La Chronique Agora :Simone Wapler : Retour du risque en Italie

La Chronique Agora

Simone Wapler : Retour du risque en Italie
Gorgées de créances douteuses, les banques italiennes n’inspirent plus confiance et la dette italienne non plus.
Bill Bonner : Des nouvelles de notre Transaction de la Décennie
En 2010, Bill Bonner a parié sur la hausse des actions et la baisse des obligations du marché japonais. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Ferghane Azihari : Une plus grande « supervision démocratique » de la BCE serait-elle utile ?
Transparency International, qui dénonce la corruption, estime que puisque la BCE a un rôle politique, elle devrait être contrôlée démocratiquement. Mais l’ONG omet l’essentiel.

LES NOTES DE SIMONE WAPLER
Simone Wapler

Retour du risque en Italie

Ca y est, les mouches ont changé d’âne : elles se sont posées sur l’Italie.

Depuis l’avènement de Macron, M. le Marché estime qu’il n’y a plus de « risque politique » en France. M. le Marché va continuer à nous prêter, à un tarif d’ami, pour nous permettre de faire les bêtises que nous voulons. Sur 10 ans, il ne nous demande que 0,87% d’intérêt. Il est confiant que nous rembourserons en euro sonnants et trébuchants.

En Italie, ce n’est pas la même chose. Pour prêter aux Italiens, M. le Marché demande quatre fois plus qu’aux Français, soit 2,28%.

L’Agefi :

« ‘Il semble que l’attention des marchés se soit très vite déportée sur les perspectives de sortie de la politique d’assouplissement de la BCE et sur les élections en Italie qui doivent intervenir au plus tard à la fin du premier trimestre 2018 et représentent sans doute une barrière encore plus dure à franchir’, estime ING. Le marché monétaire euro a recommencé à anticiper une hausse de taux de la BCE de 10 pb [points de base] au cours des 12 prochains mois, avec une hausse du spread entre le rendement du Schatz à deux ans allemand contre le taux de swap euro au jour le jour (OIS) à un niveau de 40 pb. Yves Mersch, l’un des membres de la BCE, s’est écarté de sa vision habituellement pessimiste pour envisager une prochaine normalisation si l’activité et l’inflation poursuivent leur tendance actuelle. »

La BCE va rendre le crédit plus cher pour ses amis et le cas de l’Italie inquiète à nouveau M. le Marché, qui recommence à douter.
euros gaspillés

Taxe foncière : trop d’erreurs !

Ne payez plus les yeux fermés – grâce à quelques techniques simples et légales, vérifiez votre feuille d’imposition… pour économiser des centaines d’euros année après année.

Tout est ici.

Et voilà que Giuseppe Vegas, le président de l’instance italienne de régulation des marchés, met de l’huile sur le feu.

Dans son dernier discours annuel, il critique l’interventionnisme de la BCE qui « a réduit la pression sur des pays comme le nôtre, qui plus que quiconque avait besoin de retrouver de la compétitivité, de la stabilité et de la convergence ».

La « convergence » désigne, en langage technocratique, le fait d’avoir des finances publiques qui tiennent la route.

Cela n’a pas marché : en dépit des milliards d’euros injectés, la compétitivité de l’Italie comparée à celle de l’Allemagne s’est dégradée de 30% en 20 ans. Désormais, la BCE se prépare à remonter ses taux et il sera trop tard, déplore Giuseppe Vegas.

L’Allemagne fait pression sur la BCE pour qu’elle réduise ses injections de crédit gratuit et relève ses taux avant ses propres élections de septembre.

Le bilan de la BCE dépasse 4 000 Mds€ et pèse maintenant 38,7% du PIB de la Zone euro. 1 800 Mds€ ont été créés pour racheter des obligations et donner du cash aux banques.

Actions et obligations sont à des sommets jamais atteints dans l’histoire financière.

En visite à La Haye, au parlement des Pays-Bas, Mario Draghi a été soumis à des questions très critiques concernant sa politique monétaire. A la fin d’une session houleuse, il s’est vu offrir une magnifique « tulipe solaire ».

En mémoire de la bulle de 1637
En mémoire de la bulle de 1637

Il s’agissait évidemment de rappeler au président de la BCE que la bulle financière qu’il a gonflée laisserait probablement la même trace dans l’histoire financière que la fameuse bulle spéculative sur la tulipe qu’a connu la Hollande en 1637.

Les euros retrouvent une nationalité

Le scénario classique reprend : les capitaux, méfiants, reviennent dans leurs pays d’origine. Au dernier trimestre de 2016 les banques étrangères ont réduit de 15% leur exposition à l’Italie, selon la Banque des règlements internationaux. Les seules banques qui semblent avoir de l’appétit pour la dette italienne sont les banques italiennes.

La banque Monte dei Paschi di Siena, qui vient d’être recapitalisée, a annoncé de nouvelles pertes de 169 M€ pour ce premier trimestre 2016. Banco Popolare di Vicenza (BPVI) et Veneto Banca sont également en difficulté.

Une multitude de petits déposants se retrouvent avec des obligations bancaires logées dans leurs comptes épargnes. Un sauvetage selon la nouvelle procédure européenne dite de bail-in les ruinerait.

« La gestion de ces crises pourrait exiger des interventions qui ne sont pas compatibles avec les mécanismes de Francfort et Bruxelles » a indiqué Vegas.

Cette fois, les mouches pourraient avoir choisi le bon âne… Macron ou pas, la crise de l’euro n’est pas terminée.

Il n’est pas encore trop tard pour prendre ces 6 mesures de protection de votre argent en cas de nouvelle crise dans la Zone euro. Pour les connaître, c’est ici…

LES NOTES DE BILL BONNER
Bill Bonner

Des nouvelles de notre Transaction de la Décennie

Comme nos fidèles lecteurs le savent, nous ne pratiquons pas vraiment l’analyse boursière.

Nous recherchons des Schémas de comportement de marché Réellement Simples (SRS).

Voici le plus simple que nous ayons découvert, jusqu’à présent : si les cours sont bas en ce moment, ils le seront sûrement moins lorsque vous vous déciderez à investir sur le marché. Si les cours sont très élevés, ils le seront sûrement moins avant que vous ne quittiez le marché.

Ce SRS m’est venu à l’esprit lorsque Chris Mayer — analyste chez Bonner & Partners, et qui nous conseille sur notre portefeuille familial — nous a rappelé combien nous avions gagné sur sa dernière recommandation.

Pour notre compte familial, nous détenons un portefeuille constitué d’ETF axés sur les marchés actions de différents pays. Nous avons sélectionné les pays en fonction de ce SRS : nous recherchons les moins chers.

Pas plus tard que le 30 mars, Chris nous a conseillé de placer de l’argent sur des ETF axés sur les marchés actions de cinq pays. Or, hier, en imaginant notre joie, il nous a transmis ce mail d’actualisation :

« C’est étonnant, c’est une stratégie si simple, et elle fonctionne si bien…

Jusqu’à présent (depuis le 30 mars), nous avons gagné presque 10% en Turquie, près de 9% en Espagne, 8% en Italie, et 5% en Corée du Sud. Le seul pays perdant, c’est la Chine, avec une baisse de 1%.

En tout, vous avez gagné plus de 6%… depuis mars. »

Le seul problème… c’est que nous ne nous sommes jamais résolu à effectuer cet investissement. Et le 15 avril, nous avons subitement eu besoin de cet argent que nous avions mis de côté, pour payer les impôts.

Mais observons un autre type de pari : notre Trade de la décennie.

Là, rien à voir avec une analyse minutieuse, des études ou des informations. Il s’agit simplement d’un autre SRS : les marchés qui baissent depuis longtemps ont une grande chance de repartir à la hausse au cours des 10 prochaines années.

Au début du XXIe siècle, nous avons eu du mal à identifier un contexte prometteur. L’or baissait, plus ou moins, depuis près de 20 ans. Les actions américaines, quant à elles, grimpaient.

Donc, notre Transaction de la Décennie a été simple : vendre des actions et acheter de l’or.

Les choses sont allées dans notre sens des deux côtés : entre 2000 et 2010, l’or a augmenté de près de 143%, réalisant la meilleure performance des principales classes d’actifs de la décennie. Quant au S&P 500, il a chuté d’environ 25%.

Comportement du S&P 500 (en noir) et de l’or (en bleu) entre 2000 et fin 2009 :

Gold vs S&P 500

Notre nouveau Trade de la Décennie n’a pas été si simple.

Déjà, en 2010, l’or n’était plus une bonne affaire. Et les actions américaines s’étaient effondrées avec la crise de 2008. Selon nous, on ne pouvait plus trop presser ce citron.

Alors que faire ?

Le programme idiot du Japon

Alors que l’on entrait dans la deuxième décennie du XXIe siècle, les cours des actions japonaises baissaient depuis 20 ans.

Les cours des obligations souveraines japonaises, d’un autre côté, n’avaient fait qu’augmenter. Pourquoi ne pas parier sur un retournement ?

Et c’est ainsi que nous avons réalisé notre nouveau Trade de la Décennie : vendre des obligations japonaises et acheter des actions japonaises.

Cette démarche était fondée sur deux autres SRS : (1) les marchés qui baissent beaucoup ont tendance à beaucoup augmenter plus tard, et (2) avec le temps, les états détruisent toujours la valeur de leur papier-monnaie.

Alors, qu’est-ce que cela a donné, jusqu’à présent ?

Eh bien, avant d’y venir, nous tenons à remercier le gouvernement japonais – ou plus précisément la Banque du Japon – pour le résultat enregistré.

L’état japonais a tenté sans relâche de booster les cours sur ses places boursières et de faire fuir les investisseurs du marché obligataire.

Pourquoi ?

Cela fait simplement partie de son programme idiot censé améliorer l’économie : si l’état pouvait faire grimper le taux d’inflation, il dévaluerait le yen et rendrait les exportations japonaises plus compétitives.

Cela améliorerait alors le chiffre d’affaires des exportateurs… qui, du coup, achèteraient plus, embaucheraient plus et suivraient docilement le parti au pouvoir.

Et donc, les bonnes vieilles politiques bidon ont été déballées.

Shinzo Abe, le premier ministre du Japon, a expliqué qu’un « stimulus » supplémentaire –budgétaire et monétaire – relancerait sûrement l’économie.

Cela n’a pas été le cas. Au lieu de baisser, le yen s’est renforcé et l’économie est demeurée plus faible que jamais.

C’est probablement à ce moment-là que M. Abe et la Banque du Japon ont décidé de devenir totalement débiles.

Ils n’allaient pas attendre que les sociétés japonaises vendent davantage de produits et réalisent davantage de bénéfices. Ils allaient simplement acheter des actions eux-mêmes.

Selon le blog financier Zero Hedge :

« Il y a un an, nous constations que la Banque du Japon faisait partie du Top 10 des entités détenant 90% des actions japonaises. En décembre, nous indiquions que la Banque du Japon était le plus grand acquéreur d’actions japonaises en 2016. Et à présent, comme le rapporte le FT
[Financial Times], cette véritable ‘baleine’ des marchés japonais intensifie ses achats (qui ont augmenté de plus de 70% d’une année sur l’autre), en intervenant sur le marché plus de la moitié du temps, les jours de baisse, au cours de ces quatre dernières années.

Depuis fin 2010, le Financial Times relève que la Banque du Japon a acheté des ETF dans le cadre de ses programmes d’assouplissement quantitatif et qualitatif. La plus vaste opération a débuté en juillet dernier, date à laquelle son objectif d’acquisitions annuelles a été doublé pour passer à 6 000 Mds¥ [8,7 Mds$].

Depuis, le terme de baleine semble assez approprié : la banque centrale engloutit au minimum 1,2 Md¥ [10,5 M$] d’ETF (conçus pour soutenir les actions qui font avancer les ‘Abenomics’) à chaque séance, et intervient lourdement à coups d’acquisitions s’élevant grosso modo à 72 Mds¥ [632,5 M$] toutes les trois séances. »

Depuis que la Banque du Japon a débuté ce programme, la banque d’investissement Nomura estime qu’elle a boosté l’indice Nikkei 225 – l’équivalent japonais du S&P 500 — d’environ 1 400 points.

Merci beaucoup.

Alors, comment nous en sortons-nous ?

Depuis début 2010, le marché actions japonais a augmenté de près de 33% en dollars US… et environ trois fois plus pour ceux qui investissent en yens.

Quant aux obligations japonaises, elles n’ont pas coopéré.

Quoi qu’il fasse, Shinzo Abe n’a pas encore été capable de détruire la monnaie du pays, ni de détériorer son crédit.

Mais nous ne désespérons pas. Le Trade de la Décennie a encore trois ans devant lui. Et M. Abe n’a pas baissé les bras !

Éric Lewin a un message pour vous :
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« En 1987,

Un vétéran de la Bourse m’a révélé LE secret qui pourrait changer la vie de milliers de retraités, présents et futurs…

Il l’appelait :

Le Plan Brongniart »

LES NOTES DE FERGHANE AZIHARI
Simone Wapler

Une plus grande « supervision démocratique » de la BCE serait-elle utile ?

L’organisation, qui se donne l’ambition de lutter contre la corruption des gouvernements, a récemment publié un rapport sur la Banque centrale européenne. Le discours de l’ONG est simple : la BCE a acquis beaucoup de pouvoirs ces derniers temps. Elle ne peut plus être considérée comme une simple autorité technique. Ses décisions sont éminemment politiques et doivent par conséquent faire l’objet d’une supervision plus démocratique. Mais les recommandations de Transparency International passent, selon nous, à côté de l’essentiel et leur application ne contribuerait en rien à accroître l’intégrité du système monétaire européen.
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Tout d’abord, l’ONG oublie les raisons pour lesquelles il a été jugé bon d’accroître l’autonomie de la politique monétaire à l’égard des politiciens. Quand les banques centrales étaient pleinement inféodées aux élus, les pressions électoralistes ont toujours conduit à des dérives inflationnistes afin de financer les déficits ; les politiciens utilisaient la création monétaire pour financer leurs dépenses sur le dos des générations futures sans s’embarrasser d’un quelconque affrontement avec les contribuables du présent. Il résultait de ces dérives inflationnistes un système monétaire instable et de piètre qualité.

Sur le papier, les banques centrales sont désormais plus autonomes. Bien sûr, en pratique, cette indépendance est complètement fictive. Leurs décisions sont essentiellement prises dans l’intérêt des gouvernements. En baissant artificiellement les taux d’intérêt, les banques centrales facilitent l’endettement public. En finançant les banques commerciales qui prêtent aux Etats, elles garantissent à ces derniers une source de revenus presque intarissable malgré leur endettement déjà colossal.

Cette situation paraît satisfaisante mais elle a un coût : le marché du crédit est complètement faussé. Les ressources sont allouées de manière improductive, ce qui contribue à ralentir la croissance économique et donc le recul de la pauvreté.

La fausse indépendance des pouvoirs politiques et monétaires

Transparency International a donc beau être critique à l’égard de l’indépendance des banques centrales, elle ne songe pas à remettre en cause un lien encore très étroit entre les autorités monétaires et les décideurs élus. Une institution publique ne peut jamais être véritablement indépendante du pouvoir politique. Il subsiste toujours un lien organique. On pourrait faire une comparaison avec les autorités judiciaires. Si les traités commerciaux prévoient des tribunaux arbitraux, c’est bien parce qu’on soupçonne régulièrement les tribunaux d’Etat de complaisance vis-à-vis de la puissance publique.

La véritable indépendance à l’égard du pouvoir politique est celle qu’offre un secteur privé soumis à la seule loi du marché. Transparency International se fourvoie en pensant que la caution démocratique suffirait à accroître l’intégrité des décisions de la Banque centrale européenne. C’est tout aussi vrai concernant les éventuels conflits d’intérêt. Le risque de collusion, de conflit d’intérêt et de corruption est consubstantiel à l’activité de supervision et de réglementation des pouvoirs publics.

Lorsque l’on institue une autorité administrative chargée de superviser une industrie, on crée automatiquement un point de contrôle vulnérable à toutes les pressions corporatistes propres au capitalisme de connivence. Ces pressions mettent évidemment en péril le bon fonctionnement de la concurrence, au détriment du consommateur et de sa sécurité.

Dans le domaine financier comme ailleurs, la seule méthode crédible pour affaiblir, chez les autorités, le risque de corruption réside dans la réduction de leurs pouvoirs. Moins une autorité est impliquée dans la vie économique, moins il est intéressant de la corrompre pour lui soutirer des faveurs et des privilèges.
[NDLR : Certains voient les crypto monnaies comme le nouvel « or numérique », mais qu’en est-il vraiment ? Comment les utiliser profitablement ? Nous avons mené nos investigations et le résultat est ici.]

Dans le domaine qui nous préoccupe, à savoir la politique monétaire, il conviendrait en réalité de séparer totalement la finance et l’Etat. Ceci implique donc un système financier indépendant, autrement dit, un système monétaire où seule la concurrence et le marché seraient légitimes à définir les règles plus utiles à l’ensemble de la société.

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