Conseil esperance du roi: Une fois de plus Mario Draghi a tout faux !

Une fois de plus Mario Draghi a tout faux

par conseilesperanceduroi

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne avait un objectif en présentant, à la suite de la grande crise de 2008, sa politique des taux bas et sa méthode d’assouplissement économique (QE pour quantitative easing) : relancer l’activité économique en inondant les marchés de liquidités (ce que l’on appelait dans le temps la planche à billets). Il en espérait non seulement l’augmentation des prêts tant aux entreprises qu’aux particuliers mais aussi la baisse de l’euro par rapport au dollar ainsi que la reprise d’une inflation minimale autour de 2%.

Hélas, rien n’a marché comme il l’espérait et la crise économique de la zone euro n’en finit pas.

Alors, jeudi 20  juillet, à l’issue de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), le président de l’institution a délivré un message : il n’est pas pressé de sevrer l’économie européenne de ses soutiens.  » Un degré élevé de politique monétaire accommodante est toujours nécessaire afin que les pressions inflationnistes sous-jacentes se renforcent, a-t-il répété à deux reprises. Nous devons nous montrer persévérants, patients et prudents. « 

En conséquence, l’institution de Francfort a laissé inchangés son taux directeur (0  %) et son taux de dépôt (– 0,4  %). Elle n’a pas modifié non plus son programme de rachat de dettes publiques et privées (le quantitative easing en -anglais, ou QE), entamé en mars  2015, à l’époque pour 80  milliards d’euros par mois. Son volume, aujourd’hui de 60  milliards d’euros, ne diminuera pas avant le début de l’année 2018. Et la BCE, insistant sur la nécessité de se montrer  » flexible « , se garde la possibilité de l’augmenter ou de le prolonger dans le temps si nécessaire. Un message similaire à celui qu’elle avait délivré début juin.

Le 27  juin, lors du forum annuel de la BCE, au Portugal, Mario Draghi avait déclaré que l’institut de Francfort allait  » accompagner la reprise en ajustant les paramètres de ses instruments « . Une phrase sibylline pour le commun des mortels. Mais que les marchés, pas loin de paniquer, ont traduite comme étant le signal d’une fermeture plus rapide que prévu du robinet à  liquidités, auquel ils sont accros sans pour autant que les entreprises ou les particuliers en retirent finalement le moindre avantage, les liquidités du lobby bancaire servant quasi-uniquement…à spéculer.

Dans la foulée, les taux souverains se sont tendus. Les rendements allemands à dix ans sont ainsi passés de 0,24  % à plus de 0,50  %. Et l’euro a retrouvé son plus haut niveau depuis quatorze mois. Un très mauvais résultats pour les exportations européenne facturées en euro !  » Les marchés ont surréagi aux déclarations de Sintra, estime William De Vijlder, économiste en chef de BNP Paribas. Il ne fait aucun doute que la BCE se montrera infiniment prudente dans la réduction de ses achats de dette et le relèvement de ses taux. « 

C’est ce que M. Draghi a rappelé jeudi.  » Il s’est livré à un numéro d’équilibriste « ,juge Valentin Bissat, économiste chez Mirabaud AM. L’Italien a en outre indiqué que les modalités du QE seraient discutées à l’automne. Soit lors de la réunion du 7  septembre ou, plus probablement, celle du 26  octobre. Un rendez-vous que les marchés suivront de près, dans l’espoir d’en savoir plus sur le calendrier futur.

Certes, la reprise économique se généralise, la production industrielle accélère dans plusieurs pays de l’Union et le taux de chômage (9,3  % de la population active) est au plus bas depuis mars  2009 au sein de l’Union. Mais l’inflation, elle, reste décevante. En juin, elle est ressortie à + 1,3  %, loin de la cible de + 2  % de l’institution. » L’inflation n’est pas au niveau que nous souhaitons « , a insisté Mario Draghi.

La BCE prendra donc le temps qu’il faut pour diminuer son QE et remonter ses taux. Tout au long de 2018 et 2019, l’institution retirera progressivement ses soutiens monétaires afin de ne pas heurter l’économie. Une remontée trop brutale des taux pourrait en effet nuire au crédit, à l’investissement et aux finances publiques des Etats les plus fragiles.

Mais il ne faut pas oublier les lourdes séquelles de la récession : créances douteuses en Italie, dettes privées élevées au Portugal, chômage important en Espagne et en Grèce et, bien sûr, les conséquences de la dette grecque qui ne sont pas réglées et risquent même d’entraîner l’UE vers l’abîme. Enfin, la remontée de l’euro face au dollar complique également la donne, puisqu’elle tire vers le bas les prix des produits importés (et retarde donc la reprise de l’inflation souhaitée) et vers le haut les prix à l’exportation des biens fabriqués en Europe.

Mais, à se montrer si prudente, la BCE risque de se retrouver sans marges de manœuvre lors du prochain ralentissement économique. Tandis que ses taux bas risquent d’alimenter la formation de bulles, comme on le redoute en Allemagne.

Face à ces doutes, nombre d’économistes estiment que la banque centrale devrait s’interroger sur la pertinence de sa cible d’inflation. Dans un monde où les prix sont de moins en moins dynamiques, fait-elle encore sens ?  » Plus vraiment « , estime Patrick Artus, chef économiste de Natixis. Car les salaires, principal moteur de l’inflation hors matières premières, progressent moins vite qu’avant, même en situation de plein-emploi. «  Autrefois, les entreprises s’ajustaient à la hausse des salaires en augmentant leurs prix, mais aujourd’hui elles le font plutôt en tassant leur marge « , ajoute M.  Artus. Selon lui, la BCE devrait plutôt caler sa politique monétaire sur le taux de chômage.

Pourtant, la BCE reste convaincue que les faiblesses du marché du travail, comme les forces freinant le retour de l’inflation, sont temporaires. Et finiront par se dissiper. Elle oublie le poids grandissant des nouvelles  » Grandes Invasions barbares » sur nos pays et les paramètres qui régissent leur économie. Le dumping social résultant de la traite négrière (lire « À quand le prochain camp ? » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/10/a-quand-le-prochain-camp/) comme le coût de plus en plus faramineux de l’accueil des migrants sont chaque jour plus lourds pour les budgets des Etats européens et l’accès à l’emploi de nos concitoyens.

Mais, CHUT !

 

Il est interdit de parler des sujets qui fâchent, même s’ils sont la clé de tous nos ennuis.

Le 24 juillet 2017.

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