Vers où va-t-on ? Aucun vendeur, à part la Chine, ne peut perturber les États-Unis par la vente des bons du Trésor américain

Vers où va-t-on ?

Aucun vendeur, à part la Chine, ne peut perturber les États-Unis par la vente des bons du Trésor américain
Pourquoi une nouvelle croissance de l’emploi aux États-Unis est-elle une idée délirante ?
La Russie comme un chat

Aucun vendeur, à part la Chine, ne peut perturber les États-Unis par la vente des bons du Trésor américain

Posted: 16 Sep 2018 10:13 AM PDT
Article original de Chris Hamilton, publié le 15 août 2018 sur le site Econimica
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Mais le « pourquoi » n’est pas réjouissant

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J’ai souvent lu que la Chine peut riposter aux sanctions commerciales américaines en diminuant davantage ses avoirs en bons du Trésor américain, faisant sensiblement monter les rendements de ces bons, ce qui ferait exploser les dépenses pour payer le déficit américain en terme de paiements d’intérêts. Le problème est que les avoirs du Trésor chinois ont culminé en 2014 (sur une base annualisée) et sont en baisse depuis. Les Chinois ont non seulement cessé d’accumuler de la dette en bons du Trésor américain, malgré le maintien d’un « excédent commercial record » avec les États-Unis, ce qui s’est traduit par un « excédent important en dollars », mais ils ont également réduit leurs avoirs. Tout cela, selon le système du Treasury International Capital (TIC).

Mais ce postulat selon lequel les Chinois pourraient faire mal aux États-Unis en vendant une partie (ou la totalité) de leurs avoirs en bons du Trésor (comme l’a fait récemment la Russie) est sous-estimé par les actions récentes de la Réserve fédérale. Je dis cela sur la base de l’ampleur de l’accumulation et des ventes ultérieures de certaines échéances spécifiques de la dette du Trésor américain par la Réserve fédérale.

La Réserve fédérale a accumulé près de 800 milliards de dollars en dette du Trésor américain d’une maturité de 7 à 10 ans (ligne rouge, graphique ci-dessous) de 2009 à 2013, et a ensuite revendu 600 milliards de dollars à partir du début de 2014 jusqu’aux données d’août 2018 les plus récentes. Et l’impact sur le rendement des bons à 10 ans (zone ombragée en bleu, graphique ci-dessous) … a été globalement nul. Oui, alors que la FED a fait rouler et/ou vendu des avoirs à maturité de 7 à 10 ans, elle était occupée à acheter des titres d’emprunt à court terme. Mais cela signifie quand même que quelqu’un a dû augmenter la durée et acheter toute cette dette à plus long terme dont la FED ne voulait plus.

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Pour mettre en perspective la taille relative des avoirs de maturité 7 à 10 ans de la Chine par rapport aux avoirs similaires de la FED, le graphique ci-dessus estime qu’un tiers des avoirs chinois en bons du Trésor (probablement une surestimation) étaient de maturité de 7 à 10 ans (ligne or). La FED a déjà roulé/vendu une fois et demie plus de dette de maturité 7 à 10 ans que les Chinois n’en ont. L’impact sur le rendement des bons du Trésor à 10 ans, alors que la FED et la Chine ont vendu/roulé une dette combinée de 650 milliards de dollars de maturité 7 à 10 ans est globalement … nul !!!!!!

Mais pour expliquer pourquoi les rendements n’ont pas réagi (et ne réagiront probablement jamais), je dois prendre du recul et mettre en évidence l’évolution de la population et de la démographie sous-jacente.

Population/Démographie

La population américaine âgée de 25 à 54 ans et son niveau d’emploi (et la capacité subséquente de consommer) ont augmenté de façon constante au cours de la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale jusqu’en 2000. Mais en 2000, la croissance démographique a ralenti (ligne brune, graphique ci-dessous) et le niveau d’emploi a chuté de manière significative (ligne bleue). La population âgée de 25 à 54 ans n’a que très peu augmenté depuis 2000 et n’a pas augmenté du tout depuis 2007 … mais l’emploi au sein de ce noyau dur (qui représente 70% de la main-d’œuvre américaine et paie la grande majorité des taxes de sécurité sociale) est globalement juste là où il était en 2000.

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Pour élargir la perspective, vérifiez la population totale américaine âgée de 15 à 64 ans (ligne rouge, graphique ci-dessous) par rapport aux changements d’une année sur l’autre dans cette population (colonnes bleues). De toute évidence, la croissance démographique a atteint un plus haut en variation d’une année sur l’autre en 1998 (2,7 millions de personnes de plus pour cette seule année), mais la croissance a ralenti de plus de 80 % depuis ce sommet. L’apogée de la croissance rapide de la population (au moins pour les moins de 65 ans) et de l’augmentation du nombre d’employés, de contribuables et/ou de consommateurs a suivi son cours … pourtant, les politiciens et la FED continuent de cibler et de promouvoir la croissance économique, comme si rien n’avait changé. Cependant, la croissance continue de l’emploi (et de la consommation) aux États-Unis est tout simplement mathématiquement à court de bras solvables. De plus, les estimations de la croissance démographique jusqu’en 2030 présentées ci-dessous sont fondées sur des taux d’immigration importants et continus. En l’absence d’un afflux net important d’immigrants, la population âgée de moins de 65 ans sera en plein déclin. Bien sûr, l’évolution de la croissance démographique et de la démographie (en particulier parmi les populations qui font la grande majorité de la consommation) est un problème mondial.

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Inversement, la population mondiale des 65 ans et plus a vraiment commencé à monter en flèche vers 2008 et atteindra son pic en rythme annuel en 2024. La population des 65 ans et plus augmentera de plus de 20 millions d’habitants, de 2018 à 2030, contre une augmentation de moins de 4 millions chez les 15 à 64 ans. Mais pire encore, plus de la moitié de cette croissance se situera chez les 75 ans et plus. Ce sera le glas de nombreux programmes mal conçus, fondés sur une croissance perpétuelle.

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Il en résulte une frénésie de politique pour « prolonger la tendance et faire semblant d’y croire ». Le graphique ci-dessous montre la croissance annuelle de la population américaine âgée de 15 à 64 ans (ligne jaune) par rapport aux colonnes combinées montrant la croissance annuelle de la dette des consommateurs, du gouvernement fédéral et des entreprises. Il faut vraiment y mettre du sien pour rater que l’explosion de la dette est liée au ralentissement de la croissance démographique.

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La dette fédérale et le fonds fiduciaire intra-gouvernemental

Tout d’abord, portons un regard sur la dette fédérale américaine, répartie entre la dette publique américaine (négociable) et la dette intra-gouvernementale (IG) américaine (Sécurité sociale et autres excédents des fonds fiduciaires). Jusqu’en 2007, la sécurité sociale et les autres excédents des fonds fiduciaires fédéraux étaient chargés d’acheter et de conserver la dette américaine, à hauteur de 44 % de la dette totale. Mais depuis 2007, les émissions de titres d’emprunt fédéraux ont monté en flèche, tandis que le rythme des achats de l’IG continue de ralentir. Cela signifie que 85 % de la dette du Trésor émise depuis 2007 est négociable (la dette négociable a augmenté de 10 600 milliards de dollars contre une augmentation de 1 800 milliards de dollars pour les fonds fiduciaires de l’IG). Il s’agit d’un triplement net de la dette négociable et les fonds en fiducie de l’IG vont atteindre un pic et commencer probablement à diminuer avant 2020, et plus de 100 % de toutes les dettes en bons du Trésor seront négociables à partir de ce moment.

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Cela veut dire que les trois autres sources d’achat devront vraiment augmenter leur appétit pour la dette américaine. Mais les étrangers et la Réserve fédérale ont déjà cessé d’acheter (en net), et le seul acheteur restant est le public national (assureurs nationaux, banques, fonds communs de placement, pensions, etc).

Étrangers

De 2000 à 2007, les étrangers ont acheté 1 300 milliards de dollars de dette nette en bons du Trésor, mais de 2008 à 2014, les étrangers ont presque triplé leurs avoirs, achetant 3 800 milliards de dollars de dette nette. Cependant, depuis la fin de 2014, les étrangers ont non seulement cessé d’acheter de la dette américaine (net), mais ils ont suivi l’exemple de la FED et sont actuellement des vendeurs nets.

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Si on se concentre sur les trois plus grands détenteurs étrangers du Trésor américain : la Chine, le Japon et les BLICS (Belgique, Luxembourg, Irlande, Iles Caïmans, Suisse), les avoirs en Chine ont culminé en 2011, tandis que ceux du Japon et des BLICS ont culminé à la fin des QE et sont en baisse depuis. À la fin de l’assouplissement quantitatif (QE), les étrangers ont tout simplement perdu leur appétit pour la dette américaine.

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Ci-dessous, un gros plan sur les BLICS. Ce qui est remarquable, c’est la grande agitation dans ces capitales bancaires fantômes, en particulier au cours de chacun des récents bouleversements financiers. Et à en juger par les mouvements brusques qui se produisent de nouveau dans ces paradis fiscaux offshore non réglementées pour de l’argent chaud … les choses sont de nouveau (peut-être n’est-ce pas surprenant) en plein bouleversement.

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Réserve fédérale

Le graphique ci-dessous détaille la taille et l’évolution des échéances des titres en bons du Trésor détenus dans le bilan de la Réserve fédérale de 2003 à aujourd’hui. Les avoirs totaux du Trésor et de la FED ont triplé avant maintenant de diminuer d’environ 130 milliards de dollars par rapport au pic. Toutefois, les échéances figurant à leur bilan ont radicalement changé. La FED a conservé la quasi-totalité de ses avoirs de maturité 20 à 30 ans. Elle a vendu les deux tiers de ses avoirs de maturité 7 à 10 ans, tout en achetant d’abord en gros des maturités de 1 à 5 ans, mais elle s’endette maintenant sur une période de moins d’un an.

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La FED (et les étrangers) ont cessé d’acheter et sont devenus vendeurs nets depuis 2015 alors que les achats des fonds fiduciaires IG ont continué de décélérer comme acheteur des émissions de bons du Trésor. Cela signifie qu’il ne reste plus qu’un seul acheteur, le public national. Mais pour les acheteurs nationaux, l’écart entre les emprunts à court terme et les rendements à long terme est passé de plus de 300 points de base au début de 2014 aux 24 points de base actuels (zone grisée dans le graphique ci-dessous par rapport aux avoirs changeants de la FED).

Essentiellement, l’utilisation de l’effet de levier pour profiter de l’écart entre les emprunts à court terme et les achats à long terme s’est presque évaporé alors que l’avantage relatif d’acheter à court terme l’emporte sur le risque d’être « long ». Mais nous devons croire qu’au fur et à mesure que la FED s’est lancée dans une frénésie d’achat de bons à maturité courte depuis 2015 (ligne violette ci-dessous) couplée à des ventes de celles de 7 à 10 ans (ligne jaune), les sources domestiques se sont-elles accumulées pour absorber une dette américaine de maturité 7 à 10 ans (sans effet de levier ?) pour absorber l’afflux d’actifs destinés à sous-performer par rapport à l’inflation ?

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Mise à jour au sujet du portefeuille des bons du trésor

Vers la fin de cette semaine, la FED a mis à jour ses avoirs (après avoir publié ce qui précède) et bien que le total des avoirs du Trésor ait « seulement » diminué de 13 milliards de dollars… c’est l’échéance du bilan qui a changé de façon significative. Le graphique ci-dessous, de 2015 à aujourd’hui, détaille qu’il s’agit d’une autre réduction de 39 milliards de dollars de la dette des dons à maturité 7 à 10 ans et d’une réduction de 12 milliards de dollars des avoirs de maturité 1 à 5 ans, compensée par des avoirs supplémentaires de 32 milliards de dollars sur des échéances inférieures à 1 an et 6 milliards de dollars supplémentaires d’obligations à long terme (20 à 30 ans) … et la semaine où la dette fédérale a franchi la barre des 21 400 milliards de dollars, les rendements sur 10 ans ont de nouveau chuté malgré la poussée de l’offre primaire et secondaire.

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Public national
Alors, qui, parmi le public, achète toute cette dette de maturité 7 à 10 ans sans effet de levier, destinée à sous-performer par rapport à l’inflation ? Pas les banques, ni les assureurs, ni les fonds de pensions d’État et locaux… Non, selon le Bulletin du Trésor, il s’agit d’un groupe destiné à l’origine à attraper toutes les erreurs d’arrondi, « autres ». Ainsi, cet « autre », avec l’aide de fonds communs de placement, sauve l’Amérique d’avoir à faire face à un taux d’intérêt stratosphérique !? Le Treasury Bulletin définit « autres » comme suit : « comprend les particuliers, les entreprises parrainées par le gouvernement, les courtiers, les fiducies personnelles et les successions bancaires, les entreprises commerciales et non commerciales et autres investisseurs ».

Faites-en ce que vous voulez, mais je suis assez confiant que l’achat d’une dette de maturité 7 à 10 ans, à ce stade, serait un moyen rapide de sous-performer considérablement et donc les vrais acheteurs ne le feraient pas… ce qui signifie que c’est un ou des acheteurs sans but lucratif qui « entretien et fait durer » notre système économique et financier actuel le plus longtemps possible. Il est difficile de dire jusqu’où cela peut aller … mais le nombre décroissant de gagnants et le nombre croissant de perdants est plus facile à calculer.

Conclusion

En bref, Bernie Madoff rougirait devant la farce qu’est maintenant le marché des bons du Trésor américain (en manipulant davantage tous les marchés en aval sensibles aux taux d’intérêt). Un peu de mensonge ou d’ingérence a mené à plus de mensonges et d’ingérence… et soudainement, le marché libre n’existe plus. Il devrait être clair qu’un acheteur sans but lucratif intervient sur ce marché pour maintenir une offre et maintenir de faibles taux sur la dette américaine… Tout cela parce que l’Amérique est arrivée à maturité mais que ceux qui en ont le contrôle veulent toujours maintenir synthétiquement les taux de croissance (comme la Chine) par le biais d’émissions de dette sans restriction. Quel que soit le montant de la dette émise par les États-Unis et le nombre d’acheteurs, ne vous attendez pas à voir augmenter les taux d’intérêt.

Chris Hamilton

Pourquoi une nouvelle croissance de l’emploi aux États-Unis est-elle une idée délirante ?

Posted: 16 Sep 2018 10:08 AM PDT
Article original de Chris Hamilton, publié le 6 aout 2018 sur le site Econimica
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

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Je suis censé avoir un travail, qui est la recherche d’un nouvel emploi plutôt que de perdre plus de temps sur ce blog. En attendant, en l’absence d’un emploi recherché, j’ai voulu partager un petit problème que je vois avec l’idée que le marché du travail américain (et l’économie américaine) a « de la marge de manœuvre », comme le suggèrent tant d’économistes et d’analystes financiers. Étant donné que je suis à la recherche d’un emploi, ce sujet a d’autant plus de sens pour moi !

Tout d’abord, après la Seconde Guerre mondiale, la population âgée de 25 à 54 ans représentait environ 70 % de la population active totale. Il n’est donc pas surprenant que depuis que l’emploi dans la population âgée de 25 à 54 ans a atteint un sommet en 2000 (ligne bleue ci-dessous), la croissance économique de l’Amérique est passée à des taux d’intérêt ultra bas (ligne noire=FFR %) et à de la dette (ligne rouge, dette fédérale… au-delà du remboursable) pour maintenir une croissance synthétique mais insoutenable. Comme le montre le graphique ci-dessous, l’emploi chez les 25-54 ans est au point mort depuis près de deux décennies, tandis que la croissance de la population a ralenti puis a complètement stagné depuis 2007. La stagnation continue de la population de base (et de celle employable parmi elle) a provoqué la réaction de la Réserve fédérale avec la baisse des taux d’intérêt pour inciter le remplacement par la dette de ces formes organiques de croissance en ralentissement.

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Mais pour avoir une meilleure vue d’ensemble, la population âgée de 55 à 64 ans avec la part employée parmi elle est présentée dans le tableau ci-dessous. De 1966 à 1993, la population de 55 à 64 ans a augmenté de 4 millions d’habitants, tandis que le nombre d’employés, parmi eux, n’a augmenté que d’un million. Depuis 1993, la population de 55 à 64 ans a doublé (+21 millions, soit une augmentation de 100%) tandis que l’emploi parmi eux a augmenté encore plus rapidement (+15,5 millions, soit une augmentation de 140%). Cependant, cette croissance démographique est en train de s’inverser.

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Et pour compléter le tableau, voici la population âgée de 15 à 24 ans avec la part employée parmi elle, depuis 1977 (selon les données disponibles). La population actuelle stagne depuis près de 40 ans.

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Le graphique suivant montre de manière cruciale le pourcentage d’employés âgés de 15 à 24 ans, de 25 à 54 ans et de 55 à 64 ans de 1966 à 2018. Il convient de noter qu’à chaque fois que la population âgée de 25 à 54 ans a atteint 80 % de l’emploi (c’est-à-dire l’emploi essentiellement de tous les travailleurs volontaires et compétents), cela a déclenché un « événement » économique. Mais cette fois, le segment des 55 à 64 ans est également à un nouveau sommet en terme de pourcentage, tandis que la population de 15 à 24 ans a également récupéré la plus grande partie du terrain perdu depuis 2007.

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Mais voici mon dilemme : la variation d’une année sur l’autre de la population des 25 à 54 ans par rapport à la variation d’une année sur l’autre du nombre d’employés au sein de cette population… (ceux qui y prêtent attention reconnaîtront que cette courbe ressemble beaucoup à la courbe des taux des fonds fédéraux sur la même période… presque comme si la croissance démographique était le principal moteur de la croissance de la demande et de l’inflation).

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Et voici les variations d’une année sur l’autre parmi la population âgée de 55 à 64 ans et ceux employés. La décélération qui se produit depuis 2012 est évidente.

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Plus les variations annuelles de la population et de l’emploi chez les jeunes de 15 à 24 ans. La population est en déclin et l’emploi chez les 15 à 24 ans suivra probablement.

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Au-dessous, les changements annuels combinés des 15 à 54 ans et des 55 à 64 ans dans la population sont empilés avec le changement annuel total dans la ligne noire. La croissance démographique annuelle combinée des 15 à 64 ans, qui atteignait 2,7 millions en 1999, est en chute libre à seulement 500 000 en 2018.

Mais selon les projections (et non les estimations, car ces populations existent déjà), les États-Unis verront la croissance de la population âgée de 15 à 64 ans décélérer de façon significative pour se rapprocher de la ligne de croissance zéro jusqu’en 2028. Et cela suppose que les taux d’immigration (en particulier l’illégale) soient sensiblement plus élevés que ceux que connaissent actuellement les États-Unis, sinon des baisses annuelles directes sont probables.

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Comment l’emploi aux États-Unis et l’économie américaine, en particulier une économie qui connaît d’importants déficits commerciaux et de comptes, peut croître avec un ralentissement rapide de la croissance démographique parmi la population active est vraiment un mystère… à moins que la population âgée de 65 ans et plus soit sur le point de renoncer à sa sécurité sociale et entre en masse sur le marché de l’emploi ?

Le graphique ci-dessous détaille l’ascendance de la population américaine âgée de 65 ans et plus (ligne bleue) plus le changement annuel (de la population âgée de 65 ans et plus (colonnes rouges). La croissance annuelle maximale de la population de 65 ans et plus se produira vers 2025… et décélérera rapidement à partir de là.

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Si le marché de l’emploi doit continuer à se développer et si l’économie américaine continue à croître, les personnes âgées devront travailler une décennie de plus, brisant ainsi la tendance à gagner moins et à consommer moins que ce qui a existé depuis le début de l’après-guerre.

Chris Hamilton

La Russie comme un chat

Posted: 16 Sep 2018 10:03 AM PDT
Article original de Andrei Martyanov, publié le 4 septembre 2018 sur le site Unz Review
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Ma réponse à Paul Craig Roberts

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Avant d’aborder certaines questions soulevées par Paul Craig Roberts dans son article, qui s’adressait en partie à moi et à Andrei Raevsky (alias The Saker), je tiens à exprimer ma profonde admiration pour le Dr Roberts et sa position civique courageuse et son patriotisme américain réel, qui n’est pas qu’une façade. C’est un honneur et un privilège d’avoir une conversation avec une personne aussi estimée, même lorsque je ne suis pas d’accord avec lui sur certains aspects de la réalité géopolitique en ce qui concerne la guerre froide 2.0 entre les États-Unis et la Russie, maintenant officielle, et la position de la Russie dans ce conflit.

Le Dr Roberts écrit :

« Comme je l’ai déjà dit, je ne peux qu’applaudir Martyanov et Le Saker. Ce qui peut différer dans nos analyses, c’est de reconnaître que le fait d’accepter sans cesse les insultes et les provocations encourage leur accroissement jusqu’à ce que la seule alternative soit la reddition ou la guerre. Donc, la question pour Andrei Martyanov, The Saker, et pour Poutine et le gouvernement russe est : combien de temps est-ce que le fait de tendre l’autre joue va fonctionner ? Tendrez-vous votre autre joue aussi longtemps que possible pour permettre à votre adversaire de neutraliser votre avantage dans une confrontation ? Tendrez-vous votre autre joue si longtemps que vous allez perdre le soutien de la population patriotique pour votre incapacité à défendre l’honneur de votre pays ? Tendrez-vous votre autre joue si longtemps que vous serez finalement forcé à la guerre ou à la soumission ? Tendrez-vous votre autre joue si longtemps que le résultat sera une guerre nucléaire ? »

C’est là que Paul Craig Roberts et moi-même avons des divergences dramatiques sur la question de la stratégie de la Russie. Oui, je suis d’accord avec le Dr Roberts que, citant William Fulbright, « Les mots sont des actes et le style est la substance dans la mesure où ils influencent l’esprit et le comportement des hommes. » Mais si les insultes et les provocations sont désagréables et si, dans certains cas, elles influencent l’esprit et le comportement de certains, avec la Russie moderne, c’est différent. J’ai déjà exposé les bases de la stratégie de la Russie ici dans Unz Review, j’y reviendrai un peu plus en répondant à la question indéniablement valable du Dr Roberts.

L’écrivain russe Ivan Andreevich Krylov, l’un des plus grands auteurs de fables russes classiques du XIXe siècle parmi les nombreuses fables exceptionnelles auxquelles les enfants russes sont soumis dans leur cours de littérature russe et qu’ils portent en eux leur vie entière, depuis le début du XXe siècle, il y en a une qui décrit parfaitement la réalité géopolitique actuelle. Cette fable est Le Chat et le Cuisinier, dans laquelle le cuisinier, après avoir fini sa journée et s’étant échappé quelques instants de la taverne, laissa son chat pour garder la nourriture (poulet) contre les souris. Comme le dit la fable, à son retour à la taverne, il voit les résultats du chat « gardant » son poulet – le chat finissant de le manger. Le cuisinier se met à faire honte au chat – la fable est un long monologue du cuisinier au sujet du chat (Vas’ka) qui est mauvais, arrogant, irresponsable et diabolique. Les dernières lignes de la fable résument succinctement la situation :

« Mais, pendant qu’il continuait à parler,
Le chat a mangé tout le poulet.
А я бы повару иному
Велел на стенке зарубить
Je voudrais le dire à ce genre de cuisinier,
Et je voudrais lui demander d’écrire ça sur le mur….
Чтоб там речей не тратить по-пустому,
Где нужно власть употребить.
Afin de ne pas gaspiller des discours dans le vide,
Tu dois utiliser ton pouvoir. »

Et voici la situation : les États-Unis ne peuvent pas utiliser ce pouvoir contre la Russie sans s’anéantir eux-mêmes, tandis que la Russie, comme ce proverbial chat Vas’ka, continue à manger, dans le contexte de l’écoute d’un long discours et rien de plus. Cette réalité, à la fois désespérée et impuissante, s’est finalement fait jour à Washington. Comme le note Graham Alison :

« Aussi démoniaque, destructrice, sournoise et digne d’être étranglée qu’est la Russie, le fait est que nous ne pouvons pas tuer ces salauds sans nous suicider. »

Il y a eu certains progrès en 2017, enfin, lorsque les membres « estimés » de l’« académie » géopolitique américaine ont commencé à saisir au moins certaines limites de leur pouvoir, précédemment exagérément gonflé. Tel est LE progrès, une fois que l’on se rappelle où le monde se situait en 2013. Bien qu’en 2008, la Russie n’ait pas été prise au sérieux par la cabale mondialiste de Washington, elle a quand même retiré les lauriers de sa victoire contre la Géorgie en 2008. Jusqu’en 2014, toutes sortes d’« experts » militaires américains ont décrit un grand nombre de scénarios dans lesquels les forces armées victorieuses des États-Unis et de l’OTAN écrasaient conventionnellement l’armée russe en Ukraine. Elle s’auto-médicamentait dans le contexte d’une opération à la vitesse de l’éclair menée par la Russie en Crimée, qui devait empêcher les États-Unis de transformer la Crimée en base de l’OTAN. La contre-attaque russe a pris tout le monde au dépourvu. Beaucoup ont rapidement oublié aujourd’hui ce qui a été accompli à l’époque – cela peut difficilement être décrit comme le fait de tendre l’autre joue. Au contraire, c’était un coup terrible porté à un ordre mondial existant lorsque la Russie a jeté le gant. C’est ainsi que l’honneur est défendu par des actions, et non par des injures. Des défaites massives des forces armées ukrainiennes « entraînées » par les Américains ont suivi au Donbass.
J’ai écrit en janvier 2015 :

« Mais il est déjà clair qu’en n’atteignant aucun objectif politique raisonnable en Ukraine et en Russie, et en subissant ainsi un ré-alignement mondial massif, les États-Unis ont subi une défaite. Quelles seront les conséquences de cette défaite ? Je déteste spéculer, je sais juste qu’elles sont déjà grandes et que le moment d’affronter la réalité arrive. »

Aujourd’hui, presque quatre ans plus tard, nous vivons dans un monde méconnaissable et personne aux États-Unis, à moins qu’il n’écrive pour des tabloïds et ne se soucie pas de sa réputation, ne décrit plus de scénarios de défaites de la Russie. C’est un monde en transition non seulement vers une véritable multi-polarité – nous vivons déjà dans une réalité multipolaire – vers un monde où les États-Unis sont effectivement freinés dans leurs tentatives de projeter leur pouvoir en Eurasie. Le monde où ce pays en sera réduit à se contenter d’injures, d’insultes et de provocations, parce qu’il ne peut rien faire d’autre. D’une manière ou d’une autre, les gens ignorent ce fait d’un déclin dramatique et incroyablement rapide, en termes historiques, de la puissance américaine. La prospérité et l’influence américaines de l’après-guerre reposaient principalement sur le mythe et le bluff de la puissance militaire étasunienne, qui était censée amener tout le monde à suivre la ligne du parti et à trembler d’horreur devant une « punition » pour des digressions. La Russie a dit ce que c’était : du bluff.

Aujourd’hui, les actions de l’Amérique représentent les symptômes de plus en plus prononcés d’une puissance en déclin, qui ne peut faire face à la réalité sans devenir folle. Et elle devient folle, tant intérieurement qu’à l’étranger, la seule force capable d’empêcher ce pouvoir de plus en plus irrationnel et dangereux de se suicider tout en entraînant tous les autres avec elle, c’est la menace d’une défaite militaire massive. La Russie a cette force pour le faire, et jusqu’à présent cela fonctionne. Mais j’ai ma propre question : les aides-soignants d’un asile s’offusquent-ils des insultes et de la résistance d’un patient lorsqu’ils contraignent un patient violent et le maintiennent sur son lit ? Je ne pense pas qu’une personne soit offensée par un patient violent. Les aides-soignants ne défendent pas non plus leur honneur en retenant un patient. Il ne peut y avoir d’interactions impliquant l’honneur entre les représentant de l’ordre et un malade mental violent. L’Amérique n’est pas un parti digne d’être bien traité, et ne l’a pas été depuis le début des années 1990, donc il n’y a aucune interaction impliquant l’honneur dans les relations russo-américaines du côté américain.

Alors, je me demande s’il est légitime d’évaluer la situation en comparant deux états du monde en 2014 et 2018. La réponse n’est pas seulement que c’est légitime, mais que c’est la seule façon de le faire. La citation de Clausewitz est toujours d’actualité : « Il est légitime de juger l’événement à son issue, car c’est le critère le plus valable. » Avec toutes les provocations américaines, les insultes et la prétendue Russie qui tend l’autre joue, on DOIT se poser la question : la Russie gagne-t-elle ? Si l’on regarde le tableau d’ensemble, la réponse est un oui sans équivoque. Elle se manifeste dans de nombreux domaines, de l’économie à la géopolitique, en passant par l’armée et la géopolitique. Alors :

« Les néoconservateurs sionistes qui gouvernent à Washington sont capables de la même erreur que Napoléon et Hitler. Ils croient en ‘la fin de l’histoire’, que l’effondrement soviétique signifie que l’histoire a choisi l’Amérique comme modèle pour l’avenir. Leur orgueil dépasse en fait ceux de Napoléon et d’Hitler. »

Ni Napoléon, ni Hitler n’ont abordé la question de la dissuasion nucléaire, et ils ne vivaient pas non plus dans le monde de la propagation instantanée de l’information. À en juger par la réaction hystérique de ces mêmes néoconservateurs et de leurs « experts » militaires, que ce soit en 2015, lors des événements en Syrie, ou lors du discours de Poutine du 1er mars 2018 à l’Assemblée fédérale, le message a été entendu. L’hystérie est un premier signe de faiblesse. Ces néoconservateurs sont peut-être irrationnels, du moins certains d’entre eux, mais même ceux-là comprennent qu’il y a un prix à payer et qu’il y a des raisons, à discuter séparément, de croire que l’on comprend là-bas les graves limites de la puissance américaine. Après tout, Napoléon et Hitler sont entrés en Russie après avoir mis l’Europe à genoux. Ils avaient une réputation bien méritée derrière la Grande Armée et la Wehrmacht. Les États-Unis n’ont pas pu gagner une seule guerre contre un adversaire subalterne depuis 1950, si l’on ne tient pas compte du tir au pigeon contre l’armée de Saddam, qui était nettement inférieure.

Prenons Semyon Bagdasarov. C’est un homme bon et un patriote russe, c’est un ancien officier politique, mais je ne prends pas au sérieux sa suggestion de « couler » un porte-avion US. Le patriotisme n’est pas une excuse à l’irrationalité – la perte d’un seul porte-avion en cas de frappe limitée de missiles TLAM sur certaines cibles en Syrie créera aux États-Unis une crise politique d’une telle ampleur que le monde sera au bord de la guerre nucléaire. Les États-Unis ont été et ont intrinsèquement toujours un biais en faveur de la réponse nucléaire, avec une courte pause dans les années 1990, lorsqu’ils se considéraient comme les plus grands militaires autoproclamés au monde à la suite de l’effondrement soviétique. Ne pas faire des choses stupides, mais justes les choses qui sont nécessaires, c’est ce qui a défini les réponses de la Russie au cours des dernières années. C’est la seule stratégie correcte.

Et voici ma conclusion : en tant qu’ancien militaire, je reconnais pleinement le fait que je ne suis qu’un écrivain qui, comme Bagdasarov ou tout autre « analyste », n’a pas accès au briefing quotidien top secret du chef d’état-major général et des renseignements russes à Vladimir Poutine. Le patriotisme ou, même, un certain professionnalisme résiduel n’est pas une substitution à une pleine conscience de la situation fournie au Commandant suprême par des milliers et des milliers de personnes qui risquent même leur vie pour fournir une information clé pour prendre cette seule et unique bonne décision d’empêcher le monde de s’annihiler. La Russie sait quelle est la situation des États-Unis aujourd’hui et, en repensant aux cinq dernières années de l’histoire du monde, je vois la Russie comme ce proverbial chat qui termine le poulet, alors que ceux qui sont censés utiliser la force ne peuvent le faire, parlant fort mais ne portant pas de bâton. Ce poulet, c’est la Pax Americana. La Russie continuera à faire ce qu’elle fait, parce que cela fonctionne, et parce qu’elle sait comment mener des guerres, elle sait comment se défendre et parce que nous vivons tous dans un monde différent aujourd’hui, que la Russie perçoit bien au contraire des États-Unis. Dans ce cas, lancer des insultes et même lancer une autre inutile volée de TLAMs en Syrie, ou « entraîner » ses laquais ukrainiens pour des provocations militaires est la limite supérieure pour les États-Unis et il n’y a rien d’honorable dans cela.

Andrei Martyanov

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