La Chronique D’Agora:Mondialisation libérale ? La bonne blague…Et Varia

Pour voir la version en ligne de cet e-mail, cliquez ici.
La Chronique Agora

Paris, samedi 3 juin 2017

gagnez 2000€ !

L’EDITION DU WEEK-END

  • Simone Wapler : Mondialisation libérale ? La bonne blague…
    Les signes de faillite de l’interventionnisme se multiplient un peu partout. Pourtant, nos maux sont attribués à tort à une mondialisation libérale.
  • Daniel Tourre : Le libéralisme, c’est bien plus que l’économie !
    Le libéralisme est une philosophie du Droit, une doctrine permettant aux hommes de vivre en société.
  • Nicolas Perrin : Le politique doit-il vouloir votre bien ?
    Laisser à d’autres le soin de faire notre bonheur est illusoire. A ne pas oublier dans l’isoloir.

LES NOTES DE SIMONE WAPLER

Simone Wapler

Mondialisation libérale ? La bonne blague…

Cette semaine, les difficultés des banques italiennes n’ont pas réussi à inquiéter M. le Marché. Il a bien raison : les banques centrales semblent avoir inventé le capitalisme sans la faillite.

Bill Bonner, quant à lui, se penchait sur le mythe selon lequel les Mexicains et les Chinois voleraient les emplois des Américains. Logique implacable et chiffres à l’appui, Bill démontre que c’est l’ingérence publique qui, en ralentissant le nécessaire processus de destruction créatrice, empêche la croissance.

On entend partout que les difficultés de la mondialisation viendraient d’un néo-libéralisme sauvage qu’il serait justifié de brider, de domestiquer pour contenir les inégalités. Rien n’est plus faux. Ce début de XXIème siècle est tout sauf libéral.

Pour vous en convaincre, je vous propose une double dose d’injection de libéralisme authentique.

D’abord avec Daniel Tourre, version classique. Je suis très heureuse de l’accueillir dans ces colonnes et il y reviendra régulièrement. Daniel Tourre me permet de reproduire des extraits de son ouvrage qui est un vademecum indispensable du libéralisme classique et qui vous explique en quoi il s’agit d’une véritable éthique de vie.

Ensuite, version moderne, avec Nicolas Perrin qui vous démontre avec humour pourquoi c’est une très mauvaise idée de s’en remettre aux politiciens pour faire notre bonheur.

Voilà donc une double dose pour terminer cette semaine : ce sera, je l’espère, double plaisir et non pas double peine.

Rendez-vous mardi 6 juin pour de nouvelles épopées financières.


LES NOTES DE DANIEL TOURRE

Daniel Tourre

Le libéralisme, c’est bien plus que l’économie !

Où l’on apprend avec étonnement que le libéralisme est une philosophie du Droit, une doctrine permettant aux Hommes de vivre en société. Comme les Hommes échangent, le libéralisme porte aussi sur l’économie, mais il ne se réduit pas à ce type d’échange.

Si quelqu’un cherchait à s’informer en écoutant les éditorialistes français (pas de panique, c’est juste une hypothèse hein…), cette personne reviendrait avec une conviction dans le domaine politique : « le libéralisme est une théorie économique prétendument efficace mais en réalité au service des riches, indifférente à ce qui est juste ou injuste. »

Pour avoir une chance de comprendre ce qu’est le libéralisme, deux étapes sont donc indispensables :

Pousser les portes d’une librairie et lire des auteurs libéraux.

Ces deux étapes permettraient de découvrir l’incroyable :

Le libéralisme n’est pas d’abord une théorie économique.

Le libéralisme est une tradition philosophique qui se déploie dans de nombreux domaines, le domaine politique, le domaine du Droit et le domaine économique.

Réduire le libéralisme à l’un de ces domaines sans connaître la vision qui le soutient, c’est comme parler de la pointe d’un iceberg en ignorant ou en feignant d’ignorer qu’il y a aussi (beaucoup) de glace sous l’eau…

L’histoire du libéralisme commence donc, comme toutes les histoires de la philosophie, en Occident, du côté de la mer Egée, il y a 2 500 ans.

Cliché 1 – Le libéralisme se réduit à l’économie de marché

Le libéralisme n’existe en tant que famille philosophique que depuis le XVIIIe siècle.

Mais il n’est pas apparu miraculeusement le 1er janvier 1700 après deux mille ans de ténèbres.

Les briques conceptuelles qui le constituent sont pour la plupart apparues aux siècles précédents — voire aux millénaires précédents.

Elles se sont affinées peu à peu avant de devenir le centre d’intérêt de toute une famille de penseurs en Europe, aux Etats-Unis d’Amérique naissants, au siècle des Lumières.

Les principales briques du libéralisme sont :

– Des droits naturels inaliénables de la personne : liberté, sûreté, propriété.

– Un Etat dont la finalité est de protéger ces droits.

– Une séparation des pouvoirs limitant les risques qu’un despote ou une oligarchie violent ces droits.

– La démocratie, limitant (un peu) les risques que le pouvoir politique viole les droits.

– L’existence d’un ordre social auto-organisé — fruit de l’interaction entre des personnes libres — plus harmonieux, plus stable, plus prospère que des ordres construits par le haut.

– L’économie de marché, conséquence des droits naturels de la personne, et dont le bon fonctionnement est l’une des facettes de cet ordre auto-organisé.

[NDLR : Pour en savoir plus sur cette philosophie qui conduit à une éthique de vie, commandez le livre de Daniel Tourre, Pulp Libéralisme, ici. 232 pages de textes limpides, d’idées lumineuses qui éclaireront votre façon de voir l’actualité.

N’hésitez pas à offrir ce livre accessible à tout public. Ce n’est pas de la philosophie absconse et éthérée. Pour paraphraser un auteur libéral célèbre :

Une idée élevée n’est pas forcément inaccessible, vous pouvez voir le fond d’une pensée profonde, une vérité peut s’analyser.]

Bref, il n’est pas (encore) interdit de penser !

BD

BD

« Je ne demande pas mieux, soyez-en sûrs, que vous ayez vraiment découvert, en dehors de nous, un être bienfaisant et inépuisable, s’appelant l’Etat, qui ait du pain pour toutes les bouches, du travail pour tous les bras, des capitaux pour toutes les entreprises, du crédit pour tous les projets, de l’huile pour toutes les plaies, du baume pour toutes les souffrances, des conseils pour toutes les perplexités, des solutions pour tous les doutes, des vérités pour toutes les intelligences, des distractions pour tous les ennuis, du lait pour l’enfance, du vin pour la vieillesse, qui pourvoie à tous nos besoins, prévienne tous nos désirs, satisfasse toutes nos curiosités, redresse toutes nos erreurs, toutes nos fautes, et nous dispense tous désormais de prévoyance, de prudence, de jugement, de sagacité, d’expérience, d’ordre, d’économie, de tempérance et d’activité.

Et pourquoi ne le désirerais-je pas ? Dieu me pardonne, plus j’y réfléchis, plus je trouve que la chose est commode, et il me tarde d’avoir, moi aussi, à ma portée, cette source intarissable de richesses et de lumières, ce médecin universel, ce trésor sans fond, ce conseiller infaillible que vous nommez l’Etat.« 

Frédéric Bastiat
L’Etat


LES NOTES DE NICOLAS PERRIN

Le politique doit-il vouloir votre bien ?

La première fois que je me suis retrouvé dans un isoloir, c’était pour les législatives de 2002. Comme je voulais le bien de mes concitoyens et que je pensais à ce titre être dans le camp des gentils, j’ai glissé dans l’urne un bulletin qui affichait le nom d’un candidat soutenu par Jean-Pierre Chevènement. Pour moi, l’équation gauche = camp du bien était à l’époque un axiome incontestable.

Deux ans plus tard, j’ai débarqué à Sciences-Po Strasbourg où, après une hypokhâgne au Lycée du Parc, je me suis retrouvé avec pas mal de temps libre. C’est à cette époque que j’ai commencé à lire beaucoup de blogs.

Les libéraux ne veulent pas votre bien

I like your style tient une très bonne place dans la kyrielle des pépites de la blogosphère qui ont contribué à ébranler mes convictions d’alors. J’ai mis un certain temps à comprendre le sens du slogan qui figurait sur le bandeau du blog :

ILYS

Plusieurs années avant que je ne découvre les auteurs classiques, je découvrais le libéralisme sans le savoir. Cette philosophie politique ne prétend effectivement pas faire de vous un homme heureux. Il s’agit simplement de vous donner les moyens de le devenir alors que l’Etat a pour rôle de garantir votre liberté, charge à vous d’en assumer la responsabilité, c’est-à-dire les conséquences de vos actes.

Libéralisme et constructivisme social

A l’opposé de cette philosophie, on trouve des partis politiques et des associations qui eux, savent ce qui est bon pour vous et veulent vous modeler, voire vous construire à l’image de leur idéal. Ces constructivistes sociaux pullulent en particulier à l’extrême gauche et à la gauche du spectre politique mais… ils sont également très présents à sa droite et à son extrême droite.

Ainsi, du côté de la France Insoumise de monsieur Mélenchon, on prétend être « les descendants des gentils, des doux, des solidaires, des préoccupés des autres ». Comme on se préoccupe vraiment de vous, on vous invite à participer à la rédaction du programme du Champion. A lire la « Synthèse des 1 600 premières contributions programmatiques », on comprend que l’exercice tient lieu de lettre au Père Noël pour plus de 18 ans.

32 heures

Voici donc l’hypothèse d’Olivier Besancenot définitivement confirmée.

besancenot

Quel est l’objectif annoncé ? Rien de moins que de faire de vous un homme heureux filant des « jours heureux ». Si la recette qui permet d’arriver à un tel résultat vous est inconnue, je vous la donne en mille : une dose de Mélenchon le matin, une dose de Mélenchon le soir et un petit tour de « péniche insoumise » pendant trois jours, et vous ne manquerez pas de retrouver « le goût du bonheur » !

le goût du bonheur

Si ce discours vous semble un peu trash, accrochez-vous parce que vous n’avez encore rien vu. A côté de Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon passerait presque pour quelqu’un de sérieux. La stratégie du candidat du Parti socialiste pour la présidentielle reposait sur le principe suivant : en refusant de voir l’inquiétante réalité telle qu’elle est, le futur en deviendra désirable.

refus réel

Autrement dit, en fermant les yeux et en y pensant très fort, Benoît Hamon nous promet que la réalité peut se soumettre à nos fantasmes, nous rendant alors « invincibles ». C’est seulement à ce moment-là que « battra le coeur de la France » (un autre élément de langage du PS), c’est-à-dire que les Français seront véritablement heureux.

invincibles

Quoi dire ? A part que l’équipe de campagne de Benoît Hamon me donne l’impression d’avoir testé la légalisation du cannabis sur elle-même, je ne vois pas trop… Je me permettrais simplement de leur rappeler ce propos de l’écrivain américain de science-fiction Philip K. Dick : « la réalité, c’est ce qui ne disparait pas quand on arrête d’y croire. »

Jusqu’où l’Etat s’immiscera-t-il dans votre vie privée ?

Ces tweets restent des déclarations très générales, mais on pourrait décliner pléthore d’exemples précis. J’avais évoqué dans un précédent article les velléités des Jeunes socialistes à réguler votre sexualité pour que vous vous en trouviez plus heureux.

Benoît Hamon, lui, avait pour ambition lors de la campagne présidentielle de « fabriquer un citoyen sportif » sur la période 2017-2022.

sportif

Mais cela bien sûr, c’est pour votre bien : « la fabrique du citoyen sportif que je porte dans mon projet peut être un facteur de réussite scolaire, de lutte contre le décrochage et un vecteur de cohésion sociale favorisant l’engagement citoyen. » Dans la vision socialiste, le citoyen est trop irresponsable pour prendre en charge l’éducation sportive de ses enfants, l’Etat se doit d’intervenir.

Où se situe la limite ? Parfois, on se le demande vu que l’Etat, au travers de ses représentants élus et autres présidents d’université, vous dit même pour qui voter.

Incapable de prendre en charge votre forme physique, vous ne vous imaginiez tout de même pas qu’ils allaient vous laisser penser que vous êtes en mesure de voter en citoyen responsable ? Vous voilà définitivement infantilisé…


L’Investissement de la Semaine


** EVENEMENT **
Où devons-nous envoyer votre exemplaire gratuit ?

Le tout premier livre de Philippe Béchade vient de sortir… et un exemplaire vous est déjà réservé gratuitement.

Pour savoir comment le recevoir, cliquez ici.

 

Publications AGORA © Tous droits réservés 2002-2017

Ajoutez la-chronique@publications-agora.fr à votre carnet d’adresses
La reproduction partielle ou totale de la présente Chronique Agora est strictement interdite sans accord écrit de la société éditrice.
La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite publiée par la société Publications Agora.
Le lecteur reconnaît et accepte que toute utilisation du service et des informations le constituant, de même que toute décision relative à une éventuelle opération d’achat ou de vente de valeurs mobilières qu’il prendrait suite à ce message, sont sous sa responsabilité exclusive. Les informations données et les opinions formulées ne constituent en aucune façon des recommandations personnalisées en vue de la réalisation de transactions. De ce fait, la responsabilité de La Chronique Agora, de ses partenaires et de ses rédacteurs ne pourra en aucun cas être engagée en cas d’investissement inopportun.
Retrouvez-nous nos publications et nos services sur :
http://www.publications-agora.fr/
http://la-chronique-agora.com/

Publicités
Par défaut

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s