hronique agora: Simone Wapler : J1 du Macronisme : d’où venons-nous et où allons-nous

Paris, lundi 15 mai 2017

Simone Wapler : J1 du Macronisme : d’où venons-nous et où allons-nous ?
Le bilan Hollande est si lamentable qu’Emmanuel Macron ne devrait pas avoir trop de mal à faire mieux, à condition de ne pas mendier à l’Allemagne.
Bill Bonner : La croissance de la peur
L’indice VIX de la volatilité est au plus bas, les marchés sont au plus haut après 112 mois de hausse. Pariez sur le retour de la peur.
Chris Lowe : Les actions ont-elles atteint un niveau de dévissage ?
Les PER – ratio cours sur bénéfice – atteignent un record. Mais même s’il y a peu d’espoir de grosses plus-values, le top des marchés actions pourrait ne pas avoir été atteint.

LES NOTES DE SIMONE WAPLER
Simone Wapler

J1 du Macronisme : d’où venons-nous et où allons-nous ?

« Permettez-moi de vous le dire : je laisse un pays dans un état bien meilleur que celui que j’ai trouvé » a déclaré François Hollande dans un discours de 25 minutes au moment de la passation de pouvoir.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même en matière de panégyrique…

Voyons un peu.

Bilan Hollande
Cliquez sur le tableau pour l’agrandir

François Hollande n’est pas responsable de la baisse des taux d’intérêts sur l’ensemble des dettes publiques de la Zone euro. Nous avons donc choisi comme indicateur le « déficit primaire » qui indique seulement le montant des dépenses publiques financées par l’emprunt (et non par les impôts). Le déficit total, qui comprend aussi la charge des intérêts de la dette, est bien plus élevé (69 Mds€).

Sous la présidence Hollande, le chômage et les dépenses publiques ont augmenté, la croissance a diminué. Les comptes publics restent dans le rouge malgré un matraquage fiscal sans précédent et des manipulations monétaires qui ont conduit à avoir des taux négatifs sur de la dette françaises !

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Visiblement, pour l’ex-président, un pays en « bon état » est un pays avec beaucoup d’Etat, qui dépense sans résultat.

Pendant ce temps, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Autriche, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et évidemment l’Allemagne faisaient mieux que nous. Si vous voulez trouver pire, allez en Italie ou en Grèce.

Nous n’avons aucun doute qu’Emmanuel Macron ne réussisse à faire mieux que son prédécesseur.

Cependant, son vrai défi sera de faire mieux en dépensant moins et en taxant moins. Car l’Allemagne ne veut pas des eurobonds et ne veut pas des « transferts fiscaux ». Elle l’a dit et répété. En 2012, Merkel avait affirmé qu’elle résisterait à la mutualisation de la dette « aussi longtemps qu’elle vivrait ». Angela Merkel, quoique plus âgée qu’Emmanuel Macron, semble en bonne santé.

Emmanuel Macron ne devrait même pas miser sur une défaite électorale d’Angela Merkel car même son challenger est à l’unisson sur ce sujet.

Martin Schulz, vice-président du Parlement européen et député européen pour le Parti libéral-démocrate d’Allemagne (FDP) a lui aussi affirmé :

« Nous sommes tous heureux que Macron ait été élu, mais même sous sa présidence il ne peut y avoir de mutualisation de la dette. »

A bon entendeur, salut.

Tant mieux d’ailleurs, car il y a des projets politiques plus dignes que celui de devenir la Guyane de l’Allemagne ou son Mezzogiorno. Ce n’est pas en vivant au crochet des contribuables allemands que nous nous enrichirons.

Mais cela a une signification pour notre argent et nos investissements.

Pour que la situation soit tenable, il va falloir que les taux restent bas et que la BCE continue ses basses oeuvres (que réprouve également l’Allemagne).

Soyons réaliste : si les taux montent, Emmanuel Macron ne pourra plus rien faire si ce n’est acter la faillite des finances publiques de la France. L’Allemagne le sait.

Le contrat implicite et tacite est donc assez simple : pas d’eurobonds. Mais dans ce cas l’Allemagne doit fermer les yeux sur les opérations de la BCE afin que les taux restent bas. Les épargnants Allemands et Français payent. Les retraités qui ont capitalisé payent. C’est cela la « solidarité » et les « transferts ».
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Pour trouver du rendement à votre épargne, il faut donc prendre plus de risque et vous tourner vers les marchés actions.

Voilà pourquoi malgré des valorisations folles (comme vous l’expliquent Bill Bonner et Chris Lowe), le sommet des marchés n’est peut-être pas encore atteint.

LES NOTES DE BILL BONNER
Bill Bonner

La croissance de la peur

Pssst… Hé vous, les lecteurs…

Vous voulez gagner beaucoup d’argent très vite ?

Nous ne sommes pas des parieurs. Ni des spéculateurs. Et nous ne sommes pas doués pour prédire l’avenir non plus.

Mais nous voyons quelque chose qui ressemble à un Schéma de comportement de marché Réellement Simple (SRS), et qui pourrait rapporter.

Pour résumer de façon poétique, une aube éclatante précède toujours la nuit noire…

Une redoutable complaisance

Il s’agit de quelque chose qui ne s’est pas produit depuis près d’un quart de siècle : une aube si éclatante qu’elle éblouit les investisseurs au point de ne pas voir le risque auquel ils s’exposent.

Ce n’est pas comme si nous savions ce qui va se produire. Mais nous savons reconnaître un SRS lorsque nous en voyons un.

Il s’agit plus précisément de cet « indice de la peur », à Wall Street : l’indice de volatilité du CBOE, le VIX. Il mesure le niveau de volatilité (les fluctuations des cours) du S&P 500 sur 30 jours, anticipé par les investisseurs.

Au cours de ces 24 dernières années, le VIX a affiché un niveau moyen de 19,65. Or mardi dernier, il a plongé au-dessous de 10 : cela ne s’est produit qu’à neuf reprises depuis 1990.

Ce chiffre est le plus faible jamais enregistré depuis 1993.

Indice de volatilité du CBOE (VIX)

Les investisseurs confondent souvent volatilité et « risque ». Mais ce sont deux choses totalement différentes. Normalement, lorsque le VIX est bas, c’est un signe de redoutable complaisance, et non d’absence de risque réel.
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Ce qui est intéressant en ce qui concerne cette période de notre histoire, c’est qu’en dépit du niveau élevé de complaisance régnant chez les investisseurs, il existe tout un tas de choses dont les investisseurs ne se soucient pas… et tout un tas de raisons justifiant que le VIX grimpe.

Trump tiendra plus longtemps que Nixon

Cette semaine, le président Trump a viré le directeur du FBI, James Comey.

Pourquoi ?
2000€ à gagner !

Nous l’ignorons. Mais le New York Times dit que c’est parce que Comey enquêtait sur la question de savoir s’il y a eu collusion entre les Russes et la campagne de Trump.

Intox ? Fadaises ?

C’est très probable. Mais c’est une grave accusation formulée par un organe de presse sérieux. Cela pourrait tourner au vinaigre.

Parallèlement, des initiés avertis nous confient qu’il se pourrait que Trump n’ait aucune chance.

Ils disent que tout l’Establishment de Washington, les universités, les éléments du Deep State, les démocrates, et de nombreux républicains sont contre lui.

Chaque fois que les médias parlent de lui, ils tentent de le faire passer pour un idiot, les photos ne sont pas à son avantage. Ils veulent sa peau.

Comme Nixon en 1973, il ne pourra peut-être pas tenir. Nixon a tenu 19 mois après la révélation du Watergate. Nous doutons que Trump se fasse dégager aussi facilement.

Il a de solides partisans dans de nombreuses régions du pays. Et il est plus combatif, moins intègre et moins sensible à la honte. Il ne partira ni avec élégance, ni volontiers.

Nous le rappelons : nous ne savons pas ce qui va se produire.

Mais peu importe, par rapport à notre thème d’aujourd’hui. Ce qui compte, c’est qu’il va y avoir du grabuge.

Les investisseurs achètent une « croissance » absente

En attendant, M. Trump est à la tête de l’armée impériale la plus létale et la plus étendue de toute l’histoire.

Il est peut-être également le dirigeant le plus téméraire et impulsif ayant jamais occupé cette fonction.

D’énormes navires de guerre rôdent sur tous les océans. Des drones, des missiles, des avions de combat, et des bombardiers sillonnent les airs. Et sous terre, des centaines de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), tels des chiens au chenil, guettent la voix de leur maître.

Est-ce que quelque chose pourrait mal tourner ?

Hé… à votre avis ? La témérité et l’impulsivité ne sont probablement pas ce que vous attendez d’un dirigeant…

Les actions américaines se négocient pratiquement au sommet de leur fourchette. Chaque fois qu’elles bougent, elles s’aventurent en terrain glissant.

Les investisseurs ont fait grimper de près de 2 000 Mds$ la valeur du S&P 500, au cours de ces trois dernières années. Et pourtant, les 500 sociétés représentées sur cet indice ont réalisé moins de bénéfices par action, en moyenne l’an dernier, qu’il y a trois ans.

Autrement dit, les investisseurs achètent une « croissance » qui n’est pas là.

Par ailleurs, plus de la moitié de l’augmentation du S&P 500 provient de cinq actions seulement. C’est classique, lorsque la « diversification du marché » se réduit ainsi, c’est également signe qu’une bulle atteint son pic.

Achetez la peur plutôt que le Trade Trump

Alors pourquoi les investisseurs achètent-ils des actions si chères ?

Eh bien, certains analystes pensent qu’ils participent simplement au « Trade de la Reflation » de Trump.

Le président s’est engagé à réduire les impôts ainsi que la réglementation à Wall Street, et à claquer 1 000 Mds$ en infrastructures. Les analystes ont calculé que cela pourrait booster les résultats des entreprises ainsi que le cours des actions.

Mais il n’y aura ni allègement fiscal, ni programme d’infrastructures, ni aucune réduction de la réglementation, de réelle envergure.

Pourquoi ?

Parce qu’à ce stade, la confusion, les contradictions et les projets qui s’opposent, à la Maison-Blanche et au sein du Parti républicain, font que toute victoire législative majeure est quasiment impossible.

Nous le rappelons, nous ignorons ce qui va se produire. Nous n’allons pas parier sur une éventualité particulière. Nous allons simplement parier sur l’intensification de la peur.

La hausse actuelle, aussi maigre soit-elle, dure depuis 112 mois. Au cours de la période suivant la Seconde Guerre mondiale, les hausses ont duré en moyenne 58 mois. Celle-ci ne devrait plus tarder à s’arrêter sur le bas-côté pour reprendre son souffle… ou bien à tomber dans le fossé.

Ce qui nous ramène à notre SRS.

Selon nous, cette situation pourrait rapidement nécessiter l’intervention de démineurs. Mais le VIX nous dit que les choses n’ont jamais été aussi paisibles depuis 1993.

Tout cela pour vous dire qu’acheter le VIX lorsqu’il était au-dessous des 10 points, en 1993 – et en pariant sur une future augmentation de la volatilité – s’est révélé une bonne affaire.

24 ans se sont écoulés, avant qu’il ne retrouve un niveau aussi bas.

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LES NOTES DE CHRIS LOWE

Les actions ont-elles atteint un niveau de dévissage ?

« Des valorisations excessives »…

Voilà une expression que l’on entend beaucoup ces jours-ci.

Ainsi, une métrique très surveillée pour la valorisation est le PER (price-to-earnings ratio). Le PER indique combien d’investisseurs de marché sont prêts à payer pour chaque dollar de bénéfices de l’entreprise.

Nul doute qu’il est très élevé…

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a dénombré 15 records de marchés haussiers pour le S&P 500.

Le PER moyen à ces plus hauts est de 18,1 – un chiffre inférieur au ratio actuel de 24,8.

Autrement dit, les investisseurs sont prêts à payer environ 40% de plus pour chaque dollar de bénéfice que pour la moyenne des records de marché après-guerre.

Mais ce n’est là qu’une moyenne…

Comme vous pouvez le voir sur ce tableau, cette moyenne cache beaucoup de nuances.

PER

Le PER moyen lors des précédents pics de marché était certes plus bas que le PER actuel. Mais le S&P 500 a atteint un sommet lorsque son PER était inférieur à 10 (en 1948 et 1980). Il a également connu un pic lorsque son PER était plus élevé qu’il ne l’est aujourd’hui (en 1998 et en 2000).

Que pouvons-nous déduire de tout ceci ?

Vous devriez tempérer vos attentes de gros gains sur les marchés américains.

Après tout, on gagne de l’argent en bourse en achetant bas et en vendant haut, pas le contraire.

Mais si l’on peut tirer des leçons du passé, les PER – et les cours des actions – pourraient bien monter encore avant d’atteindre un plus-haut.

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