La Méduse: nouveaux articles sur le site : Du manque de mémoire de la ministre du travail El Khomri

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Du manque de mémoire de la ministre du travail El Khomri

Du manque de mémoire de la ministre du travail El Khomri

Posted: 01 May 2017 04:08 AM PDT

Après ma dernière lettre de Lima, tu t’en doutes, et l’enchaînement est tout trouvé, il ne m’était guère possible de ne pas commenter l’après-premier tour de la présidentielle française.

PAR PIERRE ROTTET

Et là, vois-tu, c’est avec un certain amusement que je le fais. Avec colère aussi, bien entendu. Je lisais au lendemain de l’enterrement officiel du Parti socialiste, auquel a présidé le gouvernement actuel et son gouvernement, y compris ses ex-ministres Macron et Valls, que la décision de Mélenchon de ne pas faire appel à voter Macron au second tour avait fait l’objet de vives critiques. Dans les rangs de celui qui devrait le moins se le permettre, le défunt parti socialiste.

Le secrétaire dudit parti, Cambadélis, relevait sur twitter que de ne pas appeler à battre Le Pen est une faute impardonnable quand on est de gauche. Même intolérable leçon du porte-parole du gouvernement, pour qui Jean-Luc Mélenchon a manqué de «clarté» lors de sa déclaration à la presse dimanche soir. Et d’ajouter: «Moi, je pense qu’aujourd’hui la responsabilité des socialistes, c’est justement de s’engager pleinement, ce qui n’a pas été le cas hier soir de Jean-Luc Mélenchon». Faut tout de même oser, se réclamer du socialisme d’abord, ensuite pour oser le mot «responsabilité», enfin pour parler d’engagement. Le tout sans rire. Le pompon, enfin, je le décerne volontiers à la ministre du travail, Myriam El Khomri, qui n’hésite pas à y aller de termes dont elle a perdu le sens et les valeurs depuis bien longtemps, en qualifiant la décision de Mélenchon de «faute» et de «déshonneur».

Moi, si j’étais en présence de ladite ministre, en particulier, je m’étonnerais de son manque de mémoire. De sa faculté à escamoter cinq ans de tricheries, de tromperies, de honte. Et d’une loi qui ne doit son approbation qu’à un passage en force imposé par Valls. Sans doute qu’elle et ses collègues oublient-ils que leur parti, du moins l’idée que je m’en faisais, et avec moi tant de Françaises et Français, avait creusé sa propre tombe: ci-gît le PS. Tombe récemment élargie avec la désertion du ministre Le Guen, et de bien d’autres ministres, maires et ex-maires pourtant porteurs d’étiquettes PS. La même sous laquelle s’est tenue la primaire socialiste. La bonne blague. Et je ne parle pas des lamentables louvoiements coutumiers de Hollande. Ni de Valls, le bien écœurant perdant de la primaire socialiste. Qui a craché sur sa promesse aussi sûrement qu’il a méprisé l’idéal socialiste. Comme tellement d’autres, me diras-tu…

Vois-tu, à cette ministre et à ces donneurs de leçons, je leur ferais lire les chiffres sortis au terme du scrutin du 23 avril, avec un Macron certes en tête, mais aussi et surtout avec une Le Pen et ses 21,30%, ou encore un Mélenchon fort de ses 19,58%, et un bien ingénu Hamon, à la traîne, coté à 6,36%. Lâché et renié par ceux qui usurpent la même étiquette et sur lequel les caciques auront beau jeu de faire porter le poids de la déroute. De cette Bérézina! Six pour cent et des poussières? Autant de voix à la poubelle. Comme moi, tu as fait l’addition. Et si tu ajoutes aux 19% recueillis par Mélenchon ne serait-ce que la moitié des suffrages-poubelle de Hamon, il y a fort à parier qu’il n’y aurait pas eu besoin de faire barrage à Le Pen au second tour.

Ceux qui ont conduit ce parti au naufrage n’ont sans doute pas encore pris la mesure de leur responsabilité dans cette humiliation. 6 %! Après avoir pourtant fait élire Hollande sous une étiquette marquée du sceau du socialisme; des «socialistes» majoritaires dans les deux chambres; des «socialistes» à la tête de pratiquement toutes les régions de France. En cinq ans. Faut l’faire!

Reste qu’une fois de plus, les Français, en majorité, s’en iront aux urnes non pas pour appuyer une idée, mais pour se prononcer contre. Remarque qu’avec un Mélenchon au second tour, on se confrontait aussi à un «contre» tous azimuts. Et pire encore. Vous avez dit changement… Et avec ce que promet Macron, qui bénéficiera des voix des «contre», je crains que comme la droite et la «gauche» l’ont fait précédemment, il creusera durant les cinq ans à venir le nid de Le Pen. Un peu plus sûrement encore. Un sursis de cinq ans! Je le crains!

Je le sais! Combien de fois t’ai-je surpris à écouter Jean Ferrat chanter «Pauvre Boris». Et aussi une autre chanson du même auteur, qui me vient spontanément à la mémoire, qui mériterait à elle seule d’être écoutée à chaque nouveau réveil des citoyens. Histoire de les réveiller quotidiennement… «Des lèvres d’Eluard s’envolent des colombes. Ils n’en finissent pas les artistes prophètes. De dire qu’il est temps que le malheur succombe. Ma France.»

Enfin, ma…

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