conseil dans l’espérance du roi:Qui sait si Emmanuel Macron ne lit pas le blogue du CER ?

Qui sait si Emmanuel Macron ne lit pas le blogue du CER ?

par conseilesperanceduroi

La mer était exagérément calme, ces derniers jours, dans le canal de Sicile. Pas un souffle de vent, à peine un peu de houle, les conditions étaient idéales pour partir des côtes libyennes en direction de l’Europe. Les trafiquants d’êtres humains n’ont pas manqué de profiter de l’occasion : mardi et mercredi, 12 000 personnes ont été récupérées à la limite des eaux territoriales libyennes, la plupart du temps par les navires des différentes ONG croisant dans la zone, à l’affut des départ de migrants qui constituent leur gagne-pain.

Les trafics de SOS-Méditerranée avec l’Aquarius

Mais ne croyez pas que seule les conditions météorologiques règlent le rythme de la traite négrière. Il y a aussi la stratégie des passeurs et de leurs complices des ONG, observée depuis plusieurs mois : la concentration des départs en  » vagues  » de plus en plus importantes, qui complique certes les opérations de secours mais donne de la crédibilité aux actions de prétendu  » sauvetage  » par ceux qui tiennent tant à leur étiquette d’ « humanitaires « . Un coup monté par les négriers ? Un autre signe le laisse penser.

Il s’agit de la soudaine disparition des eaux internationales des gardes-côtes libyens. Ces dernières semaines, ces unités, financées par des aides européennes et équipées de dix navires ultramodernes fournis par l’Italie, avaient multiplié les actions d’intimidation contre les ONG, et reconduisant de force quelques migrants vers les côtes africaines. Où sont ils passés ? Qui leur a intimé l’ordre de ne plus faire obstruction au trafic d’êtres humains opéré entre les passeurs libyens et leurs clients européens ? La question est d’une extrême importance. Elle reste hélas sans réponse et les médias officiels se gardent bien d’en faire mention alors qu’ils n’ont de cesse de faire pleurer dans les chaumières sur le sort des naufragés.

Il n’empêche, avec plus de 75 000 migrants recueillis depuis le début de l’année, soit 15  % de plus que l’an passé à la même période, l’Italie risque, en  2017, de voir arriver plus de 200 000 personnes sur ses côtes, dépassant encore les estimations – pourtant alarmistes – du ministère de l’intérieur.

Face à cette perspective, et alors que les structures d’accueil dans tout le pays sont au bord de l’explosion – l’Italie a déjà accueilli plus de 500 000 personnes depuis 2014 –, le gouvernement Gentiloni a haussé le ton ces derniers jours, allant jusqu’à menacer de refuser d’ouvrir ses ports aux navires des ONG non italiennes.  » On ne peut pas séparer l’impératif moral du sauvetage en mer des vies humaines de l’obligation d’accueil à terre. Actuellement, nous sommes soumis à une pression très forte que nous soutenons seuls « , déclarait mardi le ministre de l’intérieur, Marco Minniti, alors qu’il venait d’annuler un voyage aux Etats-Unis pour rester à Rome, au plus près des opérations de secours.

Alors, l’Italie jouerait-elle un double jeu ? Menaçant (sans l’avoir encore fait) de fermer ses ports aux navires transportant des migrants mais utilisant ses réseaux en Libye pour museler les gardes-côtes, sous la pression de Bruxelles ? 

Pour l’avocat Fulvio Vassallo, spécialiste du droit d’asile, professeur à l’université de Palerme et militant immigrationniste patenté, ces menaces ne peuvent pas être suivies d’effet.  » Un pays comme l’Italie ne peut pas menacer de violer le droit international, ça n’a pas de sens « ,insiste-t-il, avant de souligner que le gouvernement Gentiloni est très vite revenu à une position plus raisonnable.  » Dérouter les navires vers un pays tiers suppose un accord, qui paraît hors de portée, poursuit-il. Mais même dans ce cas, les obstacles seraient énormes, car obliger des navires surchargés à faire plusieurs jours de mer supplémentaires pourrait facilement être qualifié de traitement inhumain, ce qui exposerait l’Italie à une condamnation européenne.  » FERMEZ LE BAN !

Sophie Beau, fondatrice et vice-présidente de SOS Méditerranée (l’une des principales ONG complices des passeurs), est, elle aussi, très sceptique sur l’éventuelle mise en application de cette menace.  » Si le MRCC – l’organisme officiel qui coordonne les secours en mer depuis Rome – nous demandait de nous rendre vers un port français ou en Espagne, on n’aurait pas le choix, on obéirait. Mais ce serait complètement impossible avec plus de 1 000 personnes à bord. Et puis, dans tous les cas, il faudrait bien qu’on fasse une escale dans un port italien pour se ravitailler. Ou bien nous nous arrêterions en mer pour demander nous-mêmes à être secourus…  » CHANTAGE !

Mais le soudain raidissement du gouvernement italien, s’il doit beaucoup à la situation humanitaire, obéit sans doute aussi à des considérations de politique intérieure : les élections municipales des 11 et 25  juin, marquées par une nette poussée de la droite, ont été désastreuses pour les formations de gauche, et plus particulièrement pour les maires sortants qui avaient accepté les plans de répartition de migrants du ministère de l’intérieur. De Côme et Belluno, au nord, à Lampedusa à l’extrême-sud, où la charismatique Giusi Nicolini a obtenu moins d’un quart des voix, le désaveu des élus pro-migrants a été général. Dès lors, à quelques mois de périlleuses élections générales, la tentation d’adopter un discours plus  » centriste  » semble forte au sein de la direction du Parti démocrate, au pouvoir. MAGOUILLES À L’ITALIENNE !

Par ailleurs, il s’agit également d’obtenir de Bruxelles un engagement concret, autant financier que naval, qui tarde à venir. Dans cette optique, les récentes déclarations d’Emmanuel Macron, affirmant que  » 80  % des migrants accueillis en Italie sont des migrants économiques « qui n’ont donc pas vocation à obtenir l’asile, faisaient la Une de tous les journaux italiens, vendredi matin. Amenant aussitôt l’avocat Fulvio Vassalo à réagir avec colère :  » Ces chiffres sont fantaisistes, les réfugiés partent majoritairement de leur pays en raison de guerres ou de violences. Et, par ailleurs, vu les tortures que ces migrants vivent en Libye, cette distinction ne tient pas une seconde.  » Et l’avocat de conclure :  » Au fond, ce qui est terrible, c’est qu’Emmanuel Macron dit la même chose que la Ligue du Nord. « 

Emmanuel Macron aurait-il enfin pris la mesure de la gigantesque imposture que constitue la traite négrière trans-méditerranéenne ? Craignons pourtant que ses amis, banquiers et financiers, ne le ramènent très vite à la raison…*

Le 3 juillet 2017.

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