La Chronique Agora : Simone Wapler : Pouvoir d’achat, revenu et fake statistics (intox statistiques)-et varia

La Chronique Agora

Simone Wapler : Pouvoir d’achat, revenu et fake statistics (intox statistiques)
Nous sommes manipulés à coup de statistiques. Découvrez comment nous sommes statistiquement riches de ce que nous ne payons pas.
Bill Bonner : Que faire de votre argent aujourd’hui ?
Actions, obligations, liquidités, or, immobilier… Quel est aujourd’hui l’actif le plus tentant ? Un actif qui n’est pas dans cette liste, justement.
Etienne Henri : Ce que la sortie de l’euro fera (et ne fera pas) pour vous
La baisse de 40% de l’euro en 2015 – du fait du recours à la planche à billet de la Banque centrale européenne – n’a rien fait pour le chômage en France.

LES NOTES DE SIMONE WAPLER
Simone Wapler

Pouvoir d’achat, revenu et fake statistics

Donald Trump a popularisé les fake news mais il y a beaucoup à dire aussi sur les statistiques, ou « données macroéconomiques », pour reprendre le style guilleret de l’INSEE. Il y a plus de fake statistics que de fake news.

Hier, je vous parlais de notre pouvoir d’achat, de nos revenus et des statistiques.
Quelle ne fut pas ma surprise de lire dans l’étude de l’OFCE la phrase suivante :

« Ce sont surtout les revenus réels du capital par ménage (qui intègre les loyers ‘fictifs’ des ménages occupant le logement dont ils sont propriétaires) qui ont connu une forte hausse sur cette période, augmentant deux fois plus vite (1,7% en moyenne par an) que les revenus réels du travail »

Une fois que vous êtes propriétaire de votre logement, les statisticiens considèrent que vous avez un revenu du capital (le loyer que vous ne payez pas). Les revenus des propriétaires sont donc artificiellement gonflés et vous remarquerez qu’ils augmentent plus que les « revenus réels » du travail. A ce propos, je me suis demandée ce qu’étaient les « revenus irréels » du travail, mais je n’ai pas creusé cette question. A chaque jour suffit sa peine…

Si, après avoir consenti à un sacrifice, nous sommes riches de ce que nous ne payons pas, voilà qui arrange bien le tableau économique.

Ne nous étonnons donc pas d’un décalage croissant entre ce que nous vivons au quotidien et les « vérités statistiques » dont les gouvernements nous bombardent pour nous démontrer qu’ils agissent au mieux de nos intérêts.

Mort de l’euro : le 7 mai 2017, ne votez pas…
… Avant d’avoir tous les faits !

Cliquez ici pour retrouver une analyse inédite de Simone Wapler — et les placements qu’elle vous recommande pour adapter et protéger votre épargne.

Ces statistiques ne nous empêchent pas de constater notre perte de pouvoir d’achat et une augmentation continue de nos dépenses contraintes, obligatoires. Pratiquement, nous perdons la main sur notre liberté financière. Ne nous étonnons pas dans ces conditions des votes « populistes » qu’on pourrait aussi bien qualifier de sceptiques.

Lorsque vous payez très cher de l’immobilier en contractant un crédit, le secteur financier obtient une rente, l’Etat obtient des rentrées fiscales (droit de mutation, taxe foncière, taxe d’habitation, plus-value) et on vous fait croire que vous êtes riche d’un loyer fictif !

L’os à ronger du « pouvoir d’achat arbitrable »

Face à ce croissant « décalage de ressenti », l’INSEE a accouché de deux nouvelles mesures : celui de « revenu disponible arbitrable » et de « consommation finale pré-engagée ». Le tout débouchant sur un « pouvoir d’achat arbitrable ».

Nos statisticiens d’Etat quantifient ce qui nous reste vraiment, l’os qu’on nous laisse à ronger après avoir fait face à toutes nos obligations.

Voici ce que cela donne. Sur ce graphique, l’évolution (en%) de l’os à ronger est en rouge. Lorsque le rouge est sous l’horizontale, l’os est diminué ; lorsque le rouge est au-dessus de l’horizontale, l’os grossit un peu.

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Cliquez sur le graphique pour l’agrandir
Source INSEE

Vous constatez que depuis 1979, en moyenne, ce « revenu arbitrable » progresse de moins en moins. C’est certainement une coïncidence, mais depuis cette date, la mainmise de l’Etat sur notre économie ne cesse de croire. Elle est passée de 45% à 57%.

Et encore, ces jolis graphiques de statisticiens ne disent pas tout.

Prenons un exemple :

En 2011, le revenu baisse de 0,5%. Vous aviez 100, il vous reste 99,5.
En 2012, le revenu baisse de 3%. Vous aviez 99,5, il vous reste 96.
En 2013, le revenu baisse de 2,2%. Vous aviez 96, il vous reste 93,3.

En 2014, le revenu progresse de 0,6%. Il vous reste 93,9.
En 2015, le revenu progresse de 1,3%. Il vous reste 95,1.

Pour simplement récupérer votre niveau de 2011, il faudrait en 2016 une progression de 5,15%. Du jamais vu depuis… 1978 !

Comment votre pouvoir d’achat arbitrable se rétrécit comme une peau de chagrin

Oui, nous sommes volés de nos gains de productivité depuis des années. Ces gains de productivité, l’économie réelle les conquiert face à une concurrence, souvent mondiale. Mais cet argent est allé arroser le sable des subventions et du capitalisme de copinage.

Car c’est bien le but de ces normes, règlements, subventions : vous contraindre à dépenser là où l’Etat pense que c’est bien. Et l’Etat pense mieux et plus que vous.

Récemment, le gouvernement a ainsi pensé que les copropriétaires étaient incapables de planifier leurs travaux. Pourtant, en constatant le délabrement de certains bâtiments publics, vous auriez tendance à penser que c’est l’Etat lui-même qui a du mal à planifier ses travaux d’entretien et ne devrait pas nous donner de leçons, mais revenons à notre sujet…

Le législateur, dans sa grande bonté, a voulu protéger contre eux-mêmes les propriétaires imprévoyants. Depuis le 1er janvier 2017, une loi contraint les copropriétaires à bloquer au moins 5% du budget de dépenses d’une copropriété dans un compte spécial.

Evidemment, cette loi fait le bonheur des syndics de copropriété et des banques dépositaires.

Bien sûr, cette loi ampute aussi votre « pouvoir d’achat arbitrable » 2017 qui va encore en prendre un coup.
[NDLR : Savez-vous que les avis de taxes foncières sont truffés d’erreurs ? Ne payez plus les yeux fermés. Réduisez votre feuille d’impôt en contrôlant votre taxe foncière et en pesant avec ces quatre leviers pour obtenir jusqu’à 50% de réduction, abattement et remboursement. Nous vous expliquons comment faire ici.]

On attend le jour où sera adoptée la taxe sur le compte de provisions pour travaux (parce que les riches copropriétaires peuvent payer) ou encore l’intégration dans notre revenu imposable de la rémunération du compte de provisions pour travaux… A moins qu’un lobby quelconque, en mal de commandes et de clients captifs, ne décide qu’il faille imposer des travaux de mise aux normes des fenêtres pour empêcher les occupants de se défénestrer, ou de faire parler les chaudières comme les ascenseurs.

Ne vous inquiétez pas : l’imagination de la Parasitocratie pour capter notre argent est sans limite.

LES NOTES DE BILL BONNER
Bill Bonner

Que faire de votre argent aujourd’hui ?

Nous avons récemment gagné une petite somme — le dividende d’un atelier de menuiserie au Nicaragua. La boutique a été fondée avec un investissement modeste et des ambitions tout aussi limitées. Mais à mesure que le nombre de gens construisant des maisons sur la côte augmentait, il en allait de même pour l’activité.

A présent, nous voilà avec un profit.

La question : que faire de cet argent ?

Acheter des actions ? Des obligations ? Des liquidités ? De l’or ? De l’immobilier ?

Nous allons vous donner tout de suite le fin mot de l’histoire : nous avons décidé d’investir dans un terrain forestier en Virginie.

Mais revenons sur nos pas et examinons les raisons de notre choix.

Nous détenons environ un tiers de notre patrimoine liquide en actions. Il s’agit en partie de recommandations conservatrices, de long terme.

Nous avons un autre petit portefeuille d’ETF boursiers sur des pays spécifiques. L’idée est simple : les entreprises individuelles font faillite. Les pays, rarement. Par conséquent, lorsque tout un marché boursier est éreinté et détesté, il y a de bonnes raisons de penser qu’il va rebondir.

Cette idée provient d’une stratégie popularisée par le gestionnaire de fonds Michael B. O’Higgins.

Nous achetons les marchés les moins chers au monde… et nous attendons.

Pas d’analyse boursière. Pas de théories. Pas de frais d’investissements. Pas de recherches ou de questions sur ce qui va se passer ensuite. La liste actuelle des perdants : Turquie, Malaisie, Mexique, Danemark et Grande-Bretagne.

Une « assurance » en cash

Cette approche ne convient pas à tout le monde.

En effet, tout le monde ne peut pas attendre le long terme. Et à court terme, tout peut arriver. Des marchés épouvantables — comme la Grèce — peuvent devenir encore plus épouvantables.

Par ailleurs, le paysage boursier est morose partout dans le monde.

Les actions sont valorisées pour un monde de taux zéro ou presque — un monde qui ne pourra pas durer encore bien longtemps.

Nous préférerions donc ne pas mettre encore plus d’argent dans les actions.

Les obligations ?

Oubliez ça. Selon nos estimations, le marché haussier obligataire de ces 37 dernières années a atteint son sommet en juillet dernier.

Les obligations de bonne qualité pourraient remonter durant la prochaine crise. Puis elles finiront assassinées par l’inflation et la hausse des taux d’intérêt.

Il faudra des nerfs d’acier pour une telle stratégie.

Les obligations de pacotilles, elles, seront vendues à tour de bras dès que la prochaine crise du crédit commencera.

Impossible de dire quand ou comment, mais à nos yeux, le risque est élevé.

Le cash ?

Un tiers de notre épargne est déjà placé en liquidités — la moitié en dollars US, l’autre moitié en francs suisses.

Détenir des francs suisses est douloureux. Les banques nous facturent un taux d’intérêt négatif. Nous avons l’intention de mettre l’argent ailleurs ; simplement, nous n’avons pas encore décidé où.

Le dollar ?

Le problème, avec le billet vert, c’est que l’inflation des prix à la consommation atteint probablement le double du chiffre officiel… et on dirait que la situation pourrait empirer.

Les récents comptages du MIT — qui collecte quotidiennement 15 millions de prix en ligne — révèlent que les prix prennent jusqu’à +3,6% par an. Près de deux fois le taux officiel.

Difficile à dire, mais nous pourrions perdre entre 2% à 3% par an sur nos détentions en dollars.

Conserver des dollars ne nous embête pas, ceci dit. C’est une forme d’assurance. Si nous avons raison au sujet de la crise qui s’annonce, ils seront le meilleur « investissement » que nous ayons.

Mais plus cette crise met de temps à se déclencher, plus l’assurance nous coûte. Et comme nous le rappelle Voltaire, la devise papier finit toujours par revenir à sa valeur intrinsèque — c’est-à-dire zéro.
2000€ à gagner !

Or ou bitcoin ?

L’or est une autre forme d’assurance.

Il représente un tiers de nos investissements liquides.

Nos enfants sont d’avis que l’or est réservé aux vieux croûtons. Ils pensent que les crypto-monnaies comme le bitcoin rendront l’or obsolète. Peut-être ont-ils raison — mais nous préférons attendre que ce soit prouvé.

De plus, lorsque la crise se déclenchera, elle sera probablement accompagnée d’une vaste panne dans le système de traitement électronique de l’argent. Même le réseau électrique et internet pourraient être affectés.

Vous pourriez avoir des millions en bitcoins — mais être dans l’incapacité d’y accéder.

Une pièce d’or confortablement nichée dans votre poche n’a pas besoin de câbles, d’électricité ou de connexion internet.

Mais le métal jaune n’est pas bon marché. Selon nos estimations, il est à peu près au juste prix. En tant qu’assurance, il ne vous coûte rien de plus. Mais en dehors de ce rôle, il ne présente pas de marge de hausse évidente.

Alors quoi ?

Le problème avec les actions, les obligations, le cash et l’or, selon nous, c’est qu’ils n’ont rien d’amusant.

L’immobilier, en revanche…

Oui, il peut être casse-pieds. Oui, on peut perdre beaucoup si l’on n’est pas prudent. Mais l’immobilier peut aussi être un bon moyen de mettre de l’argent à l’abri pour le futur.

Récolter de la richesse

Warren Buffett a expliqué un jour que l’un de ses meilleurs investissements était une ferme dans l’Illinois.

Il n’avait aucune intention précise. Il ne suivait pas les prix agricoles. Il l’a simplement oubliée. Et sa valeur a grimpé.

Les choses ne se passent pas toujours ainsi. Nous avons investi dans une propriété près de San Martìn de les Andes il y a 20 ans environ. Aujourd’hui, elle vaut ce que nous l’avons payée (en dollars nominaux). Pas un sou de plus.

La forêt, en revanche, est généralement un bon investissement dans la catégorie « achetez et oubliez ».

Vous achetez. Vous payez les taxes. Vous engagez un spécialiste pour gérer le terrain. Puis, de nombreuses années plus tard, vous… ou vos enfants… récoltez les arbres.

Dans un rapport de 2010 signé Charlie Curnow, chez Advisor Perspectives :

« Entre 1987 et 2009, la mesure la plus commune de la performance de la forêt en tant que classe d’actif — l’indice forestier du National Council of Real Estate Investment Fiduciaries, qui suit un large éventail de propriétés forestières acquises sur le marché privé uniquement dans un but d’investissement — a engendré un rendement annuel composé de plus de 14%. Le S&P 500, en comparaison, a rapporté environ 9,4% sur la même période ».
[NDLR : Intéressé par du rendement tranquille et facile, vous aussi ? Découvrez un guide complet de l’investissement forestier — avec toutes les démarches de A à Z (fiscalité comprise), expliquées en termes clairs et concrets : cliquez ici pour en savoir plus.]

Qui plus est, si l’on achète au bon endroit, on peut décider d’utiliser sa propriété forestière pour d’autres desseins.

Dans notre cas, nous avons payé plus que de raison pour de la forêt « pure ». Mais l’emplacement était crucial. Le terrain que nous avons acheté se trouve à une demi-heure de Charlottesville, une charmante ville universitaire.

Il se trouve aussi à une demi-heure de route de chez notre soeur, et tout près de la maison de notre frère.

Alors que nous envisageons la dernière partie de notre vie, nous pensons… peut-être… que nous nous construirons un petit bungalow près du reste de la famille.

Je désherberai le jardin… tandis qu’Elizabeth tricotera près de la cheminée…

Nous ferons sauter nos petits-enfants sur nos genoux…

… Nous chanterons nuit et jour…

… Et nous encaisserons les chèques de retraite que nous versera l’Etat.

Des profits à trois chiffres grâce à ce secteur surprenant !
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Pour en faire partie, c’est par ici.

LES NOTES D’ETIENNE HENRI

Ce que la sortie de l’euro fera (et ne fera pas) pour vous

Je vous propose aujourd’hui d’aborder le sujet sur un mode plus pragmatique. En laissant de côté pour quelques minutes nos habitudes d’électeur, nous pouvons nous poser la question de manière ouverte : « serai-je gagnant ou perdant en cas de sortie rapide de l’euro ? »

Quelle est l’importance de l’euro dans notre économie ?

Cela fait une quinzaine d’années que nous avons cessé d’utiliser notre vénérable franc pour laisser place à l’euro. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les promesses d’embellissement économique n’ont pas eu lieu. Le taux de chômage est toujours proche des 10%, et l’augmentation de la richesse du pays, concentrée dans quelques mains, est imperceptible pour la grande majorité des citoyens.

Ce constat fait, il faut rappeler ce qu’est l’euro : une monnaie. Rien de plus, rien de moins.

Nombreux hommes et femmes politiques répètent à l’envi que la monnaie unique est notre seule planche de salut économique ou, au contraire, la source de tous nos maux.

Ces raccourcis simplistes sont, comme toujours, faux. L’économie est un art autant qu’une science, et les phénomènes en jeu sont complexes. Que l’on parle de durée légale du travail, de choix de la monnaie ou d’âge de la retraite, aucune variable prise individuellement n’est capable d’expliquer l’état global de la situation du pays. Les acteurs économiques (vous, moi, les entreprises et l’Etat) adaptent en permanence leur comportement en fonction des différents facteurs.

Jouer sur un seul paramètre fait généralement des gagnants et des perdants, avant que les choses ne trouvent un nouvel équilibre.

Après des mois de propagande électorale durant laquelle les certitudes des candidats ont été assénées en boucle, il leur est difficile d’admettre leur impuissance sur un sujet aussi important que l’argent que nous manipulons tous les jours…

Ce qu’aurait dû nous apprendre le pic inflationniste de 2008

Pour dissiper vos derniers doutes, je vous propose de nous remémorer le pic inflationniste du début 2008. Si nous sommes aujourd’hui toujours en train de nous dépêtrer de la crise des subprime, n’oublions pas qu’elle a débuté il y a près de 10 ans…

Le tableau était le suivant : pétrole à 100 $ le baril (il allait dépasser les 140 $ au mois de juillet), matières premières alimentaires en ébullition, économie réelle en train de caler et CAC 40 qui débutait son plongeon vers les 2 700 points.

Vous souvenez-vous de ce que nos brillants stratèges donnaient comme source de tous les maux ? L’euro, bien sûr, et son taux de change exorbitant de 1,6 pour 1 $.

La solution était simple, il suffisait que la BCE accepte de faire marcher la planche à billet pour envoyer l’euro au tapis, et tout serait réglé.
[NDLR : La Guerre des Devises, ainsi se dénomme cette curieuse lutte internationale pour affaiblir sa monnaie. Les violents mouvements de l’euro-dollar ou du yen-dollar sont les manifestations de cette guerre bizarre. Notre expert Jim Rickards a développé une stratégie exclusive pour réaliser des gains à partir des mouvements de cette Guerre des Devises. Découvrez ici son système IMPACT et ce qu’il peut vous rapporter.]

Quel dommage que l’inertie des traités européens empêchent nos brillants dirigeants d’appliquer leur formule magique. Une fois n’est pas coutume, les clivages politiques s’effaçaient face à cette évidence : un euro faible aurait pu nous sauver si la planche à billets avait pu être mise en marche… Sans l’Europe, on aurait vu ce qu’on aurait vu !

Les entreprises auraient enfin pu exporter ; notre balance commerciale serait revenue dans le vert ; les embauches auraient accéléré et le taux de chômage serait redescendu vers les mythiques 5%.

Ironie de l’Histoire, la BCE a renié son héritage germanique et a bel et bien fait tourner les rotatives pour inonder les marchés d’euros frais.

Le taux de change EUR/USD a connu un plongeon sans précédent :

EURO/USD depuis 2008

Nos dirigeants ont eu ce qu’ils n’attendaient pas : une impression monétaire digne d’un raz-de-marée et un euro dévalué de près de 40%.

Qu’est-il arrivé à notre PIB et notre taux de chômage ?

Rien.

chomage

Le chômage a continué à grimper durant ces années. Le revenu médian corrigé de l’inflation n’a quasiment pas bougé.

L’euro a perdu plus d’un tiers de sa valeur sans que notre économie ne s’améliore.

Même si l’économie est un art, il n’est pas interdit de l’aborder avec une grille de lecture cartésienne. Nous avons vu, depuis 2008, que baisser sensiblement la valeur de l’euro n’améliore pas la question du chômage et du pouvoir d’achat.

Tordons donc le cou une fois pour toute à cette idée simpliste qui consiste à dire que l’euro était « trop cher » et asphyxiait notre économie. Si cela avait été le cas, nous aurions observé un retour à l’emploi lors de la baisse de l’euro.

Cette corrélation entre la valeur de la monnaie unique et notre taux de chômage étant écartée, sur quels effets bien réels pouvons-nous baser notre réflexion ?

Monnaie forte ou monnaie faible, faites votre choix

Si nous voulons éviter les raccourcis que nous reprochons à nos hommes politiques, la rigueur de notre raisonnement nous limite aux faits dans la recherche d’effets, de causes, et de corrélations.

Nous pouvons cela dit nous autoriser cette tautologie : la seule chose que nous ayons constatée avec certitude lors de la baisse de l’euro est que la monnaie unique a perdu 40% de sa valeur depuis 2008.

Malgré cette baisse, l’euro est une monnaie qui résiste plutôt bien au temps qui passe par rapport à l’autre mastodonte : le dollar US. Lors de sa mise en circulation au 1er janvier 2002, il fallait 0,9 $ pour acheter 1 euro. Aujourd’hui, il en faut 1,06.

L’euro s’est donc légèrement apprécié face au billet vert sur la période (+17%).

A titre de comparaison, le nouveau franc français (FRF) avait connu de bien plus importantes fluctuations face au dollar. Les épisodes inflationnistes post-1968, lors du choc pétrolier de 1973 et les dévaluations dans le cadre du SME dans les années 1980 avaient érodé le pouvoir d’achat de la monnaie française de manière bien plus importante que l’euro depuis sa création.

Nous pouvons donc en conclure que la nouvelle monnaie française sera, quelle que soit son appellation, une monnaie moins forte que l’euro. Elle aura vocation à être rapidement dévaluée pour rééquilibrer les finances publiques. La baisse de cette nouvelle monnaie sera-t-elle de -15%, -30% ou -50% ?

Si le prochain gouvernement laisse un taux de change flottant entre cette monnaie et l’euro, nul ne peut prévoir exactement quelle valeur elle prendra. Le chiffre de -30% n’est qu’une hypothèse qui se base sur des ratios habituels, à prendre avec beaucoup de recul !

La seule chose certaine, c’est qu’une baisse de valeur de la monnaie légale n’a rien fait pour notre économie ces 10 dernières années. Il n’y a aucune raison que cela change dans les 10 années suivantes.

Quel effet pouvons-nous donc raisonnablement attendre en cas de sortie de l’euro ? Qui seront les gagnants et les perdants ?

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