Olivier Demeulenaere:la France ne marche pas

La France ne « marche » pas

J’irais encore plus loin que ce qui est décrit ci-dessous : S’il y a deux France, l’une des deux ne pèse quasiment rien en termes de représentation du corps électoral. Le parti d’Emmanuel Macron n’a en effet recueilli qu’un peu plus de 7 millions de voix, soit 32% des suffrages exprimés, un étiage très faible d’un point de vue historique. Seuls 15% des électeurs inscrits ont voté pour un candidat En Marche ! On constate ainsi que la légitimité de la “majorité présidentielle” est extrêmement fragile et que Macron, loin d’apparaître comme un président “jupitérien”, pourrait au contraire assez vite donner le sentiment que « le roi est nu » OD

 

« Le message des élections françaises du 11 juin est clair : il y a désormais deux France, celle qui marche et celle qui ne marche pas (dans la combine).

Le Parlement qui sortira du deuxième tour du 18 juin sera macronien à outrance et la seule « opposition » consistante y sera de droite, autrement dit, ce sera un parlement pratiquement monocolore, comme au lendemain de l’écrasement de la Commune de Paris en 1871, comme au lendemain de la boucherie de 14-18, en 1919, comme au lendemain du coup d’État soft de de Gaulle, en 1958. Les socialistes n’y seront présents qu’à titre symbolique, avec même pas le nombre suffisant d’élus pour constituer un groupe parlementaire. Les communistes et mélenchonistes et les frontistes auront une présence microscopique, limitée à leurs leaders. Quant aux Verts , ils disparaissent. Bref une chambre « Macron horizon » qui se mettra très vite au travail pour achever le travail de destruction sociale au nom de la « modernisation ».

Mais ce parlement ne représentera que moins de la moitié des électeurs. En effet, la première constatation qui s’impose est celle-ci : plus de la moitié des électeurs se sont abstenus, le taux le plus élevé dans les soixante ans d’histoire de la Vème République. 24 400 342 de citoyens ont dit qu’ils ne « marcheront » pas. 24,4 millions de citoyens qui ont refusé de se laisser enfermer dans la logique de la démocratie participative, autrement dit virtuelle. 24,4 millions de citoyens qui, dans les mois qui viennent, auront d’autres occasions d’exprimer leurs besoins et désirs, ailleurs que par le biais des élus. Dans la rue, dans les lieux de vie et de travail, bref dans le monde réel.

À la question d’un journaliste de télévision : « Alors, un troisième tour dans la rue ? », le porte-parole de la France insoumise mélenchoniste, Alexis Corbière, a répondu hier soir : « Je fais partie d’un mouvement politique, pas syndical ». On a là toutes les limites de cet « humanisme écologique et social » dont se réclame Mélenchon, qui continue à penser dans des vieilles catégories : le social, pour eux, ce sont les salariés syndiqués, autrement dit 11% des travailleurs actifs et retraités. Les millions de précaires qui constituent les nouvelles classes laborieuses et abstentionnistes, n’existent pas. Le discours de cette « nouvelle gauche » se limite à dire qu’elle ne veut pas que les salariés garantis rejoignent les rangs des précaires, sous le coup des réformes de la législation sur le travail préparées par la Macronie en marche. Bref, la trop classique « défense des avantages acquis », perdante d’avance face au bulldozer néolibéral macronien.

Les révoltes logiques des temps qui viennent auront donc à se représenter elles-mêmes et à réinventer la démocratie directe ».

Fausto Giudice, TLAXCALA France, le 12 juin 2017

 

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