Chroniques du Grand jeu ,:Sous-continent indien, Economie, Chine, Gaz, Europe

Chroniques du Grand jeu

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Quittons brièvement le Moyen-Orient où le sultan a difficilement gagné son référendum, ce qui pourrait fragiliser sa position dans une Turquie maintenant divisée comme jamais (nous y reviendrons) et où les Sukhois pilonnent les djihadistes modérés à l’ouest d’Alep en vue d’une offensive (partielle ou générale ?) de l’armée syrienne, et promenons-nous au coeur du continent-monde en train de naître.

Sberbank, la plus grosse banque russe, a l’intention de créer une structure permettant l’importation directe d’or russe par l’Inde sans passer par les intermédiaires financiers habituels. Voilà une information moins bruyante qu’un Kalibr mais qui vaut son pesant de métal jaune… Car en filigrane se devine l’objectif final : se passer du dollar, pilier indispensable de la puissance américaine.

A rapprocher de ce qui s’est récemment passé entre l’ours et le dragon :

Une nouvelle est passée à peu près inaperçue quelques semaines avant le false flag chimique de Khan Cheikhoun. La banque centrale russe a ouvert son premier bureau à l’étranger à Pékin le 14 mars, à un moment où la Russie va pour la première fois de son histoire lancer un emprunt en yuans chinois.

Fin mars, le dragon renvoyait la pareille en ouvrant une banque de compensation à Moscou afin gérer les transactions en yuans et de créer en Russie un pool de liquidités en RMB facilitant le commerce bilatéral en monnaies nationales. Ce centre pourrait devenir un important hub financier dans le cadre de l’Union Economique Eurasienne et les nouvelles routes de la Soie chinoises.

Mais surtout, les discussions avancent sur l’établissement d’un étalon-or commun aux deux pays au moment où les monnaies occidentales deviennent chaque jour un peu plus des monnaies de singe. Il est même évoqué l’éventualité de paiements commerciaux en or !

Cela fait un certain temps que l’ours et le dragon nous mijotent quelque chose avec le métal précieux. Il y a deux ans, nous écrivions :

La Russie poursuit sa boulimie d’or, achetant tout ce qui passe à portée de main. Depuis deux ans, Vladimir Goldfingerovitch rachète l’or sur le marché, laissant les analystes dans une délicieuse expectative. Pour certains, il se prépare à la guerre économique menée par les Etats-Unis. Pour d’autres, c’est bien plus énorme : il force les Américains à revenir à la convertibilité dollar-or abandonnée en 1971.

Le Kremlin ne cache plus son intention de faciliter les transactions en or pour les échanges au sein des BRICS, dont les compagnies investissent d’ailleurs dans les champs aurifères sibériens. Les BRICS pesant à peu près autant que le G7 – environ un tiers du PIB mondial pour chacun-, un abandon du dollar (qui a déjà commencé avec le commerce en monnaies locales) serait dévastateur pour l’empire US.

Notons par ailleurs que Gazprom commencera ses livraisons de GNL à l’Inde en 2018, dans la foulée de ce qui s’était décidé l’année dernière à Goa, sommet pas si inutile que ça finalement… Certes, la voie maritime est potentiellement sujette aux interférences impériales, mais un pipe continental est pour l’instant très difficile à mettre en oeuvre.

Pour New Delhi, un passage via le territoire du frère ennemi pakistanais semble exclu en l’état actuel des choses. Des ouvertures avaient été faites à la Chine pour un gigantesque gazoduc russo-sino-indien mais ce genre de projet prend du temps et rien de concret n’existe encore. On se contentera de GNL pour l’instant.

Le dragon, justement. 28 (!) chefs d’Etat et de gouvernement assisteront le mois prochain à Pékin à un sommet consacré aux routes de la Soie – à ma connaissance, c’est un record pour un événement de ce type.

Ce pharaonique réseau allant d’un bout à l’autre de l’Eurasie, dans lequel les Chinois ont déjà investi 50 Mds de $ et qui intéresse jusqu’à l’Egypte, comprendra voies ferrées, autoroutes, oléoducs et gazoducs, câblages électriques et internet, infrastructures maritimes etc. MacKinder se retourne dans sa tombe…

Vladimirovitch assistera évidemment à la grande fiesta eurasiatique. Les relations entre Pékin et Moscou sont au beau fixe, la coopération toujours plus poussée dans un spectre élargi de domaines, les liens économiques plus forts (la Chine vient de dépasser l’Allemagne comme premier fournisseur de machinerie à la Russie) et les discussions avancent pour connecter les nouvelles routes de la Soie et l’Union Economique Eurasienne.

Parmi les autres dirigeants présents, relevons le Pakistan (mais pas l’Inde !), l’Italie, la Hongrie, la Pologne, l’Espagne, la Suisse, la Grèce, les cinq -stan, l’Indonésie, Duterte des Philippines et même le Chili et l’Argentine. Quant à la triade euro-vassale de l’empire (Allemagne, France et Royaume-Uni), elle n’enverra que des hauts représentants. Certains .

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