Mélange des genres au sein de la République exemplaire-conseil dans l’espérance du roi

 

 

 

Mélange des genres au sein de la République exemplaire.

x

 

 

Nouvel article sur conseil dans l’espérance du roi

Mélange des genres au sein de la République exemplaire.

par conseilesperanceduroi

Ils ont beau dire, ils ont beau faire, ces magouilles sont bel et bien des magouilles qui vont encore longtemps leur coller à la peau. Alors, fi ! de leurs leçons permanentes et de l’exemplarité de leur démarche politique. Comme nous l’affirmions au cours de la campagne électorale présidentielle,  » la gueuse en marche « ….reste la gueuse.

Richard Ferrand a-t-il tiré profit de sa qualité de directeur général des Mutuelles de Bretagne de 1998 à 2012, un organisme à but non lucratif financé par ses adhérents, pour favoriser ses intérêts et ceux de ses proches ? Les enquêtes du Canard enchaîné comme celle du Monde démontrent que le nouveau ministre de la cohésion des territoires, soutien de la première heure d’Emmanuel Macron et élu local depuis la fin des années 1990, pratique bel et bien, depuis vingt ans, un mélange des genres assumé entre politique et affaires, intérêts publics et privés.

Pris dans la tourmente des révélations du Canard enchaîné du 24  mai sur un montage ayant permis à sa compagne d’acquérir un bien immobilier d’une valeur de 580 000  euros, financé grâce aux loyers des Mutuelles de Bretagne (dont il était le président), Richard Ferrand a conservé, pour l’instant, la  » confiance «  du Premier ministre, Edouard Philippe. Les révélations sur l’ex-secrétaire général d’En marche ! tombent pourtant mal pour le nouveau chef de l’Etat, Emmanuel Macron, qui a décidé de faire de sa loi de moralisation de la vie publique l’un des premiers actes forts de son quinquennat.

Richard Ferrand peut aussi compter, depuis une semaine, sur le soutien sans faille de l’état-major du réseau mutualiste (mais vous allez comprendre pourquoi). La direction actuelle de ce regroupement de soixante-dix mutuelles finistériennes n’a pas hésité, en effet, à monter au créneau pour exprimer son soutien et défendre le bien-fondé de ce contrat.

Et pour cause : après son élection comme député, en  2012, c’est une proche collaboratrice de Richard Ferrand qui lui a succédé à la tête des Mutuelles de Bretagne. Au moment de rejoindre l’Assemblée nationale, le conseil d’administration a nommé sur sa proposition son ancienne adjointe, Joëlle Salaün, au poste de directrice générale. IlMais Richard Ferrand a obtenu dans le même temps de conserver un poste de chargé de mission auprès de la nouvelle directrice…rémunéré 1 250  euros par mois, pendant toute la législature de 2012 à 2017.

Echange de bons procédés ? Dès son arrivée au Palais-Bourbon, le nouveau député du Finistère a embauché un certain Hervé Clabon comme assistant parlementaire à plein temps. Or, ce dernier n’est autre que le compagnon de Joëlle Salaün. Un recrutement que M. Ferrand a visiblement omis de faire figurer dans sa déclaration d’intérêts transmise en janvier  2014 à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

M.  Clabon* assure pourtant avoir été rémunéré sur l’enveloppe budgétaire du député Ferrand pour son travail en circonscription.  » Je suis militant socialiste depuis de nombreuses années, explique ce chauffeur de taxi à Châteaulin (Finistère), désormais à la retraite. Quand – Richard Ferrand – a été élu, il a eu besoin de monde et, entre autres, il m’a pris. «  Il explique avoir quitté son poste d’assistant parlementaire, pour raisons de santé,  » courant 2014 ou  2015 « . A peu près à la période où Richard Ferrand a embauché son fils comme assistant parlementaire quelques mois, comme l’a révélé LeCanard enchaîné – sans le déclarer non plus à la HATVP. En avril  2015, Le Télégramme le présente encore comme  » collaborateur  » du député lors de manifestations contre la loi Macron.

Au Parlement, toutefois, M.  Ferrand  n’a pas attendu longtemps pour faire valoir les intérêts des Mutuelles. Dès l’automne 2012, il a déposé, avec une poignée de députés socialistes, une proposition de loi visant à permettre aux réseaux mutualistes de réserver à leurs adhérents des prix plus avantageux, dans le cadre de leurs réseaux dit  » fermés  » – une option alors réservée aux assurances privées. Contre un moindre coût pour les affiliés, les mutuelles s’assurent de la fidélisation de ses adhérents.

 » Richard Ferrand m’avait dit qu’il avait travaillé pour les Mutuelles de Bretagne, mais pour moi c’était du passé, s’étonne la socialiste Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Si j’avais su qu’il était encore chargé de mission – aux Mutuelles – , la question, je l’aurais posée clairement. Il était en lien d’intérêts. « 

De nouveau, le ministre de la cohésion des territoires réagit vigoureusement, déclarant avoir  » toujours tenu à conserver une activité professionnelle, quels qu’aient été – ses – mandats (…), cela me paraît totalement bénéfique par opposition à celles et ceux qui ne vivent que de la politique « . S’il a soutenu la proposition de loi mutualiste, c’est, affirme-t-il, comme l’ensemble des élus socialistes, pour satisfaire une promesse faite par François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012.  » Devais-je m’abstenir de défendre un principe au prétexte que je connais bien le -sujet ? « , interroge le ministre. Ben voyons !

Mais l’histoire de cet incessant mélange des genres entre intérêts publics et privés ne s’arrête pas là. Car l’actuelle compagne du ministre, Sandrine Doucen, a bénéficié grâce à son entremise, selon nos informations, de plusieurs contrats : outre des consultations juridiques régulières pour les Mutuelles de  Bretagne, l’avocate aurait secondé M.  Ferrand à la direction générale de l’organisme au tournant des années 2000, alors qu’elle s’apprêtait à passer le concours d’avocat. Elle n’est d’ailleurs pas la seule proche du ministre à avoir travaillé pour les Mutuelles.

Alors, revenons à cette sale affaire de SCI montée pour l’occasion et qui permet à la compagne du ministre un véritable enrichissement sans cause.

Lors de la signature de l’opération…cette SCI n’existait pas, et les locaux de la rue George-Sand n’étaient même pas entre les mains de Mme Doucen, lorsque les Mutuelles de Bretagne ont choisi d’y domicilier leur centre de soins. Le montage a été conçu uniquement dans le but de profiter du contrat passé par les Mutuelles de Bretagne.

Le 25  janvier 2011, le conseil d’administration du réseau mutualiste retient l’offre la mieux-disante pour relocaliser l’une de ses unités au cœur de Brest. Or, l’auteure de l’offre n’est autre que Sandrine Doucen, la compagne du directeur général des Mutuelles de Bretagne de l’époque, Richard Ferrand. Ce dernier avait d’ailleurs, le 23  décembre 2010, signé un compromis de vente pour les locaux de la rue George-Sand en son nom, comme l’a révélé Le  Parisien. Avec une condition suspensive : qu’une SCI se substitue à lui d’ici la vente définitive.

Une fois le feu vert du conseil d’administration des Mutuelles acquis, une SCI est immatriculée au registre du commerce le 28  mars 2011 sous le nom de Saca, dotée d’un capital social de 100  euros, réparti entre deux associés, dont l’un détient 99 parts (Sandrine Doucen, la gérante) et l’autre une seule (Serge Carnus, un ami architecte aveyronnais de Richard Ferrand, sollicité pour l’occasion).

Fort du bail signé avec les Mutuelles, la SCI obtient un prêt bancaire pour acheter les locaux de la rue George-Sand à la place de Richard Ferrand. Ce qui est fait le 1er  juillet, grâce à un prêt d’un montant total de 402 000  euros couvrant 100  % du prix d’achat et des frais de notaires, comme l’a raconté LeCanard enchaîné. Les Mutuelles se sont engagées à prendre en charge les travaux de rénovation nécessaires, soit 184 000  euros. Mme Doucen se retrouve propriétaire d’un bien acheté à crédit, mais en réalité financé par les loyers que lui versent les Mutuelles… L’opération est si rentable que le 13  février 2017, au moment où l’ami aveyronnais revend sa part unique à la fille du couple Ferrand-Doucen, âgée de 13  ans, sa valeur a été multipliée par 3 000, passant de 1 à 3 045  euros.

Pourtant, la justice (précédemment si prompte à mettre François Fillon en examen) lui a jusqu’à présent donné raison. Le Parquet national financier s’est déclaré incompétent sur le dossier et le parquet de Brest a estimé qu’ » aucun des faits relatés – n’était – susceptible de relever d’une ou plusieurs qualifications pénales permettant d’ouvrir une enquête préliminaire « . Selon que vous serez puissant ou misérable, la justice vous fera blanc ou noir !

Mais ce n’est pas tout ! Car, dans cette famille plusieurs fois recomposée, les affaires sont les affaires.

L’ancienne épouse de Richard Ferrand, Françoise Coustal, a, elle aussi, bénéficié de contrats avec les Mutuelles, quelques années après le divorce du couple, en  1994. Cette artiste plasticienne a obtenu plusieurs marchés d’aménagements de locaux gérés par le réseau, de 2002 à 2013.  » Je ne sais pas si le fait que nous ayons été mariés a joué, je veux croire que ce sont mes compétences qui ont été déterminantes « , explique Mme Coustal, qui revendique des clients  » à Paris, en Bretagne et ailleurs « .

Parmi ces chantiers, l’un retient l’attention. Il s’agit de l’aménagement d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ouvert par les Mutuelles à Guilers, près de Brest. De septembre  2009 à décembre  2010, Mme Coustal a conçu les installations sonores et visuelles de cette résidence médicalisée pour les malades d’Alzheimer, à la demande du Logis Breton, l’opérateur du projet. Son patron, Yves-Marie Rolland, confirme que Françoise Coustal lui a été conseillée par les Mutuelles de Bretagne.

Si l’épisode ne revêt a priori aucun caractère illégal, l’impression de mélange des genres est dans ce cas renforcée par le fait que 1,66  million d’euros de subventions publiques ont été accordées, pour la construction et l’équipement de cet Ehpad, par le conseil général du Finistère, où M. Ferrand a été élu de 1998 à 2011.

Françoise Coustal a été missionnée par les Mutuelles pour au moins deux autres chantiers : un centre d’optique à Concarneau, en  2013, et l’aménagement du centre de soins des Mutuelles dans des locaux acquis à Brest par l’actuelle compagne de Richard Ferrand, Sandrine Doucen, par le biais d’une SCI créée uniquement pour profiter de ce contrat avec les Mutuelles de Bretagne.  » Ce serait un comble que vous évoquiez des relations privées avec mon ex-mari qui n’existent plus depuis longtemps « , réagit Mme  Coustal. Plusieurs sources, dont Hervé Clabon, évoquent pourtant des relations pacifiées.

Bref, que du beau monde trempant dans de très nombreuses affaires louches qui, comme c’est curieux, n’intéressent pas la justice. Mais pour combien de temps ?

 

* Hervé Clabon fut aussi un très actif collaborateur de Kofi Yamgnane, secrétaire d’Etat entre 1991 et 1993, puis député de la 6e circonscription de 1997 à 2002. Ah, magouille, quand tu nous tiens…( Lire « La République des copains et des coquins » :

 

 

 

 

 

 

 

Publicités
Par défaut

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s