La Chronique Agora : Simone Wapler : Macron, EDF et spéculation

La Chronique Agora

Simone Wapler : Macron, EDF et spéculation
Le cours de l’EDF est survolté, les investisseurs spéculant sur la remise en cause de la baisse de la production d’électricité nucléaire.
Bill Bonner : La récession est imminente
Entre vaches et chevaux, Bill Bonner s’intéresse à la récession qui menace l’économie américaine.
Nick Hubble : 2017 sera-t-elle l’année du prochain krach boursier ? (3)
Prédire les marchés ? Impossible, mais voici des paramètres utiles pour prendre les bonnes décisions sur les marchés britanniques et mondiaux.

LES NOTES DE SIMONE WAPLER
Simone Wapler

Macron, EDF et spéculations

L’action EDF a pris 10% en deux jours. Selon une rumeur relayée par Reuters, Emmanuel Macron se propose de retarder l’arrêt du nucléaire.

EDF

EDF produit et vend de l’électricité. Dans notre monde d’ultra-libéralisme sauvage et de totalitarisme marchand, EDF nous vend de l’électricité à tarif réglementé par l’Etat.

Ce n’est pas tout. L’Etat fixe quels types d’électricité l’EDF doit produire. L’éolien ou le solaire étant bien vus de l’opinion publique grâce au lobby écologique et certains lobbies industriels, l’Etat nous taxe pour subventionner la production de ces énergies.

AGISSEZ AVANT LE 7 MAI 2017 !

Si vous pensez que le prochain Président de la République – quel qu’il soit – ne fera rien pour protéger vos intérêts, ne baissez pas les bras :

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Voyez-vous, l’électricité, c’est important pour tout le monde et donc il faut que l’Etat s’en mêle. Pas d’électricité = pas d’industrie qui tourne, pas de transports publics, pas d’hôpital…

Le problème de l’électricité reste son stockage : il faut la produire juste à temps, au moment de la consommation et pour cela, il faut que les capacités de production soient toujours prêtes.

Ce n’est pas le cas de l’éolien quand il n’y a pas de vent.

Ce n’est pas le cas du solaire quand il n’y a pas de soleil.

Ce n’est pas le cas de l’hydraulique quand il n’a pas assez plu.

C’est le cas du thermique (gaz, charbon, fuel).

C’est le cas du nucléaire.

En réalité, le nucléaire est la seule source abondante, dont le combustible ne coûte pas cher et qui est toujours prête. Vous devez cependant savoir une chose : il n’y a que très peu de différence de coût entre une centrale « en veille » qui ne produit pas et une centrale qui produit.

Logiquement, vous pourriez pensez que l’Etat dans le cadre d’un « service public » (l’électricité à destination collective) devrait favoriser la source nucléaire puisque c’est l’énergie toujours disponible.

Pour éviter que du combustible nucléaire recyclable en bombe ne tombe entre les mains de dangereux individus, l’Etat devrait aussi avoir un droit de regard sur ce même nucléaire.

C’est la voie de la « politique énergétique » adoptée par notre pays au XXème siècle.

Mais depuis, nous avons pris un chemin de traverse…

La Parasitocratie s’est emparé du sujet. Pensez à la COP 21, au changement climatique, aux lobbies écologiques, aux merveilleux circuits taxations-subventions et aux nombres d’électeurs que vous pouvez ainsi acheter…

Les subventions aux énergies vertes intermittentes sont arrivées alors que les capacités étaient très abondantes. Elles ont conduit à un écroulement sur le marché européen du prix de l’électricité. Les producteurs d’électricité nucléaires ont du brader leurs prix. Puisque le nucléaire en veille coûte même sans vendre, autant le vendre, peu importe le prix.

Au fur et à mesure que l’éolien et le solaire produisaient, les prix s’écroulaient…

Voici où nous en sommes.

Prix de l’électricité en centimes d’euro
Prix de vente de l’électricité aux particuliers
kWh en heures creuses 14,62
kWh en heures pleines 15,64

Prix de l’électricité sur le marché de gros européen
kWh de 2,5 à moins de 5

Prix de revient de l’électricité
kWh nucléaire français 5
kWh thermique (gaz, charbon) 7
kWh éolien terrestre 8
kWh éolien maritime 14 à 20
kWh photovoltaïque 20 à 25

Sources : EDF, La France dans le noir, Hervé Machenaud

Bilan énergétique :

Les électriciens vendent à perte du nucléaire (en son temps financé par les contribuables).
Nous payons très cher notre électricité.
Les installations nucléaires se dégradent…
Faute d’investissements dans le nucléaire, le service aux moments critiques (février en France) est en limite de rupture, l’éolien et le solaire ne délivrant pas assez de puissance à ces moments critiques.

Mais il y a moyen de faire pire…

Nous devons à Ségolène Royal (la mère des portiques écotaxes qui surplombent nos autoroutes) la loi de transition énergétique, adoptée en 2015. Cette loi prévoit la réduction de la part du nucléaire dans la production électrique française de 75% à 50% à l’horizon 2025.

Emmanuel Macron semble vouloir revenir sur ce point. D’où le bond en bourse d’EDF.
2000€ à gagner !

Faut-il investir dans EDF pour profiter d’un éventuel revirement de la politique énergétique sous la présidence de Macron ? Il me semble qu’une entreprise dont les prix de vente sont fixés par l’Etat et dont l’Etat détient 83,1% du capital n’a rien à faire sur une place de cotation. C’est la différence que je vois entre le libéralisme authentique et ce que l’on qualifie aujourd’hui d’ultra-libéralisme ou de néo-libéralisme.

Si vous voulez faire de bonnes affaires, mieux vaut rechercher des entreprises exerçant sur les marchés les plus concurrentiels possibles, où les gouvernements interfèrent le moins possible, où les prix sont formés librement. Votre épargne ne doit pas être à la merci d’un décret ou d’une subvention.

Sur ces marchés, les meilleures entreprises sont évidemment celles qui réussissent à augmenter à la fois leur chiffre d’affaires et leur marge. Il y en a très peu.

[NDLR : Il n’est pas trop tard pour mettre ces trois valeurs dans votre PEA avant le 7 mai pour engranger les plus-values… quel que soit le résultat final des élections présidentielles.]

Si vous voulez spéculer sur le capitalisme de copinage, c’est une autre affaire… EDF, Areva, les banques… le choix est large.

LES NOTES DE BILL BONNER
Bill Bonner

La récession est imminente

GUALFIN, ARGENTINE – Aujourd’hui, nous réactualisons notre Indice Funeste…

Mais d’abord, un petit mot sur le quotidien du ranch…

Hier, nous avons rassemblé le bétail pour la deuxième fois ; le gouvernement exige deux vaccinations à 21 jours d’écart.

Alors les gauchos sont partis à cheval avant l’aube et ont pris la direction de l’immense pâturage, à l’est de la maison.

Nous les avons suivis sur notre grand cheval, El Bayo…

Le rassemblement s’est passé sans anicroche… jusqu’à ce que deux veaux, effrayés par les chiens, prennent le large.

Les chiens ont rapidement renoncé à les poursuivre. Mais les veaux ont continué leur course aussi vite qu’ils le pouvaient, parcourant la plaine, dévalant les ravins et grimpant sur des collines rocailleuses.

Dès qu’ils se sont enfuis, El Bayo a pris les choses en main. Il a suffi d’un petit coup d’éperon pour qu’il se mette à galoper, lui aussi, foulant la sauge, grimpant et dévalant les pentes, franchissant des lits de rivières taries.

Normalement, il aurait été aisé de dépasser les veaux et de les ramener vers le troupeau. Mais le terrain était si accidenté que nous n’arrivions pas à les talonner.

Nous avons dû contourner la berge d’une rivière asséchée… décrire un cercle autour de la colline… et tenter de les repérer de loin.

Lorsque nous les avons à nouveau localisés, ils étaient à cinq cents mètres devant, séparés de nous par plusieurs canyons profonds. Et El Bayo galopait à une allure si infernale que nous nous demandions si nous allions être capable de rester en selle.

Nous avons commencé à monter à cheval à l’âge de 50 ans seulement. Ce n’est pas encore tout à fait concluant.

Nous vous raconterons le reste de la journée dans une minute. Mais d’abord, observons à nouveau notre Indice Funeste.

Récession en vue

L’indice n’est encore qu’un composite imparfait de nombreux signes préoccupants.

A mesure que ces signes préoccupants augmentent, la probabilité d’une nouvelle crise augmente également.

Le pourcentage de nouveaux prêts accordés par les banques représente l’une des principales composantes.

Comme vous le savez, en 1971, nous avons renoncé à la monnaie réelle adossée à l’or. Depuis, le crédit est le moteur de l’économie. Il ne s’agit plus d’une économie qui produit et consomme de la richesse. En lieu et place, elle produit et consomme du crédit, ce qui aboutit à des niveaux d’endettement de plus en plus élevés.

Notre ami, Richard Duncan, qui dirige Macro Watch, indique que lorsque le taux d’émission de nouveaux crédits chute au-dessous de 2% par an, une récession s’annonce.

Eh bien, devinez quoi…

Le taux actuel d’émission de crédit – les prêts accordés par les banques et autres institutions de crédit – est en train de baisser au-dessous des 2%… et on dirait qu’il s’oriente vers zéro.

Nous remarquons également les choses suivantes, bien qu’elles ne soient pas des critères clés de notre Indice Funeste :

Le PIB des Etats-Unis enregistre une croissance dérisoire de 0,7% au premier trimestre. Nous nous attendions à une récession, cette année.

Aux Etats-Unis, les ventes de voitures ont baissé de 4% par rapport à l’an dernier. Ford indique que ses ventes sont en chute.

Les ventes de pick-ups Ford Série F affichent une tendance à la baisse depuis 20 ans.

L’accession à la propriété affiche un plus-bas sur 50 ans. Les prix ont été poussés à la hausse par l’argent facile de la Fed, ce qui rend les maisons moins abordables.

La génération Y est particulièrement touchée. Elle ne parvient pas à accéder à la propriété. Elle est criblée de 1 000 Mds$ d’emprunts étudiants. Et ses perspectives d’emploi sont faibles. Les chiffres de l’accession à la propriété sont les plus bas jamais enregistrés, en ce qui concerne les moins de 35 ans.

Les consommateurs ont moins de marge de manœuvre. Le crédit permanent (surtout les cartes de crédit) dépasse les 1 000 Mds$. Les prix de l’immobilier sont revenus à leurs niveaux de 2007 dans de nombreuses régions du pays. Et sept millions d’Américains en âge de travailler se retrouvent sans emploi.

Dans le pays voisin, au Canada, une nouvelle bulle immobilière se forme. Si l’on se réfère au revenu disponible par rapport aux prix, l’immobilier n’a jamais été aussi cher.

Un nouveau projet immobilier, lancé à Toronto, a presque provoqué une émeute alors que des spéculateurs désespérés faisaient la course pour acheter des appartements qui n’étaient même pas construits.

Rien de tout cela ne prouve que la fin de la bulle est imminente. Mais nous appelons à la prudence…

A présent, retournons en Argentine…

Loin du troupeau

Lorsque nous avons enfin franchi les arroyos, ces ruisseaux à sec, et regagné les hauts pâturages, nous étions à des kilomètres du troupeau, au fin fond de la prairie.

Jugeant qu’il était trop dangereux de continuer à galoper sur un terrain aussi accidenté, nous avons fait stopper El Bayo.

Nous allions laisser ces pauvres veaux se calmer et ralentir. Puis, nous les encerclerions en amont et les ramènerions.

Juste au moment où nous prenions cette décision, nous avons entendu un autre cavalier approcher à toute allure derrière nous. C’était l’un des gauchos, Pablo, menant son cheval aussi vite qu’il le pouvait.

Pablo est jeune. Contrairement à nous, c’est un bon cavalier qui ne craint pas la mort.

Nous avons retenu El Bayo et laissé Pablo reprendre la chasse. Au bout de quelques minutes, nous ne distinguions plus qu’un nuage de poussière. Puis quelques minutes plus tard, Pablo est revenu vers nous.

« Où sont les veaux ? » lui avons-nous demandé.

« Ils courent toujours… cela ne valait pas la peine de tenter de les récupérer. En plus, ils vont revenir, en cherchant leurs mères. »

De retour au corral, tout s’est bien passé.

Le travail s’est effectué méthodiquement… en séparant les veaux de leurs mères… puis en isolant les vaches âgées et les veaux mâles. Nous avons procédé aux vaccinations.

Après l’école, deux jeunes garçons, Gonzalo et Agostín, âgés de 10 et 11 ans, sont venus nous aider. Intrépides, ils ont bondi par-dessus le mur de pierre du corral où Pablo attrapait les veaux au lasso.

Les garçons étaient venus avec leurs propres lassos et, rapidement, se sont mis à lutter avec les veaux, eux aussi, en s’amusant énormément.

Ce n’est que quelques minutes plus tard que j’ai remarqué qu’ils étaient entrés dans le grand corral, où les vaches et taureaux imposants étaient parqués.

Nous nous sommes déjà fait charger par l’une des vaches. Et un autre gaucho, Samuel, a failli se faire encorner en se faisant attaquer par un « bestiau de montagne ».

Nos vaches se comportent bien, en général. Et nous leur coupons les cornes, au cas où. Mais il y a toujours du bétail de montagne qui se mélange à elles : plus petit, plus sauvage et aux cornes acérées.

Nous étions sur le point de nous tourner vers le contremaître pour lui demander s’il ne serait pas opportun que les garçons sortent de ce corral, car c’était dangereux, lorsque toute l’équipe est devenue silencieuse.

Nous nous sommes retourné pour découvrir qu’Agostín, petit et trapu, avait pris ses jambes à son cou, talonné par une vache.

C’était l’une des vaches noires de montagne : ses naseaux frémissaient, ses yeux étaient écarquillés, pris de colère ou de folie, et ses cornes visaient directement le dos du garçon.

« Cours, Agostín ! » hurlaient les gauchos. Nous avons retenu notre souffle.

Le garçon avait encore 20 mètres à parcourir avant de nous atteindre. La vache gagnait du terrain sur lui. Nous avons sauté par-dessus le mur de pierre pour distraire la vache. Mais l’animal n’avait d’yeux que pour Agostín.

Mais alors qu’elle atteignait le mur, les cris des gauchos et le mur qui se rapprochait rapidement l’ont fait changer d’avis. Elle pouvait encore encorner le garçon mais, dans ce cas, elle allait foncer dans le mur.

Elle a ralenti et accordé une seconde à Agostín pour qu’il escalade le mur et se mette en sécurité.

« Eh ! » s’est mis à hurler l’un des gauchos. « Je ne t’avais jamais vu courir aussi vite ».

Tout le monde a éclaté de rire. Agostín a souri. Ce n’était probablement pas plus mal que sa mère ne soit pas là.

N’achetez PAS une once d’or…
… Avant d’avoir lu ce message !

Découvrez l’incroyable recommandation de Simone Wapler… et comment elle pourrait vous permettre de démultiplier la moindre hausse du cours de l’or !

Tout est expliqué ici.

LES NOTES DE NICK HUBBLE

2017 sera-t-elle l’année du prochain krach boursier ? Troisième partie

Nous avons vu les questions du Brexit, et que les technologies de rupture fleurissaient. Voyons maintenant du côté des banques centrales et des politiques monétaires.

Les marchés boursiers ne vont probablement pas s’effondrer en 2017. Il y a une raison extrêmement simple pour cela. Les banques centrales et les gouvernements ne le permettront pas. Ensemble, ils ont le pouvoir de soutenir les indices boursiers indéfiniment.

Le gouvernement dicte les règles. La Banque centrale dispose d’un pouvoir de création monétaire infini. S’ils décident que le marché boursier est trop important pour le laisser s’effondrer, alors ils y parviendront.

Cela vous paraît absurde ? La Fed cherche ouvertement à gonfler la valorisation des actions américaines dans l’espoir de créer un « effet richesse » qui incitera les ménages à dépenser davantage. La Banque centrale du Japon quant à elle est devenue l’actionnaire majoritaire d’environ 55 grandes entreprises nippones. Elle possède autour de 60% des parts des ETFs cotés sur la bourse japonaise.

Le gouvernement américain a mis en place une « équipe anti-krach » qui est chargée de maintenir la stabilité des marchés. Et l’Union européenne envisage de demander à la BCE de financer la mise en place d’une structure de défaisance qui achèterait pour mille milliards d’euros de créances douteuses. Nous allons revenir sur ce sujet dans quelques instants.

Si les gouvernements et les banques centrales échouent à maintenir à flot le marché boursier, les fonds de pension imploseront, l’économie rentrera en récession, les déficits publics deviendront encore plus insoutenables et le chômage explosera. Ils ne peuvent tout simplement pas se le permettre.

Cependant, il existe aussi des raisons de s’inquiéter à propos du marché boursier…

L’épouvantail du CAPE est de retour

Robert Shiller, le célèbre prix Nobel d’économie et spécialiste des marchés financiers, n’est pas exactement du genre à vous donner un avertissement clair. Mais le ratio qu’il a conçu, le CAPE, est presque à 30 en ce qui concerne les actions américaines. Un tel niveau n’a été atteint qu’à trois occasions dans l’histoire – 1929, 1999, 2007. Ai-je vraiment besoin de vous rappeler ce qui a suivi chacune de ces dates ?

Le CAPE mesure le ratio cours/bénéfices (PER), c’est-à-dire le prix que vous payez pour chaque dollar de bénéfice. Par exemple, une entreprise dont l’action cote 50 $ et dont le bénéfice annuel par action est de 10 $ affichera un PER de 5. Les propriétaires de petites entreprises valorisent généralement leur entreprise à environ cinq fois les bénéfices annuels. Avec un CAPE de 25, cela signifie que les investisseurs payent en moyenne 25 $ chaque dollar de bénéfice. C’est extrêmement cher.

Le ratio CAPE du FTSE 100 est encore plus élevé, il atteint plus du double de sa moyenne historique, qui s’établit à 15. Si les profits n’augmentent pas fortement, le prix des actions va plonger.

Garder un oeil sur le ratio CAPE peut également vous permettre d’identifier à quel moment acheter, quand les actions sont peu chères comparativement à leurs bénéfices.

La politique monétaire américaine devient moins accommodante

De la même façon que les banques centrales peuvent pousser à la hausse le cours des actions, elles peuvent aussi les envoyer au tapis. Comme le révèlent les minutes de la Fed publiées au mois de mars, les membres du conseil des gouverneurs envisagent à présent de commencer à réduire le bilan de la Banque centrale.

Cela implique une réduction de la masse monétaire en circulation dans l’économie. Ceci peut vous sembler un peu abstrait, donc voyons quel serait l’effet pour vous.

Ce graphique montre l’indice S&P 500 en orange et la taille du bilan de la Fed en bleu.

bilan de la FED

Comme vous pouvez le constater, les deux courbes sont étroitement corrélées depuis 2008.

L’histoire est la suivante. Au plus fort de la crise financière de 2008, la Fed a injecté des liquidités dans le système financier afin de l’empêcher de s’effondrer. Ces injections ont dopé le marché boursier… pendant quelque temps.

Depuis, chaque fois que la timide reprise économique semble s’affaiblir et que les actions se stabilisent ou commencent à repartir à la baisse, la Fed recommence à injecter davantage de liquidités dans le système.

Finalement, la Fed a abandonné l’idée de garantir la stabilité de la masse monétaire et a décidé de l’augmenter de façon régulière. Les actions sont alors reparties à la hausse.

C’est exactement ainsi qu’un drogué se comporte. Dans un premier temps, il se drogue pour se sentir bien, ensuite il se drogue pour éviter de se sentir mal, enfin, il a besoin d’une dose régulière simplement pour se maintenir à flot.

Que pensez-vous qu’il va arriver si jamais le dealer de drogue monétaire qu’est la Fed décide de réduire la dose, ce dont débattent actuellement les membres du conseil des gouverneurs ? Si jamais cela se produit, les actions pourraient s’effondrer tel un toxicomane en manque de drogue.

Le secteur financier européen est au bord de l’explosion

La crise de la dette européenne de 2012 n’est pas terminée. L’endettement des banques et des gouvernements n’est pas sur une trajectoire soutenable. A un moment ou à un autre, le problème va surgir de nouveau.

Les banques européennes ont plus de mille milliards de créances douteuses. 5,4% des créances en Europe rentrent dans cette catégorie, contre 1,7% aux Etats-Unis et 1,6% au Japon en 2015. Ce taux varie en Europe dans une fourchette entre 1% et 47% selon les pays.

L’Italie est l’un des pays qui vient en premier sur la liste des déclencheurs potentiels de la prochaine crise financière Européenne. Tim Price, analyste pour la London Investment Alert, s’est intéressé à un problème connu sous le nom du « Sofferenze ». Voici comment Tim explique cette situation dans un article publié récemment au sujet de l’avenir incertain du projet Européen :

« ‘Le Sofferenze » est le nom que donnent les Italiens au problème des créances douteuses détenues par leurs banques. On peut le traduire par ‘la souffrance ». Ces créances douteuses représentent maintenant des sommes tellement importantes qu’elles anéantissent tout espoir de redressement du secteur bancaire.

La source du problème réside dans la faiblesse de l’économie, le PIB reste encore 8% en dessous de ce qu’il était avant la crise de 2008.

Le graphique ci-dessous révèle l’ampleur du problème. ‘Le Sofferenze » représente 18% de l’ensemble des crédits.

Sofferenze

Pour mettre ces données en perspective, les créances douteuses en Grande-Bretagne représentent moins de 1,5% du volume total de crédits. La moyenne mondiale est de 4,3%.

Et le problème ne fait qu’empirer : au cours des cinq dernières années, le montant des créances douteuses a augmenté de 85%, pour atteindre un total de 360 milliards d’euros.

Vous avez bien lu : les banques italiennes ont connu uniquement sur les cinq dernières années une augmentation de 85% du volume total de créances douteuses qu’elles doivent supporter dans leur bilan.

La récession de 2008 avait été déclenchée par l’accumulation de créances douteuses dans le secteur immobilier américain. Mais en 2008 ces créances ne représentaient que 5% du total des crédits accordés aux Etats-Unis. En Italie, elles ont atteint un niveau trois fois plus important.

Alors imaginez le chaos économique et les troubles sociaux qui pourraient survenir à nouveau, peut-être même à un niveau encore plus alarmant que durant la dernière crise. »

Les banques italiennes sont suffisamment massives pour déclencher une crise qui ferait passer la crise grecque — qui menace également de se ranimer — pour une partie de plaisir. L’UE aurait alors beaucoup de mal à sauver une économie de la taille de l’Italie.
[NDLR : Découvrez ici les six mesures d’urgence à prendre maintenant pour protéger votre argent d’un effondrement des banques européennes et de l’euro.]

Et ce ne sont pas uniquement les banques italiennes qui posent problème. Les derniers tests de résistance ont révélé que plusieurs banques françaises et allemandes sont sous-capitalisées au regard des normes financières actuelles. Quand cela s’était produit avec Banco Popular, le cours de l’action avait dévissé de 25% en une matinée.

On dirait que les problèmes nous reviennent en pleine figure tel un boomerang.

Alors que va faire le marché boursier cette année ?

De toute évidence, je ne le sais pas. Mais je sais quels paramètres sont à surveiller. Quelles évolutions technologiques, quels indicateurs économiques, quels changements politiques et quelles décisions des banques centrales.

Et à présent, vous aussi.

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