Pour une école libre au Québec : Singapour — Il est permis de copier Nigel Farage : la partialité, un cancer au cœur de nos universités Et si la diversité diminuait la confiance ? (rediff) ECR : le temps de l’abolition est venu Trudeaupie : la diversité, l’ « entropie » est notre force. Vos impôts à l’œuvre : marionnette trans pour « expliquer » aux jeunes écoliers

Pour une école libre au Québec

Singapour — Il est permis de copier
Nigel Farage : la partialité, un cancer au cœur de nos universités
Et si la diversité diminuait la confiance ? (rediff)
ECR : le temps de l’abolition est venu
Trudeaupie : la diversité, l’ « entropie » est notre force.
Vos impôts à l’œuvre : marionnette trans pour « expliquer » aux jeunes écoliers

Singapour — Il est permis de copier

Posted: 09 Sep 2018 11:44 PM PDT
Lorsque l’île de Singapour est devenue un État indépendant en 1965, elle comptait peu d’amis et encore moins de ressources naturelles. Comment est-elle devenue l’un des plus grands centres commerciaux et financiers au monde ? Lee Kuan Yew, son premier Premier ministre, a expliqué que la stratégie consistait à « développer la seule ressource naturelle disponible de Singapour : ses habitants ».

Selon The Economist de Londres, aujourd’hui, le système éducatif de Singapour est considéré comme le meilleur au monde. Le pays se classe toujours en tête du Programme de l’OCDE pour l’évaluation des élèves (PISA), une série de tests que des élèves de 15 ans issus de dizaines de pays passent tous les trois ans dans trois matières : les mathématiques, la lecture et les sciences. Les élèves singapouriens ont environ trois ans d’avance sur leurs pairs américains en mathématiques. Singapour réussit tout aussi dans les examens auxquels sont soumis des enfants plus jeunes et les diplômés de ses meilleures écoles se retrouvent dans les meilleures universités du monde.

L’île État peut en apprendre à plus d’un titre au reste du monde. Mais les autres pays sont des élèves récalcitrants. Une des raisons qui explique cette réticence : Singapour privilégie la pédagogie traditionnelle où les enseignants donnent un cours magistral face à leur classe. Cela contraste avec la préférence de nombreux réformateurs qui privilégie un enseignement plus souple, plus « progressiste » dont le but est d’apprendre aux enfants à apprendre par eux-mêmes. Bien que les études internationales donnent à penser que l’enseignement magistral (« l’instruction directe ») est, en effet, un bon moyen de transmettre des connaissances, ses détracteurs soutiennent que la méthode de Singapour consiste à « bûcher et tuer » et qu’il produit de malheureux matheux sans imagination. Les parents s’inquiètent du stress que le système impose à leurs enfants et à eux-mêmes alors qu’ils convoient leurs enfants à des cours particuliers.

Pourtant, le cas de Singapour démontre qu’être premier de classe ne signifie pas avoir de mauvaises compétences interpersonnelles. En effet, en 2015, les étudiants singapouriens ont également obtenu la première place dans un nouveau classement PISA conçu pour observer comment les élèves collaborent pour résoudre des problèmes. Singapour a obtenu des résultats en collaboration qui surpassaient ses excellents résultats en lecture et en sciences. Les élèves singapouriens se sont également déclarés heureux, plus que les élèves en Finlande, par exemple, un pays que les pédagogues présentent souvent (pour les mauvaises raisons selon Nathalie Bulle) comme une façon d’obtenir des résultats exceptionnels avec des méthodes plus « affectueuses » d’enseignement. Non contente de ses réalisations, Singapour introduit actuellement des réformes pour améliorer la créativité et réduire le stress à l’école. Ce n’est pas un signe d’échec, mais plutôt le résultat d’une recherche constante et graduelle d’amélioration fondée sur des données probantes. C’est la première des trois leçons du Singapour au reste du monde.

Là où d’autres pays procèdent souvent à des réformes fragmentaires et non coordonnées, Singapour essaie de considérer le système dans son ensemble. Il investit beaucoup dans la recherche en éducation. Toutes les réformes sont éprouvées, les résultats sont suivis avec diligence avant que les réformes proposées ne soient généralisées. Une attention particulière est portée à la manière dont les nouvelles idées et résultats devraient être appliqués dans les écoles. Des manuels, des cahiers d’exercices et des exemples pratiques sont élaborés avec soin — des pratiques souvent considérées comme désuètes en Occident.

La deuxième leçon consisterait à adopter la méthode d’enseignement particulière de Singapour, notamment en mathématiques, comme le font déjà les États-Unis d’Amérique et l’Angleterre dans une certaine mesure. Elle met l’accent sur un programme moins ambitieux, mais plus approfondi et vise à ce que toute une classe progresse. Les élèves en difficulté doivent participer à des séances supplémentaires pour les aider à suivre le rythme ; et même les moins doués ont d’assez bons résultats. Une analyse menée en 2016 en Angleterre a montré que l’approche singapourienne avait amélioré les résultats, même si elle était quelque peu diluée dans son application anglaise.

La troisième leçon, la plus importante, est de privilégier la formation d’excellents enseignants. À Singapour, ils suivent 100 heures de formation par an pour se tenir au courant des dernières techniques. Le gouvernement les paie bien aussi. Il accepte la nécessité de classes plus importantes (la moyenne est de 36 élèves contre 24 dans l’ensemble de l’OCDE et 12 dans les classes dédoublées des banlieues immigrées en France). Car mieux vaut avoir de grandes classes données par d’excellents enseignants que de plus petites aux mains de médiocres. Les enseignants qui cherchent de l’avancement sans devenir directeurs d’école peuvent devenir de « maîtres enseignants », responsables de la formation de leurs collègues. Les meilleurs enseignants obtiennent des affectations au ministère de l’Éducation et des primes importantes. Dans l’ensemble, les enseignants sont payés à peu près comme les diplômés dans le secteur privé. Les enseignants sont également soumis à de rigoureuses évaluations de performance annuelles.

Le système singapourien n’est pas exempt de reproches. D’autres pays souhaiteraient peut-être éviter de diriger les élèves les moins performants vers des écoles séparées à partir de 12 ans. Les avantages de cette pratique ne sont pas prouvés et cela contribue au stress des examens. La taille de Singapour permet en outre un degré de centralisation inhabituel. Le directeur général du ministère de l’Éducation dit connaître personnellement plus de 80 % des directeurs d’école, ce qui facilite la surveillance de ce qui se passe.

Ajoutons, que comme ailleurs en Asie, l’investissement massif des parents dans l’éducation de leur progéniture semble mener à un singulier effondrement de la natalité. Ce paradis économique d’Asie du Sud-Est affiche l’un des pires taux de fécondité au monde. Bonus financiers, cadeaux, chansons pour émoustiller les esprits… mais plus rien ne donne envie d’être parent.

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Nigel Farage : la partialité, un cancer au cœur de nos universités

Posted: 09 Sep 2018 07:54 PM PDT
Lors d’une réunion tenue à Melbourne en Australie, le 7 septembre 2018, Nigel Farage s’est insurgé contre la culture actuelle dans les universités occidentales.

Le député britannique au Parlement européen a déclaré : « Je pense qu’un cancer s’est répandu au cœur de nos universités. Nous n’enseignons plus aux jeunes de façon impartiale les questions d’actualité. Je voudrais voir des gouvernements forts qui disent : “À moins que les universités s’assurent que l’on présente aux jeunes les deux points de vue sur une question, tout fi nancement public cessera.” »

Et si la diversité diminuait la confiance ? (rediff)

Posted: 09 Sep 2018 01:30 PM PDT
En novembre 2006, un article paru dans The Australian du 10/X/2006 sous la plume de Peter Wilson, se penchait sur les travaux du professeur Robert Putman, éminent sociologue américain, sur La diversité ethnique, source de méfiance.

Le 5 août 2007 paraissait dans The Boston Globle, sous la signature de Michael Jonas, un intéressant compte rendu des recherches de Robert Putnam sur « L’inconvénient de la diversité ».

En voici un résumé emprunté au carnet de J.C. Durbant accompagné de quelques extraits significatifs.

Immigration : « L’inconvénient de la diversité » (The downside of diversity)

Les recherches du professeur Robert Putman confirment que, contrairement aux idées reçues du politiquement correct mais en accord avec le sens commun, la diversité est loin de n’avoir que des effets heureux.

Si elle peut stimuler la créativité et la résolution de problèmes et ainsi contribuer à produire les avancées spectaculaires des grandes métropoles, elle est aussi, au départ, productrice de malaise social et de méfiance, et peut faire sérieusement baisser l’investissement social de chacun jusqu’au sein même de sa propre communauté. Laissant supposer qu’au-delà d’un certain seuil, les effets pourraient en fait s’inverser.

Même s’il est dommage que les recherches de Putnam (ou du moins le compte rendu qui en est fait) n’envisagent pas, au-delà des différences sur lesquelles tout le monde se focalise, les questions de pertes de repères ou de limites (mais qu’on retrouve nécessairement dans des zones à forte diversité) qui, on le sait depuis au moins René Girard, sont en fait les vraies sources de conflit et de tensions sociales…

Extraits de l’article :

Les inconvénients de la diversité, selon Putnam :

Plus la diversité dans une communauté est grande, moins les gens votent, moins ils sont bénévoles, moins ils donnent à des associations caritatives et moins ils travaillent à des projets communautaires.

La diversité, visiblement, nous met mal à l’aise — mais il se trouve que le malaise n’est pas toujours une mauvaise chose. Le malaise lié aux différences explique pourquoi des équipes d’ingénieurs de différentes cultures peuvent être idéalement adaptées à la résolution de problèmes difficiles. Le choc des cultures peut produire une dynamique de concessions mutuelles, produisant une solution qui aurait pu échapper à un groupe de personnes issues de milieux et d’approches plus semblables.

« Il serait regrettable qu’un progressisme politiquement correct ne tienne pas compte de la réalité du problème que pose la diversité à la solidarité sociale. Il serait tout aussi regrettable qu’un conservatisme anhistorique et ethnocentrique estime qu’il n’est ni possible ni souhaitable de traiter ce problème. »

Les communautés plus diversifiées ont tendance à s’agrandir, ont de plus grandes gammes de revenus [une moindre homogénéité des revenus], des taux de délinquance plus élevés, et plus de mobilité parmi leurs membres – tous facteurs qui pourraient réduire le capital social indépendamment de n’importe quel impact que pourrait avoir la diversité ethnique.

En ceci, Putnam remet en cause les deux écoles dominantes de la pensée sur la diversité ethnique et raciale : la théorie du « contact » et la théorie du « conflit ». Selon la théorie du contact, c’est en passant plus de temps avec des personnes d’origines différentes que l’on arrivera à plus de compréhension et d’harmonie entre les groupes. Selon la théorie du conflit, c’est cette proximité qui crée tension et discorde.

Les conclusions de Putnam rejettent les deux théories. Pour lui, dans les communautés plus diversifiées, il n’y a pas davantage de liens entre gens d’un même groupe, il n’y a pas non plus d’aggravation des tensions ethniques, mais il y a un malaise civique général. Et, ce qui est peut-être le résultat le plus étonnant, c’est que les niveaux de confiance sont plus bas non seulement entre les groupes d’ethnicités diverses, mais même entre les membres d’un même groupe.

Selon l’économiste Edward Glaeser, de Harvard, « c’est un élément important qui s’ajoute à un ensemble de données croissant relatif aux problèmes créés par la diversité. » Dans une étude récente, Glaeser et son collègue Alberto Alesina ont démontré qu’à peu près la moitié de la différence des dépenses sociales entre les États-Unis et l’Europe — l’Europe dépense bien plus — peut être attribuée à une plus grande diversité ethnique de la population américaine. Glaeser indique que cette dépense sociale nationale inférieure des États-Unis est une “macro” version de la régression de l’engagement civique constaté par Putnam dans les communautés plus diversifiées de son pays.

Dans un article de 2003, les économistes Matthew Kahn d’UCLA [Université de Californie à Los Angeles] et Dora Costa de MIT [Institut de Technologie du Massachusetts] ont analysé 15 études récentes qui, toutes, établissent un lien entre la diversité et les bas niveaux de capital social. Une plus grande diversité ethnique est liée, par exemple, à des financements moindres pour les écoles, à des taux de réponse plus faibles aux recensements et à une confiance plus limitée envers les autres. Les propres recherches de Kahn et de Costa ont relevé que les taux de désertion pendant la Guerre civile étaient plus élevés parmi des soldats de l’armée de l’Union servant dans des compagnies où les soldats étaient les plus divers du point de vue de l’âge, du métier et du lieu de naissance.

Alors, comment expliquer New York, Londres, Rio de Janeiro, Los Angeles — ces grandes villes de creuset qui conduisent les économies créatrices et financières mondiales ? L’image de cette lassitude civique qui affaiblit les communautés diversifiées ne s’accorde pas avec la vigueur souvent liée aux centres urbains, où la diversité ethnique est la plus grande [Note du carnet : Rio n’est pas une ville riche et Los Angeles s’appauvrit].

Il s’avère qu’il existe un revers au malaise que peut causer la diversité. Si la diversité ethnique, au moins à court terme, est un handicap pour les relations sociales, de nouvelles recherches suggèrent qu’elle peut être aussi un grand avantage pour ce qui est de la productivité et de l’innovation.

Pour Scott Page, chercheur en sciences politiques de l’Université du Michigan, les différentes manières de penser chez des personnes de cultures différentes peuvent, dans les cénacles de haut niveau, être une aubaine : « Puisque ces personnes voient et appréhendent le monde différemment de vous, ça vous stimule. » (…) « Mais en fréquentant des gens différents de soi, on est susceptible d’avoir plus d’idées. Les équipes diversifiées ont tendance à être plus productives. »

En d’autres termes, les membres des communautés plus diversifiées peuvent jouer plus souvent seuls au quilles, mais les tensions créatrices libérées par ces différences dans le lieu de travail peuvent propulser ces mêmes lieux à la pointe de l’économie et de la culture créatrice. [Note du carnet : nous sommes sceptiques par rapport à ce lieu commun : Los Angeles a d’abord été une ville riche très blanche avant d’être une ville très multiethnique, alors que les blancs sont devenus minoritaires à Los Angeles la ville s’est en réalité appauvrie, la classe moyenne blanche fuit la ville et même l’État pour déménager dans des États voisins.[1]]

C’est ce que Page appelle le « paradoxe de la diversité ». Il pense que les effets opposés, positifs et négatifs, de la diversité peuvent coexister dans les communautés, mais qu’ « il doit y avoir une limite ». Si l’investissement civique tombe trop bas, il est facile d’imaginer que les effets positifs de la diversité puissent tout aussi bien commencer à s’affaiblir.

[1] The Decline and Fall of California: From Decadence to Destruction, Victor Davis Hanson, 159 pages, éditions PJ Media, paru le 8 décembre 2015.

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ECR : le temps de l’abolition est venu

Posted: 09 Sep 2018 01:46 PM PDT
Pour Mathieu Bock-Coté (ci-dessous) le temps de l’abolition du programme d’éthique et de culture religieuse (ECR) est venu. Un seul bémol, il faudrait savoir ce que contiendrait le cours proposé pour le remplacer. La France a depuis longtemps des cours d’éducation civique souvent critiqués y compris par la gauche bien-pensante incarnée par Médiapart. Pour le philosophe de l’éducation Jean-Claude Michéa y voit ainsi, au lieu d’une « instruction civique effective », « une forme quelconque d’éducation citoyenne, bouillie conceptuelle d’autant plus facile à répandre qu’elle ne fera, en somme, que redoubler le discours dominant des médias et du showbiz, [sous forme de] forums de discussion (conçus, cela va de soi, sur le modèle des talk-shows télévisés) » [1]

Il était temps que la question identitaire prenne sa place dans une campagne qui avait jusqu’à alors des allures d’élections municipales. Et il serait maintenant temps d’aborder le cours Éthique et culture religieuse, que la CAQ a déjà dit vouloir réformer, et que le PQ entend abolir, comme vient de nous le rappeler Jean-François Lisée dans une lettre importante rappelant ses engagements nationalistes.

Cela fait plusieurs années maintenant qu’on parle d’ECR. Si on prend la peine de lire sur l’histoire de ce cours, on comprendra que ses principaux théoriciens l’ont pensé comme une thérapie pour ouvrir une société québécoise qu’ils jugeaient à tort maladivement fermée et hostile à la différence. Il s’agissait, dès l’origine, d’un cours visant à fragiliser l’identité québécoise en inculquant une nouvelle vision du monde à la jeunesse. Autrement dit, il fallait la déconstruire pour la reconstruire sur de nouvelles bases.

Depuis quelques années, la mission politique d’ECR est devenue encore plus claire. On s’en souvient, en 2007-2008, le Québec a traversé la crise des accommodements raisonnables. Dans ce cadre, les Québécois ont fait le procès du multiculturalisme qui inverse le devoir d’intégration et les condamne à devenir étrangers chez eux. Depuis, la question identitaire s’est installée dans le paysage politique — c’est elle qui suscite les passions, désormais. Ce n’est pas surprenant : partout en Occident, elle est présente.

Mais cette critique a été très mal prise par les tenants du multiculturalisme qui y virent une flambée d’intolérance. Pour eux, ECR devait servir à réformer les mentalités québécoises et prévenir toute future crise du même genre. À défaut de convaincre les adultes des vertus du multiculturalisme, ses partisans se sont tournés vers les enfants. On peut y voir une entreprise de rééducation identitaire autoritaire menée par ceux qui veulent convertir de force le peuple québécois au multiculturalisme.

Car contrairement à ce que laissent croire ses partisans, il ne s’agit pas d’un cours visant à transmettre des connaissances sur les religions. Il s’agit d’un cours visant à convertir la jeune génération à l’idéologie des accommodements raisonnables, et fondamentalement, à développer un réflexe hostile à l’endroit du nationalisme, qu’on accusera de crispation identitaire, et même de racisme. ECR entend graver une alternative dans la tête des élèves : soit vous êtes multiculturaliste, soit vous êtes raciste.

Parlons directement : il s’agit de propagande dans le cadre scolaire. Certes, on peut trouver des professeurs qui l’enseignent d’une telle manière qu’ils proposent aux élèves une matière valable. Mais sur le fond des choses, au nom de la « diversité », il s’agit de normaliser tous les signes religieux, quels qu’ils soient, même le voile intégral, c’est-à-dire le niqab. Il s’agit de programmer l’esprit des élèves pour qu’ils jugent inconcevable la critique de tels symboles. Il faut abolir tout sens critique chez eux pour qu’ils soient paralysés dès qu’on parle « d’ouverture à l’autre ». Si jamais ils ressentaient néanmoins un malaise devant le multiculturalisme, ils devraient alors en avoir honte, en s’accusant de leur ouverture insuffisante. La philosophie diversitaire programme un réflexe culpabilisant dans la population, qui doit s’en vouloir lorsqu’elle réagit négativement à l’idée de sa conversion forcée au multiculturalisme.

Plus fondamentalement, il s’agit de disqualifier une toute conception de la culture québécoise d’abord ancrée dans l’expérience de la majorité historique francophone.

Je suis un indépendantiste convaincu. Mais si on me proposait d’inculquer mes idées politiques aux enfants à l’école, je n’y opposerais. Tout comme il faudrait s’opposer à ce que l’école enseigne le fédéralisme, le socialisme ou le conservatisme. L’école ne doit pas endoctriner les enfants, mais leur transmettre un patrimoine de civilisation, une culture, des connaissances.

[Note du carnet : nous pensons qu’il est impossible d’enseigner en toute « neutralité » des faits sociaux ou moraux. On fera toujours des choix dans la transmission de connaissances, d’une culture, d’une civilisation. On occultera des faits, on fera ressortir inévitablement certaines œuvres et figures de proue plutôt que d’autres. Ce qui est vrai cependant c’est que l’État (distinct de l’école qui peut être libre) doit minimiser cet endoctrinement a fortiori quand une forte minorité des gens s’y oppose. Cela fut le cas pour ECR. Les programmes d’éducation gouvernementaux doivent donc s’abstenir de juger et de donner trop de détails sur la façon de donner un cours en prenant position, par exemple, pour la diversité ethnique ou religieuse. C’est aussi une raison pour défendre la liberté pédagogique des écoles : leur diversité (réelle ici) si elles sont libres s’opposera plus efficacement à des politiciens trop vite tentés de corriger les problèmes qu’ils voient dans l’électorat « populiste » grâce à une école qui éduque la prochaine génération d’électeurs.]

ECR fait exactement le contraire. Il instrumentalise la pédagogie au service de l’idéologie pour fabriquer un nouveau peuple qui ne déplaira plus aux idéologues multiculturalistes.

Jean-François Lisée a raison : l’heure est venue de l’abolir.

[1] Jean-Claude Michéa, L’Enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes, Climats, 1999, 110 pages. (ISBN 978-2082131230).

Voir aussi

ECR — Ouverture au dialogue ou pédagogie du conflit pour ébranler l’identité de l’enfant et introduire une dissonance ?

ECR — Dix ans plus tard, le ministère considère corriger les manuels qu’il a pourtant approuvés

Dix ans plus tard, Sophie Durocher découvre que la valorisation de la « diversité » relativise ses valeurs « laïques » (ce n’était pas grave tant que c’était les valeurs des catholiques réactionnaires, voir comment son mari saluait l’arrivée du cours d’ECR devant Mme Morse-Chevrier en 2008) :

Le pire exemple : dans une mise en situation intitulée « La collation », on rencontre Kamila et Laurence. Le ventre de Kamila gargouille et Laurence lui propose de partager sa collation. Kamila refuse. « Je ne mange pas parce que c’est le ramadan » explique Kamila. Pendant un mois, il est interdit de manger pendant la journée, il faut attendre le coucher du soleil. Quand Laurence apprend que le ramadan dure un mois, elle s’écrie : « C’est terrible. Tes parents t’imposent cela ? Moi, je t’assure que personne ne pourrait m’obliger à faire une chose pareille ».

Et Kamila lui répond : « Ne t’inquiète pas. Je le fais au nom de ma foi et je suis très heureuse de le faire. »

On nous prend pour qui ? Qu’une ado parle de sa foi et affirme que cela la rend heureuse de jeûner alors qu’elle est en pleine croissance, on veut faire croire aux enfants que c’est normal, anodin ? Il y a des enfants allergiques au gluten et d’autres qui jeûnent pendant un mois à cause de « leur foi » ?

Mais attendez, ce n’est pas tout. Les élèves doivent répondre à un certain nombre de questions, après avoir lu l’histoire de la collation.

« La réaction de Laurence à l’égard de la diversité est-elle appropriée ? ». [note du carnet : ce genre de questions n’est pas rare dans les manuels ECR]

Tu parles d’une question piège !

C’est approprié ou pas de critiquer une religion (ou une manifestation d’une religion) ?

Imaginez un enfant qui déclare que la réaction de Laurence est tout à fait appropriée et qu’elle aurait même pu aller plus loin ?

Comment sa réponse sera-t-elle vue par le bienveillant prof d’ECR ?

Trudeaupie : la diversité, l’ « entropie » est notre force.

Posted: 09 Sep 2018 02:13 PM PDT
Militant de la diversité, le Premier ministre canadien a annoncé la diversité était « une forme d’entropie », un mot qui caractérise pourtant… la désorganisation et le chaos. C’est peut-être vrai, mais c’est paradoxal pour un militant de la diversité, à moins de considérer qu’il s’agit d’un « chaos constructif ».

Le Premier ministre canadien, qui a déjà répété à maintes reprises que pour le Canada, « la diversité est notre force », a commis une gaffe en la comparant à « une forme d’entropie ». Probablement parce que l’on dit que l’entropie de l’univers va croissante et que Trudeau considère que la diversité est un phénomène inéluctable. L’entropie a, en effet, été énoncée, dans le second principe de la thermodynamique de Rudolf Clausius, comme spontanément croissante en système isolé.

Lors de son intervention lors d’un forum tenu en anglais à Ottawa ce vendredi 7 septembre, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a souligné que le monde d’aujourd’hui évoluait « vers plus de diversité », ce qui « était une forme d’entropie ». Plusieurs commentateurs émettent l’hypothèse que le Premier ministre ne connaisse la définition scientifique précise du terme, le mot caractérisant le degré de désorganisation d’un système et son déclin progressif dans le chaos.

Ce choix de mots particulier de M.Trudeau n’a pas manqué d’attirer l’attention d’un correspondant pour CTV Ottawa, Glen McGregor :

Le Premier ministre Justin Trudeau dit aux comptables que le monde évolue vers plus de diversité. « C’est une forme d’entropie ». Hmmm.

Robyn Urback, éditrice de la page d’opinion de la CBC, a souligné que le Premier ministre pourrait inconsciemment faire écho aux sentiments de l’homme politique canadien Maxime Bernier, un fervent critique de la diversité dans la société.

Dans le même temps, le chroniqueur de The National Post, Andrew Coyne, a abordé la question avec un peu de sarcasme, choisissant de remplacer au slogan répété de M.Trudeau « la diversité est notre force » par « l’entropie est notre force ».

L’ancien enseignant Trudeau est connu pour sa maîtrise linguistique approximative :

Vos impôts à l’œuvre : marionnette trans pour « expliquer » aux jeunes écoliers

Posted: 09 Sep 2018 03:22 AM PDT
Selon Jasmin Roy, déjà tout petits, des enfants sentent que le sexe qu’on leur a assigné à la naissance n’est pas le bon. Des petites filles disent qu’elles sont des garçons et des garçons qu’elles sont de petites filles.

Que faire en tant que parents ou enseignants ? Comment accompagner les enfants et leurs petits camarades ?

Le militant homosexuel Jasmin Roy (ci-dessus à droite) président de la Fondation éponyme a décidé de concevoir des capsules qu’il dit « éducatives » animées à l’aide d’une marionnette transsexuelle, en français et en anglais, que tous pourraient utiliser. Sophie Desmarais — fille cadette du milliardaire, feu Paul Desmarais père — est la marraine d’honneur de la Fondation Jasmin Roy.

Cette fondation militante publie également quatre fascicules « pédagogiques » les accompagnant. Selon Jasmin Roy, certains enfants manifestent très jeunes « leur questionnement ou leur mal-être avec leur identité de genre ».

« Quatre, cinq, six ans, parfois à partir de deux ou trois ans », affirme Jasmin Roy.

« On ne dit jamais à un enfant qu’il est trans. Par exemple dans la vidéo, Julien qui est Julia exprime un malaise. Il dit que dans son cœur, il se sent comme un petit garçon. J’aimerais mieux avoir les cheveux courts, m’habiller différemment. Tout ce que l’on veut, c’est accompagner le jeune dans ces demandes-là », prétend Jasmin Roy.

Ajoutons quelques éléments :

Jasmin Roy et sa fondation interviennent beaucoup dans le milieu scolaire et auprès du Monopole de l’Éducation, voir ici 1) Lobby homosexualiste chez la ministre de l’Éducation, Intimidation à l’école : insultes sur le physique, les notes, l’origine culturelle et linguistique bien avant « l’homophobie » et bien sûr la « transphobie », 2) Plus les plans se plantent, plus les planificateurs planifient ou 3) Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l’hétérosexisme en classe de français, d’anglais, d’histoire et de mathématiques.

La récente épidémie transgenre chez les jeunes serait en grande partie une épidémie psychologique et semble se propager principalement par l’auto-diagnostic (et ces capsules vont sans doute renforcer ce phénomène) et par mimétisme à travers les réseaux sociaux, voir Étude suggère augmentation du nombre d’adolescentes transgenres est en partie un phénomène social, Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci).

Pour le professeur de psychologie Jordan Peterson, « Nous n’aidons pas les jeunes à trouver une voie de l’avenir noble et difficile, où ils seront responsables et avanceront confiants vers l’âge adulte. Bien au contraire. […] Et la course victimaire est lancée, la plus grande victime montera sur la plus haute marche. Et c’est vraiment mauvais, c’est particulièrement nuisible aux adolescents parce qu’ils passent par une crise identitaire, qu’ils sont mal dans leur peau. »

Selon une étude parue dans la revue Archives of Sexual Behavior, environ 70 % des ados qui se disaient LGBT se déclarent hétérosexuels par la suite. On peut se demander si les campagnes LGBTQ d’« explications » et d’« aide » auprès des écoliers ne visent pas, entre autre chose, à diminuer le nombre de jeunes qui se disaient LGBT et qui s’identifient par la suite comme hétéros.

Sous la pression des lobbies LGBTQQIP2SAA+, les autorités scolaires ont de plus en plus tendance à envoyer les enfants à des cliniques (voir Angleterre — Au moindre soupçon, des écoles considèrent désormais les élèves comme transgenres) et à se plier aux messages d’adapter toutes les écoles à d’hypothétiques écoliers « transgenres » (voir Une priorité éducative du Québec : « Adapter l’école aux écoliers transgenres »).

Pour Debra Soh, docteur en neurosciences sexuelles de l’Université York, « Cela a des implications importantes pour le bien-être de l’enfant, car la transition sociale et médicale [vers l’autre sexe] n’est souvent pas une solution appropriée. » La prise massive d’hormones a, notamment, des effets néfastes à long terme (voir Information on Estrogen Hormone Therapy).

Les contribuables participent — souvent à leur insu et bien involontairement — à ces campagnes de « sensibilisation » LGBTQ dont bénéficient des fondations comme celle de Jasmin Roy. Grâce à une demande en vertu de l’accès à l’information, nous avons pu en apprendre plus sur les activités du MELS en matière de lutte à l’hétérosexisme (oser considérer que l’hétérosexualité est plus normale que l’homosexualité). Une des principales activités (voir ci-dessous) financées dans ce cadre a coûté 5,7 millions de dollars aux contribuables québécois pour l’année scolaire 2012-2013.

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Dans une garderie près de chez vous — Un premier jouet transsexuel créé au Québec

Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté

BBC : six hommes blancs d’Oxford ne peuvent-ils plus faire un spectacle comique ?

Université Trinity Western: Cour suprême du Canada réinterprète les lois selon son penchant progressiste

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