Olivier Demeulenaere:Les actifs bancaires sont éphémères (E. von Greyerz)

Les actifs bancaires sont éphémères (E. von Greyerz)

« Il n’y a pas que l’or-papier qui soit faux. Peu d’investisseurs réalisent que la plupart de leurs investissements sont faux.

Les fausses nouvelles et les faux actifs sont partout. Commençons avec les réseaux sociaux, qui ont pris une importance considérable dans le monde entier. Facebook, par exemple, compte 2 milliards d’utilisateurs actifs. WhatsApp en compte 1,2 milliard, et Instagram 700 millions. Évidemment, il y a beaucoup de chevauchement entre les réseaux sociaux, mais ces trois réseaux touchent des milliards de personnes et leur pouvoir est bien supérieur aux autres. Les réseaux sociaux ont plus d’impact que les journaux ou la télévision, et ce sont les seuls médias que 2-3 milliards de personnes suivent quotidiennement. La plupart des gens, et les jeunes en particulier, ne regardent pas la télé et ne lisent pas les journaux. Ils se tiennent informés via les réseaux sociaux.

LES RÉSEAUX SOCIAUX SONT UNE SOURCE DE FAKE NEWS

Les réseaux sociaux vous donnent une gratification instantanée. Vous publiez quelque chose, et vous recevez un message en retour ou un nombre de likes (j’aime), ce qui libère de la dopamine et rend temporairement heureux. Mais comme j’ai pu l’observer avec mes petits-enfants, les réseaux sociaux sont une source parfaite de fake news. Plusieurs jeunes qui utilisent les réseaux sociaux recevront des fake news ou se feront harceler. Les réseaux sociaux sont parfaits pour faire circuler de fausses rumeurs dont il est ensuite difficile de se débarrasser. Le compte Twitter de Donald Trump est un autre exemple d’allégation de fake news. Trump accuse les journaux et la télévision de publier des fake news, et ils l’accusent de la même chose en retour.

C’est le monde dans lequel nous vivons : un monde avec de faux marchés, de faux actifs, de fausses valeurs, de la fausse monnaie, de fausses personnes et de fausses nouvelles.

FAUSSE IDENTITÉ

Il y a eu récemment un cas intéressant de fausse identité en Suède. Le directeur de la plus grande société de sécurité de Suède, Securitas, a été victime de vol d’identité en mars. Un prêt bancaire d’un montant non révélé fut accordé au voleur d’identité. Le prêt n’a pas été remboursé et le faux directeur de Securitas a été déclaré en faillite, le 10 juillet. Le vrai directeur de la société n’était pas au courant de la chose, et il doit se battre pour sauver son honneur et sa position.

Nous vivons dans un monde où tout devient électronique. Les personnes physiques n’ont plus d’importance. Nous ne sommes que des entrées électroniques dans un registre.

LA MONNAIE EST FAUSSE

Même chose avec la monnaie. La monnaie est aujourd’hui totalement fausse. Avant, la monnaie était l’argent ou l’or. Afin de faciliter le commerce, les métaux ont été remplacés par de la monnaie papier, à raison de un pour un. Initialement, la monnaie papier représentait toujours une valeur réelle en contrepartie de biens et services. Mais les banquiers et les gouvernements ont vite réalisé qu’ils pouvaient s’enrichir en réduisant la quantité de métal précieux contenu dans une pièce. Bien entendu, ils s’en fichaient de frauder et d’abaisser ainsi la valeur de la monnaie « réelle ». Plus tard, la même chose a été faite avec la monnaie papier. Lorsque la monnaie papier fut introduite, elle représentait la quantité d’argent ou d’or détenue par la banque. Mais les gouvernements et les banquiers réalisèrent qu’en utilisant l’effet de levier sur l’argent et l’or, ils pourraient s’enrichir bien plus aux dépens des épargnants et des déposants. C’est ainsi que le schème de Ponzi a commencé, avec de la fausse monnaie et de faux actifs.

LES ETF DÉTIENNENT DE FAUX ACTIFS

Aujourd’hui, pratiquement tous les actifs et passifs non capitalisés sont uniquement des entrées électroniques avec effet de levier de x10, x100, voire x1000 sur la valeur « réelle » des actifs sous-jacents.

La monnaie a un levier de plusieurs fois, et les actions bénéficient aussi d’un effet de levier grâce à l’émission de produits dérivés variés comme les ETF ou les contrats à terme supposés refléter l’actif sous-jacent mais qui, en réalité, ne sont que des entrées électroniques ne reposant sur rien. Vu que la dette mondiale, incluant les passifs non capitalisés et les produits dérivés, s’élève à plus de 2 quadrillions $ [2 millions de milliards de dollars, OD], les actifs mondiaux devraient valoir autant. Mais les actifs mondiaux ne représentent même pas une fraction de cela. Ces actifs seraient de 250 000 milliards $, mais c’est une valorisation à l’intérieur d’une bulle qui implosera en même temps que les dettes et les passifs non capitalisés.

LA SUÈDE SANS CASH

Étant donné que je passe du temps en Suède en ce moment, je fais l’expérience d’une société sans cash. Dans de nombreux endroits, le cash n’est pas accepté. Tout le monde exige une carte de crédit ou un paiement électronique. Les banques imposent des frais pour déposer du cash.

LA MONNAIE PEUT DISPARAÎTRE D’UN CLIC DE SOURIS

Peu de gens réalisent que leur monnaie n’est qu’une entrée électronique qui peut être annulée en une seconde par le gouvernement. Cela signifie que leur monnaie peut disparaître, pour ne jamais réapparaître. C’est ce que les gouvernements et les banques centrales veulent imposer dans la plupart des pays occidentaux. Les gens pensent que leur argent est en sécurité à la banque et ne réalisent pas que la monnaie électronique n’est pas introduite par commodité, mais bien pour les empêcher de retirer leur argent lorsque les banques insolvables ayant utilisé à outrance l’effet de levier manqueront de cash. Quiconque possède un compte bancaire doit comprendre qu’un jour, il n’y aura plus d’argent à la banque. Les distributeurs automatiques seront fermés et il n’y aura pas de cash disponible. C’est une façon élégante de régler le problème d’insolvabilité du système financier : il n’y aura pas de monnaie papier disponible, ni de monnaie électronique… plus d’argent à retirer.

À ce moment-là, le gouvernement n’imprimera plus de monnaie pour les particuliers, puisqu’elle sera inutilisable. Il imprimera des coupons à utiliser dans certains magasins et pour d’autres dépenses. C’est déjà le cas dans des pays comme le Zimbabwe. Les gens ne pourront dépenser qu’une quantité très limitée de l’argent déposé sur leur compte bancaire chaque mois, comme nous l’avons vu en Argentine.

Bien sûr, l’impression monétaire massive continuera pour sauver le système financier lorsque tous les actifs imploseront. Mais une très faible quantité de cette monnaie parviendra aux gens ordinaires.

La plupart d’entre vous diront que ce scénario est totalement irréaliste, pire qu’apocalyptique. J’espère qu’il ne se réalisera jamais. Mais ce que je veux dire est qu’en remettant des actifs aux banques et, finalement, au gouvernement, qui contrôle les banques, la plupart des gens perdront totalement le contrôle de leurs biens.

Cela ne concerne pas uniquement le cash, mais tous les actifs détenus dans le système financier, qu’il s’agisse d’actions, d’obligations, ou d’autres titres sous forme électronique.

Nous sommes arrivés à un point où le monde n’est plus à la croisée des chemins, mais dans un cul-de-sac. La marche arrière n’est plus possible. La seule issue est le précipice.

Voici la recette parfaite pour un désastre :

1. 18 000 milliards $ de dette imprimée par des banques centrales insolvables, +300% depuis 2006.

2. Ajouter les dettes, publiques et privées, qui atteignent 230 000 milliards $, +60% depuis 2006.

3. Les passifs non capitalisés et autres obligations à hauteur de 270 000 milliards $, pour un total minimum de 500 000 milliards $.

4. Les produits dérivés de 1,5 quadrillion $, pour un total supérieur à 2 quadrillions $.

5. Afficher des déficits budgétaires pendant plus de 50 ans, comme aux États-Unis.

6. Toujours acheter plus que l’on vend, créant ainsi des déficits commerciaux pendant plus de 40 ans, comme aux États-Unis et au Royaume-Uni.

7. Imprimer de la monnaie pour payer les dépenses gouvernementales, comme au Japon.

8. Acheter sa propre dette, comme le Japon, les États-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni etc.

8. Mal gérer son pays et son économie jusqu’à ce que la devise atteigne sa valeur intrinsèque de zéro. À date, toutes les devises majeures ont chuté de 97-99% depuis 1913. Il ne reste que 1-3% pour atteindre zéro.

9. Autoriser le système financier à utiliser un effet de levier illimité, pour le bénéfice d’une minuscule minorité, et faire porter le fardeau de la dette aux masses.

10. Manipuler tous les marchés pour obscurcir la détermination de prix.

11. Établir des taux d’intérêt à zéro ou négatifs pour permettre aux gouvernements d’emprunter des montants illimités.

12. Supprimer la valeur de l’or afin de cacher la mauvaise gestion de la monnaie et de l’économie.

13. Établir un système de désinformation et de fake news pour tromper les gens.

14. Une fois que les points 1 à 14 ont été remplis, recommencer à 1 et refaire la même chose ».

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Rappels :

Philippe Béchade : la finance ou le royaume des fake news

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