La chronique Agora :Simone Wapler : Cette fois c’est très très différent ?et varia

Paris, mardi 6 juin 2017

gagnez 2000€ !

  • Simone Wapler : Cette fois c’est très très différent ?
    Un investisseur chevronné vient de revoir ses positions. Les marchés actions suivent une nouvelle règle et les évaluations historiques sont à revoir.
  • Bill Bonner : L’homme qui savait
    Faute d’étalon-or, la monnaie n’est plus ancrée dans l’économie réelle. C’est ce qui permet au Deep State de se financer, comme l’avait admis Grenspan.
  • Ferghane Azihari : La mondialisation n’est pas libérale
    Il est d’usage d’associer mondialisation, libéralisme et libre-échange. En pratique, le mercantilisme et le protectionnisme règnent toujours mais sous des visages différents.

 

LES NOTES DE SIMONE WAPLER

Simone Wapler

Cette fois c’est très très différent ?

Nouvel attentat à Manchester, dénonciation par les Saoudiens des Qatari comme tirant les ficelles du terrorisme, banques italiennes à la dérive, coup de pied de Trump dans la filière de la rente climatique… Tout ceci n’a aucune importance pour M. le Marché dont le moral reste résolument au beau fixe.

Un investisseur chevronné de plus rend les armes et s’incline. Il s’agit de David Grantham, le gérant du fonds GMO qui pèse 77 Mds$.

« Les valorisations élevées dureront », a-t-il indiqué au Financial Times.

Grantham

« J’ai dédié ma vie à dénoncer les bulles financières et je ne pense pas que nous soyons dans une bulle.

Un investisseur axé sur la valeur comme moi mange, respire et rêve de retour à la moyenne. Il est très difficile de reconnaître quand le monde a changé, mais mon travail consiste à réfléchir à propos des marchés et non pas à être membre d’une église ».

« Cette fois cela paraît vraiment très, très différent », a-t-il écrit dans sa dernière lettre aux investisseurs. La moyenne à long terme a changé, selon lui.

Le nouveau ratio cours sur bénéfice « normal » est de 23,36

Pièce à conviction n°1 le bond des actions américaines

Pourquoi est-ce différent ? Pourquoi 1997 ? Est-ce un hasard si le fonds spéculatif LTCM a été sauvé de la faillite par Alan Greenspan en 1998 ?

Mon GPS vient de repérer un nouveau gain potentiel…
et +1 000% sont à la clé.

Pour consulter la « Carte au Trésor » — et vous positionner –, c’est par ici.

Non, ce n’est pas un hasard.

Les taux n’ont pas cessé de baisser et ils sont devenus si bas que la faillite est devenue impossible !

Pièce à conviction numéro 2 Boom, krachs et reprises : vous remarquez la différence

Tout s’évalue dans une monnaie politique sans lien avec l’économie réelle

Comme le rappelle Bill Bonner dans sa chronique du jour, les gens admettent que la monnaie soit devenue politique, sans aucun lien avec l’économie réelle. Ils ont confiance en cette monnaie. Les faillites sont retardées, repoussées par la multiplication du crédit infini et gratuit.

Une telle monnaie est rendue possible grâce à l’abandon de l’étalon or par Alan Greenspan.

Mmmmm… mais pourquoi donc l’or recommence-t-il à monter ? Qui en a encore besoin ? Est-ce vraiment, vraiment différent ? Les dettes pourraient-elles ne plus être remboursées ?
[NDLR : Si comme nous, vous pensez que l’or a encore un rôle à jouer, que les dettes pourraient ne pas être remboursées et que ce système de monnaie politique est proche de l’effondrement, alors voici un geste de prudence : achetez un peu d’or tant qu’il est encore temps. Mais pas n’importe quel or… choisissez cette pièce bien particulière qui est encore considérée comme monnaie. Cliquez ici pour la découvrir.]


LES NOTES DE BILL BONNER

Bill Bonner

L’homme qui savait

Notre économie est censée être une économie de marché. Les prix ne sont pas fixés par le gouvernement : on les « découvre » sur des marchés ouverts et libres. Nous avons vu ce qui est arrivé aux Soviétiques lorsqu’ils ont tenté de gérer une économie planifiée avec des prix fixés par des bureaucrates. Nous savions que cela ne pouvait pas fonctionner.

Probablement que personne ne le savait mieux qu’Alan Greenspan. Il a écrit un essai réputé, dans lequel il explique pourquoi l’argent est le « dénominateur commun » de toutes les transactions économiques, et pourquoi « l’or et la liberté économique sont indissociables ».

Autrement dit, il a compris la même notion que celle découverte par George Gilder, un demi-siècle plus tôt : on a besoin d’une monnaie ancrée à l’économie réelle.

Ludwig von Mises, peut-être le plus influent de tous les économistes de l’Ecole autrichienne, avait établi cette distinction il y a longtemps, déjà. Il existe deux types de monnaie, disait-il.

L’une, c’était ce qu’il appelait la « monnaie marchandise », rattachée à l’économie des choses réelles… les marchandises.

La monnaie de circulation ne dépend plus de l’économie réelle

L’autre, c’était ce qu’il appelait la « monnaie de circulation », créée par les banques ou les gouvernements indépendamment de l’économie réelle. Cette monnaie de circulation, celle que nous avons à l’heure actuelle, peut être facilement manipulée, et conduit inévitablement à des bulles, de l’inflation et autres excès.

Parmi ces excès, j’ai déjà évoqué l’importante hausse enregistrée sur le marché actions. En termes nominaux, les gens qui possédaient des actions se sont retrouvés sept fois plus riches à la fin du mandat de M. Greenspan qu’à son début, soit une hausse de 17 000 Mds$ de la valorisation boursière.

Marquons une pause afin de réfléchir à ce que cela signifie. Les gens qui possédaient des actions ont pu acheter et vendre – mais pas tous en même temps – des maisons, des voitures, tout ce qu’ils voulaient. Ils se sont enrichis mais ils n’ont pas créé davantage de richesses.

D’où est sortie cette richesse boursière supplémentaire ? Réponse : de la même source que celle de ce nouvel argent adossé au crédit : de nulle part.

Cette nouvelle richesse n’est pas du tout de la richesse, en réalité. Elle ne représente rien d’autre que des créances exigibles sur la richesse d’autrui. Les actionnaires ne peuvent matérialiser leur surcroît de richesse qu’en prenant quelque chose à quelqu’un d’autre : de l’immobilier, de l’art, des entreprises, tout ce dont la valeur sous-performe le marché actions.
[NDLR : Stabilité, rendement et sécurité – c’est possible avec cet investissement ! Mieux encore, sa fiscalité reste douce même en France, pour une bonne raison : elle est limitée par la pousse des arbres. Comment devenir propriétaire forestier ? Notre Rapport Forêt – Enracinez votre patrimoine vous explique quoi acheter, comment, sous quelle forme et les principes de base d’une gestion avisée.]

Autrement dit, il ne s’agit pas de la richesse gagnant-gagnant issue d’une économie de marché. Il s’agit de la richesse gagnant-perdant issue de la politique. C’est comme si vous gariez votre voiture dans un parking et qu’ensuite, afin de stimuler l’économie locale, le parking commençait à émettre des tickets de parking supplémentaires.

Le nombre de voitures disponibles ne change pas. Mais les voitures sont récupérées par les premiers arrivés. Or qui sont-ils ? Les initiés. Les parasitocrates. Les gens qui savent vraiment ce qu’il se passe.

La monnaie est devenue un outil politique

Voilà quel est, selon moi, le véritable objet fondamental des nombreux changements et bizarreries que nous avons constatés au cours de ces 30 dernières années. L’argent de circulation – tel que le dollar actuel, fondé sur le crédit – est un outil politique, et non économique. Les marchés apprennent à vivre avec, comme ils le font avec toutes les informations qui leur parviennent, mais cela déforme profondément la façon dont une économie honnête est censée fonctionner.

Si vous recherchez un coupable, vous pouvez blâmer Alain Greenspan. Il n’a pas créé cette situation. Mais il s’y est plié volontiers. C’est lui qui, le premier, a adopté cette façon de soutenir le cours des actions en assurant les arrières des marchés avec de l’argent facile, dès 1998, lors du spectaculaire effondrement de Long-Term Capital Management, ce hedge fund tristement célèbre.

Ce modèle s’est tellement enraciné et il est devenu si notoire que les investisseurs le considèrent comme une option put, un pari à la hausse. On l’a surnommé le Put de Greenspan — puis le Put de Bernanke – et, désormais, le Put de Yellen.

En fait, les investisseurs sont convaincus que la politique l’emportera toujours.

Si le marché baisse sérieusement, les politiciens, sous la houlette de Janet Yellen, sont obligés d’acheter. Ainsi, les investisseurs peuvent offrir leurs actions à la Fed, à un cours qui leur épargne des pertes considérables.

Comme l’a remarqué Alan Greenspan, l’or et la liberté économique sont liés. L’or est une monnaie que les gouvernements – et leurs complices, les compères – ne peuvent manipuler. Une monnaie adossée à l’or est limitée à ce que l’économie produit réellement. Aucune banque, aucun service du gouvernement ne peut créer de l’or.

L’étalon-or limite naturellement le volume de l’argent et des dettes, au sein d’une société. Il limite le commerce, les opérations courantes et les dettes publiques ; il limite le développement d’un empire financé par la dette, et celui du Deep State également.

Alan Greenspan le savait bien.

Spécial Législatives
Achetez ces 3 valeurs avant le 18 juin pour transformer le résultat des prochaines élections… en opportunités de gains !

Eric Lewin vous explique tout ici.


LES NOTES DE FERGHANE AZIHARI

Ferghane Azihari

La mondialisation n’est pas libérale

Vous connaissez sans doute cette fameuse boutade : « si vous mettez deux économistes dans la même pièce, vous aurez trois avis différents ».

Le commerce international est l’exception qui confirme la règle. La question de la supériorité du libre-échange sur toute forme de restriction commerciale est en effet réglée depuis deux siècles chez les experts, chez qui il existe un quasi-consensus.

Bien sûr, tout comme vous trouverez quelques « intellectuels » marginaux en Arabie Saoudite qui vous confirmeront que la Terre ne tourne pas autour du soleil (si, si !), vous rencontrerez sans doute quelques économistes ô combien subversifs qui vous expliqueront que, pour enrichir tout le monde, il convient de restreindre le commerce à ces lignes arbitraires que sont les frontières nationales.

On se demande pourquoi la frontière nationale est l’horizon indépassable de ce raisonnement qui, s’il était rigoureux, s’appliquerait également entre régions, départements et communes. Mais la logique ne prévaut pas chez ces gens-là.

Libre-échange de façade

Le libre-échange a beau faire consensus en théorie, le paradoxe de notre mondialisation tient à ce qu’il existe une déconnexion spectaculaire entre le discours et la pratique. Derrière des déclarations de bonne volonté libre-échangiste se cachent des pratiques que l’on pourrait qualifier de « néo-protectionniste » ou mercantiliste.

C’est ce que faisait remarquer un lecteur de La Chronique en soulignant que « l’Europe telle qu’elle fonctionne s’abandonne à une mondialisation qui n’est pas libérale […] mais mercantiliste. »

Cet état de fait n’est pas propre à l’Europe. Il concerne le monde. Normalement, le libre-échange consiste simplement à ne pas interférer avec la liberté du commerce international.

Le mercantilisme, lui, entretient un culte disproportionné vis-à-vis des exportations en diabolisant les importations, accusées à tort d’appauvrir la société. En conséquence de quoi cette doctrine prône l’usage de la puissance gouvernementale pour privilégier certains producteurs nationaux au détriment de la concurrence… et du consommateur.

Pour le mercantiliste, lorsque vous achetez un vêtement à Strasbourg, tout va bien. En revanche, lorsque le magasin dans lequel vous effectuez votre achat est situé un peu plus loin de l’autre côté de la frontière, en Allemagne, il s’agit là, selon la comptabilité nationale, d’une importation nuisible (bien que personne ne s’appauvrisse dans cette affaire).

Le mercantiliste, fort de son illettrisme économique, met donc toute son énergie à restreindre les échanges internationaux pour privilégier les producteurs nationaux par le biais de mesures protectionnistes. En réduisant la concurrence internationale, il pense rendre service à sa patrie alors qu’il ne fait que dégrader le pouvoir d’achat de ses concitoyens.

Moins de droits de douanes mais plus de normes et guerre des devises

Traditionnellement, le mercantiliste utilisait la fiscalité pour privilégier arbitrairement les entreprises nationales. Les droits de douanes ont historiquement toujours été le moyen le plus facile d’interférer avec les échanges. Mais depuis la signature de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) qui a initié dans le monde entier un mouvement de recul de la fiscalité douanière, les Etats ont été obligés d’innover en matière de restrictions pour contourner leurs engagements en faveur du commerce international.

D’où l’émergence d’un nouveau mercantilisme furtif, caché, destiné à vous spolier plus discrètement. Ce nouveau protectionnisme s’appuie sur tout un tas de mesures dites « non-tarifaires », c’est-à-dire des mesures non fiscales.

Un exemple de protectionnisme caché réside dans l’utilisation de normes techniques et sanitaires. Un cas anecdotique est sans doute celui du cassis de Dijon : la réglementation allemande imposait une teneur minimale d’alcool dans la liqueur de cassis de Dijon, sans quoi elle ne pouvait être mise sur le marché allemand. Voilà qui était pratique pour certains producteurs outre-Rhin désormais affranchis d’une concurrence gênante.

Une autre forme de protectionnisme non-tarifaire bien connu réside dans les manipulations monétaires. En dégradant le taux de change d’une monnaie par une politique inflationniste, les gouvernements espèrent renchérir le coût des importations et accroître les exportations en s’arrangeant pour que la monnaie que vous détenez dans vos poches ait moins de valeur sur le marché international. Les mesures d’assouplissements quantitatifs prises par la plupart des Banques centrales vont dans ce sens.

Il est aujourd’hui difficile d’échapper aux mesures protectionnistes classiques qui nous appauvrissent, si ce n’est en pratiquant la contrebande, ce qui – entre nous – est plutôt risqué sur le plan pénal. Le protectionnisme monétaire est quant à lui un peu plus facile à contourner. Il suffit dans ce cas de convertir son épargne en achetant des actifs monétaires moins exposés aux manipulations gouvernementales. Les crypto-monnaies et les métaux précieux peuvent dans ces conditions constituer des protections intéressantes contre toutes les distorsions inutiles destinées à perturber le commerce international.
[NDLR : Vous voulez plus d’informations sur cette cryptomonnaie indépendante de tout gouvernement qu’est le bitcoin ? A quoi peut-elle vraiment vous servir, à vous, en France ? Tout est expliqué ici.]

Publicités
Par défaut

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s