Vers où va-t-on ?:Le premier trimestre 2018 a été un désastre pour l’Amérique ;Macron pourrait piéger la France dans un bourbier au nord de la Syrie comme au Mali; Les vraies origines de la guerre commerciale américano-chinoise

Vers où va-t-on ?


Le premier trimestre 2018 a été un désastre pour l’Amérique

Posted: 25 Apr 2018 10:14 AM PDT

Article original de Chris Hamilton, publié le 2 avril 2018 sur le site Econimica
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

eco_q12018_p0

Au premier trimestre de 2018, l’industrie financière et des placements a passé la surmultipliée quand on détaille la hausse des réductions d’impôt de 2018 et les répercussions positives de l’action des branches de l’exécutif et du Congrès « favorables aux entreprises » sur le monde des affaires américain. Le marché boursier a atteint des sommets sans précédent et la Réserve fédérale a proclamé que cette bonne période devait améliorer les perspectives économiques et accroître la probabilité de hausses des taux d’intérêt.


Du 1er janvier 2018 au 28 mars 2018 (premier trimestre), le PIB réel a probablement augmenté de 110 milliards de dollars (une hausse de 2,5% sur une base annualisée). Cependant, cela ne colle pas… Selon le Trésor, du 1er janvier 2018 au 28 mars 2018 (premier trimestre), la dette fédérale a augmenté de façon spectaculaire de 621 milliards de dollars (une augmentation de 13,1% sur une base annualisée… et il reste encore deux jours car le trimestre n’est pas tout à fait fini). Le graphique ci-dessus montre la variation trimestrielle de la dette fédérale par rapport à la variation trimestrielle du PIB réel depuis 2000. Le premier trimestre 2018 a été le deuxième plus important en terme de croissance de la dette fédérale, surpassé seulement par les dépenses massives du quatrième trimestre de 2008.

L’image suivante montre la situation si l’on soustrait juste la croissance trimestrielle de la dette fédérale de la croissance du PIB réel. Malheureusement, le premier trimestre de 2018 est l’un des pires enregistrés, la croissance de la dette fédérale faisant des bonds au regard de la « croissance » du produit intérieur brut (qui comprend bien sûr toute la dette fédérale alimentant l’activité!). Engendrer plus de 621 milliards de dollars de nouvelles dettes (qu’il va falloir servir) pour produire une nouvelle activité économique d’un peu plus de 100 milliards de dollars est quelque chose que seul le gouvernement pouvait réaliser.

eco_q12018_p1

Cependant, cela devient carrément misérable si l’on ajoute à cette croissance trimestrielle l’ajout massif de 500 à 750 milliards de dollars de passif non capitalisé, parallèlement à la croissance de la dette fédérale. Ensemble, la dette de ce passif non capitalisé et de la dette fédérale augmentent de 3 000 à 4 000 milliards de dollars par an alors que le PIB augmente d’environ 500 milliards. Les réductions d’impôts et la hausse rapide des coûts des programmes sociaux continueront à voir les déficits augmenter beaucoup plus rapidement que l’activité économique ou les recettes fiscales qui en résultent.

Comment cela peut-il être une raison de se réjouir ? Eh bien, je suppose que tout est une question de perspective. Les États-Unis ne pourront jamais se sortir de ce trou… mais la Fed et le gouvernement fédéral sont le meilleur « leadership » que l’argent puisse acheter. En temps réel, ils choisissent (et s’alignent avec) la minorité qui finira vainqueur et laissera tout le monde supporter les pertes quand tout valsera.

Un dernier tableau ci-dessous, montrant quatre variables critiques de 1981 à 2017 :

eco_q12018_p2

  1. Variation annuelle de la population américaine âgée de 15 à 64 ans (ligne grise) ;
  2. Revenu personnel disponible (ligne verte… montant total disponible à l’échelle nationale pour les dépenses après que toutes les taxes ont été comptabilisées) ;
  3. Wilshire 5 000 (ligne jaune, capitalisation boursière ou valeur de toutes les actions américaines cotées en bourse) ;
  4. Taux des fonds fédéraux (FFR) (ligne noire, taux d’intérêt à court terme fixés par la Réserve fédérale).

En résumé, la croissance démographique du noyau adulte ayant décéléré (et la demande subséquente ayant ralenti) la Fed a abusé des taux FFR pour inciter au remplacement du levier et de la dette (gouvernementale, corporative, personnelle) pour maintenir un taux de croissance artificiellement élevé. Cependant, la croissance a principalement porté sur la valeur des actifs plutôt que sur l’activité économique ou la croissance des salaires. Les détenteurs d’actifs sont récompensés alors que la classe ouvrière est punie… la nouvelle politique américaine et celle du creusement des inégalités plutôt qu’une méritocratie.

Si vous êtes curieux de savoir comment cela s’inscrit globalement, j’ai récemment expliqué comment « Plus vite l’Amérique ‘se développe’, plus vite elle va s’effondrer ». S’il vous plaît également considérez aussi « Qui achètera ces trillions de bons du trésor américains ? ». Ensuite, pourquoi l’indicateur ultime suggère que les États-Unis ne se sont jamais vraiment remis de la grande crise financière. Comment l’Amérique fait-elle faillite ? Lentement, d’abord, puis tout à coup ! Et enfin, s’il vous plaît considérez la perspective globale, Les graphiques économiques les plus importants… ne sont pas des graphiques économiques.

Chris Hamilton

Macron pourrait piéger la France dans un bourbier au nord de la Syrie comme au Mali

Posted: 25 Apr 2018 10:08 AM PDT

Article original de Andrew Korybko, publié le 9 avril 2018 sur le site Oriental Review
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr
French and Syrian flags 

La France a déclaré qu’elle envoyait des troupes au nord de la Syrie pour soutenir les Kurdes.

Le président Macron a annoncé la décision sans précédent de Paris après avoir rencontré des dirigeants kurdes dans la capitale française la semaine dernière, une décision dénoncée en résumé par Ankara comme le « dépassement d’une ligne rouge ». Ankara dénonce un pays d’Europe occidentale soutenant le terrorisme avec ce que la Turquie considérerait ironiquement comme une « invasion » de la Syrie. Les conflits intra-OTAN atteignent un point d’ébullition avec les États-Unis, la Grèce et maintenant la France s’alignant tous contre les intérêts régionaux de la Turquie en réponse à l’approche multipolaire d’Ankara après le coup d’État. Cela exerce une énorme pression sur le président Erdogan pour reculer ou faire dangereusement face aux conséquences de cet acte. Le dirigeant turc a refusé de reculer et il est maintenant contraint d’affronter les perspectives d’un soutien conjoint américano-français à ce que son gouvernement considère comme des terroristes kurdes, ce qui ne fera que renforcer son désir d’intensifier la réorientation stratégique de son pays vers l’Est.

 

Non seulement cela, mais la Turquie pourrait contrer asymétriquement le déploiement militaire hostile de la France via les forces pro-Ankara dans le nord de la Syrie. Les médias turcs ont divulgué l’emplacement de chaque base où les forces françaises seraient censées être déployées comme ils l’ont fait pour les Américains l’été dernier, ce qui peut être interprété comme une menace tacite que les troupes des deux pays pourraient être ciblées par des groupes armés sympathisants de la Turquie dans le cadre de la « guerre civile de la Rojava » qui se déroule dans le nord de la Syrie. Les plans de la France pour aider les États-Unis sur ce champ de bataille et même de les remplacer, dans une certaine mesure. Si Trump confirme « très bientôt » ses intentions de quitter le pays, cela pourrait inévitablement conduire Paris à un second bourbier malien. Elle serait alors contrainte de lutter contre les rebelles dans ce qui est devenu une « guerre civile à plusieurs niveau dans une guerre civile » et non contre les terroristes.

Les développements rapides montrent que l’ancien modèle de colonialisme ne fonctionne plus dans les sociétés post-coloniales où les anciens colonisateurs cherchaient à exploiter les groupes minoritaires contre la majorité. Les habitants du nord-est de la Syrie ne permettront pas à leur ancien colonisateur de retourner dans leur pays et d’utiliser les Kurdes pro-occidentaux comme outil de substitution pour supprimer la majorité arabe. En outre, la Turquie coopère avec la Russie via le processus de paix d’Astana et atteindra vraisemblablement un éventuel « compromis » pour au moins restituer nominalement les territoires que ses groupes rebelles alliés contrôlent à l’autorité du gouvernement syrien.

Cela se fera probablement après avoir sécurisé sa position géopolitique par la prochaine « révision constitutionnelle » mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui conduira probablement à un certain degré de « décentralisation ». La France, cependant, n’a pas l’intention de faire la même chose vis-à-vis de ses mandataires et de la Russie, de sorte qu’elle représente une menace beaucoup plus grave pour la souveraineté syrienne que la Turquie en ce moment.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Les vraies origines de la guerre commerciale américano-chinoise

Posted: 25 Apr 2018 10:05 AM PDT

Article original de Andrew Korybko, publié le 07 avril 2018 sur le site Oriental Review
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

 

La Chine a répondu aux barrières douanières de Trump avec ses propres restrictions économiques, bien que son marché ait toujours été notoirement difficile à pénétrer en raison des propres politiques « protectionnistes » en faveur de ses producteurs nationaux. Mais le gouvernement a assoupli ses règlements antérieurs ces dernières années afin de faciliter la vision globale du pays avec la connectivité de la Route de la Soie (OBOR). La guerre commerciale en cours entre les États-Unis et la Chine menace de formaliser une compétition économique de longue date entre ces deux grandes puissances rivalisant pour le contrôle de l’ordre mondial, Washington souhaitant conserver sa domination unipolaire d’autrefois qui s’affaiblit alors que Pékin veut faire émerger un système multipolaire marqué par une diversité d’acteurs théoriquement égaux.


La friction entre ces forces contradictoires est la base de la nouvelle guerre froide en cours, bien qu’il y ait beaucoup d’autres choses à dire sur cette lutte mondiale.

Les États-Unis pensaient « reconquérir Pékin » grâce à leur alliance de la fin de la Guerre froide avec la Chine contre l’URSS pour permettre à Washington de faire ce qui lui plaît avec ce que ses décideurs se sont persuadés être leur plus grand État proxy à ce jour. La trahison de la Chine à travers la tentative ratée de la Révolution de couleur de la place Tiananmen de 1989 a changé pour toujours la façon dont les dirigeants communistes de ce pays d’Asie de l’Est considèrent l’Amérique. Néanmoins, les naïfs libéraux-mondialistes de l’époque Clinton pensaient qu’ils pourraient soudoyer la Chine pour qu’elle reste « loyale » à l’ordre mondial dirigé par les États-Unis qui a émergé après la guerre froide en s’appuyant sur des investissements « gagnant-gagnant » pour enrichir les élites américaines tout en aidant la Chine à se moderniser rapidement.

Pas la peine de le dire mais cette présomption s’est avérée totalement fausse.
Le soi-disant « Consensus de Washington » et les « règles du jeu » qui s’y rattachent sont truqués afin de profiter aux États-Unis et perpétuer indéfiniment leur hégémonie mondiale, raison pour laquelle la Chine a continuellement enfreint les règles à son avantage. Elle a été autorisée à le faire pendant si longtemps à cause de la relation susmentionnée qu’elle avait avec les élites américaines libérales-globalistes naïves qui ont profité de ce système au détriment des Américains moyens. L’administration Obama a tenté de « contrebalancer » les conséquences géopolitiques inévitables de cette tendance en proposant le partenariat mondial dit du « Groupe des Deux ou Chimerica » avec la Chine, mais Pékin a rejeté cette approche.

Donald Trump and Xi Jinping
Donald Trump et Xi Jinping

En 2013, la Chine s’est sentie suffisamment confiante pour annoncer le nouveau méga-projet OBOR, qui allait révolutionner la domination économique américaine et le « leadership » unipolaire, mais alors les États-Unis et la Chine ont soudainement « changé » leur rôle économique mondial à la suite à l’élection de Trump. Le discours du président Xi à Davos en janvier 2017 l’a vu proclamer la Chine comme le champion d’une version réformée du modèle de la mondialisation que l’Amérique a mené, alors que le président Trump n’a pas caché sa préférence pour les politiques protectionnistes-nationalistes que la République populaire utilisait elle-même par le passé.

Le reste du monde est maintenant obligé de choisir entre ces systèmes concurrents.

Tout comme pendant la guerre froide, la nouvelle version voit la réapparition d’un autre mouvement des non-alignés (Neo-MNA) qui tente de trouver un terrain d’entente en « hybridant » le meilleur des politiques des deux champions mais d’une manière plus complexe et globale qu’auparavant à cause des dimensions géopolitiques et économiques inextricables qui transcendent l’ancienne adhésion dogmatique à une idéologie unique. S’il n’y a plus d’« idéologie » surdéterminante, il reste le pur intérêt personnel du néo-réalisme et c’est ici que la Russie peut jouer un rôle central durant cette période transitoire de changement systémique global en aidant les Néo-MNA à « équilibrer » leurs relations entre les deux « blocs » et récolter les avantages qui en résultent.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guer

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Vers où va-t-on ?


Le premier trimestre 2018 a été un désastre pour l’Amérique

Posted: 25 Apr 2018 10:14 AM PDT

Article original de Chris Hamilton, publié le 2 avril 2018 sur le site Econimica
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eco_q12018_p0

Au premier trimestre de 2018, l’industrie financière et des placements a passé la surmultipliée quand on détaille la hausse des réductions d’impôt de 2018 et les répercussions positives de l’action des branches de l’exécutif et du Congrès « favorables aux entreprises » sur le monde des affaires américain. Le marché boursier a atteint des sommets sans précédent et la Réserve fédérale a proclamé que cette bonne période devait améliorer les perspectives économiques et accroître la probabilité de hausses des taux d’intérêt.


Du 1er janvier 2018 au 28 mars 2018 (premier trimestre), le PIB réel a probablement augmenté de 110 milliards de dollars (une hausse de 2,5% sur une base annualisée). Cependant, cela ne colle pas… Selon le Trésor, du 1er janvier 2018 au 28 mars 2018 (premier trimestre), la dette fédérale a augmenté de façon spectaculaire de 621 milliards de dollars (une augmentation de 13,1% sur une base annualisée… et il reste encore deux jours car le trimestre n’est pas tout à fait fini). Le graphique ci-dessus montre la variation trimestrielle de la dette fédérale par rapport à la variation trimestrielle du PIB réel depuis 2000. Le premier trimestre 2018 a été le deuxième plus important en terme de croissance de la dette fédérale, surpassé seulement par les dépenses massives du quatrième trimestre de 2008.

L’image suivante montre la situation si l’on soustrait juste la croissance trimestrielle de la dette fédérale de la croissance du PIB réel. Malheureusement, le premier trimestre de 2018 est l’un des pires enregistrés, la croissance de la dette fédérale faisant des bonds au regard de la « croissance » du produit intérieur brut (qui comprend bien sûr toute la dette fédérale alimentant l’activité!). Engendrer plus de 621 milliards de dollars de nouvelles dettes (qu’il va falloir servir) pour produire une nouvelle activité économique d’un peu plus de 100 milliards de dollars est quelque chose que seul le gouvernement pouvait réaliser.

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Cependant, cela devient carrément misérable si l’on ajoute à cette croissance trimestrielle l’ajout massif de 500 à 750 milliards de dollars de passif non capitalisé, parallèlement à la croissance de la dette fédérale. Ensemble, la dette de ce passif non capitalisé et de la dette fédérale augmentent de 3 000 à 4 000 milliards de dollars par an alors que le PIB augmente d’environ 500 milliards. Les réductions d’impôts et la hausse rapide des coûts des programmes sociaux continueront à voir les déficits augmenter beaucoup plus rapidement que l’activité économique ou les recettes fiscales qui en résultent.

Comment cela peut-il être une raison de se réjouir ? Eh bien, je suppose que tout est une question de perspective. Les États-Unis ne pourront jamais se sortir de ce trou… mais la Fed et le gouvernement fédéral sont le meilleur « leadership » que l’argent puisse acheter. En temps réel, ils choisissent (et s’alignent avec) la minorité qui finira vainqueur et laissera tout le monde supporter les pertes quand tout valsera.

Un dernier tableau ci-dessous, montrant quatre variables critiques de 1981 à 2017 :

eco_q12018_p2

  1. Variation annuelle de la population américaine âgée de 15 à 64 ans (ligne grise) ;
  2. Revenu personnel disponible (ligne verte… montant total disponible à l’échelle nationale pour les dépenses après que toutes les taxes ont été comptabilisées) ;
  3. Wilshire 5 000 (ligne jaune, capitalisation boursière ou valeur de toutes les actions américaines cotées en bourse) ;
  4. Taux des fonds fédéraux (FFR) (ligne noire, taux d’intérêt à court terme fixés par la Réserve fédérale).

En résumé, la croissance démographique du noyau adulte ayant décéléré (et la demande subséquente ayant ralenti) la Fed a abusé des taux FFR pour inciter au remplacement du levier et de la dette (gouvernementale, corporative, personnelle) pour maintenir un taux de croissance artificiellement élevé. Cependant, la croissance a principalement porté sur la valeur des actifs plutôt que sur l’activité économique ou la croissance des salaires. Les détenteurs d’actifs sont récompensés alors que la classe ouvrière est punie… la nouvelle politique américaine et celle du creusement des inégalités plutôt qu’une méritocratie.

Si vous êtes curieux de savoir comment cela s’inscrit globalement, j’ai récemment expliqué comment « Plus vite l’Amérique ‘se développe’, plus vite elle va s’effondrer ». S’il vous plaît également considérez aussi « Qui achètera ces trillions de bons du trésor américains ? ». Ensuite, pourquoi l’indicateur ultime suggère que les États-Unis ne se sont jamais vraiment remis de la grande crise financière. Comment l’Amérique fait-elle faillite ? Lentement, d’abord, puis tout à coup ! Et enfin, s’il vous plaît considérez la perspective globale, Les graphiques économiques les plus importants… ne sont pas des graphiques économiques.

Chris Hamilton

Macron pourrait piéger la France dans un bourbier au nord de la Syrie comme au Mali

Posted: 25 Apr 2018 10:08 AM PDT

Article original de Andrew Korybko, publié le 9 avril 2018 sur le site Oriental Review
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr
French and Syrian flags 

La France a déclaré qu’elle envoyait des troupes au nord de la Syrie pour soutenir les Kurdes.

Le président Macron a annoncé la décision sans précédent de Paris après avoir rencontré des dirigeants kurdes dans la capitale française la semaine dernière, une décision dénoncée en résumé par Ankara comme le « dépassement d’une ligne rouge ». Ankara dénonce un pays d’Europe occidentale soutenant le terrorisme avec ce que la Turquie considérerait ironiquement comme une « invasion » de la Syrie. Les conflits intra-OTAN atteignent un point d’ébullition avec les États-Unis, la Grèce et maintenant la France s’alignant tous contre les intérêts régionaux de la Turquie en réponse à l’approche multipolaire d’Ankara après le coup d’État. Cela exerce une énorme pression sur le président Erdogan pour reculer ou faire dangereusement face aux conséquences de cet acte. Le dirigeant turc a refusé de reculer et il est maintenant contraint d’affronter les perspectives d’un soutien conjoint américano-français à ce que son gouvernement considère comme des terroristes kurdes, ce qui ne fera que renforcer son désir d’intensifier la réorientation stratégique de son pays vers l’Est.

 

Non seulement cela, mais la Turquie pourrait contrer asymétriquement le déploiement militaire hostile de la France via les forces pro-Ankara dans le nord de la Syrie. Les médias turcs ont divulgué l’emplacement de chaque base où les forces françaises seraient censées être déployées comme ils l’ont fait pour les Américains l’été dernier, ce qui peut être interprété comme une menace tacite que les troupes des deux pays pourraient être ciblées par des groupes armés sympathisants de la Turquie dans le cadre de la « guerre civile de la Rojava » qui se déroule dans le nord de la Syrie. Les plans de la France pour aider les États-Unis sur ce champ de bataille et même de les remplacer, dans une certaine mesure. Si Trump confirme « très bientôt » ses intentions de quitter le pays, cela pourrait inévitablement conduire Paris à un second bourbier malien. Elle serait alors contrainte de lutter contre les rebelles dans ce qui est devenu une « guerre civile à plusieurs niveau dans une guerre civile » et non contre les terroristes.

Les développements rapides montrent que l’ancien modèle de colonialisme ne fonctionne plus dans les sociétés post-coloniales où les anciens colonisateurs cherchaient à exploiter les groupes minoritaires contre la majorité. Les habitants du nord-est de la Syrie ne permettront pas à leur ancien colonisateur de retourner dans leur pays et d’utiliser les Kurdes pro-occidentaux comme outil de substitution pour supprimer la majorité arabe. En outre, la Turquie coopère avec la Russie via le processus de paix d’Astana et atteindra vraisemblablement un éventuel « compromis » pour au moins restituer nominalement les territoires que ses groupes rebelles alliés contrôlent à l’autorité du gouvernement syrien.

Cela se fera probablement après avoir sécurisé sa position géopolitique par la prochaine « révision constitutionnelle » mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui conduira probablement à un certain degré de « décentralisation ». La France, cependant, n’a pas l’intention de faire la même chose vis-à-vis de ses mandataires et de la Russie, de sorte qu’elle représente une menace beaucoup plus grave pour la souveraineté syrienne que la Turquie en ce moment.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Les vraies origines de la guerre commerciale américano-chinoise

Posted: 25 Apr 2018 10:05 AM PDT

Article original de Andrew Korybko, publié le 07 avril 2018 sur le site Oriental Review
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

 

La Chine a répondu aux barrières douanières de Trump avec ses propres restrictions économiques, bien que son marché ait toujours été notoirement difficile à pénétrer en raison des propres politiques « protectionnistes » en faveur de ses producteurs nationaux. Mais le gouvernement a assoupli ses règlements antérieurs ces dernières années afin de faciliter la vision globale du pays avec la connectivité de la Route de la Soie (OBOR). La guerre commerciale en cours entre les États-Unis et la Chine menace de formaliser une compétition économique de longue date entre ces deux grandes puissances rivalisant pour le contrôle de l’ordre mondial, Washington souhaitant conserver sa domination unipolaire d’autrefois qui s’affaiblit alors que Pékin veut faire émerger un système multipolaire marqué par une diversité d’acteurs théoriquement égaux.


La friction entre ces forces contradictoires est la base de la nouvelle guerre froide en cours, bien qu’il y ait beaucoup d’autres choses à dire sur cette lutte mondiale.

Les États-Unis pensaient « reconquérir Pékin » grâce à leur alliance de la fin de la Guerre froide avec la Chine contre l’URSS pour permettre à Washington de faire ce qui lui plaît avec ce que ses décideurs se sont persuadés être leur plus grand État proxy à ce jour. La trahison de la Chine à travers la tentative ratée de la Révolution de couleur de la place Tiananmen de 1989 a changé pour toujours la façon dont les dirigeants communistes de ce pays d’Asie de l’Est considèrent l’Amérique. Néanmoins, les naïfs libéraux-mondialistes de l’époque Clinton pensaient qu’ils pourraient soudoyer la Chine pour qu’elle reste « loyale » à l’ordre mondial dirigé par les États-Unis qui a émergé après la guerre froide en s’appuyant sur des investissements « gagnant-gagnant » pour enrichir les élites américaines tout en aidant la Chine à se moderniser rapidement.

Pas la peine de le dire mais cette présomption s’est avérée totalement fausse.
Le soi-disant « Consensus de Washington » et les « règles du jeu » qui s’y rattachent sont truqués afin de profiter aux États-Unis et perpétuer indéfiniment leur hégémonie mondiale, raison pour laquelle la Chine a continuellement enfreint les règles à son avantage. Elle a été autorisée à le faire pendant si longtemps à cause de la relation susmentionnée qu’elle avait avec les élites américaines libérales-globalistes naïves qui ont profité de ce système au détriment des Américains moyens. L’administration Obama a tenté de « contrebalancer » les conséquences géopolitiques inévitables de cette tendance en proposant le partenariat mondial dit du « Groupe des Deux ou Chimerica » avec la Chine, mais Pékin a rejeté cette approche.

Donald Trump and Xi Jinping
Donald Trump et Xi Jinping

En 2013, la Chine s’est sentie suffisamment confiante pour annoncer le nouveau méga-projet OBOR, qui allait révolutionner la domination économique américaine et le « leadership » unipolaire, mais alors les États-Unis et la Chine ont soudainement « changé » leur rôle économique mondial à la suite à l’élection de Trump. Le discours du président Xi à Davos en janvier 2017 l’a vu proclamer la Chine comme le champion d’une version réformée du modèle de la mondialisation que l’Amérique a mené, alors que le président Trump n’a pas caché sa préférence pour les politiques protectionnistes-nationalistes que la République populaire utilisait elle-même par le passé.

Le reste du monde est maintenant obligé de choisir entre ces systèmes concurrents.

Tout comme pendant la guerre froide, la nouvelle version voit la réapparition d’un autre mouvement des non-alignés (Neo-MNA) qui tente de trouver un terrain d’entente en « hybridant » le meilleur des politiques des deux champions mais d’une manière plus complexe et globale qu’auparavant à cause des dimensions géopolitiques et économiques inextricables qui transcendent l’ancienne adhésion dogmatique à une idéologie unique. S’il n’y a plus d’« idéologie » surdéterminante, il reste le pur intérêt personnel du néo-réalisme et c’est ici que la Russie peut jouer un rôle central durant cette période transitoire de changement systémique global en aidant les Néo-MNA à « équilibrer » leurs relations entre les deux « blocs » et récolter les avantages qui en résultent.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guer

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