The Maghreb and Orient Courier:URGENT / ARABIE SAOUDITE – Le trône vacille…

URGENT / ARABIE SAOUDITE – Le trône vacille…

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Les médias occidentaux ont pour ainsi dire passé sous silence la fusillade survenue autour du palais du prince héritier du trône saoudien, Mohammad Ben Salman (MBS), dans la nuit de 21 au 22 avril.

Pourtant, le prince a bel et bien failli y perdre la vie.

L’attaque  a été menée par une demi-douzaine de drones, qui ont été abattus par la garde personnelle de MBS.

Les moyens mis en œuvre laissent à penser qu’il s’est agi d’une tentative de putsch militaire, amorcé au sein de l’armée de terre. Certaines sources avancent que ce serait la Garde nationale saoudienne qui aurait diligenté le coup de force ; et le roi Salman lui-même a dès lors été immédiatement mis en sécurité dans une base militaire loyaliste. Cependant, une force militaire multinationale privée au service du prince héritier et soutenue par des forces spéciales américaines a réussi à mettre un terme à  l’attaque.

Officiellement, selon le porte-parole du palais, il n’y a pas eu d’attaque : tout est parti du survol de la résidence princière par un… « drone-jouet ».

Rappelons que le royaume est en proie à des contestations intenses, et certains proches de MBS auraient essayé de s’opposer par les armes aux projets de privatisation  du géant pétrolier ARAMCO, aux réformes sociétales ainsi qu’à la poursuite de la purge menée  au sein de la classe dirigeante du pays.

Le prince héritier, qui dirige le pays d’une main de fer depuis 2015, avait en effet ordonné en novembre 2017 l’arrestation et la séquestration dans un hôtel de luxe de plusieurs dizaines d’hommes d’affaires, dont bon nombre de princes de la famille royale et d’anciens ministres, qu’il n’a relâchés qu’après qu’ils eurent versé de fortes sommes au trésor royal. Une manière qui a été peu appréciée de renflouer les caisses d’un État dont les réserves de change n’ont cessé de fondre depuis l’écroulement des prix du pétrole, mais aussi du fait du coût faramineux de la guerre menée au Yémen voisin et de l’opération « Restaurer l’Espoir » débutée en avril 2015 pour contrer la progression des rebelles houthistes qui occupent la capitale, Sanaa, avec le soutien de l’Iran, rival des Saoudiens qui est en train de s’imposer en péninsule arabique.

Mais ce sont les largesses dont a fait montre MBS au cours de ses visites aux États-Unis et en France, début avril 2018, qui auraient provoqué la violente colère des grands dignitaires du royaume : les colossaux contrats d’armement signés par le prince avec l’industrie américaine, à des conditions très défavorables au royaume en ces temps pourtant difficiles, irritent les anciens décideurs aujourd’hui frustrés de leurs prérogatives. Il en va de même des concessions accordées au groupe pétrolier français Total ; le prince a également cédé à la Régie autonome des Transports parisiens (RATP) l’exploitation du métro de Riyad… Mais aussi des contrats signés pour la gestion de l’eau, qui serait confiée au groupe Accor ; ou encore pour le développement hôtelier dans le cadre du projet de ville futuriste NEOM ambitionné par le prince.

D’autres sources parlent aussi d’une implication du clergé wahhabite, de plus en plus inquiet des réformes modernistes entreprises par le prince, soucieux de donner des gages d’ouverture à ses partenaires occidentaux et à son nouvel allié, Israël.

A Riyad, ainsi, la révolte gronde… et le trône vacille.

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