Vers où va-t-on ?:Comment la Russie tente de rendre le F-22 et le F-35 aussi obsolètes que les cuirassés

Vers où va-t-on ?


Comment la Russie tente de rendre le F-22 et le F-35 aussi obsolètes que les cuirassés

Posted: 02 Nov 2017 08:30 AM PDT

Article original de Charlie Gao, publié le 14 octobre 2017 sur le site National Interest
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Résultats de recherche d'images pour « radar »

Depuis le développement de la technologie furtive pour les avions, de nombreux systèmes différents ont été annoncés comme des « tueurs d’avions furtifs ». L’une des solutions les plus innovantes est le système radar bistatique russe Struna-1 / Barrier-E développé par NNIIRT, une division de l’Almaz-Antey Joint Stock Company. Almaz-Antey est le premier fabricant de défense aérienne et de radar en Russie ; il fabrique les systèmes antiaériens Tor, Buk et S-400, ainsi que leurs radars de recherche respectifs. Le Struna-1 a été développé à l’origine en 1999. Une autre évolution de Struna-1, le système Barrier-E a été plus tard présenté pour l’exportation au MAKS 2007. Bien qu’il ne fasse pas partie du catalogue en ligne d’Almaz-Antey, il a été montré aux côtés d’autres radars au MAKS 2017. La rumeur indique que ce système a été déployé autour de Moscou.


Le Struna-1 est différent de la plupart des radars en ce sens qu’il s’agit d’un radar bistatique, c’est-à-dire qu’il compte sur l’idée que le récepteur et l’émetteur du radar se trouvent à deux endroits différents par opposition à la technologie radar conventionnelle où le récepteur et l’émetteur sont situés au même emplacement. Les systèmes radar normaux sont limités par la quatrième loi de puissance inverse. Au fur et à mesure que la cible du radar s’éloigne de la source de transmission, la puissance du signal radar décroît selon une loi du carré inverse. Cependant, la détection radar fonctionne en recevant des réflexions du signal radar. Avec un radar conventionnel, le signal reçu est quatre fois plus faible que celui émis. La furtivité fonctionne parce que, à distance, un aéronef peut atténuer ses échos radar en les dispersant et en les absorbant à l’aide de matériaux absorbant les radiations. Cela dégrade la qualité de la trace radar, il est donc plus difficile de distinguer des informations précises sur un aéronef.

Le Struna-1 résout ce problème en positionnant l’émetteur à un endroit différent du récepteur. Le lien entre l’émetteur et le récepteur a augmenté la puissance par rapport à un radar conventionnel, car il tombe sous  la loi du carré inverse par opposition à la quatrième loi de puissance inverse. Cela permet au radar d’être plus sensible, car il agit efficacement comme un déclencheur pour le radar. Selon des sources russes, cette configuration augmente de près de trois fois la section efficace du radar (RCS) d’une cible et ignore tous les revêtements anti-radar qui peuvent disperser les ondes radio. Cela permet de détecter non seulement des avions furtifs, mais d’autres objets à faible RCS tels que les deltaplanes et les missiles de croisière. Il est possible de placer jusqu’à dix paires de récepteurs / émetteurs, chacune étant appelée Priyomno-Peredayushchiy Post (PPP) dans les publications russes. Les sources varient sur le potentiel de configuration de ces PPP mais la portée maximale entre deux tours simples est de 50 km. Cela conduit à un périmètre théorique maximal de 500 km.

Ces tours individuelles ont une consommation d’énergie relativement faible et n’émettent pas autant d’énergie que les radars traditionnels, ce qui les rend moins vulnérables aux armes anti-rayonnement. Les tours sont mobiles, permettant un déploiement vers l’avant en période de conflit. Elles s’appuient sur des liaisons de données hyperfréquences pour communiquer entre elles et une station de surveillance centralisée, qui peut être située à une distance significative du système. La nature distribuée permet également au système de continuer à fonctionner si un nœud tombe en panne, mais avec moins de précision. La faible hauteur des tours émettrices et réceptrices (seulement à 25 m du sol) fait de Struna-1 un très bon système pour détecter les cibles à basse altitude, des cibles que les radars classiques ont souvent du mal à détecter.

Les limitations du système Struna-1 incluent une faible altitude de détection. La nature du système se traduit par une zone de détection qui est une parabole grossièrement biaisée entre le récepteur et l’émetteur. Cela limite l’altitude de détection à environ 7 km au point le plus haut, la portée de détection maximale diminuant à mesure que l’objet se rapproche des tours émettrices / réceptrices. La dimension transversale de la zone de détection est également limitée, soit d’environ 1,5 km à proximité des tours à 12 km au point optimal entre les tours. La petite taille de la zone de détection limite l’utilisation du système Struna-1 comme déclencheur, il ne peut pas remplacer les radars traditionnels en tant que mécanisme de recherche global. Cependant, avec sa traque de haute précision des avions furtifs, il peut servir de contrepartie à d’autres systèmes radar à bande plus longue tels que le Sunflower, qui fournissent des signatures d’avions moins précises. Le Struna-1 ne peut pas servir de radar de visée en raison de son incapacité à fournir un éclairage radar constant qui suit une cible, de sorte qu’il ne peut pas être utilisé pour guider les missiles sol-air semi-actifs.

Bien que le radar bistatique Struna-1 ne soit pas une solution de détection universelle pour les avions furtifs, il pourrait constituer une menace importante pour les avions furtifs de l’OTAN dans un futur conflit. Les avions de frappe avec des caractéristiques furtives sont particulièrement vulnérables. Le bombardier a tendance à favoriser les profils de déplacement qui pourraient amener les avions à voler dans la zone de détection du Struna-1. En même temps que d’autres systèmes radars modernes « anti-furtifs », le Struna-1 pourrait fournir des informations critiques à un adversaire sur la position et le mouvement des avions furtifs.

Charlie Gao

Charlie Gao a étudié les sciences politiques et informatiques au Grinnell College et est un commentateur fréquent sur les questions de défense et de sécurité nationale.

Une Psy-Op sur l’alliance Taliban-Daech exposée comme un complot anti-CPEC

Posted: 02 Nov 2017 02:23 AM PDT

Article original de Andrew Korybko , publié le 10 octobre 2017 sur le site Oriental Review
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

CPEC Road Network

Les agences de renseignement américaine (CIA) et indienne (RAW) ont échoué dans leur frêle tentative de convaincre le monde que les talibans avaient tout à coup décidé de s’allier à Daech. Mais cette fausse nouvelle pourrait être le début d’une nouvelle tendance à assimiler au « califat » tout groupe armé hostile [aux USA, NdT] ou à accuser faussement des groupes amis d’être alignés avec Daech à des fins machiavéliques.

Internet était en effervescence pendant le week-end dernier avec encore une fausse nouvelle diffusée par la CIA, sauf que cette fois-ci il s’agissait des talibans et de Daech et non pas de la Chine et des musulmans comme la semaine dernière. Le média local afghan 1TVNews a apparemment été le premier à lancer la « nouvelle » d’un « haut responsable de la sécurité dans la province du Helmand du Sud », selon laquelle le chef taliban Hibatullah Akhundzada aurait appelé à une « paix des braves » indiquant que leur organisation ne se battra plus contre Daech à cause de leur prétendu « objectif partagé ». En l’espace de quelques heures, cette histoire non vérifiée a pris de l’ampleur et s’est répandue partout dans le monde, et elle a même été reprise par RT, le créateur de tendances des médias alternatifs. Il est apparu rapidement que le « haut responsable de la sécurité » serait le général Abdul Raziq, le chef de la police de Kandahar, qui a clairement intérêt à promouvoir ce faux récit afin de « légitimer » des attaques américaines plus agressives contre les talibans dans sa région.

Des fausses nouvelles en tant que nouvelle stratégie contre le corridor économique sino-pakistanais (CPEC)

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La raison pour laquelle cette histoire est appelée une fausse nouvelle tient au démenti du porte-parole taliban Zabihullah Mujahid qui a déclaré lundi à l’agence de presse iranienne Tasnim que tout était fabriqué et que « les ordres des dirigeants talibans à tous les moudjahidines était de prévenir au maximum toute activité de Daech (…) Combattre les groupes de Daech est le décret des chefs talibans (…) S’unir avec un groupe qui considère le meurtre des musulmans innocents et sans défense comme légal serait impossible. » Étant donné que cette « fausse nouvelle » a été démystifiée par l’un des porte-parole officiels du groupe, cela soulève la question évidente de savoir pourquoi elle a été inventée et comment elle s’est propagée si rapidement sur Internet au cours du week-end. Il semble improbable que les propos d’un chef de la police afghane locale acquièrent instantanément une attention mondiale sans une sorte de campagne d’information préméditée, suggérant ainsi la complicité des agences de renseignement américaines CIA et indienne RAW pour pousser ce récit – parce que c’est avantageux pour leurs intérêts.

Le rapport d’information original de 1TVNews comprenait également un important passage indiquant que « Akhundzada était accompagné de Quetta Shura, un conseil des leaders talibans basé au Pakistan », essayant ainsi d’en déduire qu’Islamabad soutenait une composante influente des talibans. Cela conforte les remarques de Trump de la fin du mois d’août quand il a déclaré que « le Pakistan donne souvent refuge aux agents du chaos, de la violence et de la terreur », propos complétés par pure coïncidence le week-end dernier par le secrétaire américain à la Défense, Mad Dog Mattis, qui a menacé de retirer au Pakistan son titre d’« Allié majeur non-OTAN » (MNNA) s’il ne coopère pas pleinement avec les États-Unis dans ses capacités « antiterroristes » (lire : anti-taliban). Par extension, cette attaque à la fausse nouvelle signifiait que le Pakistan était un « refuge » pour Daech en raison de l’alliance supposée du groupe avec les talibans, ce qui permettrait aux États-Unis de commencer à faire valoir que le pays est un « État sponsor du terrorisme » et donc éventuellement soumis à des sanctions qui, en tout état de cause, seraient dirigées contre le CPEC d’une manière ou d’une autre.

Pourchasser Daech à travers l’Eurasie

Une raison plus immédiate et tactique pour ce canular est qu’il fournit une « légitimité » à l’effort américain pour intensifier ses attaques contre les talibans par des frappes aériennes et prétendument un soutien héliporté à l’armée afghane au motif que le groupe est prétendument maintenant une « filiale de Daech », ce qui « délégitimerait » en soi les talibans de toute négociation de paix prospective et saboterait par conséquent le nouveau processus de dialogue dirigé par Moscou. La fausse équivalence entre ces deux groupes est également politiquement opportune en ce sens qu’elle permet aux États-Unis d’élaborer un récit selon lequel son regain d’intérêt pour l’Afghanistan consiste à poursuivre sa campagne anti-Daech lancée au Moyen-Orient, ce qui donnerait l’impression que les États-Unis sont sur une initiative opérationnelle globale contre le groupe pour regagner un « leadership perdu » sur ce front après que la Russie leur « a volé la vedette » il y a deux ans en Syrie. Le monde devrait toutefois se méfier de ce scénario car il pourrait être utilisé non seulement en Afghanistan, mais aussi ailleurs, surtout si les États-Unis décident d’« encadrer » certains de leurs substituts non étatiques.

Faux drapeau et Fausses Nouvelles

Par exemple, sous couvert de la « lutte contre Daech » et de ses prétendus « affiliés », les États-Unis et leurs alliés régionaux « Lead From Behind » pourraient initier des psy-ops sous forme de fausses nouvelles contre les acteurs locaux avec qui ils étaient alliés auparavant pour utiliser une présence physique sur le théâtre opérationnel ciblé comme prétexte pour commencer des opérations militaires. Tout ce qu’il faudrait, c’est une opération similaire à celle qui a eu lieu ce week-end pour tenter de faire croire au monde qu’un groupe donné est soudainement aligné sur Daech. Bien sûr, cela pourrait même être vrai, mais tardivement rapporté jusqu’à ce qu’un moment opportun soit utilisé par les États-Unis et leurs partenaires pour prendre des mesures décisives. Il est difficile de prédire exactement où cet exemple pourrait se manifester à l’extérieur du « Syraq » et de l’Afghanistan, mais une possibilité pourrait se situer au Myanmar si les États-Unis décidaient d’activer leur « Asakan Rohingya Salvation Army » (ARSA), leur proxy local, pour débuter un scénario à la kosovare  pour ce pays sur la base du fait que leurs partenaires locaux ont fait défection pour rejoindre Daech.

En fait, cela pourrait s’avérer être vrai, mais cela pourrait néanmoins être exploité par les États-Unis pour les besoins géostratégiques décrits brièvement ci-dessus et plus en détail dans le lien hyper-texte. L’indicateur clé à prendre en compte est la rapidité avec laquelle cette histoire se propage dans les médias mainstream et si elle suscite une réaction significative de la part des États-Unis ou de leurs partenaires. Si c’est le cas, il y a un risque accru que l’accusation en question – qu’elle soit objectivement vraie ou seulement une fausse nouvelle – soit promue afin de pré-conditionner la population avant une éventuelle campagne de guerre conventionnelle ou hybride. Il suffit de rappeler comment les États-Unis ont nié les affirmations de la Russie, au cours de ces deux dernières années, que Daech avait pris pied en Afghanistan, mais maintenant qu’ils y voient une occasion égoïste de faire avancer leur programme de Nouvelle Guerre froide, ils n’hésitent pas à reconnaître ce fait, en l’exagérant, et même en l’exploitant contre les talibans, sans parler des autres acteurs sur les futurs champs de bataille ailleurs en Afro-Eurasie.

Andrew Korybko

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