La Chronique Agora : Simone Wapler : Pouvoir d’achat et revenu universel s’opposent- Et Varia

La Chronique Agora

Simone Wapler : Pouvoir d’achat et revenu universel s’opposent
Le pouvoir d’achat de la classe moyenne s’érode. La classe politique prétend avoir la solution magique : le revenu universel.
Bill Bonner : Les tiques s’arrêteront-elles à temps ?
Donald Trump renie ses engagements électoraux. Telles des tiques sur un chien, les initiés du Deep State ne lâchent pas.
Ferghane Azihari : « Pas d’accord commercial avec un paradis fiscal ! »
L’Union européenne préfère taxer ses ressortissants plutôt que les pousser à plus de compétitivité en recherchant la diminution des dépenses publiques.

LES NOTES DE SIMONE WAPLER
Simone Wapler

Pouvoir d’achat et revenu universel s’opposent

« Ah, c’est gratuit ? Alors vous m’en mettrez 10… Euh, non 100 plutôt ! »

Ce qui est gratuit, ce que vous obtenez sans avoir rien donné ou produit en échange, n’a pas de valeur. Le revenu universel ne redonnera pas de pouvoir d’achat, il ne fera qu’accélérer notre déclassement.

La question du « pouvoir d’achat » préoccupe les Français paraît-il. Les Echos du 16 avril sur « ces trois grands sujets qui se sont imposés dans les débats » :

« Le pouvoir d’achat par unité de consommation, tel que le mesure l’INSEE, n’a pas baissé dans le pays mais aurait plutôt stagné durant la dernière décennie. Mais le sentiment de perte de pouvoir d’achat est pourtant très fort dans l’opinion. Parce que le quinquennat a été marqué par des hausses d’impôts importantes pour les ménages, même si elles ont largement compensé les classes populaires. Par ailleurs, les dépenses contraintes, telles que le logement, mais aussi les assurances diverses, ont, elles, eu tendance à augmenter. Tous les candidats ont donc bien compris la nécessité d’être présent sur le sujet ».

Dans un style étrange et jargonneux, Les Echos admet que depuis 10 ans notre pouvoir d’achat stagne.

Les statistiques sont d’ailleurs contradictoires, voici deux exemples.

D’abord l’INSEE pour qui tout va bien de ce côté :

evolution du pouvoir d’achat depuis 1990

Puis l’OFCE, organisme dit indépendant mais très proche de l’Etat :

pouvoir d’achat par ménage
Source OFCE « austérité et pouvoir d’achat en France », Mathieu Plane

En réalité, le pouvoir d’achat est une notion très complexe, et je vous assure que le coût de la vie est différent en Corse ou dans l’agglomération lilloise.

Mais remarquez le lambeau de phrase concernant les hausses d’impôts. Bien que mal écrite, elle signifie que les hausses des impôts directs ont profité au pouvoir d’achat de ceux qui ne paient pas ces impôts. En 2014, seulement 45,6% des Français s’acquittaient de l’impôt sur le revenu…
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Le pouvoir d’achat de ceux qui paient des impôts directs s’érode

Donc, ceux qui ne paient pas d’impôts directs ont eu un gain de pouvoir d’achat mais pas les autres.

La phrase sur les dépenses contraintes est, quant à elle, assez claire : elles augmentent. Ces dépenses contraintes, ce sont le logement, l’électricité, le gaz, nos assurances, notre mutuelle santé, les diverses « mises aux normes » qu’on nous fait subir… Bref, tout ce que nous ne mettons pas dans notre caddie (version urbaine mondialisée) ou notre filet à provisions (version rurale, sans-dents).

C’est surtout en raison de ces dépenses contraintes que nous perdons du pouvoir d’achat et que nous avons l’impression que tout nous échappe.

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Bien sûr, il y a le logement. L’INSEE estime qu’il ne représente que 6% de nos dépenses.

« L’indice des prix ne retient pas les remboursements des emprunts liés à l’achat d’un logement. (…) car les remboursements d’emprunt relèvent d’opérations financières.

La part des loyers dans l’indice de prix est de 6%. Cela représente actuellement la part de ces dépenses dans l’ensemble de la consommation des ménages. Il s’agit d’un taux moyen, calculé pour l’ensemble des ménages, qu’ils soient locataires ou propriétaires. »

Nos dépenses contraintes sont à la merci de décrets

Ensuite, notre facture EDF, par exemple, devient insidieusement une feuille d’impôt supplémentaire.

De multiples autres exemples nous montrent que nous avons de moins en moins de prise sur ces « dépenses contraintes ».

Le diesel était bon pour nous mais il n’est plus bon, il faut changer de voiture…

L’isolation de notre logement n’est plus « aux normes »…

En tant que copropriétaires, nous sommes trop bêtes pour planifier nous-mêmes nos travaux, il va falloir approvisionner un compte bloqué…

De tout cela, nos chers candidats n’ont cure. Ce qu’ils veulent, c’est une mainmise totale sur nos dépenses.

La dernière chimère du revenu universel

A l’autre bout, on trouve les récipiendaires du « revenu universel ». Qui déciderait du montant de ce revenu, sur quelles bases ?

Mais ceux qui le reçoivent, pardi, car ils seront évidemment plus nombreux que ceux qui le financent. Comme c’est gratuit, eh bien, pourquoi pas 900 € ou 1 000 €, ou même 2 000 € pour ce revenu universel ? Il est bien normal que ceux qui reçoivent en veuillent toujours plus…

D’un côté ceux qui perdent du pouvoir d’achat et de l’autre ceux qui reçoivent quelque chose contre rien. Pour être élu, il suffit simplement que la seconde catégorie soit plus nombreuse. C’est cette farce qu’on appelle, de nos jours en France, la démocratie.

Note INSEE Pour comprendre… : Le pouvoir d’achat et les prix

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LES NOTES DE BILL BONNER
Bill Bonner

Les tiques s’arrêteront-elles à temps ?

Donald Trump revient peu à peu sur ses promesses de campagne. Selon nos calculs, six d’entre elles — dont l’abrogation d’Obamacare et une politique étrangère réduite — ont déjà été enterrées.

Quatre autres ont été renversées mercredi dernier. Selon le site Seeking Alpha :

« En une seule journée, le président Trump a semblé changer de position sur pas moins de quatre engagements clé ayant mené à sa victoire électorale.

Trump a dit au Wall Street Journal [mercredi dernier] que la Chine ne manipulait plus sa devise, qu’il respectait Janet Yellen et la nommerait peut-être pour un nouveau mandat à la tête de la Fed, qu’il soutiendrait l’EXIM Bank après avoir dit auparavant qu’il la ferait fermer (une bonne nouvelle pour des entreprises comme GE et Boeing) et que l’OTAN n’était plus obsolète puisqu’elle lutte contre le terrorisme ».

Dans le même entretien, Trump a déclaré qu’il pensait que le dollar « devenait trop fort », ce qui a engendré un plongeon du billet vert et une hausse de l’or.
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Quand quelques-uns conspirent contre beaucoup

D’une certaine manière, ce sont de bonnes nouvelles. « Le Donald » fait à peu près ce que quiconque dans sa position aurait fait. Il fait ce que veulent les initiés.

Maintenant que la Team Trump et le Deep State se sont mis d’accord, les affaires peuvent reprendre.

Plus besoin de se concentrer sur l’actualité politique au jour le jour ; le programme est le même que ces 30 dernières années.

Tous les gouvernements sont une conspiration menée par quelques-uns contre les plus nombreux. Appelez ça le communisme, le socialisme ou le libéralisme… le « droit divin » ou la « dictature du prolétariat » — ça n’a pas vraiment d’importance.

Le programme est le même : les initiés utilisent le gouvernement pour s’emparer du pouvoir, du statut et de l’argent grâce à la masse de ceux qui sont « hors-système ».

Ce qui compte, du point de vue de la personne moyenne, ce n’est pas le nom de l’opération mais son ampleur.

Moins il y en a, mieux on se porte. Le gouvernement qui gouverne le mieux, comme le dit Jefferson, est celui qui gouverne le moins.

Ceux qui fabriquent et ceux qui prennent

La principale différence entre les initiés et les hors-système, c’est leur manière de faire des affaires.

Les gens ordinaires passent des accords gagnant-gagnant… tentant de gagner leur vie du mieux qu’ils le peuvent.

Les initiés, eux, se basent sur des accords gagnant-perdant… des contrats privilégiés… des taxes… des guerres… des confiscations d’actifs… de la répression financière… des taux d’intérêt artificiels… et des restrictions et réglementations qui favorisent leurs secteurs.

Et tout cela s’appuie, en fin de compte, sur la puissance des autorités — qui peuvent vous démolir si vous résistez à leur programme.

Lorsque nous parlons d’accords gagnant-gagnant et d’accords gagnant-perdant, nous ne parlons pas du résultat. On ne peut jamais savoir comment un accord se terminera parce qu’on ne peut pas connaître l’avenir. Nous parlons de l’accord tel qu’il est conçu au départ.

Lorsque deux personnes dans l’économie réelle passent un accord — que ce soit aussi compliqué qu’un contrat de commercialisation ou aussi simple qu’acheter un litre de lait — chaque participant doit croire qu’il s’en trouvera mieux. Sinon, il ne passerait pas l’accord.

Gagnant-gagnant.

Mais quand les autorités imposent un nouvel impôt… larguent une bombe… ou écrivent une loi, elles imposent un mauvais accord aux gens.

Le fabricant de la bombe fait peut-être un profit, mais les personnes sur lesquelles la bombe est larguée n’ont pas d’autre choix que de l’accepter. Gagnant-perdant.

La construction de la bombe nécessite du temps et des ressources — détruisant de la richesse qui pourrait être utilisée pour d’autres choses. Lorsqu’elle explose, elle détruit encore plus de richesse.

Généralement, une personne moyenne civilisée fabrique. Il ou elle doit donner pour recevoir. Son employeur, son client — il faut les satisfaire, sans quoi on ne reçoit rien.

L’initié, lui, prend. Il se peut qu’il trime de l’aube au crépuscule lui aussi… mais la partie est truquée.

Comme un agent de la sécurité à l’aéroport ou un inspecteur du fisc, il obtient son argent qu’il fasse une chose utile ou non. Pas besoin de répondre à un cahier des charges, de fournir un vrai service ou de satisfaire un client exigeant.

Des tiques sur un chien

De sorte que la mesure du bonheur (ou de la richesse… même si l’on parle d’une richesse autre que financière) dans une société peut être exprimée simplement ainsi :

S (satisfaction) = RV (valeur réelle) de g-g – g-p

… Ce qui ne fait que planter le décor pour une observation.

Trump avait raison : pour rendre sa grandeur à l’Amérique — ou tout autre pays –, il faut « purger le marigot » de tous les accords gagnant-perdant imposés par les initiés.

Maintenant que nous voyons que M. Trump travaille avec les initiés plutôt que contre eux — il injecte de l’eau, plutôt que d’en retirer — nous pouvons deviner ce qui va se passer ensuite.

Parce que les initiés ne savent jamais quand s’arrêter.

Les autorités contrôlent le système. Et les initiés contrôlent les autorités.

Comme des tiques sur un chien.

Collectivement, ils savent peut-être que s’ils continuent à sucer le sang du pauvre cabot, l’animal rendra l’âme et ils devront se trouver un nouveau domicile.

Individuellement, cependant, aucun d’entre eux n’a de raison d’arrêter de téter.

Ils prennent, prennent, prennent… jusqu’à ce que quelque chose cède.

Historiquement, la seule chose qui puisse faire lâcher les initiés, c’est une catastrophe.

Guerre, conquête, faillite, révolution ou épidémie. Faites votre choix.

LES NOTES DE FERGHANE AZIHARI
Simone Wapler

« Pas d’accord commercial avec un paradis fiscal ! »

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a fait parvenir vendredi 31 mars aux 27 chefs d’Etat un document comportant les lignes directrices pour la négociation d’un accord commercial entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.

Ce document insiste, en son alinéa 19, sur la nécessité de conditionner la conclusion de cet accord à la garantie que le Royaume-Uni respecte certains standards en matière de concurrence fiscale. En effet, les officiels britanniques avaient averti à plusieurs reprises que le gouvernement britannique n’hésiterait pas à baisser ses prélèvements obligatoires pour compenser d’éventuelles sanctions commerciales.

Contrecarrer la concurrence fiscale pour mieux pressurer les citoyens

La réponse des gouvernements européens est tout de même ahurissante. Dans un monde normal, les dirigeants prendraient acte et tenteraient d’aménager leur fiscalité pour créer un environnement attractif et compétitif, capable d’attirer les talents et les capitaux.

Mais nos gouvernements refusent de modérer leur rapacité et préfèrent favoriser la diffusion de leurs mauvaises pratiques fiscales, quitte à affaiblir la compétitivité de tout un continent.

Que la baisse de la fiscalité en vienne à être utilisée comme une menace et une arme diplomatique en dit long sur le lamentable niveau des débats économiques qui agitent le continent européen.

Les gouvernements ne semblent pas considérer que c’est de toute manière dans l’intérêt de leurs populations respectives de payer le moins d’impôt possible, pour favoriser le développement économique.
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L’apparition d’un paradis fiscal aux portes de l’Europe serait tout à fait utile. Le fait que les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques s’élèvent en moyenne respectivement à 40% et 48% du PIB dans l’Union européenne suggère une concurrence fiscale encore trop faible qu’il conviendrait de stimuler davantage.

Dépenses publiques dans l’Union européenne 2015 (% PIB)
Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

Recettes fiscales dans l’Union européenne 2014 – 2015 (% PIB)
Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

Mercantilisme et caprices politiques

La médiocrité des discussions économiques se ressent également quand chacun laisse entrevoir la possibilité d’une guerre commerciale. Les dirigeants européens conçoivent l’ouverture du marché continental aux Britanniques comme une concession, et pensent qu’ils n’ont presque rien à perdre à fermer le marché européen aux Britanniques. En réalité, tout le monde gagnerait à pouvoir commercer librement sans avoir à subir de quelconques obstacles inutiles.

Les dirigeants européens préfèrent instaurer des barrières, quitte à aller contre les intérêts de leurs propres citoyens, car un Royaume-Uni en bonne santé « en dépit » du Brexit affaiblirait la légitimité de l’édifice communautaire.

Les partisans de l’intégration n’ont cessé de professer l’apocalypse dans l’hypothèse d’une sécession britannique. Certes, le Royaume-Uni n’est pas encore sorti de l’UE, il est donc impossible de dresser un bilan pour l’instant.

Mais comment réagirait-on si, une fois cette sortie achevée, le scénario catastrophe ne se produisait pas ? La peur de la pauvreté – qui explique encore un certain attachement vis-à-vis de l’Union européenne – n’aurait plus aucune raison d’être. L’euroscepticisme gagnerait davantage les populations.

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