La Chronique Agora:Simone Wapler : En marche, mais dans la mauvaise direction ?-Et Varia

 

 

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La Chronique Agora

Paris, vendredi 16 juin 2017

  • Simone Wapler : En marche, mais dans la mauvaise direction ?
    Après avoir posé un très bon diagnostic, Emmanuel Macron expose de très mauvaises solutions.
  • Bill Bonner : Le premier état américain en faillite
    L’Illinois est en faillite. L’Etat fédéral n’est pas en meilleure posture. Le crédit illimité a donné lieu à des promesses illimitées qui ne seront pas tenues.
  • Nicolas Perrin : Etes-vous « insoumis » ? (1/2)
    Etes-vous vraiment « insoumis » ? Vous pouvez faire vous-même ce test sur le site de « La France Insoumise » avant d’aller voter.
cliquez ici !

LES NOTES DE SIMONE WAPLER

Simone Wapler

En marche, mais dans la mauvaise direction ?

Chirac avait le salon de l’Agriculture, Macron a le salon Vivatech.

Qui met le mieux en valeur un bipède président ? Un taureau ou un robot ? A ce niveau, « chacun son mauvais goût », comme dirait un de mes amis expert en art, marchand et collectionneur.

Macron
Chirac

Mais laissons la parole à notre nouveau président Macron, en visite hier au salon de la technologie :

« En France, on aime l’entrepreneur à condition qu’il ne réussisse pas trop bien […]. Quand il commence à réussir trop bien, on le jalouse, on le stigmatise et, souvent, on le fiscalise, c’est terminé ! […].

Je veux lever les contraintes. »

Glaps… N’oublions pas que cet homme était le Premier ministre d’un gouvernement socialiste, il y a quelques mois.

Un tel revirement, un tel cheminement intellectuel est miraculeux. Il n’y a pas d’autre mot qui me vienne à l’esprit. Ce n’est pas « en marche », c’est « au galop ».

Cette phrase d’Emmanuel Macron dénonce le coeur même de la tromperie de l’Etat-providence qui tolère que ses citoyens-administrés-contribuables-redevables gagnent de l’argent, mais dès qu’ils en ont « trop », cet argent est confisqué par l’Etat qui sait mieux que ceux qui l’ont gagné comment le dépenser (en clientélisme électoral) ou même pire encore, l’investir (en capitalisme de copinage) !

Le miracle de Saint Fisc opère alors. L’argent privé – honteusement gagné en exploitant quelques faibles – devient public et peut alors répandre le bien.

Voilà que Macron renierait cette église, ses saints et ses miracles !

Il va « lever les contraintes », renverser les étals des marchands du temple, donner un coup de pied au derrière des grands prêtres… !

Mmmmm, du calme, pas d’exaltation. En fait, non, pas du tout.

Notre nouveau président Macron entend créer un :

« fonds pour l’innovation doté de 10 Mds€ […]. L’Etat investira massivement […] aura besoin de vos investissements massifs« .

Rien de changé sous le soleil.

Antigone

Un autre « machin » va se rajouter aux myriades de « machins » déjà existants, gérés par la bureaucratie et la Parasitocratie existante. Nous avons déjà la Banque publique d’investissement, la Caisse des dépôts, l’Anvar… Cela ne suffit probablement pas.

Mon GPS vient de repérer un nouveau gain potentiel…
et +1 000% sont à la clé.

Pour consulter la « Carte au Trésor » — et vous positionner –, c’est par ici.

Quels seront les domaines de prédilection du fonds-Macron ? Les secteurs de l’environnement, de la santé ou encore des transports… Les secteurs phares du capitalisme de copinage. On sait ce que ça donne.

Un exemple pour ceux qui, contrairement à la mule du pape, ont une mémoire de poisson rouge :

Environnement + transports = portiques écotaxes. Merci Ségolène Royal pour cette pollution visuelle rémanente à 1 Md€.

Non, monsieur Macron, bonne analyse mais mauvaise solution : l’impôt ne remplace pas l’épargne ; ceux qui épargnent et qui ont gagné de l’argent sont les mieux placés pour savoir combien, où et comment investir.

C’est ce qu’on appelle la démocratie du marché. C’est l’inverse du dirigisme.
[NDLR : Pour participer au capital d’entreprises prometteuses, vous n’avez pas besoins des « machins » d’Emmanuel Macron. Notre service Profits Réels sélectionne des dossiers d’entreprises prometteuses dans lesquelles vous pouvez investir avant même les business angels et les fonds de venture capital. Des plus-values de x10, x20, x70 sont possibles. Découvrez comment ici.]


LES NOTES DE BILL BONNER

Bill Bonner

Le premier état américain en faillite

L’Illinois est en mauvaise posture.

Cet état déplore 14,6 Mds$ de facture impayées… sans compter 130 Mds$ de pensions de retraite à régler. Il enregistre un déficit de 6 Mds$, et, sans budget depuis deux ans, le fonctionnement de son gouvernement est problématique.

L’Illinois est le premier état américain en faillite. A notre avis, ce ne sera pas le dernier…

… ce qui nous invite à réfléchir, brièvement, à ce qui nous attend.

Le gouvernement représente toujours un moyen par lequel quelques personnes exploitent la multitude. Mais depuis que l’usage des armes et de la presse bon marché s’est répandu, ces quelques personnes doivent soudoyer, intimider et embobiner la multitude afin de conserver le pouvoir.

C’est ce qu’elles appellent la « démocratie ».

Traditionnellement, les états empruntent et font des promesses, en reportant les financements à plus tard. Il y a deux ans, Forbes a estimé que la totalité des engagements de retraite non financés de tous les états américains s’élevait à 3 000 Mds$. Sans tenir compte des obligations des pouvoirs publics locaux, telles que celles des villes et des comtés des Etats-Unis.

Le contrôle de l’argent permet d’accéder au crédit illimité

Traditionnellement également, l’Etat et les pouvoirs publics locaux doivent équilibrer leurs budgets. Tout comme les familles et les sociétés privées, leur crédit est limité. Cela signifie qu’ils doivent travailler avec de « l’argent réel », et non des dollars falsifiés obtenus à crédit.

L’argent réel limite la capacité du gouvernement à imposer des taxes, emprunter et dépenser… ce qui limite également la dimension de l’inévitable problème. L’argent falsifié, lui, est plus facile à obtenir… et plus facile à promettre… surtout si vous pouvez « l’imprimer » vous-même.

Voilà pourquoi les gouvernements nationaux parviennent à s’enliser beaucoup plus profondément… et voilà pourquoi, comparé au gouvernement des Etats-Unis, l’Illinois est un modèle d’intégrité financière avec ses modestes 130 Mds$ d’engagements de retraite.

Ces 10 dernières années, la croissance économique de l'Illinois a été inférieure à celle atteinte durant les 10 années après la Grande Dépression

L’Etat fédéral américain a promis quelques 200 000 Mds$ de pensions et prestations de santé, et le tout sans financement.

Ces promesses sont des accords gagnant-perdant. Le côté gagnant intervient au moment où la promesse est formulée. Le côté perdant n’intervient pas tant que le moment de payer la facture n’est pas arrivé.

« En Allemagne, dans les années 1970 et 1880 », nous explique un confrère, « Bismarck a créé un système génial ».

« L’ancienne génération est gagnante. La jeune génération est perdante. Cela fonctionne à merveille tant que la population augmente. Les jeunes pensent qu’ils seront gagnants lorsqu’ils seront âgés.

« Mais à présent, les femmes allemandes n’ont pas assez d’enfants, ne serait-ce que pour maintenir la démographie. Il n’y a aucun moyen de payer toutes les pensions qui ont été promises. Ils comptent sur les immigrés. Mais cela ne va pas marcher ».
[NDLR : Connaissez-vous le « plan Brongniart », le plan de retraite préféré des vétérans de la Bourse de Paris ? Cliquez ici pour découvrir ses résultats impressionnants.]

Revenons aux Etats-Unis…

Nos fidèles lecteurs tiennent encore à comprendre ce qui ne va pas, chez nous. Paraphrasons :

« Hé, Bill, vous n’arrêtez pas de vous plaindre. Pourquoi ne cessez-vous pas de critiquer le président et pourquoi ne lui donnez-vous pas un coup de main ? Au moins, lui, il essaie d’arranger les choses… et il a besoin de notre soutien. »

Premièrement, permettez-nous de nier cette allégation. Nous ne nous plaignons pas. Nous ne faisons qu’observer, nous moquer, ridiculiser, et frapper au-dessous de la ceinture dès que l’occasion se présente.

Deuxièmement, nous dégageons toute responsabilité sur tout ce qui pourrait se produire. Quoi que nous disions ou pensions, cela n’aura aucun effet sur les évènements futurs.

Et troisièmement, nous n’avons rien contre M. Trump. Nnous remarquons simplement que les progrès réalisés par les humains dépendent d’accords gagnant-gagnant. Seuls les accords gagnant-gagnant peuvent produire ce que les gens désirent (pour ce que cela vaut).

Ce qu’un gouvernement peut accomplir

La seule chose qu’un gouvernement peut accomplir, c’est protéger la vie, les libertés et la propriété – c’est-à-dire votre liberté de conclure des accords gagnant-gagnant – et fournir de l’argent honnête. Il ne devrait se mêler de rien d’autre.

Alors lorsque le président propose de faciliter la réalisation d’accords gagnant-gagnant – en réduisant les dépenses, les impôts et les réglementations – nous le soutenons à 100%. Lorsqu’il propose davantage de guerres, de murs et d’ingérences idiotes… nous doutons que cela nous mène là où nous le souhaitons.

Cela n’a rien de personnel.

M. Trump est le patron. Il dirige un gouvernement qui prend le même chemin que l’Illinois. Il a conclu plus de 200 000 Mds$ d’accords gagnant-perdant… qui vont bientôt basculer du côté perdant.

Déjà, la Sécurité Sociale sombre dans le rouge. Le coût des prestations de santé dépasse de loin ceux des autres pays. Et il est déjà prévu que le gouvernement fédéral alourdisse la dette publique de 10 000 Mds$ au cours des 10 prochaines années.

Le président s’est engagé à ne pas réduire la partie « gagnante » des accords. Inévitablement, la partie « perdante » suit. Et l’économie – plombée par les accords gagnant-perdant que l’Etat et ses compères la forcent à conclure – a du mal à avancer.

Ce n’est pas toute l’histoire, mais c’est un de ses aspects importants

Cela n’a rien de personnel… mais ce serait bien que quelqu’un le dise.

Dans un monde où règnent mensonges et désinformation…
Quand la propagande moderne a remplacé l’analyse…

Le premier livre de Philippe Béchade

Philippe Béchade présente son premier livre Fake News, Post-Vérités et autres écrans de fumée

Lorsque les médias sont à la merci de puissants oligarques… que les enquêtes sont biaisées, que la vérité est dissimulée à cause d’intérêts privés…

… que les connivences entre politiques et journalistes sont monnaie courante

… Et que les discours politiques sont calibrés par des professionnels du storytelling

… QUI CROIRE ?

Dans Fake News, Post-Vérités et autres écrans de fumée, Philippe Béchade vous explique comment marchent réellement les relations internationales… comment on manipule les chiffres macro-économiques pour leur faire dire ce que l’on veut… comment certains pays sont diabolisés au profit d’une histoire occidentale bien-pensante… comment les banques centrales laminent votre épargne… comment le monde entier entre en phase de bulle… et met toutes vos économies en danger.

Pour télécharger le livre de Philippe,
laissez-nous votre e-mail ici


LES NOTES DE NICOLAS PERRIN

Etes-vous « insoumis » ? (1/2)

Outre le jeu vidéo Fiscal Kombat, le parti de La France Insoumise a un autre outil marketing avec le site « suisjeinsoumis.fr« .

A l’issue d’un questionnaire en 10, 20 ou 40 propositions, on vous promet que « vous saurez si vous adhérez aux idées du mouvement », et on vous prévient que « le résultat pourrait bien vous étonner ! »

Je me suis plié à l’exercice en me prononçant sur 40 propositions à propos desquelles j’avais le choix entre « vraiment d’accord », « plutôt contre », « vote blanc », « plutôt pour » et « vraiment pour ». Le problème, c’est qu’il manquait « vraiment vague » et « vraiment drôle ».

Quelques bonnes propositions

Pour ceux qui me croient sectaire, je précise d’emblée que je suis en accord avec certaines mesures proposées par la France Insoumise. Pas forcément jusque dans le détail, mais en tout cas dans l’esprit. En voici deux exemples :

handicap

Le handicap, en particulier lorsqu’il se déclare à la naissance et n’a donc pas laissé la possibilité à l’individu de se prémunir d’un accident de la vie au travers d’une assurance ad hoc, est l’injustice même. Il me semble souhaitable que la prise en charge des personnes handicapées incombent à ceux qui ont eu la chance de naître en bonne santé. Je ne sais quel serait le montant de pension le plus adapté mais sur le principe, je rejoins Mélenchon : il est trop faible.

« Organiser le processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans esprit de vengeance ou de punition. » Vouloir punir commercialement une nation au prétexte qu’elle a choisi démocratiquement un chemin politique différent du vôtre me semble déplorable sur le plan politique et contreproductif sur le plan économique. Là aussi, je valide !

Les déclarations d’intention en mode « y’a qu’à, faut qu’on »

Certaines propositions donnent l’impression que Jean-Luc Mélenchon s’imagine – ou plutôt voudrait nous faire croire – que la simple intervention de l’Etat, dans la mesure où il y mettrait les moyens, suffirait pour qu’un problème soit facilement résolu.

« Adopter un plan de transition énergétique ayant pour objectif 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050. » C’est l’un des sujets du moment avec le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Il est de bon ton d’encenser Emmanuel Macron et de conspuer Donald Trump.

Sauf qu’on est en droit de se demander si les problèmes écologiques ont de meilleures chances d’être résolus par l’intervention publique ou par le secteur privé, dans la mesure bien sûr où il lui est permis de se développer dans un environnement législatif favorable.

Trump

Dans le même genre, on a la proposition suivante :

Spatial

La réaction du côté de SpaceX, qui vient tout juste de poster une vidéo d’un atterrissage de la fusée CRS-11 sur sa chaîne Youtube :

Elon Musk

Des déclarations d’intention de ce type, le programme de la France Insoumise en compte à la pelle : « multiplier les coopérations avec les pays émergents pour repousser les frontières de la connaissance et de l’humanité ».

« Faire de la France le leader mondial de la recherche et de l’éducation dans le secteur maritime », « viser l’allongement de l’espérance de vie et de l’espérance de vie en bonne santé »…

Comme disait Milton Friedman : « la pire des erreurs est de juger une politique par ses intentions et non par ses résultats ».

Les propositions irréalisables

On trouve ensuite des propositions proprement irréalisables. Voyez donc : « mettre en place une coalition universelle sous mandat de l’ONU pour éradiquer Daech et rétablir la paix et la stabilité en Syrie et en Irak. »

Ce genre de naïveté politique peut sans doute être excusée dans les présélections au concours Miss France, mais certainement pas dans le cadre d’un programme politique présidentiel ou législatif.

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