Le Colonel:«Armer l’Europe, désarmer la France ?»

«Armer l’Europe, désarmer la France ?»

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L’Opinion – Jean-Dominique Merchet

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« Alors que Paris veut continuer à affirmer son rôle sur la scène internationale, notamment en Afrique, Berlin se confine dans un attentisme prudent, souligne l’économiste. Dès lors, comment combiner les attentes d’une armée française à vocation expéditionnaire et celle d’une garde nationale renforcée ? »

L’Europe de la défense revient à la mode. Cette idée ancienne, qui postule la transformation de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) en une véritable politique de défense communautaire, est l’un des grands chantiers inachevés de l’Europe. Deux volets devraient composer celle-ci : une partie industrielle avec le regroupement de certaines capacités ; une partie stratégico-militaire de définition des formats d’armées et de missions communes.

La Ministre des Armées, Sylvie Goulard, a récemment commencé à dévoiler certains pans de cette première brique d’intégration industrielle. Elle a annoncé clairement la fin de « certaines facilités industrielles de la France » comme prélude à une véritable mutualisation des moyens technologiques et de production de l’Union.

Disons-le tout net : le développement de matériels par des industriels européens en ordre dispersé (véhicules blindés de combat, avions de chasse, etc.) n’a pas été sans effets préjudiciables face à des concurrents, principalement américains, qui bénéficient d’un effet de taille important. Pensons au F-16 de General Dynamics, dont la première commande par l’US Air Force a porté sur 2 700 appareils, ou au C-130 de Lockheed-Martin dont plusieurs centaines sont en service dans les forces armées américaines. Quand la rentabilité d’un programme est assurée par la seule commande nationale, il est plus simple de le proposer en version export.

Pour séduisante que l’idée de développement de capacités militaires conjointes puisse apparaître, elle pose en réalité une série de difficultés redoutables.

Premièrement, c’est de la mission que doit se déduire la capacité industrielle, et non l’inverse. A cet égard, la différence des orientations géopolitiques, mais aussi militaires, entre la France et les autres grands pays européens comme l’Allemagne, est évidente. Alors que Paris veut continuer à affirmer son rôle sur la scène internationale par des interventions extérieures, lesquelles se produisent sur des territoires majoritairement africains ou proche-orientaux, Berlin se confine dans un attentisme prudent. Dès lors, comment combiner les attentes d’une armée française à vocation expéditionnaire, capable de réaliser des missions de la plus basse à la plus haute intensité, et celle d’une garde nationale renforcée ?

 

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