Voù va-t-on ? : La vengeance des gentlemen en vert

où va-t-on ?

La vengeance des gentlemen en vert
Le bruit de battement d’une aile
Guerre hybride 8. La guerre hybride peut causer des ravages à travers l’Afrique de l’Ouest 4/4

La vengeance des gentlemen en vert

Posted: 09 May 2017 05:20 AM PDT

Article original de Dmitry Orlov, publié le 2 Mai 2017 sur le site Club Orlov
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Les États-Unis semblent se préparer à une première frappe nucléaire contre la Russie. Ils ont installé des systèmes de défense antimissiles balistiques en Pologne et en Roumanie, avec l’affirmation absurde qu’ils sont là pour protéger l’Europe contre les soi-disant ICBM iraniens inexistants. Ces installations supposément défensives peuvent également être utilisées pour lancer des missiles nucléaires sur la Russie. Et récemment, les États-Unis ont placé leurs avions de combat F-35 en Estonie, à seulement quelques minutes de vol de Saint-Pétersbourg, la deuxième plus grande ville de Russie. Ces jets sont capables de transporter des charges utiles nucléaires. Sans aucun doute, ces étapes ont rendu la guerre nucléaire plus probable, même si c’est par hasard.

Il existe deux façons possibles de voir cette posture agressive : défensive ou offensive. Considérées comme des mesures défensives, sont-elles nécessaires et sont-elles efficaces ? Considérées comme des mesures offensives, sont-elles efficaces et quelles en seront les retombées (sans jeu de mots) ? Et si les États-Unis devaient se livrer à l’extrême folie de tenter une première attaque nucléaire sur la Russie, quel serait l’effet de cette folie, personnellement, sur les aspirants criminels de guerre américains qui seraient derrière un tel plan ? Devraient-ils avoir peur, très peur, et de quoi devraient-ils avoir très peur ? Nous allons y jeter un coup d’œil.

Ces dernières années, la Russie a fait des progrès très importants autour des technologies militaires et de la formation. En voici une liste partielle :

1. Des systèmes de défense aérienne (S-300, S-400, S-500) qui fermeront efficacement l’espace aérien russe jusqu’à l’orbite terrestre proche. Les Américains n’ont pas la technologie pour pénétrer ces nouvelles défenses aériennes. De nombreux composants de ces systèmes sont mobiles, et lorsqu’ils se déplacent, ils deviennent très difficiles à cibler.
2. Les systèmes de guerre électronique (Khibiny, Krasukha) qui peuvent neutraliser les navires américains, les avions et les missiles de croisière, ont récemment été mis en action en Syrie, où environ 60% des Tomahawks n’ont pas atteint la zone cible. Les forces américaines et de l’OTAN se sont révélées à plusieurs reprises incapables d’opérer dans les zones où ces systèmes sont déployés.
3. Un nouvel ICBM (Sarmat) qui n’est pas exactement un missile balistique car il peut exécuter des vols suborbitaux à volonté tout autour de la planète. Il peut délivrer de multiples vecteurs à charges nucléaires capables de manœuvres supersoniques de re-rentrée. Il n’y a aucune technologie qui puisse l’intercepter.
4. Des missiles de croisière à longue portée (Kalibr) qui peuvent être lancés à partir de petits navires ou de sous-marins près de la côte américaine et pénétrer à l’intérieur des terres. Ils sont comme les Tomahawks Américain, mais plus grands, plus rapides, plus modernes, plus difficiles à intercepter, beaucoup moins chers et, comme les événements récents en Syrie l’ont montré, beaucoup plus fiables.
5. Des forces spéciales hautement qualifiées et professionnelles dotées d’équipements ultramodernes qui peuvent se présenter à peu près n’importe où (pas de « choc et d’effroi » nécessaires), neutraliser les forces ennemies sans blesser les civils, sécuriser tranquillement la paix sans causer de pertes parmi les civils et se transformer à volonté pour fournir de l’aide humanitaire et démêler les politiques locales.

Dans l’intervalle, l’armée américaine s’est transformée en un tas de déchets indésirables, des entreprises de défense privées alimentant la frénésie et une expérience ridicule d’ingénierie sociale. Son aspect poubelle est assez clair lorsque vous considérez comment l’armée américaine est équipée : avec la technologie des années 1970, comme les chars Abrams et les véhicules blindés Bradley. La frénésie pour financer les entreprises de défense privées a rendu les militaires américains de loin les plus chers de la planète, mais, comme pour les autres rackets américains, les soins de santé et l’éducation publique, il est clair que coûter cher n’a rien à voir avec le fait d’être bon. En ce qui concerne l’ingénierie sociale, voici une description concise de ce qui s’est passé dans l’armée américaine depuis la première guerre du Golfe :

Depuis 1991, l’armée américaine s’est lentement désagrégée comme une couture. La reconnaissance du stress, l’homosexualité ouverte, les transgenres en service actif, la formation à la sensibilité, les simulateurs de grossesse pour les hommes, les stations de lactation sur le terrain, les bébés nés sur les navires de guerre américains, les femmes diplômées chez les Rangers, y compris une mère de 37 ans (c’est drôle comment les femmes y ont l’air si à l’aise), les femmes dans les NAVY SEALS, les femmes dans les unités d’infanterie de marine et les femmes dans l’artillerie (même si la plupart ne peuvent pas porter un obus de 155 mm) ne sont qu’une partie de la folie qui a eu lieu au cours des 26 dernières années, et qui a provoqué un effet boule de neige vers l’enfer sous l’administration Obama. (Lien)

Gardez à l’esprit que, dans l’ensemble, les États-Unis coulent de plus en plus dans un océan de dettes et, à ce stade, un accident financier amènerait directement à la banqueroute. Ce pays ne se développe plus économiquement mais se contracte, bien que, pour le moment, cela soit masqué par une grande variété de rackets financiers. Plus de la moitié de sa population est à un seul accident de la vie d’être totalement liquidé. La plupart des gens sont victimes de maladies mentales, sont obèses et drogués, criblés de déviances sexuelles et de vices, et atteignent des profondeurs d’ignorance en raison de l’échec du système scolaire, qui enseigne à peine plus que l’obéissance et les compétences pour passer un test.

En réponse à tous ces défis, les États-Unis pourraient simplement renoncer, réduire considérablement la taille et la portée de leur gouvernement fédéral, démanteler les bases militaires à l’étranger, ramener les troupes à la maison et chercher des moyens de renforcer leur infrastructure effondrée et leur réseau de sécurité sociale en lambeaux. Au lieu de cela, ce pays a choisi de doubler la mise. Les Américains pensent qu’ils pourraient être en mesure de préserver leur capacité de dissuasion nucléaire en menaçant la Russie à bout portant : les armes nucléaires en Pologne et en Roumanie masquant des systèmes ABM, les F-35 avec des munitions nucléaires en Estonie, à quelques minutes de Saint-Pétersbourg, etc.

Comme n’importe qui avec une bonne compréhension de la Russie moderne vous le dira, la Russie n’est absolument pas l’URSS. Elle n’a pas d’idéologie messianique au-delà de la défense de sa souveraineté nationale, du soutien des normes et des valeurs sociales et culturelles traditionnelles et de l’adhésion au droit, tant au niveau national qu’international. Non seulement ce n’est plus un empire, mais elle est allergique au concept même, après avoir été asséchée par les républiques soviétiques et les pays satellites pendant l’ère soviétique. Ses opérations militaires à l’étranger visent à empêcher la propagation d’États défaillants qui menaceraient sa sécurité. Elle n’a absolument aucun intérêt à s’engager dans une guerre à grande échelle, en particulier nucléaire. La Russie n’a aucune doctrine de première frappe nucléaire.

D’autre part, les États-Unis se réservent quant à eux le droit de frapper en premier, et c’est précisément pour cette raison que la Russie choisit de dépenser une bonne partie de son trésor national (environ 1% à 2% du PIB) pour l’étanchéité de son espace aérien, d’une part, et le développement de véhicules de frappe avec des charges nucléaires qui ne peuvent pas être interceptés d’autre part. Le but de ces préparatifs n’est pas de se préparer à attaquer les États-Unis, mais de s’assurer que ceux-ci ne songent même pas à attaquer la Russie.

Dans le meilleur des cas, tout se terminera par un appel téléphonique du Kremlin à la Maison Blanche : « Écoutez, renoncez, OK ? Il suffit de rentrer à la maison et de vous occuper de vos propres affaire. Nous ne voulons pas vous détruire avec toutes vos affaires parce que nous les voulons pour nous-mêmes. Nous n’allons pas vous tuer. Nous allons simplement vous voler et vous humilier, tout comme vous nous avez volés et humiliés dans les années 1990. Vous avez eu quelques bons siècles sous les feux de la rampe, mais maintenant, c’est fini. » Et à ce moment-là, les Américains se contenteront de conclure ce pacte, parce que c’est la meilleure de toutes les alternatives.

Ce serait le résultat rationnel : les États-Unis plient, simplement. Mais il y a deux forces irrationnelles en jeu. L’une est que les Américains sont très bons pour projeter l’ombre : l’Amérique est bonne par définition, la Russie est mauvaise parce que ce n’est pas l’Amérique, et donc les tendances perverses de l’Amérique (comme la propension à bombarder d’autres pays avec des armes nucléaires) sont projetées sur la Russie. Les Américains ne peuvent pas se faire confiance à eux-mêmes pour faire le bon choix et, par conséquent, ils ne peuvent pas faire confiance à la Russie pour faire le bon choix non plus. L’autre force irrationnelle fonctionne dans la direction opposée : les Américains sont incapables d’imaginer qu’ils ne sont pas la nation la plus puissante de la terre et, en regardant la Russie le démontrer avec ses nouvelles armes, leur seul choix, psychologiquement, est de penser que leurs propres armes doivent être encore plus géniales, malgré toutes les preuves du contraire. Il est possible que les déficients mentaux qui présentent ces tendances trouvent un moyen de déclencher une première frappe nucléaire sur la Russie. Comment, alors, cela finirait-il ?

Tout d’abord, il est absurde de penser que les Russes n’auraient aucun avertissement préalable de l’attaque. Washington fuite déjà de partout comme un tamis. Tout le linge sale est déjà suspendu pour sécher sur Wikileaks. Dans une situation où un crime de guerre de proportions étonnantes serait planifié, un certain nombre de personnes qui connaissent le plan le feraient sûrement fuiter. Ils le feraient pour au moins deux bonnes raisons : tenter de sauver leurs âmes immortelles d’une éternité en enfer ; et faire la meilleure chose moralement en essayant de sauver autant de vies que possible en faisant échec à cette attaque.

Comment cela finirait mal ? Les ordres seraient d’attaquer à un moment prédéterminé, en utilisant des bombardiers, des missiles de croisière lancés à partir de navires et des missiles balistiques lancés depuis des sous-marins – tout en maintenant le silence radio afin que les Russes ne sachent pas comment lancer des représailles. Les ICBM terrestres ne seraient pas utilisés, pour empêcher les Russes de déterminer où riposter.

Mais quelques minutes avant ce moment prédéterminé, la plupart des navires et des sous-marins seraient coulés par les torpilles à supercavitation de la Russie et les missiles balistiques anti-navires, alors qu’ils maintiendront le silence radio. De même, la plupart des bombardiers seront abattus en utilisant les systèmes de défense aérienne de la Russie, tout en maintenant le silence radio. Quelques-uns pourraient passer au travers de ce filtre initial et poursuivre aveuglément une mission déjà condamnée à l’échec.

La prochaine étape sera plus d’activité de défense aérienne combinée avec de la guerre électronique. En volant dans un très grand four à micro-ondes réglé au « maximum », presque tout ce qui parviendrait à traverser le premier filtre finirait hors-course et n’atteindrait pas la cible. Une partie des missiles ne parviendra pas à détonner et alors que d’autres iraient exploser quelque part dans la toundra à des centaines de kilomètres de la colonie la plus proche.

Maintenant, supposons qu’une seule frappe nucléaire atteigne une cible – la mauvaise cible, mais une cible néanmoins. La ville de Yopta, une population de plusieurs centaines de milliers d’habitants, serait détruite, tandis que Ust-Yopta, plus petite, située à peine à 300 km de l’épicentre, survivrait à l’explosion mais serait contaminée par des retombées radioactives.

Les Princes parfumés du Pentagone qui auraient déchaîné ce feu nucléaire écoutant attentivement ce silence radio qui dure beaucoup plus longtemps que prévu, choisiraient judicieusement de rester dans leurs bunkers en rongeant leurs ongles.

En voyant que les dégâts sont limités, les Russes devraient choisir de prendre des mesures de riposte asymétrique. Ils utiliseraient des armes conventionnelles de haute précision pour attaquer les États-Unis. Ils supprimeraient le réseau électrique, l’internet, les approvisionnements en eau, les oléoducs et les gazoducs, les ponts ferroviaires et routiers, les réservoirs de carburéacteur dans les aéroports et les réservoirs de carburant de soute dans les ports maritimes. Ensuite, ils attendraient un peu, peut-être une semaine, jusqu’à ce que les États-Unis deviennent une cible suffisamment souple pour une invasion limitée du sol.

Et c’est alors que les gentlemen en vert [Surnom des soldats russes, donné après leur opérations sans provoquer de morts en Crimée, NdT] apparaitraient. Ils auraient les listes de ceux qui ont lancé l’attaque et les coordonnées de leurs bunkers et de leurs caches. Leurs ordres seraient de les emmener tous, de préférence en vie et pas trop physiquement endommagés, et de se retirer immédiatement. Ils le feront.

Ensuite, nous aurons un Tribunal de Nuremberg fois cent. Les Princes parfumés du Pentagone seront accusés de génocide par utilisation d’armes nucléaires, le crime ultime contre l’humanité. Aucun d’entre eux ne verra plus jamais sa famille, ainsi que beaucoup d’autres choses, parce qu’ils vont passer le reste de leur vie à fouiller à la main les débris radioactifs dans et autour de la ville de Yopta, où il fait parfaitement sombre quatre mois par an. Leur travail sera de chercher des restes humains, puis de les enterrer dans des tombes creusées dans la toundra à l’aide de piquets et de pelles. Ils devraient tous mourir de cancer par exposition au rayonnement.

Les Princes parfumés seraient bien avisés de prendre préalablement des conseils psychologiques pour cesser de projeter cette ombre et dégonfler leurs égos. Ensuite, ils pourront se limiter à des activités utiles, comme le rapatriement des troupes et la fermeture des bases militaires à l’étranger.

Dmitry Orlov

Le bruit de battement d’une aile

Posted: 09 May 2017 05:14 AM PDT
Article original de James Howard Kunstler, publié le 1er Mai 2017 sur le site kunstler.com
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

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Et tout à coup, les premières tempêtes de Trumptopia se calment ou cela y ressemble. La surface des choses devient paisible, car les douceurs de mai balaient les fatigues d’une saison boueuse qui s’étire. Quelqu’un a bloqué Kim Jong-un dans son bunker avec une cartouche de cigarettes et la vidéothèque de Vin Diesel. La France semble résignée à un mini-Hollande sous la forme rafraîchissante de Macron, le premier de la classe. Cela fait des semaines que le New York Times se plaint que les Russes ont volé l’élection de Hillary en tant que leader du monde libre. Nous sommes amenés à comprendre que le Congrès est en train de concocter en douce un projet de loi de dépenses qui permettrait de bloquer le gouvernement en septembre. Reste cool, Amérique… Oh, et avale chaque mensonge.

Une surface calme est exactement ce que les cygnes noirs aiment pour atterrir, bien que, par définition, nous ne saurons pas qu’ils sont là jusqu’à ce que nos rêveries soient brisées par le bruit de leurs battements d’ailes. Il y a eu une sorte d’oiseau noir au Canada, cet étang en décongélation, la semaine dernière, lorsque le plus grand prêteur de prêt hypothécaire de ce pays a subi un effet de levier de capitaux propres d’actionnaires de 60% qui a dû être renfloué ─ pas par le gouvernement canadien directement, mais par le fonds de pension des agents de santé de la province de l’Ontario, un petit morceau de Hocus Pocus qui équivaut à un prêt d’urgence d’un an à 10% d’intérêt.

Si c’est un moyen pour les régimes de retraite insolvables des employés publics de trouver un « rendement » suffisant pour s’acquitter de leurs obligations, alors peut-être que ce pourrait être la balle magique pour les affiliés aux fonds de pension aux États-Unis. La prochaine fois que Citibank, Goldman Sachs, JP Morgan et leurs amis auront un coup de chaud, laissez-les être renfloués par le fonds de pension des chauffeurs d’autobus des écoles de Détroit avec un intérêt de 10%. Cela devrait fonctionner. Et laissez Calpers s’occuper de Wells Fargo.

La situation à travers la civilisation occidentale est la suivante : pratiquement toutes les institutions financières majeures sont devenues des opérations frauduleuses ou un système de Ponzi, et nous avons atteint le point où ils ne peuvent plus que faire semblant d’être sauvés. Qu’il y ait choc ou non, le Home Capital Group, basé à Toronto, sera toujours coincé avec des créances douteuses de prêts hypothécaires subprimes non performants – sa spécialité – et la bulle immobilière spectaculaire du Canada a à peine commencé à éclater. Les garanties commencent à être activées, comme la viande morte au soleil de mai, et la pollution radioactive qui traverse la frontière.

Il n’en faudra pas beaucoup pour faire exploser le système, comme le monde l’a découvert lors de plusieurs autres épisodes historique récents. La contagion bancaire de 1998 a commencé par l’effondrement de la monnaie de la Thaïlande, appelé le baht. Je doute que vous puissiez compter sur une main le nombre de personnes à Wall Street ou à la Réserve fédérale (avec ses plus de 300 économistes diplômés) qui se sont souciés du baht thaïlandais. Avant que vous ayez compris, la Corée du Sud et l’Indonésie avaient commencé à contourner cette fosse à purin. La Russie a aussi senti l’odeur. Et alors, les économistes gagnants du prix Nobel d’un hedge fund du Connecticut appelé Long Term Capital Management ont découvert avec horreur comment leur formule de placement à la « sauce secrète », qui « ne pouvait pas échouer durant la vie de cet univers ou quelque chose comme ça », avait empoisonné leur bilan avec des obligations souveraines russes après seulement dix-huit mois environ. Et il a fallu que tous les chefs des banques américaines fassent le bilan de la mort de cette entreprise environ cinq minutes avant que le système bancaire mondial ne soit fermé par la plus grande chaîne de trappes financières collatérales croisées jamais assemblées.
Et dix ans plus tard, il y a eu le fiasco de 2008, mettant en vedette Lehman Brothers et une foule démoniaque de magouilles autour de véhicules financiers géniteurs de dettes sous caution sans valeur autour du racket hypothécaire des subprimes, lié à une toile toxique de « produits financiers dérivés » ─ c’est-à-dire de mauvais paris entre des contreparties insolvables masquées comme « assurées » et des investissements adhérents. Il a fallu des milliers de milliards de dollars de fonds de sauvetage conjugués créés de nulle part pour sauver ce système. Oh oui !

Alors profitez des festivités autour du Maypole aujourd’hui, et des eaux soudainement calmes des affaires mondiales, et gardez vos oreilles attentives au bruit des battements d’ailes.

James Howard Kunstler

Guerre hybride 8. La guerre hybride peut causer des ravages à travers l’Afrique de l’Ouest 4/4

Posted: 08 May 2017 11:47 PM PDT
Article original de Andrew Korybko, publié le 7 Avril 2017 sur le site Oriental Review
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Hybrid War Can Wreak Havoc Across West Africa (IV)

Le dernier chapitre de la recherche sur la guerre hybride non seulement pour l’Afrique de l’Ouest mais aussi pour l’ensemble du continent, traite de son plus grand pays, le Nigeria. Cette république fédérale, comme on l’appelle officiellement, a la plus grande population de tous les pays africains avec plus de 175 millions de personnes, ce qui lui confèrerait un potentiel économique illimité si ses ressources humaines étaient correctement gérées. Associé à ses grandes réserves de pétrole et de gaz, le Nigeria devrait théoriquement être une réussite en plein essor, mais la réalité contredit toutes les attentes et le pays est plongé dans une pauvreté abjecte malgré ses richesses naturelles. Pire encore, il a une vaste histoire de divisions internes et de sang versé qui continue à peser sur son présent et à limiter ses espoirs pour son avenir.

Si le Nigeria pouvait de manière figurative « agir ensemble », il pourrait se relever pour devenir l’une des principales puissances africaines et le centre de gravité de la région centrale d’Afrique de l’Ouest (RCAO), mais c’est infiniment plus facile à dire qu’à faire. Le Nigeria doit surmonter son héritage de discorde identitaire – qu’il soit régional, religieux ou tribal – et unifier ses populations à travers une vision nationale inclusive qui s’accorde avec les diverses différences dans le pays, et en tirant profit de ces différences comme avantage stratégique plutôt que d’en faire des vulnérabilités comme c’est le cas depuis des décennies. Depuis tout temps, le Nigeria doit marcher sur une fine corde tendue pour éviter les pièges de la guerre hybride inhérente à sa composition ethno-politique historique, mais s’il réussit ce voyage de transformation, il se transformera en un des membres africains les plus fiables de la communauté multipolaire et émergera fièrement comme le solide carrefour de la Nouvelle Route de la Soie qu’il est destiné à devenir.

La recherche commence ainsi par l’analyse de l’avenue institutionnelle par laquelle le Nigeria peut améliorer ses perspectives de leadership géostratégique en Afrique de l’Ouest. En conséquence, le travail passe ensuite à une discussion sur le rôle géo-économique du pays dans le projet One Belt One Road de la Chine (OBOR) et la grande stratégie que Pékin poursuit dans la RCAO. Une fois que cela sera terminé, l’étude parlera de manière transparente pour aborder l’importance des énormes dépôts d’énergie du Nigeria en ce qui concerne un plus grand paradigme en jeu. Puis je centrerais mes efforts pour décrire les préoccupations concernant la répartition équitable des revenus des ressources naturelles qui entraînent deux tendances à la décentralisation que ce soit le régionalisme et le fédéralisme identitaire (à ne pas confondre avec le républicanisme fédéral actuel du Nigeria). Après cela, il sera temps d’explorer comment ces processus susmentionnés contribuent à l’augmentation des risques des guerres hybrides les plus probables au Nigeria, la recherche concluant sur une note positive sur la façon dont ces facteurs structurels intrinsèques pourraient être de manière créative utilisés pour la construction de ponts multipolaires entre le Nigeria et le reste de la RCAO.
L’intégration économique de la CEDEAO
L’Eco contre le franc ouest africain
Le Nigeria est le centre de gravité géostratégique de la Région centrale de l’Afrique de l’Ouest (RCAO), que l’auteur a déjà décrit comme comprenant aussi le Bénin, le Niger, le Tchad et le Cameroun. Le destin du Nigeria est de devenir assez puissant pour pouvoir combler l’écart entre les pays anglophones et francophones de la région et ainsi relier l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Niger et autres) avec l’Afrique Centrale (Tchad, Cameroun et autres), bien que ce dernier objectif puisse être trop ambitieux à moyen terme en raison de la façon dont la situation du Nigeria s’est dégradée. Pour l’instant, il est déjà assez difficile pour le Nigeria de satisfaire les attentes de leadership que ses homologues ont dans la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette organisation regroupe institutionnellement les pays anglophones et francophones de l’Afrique de l’Ouest dans un format intégré, axé sur la coopération économique et la sécurité régionale, bien que financièrement divisé en une zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO) en majorité anglophone et en une Union économique et monétaire francophone de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA). Les pays de l’UEMOA utilisent tous le Franc de l’Afrique de l’Ouest (Franc CFA), alors que la ZMAO n’a pas encore déployé de monnaie unique, mais les deux parties constitutives de la CEDEAO ont eu des plans pour un jour créer une nouvelle monnaie appelée Eco.

Les détails sont très rares et cette unité monétaire pourrait ne pas entrer en circulation à la date prévue en 2020, notamment parce qu’elle a été « officiellement » abandonnée en 2014 et qu’une nouvelle monnaie sans nom a été annoncée à sa place. Mais l’Eco (pour continuer à utiliser ce nom jusqu’à ce que le nom de son remplaçant soit dévoilé) promet d’approfondir l’intégration de la CEDEAO et de normaliser les économies de la région. Les défis prévus, cependant, seront immenses et pourraient s’avérer insurmontables sans la volonté politique appropriée de tous les côtés et la promulgation de concessions multiples, ce qui pourrait ne pas être possible dans le climat régional et international actuel.

La plus grande incertitude règne sur le rôle que la France aurait sur l’Eco, vu que le Franc CFA contrôlé à Paris est la monnaie officielle de plus de la moitié des membres de la CEDEAO, et il serait irréaliste de s’attendre à ce que la France cède son influence néo-impériale sur la région.

Le résultat le plus probable sera probablement que le Franc CFA soit relooké en Eco et que les états de la ZMAO soient progressivement amenés à l’adopter ou soient économiquement accrochés au Nigeria dans l’espoir d’avoir un jour une véritable indépendance financière, qui est la raison essentielle pour laquelle l’Eco original a été abandonné. Par conséquent, les conjectures savantes suggéreraient que l’avenir économique et financier de la CEDEAO débouchera essentiellement sur une bataille entre la France et le Nigeria pour obliger les États membres à accepter un Franc CFA renommé ou que les économies contrôlées à Paris abandonnent la monnaie néo-impérialiste et promeuvent courageusement l’Eco véritablement indépendant.
Le Nigeria contre la France, ou la Chine contre la France ?
Le Nigeria n’est manifestement pas en mesure de concurrencer la France sur aucun de ces niveaux, encore moins à l’heure actuelle, de sorte qu’il incombe à la Chine de contribuer à la construction étatique dans la zone de l’Afrique de l’Ouest jusqu’à ce qu’elle puisse se comporter comme un substitut de Pékin et en toute confiance avance dans cette tâche monumentale. La Chine peut manœuvrer entre le Franc CFA de l’UEMOA et les monnaies disjointes de la ZMAO, mais il serait idéalement mieux pour tous les acteurs si la CEDEAO pouvait s’interfacer économiquement avec la Chine et le reste du monde par une monnaie unique au lieu de plusieurs. Cependant, la Chine préférerait conserver le système existant plutôt que de considérer le Franc CFA comme l’Eco et que la France reprenne la main de facto sur le bloc entier, ce qui entraînerait de facto que toutes les interactions commerciales de la Chine avec l’Afrique de l’Ouest dépendraient de la France à des degrés divers.

En outre, si la France réussissait à conquérir la CEDEAO avec un Franc CFA relooké en Eco, la prochaine étape logique consisterait à développer l’Opération Barkhane pour intégrer tous les pays du bloc d’intégration régional et transformer la CEDEAO en un proxy massif « mené dans l’ombre » pour perpétuer la domination de Paris en Afrique de l’Ouest. Si le Nigeria ne l’entend pas de cette oreille mais qu’il n’est pas assez fort pour arrêter ce plan, alors il finira par être isolé dans sa propre zone d’influence et sera soumis au chantage économique du reste des pays sous contrôle français (francophone ou anglophone). La Chine ne veut pas que cela se produise, car cela équivaudrait à voir l’Occident prendre le contrôle total d’une grande partie de l’Afrique et la transformer en un analogue structurel de ce que sont les économies d’Europe de l’Est et des Balkans pour l’UE aujourd’hui.
Si Bruxelles veut continuer à croître, elle devra acquérir davantage de marché du travail et de consommateurs, ce qui est précisément le rôle que l’Afrique de l’Ouest dominé par le Franc CFA pourrait jouer, en particulier si les pays de la ZMAO étaient trompés par la ruse de Paris de relooker le Franc CFA en Eco. D’autre part, la Chine a également besoin de nouveaux marchés de travailleurs et de consommateurs pour assurer sa propre croissance continue, qui est la motivation fondamentale pour faire avancer l’OBOR et la construction de Nouvelles Routes de la Soie à travers le monde. Dans le même temps, ni l’UE ni la Chine ne veulent que leurs marchés « émergents » soit sous l’influence de l’autre, ce qui met la France (l’avant-garde de l’UE en Afrique de l’Ouest) face à la Chine dans le cadre d’une course par procuration pour contrôler la région. La Chine n’a pas d’autre choix que d’externaliser son futur leadership dans la région au Nigeria, bien que le pari risqué soit que le pays le plus peuplé d’Afrique et sa deuxième plus grande économie puisse réussir à se remettre debout d’abord et ensuite puisse mener efficacement une politique multipolaire collective par la suite.
Nœud nigérian sur la Nouvelle Route de la Soie
La seule façon dont le Nigeria peut actualiser son véritable potentiel et renforcer sa position de force asymétrique − pour lui permettre de grignoter de manière réaliste l’influence économique régionale de la France au nom de la Chine − est que le pays devienne le principal nœud en Afrique de l’Ouest sur la Nouvelle Route de la Soie de la Chine. Étant un planificateur méticuleux et peu adepte des prises de risques, la Chine a trois projets simultanés qu’elle poursuit pour y arriver, chacun d’eux étant le complément de l’autre mais étant aussi capable de fonctionner de manière autonome si les efforts spécifiques sont couronnés de succès alors que les deux autres déraillent.

Les trois Routes de la Soie nigérianes que la Chine aide à construire complètent les 2,5 milliards de dollars que Pékin a déjà investi dans l’économie de son hôte et les incroyables projets d’infrastructure énergétique de 80 milliards de dollars qu’elle a engagés en juin. Ce dernier aspect de la stratégie OBOR sera décrit dans la section suivante, tandis que la présente explorera plus en profondeur les parties de cette mobilité en illustrant l’ingéniosité derrière la vision de connectivité de la Chine et en expliquant pourquoi elle était prête à accorder au Nigeria 6 milliards de dollars pour poursuivre cet effort. Je commencerai par souligner la vision géostratégique de la Chine puis je détaillerai ensuite comment chacun des trois projets y contribuent à leur manière, y compris les moyens par lesquels ils peuvent se connecter avec d’autres projets réels et prévus dans la région.

Étant donné que la plupart des lecteurs seront débordés par les détails présentés dans cette section, cette partie se termine par une carte qui illustre chacun des projets de Routes de la Soie qui sont discutés ci-dessous et conclut avec quelques observations stratégiques sur la présentation du plan général.
Ramener les géants ensemble
Comme cela a été expliqué au début de la recherche sur la Guerre Hybride africaine il y a plusieurs chapitres, la logique économique naturelle suggère que le continent serait mieux servi si ses deux pays les plus peuplés étaient liés l’un a l’autre, ce qui aiderait chacun d’eux à bénéficier de la croissance de l’autre et encouragerait ainsi un plus grand commerce intra-africain en général. Dans la pratique, cela signifie qu’un corridor de transport devrait être construit entre le Nigeria et l’Éthiopie (et sa sortie maritime en mer Rouge par Djibouti), la route la plus rapide passant par les États riches en ressources du Soudan du Sud, de la République centrafricaine et du Cameroun. Malheureusement, comme cela a déjà été précédemment extrapolé dans un chapitre précédent, les deux premiers des trois pays de transit constituent ce que l’auteur a baptisé la ceinture des États faillis, délibérément détruits par l’intrigue et l’ingérence des États-Unis et donc logiquement peu fiables et horriblement dangereux.
Le détour du CTS
Un autre itinéraire a dû être lancé qui a tiré le meilleur parti des circonstances données et essaye toujours de relier l’océan Atlantique à la mer Rouge. C’est pourquoi la Chine a poursuivi le financement de la Route de la Soie Cameroun-Tchad-Soudan (CTS) qui accuse un certain retard, reliant Douala à Port Soudan (via N’Djamena) qui a été largement analysée dans les chapitres précédents sur ces deux États. Pourtant, ce projet ne se rattache pas directement au Nigeria, qui était censé être le principal objectif de l’ensemble de l’entreprise, bien qu’il soit très proche de le faire dans la capitale tchadienne et dans le port camerounais, laissant de la place pour le développement de lignes de connexion vers le nord et le sud (ferroviaire ou autoroutière) s’étendant dans le pays chaque fois que la situation est jugée suffisamment sûre. La sécurité est un problème dans le nord-est du Nigeria à cause de Boko Haram, qui est devenu un problème majeur au fil du temps alors que le Soudan du Sud et la République centrafricaine sombraient dans le chaos, tandis que le sud-est du Nigeria connaît depuis récemment une poussée de violence de gangs criminels et de soi-disant auto-proclamé séparatistes, expliquant pourquoi la route de la soie CTS n’est pas la NTS (Nigeria-Tchad-Soudan) et n’inclut pas formellement le Nigeria.
Les Routes de la Soie nigérianes
Le but des trois routes de la soie du Nigeria est donc de relier le pays à la Route de la Soie CTS via des lignes de connections qui ont été mentionnées ci-dessus, en prenant soin de parcourir les régions les plus importantes et économiquement prometteuses du pays afin de mieux utiliser cette série d’investissements pour une infrastructure qui change la donne.
Lagos-Calabar
Le premier projet significatif est la Route de la Soie Lagos-Calabar de 11 milliards de dollars qui a été accepté en juillet et qui prévoit de longer l’ensemble du littoral nigérian, même la dangereuse région sud-est riche en pétrole actuellement assaillie par des violences criminelles séparatistes de basse intensité. Bien que finissant juste avant la frontière camerounaise, une courte interconnexion pourrait probablement être construite un jour en reliant Calabar à Douala et joignant ainsi la Route de la Soie Lagos-Calabar avec la CTS. D’une manière fonctionnelle, cela permettrait de relier l’Océan Atlantique à la Mer Rouge, et tandis que la route de la soie CTS (qui elle-même n’est pas encore construite) ne pénètre pas en Éthiopie, une branche pourrait être construite un de ces jours accomplissant enfin le plan directeur de rassembler les géants nigérians et éthiopiens.
Lagos-Kano
La deuxième Route de la Soie du Nigeria est celle entre Lagos et Kano passant par Abuja, qui reliera les deux plus grandes villes du pays via la capitale quand elle sera finalement terminée. Il s’agit d’une route stratégiquement cruciale car elle ne passe pas dans des zones menacées actuellement de guerre hybride. Elle n’est donc pas affectée par Boko Haram ni par aucun des groupes séparatistes du Sud. Cela ne veut pas dire que sa sécurité à long terme est intrinsèquement garantie (question qui sera discutée plus loin à la fin de la recherche), mais qu’elle est généralement la plus sûre des trois Routes de la Soie nigérianes et la moins susceptible d’être déstabilisée à court terme.
Port Harcourt-Maiduguri
La dernière branche de la Route nigériane de la Soie s’étend de la capitale pétrolière du sud-est, Port Harcourt à la capitale de l’État du Borno où sévit Boko Haram, à Maiduguri, au nord-est du pays. Ce couloir est la contrepartie orientale de la ligne de Lagos-Kano, mais contrairement à son analogue occidental, elle traverse les régions du sud-est déstabilisées par des pseudo-séparatistes criminels et du nord-est salafiste, ce qui en fait la plus risquée des trois routes mais aussi celle qui reliera le plus directement le Nigeria à N’Djamena et à partir de là le reste de la Route de la soie CTS jusqu’à son terminus de la Mer Rouge. C’est pour cette raison, parallèlement à la corruption et à d’autres défis connexes, que la modernisation de l’itinéraire a été assaillie par de nombreux retards et sera probablement la dernière des trois à entrer en service.
Interconnexion Kano-Maiduguri-N’Djamena
Tout comme la Route de la Soie Lagos-Calabar nécessite une interconnexion courte pour la lier avec le terminal de la Route de la Soie CTS à Douala, ses portions perpendiculaires Lagos-Kano et Port Harcourt-Maiduguri ont besoin d’une interconnexion pour rejoindre et atteindre N’Djamena. Alors que ce n’est pas officiellement dans les plans en ce moment, il est tout à fait logique que ces interconnexions soient finalement construites, mais seulement lorsque les trois lignes seront opérationnelles. De plus, Boko Haram doit être vaincu au préalable et le nord-est du Nigeria doit être pacifié afin d’assurer la sécurité durable de ce projet.
La Route de la Soie sahélo-saharienne et la boucle ferroviaire d’Afrique de l’Ouest
Le Nigeria est l’un des pays les plus cruciaux pour la nouvelle stratégie de la Route de la Soie chinoise en Afrique, non seulement en raison de sa propre promesse en tant que pays le plus peuplé du continent et sa deuxième économie, mais en raison du rôle géographiquement facilitateur qu’il joue dans l’extension de l’OBOR à travers l’Afrique. Le Nigeria est à peu près à mi-chemin entre le Sénégal et le Soudan, et compte tenu des investissements d’infrastructure existants auxquels la Chine participe dans l’État principal de la Région de l’Afrique de l’Ouest, il est logique que tout projet supplémentaire à l’ouest du Nigeria passe par ce chemin vers le Soudan (ou éventuellement l’Éthiopie un jour).

Le premier projet de renommée est ce que l’auteur a baptisé dans le dernier chapitre comme « Route de la Soie Sahel-Sahara », qui correspond à peu près aux routes trans-africaines 5 et 6, la première allant de Dakar à N’Djamena et cette dernière allant de la capitale tchadienne au Soudan. La modification projetée de cette route est qu’elle a la chance réelle d’accueillir également du transport ferroviaire, puisque la partie Dakar-Bamako entre les capitales sénégalaises et maliennes est en cours de construction avec l’aide chinoise. Si ce chemin de fer était étendu à la capitale burkinabaise de Ouagadougou, il se rattacherait avec succès à la boucle ferroviaire de l’Afrique de l’Ouest, qui se connecte circulairement à la capitale nigérienne de Niamey, à Lagos au Nigeria (et donc à la Route de la Soie Lagos-Caladar) et à la plus grande ville béninoise et seul port du pays, Cotonou ainsi qu’avec les capitales togolaise, ghanéenne et ivoirienne de Lomé, Accra et Abidjan.

En ce qui concerne la partie restante de l’autoroute trans-africaine 5 entre Niamey et N’Djamena, il y a également la possibilité de développer un chemin de fer et tout ce qu’il faut. C’est une autre courte ligne en cours de construction, bien que cette fois-ci entre la capitale nigérienne et la deuxième plus grande ville nigériane de Kano. Après cela, l’interconnexion Kano-Maiduguri-N’Djamena décrite ci-dessus suffirait à compléter la dernière partie de l’autoroute transafricane 5. Il existe cependant une possibilité qu’une solution de contournement puisse être construite entre Kano et N’Djamena, en particulier si le nord du Nigeria tombe plus profondément dans la violence et que la voie directe originale vers la capitale tchadienne devienne non viable. Dans ce cas, il pourrait être nécessaire de construire un détour, de Niamey et Kano vers la deuxième plus grande ville nigérienne de Zinder, puis continuer à traverser la ceinture frontalière sud densément peuplée du Niger jusqu’au lac Tchad, en choisissant soit de la contourner en passant par la pointe nord-est du Nigeria (ce qui pourrait ne pas être réalisable à cause des circonstances prolongées de la déstabilisation qui a donné lieu à sa déviation en premier lieu) ou par une voie plus longue autour de la section tchadienne.
Grande stratégie
En résumé, le Nigeria forme la conjoncture cruciale de la Route de la Soie Sahel-Sahara en reliant le pays atlantique du Sénégal à l’État limitrophe de la mer Rouge, le Soudan. En principe, le Nigeria fonctionne encore comme un nœud très important sur la Nouvelle Route de la Soie de la Chine, même sans ses diverses interconnexions avec le reste de l’Afrique de l’Ouest ou plus loin dans la partie orientale du continent, en ce sens que chacune des trois Routes de la Soie du Nigeria est économiquement saine et possède ses propres investissements stratégiques. Lorsque les trois sont prises ensemble comme un paquet d’infrastructures intégrées, le projet unifié acquiert une signification beaucoup plus grande que la somme de ses parties, ce qui est multiplié exponentiellement par chacun des autres projets de la Route de la Soie auxquels il se connectera finalement (CTS, Boucle ferroviaire de l’Afrique de l’Ouest et autoroute / chemin de fer trans-africaine 5).
Rouge: Route de soie CTS (Cameroun-Tchad-Soudan)
Or: Autoroute trans-africaine 5
Lavande: Route de la Soie Ethiopie-Nigeria (la route projetée la plus directe à travers un territoire riche en ressources)
Rose: Boucle ferroviaire de l’Afrique de l’Ouest
Bleu: Route de la Soie Lagos-Calabar
Vert: Route de la Soie Lagos-Kano
Jaune: Route de la Soie Port Harcourt-Maiduguri
Observations stratégiques
Plusieurs conclusions importantes peuvent être obtenues à partir de la carte ci-dessus :

La Route de la Soie Sahel-Sahara est à peu près juste une version légèrement modifiée et ferroviaire modernisée des autoroutes trans-africaines 5 et 6 qui vise à relier Dakar à Djibouti.
L’opération Barkhane de la France et la présence anti-terroriste des États-Unis le long du Sahel se chevauchent presque parfaitement avec la route projetée de la Route de la Soie, prouvant que les deux grandes puissances ont l’intention de l’influencer.
La capitale tchadienne de N’Djamena va acquérir une importance accrue en tant que point crucial et point de transit le long de la Route de la Soie Sahel-Sahara en raison de son emplacement géographique central.
L’insurrection terroriste de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad menace de saboter les plans transcontinentaux de la Chine par la formation d’un trou noir de chaos juste au milieu de la route.
Et la boucle ferroviaire de l’Afrique de l’Ouest et les Routes de la Soie nigérianes servent essentiellement de branches au sud de la Route de la Soie Sahel-Sahara, et cette dernière est un moyen de relier le golfe de Guinée et la mer Rouge.

Capitale de l’énergie en Afrique
La promesse économique du Nigeria ne se limite pas à la valeur marchande future en tant que producteur et consommateur possible africain, mais elle est également associée à ses richesses énergétiques existantes et à l’importance qu’elles ont dans le reste du monde. L’auteur décrit le Nigeria comme capitale de l’énergie en Afrique en raison de ses nombreux approvisionnements en pétrole et en gaz, qui se combinent pour lui donner un avantage concurrentiel sur tous les autres pays du continent. Un rapport de l’Agence de l’information sur l’énergie (EIA) des États-Unis indique que le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole d’Afrique et le quatrième exportateur de GNL au monde, bien qu’une analyse différente avertit que le pays pourrait glisser vers le dixième rang parmi les fournisseurs de GNL s’il ne reçoit pas suffisamment d’investissements modernisant pour suivre le rythme de ses nombreux concurrents. Au niveau régional, le Nigeria fournit également du gaz à ses voisins béninois, togolais et ghanéens à travers le gazoduc sous-marin de l’Afrique de l’Ouest, qui prolonge la portée d’Abuja le long du Golfe de Guinée et chevauche par pure coïncidence la partie sud de la boucle ferroviaire d’Afrique de l’Ouest qui était discutée dans la section précédente.
En se plongeant dans les affaires, cette section est divisée en deux parties ; La première porte sur le partenariat énergétique antérieur du Nigeria avec les États-Unis, tandis que le second examine les perspectives énergétiques asiatiques avec l’Inde et la Chine.
Passé américain
L’EIA a annoncé en 2011 que le pétrole nigérian représentait 9% des importations totales de pétrole des États-Unis et 40% des exportations totales du pays d’Afrique de l’Ouest, ce qui a fait du Nigeria étonnamment le quatrième source de pétrole des USA derrière le Canada, le Mexique et l’Arabie saoudite. Alors que les classements des trois premiers n’ont pas changé au cours des années, la contribution du Nigeria à la consommation d’énergie des États-Unis a considérablement diminué avec l’avènement de la fracturation hydraulique, la Maison Blanche prenant l’initiative sans précédent de déclarer, fin 2014, que les États-Unis avaient complètement arrêté les importations de pétrole nigérian. Les statistiques et les graphiques officiels de l’EIA prouvent qu’une énorme baisse de 92% a effectivement eu lieu, les États-Unis ayant importé 373 millions de barils en 2010, mais seulement 30 millions en 2015.

Apparemment, les États-Unis n’avaient pas totalement stoppé leurs importations de pétrole nigérian entre 2014-2015, mais les avaient radicalement abaissés à un tel niveau qu’il y avait vraiment des moments où il n’achetait rien, tout comme la Maison Blanche l’a déclaré au monde fin 2014. Cependant, les États-Unis ont annoncé au printemps 2016 qu’ils allaient reprendre les importations nigérianes afin de compenser le ralentissement de l’approvisionnement en pétrole issu de la fracturation hydraulique qui a été causé par la surabondance d’énergie et la chute des prix et il semble presque impossible que les niveaux de production atteignent ceux de 2010. La conséquence de la baisse de l’importance de l’énergie venant du Nigeria pour les États-Unis est que l’Amérique n’est plus directement affectée par les perturbations énergétiques dans la région du delta du Niger et que de tels événements pourraient même cyniquement servir à faire progresser l’agenda de Washington pour interférer avec la fiabilité de cette source d’approvisionnement future pour son concurrent (Chine) ou menacer l’accès de son allié (Inde) comme moyen de l’influencer indirectement.
L’avenir asiatique
La fin abrupte de la relation énergétique du Nigeria avec les États-Unis a signifié que ce pays membre de l’OPEP a du trouver d’urgence de nouveaux clients pour le remplacer, ce qu’il a fini par faire en 2016 avec l’Inde (21% des importations), l’Espagne (11%), et les Pays-Bas (10%). Les trois ont remplacé le montant des exportations que le Nigeria envoyait aux États-Unis. La consommation de pétrole en Inde est si importante pour l’économie nigériane aujourd’hui que l’Inde est devenue la principale destination d’exportation du Nigeria et que cet état d’Asie du Sud prévoit d’acheter plus de pétrole de son partenaire commercial africain dans le futur. Cette relation ne devrait que se renforcer. Au cours des prochaines années, on peut s’attendre à ce que les liens énergétiques étroits entre les deux seront le départ d’un engagement commercial diversifié. Les entrepreneurs indiens seront logiquement attirés par l’économie nigériane prometteuse et se rendront compte fortuitement que l’héritage de la langue anglaise partagée entre les deux rend relativement plus facile de faire des affaires ici qu’ailleurs en Afrique de l’Ouest.

En ce qui concerne la Chine, elle a simplement engagé la somme étonnante de 80 milliards de dollars pour développer et moderniser l’infrastructure pétrolière et gazière du Nigeria, prouvant que Pékin envisage d’entrer dans le jeu énergétique du pays et de concurrencer plus tard l’Inde. La Chine n’a importé que 11 millions de barils de pétrole nigérian en 2014 par rapport au montant 10 fois plus élevé de l’Inde qui en 2016 en avait importé 157 millions de barils. Mais la Chine a déclaré son intention au début de 2016 d’augmenter ce montant à l’avenir. Fidèle à sa parole, la promesse d’investissement de 80 milliards de dollars de la Chine est venue quelques mois plus tard en juin. Mais actuellement, les intérêts énergétiques à long terme de Pékin au Nigeria ont plus à voir avec le GNL que le pétrole, ce qui est montré le plus clairement par le fait que ses importations de GNL ont connu une hausse de 60% en 2015-2016 et que la Chine a annoncé qu’elle souhaitait importer encore plus de cette ressource du Nigeria au début de 2015. Encore une fois, on voit comment la Chine a poursuivi cette intention grâce à son engagement de 80 milliards de dollars en juin 2016, ce qui est évidemment destiné à compléter sa vision de la Route de la Soie pour le pays.
Ressentiment du Sud
Comme transition vers la section suivante sur l’histoire du régionalisme, du fédéralisme et de la division domestique violente du Nigeria, il est important de mentionner le fait que toutes les réserves de pétrole et de gaz du pays sont concentrées le long de sa côte sud-est. Le problème, cependant, est que la majorité indigène Igbo dans cette partie du Nigeria n’a jamais eu l’impression de recevoir les dividendes de la richesse des ressources naturelles qui se trouvent sous leur sol et sous leurs eaux, accusant plutôt leurs compatriotes – en particulier les politiciens du Nord – de piller leurs richesses et de les laisser de côté sans presque rien. Il s’agit d’un problème historique récurrent pour le Nigeria qui a renforcé le sentiment déjà net de séparation identitaire que les Igbos et d’autres populations indigènes du sud-est ressentent par rapport au reste du pays. Une fois de plus, les préoccupations concernant le partage équitable des revenus des ressources naturelles ont repris en tant que catalyseur des conflits dans le Sud-Est, ce qui ouvre la voie à un retour à un régionalisme de division et pourrait peut-être inciter à renouveler l’appel au fédéralisme avec le temps.
L’interaction régionale-fédérale
Le Nigeria a une longue histoire de divisions domestiques, et ce n’est pas l’intention de cette recherche d’analyser de manière exhaustive toutes leurs facettes. Ce qui est pertinent pour le lecteur c’est d’apprendre dans le contexte de la théorie de la guerre hybride que le Nigeria était autrefois une fédération d’une poignée d’états qui ont progressivement subi des processus apparemment contradictoires de décentralisation administrative et de centralisation politique, engageant une transition intéressante vers une république fédérale à 36 entités, mais qui a du traverser une horrible guerre civile avec des combats centrés sur le Sud-Est, riche en énergie. Ce n’est pas le cadre de cette recherche d’enquêter sur toutes les raisons pour lesquelles cela s’est produit, mais le principal point de discussion est de révéler une vision des tendances générales qui ont eu lieu dans l’histoire politique et administrative du Nigeria, qui fournira à son tour au lecteur une compréhension de la manière dont les risques de guerre hybride pour le pays pourraient avoir un impact sur la nature fragile du Nigeria.
Premières années
Pour commencer, le Nigeria a atteint son indépendance en 1960 et était alors composé de seulement trois régions – Nord, Est et Ouest – dominées respectivement par certains groupes ethniques, Hausa, Igbo et Yoruba. Le nord du Nigeria est majoritairement musulman, alors que les deux régions de l’Est et de l’Ouest sont majoritairement chrétiennes, les deux dernières ont même été une colonie unique appelée Protectorat du Nigeria méridional. Cette entité a été forcée de fusionner avec le Protectorat nigérian du Nord en 1914, après quoi les deux moitiés séparées aux civilisations différentes ont fait partie du même futur état indépendant, expliquant pourquoi le pays a une diversité identitaire aussi impressionnante. Les trois régions ont co-existé dans une relation mal à l’aise entre 1960 et 1963, après quoi la région Centre-Ouest a été formée à partir de celle de l’Ouest cette année là et le pays est officiellement devenu une République fédérale. La méfiance persistante entre les Igbos du Sud-Est et les Haoussas du Nord a continué à affliger le pays naissant et la situation a dégénéré en 1966, alors que le Nigeria a connu un coup d’État dirigé par les Igbos, suivi d’un contre-coup d’État dirigé par les Haoussas qui ont renversé le premier, suivi de meurtres ciblés à travers le pays contre les Igbos.
Guerre civile
Ces événements en développement rapide ont incité le chef militaire de la région de l’Est, un Igbo sous le nom de Chukwuemeka Odumegwu Ojukwu, à déclarer l’indépendance de son territoire et à le rebaptiser République du Biafra, annonçant ainsi la guerre civile nigériane qui a fait rage de 1967 à 1970. On ne sait pas exactement combien de personnes sont mortes pendant cette période, mais la plupart des estimations placent le nombre de victimes à plus de deux millions, dont la majorité est décédée à cause de la famine. Le sort humanitaire des Biafrais a gagné la sympathie mondiale et a inspiré des dizaines d’ONG pour transporter de la nourriture et d’autres fournitures dans la région pour contourner le blocus de l’armée nigériane. Les conséquences administratives et politiques nationales les plus pertinentes de la guerre civile ont été marquées par la décision de transférer la capitale de la plus grande ville, Lagos, à la frontière occidentale du Nigeria vers la ville centrale d’Abuja. En outre, dans la foulée, la région de l’Est a été divisée en trois États distincts après la fin du conflit, tandis que le reste du pays a également subi une décentralisation similaire, en particulier dans la région du Nord. Ce processus a continué jusqu’à aujourd’hui, et l’arrangement politico-administratif interne du Nigeria est maintenant méconnaissable par rapport à son ancienne structure.
Démocratie ou tactique division pour mieux régner ?
L’importance de ce phénomène est que les dirigeants du Nigeria s’attendaient à ce que la décentralisation du pays en une dispersion d’états distincts de toute ethno-identité entraînerait une diminution de la régionalisation en faveur d’une localisation / tribalité plus facile à contenir, prévoyant ainsi une résurgence du conflit séparatiste au Biafra ou ailleurs dans le futur. Pour le dire plus brutalement, tout en étant très démocratique d’une part et en essayant de répondre aux besoins gouvernementaux perçus des différentes identités du pays, cela a également cyniquement aidé les politiciens centraux à diviser et à gouverner le reste du Nigeria. Le gigantesque pays de l’Afrique de l’Ouest est aujourd’hui divisé en 36 unités administratives différentes, mais même celles-ci peuvent être classées en général en régions du Nord, du Sud et d’une ceinture centrale, les deux premières restant principalement musulmanes, respectueuses de la loi de la charia, et chrétienne respectivement alors que la troisième est un mélange hétérogène. En ce jour et à l’âge où le « Choc de Civilisations » est considéré comme un modèle attrayant à suivre pour des personnes, le Nigeria semble être sur la voie du retour à ses anciennes tensions de régionalisation, même si cette fois-ci, les lignes religieuses civilisationnelles se chevauchent avec la division de l’époque coloniale d’avant 1914 d’un pays maintenant unifié.
De civil à l’allégeance religieuse
Le problème qui émerge de façon prévisible est que le Nord est en train d’être islamisé en même temps que le Sud est soit sécularisé, soit embrasse le christianisme, et alors que les deux religions sont en principe hautement compatibles l’une avec l’autre, elles sont également facilement susceptibles d’être menacées par des violences inter-religieuses du fait d’influences domestiques et / ou internationales déviantes, comme ce qui s’est passé plusieurs fois dans la zone de frottement au centre du pays. L’élévation de l’identité religieuse au-dessus des identités civiles et tribales est responsable de la réémergence modifiée du régionalisme au Nigeria et de la relative facilité avec laquelle de vastes masses de personnes peuvent être rapidement rassemblées par les organisateurs politiques, qu’il s’agisse de protestations, d’émeutes et / ou de révoltes contre l’État. Dans une certaine mesure, c’est l’une des raisons partielles pour laquelle Boko Haram a réussi à croitre aussi rapidement et à générer un tel attrait, bien que le chercheur nigérian Aaron D. Chiroma explique de manière plus complète la genèse du groupe dans son article « Boko Haram : une question de domination ou simplement un terrorisme sous stéroïdes ? », que l’auteur recommande vivement au lecteur de lire s’il est intéressé à en apprendre davantage sur ce groupe terroriste.
Rétro-fédéralisme
Boko Haram sera analysé un peu plus dans la dernière section sur les menaces de la guerre hybride au Nigeria, mais pour l’instant, ce qui est important pour le lecteur en général, c’est de comprendre que la régionalisation organisée sur des bases religieuses pourrait un jour déboucher sur un retour au fédéralisme identitaire que le Nigeria a pratiqué de 1960 à 1963 et certains pourraient même argumenter, jusqu’au début de la guerre civile en 1967. Au lieu de suivre le modèle que l’auteur a élaboré tout au long de sa recherche mondiale sur la guerre hybride et la mise en œuvre de la « bosnification » de chaque groupe identitaire séparé dans son propre état quasi indépendant, le « rétro-fédéralisme » du Nigeria verrait la restauration de facto de trois régions au Nord, à l’Est et à l’Ouest largement définies autour des ethnies haoussa, igbo et yoruba, respectivement, comme une tentative de ramener le pays à son état civil politico-administratif d’avant la guerre civile. Par exemple, le mélange des Nigérians du Nord musulmans avec avec leurs homologues du Sud, chrétiens pourrait être abusé par des forces démagogiques pour provoquer une discorde identitaire à travers le pays et assez de violence dans la région centrale pour que de nombreux Nigérians en viennent à la conclusion qu’il serait préférable de se « bosniaquiser » plutôt que de rester dans cette tendance destructrice (en gardant objectivement en tête que ces conflits potentiels ne sont pas « naturels » mais provoqués par des forces axées sur un agenda, qu’elles soient internes et / ou externes).
Déclencheurs et contraintes autour des ressources
Le problème − comme il l’était déjà en 1967 − est que la richesse des ressources naturelles des Igbos à l’Est est enviée par le reste du pays, ce qui rend improbable que leurs compatriotes accordent une forme de fédéralisation substantielle qui permettrait un Biafra avec une autonomie financière sur ses richesses. De manière connexe, il serait contraire aux intérêts à long terme des régions du Nord de vouloir se séparer volontairement de la richesse du Sud, quels que soient les problèmes manipulés autour de l’identité qu’elles pourraient avoir avec les gens dans cette partie du pays. Par conséquent, alors que la fédéralisation pourrait un jour être à l’avant-garde de la politique du pays et devenir un slogan attrayant pour diverses forces à utiliser dans l’organisation des masses (même ceux qui croient être contre les autres [c’est-à-dire chocs chrétiens-musulmans]), il est douteux que cela puisse être mis en œuvre pacifiquement au point où les agitateurs seraient satisfaits. Au lieu de cela, la fédéralisation comparativement « superficielle » qui est actuellement pratiquée au Nigeria pourrait être élargie pour inclure une autonomie politico-culturelle plus symbolique, bien que les responsabilités financières soient toujours sous le contrôle du gouvernement central afin d’empêcher que les états du sud-est, riches de leurs ressources énergétiques (collectivement appelés Biafra dans le cadre de cette recherche), puissent saisir efficacement ou « regagner le contrôle » sur la plupart des budgets du pays.

Comme cette sorte de conflit a généralement un penchant à exister, l’éruption de la guerre à plusieurs vitesses au Nigeria pourrait permettre par inadvertance de créer des scénarios inattendus, ce qui pourrait même mener à la réalisation d’une fédération régionale basée sur l’identité, vouée à l’échec. Bien qu’il soit théoriquement possible qu’un retour au fédéralisme entre les trois principales régions du pays puisse se faire de manière pacifique et efficace − ce qui améliorerait finalement la situation globale du Nigeria − il y a beaucoup de choses qui peuvent échouer pendant cette période de transition et transformer le pays en un État failli. Le facteur moteur de ce scénario et d’autres scénarios imprévisibles possibles est la guerre hybride. C’est pourquoi il est maintenant temps de passer à la dernière partie de la recherche en analysant les types de conflits identitaires les plus probables qui pourraient éclater dans le pays et amener le pays d’Afrique le plus peuplé au bord de l’agonie, que ce soit dans la poursuite de l’objectif politico-administratif susmentionné ou d’un autre objectif de grande portée.
Retour au passé
Boko Haram et la toile de fond de la guerre hybride
Les scénarios de guerre hybride du Nigeria remontent au passé du pays et constituent essentiellement une refonte de la séparation structurelle ethno-identitaire qui a servi de toile de fond à la guerre civile du pays. Comme cela a été expliqué dans la section précédente, le régionalisme n’a jamais disparu complètement du Nigeria malgré la décentralisation politico-administrative qui s’est produite après la fin de la guerre civile. Ce phénomène historique est une fois de plus mis en avant en raison des connotations de « conflit de civilisation » qui entourent le conflit avec Boko Haram. L’essentiel est que la montée en puissance de Boko Haram a produit une diversité de réactions dans tout le pays et parmi ses principales communautés, mais la plus répandue est que les Nigérians ont eu peur que le salafisme militant puisse se propager et dominer une partie plus grande du Nord musulman, créant fondamentalement un « État dans l’État » qui diviserait de facto le pays en deux zones aux civilisations distinctes.

La seule réponse que le gouvernement pourrait donner à ce sujet serait de relancer une autre guerre civile, même si l’autorité centrale lutte alors contre le Nord et non le Sud. Comprenant l’énormité de ce qui est en jeu dans ce scénario et combien il serait désastreux pour tous les Nigérians, l’État a été contraint de prendre des mesures proactives pour assembler la coalition régionale anti-Boko Haram en essayant de réduire les terroristes. Certes, la corruption systémique et l’inefficacité des forces armées nigérianes ont largement servi de catalyseur à ce groupe en premier lieu, mais les mesures semi-coordonnées qui ont été entreprises avec les pays voisins au cours de l’année écoulée ont légèrement réussi à déloger le groupe de son bastion dans le nord-est, bien que la menace demeure, à la fois physique et idéologique.

Les dégâts infligés par Boko Haram au psychisme nigérian n’ont pas encore fait l’objet d’études approfondies, mais on peut raisonnablement conjecturer que cela a amené ce « conflit de civilisation » au premier plan des discussions nationales et a agité les tendances sous-jacentes du régionalisme ethno-identitaire ce qui peut être vu à travers la réémergence opportuniste des séparatistes criminels du delta du Niger au cours des deux dernières années. Sachant la faiblesse de l’armée face à la blitzkrieg de Boko Haram − et désireux d’exploiter les faiblesses structurelles actuelles du pays le rendant très vulnérable afin de favoriser leurs propres intérêts − les groupes armés de l’ancienne région séparatiste du Biafra sont retournés à leur insurrection de bas niveau, c’est-à-dire le banditisme, ce qui a obligé les militaires à diviser leur attention entre le nord-est et le sud-est en traitant les deux menaces simultanément.

Bien qu’apparemment gérable pour le moment, le précédent que cela a créé est étonnant et pourrait bientôt devenir la norme dans le pays s’il n’est pas traité adéquatement dans les plus brefs délais. Encore pire, cependant, le prolongement indéfini des insurrections simultanées du nord-est et du sud-est pourrait mettre le pays sur les rails pour un coup dévastateur à son unité si un autre conflit armé éclatait ailleurs dans le pays ou si les opportunistes intéressés exploitaient l’occasion de manière agressive en poussant en avant leurs propres exigences, augmentant d’autant les divisions. C’est la situation stratégique dans laquelle le Nigeria se trouve actuellement, et elle définit le contexte pour expliquer le reste de ses vulnérabilités face à la guerre hybride.
Le triangle des menaces
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Rappelant ce qui a été écrit ci-dessus sur la façon dont Boko Haram a déclenché un retour aux divisions historiques du pays, ainsi que l’élaboration antérieure de la prédilection du Nigeria au régionalisme, les trois principales identités ethno-régionales peuvent « défendre » leur influence dans leurs zones d’origine et donc constituent la base de la ré-conceptualisation du pays en tant qu’union politique entre ses principaux peuples Haoussa-Fulani, Yoruba et Igbo, qui représentent ensemble environ 70% de la population totale du pays. Dans la pratique, cela divise le pays en 3 grandes parties : le Nord, le Sud-Ouest et le Sud-Est, respectivement. Chacun de ces groupes de population constituent le noyau de l’identité de sa région, ce qui n’est pas différent de la délimitation politico-administrative pré-civile du Nigeria avec ces régions du Nord, de l’Ouest et de l’Est. C’est ce qui a été mentionné dans le titre de cette section avec le retour au passé, car cela revient stratégiquement pour le pays à ses divisions identitaires immédiatement après l’indépendance, indépendamment du fait que chacune d’entre elles est désormais subdivisée en un sous-ensemble distinct de mini-états dans leurs régions d’origine.

Cela pourrait sembler trop simpliste et en fait c’est le cas dans une certaine mesure, mais l’idée générale est que la reconsolidation des identités ethno-régionales autour des peuples Haoussa-Fulani, Yoruba et Igbo pourrait mettre en mouvement des processus centrifuges incontrôlables de fédéralisme identitaire ou de séparatisme. La base objective pour identifier chacun des trois acteurs potentiellement problématiques est la déclaration de l’ancien président Goodluck Jonathan en 2013 selon laquelle « l’État nigérian est confronté à trois problèmes fondamentaux de sécurité posés par des groupes extrémistes comme Boko Haram dans le Nord ; le Mouvement pour l’actualisation de l’État souverain de Biafra dans le Sud-Est ; et le Congrès du peuple d’Oodua dans le Sud-Ouest ». Du point de vue stratégique de revers, cependant, chacun des principaux groupes ethniques derrière ces mouvements pourrait également jouer un rôle centripète positif dans le maintien du pays et l’aider à embrasser son avenir géopolitique dans le contexte de la Région Centrale de l’Afrique de l’Ouest (RCAO). Cette sous-section traitera d’abord des menaces que cette division de géo-identités triangulaire représente pour le Nigeria, avant de se terminer par une note positive dans la dernière partie de la recherche sur les manières particulières dont cet arrangement pourrait être appliqué au profit de l’état dans sa globalité, pourvu qu’il y ait suffisamment de volonté politique et de discipline de toutes les parties pour le faire.
Pays Haoussa
Le concept d’une patrie politiquement distincte – qu’elle soit formellement indépendante ou largement autonome – pour le peuple Haoussa-Fulani est celui qui a d’abord été abordé dans le dernier chapitre sur le Niger, mais il est en fait encore plus pertinent pour le Nigeria. La République fédérale a beaucoup plus de membres de cette population démographique que son voisin du nord, et le territoire moderne du nord du Nigeria contient le califat Sokoto, que l’un des experts a qualifié d’« États du djihad Fulani ». Il y a une foule d’histoires derrière ces entités qui attendent simplement d’être découvertes par le lecteur, mais la portée du présent travail n’est pas suffisamment large pour passer à un examen détaillé de ces entités. Au lieu de cela, l’importance de se familiariser avec ces politiques est de souligner que cette population a une histoire d’indépendance formelle qui est antérieure à la brève colonisation de l’ère britannique du nord du Nigeria.

Comme je l’ai déjà expliqué plus tôt, le Nord pourrait perdre énormément dans toute campagne d’indépendance car il finirait par être coupé des ressources financières du Sud, riche en pétrole et perdre un accès sans entrave aux routes commerciales maritimes le long de la côte atlantique. Pourtant, l’idée d’une séparation identitaire et le précédent d’une indépendance formelle que le nord musulman Haoussa-Fulani a déjà joué est puissamment attrayante, fait appel à l’imagination de beaucoup et peut donc être abusée par des agitateurs politiques dans une dynamique de foules facilement induites par une surenchère. Cela est encore plus vrai dans l’atmosphère actuelle de méfiance régionalo-civilisationnelle qui est revenue à l’avant-garde de la société nigériane, mais il ne faut jamais oublier qu’elle n’a pas totalement quitté l’esprit de la population depuis la création du pays malgré les changements cosmopolites administratifs et politiques mis en œuvre après la conclusion de la guerre civile.

Ce qui est particulièrement remarquable à propos du « Pays Haoussa » – ou du nord du Nigeria en général (qui ne sont pas interchangeables, bien qu’ils se chevauchement largement) − est que cette région pratique déjà diverses formes de charia, toutes avec le soutien volontaire des autorités centrales. Cela peut signifier qu’Abuja reconnaît qu’il est dans l’intérêt global de l’unité du Nigeria de décentraliser le système de justice dans cette partie du pays afin de prévenir toute forme d’agitation à partir du modèle ci-dessus. Peu importe à quel point le gouvernement l’a essayé, sa stratégie ne peut qu’avoir partiellement réussi, puisque la montée de Boko Haram contredit l’affirmation selon laquelle ce mouvement satisfait les désirs de tous les musulmans. Il faut reconnaître que le groupe terroriste embrasse une forme extrême d’islam fondamentaliste qui est en dehors de l’acceptation générale partout dans le monde, en particulier au Nigeria, mais que la fusion du salafisme violent avec la mémoire historique du califat de Sokoto, couplée à la périphérie des frustrations régionales préexistantes contre le centre, se sont conjuguées de manière à contribuer grandement au succès de Boko Haram au cours des dernières années.

Si les terroristes peuvent élargir leur attrait à la communauté Hausa en adoptant le concept de « Pays Haoussa », alors même leur défaite militaire des mains de la coalition anti-Boko Haram ne suffirait pas à éliminer cette menace, puisque l’idéologie composite du salafisme et du séparatisme des géo-identités que le groupe représente peuvent conduire à ce qu’il puisse exister une « seconde chance » un jour, même dans au cœur du « Pays Haoussa » le long de la périphérie du lac Tchad.
Pays Yoruba
La deuxième des trois régions à discuter brièvement est le « Pays Yoruba », ou en d’autres termes, la patrie distincte des Yorubas du sud-ouest du Nigeria. Ce groupe ethnique transcende également les frontières d’États et s’étend dans des régions du Bénin et du Togo voisins, bien qu’il n’ait nulle part la quantité d’influence institutionnelle qui existe au Nigeria. Son principal avantage stratégique est que la plus grande ville du pays et ancienne capitale de Lagos est située dans son territoire traditionnel, ce qui lui donne un sentiment de droit en sentant qu’il mérite un rôle de premier plan dans l’État (en dehors de ses grands nombres démographiques que certains ont estimé à environ 21% du total du pays). Le groupe de premier plan qui préconise de manière militante la formation d’un « Pays Yoruba » distinct est le Congrès populaire d’Oodua (OPC), cité ci-dessus, regroupé autour de l’ancien président Goodluck Jonathan comme constituant l’une des trois principales menaces militantes menaçant le Nigeria.

Les non-Nigérians comme l’auteur ont de la difficulté à trouver des informations fiables sur ce groupe en dehors de ce qu’ils ont officiellement déclaré sur leur site Web et des rapports dispersés sur leurs déclarations et leurs activités qui parfois filtrent dans les médias, mais des informations importantes sur leurs intentions doivent encore être trouvées. Pour commencer, le ministère de la Justice des États-Unis a publié un rapport informatif sur leur histoire, leur hiérarchie organisationnelle et leurs objectifs en 2013, qui réaffirme que le groupe cherche à promouvoir les droits des Yorubas à divers degrés, avec une répartition entre les « modérés » et les « militants ». Le document indique que les premiers sont disposés à travailler avec les autorités dans la réalisation de leurs objectifs, contrairement à ces derniers, mais une étonnante évolution des événements s’est produite au cours de l’été, ce qui pourrait indiquer que la position des « durs » s’adoucit de manière pragmatique. Gani Adams, que le rapport indique comme étant le chef de la faction « militante », s’est prononcé contre les « Avengers » du Delta du Niger et d’autres groupes apparentés en juillet 2016 et a proposé de travailler avec les militaires pour vaincre cette menace. Ce n’est pas exactement la politique d’une organisation séparatiste intronisée, mais celle qui essaie de travailler « dans le système » dans une certaine mesure afin de tirer parti de l’establishment.

Qu’il s’agisse ou non d’un changement plus important dans la faction « militante » de l’OPC, cela reste à voir. Mais ce mouvement peut au moins être interprété comme comparativement positif et peut tenir compte de la perspective de promesses futures. En outre, une faction « modérée » du parti, le soi-disant « Congrès du peuple réformé d’Oodua », a également annoncé qu’elle prendrait des mesures contre les militants du Delta du Niger qui sont présents dans le « Pays Yoruba », tout en respectant une politique stricte de paix et de non-violence en ce sens. Fait intéressant, tout en étant divisés en factions « modérées » et « militantes », les OPC semblent relativement unis dans leur défense du « Pays Yoruba » et s’opposent à l’expansion opérationnelle de tout autre groupe armé non étatique sur ce qu’ils considèrent comme « leur » territoire. Pour suivre et ne pas perdre de vue la chaîne des événements, la montée de Boko Haram a encouragé les séparatistes du Sud-Est − les criminels (qui seront abordés sous peu), qui ont ensuite empiété sur le territoire peuplé des Yorubas et incité les deux factions de l’OPC à se lever et à s’y opposer à des degrés différents.

Ce qui est important d’apprendre à ce sujet, c’est que l’OPC est patriotiquement debout derrière le gouvernement pour repousser les combattants du Sud-Est, au lieu de prendre leur parti et de faire équipe pour lutter contre Abuja. En ce qui concerne le patriotisme, l’OPC ne le fait probablement pas pour défendre l’État nigérian, mais il est conduit par son devoir de protéger le « Pays Yoruba », qui, selon lui, est violé par l’activité des militants non régionaux sur leur sol. De manière plus pragmatique, l’OPC aurait pu calculer que la répression du gouvernement des groupes armés du Sud-Est pourrait entraîner par inadvertance des affrontements dans le « Pays Yoruba » alors que les autorités tentent de renvoyer tous les combattants qui s’y sont infiltrés, ce qui compliquerait la situation stratégique de l’OPC, en ce sens que leur territoire deviendrait alors un champ de bataille entre deux acteurs distincts avec lesquels ils ne veulent absolument rien avoir à faire. De manière prévisible, le conflit qui se déroule dans leur région – où lutte deux côtés que l’OPC ne reconnaît même pas comme étant légitimes dans la région – pourrait aspirer l’OPC dans la zone de guerre et diriger la situation vers un scénario dangereux et imprévisible qu’aucune faction ne veut ou n’est prête à gérer.

Par conséquent, les deux factions semblent avoir atteint implicitement une entente entre elles pour convenir de s’associer aux autorités et coopérer pour éliminer les militants du delta du Niger sur leur territoire, dans l’espoir que cela pourrait à la fois augmenter leur pouvoir de prestige parmi leurs électeurs et le reste du pays, et aboutir éventuellement à une sorte de concessions politiques du gouvernement plus tard, en particulier dans le cas où elles pourraient se révéler inestimables pour les autorités ou suffisamment importantes pour le justifier. Il n’est pas prévisible que le gouvernement « récompense » instantanément l’OPC uniquement pour leur action, mais l’activité constructive du groupe à l’appui de la campagne anti-insurrectionnelle de l’armée pourrait contribuer à favoriser une atmosphère de confiance entre les deux parties qui pourraient ensuite rendre plus probable que les parties puissent en venir à une sorte d’accord, que ce soit en général ou pendant les périodes futures de discorde tendue et de crise soudaine. Les membres les plus militants de l’OPC pourraient même modérer leurs positions avec le temps et limiter leurs objectifs séparatistes en faveur du fédéralisme identitaire ou quelque chose qui soit semblable, surtout s’ils sont incorporés dans la structure de pouvoir existante et deviennent un intervenant dans ses

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