la Chine. Au fur et à mesure que ces deux dernières se renforcent et, avec leurs voisins, s’unissent pour former un ensemble eurasien cohésif et coopératif, la première, plongée dans un bourbier qu’elle a elle-même créée, devient de plus en plus désespérée et commence à agir d’une manière qui est économiquement et militairement provocatrice, voire carrément auto-destructrice. Des sanctions aux taxes douanières en passant par les bruits de sabre, les États-Unis refusent de s’effacer discrètement. Les réponses de la Russie et de la Chine à ces provocations ont été mesurées et prudentes.

La confrontation entre les États-Unis et la Russie se limite principalement à la sphère militaire. Le commerce de la Russie avec les États-Unis est minuscule. Les États-Unis produisent très peu de produits dont la Russie a besoin et ne peuvent trouver un partenaire plus amical et plus fiable en matière d’importation. (Il y a quelques produits américains dont la Russie n’a certainement pas besoin mais qu’elle importe quand même, comme les logiciels Microsoft et les films hollywoodiens, mais c’est une autre histoire). D’autre part, les États-Unis ont absolument besoin des moteurs de fusées russes ainsi que de plusieurs produits de base essentiels pour la technologie spatiale. C’est la raison pour laquelle les sanctions économiques américaines à l’encontre de la Russie ont été si inefficaces, voire bénéfiques à certains égards, forçant la Russie à remplacer les importations par une production nationale et à rechercher des partenaires commerciaux plus amicaux.

Dans le domaine militaire, la Russie s’est efforcée d’invalider les efforts déployés par les États-Unis pour s’équiper et se positionner afin de pouvoir lancer une « première frappe nucléaire réussie », concept manifestement erroné, car tout déclenchement d’une guerre nucléaire serait une défaite automatique pour toutes les parties en conflit, qu’elles y soient ou non parties prenantes. Les nouveaux missiles russes sont en cours de déploiement et, avec eux, la destruction mutuelle assurée est à nouveau assurée, puisqu’il n’existe aucune technologie, même au stade de la conception, pour les intercepter ou les neutraliser.

En ce qui concerne la guerre conventionnelle, les coups de mentons et la posture de l’OTAN le long de la frontière russe peuvent sembler provocateurs, mais il s’agit en réalité d’acheminer des fonds vers le complexe militaro-industriel, et non de préparer la guerre. Aucun des deux camps n’est le moins du monde susceptible de lancer une invasion quelconque. Si la Russie décide d’ajouter des territoires, comme les parties historiquement russes de l’Ukraine, elle le fera pacifiquement, par un référendum populaire, comme elle l’a fait pour la Crimée.

La belligérance américaine contre la Russie se manifeste par d’autres moyens, tels que les efforts visant à déstabiliser la Russie sur le plan politique, mais ceux-ci ont eux aussi échoué – et de manière spectaculaire. D’innombrables millions en subventions et en argent cash ont été versés aux soi-disant « libéraux » russes pour tenter d’ouvrir et d’adoucir la politique russe en prélude à l’installation d’un régime fantoche souple, dominé par des Gorbatchev ou Eltsine, mais en vain. Des « libéraux » semi-fossilisés apparaissent parfois encore dans les talk-shows russes, mais seulement en tant que clowns. Ils ont le droit de débiter leurs vieilles rhétoriques fatiguées pendant que les autres panélistes les clouent au pilori avec des œufs et des légumes pourris, rhétoriques faites pour le plus grand plaisir de l’auditoire.

Les objectifs militaires de la Chine sont beaucoup moins ambitieux que ceux de la Russie. Oui, elle peut lancer quelques missiles nucléaires sur les États-Unis, mais elle s’est surtout équipée pour invalider définitivement les affirmations des États-Unis qui prétendent pouvoir étendre leur protection à leurs alliés dans la région – Japon et Corée du Sud. Le talon d’Achille de la Chine est la route maritime qui l’approvisionne en pétrole, c’est pourquoi elle a consacré tant d’énergie à la sécurisation de la mer de Chine méridionale et pourquoi elle a été si désireuse de conclure des accords d’approvisionnement à long terme avec la Russie.

La Chine est économiquement dépendante du commerce avec les États-Unis, mais elle s’est efforcée de diversifier ses relations commerciales. Le Parti communiste étant fermement aux commandes et l’Armée populaire de libération étant commandée directement par le Parti communiste, la Chine sera probablement en mesure de maintenir la stabilité politique, en dépit de difficultés extrêmes qui pourraient être infligées par l’arrêt complet des échanges commerciaux avec les États-Unis.

La Chine possède également une sorte d’arme nucléaire économique : plus de 1000 milliards de dollars de dettes en bons du Trésor américain. S’ils étaient vendus en masse sur le marché, cela réduirait à néant la capacité des États-Unis à continuer de financer leurs énormes déficits budgétaires et commerciaux, qui ne cessent de s’aggraver, détruisant ainsi leur capacité à continuer à payer pour leur complexe militaro-industriel et sabordant leur empire tentaculaire avec ses 1000 bases. Il est peu probable que la Chine fasse exploser cette arme d’un seul coup, mais elle l’utilisera probablement par quelques détonations à petite échelle, afin de ramener les États-Unis à la raison.

Ainsi, ni la Chine, ni la Russie n’ont grand-chose à craindre des États-Unis en dépit de sa belligérance militaire et économique, qui augmente avec le désespoir de sa classe dirigeante – ou devrais-je dire de ses propriétaires. Voyez-vous, les États-Unis ne sont pas tant un pays qu’un country club : c’est une affaire de membres seulement, tandis que tous les autres, qu’ils soient nés dans le pays ou invités, sont les bienvenus pour servir l’oligarchie tant qu’ils demeurent utiles. Après cela, ils sont libres de mourir dans la rue comme des clochards.

Et l’oligarchie a toutes les raisons d’être extrêmement inquiète. Sa richesse est principalement libellée en argent (cela peut sembler une tautologie, mais ce n’est pas le cas : argent≠richesse). En retour, la valeur future de l’argent dépend du niveau futur de l’activité économique, qui à son tour dépend de l’accès à l’énergie qui rend l’activité économique possible. Cette énergie provient principalement des combustibles fossiles. Oui, il s’agit toujours de pétrole : pas de pétrole, pas d’industrie, pas d’argent, et beaucoup d’oligarques hystériques et en colère.

Vous avez peut-être entendu dire que l’idée de Peak Oil est morte et que les États-Unis sont la nouvelle Arabie Saoudite grâce à tout le pétrole de schiste rendu accessible par le miracle de la fracturation hydraulique. Vous n’avez peut-être pas entendu dire que, même si la production de schiste bitumineux a été abondante, l’industrie de la fracturation n’a jamais gagné d’argent, qu’elle continue de s’endetter et qu’elle n’est qu’à quelques hausses de taux d’intérêt de faire faillite. De plus, vous n’avez peut-être pas entendu dire que les puits de pétrole de schiste s’épuisent de plus en plus rapidement, la production mensuelle des puits existants diminuant de plus d’un demi-million de barils par jour malgrés l’augmentation de la production totale à environ dix millions de barils par jour. [Il faut forer des nouveaux puits en permanence et donc brûler du capital, NdT].

Enfin, considérez que le pétrole issu des schistes bitumineux est un pétrole léger qui ne sert qu’à fabriquer de l’essence et quelques autres produits pétrochimiques. Il n’est pas utile pour fabriquer les types de carburant les plus essentiels du point de vue industriel : le carburéacteur, le diesel, le carburant marin, et pour les fabriquer, les États-Unis doivent encore importer de grandes quantités de pétrole. Bref, le pétrole de schiste n’est pas un avenir prometteur pour l’industrie américaine. Comme l’a dit Art Berman, analyste chevronné de l’industrie pétrolière, « Le pétrole de schiste est un sujet mort pour l’industrie pétrolière. »

Quelques pays disposent encore de très importantes réserves de pétrole, dont la Russie. C’est le plus grand exportateur d’énergie au monde et elle continue d’accroître ses réserves de pétrole en explorant de nouvelles parties de son vaste domaine. L’avenir énergétique de la Russie est assuré. Elle dispose des réserves nécessaires pour continuer à produire et à exporter des hydrocarbures pendant encore quelques décennies. D’ici là, pour se sevrer des combustibles fossiles, elle devra commencer à construire une douzaine de centrales nucléaires par an. Ce ne sera pas un problème : Rosatom construit actuellement trois usines en Russie, une mini-centrale flottante de 70 MW, ainsi que des usines en construction ou en projet en Turquie, au Belarus, en Iran, en Égypte, en Inde, en Hongrie, au Bangladesh, en Chine et en Finlande. La Russie possède la maîtrise du cycle du combustible nucléaire et traite environ la moitié du combustible nucléaire dans le monde. Elle dispose de réserves d’uranium suffisantes pour durer quelques siècles. Ensuite, il faudra trouver comment construire des usines capables de brûler du plutonium en toute sécurité (ce qui n’est pas une mince affaire, mais il leur reste encore quelques siècles pour y parvenir).

Dans l’intervalle, la Russie préférera de loin acheminer son pétrole et son gaz vers la Chine, qui est proche et amicale, plutôt que vers les États-Unis, qui sont éloignés et hostiles. Une fois la fête du schiste terminée, les États-Unis vont une fois de plus devenir affamés d’importations d’énergie, mais sans personne vers qui se tourner. Si ce pays semble désespéré et agit de façon dangereuse maintenant, attendez vous qu’il le soit encore plus face à la fois à une pénurie d’argent et à une pénurie d’énergie !

Pour l’instant, les États-Unis peuvent se sentir désespérés, mais au moins ils ne sont pas suicidaires. Certains généraux américains ont déclaré publiquement qu’ils désobéiraient à des ordres illégaux, comme celui de lancer une frappe nucléaire préventive. C’est absurde, bien sûr, parce qu’ils n’ont désobéi à aucun des ordres illégaux précédents, commettant une multitude de crimes de guerre en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et ailleurs. Si un nouveau tribunal de Nuremberg avait lieu aujourd’hui, beaucoup d’entre eux finiraient par se balancer au bout d’une corde. Ce qu’ils veulent dire, c’est qu’ils ne feront rien qui puisse les tuer en retour, comme une attaque nucléaire contre un adversaire ayant l’arme nucléaire. Si on retient le meilleur, c’est bien qu’ils ne soient pas suicidaires. Mais le resteront-ils si les États-Unis s’effondrent dans le chaos et la guerre civile ?

Mais que devraient faire la Chine et la Russie pour maîtriser les États-Unis avant qu’il ne soit trop tard ? Lorsqu’elles se tournent vers les États-Unis, elles voient un pays qui abrite, de façon permanente ou temporaire, des millions de leurs propres compatriotes, dont beaucoup gagnent des sommes importantes au service de l’oligarchie et de leurs corporations ou simplement gagnent bien leur vie. La Chine ne voit aucune raison de leur faire du mal, comme à qui que ce soit d’autre, en arrachant le tapis sous les pieds de l’économie américaine ; la Russie ne voit aucune raison de les mettre en danger en augmentant les chances d’une confrontation militaire.

Il y a une dimension morale à tout cela. Il est évident que les États-Unis sont en train de perdre. Son élite dirigeante et les oligarques qui la soutiennent doivent être maîtrisés avant qu’ils ne causent des dommages indicibles, et le pays doit être contraint d’accepter un changement de cap dramatique : réduire sa dimension militaire, rapatrier toutes ses troupes, mettre son économie en mode survie et concentrer tous ses efforts sur le remboursement des dettes internationales. Mais le principe du « d’abord éviter les dégâts collatéraux » s’applique toujours à ceux qui souhaitent réformer les États-Unis de l’extérieur.

Le recours à une certaine doctrine juridique peut être utile ici. Dans les affaires délictuelles, et dans certaines affaires pénales dans certaines juridictions, une distinction est faite entre deux catégories assez macabres de plaignants : « crâne fin » et « crâne en miettes ». Un plaignant à crâne mince, à moins d’être frappé à la tête, devrait être en mesure de mener une vie longue et relativement saine, tandis que la vie d’un plaignant au crâne en miettes sera forcément écourtée, indépendamment d’un coup reçu. Dans le cas du patient au crâne mince, l’accusé assume l’entière responsabilité de la perte de sa vie, même s’il n’était pas au courant de la présence du crâne mince du plaignant. Dans le cas d’un personne au crâne en miettes, la responsabilité ne porte que sur la différence entre le résultat de l’action de l’accusé et celui de l’état préexistant du plaignant. Il peut y avoir d’autres considérations, comme le risque de préjudice que l’accusé a pu causer au plaignant ou à la société, qui peuvent réduire davantage la responsabilité de l’accusé.

Les États-Unis sont-ils un plaignant à crâne mince qui pourrait continuer à vivre pendant une période indéterminée tant que d’autres nations n’interfèrent pas avec ses efforts de plus en plus désespérés et futiles pour maintenir son statut de superpuissance mondiale en voie de disparition rapide ? Ou s’agit-il d’un patient dont le crâne est en miette et succombera inévitablement à ces conditions préexistantes (épuisement des combustibles fossiles, endettement fugitif, système militaire surdimensionné, abus et négligence sociaux, dégénérescence culturelle, corruption politique et financière systémique…), quelles que soient les actions d’un quelconque tiers, mais dans l’intervalle, peut-il représenter un danger suffisant pour justifier une action contre lui ?

Comme Poutine l’a dit récemment, si les États-Unis attaquent la Russie, « Nous irons au ciel, et ils mourront simplement comme des chiens… parce qu’ils n’auront aucune chance de se repentir. » C’est clair comme de l’eau de roche et inattaquable d’un point de vue moral. Mais est-ce suffisant ? Serait-il moral pour la Russie et la Chine de rester les bras croisés alors que les États-Unis se déchirent de l’intérieur tout en s’en prenant au monde de manière imprévisible et de plus en plus dangereuse ? On dirait qu’il y a un travail à faire, pendant que le ciel peut encore attendre.
Les cinq stades de l’effondrement

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Trump contre la Fed : quand les marchés s’effondrent, qui est responsable ?

Posted: 08 Nov 2018 05:54 AM PST
Article original de Brandon Smith, publié le 17 octobre 2018 sur le site alt-market.com
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Après un certain temps d’examen approfondi de l’histoire, quiconque est honnête et relativement objectif en vient à comprendre que la plupart de ce qu’on nous dit sur notre passé dans les médias dominants est complètement fabriqué. Nous apprenons qu’une grande partie de « l’histoire » n’est pas liée à la postérité ou à l’héritage, mais plutôt à un ensemble continu de faux récits truffés de demi-vérités. C’est-à-dire que ce que nous pensions savoir sont des mensonges.

Malheureusement, ces mensonges peuvent être complexes, au point que même de nombreux chercheurs alternatifs sont pris dans leurs propres préjugés perdant de vue la réalité. Bien sûr, c’est ce que la propagande et la guerre de 4e génération sont censées accomplir ; cela crée une série de filtres qui éclaircissent la foule des chercheurs de vérité. Ceux qui parviennent à passer de l’autre côté de la frontière peuvent découvrir le tableau d’ensemble, mais lorsqu’ils se retournent pour expliquer ce qu’ils ont vu, il n’y a presque plus personne pour les écouter.

Les récits complexes de propagande sont en fait enracinés dans de simples mèmes archétypaux qui résonnent avec le sens de l’histoire perçue par la personne moyenne. Considérez les événements historiques traditionnels comme un scénario avec des rythmes bien rodés, et les personnes qui rédigent ce scénario ont l’intention que nous, le public, agissions comme un public avec une participation limitée. Notre travail consiste simplement à continuer à alimenter la machine en carburant par notre main d’œuvre jusqu’à ce que la machine n’ait plus besoin de nous et à perpétuer les histoires que la machine fabrique pour alimenter l’actualité.

Il y a beaucoup d’acteurs qui lisent des lignes du scénario historique et jouent des scènes élaborées destinées à manipuler émotionnellement les masses. Ces acteurs jouent le rôle de politiciens et de dirigeants d’État. Ce sont des magnats de la banque et des chefs d’entreprise. Ce sont les gardiens des médias et des célébrités fabriquées. Si une personne est assise dans ce qui semble être une position de pouvoir, elle est rarement ce qu’elle semble être à première vue.

J’explique cette énigme parce que beaucoup de gens prétendent que de telles choses sont évidentes, mais ils continuent de tomber amoureux du même théâtre kabuki à maintes reprises. Je l’explique aussi parce que le sujet de cet article est un parfait exemple du récit de guerre de 4e génération en action. La dernière escalade de ce que je considère comme une bataille inévitable entre l’administration Trump et la Réserve fédérale n’est pas du tout ce que les médias dominants ou la plupart des médias alternatifs pensent qu’elle est.

J’ai examiné les antécédents douteux et les associations de Donald Trump de façon approfondie dans de nombreux articles. En résumé, Trump est lié à des financiers globalistes et à des membres de groupes de réflexion depuis au moins 25 ans. Au cours des deux dernières années, il a proposé la candidature de ces mêmes personnes macabres au sein de son cabinet ou les a empilées dans son cabinet.

Pour illustrer la gravité du problème, je suggère aux lecteurs d’examiner des gens comme Wilber Ross, l’agent bancaire Rothschild qui a sauvé Trump de ses dettes considérables au casino du Taj Mahal il y a des décennies, et qui est maintenant le secrétaire au Commerce.

Larry Kudlow, directeur du Conseil économique national et conseiller de Trump, est un ancien économiste de la Réserve fédérale de New York. Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, était un membre éminent de Goldman Sachs.

Pendant l’élection, la rhétorique de Trump au sujet de la prise de contrôle de Washington par les banques était très critique, mais il s’associe maintenant étroitement avec les anciens des banques que de nombreux conservateurs considéreraient comme suspects ou peu fiables dans leurs motivations. Certains d’entre eux sont remplacés par d’autres élites bancaires. À chaque instant, il y a toujours plusieurs élitistes financiers dans les couloirs de la Maison-Blanche et la plupart d’entre eux sont liés à des organisations ayant une mission résolument globaliste.

Ce fait devrait faire comprendre à tous ceux qui ont du bon sens que lorsque Trump « entre en guerre » contre les banquiers dans ses discours, ce qu’il produit, c’est du théâtre. Ainsi, quand je lis les dernières nouvelles selon lesquelles Trump qualifie la Réserve fédérale de « folle » et lui reproche la dernière chute boursière d’octobre, je dois dire que c’est probablement encore plus théâtral. Cependant, ce théâtre a un but.

En février 2017, dans mon article intitulé « S’il y a une bataille entre Trump et la Réserve fédérale, qui va vraiment gagner ? », j’ai expliqué pourquoi un conflit entre Trump et la banque centrale aiderait en fait les globalistes à détrôner le dollar américain comme monnaie de réserve mondiale d’une manière qui donne l’impression que c’est une catastrophe aléatoire de chaos politique plutôt qu’un événement prévu. Cela ouvrirait la voie à un nouveau système de monnaie unique mondiale que certains internationalistes appellent le « reset économique mondial ».

Dans mon article « Trump contre la FED : l’Amérique sacrifiée sur l’autel du NOM », publié en juillet, je suis allé encore plus loin et j’ai prédit un choc chorégraphié entre Trump et la Réserve fédérale.

Il semble maintenant que cet affrontement ait été lancé.

Le fait que les médias financiers grand public soient soudainement revenus à la panique à la suite d’une chute de quelques milliers de points dans le Dow Jones devrait faire réfléchir les gens. Il s’agit d’un changement de ton par rapport aux déclins précédents, où les médias ont rejeté ou écarté la chute des actions comme une simple « correction ». Aujourd’hui, des chaînes comme Bloomberg parlent de « crise ».

Comme je l’ai noté dans le passé, les médias grand public et les banques centrales n’avertissent pas des crises longtemps à l’avance comme le font les médias alternatifs. Au contraire, ils mettent en garde contre une crise quelques semaines ou quelques mois à l’avance, trop tard pour que la personne moyenne puisse s’y préparer. Le récent changement d’attitude des médias dominants suggère que la prochaine étape de l’effondrement qui se poursuit depuis 2008 arrive.

Pour les globalistes, c’est une période précaire. Si un krach se produit dans un vide narratif, le public blâmera naturellement les coupables les plus évidents, à savoir les banques centrales et les banques internationales. Ce sont les coupables évidents parce qu’ils ont largement admis avoir été les acteurs de sabotages économiques dans le passé.

Ben Bernanke a admis que la Fed était responsable de la douleur prolongée de la Grande Dépression. Alan Greenspan a admis sa culpabilité comme dirigeant de la Fed pour la bulle des années 1990 et la bulle des dérivés de 2008. En 2012, Jerome Powell a averti que lorsque la Fed déciderait enfin d’instaurer des hausses de taux d’intérêt et des réductions de bilan, les marchés dépendants des mesures de relance s’effondreraient. Aujourd’hui, en tant que président de la Fed, il met en œuvre ces politiques en sachant exactement quelles en seront les conséquences.

Le problème est, une fois de plus, un faux récit. Les banquiers centraux admettent avoir joué un rôle important dans les krachs historiques, mais ils font semblant d’ignorer les plus grands dangers de notre époque. Ils exploitent également les boucs émissaires pour détourner l’attention du public de leurs activités.

Pour la Grande Dépression, Bernanke admet que les mesures de resserrement de la Fed dans le cadre de la faiblesse économique de l’époque ont prolongé et augmenté l’horreur de la Grande Dépression, mais la position officielle de la Fed est de blâmer l’existence du standard or. Pour la bulle des produits dérivés, les banquiers centraux admettent un « manque de prévoyance » de la part de la Fed, mais considèrent toujours la « dérégulation » comme la première cause du krach de 2008. Pour la prochaine phase de déclin économique en 2018, ils ont un nouveau bouc émissaire ; un bouc émissaire qui les aide – Donald Trump.

Comme je l’avais prévenu en mars de cette année, la carrière présidentielle de Trump a jusqu’à présent ressemblé de près (et étrangement) à celle du président républicain Herbert Hoover juste avant le crash de 1929. Trump a mis en œuvre d’importantes réductions d’impôt, des programmes de dépenses d’infrastructure et des tarifs douaniers importants dans la foulée d’une instabilité économique, tout comme Hoover l’a fait. Et comme au début de la Grande Dépression, la Réserve fédérale augmente également ses taux à mesure que le reste de l’économie faiblit.

Trump offre une couverture parfaite aux élites bancaires pour qu’elles puissent continuer à retirer le soutien vital du système et à faire imploser une bulle vieille de 10 ans dans les marchés des actions et les obligations. Sa guerre commerciale peut être utilisée de nombreuses façons pour contrecarrer tout blâme des banques centrales qui démolissent délibérément ces marchés. Le fait que Trump a facilement pris le crédit pour les gains boursiers épiques au cours des deux dernières années aide également beaucoup la Réserve fédérale.

Au cours de sa campagne, M. Trump a averti que les marchés boursiers étaient « une grosse bulle » créée artificiellement par la manipulation des faibles taux d’intérêt par la Fed. Maintenant, Trump attaque la Fed en la traitant de folle pour avoir augmenté les taux d’intérêt et dégonflé cette même bulle. Trump joue un rôle particulier dans le scénario globaliste – celui du méchant, celui qui a trop d’arrogance et qui détruit tout.

Si le conflit entre la Réserve fédérale, une banque privée, et la Maison-Blanche se poursuit, les conservateurs pourraient obtenir le résultat qu’ils ont toujours voulu, mais avec de nombreuses casseroles dans le dos. Alors que la farce va de l’avant, attendez-vous à ce que la participation des capitaux étrangers dans les bons du Trésor américain et le dollar chute encore davantage. Il y a dix ans, un audit ou la fermeture de la Fed aurait pu inverser le cours de l’Amérique pour le mieux. Maintenant, je crois que les globalistes veulent sacrifier la Fed et le dollar. Pourquoi ? Comme l’a noté le journal The Economist de Rothschild en 1988 dans son article sur le lancement d’une monnaie mondiale en 2018, les États-Unis et le dollar doivent être réduits afin de céder la place à un nouveau modèle dirigé par le Fonds monétaire international.

La Fed n’est rien de plus qu’une branche de franchise, et si sa fermeture permet de gagner plus de pouvoir à long terme, c’est exactement ce qu’ils vont faire. Le FMI et la BRI sont en train de devenir la nouvelle « Fed globale », et le jeu est sur le point de changer radicalement.

Les folies scénarisées de Trump ne préparent pas seulement le terrain pour un krach boursier dont lui et les conservateurs seront blâmés à la place des élites bancaires, elles préparent aussi le terrain pour le hochet de la mort du dollar. Le premier combat de Trump avec la banque centrale créera des doutes considérables sur la dette américaine ainsi que sur le statut de réserve mondiale du dollar. Ce chaos parfaitement chronométré est avantageux pour les globalistes, dont les objectifs incluent une relance économique et un nouveau système monétaire ; les actions de Trump ne s’inscrivent pas dans une bataille héroïque pour la République.

Pour répondre à la question initiale de savoir qui est à blâmer pour le désastre à venir, la Fed et Trump sont tous les deux à blâmer, car ils jouent tous les deux leur rôle dans la même fausse histoire.

Brandon Smith

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