Riposte laïque:Les 4 actes de l’énorme manipulation Macron

Les 4 actes de l’énorme manipulation Macron
Publié le 5 mai 2017 – par Max Chaleil – 1 commentaire – 549 vues
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Le face à face Marine Le Pen / Macron du mercredi 3 mai ne fera probablement pas basculer l’opinion publique ; on a vu pourtant un Macron perdant pied mais arrogant et méprisant, coupant la parole à tout moment, donneur de leçons, incapable de présenter un programme cohérent (exaltant, par exemple, « la France, pays de culture » alors qu’il avait déclaré, voilà quelques jours, qu’il n’y avait pas de culture française). Un candidat procédant par affirmations, souvent gratuites, éludant les questions embarrassantes ou répondant par des généralités, ce qui laisse perplexe quant à ses capacités à gouverner le pays.

Son cheval de bataille : répéter à tout propos que le FN est le mal, constat indiscutable autour duquel se rassemblent ses soutiens hétéroclites, tous ceux qui sont soit dupes, soit profitant du système et ne voulant pas que ça change, se souciant comme d’une guigne de tous ceux qu’ils laissent sur le côté, puisque eux vivent bien et vivront mieux encore, croient-ils, dans une France mondialisée.

L’équation est sans détours : le FN est le mal, et Marine Le Pen l’ennemi public n° 1, à discriminer par tous les moyens, fût-ce en la calomniant, en l’injuriant et, si besoin, en l’accusant sans apporter de preuves, procès d’intention qui nous ramène à certaines périodes de notre histoire. M. Macron, Trissotin des temps modernes, a compris que le mensonge inlassablement répété et les affirmations péremptoires sont la meilleure potion pour endormir les foules et les fédérer autour d’un danger plus fantasmé que réel. N’est-ce pas ce que les nazis et d’autres inquisiteurs avaient fait avec les juifs désignés comme les ennemis de l’Allemagne ou de l’Eglise, boucs émissaires qui, dans l’histoire, ont souvent servi de rassembleurs ? En effet, le pouvoir, en entretenant la peur du FN réunit autour de lui une coalition patchwork, ce qu’avait bien compris Mitterrand qui, à l’époque, avait favorisé son développement pour agiter ensuite l’épouvantail et rassembler autour de lui les électeurs, même si certains le détestaient.

Il en est de même aujourd’hui où l’enfumage touche tous les publics, toutes les couches sociales. D’abord, ceux complices du pouvoir, électeurs indéfectibles, ensuite ceux qui, tout en le critiquant voire le combattant, devant le « danger fasciste », le rejoignent. C’est le cas des leaders de la France insoumise radicalement hostiles qui demandent à leurs électeurs de faire barrage au FN. C’est-à-dire de faire élire Macron. Question fondamentale : représente-t-il le moindre mal, à moins que, pour juguler la peste, on favorise le choléra.

Ce débat du 3 mai fut éludé, simplificateur, parfois inaudible, comme l’ont été les élections où, pour la première fois, les deux grands partis ont été éliminés, remplacés par deux figures antagonistes incarnant deux visages de la France. Mais comment un système à bout de souffle, discrédité, méprisé, a-t-il pu, pour se maintenir, fabriquer un candidat téléguidé présenté comme un homme de renouveau, au-dessus des partis, au fil d’une campagne médiatique sans précédent pour l’encenser et lyncher son concurrent ?

Ainsi, a-t-on l’impression qu’à une France de gauche s’oppose une France de droite mais de façon consensuelle, avec alternance et complicité de fait, s’est substituée une France coupée en deux : d’un côté la périphérie, de l’autre les métropoles, d’un côté les petites gens, les oubliés de l’histoire attachés à leur vieux pays, de l’autre les nantis, les modernes, les citoyens du monde plus préoccupés de leur réussite que de leurs racines. Quatre axes de réflexion permettent de comprendre les manipulations :

1/ la candidature de Macron a été montée de toutes pièces par Hollande qui, démonétisé, n’entendait pas se représenter et cherchait un joker, incarnant la jeunesse, la modernité et les « nouvelles classes » mondialisées. Ce sera Macron qu’il aidera à ses débuts en lui laissant le temps de se muscler pour jouer l’homme de la rupture « au-dessus des partis », tout en feignant, lui, président, d’être trahi et ulcéré.

2/ Hollande veille aussi sur les primaires du PS et fait en sorte que soit élu le candidat le plus extrémiste, Hamon, repoussoir idéal pour les sociaux-démocrates, qui disposeront ainsi d’un passeport pour rallier Macron « seul candidat crédible ».

3/ Parallèlement, Hollande surveille les primaires de la Droite en espérant que Juppé, candidat compatible avec la gauche, l’emportera. Pour le soutenir, 700 000 électeurs de gauche iront voter Juppé. En vain, Fillon gagnant les primaires grâce à son programme radical dont certains aspects ne sont pas loin de ceux défendus par le FN, programme rompant avec les habituelles professions de foi, interchangeables droite gauche et vice versa, et qui sera vivement critiqué par les tièdes et les mous du camp centriste et républicain. Survient alors le complot contre Fillon, « révélé » par un hebdomadaire au-dessus de tout soupçon et entretenu par le clan politico-juridico médiatique. Il s’agit de créer un climat de défiance pour brouiller les cartes, faire oublier son programme et inviter les électeurs à manifester leur colère au nom de la vertu outragée : promus soudain gardiens de la morale, ils se détournent de leur candidat, bouc émissaire d’un monde politique auquel les Français ne croient plus.

Complot qui trouve un soutien chez la plupart des leaders centristes et bon nombre de républicains notamment juppéistes et sarkozistes qui n’ont pas digéré leur défaite. Jouant aux pères la vertu, ils justifient leur ralliement à Macron présenté comme le « seul candidat crédible », inscrit dans la modernité, neuf et sans faute. Bien évidemment, ni dans le monde politique ni dans les médias, nul ne s’intéresse réellement à son passé et à ses activités.

L’attitude de la droite qui prête foi aux « affaires », sans s’interroger sur leur calendrier et sur leur exploitation systématique par les médias, interpelle. Contre Macron, Fillon l’emporterait. En le discréditant, on peut l’affaiblir ou l’amener à démissionner pour céder la place à Juppé. D’où la hâte avec laquelle les lieutenants de Fillon quittent le navire. Mais Fillon, sans doute au courant des magouilles hollando-juppéistes, est battu. Exit Fillon.

4/ Le complot a réussi et placé en finalistes Macron et Marine Le Pen, ce que souhaitait Hollande. Le moment est venu de demander aux électeurs de droite et de gauche de se dresser contre le FN non pas à cause de son programme qui, comme tout programme, est discutable, mais à cause de ce qu’il porterait en lui de dangereux : procès d’intention donc plus qu’analyse raisonnée. Il s’agit de persuader les électeurs qu’ils sont le rempart au fascisme imminent, comme avant le premier tour on avait fait d’eux les gardiens de la morale. Ainsi, après avoir tout manipulé pour créer le duel MLP/Macron (avec l’appui des appareils de droite), la gauche feint d’être surprise et atterrée et appelle au secours. Dire cela ce n’est pas prendre parti pour MLP mais c’est dénoncer une situation créée de toutes pièces par ses détracteurs mêmes, as de la manipulation.

S’ensuit une campagne anti-FN omniprésente qui ne s’interdit ni mensonge ni amalgame ni rappel historique frauduleux (quel rapport entre la période 1933-34 ou celle de l’Etat vichyste et la situation d’aujourd’hui ?). Ce « sursaut national » savamment orchestré va rassembler toute une faune hétéroclite : gauche et droite, syndicats, monde des affaires (Gattaz à la rescousse), Justice (Badinter conscience morale), milieu culturel (écrivains, artistes, chanteurs, comédiens, réalisateurs,…), représentants du monde juif, anciens résistants et fils de résistants, « personnalités » tel Borloo qui « veut aider Macron », lui qui devait aider Fillon mais s’est soigneusement défilé. N’oublions pas le renfort des bien-pensants, politiquement corrects, antifascistes patentés, associations antiracistes et musulmanes de tous bords… Cette offensive tous azimuts fait fi des millions d’électeurs qui votent FN en les ostracisant, sans s’interroger sur les raisons de leur adhésion et se rendre compte qu’ils ont été abandonnés par la gauche devenue mondialiste et n’ayant plus désormais d’autre credo (derrière ses généreuses déclarations) que la quête du fric. On appelle les électeurs de tous bords – même s’ils n’adhèrent pas au « programme de Macron » – à combattre le FN, devoir suprême, sans qu’on imagine les mêmes accommodements à ceux qui voteront Marine Le Pen sans forcément adhérer à ses idées.

Voter Macron, défenseur des valeurs républicaines et démocratiques, incarnation du bien (ou du moindre mal), faire barrage au FN (figure du mal absolu) : un devoir pour chaque Français qui pourra ainsi se parer du titre de sauveur de la République. En réalité, en effrayant les électeurs pour les amener à voter massivement, il s’agit d’obtenir non une victoire pour Macron mais un plébiscite. D’où les invites pressantes : ne vous abstenez pas, ne votez pas blanc sinon vous devenez complices et passibles du Purgatoire. Pour ceux qui votent Marine Le Pen, c’est l’Enfer. Seuls les électeurs de Macron iront au Paradis. On verra même des élus LR lancer un « site contre le FN », Estrosi se proposant d’aller faire la danse du ventre à Avignon devant les cultureux. On verra même Thierry Solere, ancien porte-parole de François Fillon et qui, au moment des « affaires », l’avait courageusement abandonné, comparer le FN aux nazis… Mais parler ainsi du « péril extrême » que représenterait le FN c’est faire silence sur le vrai péril islamiste, concret celui-ci ; c’est tenter de faire oublier enfin que le FN est un parti reconnu par la République, respectant ses institutions et qu’on ne saurait accuser d’être un parti comploteur, liberticide et responsable d’attentats. Double manipulation du corps électoral qui, une fois encore, conforté dans sa bonne conscience, va se laisser duper.

Dernière manipulation : les leaders de droite entretiennent leurs troupes dans l’illusion en leur laissant croire que les législatives corrigeront les présidentielles et constitueront un contre-pouvoir au nouveau président : ultime enfumage car la plupart des nouveaux élus, fidèles à leur opportunisme, à leur voracité et à leur couardise, cautionneront Macron en lui apportant la majorité dont il aura besoin pour gouverner, façon 4e République. Quant aux électeurs de Fillon, cocus et battus, en votant Macron ils éliront l’un des artisans du complot qui a éliminé leur candidat. A eux, ainsi qu’à tout citoyen, de décider s’ils veulent ouvrir les yeux ou accepter le prêt-à-porter électoral.

Max Chaleil

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