La méduse: Tribune libre – Un an après l’attentat de Nice, c’est le droit à l’info qui fait polémique !

Tribune libre – Un an après l’attentat de Nice, c’est le droit à l’info qui fait polémique !
L’actu de Stephff
Lu ailleurs – Le désespoir d’un producteur de melons gardois

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Posted: 14 Jul 2017 01:29 PM PDT

C’est le temps de la récolte. Les champs de lavande, quel bonheur, quel odeur! Photo-légende Erling Mandelmann, 14 juillet 2017

La Chorale du YMCA de Jérusalem a mis le feu à l’église Saint-Laurent de Lausanne

Posted: 14 Jul 2017 09:03 AM PDT

Un concert émouvant et de haute tenue!

PAR EDGAR BLOCH

Dans une église pleine à craquer, plus 200 participants ont assisté jeudi soir 13 septembre 2017 au spectacle donné par la chorale du YMCA de Jérusalem, dirigée par Micah Hendler, et renforcée par les choristes du chef Dominique Tille.

Une magnifique prouesse ponctuée de chants en arabe et en hébreu, une reprise, en bon français de chez-nous, celle-là, des «Moissons de mon enfance» de Gilles. Point d’orgue sans doute, une prestation mixte en patois fribourgeois et en arabe, en quelque sorte une première mondiale!

Dans une ambiance particulièrement chaleureuse et festive, les chanteuses et chanteurs de Jérusalem-Ouest et Est ont même spontanément poursuivi le spectacle sur la place Saint-Laurent très tardivement. Présent, le Municipal de la Ville de Lausanne, David Payot nous a fait part de son sentiment: «On a l’impression que si on arrive à surpasser leurs difficultés pour réaliser des projets, nous aussi pouvons avoir de l’espoir.» Des propos qui sonnent terriblement juste alors qu’un attentat meurtrier s’est déroulé ce matin même en vieille ville de Jérusalem.

C’est l’association Coexistences, composée de citoyens suisses, habitant pour la plupart en région lausannoise, qui avait mis sur ce pied ce séjour, ponctué par cette prestation de haute tenue, faisant suite à celle donnée deux jours avant au Palais des Nations unies à Genève. Ces jeunes engagés dans le dialogue et le chant se sont déjà produits précédemment au Japon, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Les membres de la chorale ont été accueillis toute la semaine dans des familles de la région lausannoise.

Coexistences encourage depuis dix ans les personnes et les groupes engagés dans le dialogue entre Israéliens juifs, arabes et Palestiniens.

Une fois la prestation officielle achevée, les choristes ont poursuivi spontanément le spectacle sur la place Saint-Laurent. Même les habitués de la place y ont pris part. Photos E. Bloch

Tribune libre – Un an après l’attentat de Nice, c’est le droit à l’info qui fait polémique !

Posted: 14 Jul 2017 03:55 AM PDT

On l’a appris cette semaine, le parquet de Paris a demandé en urgence le retrait du dernier numéro de « Paris Match », celui qui porte la date du 13 juillet. L’hebdomadaire consacre huit pages à l’attentat de Nice perpétré le 14 juillet 2016 et publie sur une double page des photos qui sont des captures d’écran de la vidéosurveillance de la ville de Nice. Or certains de ces clichés avaient été versés au dossier de l’enquête judiciaire. Dans le « Figaro », les associations de victimes dénoncent des images qui portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches. Comme le souligne, leur avocat, Maître Eric Morain : « Les victimes de Nice n’avaient pas besoin de ça. Vraiment pas. »

C’était il y a une tout juste une année, peu avant 23 heures. Après les feux d’artifice du 14 juillet, un camion de neuf tonnes fonçait dans la foule festive s’étant rendue sur la mythique Promenade des Anglais pour y célébrer la fête nationale. Avec le drame que l’on connaît. Soit 86 morts et des centaines de blessés. Et Florence Askenazy, pédopsychiatre, de rappeler au « Figaro » comment 18 bébés traumatisés sont encore traités par son service. Alors que neuf personnes demeurent incarcérées pour leurs liens avec l’assassin, désigné comme un terroriste.

Finalement, la décision du Tribunal de grande instance (TGI) a été communiquée au soir du 13 juillet: « Le retrait des kiosques (…) ne saurait constituer une mesure efficace, dès lors que le numéro litigieux est d’ores et déjà en vente. En revanche, pour mettre fin au trouble et prévenir tout dommage, il convient d’interdire toute nouvelle publication de photos. »

Remontant à l’année 1950 et à la guerre d’Algérie pour trouver une autre tentative semblable de censure judiciaire de la presse, le Syndicat national des journalistes (SNJ) a dénoncé une atteinte à la liberté de l’information. Le même argument est utilisé par le directeur de la rédaction Olivier Royant, pour qui « Paris Match entend défendre le droit des citoyens, au premier chef le droit des victimes, de savoir ce qui s’est passé exactement lors de l’attentat (…) Il s’agit de vues de loin, plans larges, sans identification possible des victimes ni atteinte à leur dignité. Elles sont publiées dans un souci de compréhension des événements. » Avis que ne partagent pas nombre de kiosquiers niçois qui ont refusé de distribuer le numéro incriminé de « Paris Match ».

Je me suis rendu moi-même sur les lieux le 10 août 2016. J’ai questionné des chauffeurs de taxi, le staff de l’équipe de foot fanion, des commerçants, restaurateurs, policiers, etc. L’ambiance était lourde. Mais l’accueil de cette population niçoise pareillement meurtrie fut toujours chaleureux, bienveillant et empreint d’une remarquable pudeur. Toutes et tous ont été touchés de près ou de loin par cet odieux assassinat de masse. Toutes et tous m’ont demandé d’aller me recueillir sur les lieux sinistrés et recouverts de centaines de gerbes de fleurs, de lettres, de peluches, de jouets – moins alertes que leurs aînés, les enfants ont payé le plus lourd tribut – autant de témoignages de souffrances et d’incompréhension.

Aussi est-il temps de restaurer – au même titre que l’éducation au Bien – la pudeur. Et pour le média qui nous occupe de se recentrer sur sa posture d’investigation. De rechercher la vérité tant au sujet des instigateurs de l’attentat que de leurs objectifs. Ceci sans monnayer l’insoutenable. Il en est de même pour tous les autres attentats. Ce n’est pas servir le droit de savoir que d’ajouter du sordide au meurtre. Sinon, on tue une seconde fois. Pire, on piétine la dignité de la victime et celle de ses proches.

Lutter contre le terrorisme et les violences politiques c’est aussi ne pas jouer dans la surenchère de l’information pour voyeurs, dans une société consumériste, déshumanisée, malade de marketing et d’overdose d’infos poubelle. Alors non, sur ce coup « Paris Match » ne fait pas juste en publiant des photos sur lesquelles on voit le camion du diable rouler sur des gens comme vous et moi. Réhabilitons l’humain et la pudeur.

François Meylan, Lausanne

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