Antipresse:LE BRUIT DU TEMPS par Slobodan Despot Dormeurs, somnambules et éveillés-et varia

DRONE 023 (Antipresse 133e semaine) | 17.6.2018

<Depuis le 6 décembre 2015, l’Antipresse a publié 133 lettres hebdomadaires, 506 articles originaux, 76 tribunes («désinvités»), 917 brèves («mains courantes»), 130 citations d’auteurs («pains de méninges»).

 

Au menu du DRONE cette semaine

LE BRUIT DU TEMPS par Slobodan Despot

Dormeurs, somnambules et éveillés

Et si, un beau matin, vous vous apercevez que le monde où vous êtes né n’est plus le vôtre? En conclurez-vous que le monde a soudain changé, ou bien que vous avez dormi trop longtemps? Ou préféreriez-vous d’ores et déjà programmer un réveil pour que cette mésaventure ne vous arrive pas? Quelques réflexions sur la qualité de notre présence au monde au travers d’un exemple extrême…


CANNIBALE LECTEUR de Pascal Vandenberghe

La fin d’un monde (1)

Passant de la marche militaire à la marche funèbre, Joseph Roth raconte la déchéance et la fin de l’Empire austro-hongrois dans La marche de Radetzky puis celle de la disparition de l’Autriche annexée par le IIIe Reich dans La Crypte des capucins. Deux grands livres pour une autre compréhension de l’Histoire.


ANGLE MORT par Fernand Le Pic

En Corée du Nord, Trump signe la mort du Département d’État

Au-delà d’un succès personnel, Donald Trump a initié en Corée du Nord un billard multibande très complexe avec des ramifications tant géopolitiques qu’intérieures. Essayons de comprendre un peu les plans de son missile diplomatique à plusieurs étages.


Turbulences

PHARMA | Ebola rebelote!

Le spectre Ebola plane de nouveau. Il fait déjà recette dans la presse avant de remplir les poches des marchands de vaccins. A des milliers de kilomètres d’une province reculée du Congo, où un nouveau foyer d’épidémie aurait été identifié, un journal de Montréal peut en faire un titre: «Ebola a fait une nouvelle victime au Congo». Le Monde prend la menace très au sérieux: «Ebola est présent partout et potentiellement en chaque villageois», alors que seuls quelques dizaines de cas ont été dénombrés en République démocratique du Congo. L’OMS envoie ses experts sur les lieux et lance l’alerte.

En 2014, l’état d’urgence avait été déclaré dans l’Ouest africain. Rétrospectivement, on ne compte au total pas plus de 11000 victimes de ce qui était présenté comme un fléau mondial. On rétorquera que c’est beaucoup et que le pire a pu être évité grâce aux campagnes de vaccination et à l’aide humanitaire qui s’est déversée sur l’Afrique. Or, la mise en quarantaine aurait fait beaucoup plus de morts en ruinant le système de santé et l’économie des pays touchés. L’UNICEF nous apprend ainsi que plusieurs dizaines de milliers de femmes sont mortes en couches en raison du refus des accoucheuses de les assister par crainte d’être contaminées. Le désastre économique ressort des statistiques de la Banque mondiale qui a chiffré à 32,6 milliards de dollars sur deux ans les pertes économiques pour les trois pays les plus touchés (Guinée, Sierra Leone, Liberia).

C’est ainsi que l’aide humanitaire ruine ceux qu’elle prétend secourir et crée les conditions pour une prochaine épidémie, car Ebola, comme beaucoup d’autres maladies, ne se développe que dans un contexte de misère.

Mais encore:

NORVEGE | Panne de QI

VALAIS | Une forme… olympique!

IDÉES | Le futur, c’est has been…

FRANCE | Un avis détonnant sur l’affaire Médine

PHOTO | La Libye avant et après sa «libération»

CIVILISATION | Ce qui cloche en Suisse

log.antipresse.net. L’actualité dans sa version lisible.


Pain de méninges

Rendez-nous notre mélancolie!

Quand j’ai compris que j’avais été terrassé par cette maladie, j’ai ressenti le besoin, entre autres choses, de protester haut et fort contre le terme de «dépression». La dépression, la plupart le savent, était jadis appelée «mélancolie», un mot qui apparaît dans la langue anglaise dès l’an 1303; on le rencontre à plusieurs reprises chez Chaucer qui, dans l’usage qu’il en fait, semble conscient de ses nuances pathologiques. «Mélancolie» semblerait aujourd’hui encore un terme plus approprié et plus évocateur pour les formes les plus noires de ce trouble, mais il a été occulté par un mot à la tonalité fade dénué de toute présence magistrale, utilisé aussi bien pour désigner un déclin économique ou une ornière dans le sol, une véritable sous-appellation pour une maladie aussi grave. Il se peut que le savant généralement tenu pour responsable de sa propagation dans les temps modernes, un patron justement vénéré de la Faculté de médecine Johns Hopkins — le psychiatre d’origine suisse Adolf Meyer — ait manqué d’oreille pour les sonorités les plus subtiles de l’anglais et qu’il n’ait donc jamais saisi les dégâts sémantiques qu’il allait infliger en proposant ce mot de «dépression» pour désigner une maladie aussi féroce et terrifiante.

— William Styron, Darkness Visible. A Memoir of Madness (trad. SD)

Par défaut

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s