La Chronique Agora : Simone Wapler : « Comme avant » pendant encore cinq ans… et avec un petit mieux

La Chronique Agora

Simone Wapler : « Comme avant » pendant encore cinq ans… et avec un petit mieux
Emmanuel Macron est en tête du second tour des élections présidentielles et le créditisme n’est plus en danger imminent.
Bill Bonner : Avez-vous quelques milliards en trop ?
Les marchés américains ont reculé la semaine dernière. Ils devraient perdre beaucoup plus encore.
Florian Darras : Trois questions que nous aimerions (enfin) voir posées à Emmanuel Macron et Marine Le Pen
Ces trois questions n’ont jamais été posées aux candidats lors de la campagne du premier tour. Nous espérons que les débats du second tour traiteront enfin de ces privilèges de caste.

LES NOTES DE SIMONE WAPLER
Simone Wapler

« Comme avant » pendant encore cinq ans… et avec un petit mieux

« Le socialisme ne dure que jusqu’à ce que se termine l’argent des autres » aurait dit Margaret Thatcher. Avec l’avènement du crédit gratuit et infini, le socialisme a de beaux jours devant lui.

Les milliards de Mario Draghi vont continuer d’affluer, faisant baisser les taux d’emprunt de la France et permettant de maintenir le train de vie des castes privilégiées que sont les élus, les syndicats et les grandes entreprises.

De ce côté là rien de changé : la gabegie continuera et la Banque centrale européenne consacrera toujours des milliards tous les mois à racheter la dette de l’Etat français, de la Cades, du réseau ferré de France et de la Banque publique d’Investissement.

Mais il y aura quand-même un mieux, indéniablement favorable au secteur privé…

L’INDUSTRIE DE L’EAU NOUS DÉTESTE !
Cliquez ici pour découvrir pourquoi… mais attention : vous ne verrez plus jamais votre verre d’eau de la même manière !

Si l’on en croit les promesses de campagne d’Emmanuel Macron :

« Nous baisserons l’impôt sur les sociétés de 33,3% à 25% pour rejoindre la moyenne européenne. »

Les entreprises françaises seraient donc moins ponctionnées que par le passé et en concurrence plus équilibrée avec leurs homologues européennes.
2000€ à gagner !

Du coup, l’écart de taux d’emprunt entre l’Allemagne et la France se tasse et l’indice du CAC 40 rattrape son retard, ouvrant en hausse. Ne boudez pas votre plaisir…

Le crédit illimité et gratuit peut-il connaître une fin, vous demandez-vous peut-être malgré tout, taraudé par un léger doute ? Lorsque que les taux sont très bas, tout ce que vous achetez est trop cher puisque l’accès au crédit multiplie la concurrence entre acheteurs. Du coup, les rendements se tassent, l’épargne déjà constituée rapporte de moins en moins et l’épargne nouvelle est dissuadée…

L’ère Macron sera probablement plus favorable aux actions qu’à l’immobilier, laminera ceux qui ont déjà un capital existant dont la rentabilité continuera à se délabrer. Comme avant, la classe moyenne verra son épargne se dissoudre lentement dans le crédit gratuit et infini.
[NDLR : Le rendement de vos contrats d’assurance-vie en euro va poursuivre sa chute. Optez plutôt pour des contrats en unités de compte ; ajustez soigneusement votre allocation d’actif tous les trimestres pour profiter de la hausse des marchés financiers mondiaux en suivant les conseils de notre spécialiste. Pour les recevoir, c’est ici.]

Quant à nos retraites… eh bien, mais qui se soucie des vieux ?… Macron se veut le candidat de la jeunesse qui a foi en l’Etat-providence pour l’accompagner de la crèche à la tombe !

LES NOTES DE BILL BONNER
Bill Bonner

Avez-vous quelques milliards en trop ?

Les marchés ont reculé. Ils devraient perdre beaucoup plus encore.

Bien sûr, les marchés en savent plus long que nous. Peut-être savent-ils une chose qui justifie ces prix élevés.

En ce qui nous concerne, nous voyons des raisons de vendre, pas des raisons d’acheter.

D’un salaire à l’autre

Près de la moitié de toutes les familles américaines vivent « d’un salaire à l’autre », selon des recherches.

46% d’entre elles seraient incapables de réunir 400 $ sans emprunter, en cas d’urgence.

C’est au moins en partie pour cela que les ventes au détail ont chuté pour le deuxième mois consécutif en mars aux Etats-Unis. Malgré sept années de « reprise » économique, des millions d’Américains n’ont pas beaucoup d’argent.

Selon les chiffres du Bureau du recensement, 110 millions d’Américains touchent des allocations liées aux niveaux de leurs revenus — bons d’alimentations, handicap, etc.

Et selon le Bureau des statistiques de l’emploi, environ 125 millions d’Américains ont un emploi à plein temps (tandis que 112 millions d’autres sont sans emploi).

Ce qui signifie qu’il n’y a que 125 millions de travailleurs à temps plein pour financer l’intégralité de l’économie américaine et sa population totale de 323 millions.

A ce taux, chaque travailleur à temps plein soutient 2,6 personnes… dont une ou presque touche de l’argent des autorités.

Il finance aussi une dette gouvernementale de 20 000 Mds$ et une dette privée de 40 000 Mds$ supplémentaires environ. Ce qui met le ratio dette/travailleur à temps plein à 480 000 $.

Le salaire moyen pour un travailleur à plein temps n’est que de 48 000 $. Avec un modeste taux d’intérêt de 5%, sa part de la dette lui coûterait 24 000 $ par an.

Il n’aurait que les 24 000 $ restants pour s’occuper de 1) sa propre famille… et 2) tous les tire-au-flanc, compères et zombies qui reçoivent de l’argent de l’Etat.

De toute évidence, ces chiffres ne fonctionnent pas. Mais ils expliquent une bonne partie de la faiblesse de l’économie US.

Le crédit bon marché des autorités fait circuler l’argent (majoritairement sous la forme d’augmentation du prix des actifs) vers les plus riches… tandis que le budget du citoyen moyen se fait de plus en plus serré.

Niveau de crise

La fréquentation des chaînes de restaurants chute aussi. Elle a baissé de 3,4% le mois dernier par rapport à l’année précédente.

Partout aux Etats-Unis, les magasins de détail ferment leurs portes et barrent leurs fenêtres comme si une tempête s’annonçait.

C’est peut-être bien le cas…

La dette des ménages US dépasse à nouveau les 14 000 Mds$ — le seuil qui a déclenché la crise de 2008-2009. A ce niveau, les consommateurs ont du mal à dépenser.
[NDLR : Si la crise de 2008 se reproduit… votre épargne est-elle prête ? Cliquez ici pour découvrir un « Plan de Sauvetage » complet pour votre argent.]

En dépit de ces avertissements, la Fed continue de s’auto-congratuler. Bloomberg :

« L’économie a continué à se développer aux Etats-Unis à un rythme modéré ces récentes semaines, un marché de l’emploi étroit contribuant à élargir les augmentations de salaires, même si les dépenses de consommation ont été mitigées, selon une étude de la Réserve fédérale publiée mercredi ».

Non seulement ça, mais elle parle encore de réparer les dommages qu’elle a infligés ces huit dernières années… espérant descendre de sa montagne de dettes sans se casser un seul os. Bloomberg à nouveau :

« Après s’être lancées dans le territoire inconnu de l’assouplissement quantitatif, les banques centrales de la planète commencent à préparer leur voyage dans les eaux inexplorées du resserrement quantitatif.

La manière dont la Réserve fédérale, la Banque centrale européenne et — tôt ou tard — la Banque du Japon gèreront la transition pourrait faire la différence entre une redite mondiale de la crise du taper qui s’est produite en 2013 ou la réaction quasi-indétectable des marchés aux ventes de bons du Trésor US par la Chine des dernières années.

Pris ensemble, les bilans des trois banques se montent désormais à 13 000 Mds$ environ, soit plus que l’économie de la Chine ou de la Zone euro. »

Facile !

Voyons voir…

Les banques centrales ont commencé à acheter de la dette il y a huit ans. Elles en possèdent désormais pour 13 000 Mds$.

Hé, on s’est bien amusé, non ?

Il n’est rien arrivé de grave. Ils peuvent donc se débarrasser de la dette désormais… et il n’arrivera rien de grave là encore, n’est-ce pas ?

La Fed a acheté la dette — ajoutant de l’argent dans l’économie… surtout les parties les plus riches. Maintenant, tout ce qu’elle a à faire, c’est vendre. Facile !

Beaucoup de gens ont quelques milliards qui traînent ici ou là. Ils considéreront que c’est un honneur d’aider la Fed à descendre de son perchoir… et d’acheter des obligations au moment où le marché obligataire tourne mal.

La gueule de bois sera aussi amusante que de s’enivrer.

Le divorce sera aussi exaltant que l’adultère qui l’a causé.

Etre pendu pour meurtre sera tout aussi satisfaisant que tirer une balle dans la tête de son ennemi.

Si, si.

Cet actif tangible est demandé partout dans le monde…
Il garde sa valeur quoi que fassent les marchés et l’économie…
Il ne peut être manipulé ou dévalué par des manoeuvres politiques…

Découvrez le surprenant investissement qui pourrait vous apporter stabilité, rendement et sécurité pour des années et des années ! (Un indice : il n’a rien à voir avec l’or)

Toutes les explications sont ici…

LES NOTES DE FLORIAN DARRAS
Nomi Prins

Trois questions que nous aimerions (enfin) voir posées à Emmanuel Macron et Marine Le Pen

-1- Réduction du nombre des élus locaux et parlementaires

Avec un élu pour 108 habitants en France contre un élu pour 2 698 habitants en Allemagne – une république fédérale accordant une importante autonomie à ses länder – notre pays a une classe politique pléthorique.

« Une réduction du nombre d’élus, députés et sénateurs, c’est souhaitable mais… que fait-on de nos plus de 645 000 élus locaux ? »

La France compte un total de 925 parlementaires, dont 577 députés et 348 sénateurs. Au premier tour :

– François Fillon souhaitait ramener le nombre de députés à 400 et de sénateurs à 200 ;

– Emmanuel Macron proposait une réduction d’environ un tiers des parlementaires. Ce qui aboutirait à un nombre de parlementaires conservés, à peine supérieur à celui proposé par le candidat LR.

– Marine Le Pen, du Front National, est plus drastique dans la réduction des députés qu’elle indiquait vouloir diminuer à 300 pour les députés et à 200 pour les sénateurs.

Comparatif du nombre de parlementaires dans 10 pays

parlementaires

Réduire le nombre d’élus nationaux, c’est s’attaquer à la partie émergée de l’iceberg. La question des élus locaux reste entière.

-2- Le financement des syndicats

« Que ferez-vous concernant le financement des syndicats ? »

Avec moins de 8% de syndiqués et même moins de 5% dans le privé, la question de la faible représentativité des syndicats par rapport à leur influence se pose réellement. Plus de 80% de leur financement proviennent de nos impôts sans qu’ils nous représentent.

Taux de syndicalisation dans la population active dans huit pays d’Europe

syndicats

L’iFRAP, think tank libéral, dénonce depuis plus d’une décennie le mode de financement opaque des syndicats. « Nos syndicats, tous les rapports le montrent, sont financés à plus de 80% par des fonds publics […]. Une règle simple consisterait à financer les syndicats par le biais des cotisations de leurs adhérents, au moins à hauteur de 50%. C’est déjà le cas dans de nombreux pays européens… » écrivait le directeur de la fondation, Agnès Verdier-Molinié, en décembre 2011.

Le pouvoir de blocage du pays par ces syndicats non représentatifs est indéniable mais nul candidat n’oserait donc toucher aux privilèges de la caste syndicale. Pourquoi pas un référendum ?

-3- Changer la vision de Bercy

« Comment mettre nos impôts au service de la création d’entreprises et donc d’emplois marchands ? »

Les emplois du secteur marchand sont les véritables créateurs de richesses d’un pays. A l’inverse, les solutions visant à augmenter les emplois publics, générateurs de dépenses publiques inévitables, sont une ineptie. Passé 36% de dépenses public rapportées au PIB, les politiques publiques freinent la croissance au lieu de la stimuler, comme le démontre un récent rapport de l’OCDE. En France nous en sommes à 57,5% !

Les entreprises nouvelles sont les premiers viviers de la création d’emplois marchands, c’est donc une politique favorable à la création d’entreprise et à l’allégement de leurs charges qui permettrait d’inverser la courbe du chômage.

La fiscalité à l’égard des PME de moins de 250 salariés est punitive : plus de la moitié des prélèvements obligatoires est supportée par ces dernières, l’autre moitié l’étant par les entreprises de taille supérieure.

Le taux normal de l’impôt sur les sociétés dans notre pays est de 33 1/3%. La fiscalité des entreprises en France est l’une des plus élevées de l’Union européenne, ce qui nuit à l’investissement.

Taxation des entreprises par pays de l’UE en 2016

taxation des entreprises

La réduction de l’impôt sur les sociétés à 28% pour 2020 prévue par l’actuel gouvernement est insuffisante, et les plafonds de chiffres d’affaire prévus pour les taux réduits des TPE trop peu ambitieux.
[NDLR : Les grandes valeurs du CAC 40 vont profiter de la politique de Macron. Il n’est pas trop tard pour glisser ces trois sociétés dans votre PEA ! Lesquelles ? Cliquez ici.]

Ces trois questions s’attaquent à des privilèges de castes — celles des élus, des syndicats et des employés de grandes entreprises. Ces castes s’opposent à la remise en cause de modèles qui ont échoués et à l’imitation des modèles qui réussissent chez nos voisins.

Voilà pourquoi, une fois encore, ces questions n’ont pas été posées par des médias complaisants au premier tour.

Nous espérons que ce soit le cas au second tour.

Publications AGORA © Tous droits réservés 2002-2017

Ajoutez la-chronique@publications-agora.fr à votre carnet d’adresses
La reproduction partielle ou totale de la présente Chronique Agora est strictement interdite sans accord écrit de la société éditrice.
La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite publiée par la société Publications Agora.
Le lecteur reconnaît et accepte que toute utilisation du service et des informations le constituant, de même que toute décision relative à une éventuelle opération d’achat ou de vente de valeurs mobilières qu’il prendrait suite à ce message, sont sous sa responsabilité exclusive. Les informations données et les opinions formulées ne constituent en aucune façon des recommandations personnalisées en vue de la réalisation de transactions. De ce fait, la responsabilité de La Chronique Agora, de ses partenaires et de ses rédacteurs ne pourra en aucun cas être engagée en cas d’investissement inopportun.
Retrouvez-nous nos publications et nos services sur :
http://www.publications-agora.fr/
http://la-chronique-agora.com/

Publicités
Par défaut

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s