BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (28 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE. par conseilesperanceduroi ;I.Pas un seul jour sans attaque de Fillon-et varia

BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (28 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.
par conseilesperanceduroi
I.Pas un seul jour sans attaque de Fillon

Pas un média écrit autorisé, pas une radio officielle qui QUOTIDIENNEMENT, sans exception, ne nous assène qui sa dernière révélation (même anecdotique), qui sa dernière enquête alimentée par le secret de l’instruction, qui son dernier témoignage à charge, qui son dernier éditorial vinaigré, qui son dernier entretien avec un redresseur de tort ou une militante de la cause des femmes exploitées par leur conjoint, qui sa vision littéraire ou cinématographique de la vie des dames chaisières de Sablé-sur-Sarthe, qui le pamphlet prétendument comique d’un pitre à la mode, etc. Pas un seul jour sans attaque de Fillon. C’en est épuisant. Mais ne croyez surtout pas qu’il s’agisse d’attaques concertées. Ne croyez surtout pas que ce soit, tout simplement, un coup monté. Ne croyez même pas que ce soit une quelconque nécessité alors que tout cela n’est que le fruit…du hasard. Comme le sont les mêmes attaques et les mêmes insultes à l’encontre de Marine Le Pen et de son parti, de Vladimir Poutine ou de Donald Trump : pas un jour non plus.

Alors, ne nous étonnons pas que François Fillon ait décidé (avec hélas la somme des maladresses qui ont déjà émaillé sa défense) de poursuivre ses attaques contre l’Elysée. Dimanche soir, plusieurs de ses proches ont même expliqué qu’ils dressaient en ce moment une liste  » des infractions – de l’exécutif – « , selon les mots d’Eric Ciotti, qui seraient mentionnées dans le fameux livre Bienvenue Place Beauvau. Police : les secrets inavouables d’un quinquennat, d’Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé (Robert Laffont, 246 pages, 19,50 euros). Et, comme l’a révélé Le Figaro, plusieurs proches de Fillon, dont Bruno Retailleau, Valérie Pécresse et Luc Chatel, ont envoyé une lettre à Eliane Houlette, chef du Parquet national financier (PNF), et François Molins, procureur de Paris, pour dénoncer des infractions révélées par le livre et réclamer une enquête.

Il est vrai qu’en deux mois, les adeptes de la droite parlementaire sont passés par tous les états depuis le début des ennuis judiciaires de François Fillon. D’abord par la stupéfaction, quand ils ont découvert la face cachée de ce candidat qui avait fait campagne sur sa probité. Puis par l’interrogation sur ses capacités à tenir le choc dans la tempête, mêlée d’inquiétude sur l’issue de cette descente aux enfers. Désormais, c’est un sentiment de résignation qui s’est emparé d’une majorité des troupes au sein du parti Les Républicains (LR).

Au fil des semaines, beaucoup ont compris que le poison des affaires, avec son lot de révélations médiatiques quotidiennes, a toutes les chances d’entretenir un feuilleton destructeur jusqu’à la présidentielle. Comme un supplice chinois. Mais, n’était-ce pas l’objectif de ceux qui sont à l’origine de cette affaire ?  » Cette campagne est plus que compliquée, et le pronostic est a priori peu favorable pour nous, se désole un lieutenant du candidat, déjà désespéré par l’issue du scrutin. La situation est grave, car les écarts dans les sondages – avec Emmanuel Macron et Marine Le Pen – sont désormais trop grands pour être rattrapés en moins de quatre semaines.  »

Les affaires ?  » Ça me porte préjudice dans la conduite de ma campagne « , a pesté François Fillon, vendredi, dans un entretien à Ouest-France, avant d’effectuer un déplacement cauchemardesque, les 24 et 25 mars, dans le Pays basque. Après qu’il eut assisté, le regard dans le vide, à une table ronde sur l’industrie du tourisme, vendredi après-midi à Anglet, puis qu’il eut tenu un meeting sans ferveur le soir même à Biarritz, une trentaine de manifestants – qui réclamaient la libération de militants basques – lui ont jeté des œufs en criant  » Fillon en prison « , samedi matin, lors de la visite d’une exploitation de piments d’Espelette, à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques). Comme si la campagne de l’ancien favori de la présidentielle était devenue maudite.

Dans son entourage, beaucoup misaient sur ses deux interventions télévisées de la semaine dernière pour remonter la pente. Au débat du 20 mars avec les autres candidats, l’ex-premier ministre s’en est bien tiré, mais sans crever l’écran. Et jeudi, sur France 2, il a émis de lourdes accusations contre François Hollande, en se disant la victime d’un  » cabinet noir  » exploitant, depuis l’Elysée, les affaires judiciaires contre lui. Samedi, il s’est également dit  » sur écoute « . Cette ligne de défense, même si on peut la comprendre et même penser qu’elle n’est pas dénuée d’arguments, ne fait pas l’unanimité dans les rangs de la droite. Hollande, grand manœuvrier des affaires contre Fillon ?  » Je n’irais pas jusque là « , a rectifié prudemment François Baroin, dimanche, sur RTL, mais sans porter le fer au sein des médias qui s’avèrent pourtant les plus acharnés contre la droite. Il est vrai que certains auraient beaucoup à perdre d’une victoire de cette dernière…

Pour résister, M. Fillon ne mène plus campagne qu’avec un carré de fidèles autour de lui, composé du sénateur Bruno Retailleau ou de la responsable de la communication, Anne Méaux. Ils sont les seuls à ne pas douter – ou en tout cas à ne pas le montrer.  » La garde rapprochée ne va pas lâcher Fillon, mais on a des doutes. Nous sommes lucides, car nous savons que nos chances de gagner sont désormais infimes « , confie un membre du premier cercle. Chez les élus fillonistes, la plupart s’efforcent de croire à un sursaut, s’accrochant au fait que leur candidat ne s’est pas totalement effondré dans le cœur de l’électorat de droite.

A les entendre, le discours  » antisystème  » de M. Fillon solidifie ce socle.  » Nos électeurs sont en colère. Ils sentent bien que la gauche est si faible qu’elle veut démettre notre candidat « , estime Annie Genevard, députée du Doubs, qui voit dans la démission du ministre de l’intérieur, Bruno Le Roux, une  » instrumentalisation « .

 » Les militants ne veulent pas se faire voler l’élection et sont éruptifs. Ils disent ne plus regarder les infos, parlent de la “télé Macron” « , témoigne à son tour Damien Meslot, député du Territoire de Belfort, qui croit lui aussi à un complot et prédit une réaction violente de la droite en cas d’élimination au premier tour.  » La volonté d’alternance est très forte, abonde Marc Le Fur, député des Côtes-d’Armor. Les électeurs de droite ne veulent pas se lancer dans l’illusion Macron ou dans l’aventure Le Pen.  » Hélas, pour le premier c’est déjà fait avec quelques têtes d’affiche de la chiraquie ou du centre qui s’y accrochent pour conserver leurs prébendes. Quant à la seconde, elle ne manquera pas de se produire quand ils auront compris que c’est désormais la seule alternative de droite aux manoeuvres de gauche.

Récemment, beaucoup d’élus LR ont constaté – comme de nombreux autres – que l’affaire des costumes de luxe a quelque peu brouillé l’image de M. Fillon.  » Il y a un fatalisme qui se mélange à un dégoût. Dans ma ville, il y a une usine Peugeot, je me vois mal défendre les costumes à 6 500 euros « , confie M. Chrétien. Même  » les gens de droite viennent nous voir en ironisant : “Fais voir ton costard”…, explique M. Muselier.

Une élue sarkozyste raconte que ses militants ne veulent même plus distribuer les tracts  » ou alors seulement la nuit et en pleine campagne « .  » Je n’ai jamais vu ça dans ma vie politique, poursuit-elle. Le noyau dur de notre électorat est atteint. Je reviens d’un repas avec 480 anciens, il reste quelques fanatisés, mais j’entends aussi des termes comme “voyou”, “pourri”, “en prison”…  »

Dans le cercle le plus éloigné, comme les élus sarkozystes ou juppéistes, beaucoup anticipent une défaite et se projettent déjà dans le combat d’après : celui des élections législatives, en juin prochain.  » Si Macron gagne, ce serait souhaitable qu’une cohabitation ait lieu grâce à une victoire massive de la droite aux législatives « , anticipe déjà un dirigeant de LR.  » On a rendu l’imperdable ingagnable, donc on ménage l’avenir en pensant au coup d’après « , confie un sarkozyste, rejoint par un autre fidèle de l’ancien chef de l’Etat :  » Désormais, on laisse Fillon perdre seul, sans trop se salir nous-mêmes, et on mène à fond la bataille des législatives pour sauver notre peau !  » Et leurs sièges…
Sale campagne.
II. Et si Ousman allait vivre ailleurs ?

Ousman Sissoko

Cinq ans après avoir massivement accordé leur vote à François Hollande, les électeurs des quartiers malfamés ne lui pardonnent pas  » sa trahison « . En renonçant aux deux promesses qu’il leur avait faites – lutter contre le délit de faciès lors des contrôles d’identité et accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales –, l’actuel président de la République a créé, paraît-il, une véritable désillusion. Au point que beaucoup ne voient plus Marine Le Pen comme l’ultime danger !

Violences policières, discriminations, chômage…  » Que peut-il arriver de pire que ce que nous vivons aujourd’hui ? Pire que d’avoir été trahis par un camp que nous pensions être notre ami ? « , s’interroge Modibo Tounkara, 30 ans, qui réside à Torcy (Seine-et-Marne) mais ne sait pas encore (faute de racines démocratiques) que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.  » Au moins, Marine Le Pen dit ce qu’elle pense.  » Le bon sens près de chez eux ! Un avis que partage Ousman Sissoko, qui avait voté Hollande en 2012 :  » C’est la première fois que je ne voterai pas. Je ne vois aucune différence entre Macron, Fillon, Mélenchon, Hamon et Marine Le Pen. Qu’importe, on est déjà dans le pire.  » Allons, encore un effort et ils finiront par voter Le Pen.

Alors que les mobilisations contre les violences policières se multiplient, le quotidien des quartiers populaires n’est pas un enjeu de campagne. Pour Youssouf, la quarantaine, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), cofondateur de l’association Ferguson in Paris :  » Nous opposer le pire pour que l’on se déplace aux urnes ne marche plus. Le FN a déjà gagné. Leurs idées sont déjà là.  » En 2012, l’association avait monté des ateliers consacrés au vote pour les jeunes, mettant en avant l’engagement de François Hollande en faveur de la mise en place d’un récépissé.  » Cette année, nous ne faisons rien, poursuit Youssouf. On ne saurait pas quoi dire.  » Mais pourquoi  » Le FN a déjà gagné  » ? C’est ça la vraie question à se poser.

A Argenteuil (Val-d’Oise), Abdellah Boudour, 31 ans et fondateur de Forces des mixités, qui avait jusque-là toujours voté, ne s’en cache pas non plus : cette année, il boudera les urnes. Au premier tour comme au second :  » Aucun politique ne se mouille pour les quartiers, ils nous méprisent et en ont marre de nous.  »

L’air un peu égaré,  » Bibi « , 20 ans, tourne en rond sur son vélo, aux abords de l’immense esplanade située au cœur du quartier de la Grande Borne, à Grigny (Essonne) :  » Mon vote ne changera rien, y a tout qui est déjà niqué, souffle-t-il. Marine Le Pen ne me fait pas peur, on est déjà tellement dans la merde.  » Un second plan national de rénovation urbaine (PNRU2) a été mis en place avec une enveloppe de 5 milliards d’euros, récemment portée à 6 milliards pour la période 2014-2024.  » La rénovation, ce n’est pas si mal, commente le jeune homme. Mais ça ne change rien à ma vie. Moi, tout ce que je veux, c’est du boulot.  » Il cherche un emploi depuis des mois. En vain. Dans les quartiers dits prioritaires, le taux de chômage reste deux fois et demie plus élevé que la moyenne nationale, indiquait déjà la Cour des comptes en 2012. Alors qu’est-ce que la priorité de ces quartiers ? Et pourquoi gâcher autant d’argent pour rien ?
Et si Modibo, Ousman, Youssouf, Abdellah, Bibi et les autres retournaient vivre dans le pays de leurs ancêtres ? Cela ne serait-il pas mieux pour tout le monde ?

III. Vous souvenez-vous du LuxLeaks ?

En 2014 déjà, l’affaire LuxLeaks montrait comment le Grand-Duché de Luxembourg et son Premier ministre (pendant dix-neuf ans), Jean-Claude Juncker, actuel président de la Commission européenne, avaient organisé et couvert une gigantesque entreprise de fuite de capitaux et de détournement fiscal (Lire « Tous pourris, vieux refrain aussi » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/11/10/bulletin-climatique-quotidien-10-novembre-2014de-la-republique-francaise/).
Eh bien sachez que…rien n’a changé depuis .

Jean-Claude Juncker faisant mine d’en être étonné

L’ONG britannique Oxfam a dénoncé lundi les bénéfices réalisés par les vingt plus grandes banques européennes dans des pays comme le Luxembourg ou l’Irlande, « en décalage flagrant » avec l’activité qu’elles y déclarent. « Nous pointons le décalage entre l’activité déclarée par les banques dans les paradis fiscaux et l’activité réelle qu’elles y ont. C’est énorme! » a affirmé à l’AFP Manon Aubry, co-auteur du rapport, lors d’un événement organisé par l’ONG au coeur de Paris pour la sortie du rapport.

A la station de métro Luxembourg, des faux banquiers de l’ONG se sont avancés sur un tapis rouge comme pour prendre l’avion avec des mallettes portant les noms de grandes banques français comme Crédit Agricole, Société Générale, BNP Paribas ou encore BPCE. « C’est notre façon de mettre en image l’envol des bénéfices des banques vers le Luxembourg spécifiquement », a expliqué Mme Aubry. « Ce n’est pas le seul pays, mais c’est celui qui ressort le plus de notre étude, les banques européennes y ayant déclaré collectivement plus de 4,9 milliards de bénéfices », a-t-elle ajouté.

A un mois du premier tour de l’élection présidentielle, l’ONG a voulu attirer l’attention des candidats. « Je n’ai pas entendu beaucoup d’entre eux faire des propositions concrètes dans la lutte contre les paradis fiscaux », a affirmé Mme Aubry.

Selon l’ONG, qui publie cette étude avec le réseau Fair Finance Guide International, les banques européennes « déclarent 26% de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux, soit 25 milliards d’euros en 2015, mais seulement 12% de leur chiffre d’affaires et 7% de leurs employés ».

Ces mêmes établissements déclarent même « au global 628 millions d’euros (de bénéfices) dans des paradis fiscaux où elles n’ont pourtant aucun employé ».

Cette « utilisation abusive des paradis fiscaux » peut permettre aux banques de « délocaliser artificiellement leurs bénéfices pour réduire leur contribution fiscale, faciliter l’évasion fiscale de leurs clients ou contourner leurs obligations règlementaires », souligne Oxfam.

Oxfam classe parmi les paradis fiscaux les Etats figurant dans les principales listes en la matière, dont celles de l’OCDE et du Fonds monétaire international. Elle y ajoute d’autres pays selon des critères propres comme un taux d’imposition effectif faible.

Les auteurs de l’étude s’appuient sur des données « pays par pays » dont la publication a été rendue obligatoire pour les banques par l’Union européenne à des fins de transparence. Le Luxembourg, l’Irlande et Hong-Kong font partie des paradis fiscaux privilégiés par les établissements étudiés. Rappelons que les deux premiers font partie de l’Union européenne. Que fait celle-ci pour récupérer les fonds détournés ?

En Irlande, cinq banques – la britannique RBS, la française Société Générale, l’italienne UniCredit et les espagnoles Santander et BBVA – « ont même obtenu une rentabilité supérieure à 100% et dégagent plus de bénéfices qu’elles ne font de chiffre d’affaires », souligne Oxfam.

Selon cette étude, le taux d’imposition des banques étudiées s’élève en moyenne à 6% et descend à 2% pour certaines banques, « bien en deçà du taux normalement en vigueur de 12,5%, déjà le plus faible de l’Union européenne ».

Les cinq plus grandes banques françaises – BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC et Société Générale – « ont déclaré 5,5 milliards d’euros de bénéfices dans les paradis fiscaux ». Quatre d’entre elles sont notamment présentes aux Iles Caïmans, où elles ont réalisé « 174 millions d’euros de bénéfices bien qu’elles n’y emploient personne ». Etrange, non ?
Et, pendant ce temps-là, le lobby bancaire européen reçoit des liquidités énormes de la Banque centrale européenne pour alimenter le crédit aux entreprises et aux particulier mais qu’il place donc ailleurs que là où il pourrait être utile à la croissance. Cherchez l’erreur.

Le 28 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

conseilesperanceduroi | mars 28, 2017 à 5:39 | Catégories : 00-Bulletins climatiques…de la République | URL : http://wp.me/p2prhf-hS0

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BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (28 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.
par conseilesperanceduroi
I.Pas un seul jour sans attaque de Fillon

Pas un média écrit autorisé, pas une radio officielle qui QUOTIDIENNEMENT, sans exception, ne nous assène qui sa dernière révélation (même anecdotique), qui sa dernière enquête alimentée par le secret de l’instruction, qui son dernier témoignage à charge, qui son dernier éditorial vinaigré, qui son dernier entretien avec un redresseur de tort ou une militante de la cause des femmes exploitées par leur conjoint, qui sa vision littéraire ou cinématographique de la vie des dames chaisières de Sablé-sur-Sarthe, qui le pamphlet prétendument comique d’un pitre à la mode, etc. Pas un seul jour sans attaque de Fillon. C’en est épuisant. Mais ne croyez surtout pas qu’il s’agisse d’attaques concertées. Ne croyez surtout pas que ce soit, tout simplement, un coup monté. Ne croyez même pas que ce soit une quelconque nécessité alors que tout cela n’est que le fruit…du hasard. Comme le sont les mêmes attaques et les mêmes insultes à l’encontre de Marine Le Pen et de son parti, de Vladimir Poutine ou de Donald Trump : pas un jour non plus.

Alors, ne nous étonnons pas que François Fillon ait décidé (avec hélas la somme des maladresses qui ont déjà émaillé sa défense) de poursuivre ses attaques contre l’Elysée. Dimanche soir, plusieurs de ses proches ont même expliqué qu’ils dressaient en ce moment une liste  » des infractions – de l’exécutif – « , selon les mots d’Eric Ciotti, qui seraient mentionnées dans le fameux livre Bienvenue Place Beauvau. Police : les secrets inavouables d’un quinquennat, d’Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé (Robert Laffont, 246 pages, 19,50 euros). Et, comme l’a révélé Le Figaro, plusieurs proches de Fillon, dont Bruno Retailleau, Valérie Pécresse et Luc Chatel, ont envoyé une lettre à Eliane Houlette, chef du Parquet national financier (PNF), et François Molins, procureur de Paris, pour dénoncer des infractions révélées par le livre et réclamer une enquête.

Il est vrai qu’en deux mois, les adeptes de la droite parlementaire sont passés par tous les états depuis le début des ennuis judiciaires de François Fillon. D’abord par la stupéfaction, quand ils ont découvert la face cachée de ce candidat qui avait fait campagne sur sa probité. Puis par l’interrogation sur ses capacités à tenir le choc dans la tempête, mêlée d’inquiétude sur l’issue de cette descente aux enfers. Désormais, c’est un sentiment de résignation qui s’est emparé d’une majorité des troupes au sein du parti Les Républicains (LR).

Au fil des semaines, beaucoup ont compris que le poison des affaires, avec son lot de révélations médiatiques quotidiennes, a toutes les chances d’entretenir un feuilleton destructeur jusqu’à la présidentielle. Comme un supplice chinois. Mais, n’était-ce pas l’objectif de ceux qui sont à l’origine de cette affaire ?  » Cette campagne est plus que compliquée, et le pronostic est a priori peu favorable pour nous, se désole un lieutenant du candidat, déjà désespéré par l’issue du scrutin. La situation est grave, car les écarts dans les sondages – avec Emmanuel Macron et Marine Le Pen – sont désormais trop grands pour être rattrapés en moins de quatre semaines.  »

Les affaires ?  » Ça me porte préjudice dans la conduite de ma campagne « , a pesté François Fillon, vendredi, dans un entretien à Ouest-France, avant d’effectuer un déplacement cauchemardesque, les 24 et 25 mars, dans le Pays basque. Après qu’il eut assisté, le regard dans le vide, à une table ronde sur l’industrie du tourisme, vendredi après-midi à Anglet, puis qu’il eut tenu un meeting sans ferveur le soir même à Biarritz, une trentaine de manifestants – qui réclamaient la libération de militants basques – lui ont jeté des œufs en criant  » Fillon en prison « , samedi matin, lors de la visite d’une exploitation de piments d’Espelette, à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques). Comme si la campagne de l’ancien favori de la présidentielle était devenue maudite.

Dans son entourage, beaucoup misaient sur ses deux interventions télévisées de la semaine dernière pour remonter la pente. Au débat du 20 mars avec les autres candidats, l’ex-premier ministre s’en est bien tiré, mais sans crever l’écran. Et jeudi, sur France 2, il a émis de lourdes accusations contre François Hollande, en se disant la victime d’un  » cabinet noir  » exploitant, depuis l’Elysée, les affaires judiciaires contre lui. Samedi, il s’est également dit  » sur écoute « . Cette ligne de défense, même si on peut la comprendre et même penser qu’elle n’est pas dénuée d’arguments, ne fait pas l’unanimité dans les rangs de la droite. Hollande, grand manœuvrier des affaires contre Fillon ?  » Je n’irais pas jusque là « , a rectifié prudemment François Baroin, dimanche, sur RTL, mais sans porter le fer au sein des médias qui s’avèrent pourtant les plus acharnés contre la droite. Il est vrai que certains auraient beaucoup à perdre d’une victoire de cette dernière…

Pour résister, M. Fillon ne mène plus campagne qu’avec un carré de fidèles autour de lui, composé du sénateur Bruno Retailleau ou de la responsable de la communication, Anne Méaux. Ils sont les seuls à ne pas douter – ou en tout cas à ne pas le montrer.  » La garde rapprochée ne va pas lâcher Fillon, mais on a des doutes. Nous sommes lucides, car nous savons que nos chances de gagner sont désormais infimes « , confie un membre du premier cercle. Chez les élus fillonistes, la plupart s’efforcent de croire à un sursaut, s’accrochant au fait que leur candidat ne s’est pas totalement effondré dans le cœur de l’électorat de droite.

A les entendre, le discours  » antisystème  » de M. Fillon solidifie ce socle.  » Nos électeurs sont en colère. Ils sentent bien que la gauche est si faible qu’elle veut démettre notre candidat « , estime Annie Genevard, députée du Doubs, qui voit dans la démission du ministre de l’intérieur, Bruno Le Roux, une  » instrumentalisation « .

 » Les militants ne veulent pas se faire voler l’élection et sont éruptifs. Ils disent ne plus regarder les infos, parlent de la “télé Macron” « , témoigne à son tour Damien Meslot, député du Territoire de Belfort, qui croit lui aussi à un complot et prédit une réaction violente de la droite en cas d’élimination au premier tour.  » La volonté d’alternance est très forte, abonde Marc Le Fur, député des Côtes-d’Armor. Les électeurs de droite ne veulent pas se lancer dans l’illusion Macron ou dans l’aventure Le Pen.  » Hélas, pour le premier c’est déjà fait avec quelques têtes d’affiche de la chiraquie ou du centre qui s’y accrochent pour conserver leurs prébendes. Quant à la seconde, elle ne manquera pas de se produire quand ils auront compris que c’est désormais la seule alternative de droite aux manoeuvres de gauche.

Récemment, beaucoup d’élus LR ont constaté – comme de nombreux autres – que l’affaire des costumes de luxe a quelque peu brouillé l’image de M. Fillon.  » Il y a un fatalisme qui se mélange à un dégoût. Dans ma ville, il y a une usine Peugeot, je me vois mal défendre les costumes à 6 500 euros « , confie M. Chrétien. Même  » les gens de droite viennent nous voir en ironisant : “Fais voir ton costard”…, explique M. Muselier.

Une élue sarkozyste raconte que ses militants ne veulent même plus distribuer les tracts  » ou alors seulement la nuit et en pleine campagne « .  » Je n’ai jamais vu ça dans ma vie politique, poursuit-elle. Le noyau dur de notre électorat est atteint. Je reviens d’un repas avec 480 anciens, il reste quelques fanatisés, mais j’entends aussi des termes comme “voyou”, “pourri”, “en prison”…  »

Dans le cercle le plus éloigné, comme les élus sarkozystes ou juppéistes, beaucoup anticipent une défaite et se projettent déjà dans le combat d’après : celui des élections législatives, en juin prochain.  » Si Macron gagne, ce serait souhaitable qu’une cohabitation ait lieu grâce à une victoire massive de la droite aux législatives « , anticipe déjà un dirigeant de LR.  » On a rendu l’imperdable ingagnable, donc on ménage l’avenir en pensant au coup d’après « , confie un sarkozyste, rejoint par un autre fidèle de l’ancien chef de l’Etat :  » Désormais, on laisse Fillon perdre seul, sans trop se salir nous-mêmes, et on mène à fond la bataille des législatives pour sauver notre peau !  » Et leurs sièges…
Sale campagne.
II. Et si Ousman allait vivre ailleurs ?

Ousman Sissoko

Cinq ans après avoir massivement accordé leur vote à François Hollande, les électeurs des quartiers malfamés ne lui pardonnent pas  » sa trahison « . En renonçant aux deux promesses qu’il leur avait faites – lutter contre le délit de faciès lors des contrôles d’identité et accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales –, l’actuel président de la République a créé, paraît-il, une véritable désillusion. Au point que beaucoup ne voient plus Marine Le Pen comme l’ultime danger !

Violences policières, discriminations, chômage…  » Que peut-il arriver de pire que ce que nous vivons aujourd’hui ? Pire que d’avoir été trahis par un camp que nous pensions être notre ami ? « , s’interroge Modibo Tounkara, 30 ans, qui réside à Torcy (Seine-et-Marne) mais ne sait pas encore (faute de racines démocratiques) que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.  » Au moins, Marine Le Pen dit ce qu’elle pense.  » Le bon sens près de chez eux ! Un avis que partage Ousman Sissoko, qui avait voté Hollande en 2012 :  » C’est la première fois que je ne voterai pas. Je ne vois aucune différence entre Macron, Fillon, Mélenchon, Hamon et Marine Le Pen. Qu’importe, on est déjà dans le pire.  » Allons, encore un effort et ils finiront par voter Le Pen.

Alors que les mobilisations contre les violences policières se multiplient, le quotidien des quartiers populaires n’est pas un enjeu de campagne. Pour Youssouf, la quarantaine, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), cofondateur de l’association Ferguson in Paris :  » Nous opposer le pire pour que l’on se déplace aux urnes ne marche plus. Le FN a déjà gagné. Leurs idées sont déjà là.  » En 2012, l’association avait monté des ateliers consacrés au vote pour les jeunes, mettant en avant l’engagement de François Hollande en faveur de la mise en place d’un récépissé.  » Cette année, nous ne faisons rien, poursuit Youssouf. On ne saurait pas quoi dire.  » Mais pourquoi  » Le FN a déjà gagné  » ? C’est ça la vraie question à se poser.

A Argenteuil (Val-d’Oise), Abdellah Boudour, 31 ans et fondateur de Forces des mixités, qui avait jusque-là toujours voté, ne s’en cache pas non plus : cette année, il boudera les urnes. Au premier tour comme au second :  » Aucun politique ne se mouille pour les quartiers, ils nous méprisent et en ont marre de nous.  »

L’air un peu égaré,  » Bibi « , 20 ans, tourne en rond sur son vélo, aux abords de l’immense esplanade située au cœur du quartier de la Grande Borne, à Grigny (Essonne) :  » Mon vote ne changera rien, y a tout qui est déjà niqué, souffle-t-il. Marine Le Pen ne me fait pas peur, on est déjà tellement dans la merde.  » Un second plan national de rénovation urbaine (PNRU2) a été mis en place avec une enveloppe de 5 milliards d’euros, récemment portée à 6 milliards pour la période 2014-2024.  » La rénovation, ce n’est pas si mal, commente le jeune homme. Mais ça ne change rien à ma vie. Moi, tout ce que je veux, c’est du boulot.  » Il cherche un emploi depuis des mois. En vain. Dans les quartiers dits prioritaires, le taux de chômage reste deux fois et demie plus élevé que la moyenne nationale, indiquait déjà la Cour des comptes en 2012. Alors qu’est-ce que la priorité de ces quartiers ? Et pourquoi gâcher autant d’argent pour rien ?
Et si Modibo, Ousman, Youssouf, Abdellah, Bibi et les autres retournaient vivre dans le pays de leurs ancêtres ? Cela ne serait-il pas mieux pour tout le monde ?

III. Vous souvenez-vous du LuxLeaks ?

En 2014 déjà, l’affaire LuxLeaks montrait comment le Grand-Duché de Luxembourg et son Premier ministre (pendant dix-neuf ans), Jean-Claude Juncker, actuel président de la Commission européenne, avaient organisé et couvert une gigantesque entreprise de fuite de capitaux et de détournement fiscal (Lire « Tous pourris, vieux refrain aussi » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/11/10/bulletin-climatique-quotidien-10-novembre-2014de-la-republique-francaise/).
Eh bien sachez que…rien n’a changé depuis .

Jean-Claude Juncker faisant mine d’en être étonné

L’ONG britannique Oxfam a dénoncé lundi les bénéfices réalisés par les vingt plus grandes banques européennes dans des pays comme le Luxembourg ou l’Irlande, « en décalage flagrant » avec l’activité qu’elles y déclarent. « Nous pointons le décalage entre l’activité déclarée par les banques dans les paradis fiscaux et l’activité réelle qu’elles y ont. C’est énorme! » a affirmé à l’AFP Manon Aubry, co-auteur du rapport, lors d’un événement organisé par l’ONG au coeur de Paris pour la sortie du rapport.

A la station de métro Luxembourg, des faux banquiers de l’ONG se sont avancés sur un tapis rouge comme pour prendre l’avion avec des mallettes portant les noms de grandes banques français comme Crédit Agricole, Société Générale, BNP Paribas ou encore BPCE. « C’est notre façon de mettre en image l’envol des bénéfices des banques vers le Luxembourg spécifiquement », a expliqué Mme Aubry. « Ce n’est pas le seul pays, mais c’est celui qui ressort le plus de notre étude, les banques européennes y ayant déclaré collectivement plus de 4,9 milliards de bénéfices », a-t-elle ajouté.

A un mois du premier tour de l’élection présidentielle, l’ONG a voulu attirer l’attention des candidats. « Je n’ai pas entendu beaucoup d’entre eux faire des propositions concrètes dans la lutte contre les paradis fiscaux », a affirmé Mme Aubry.

Selon l’ONG, qui publie cette étude avec le réseau Fair Finance Guide International, les banques européennes « déclarent 26% de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux, soit 25 milliards d’euros en 2015, mais seulement 12% de leur chiffre d’affaires et 7% de leurs employés ».

Ces mêmes établissements déclarent même « au global 628 millions d’euros (de bénéfices) dans des paradis fiscaux où elles n’ont pourtant aucun employé ».

Cette « utilisation abusive des paradis fiscaux » peut permettre aux banques de « délocaliser artificiellement leurs bénéfices pour réduire leur contribution fiscale, faciliter l’évasion fiscale de leurs clients ou contourner leurs obligations règlementaires », souligne Oxfam.

Oxfam classe parmi les paradis fiscaux les Etats figurant dans les principales listes en la matière, dont celles de l’OCDE et du Fonds monétaire international. Elle y ajoute d’autres pays selon des critères propres comme un taux d’imposition effectif faible.

Les auteurs de l’étude s’appuient sur des données « pays par pays » dont la publication a été rendue obligatoire pour les banques par l’Union européenne à des fins de transparence. Le Luxembourg, l’Irlande et Hong-Kong font partie des paradis fiscaux privilégiés par les établissements étudiés. Rappelons que les deux premiers font partie de l’Union européenne. Que fait celle-ci pour récupérer les fonds détournés ?

En Irlande, cinq banques – la britannique RBS, la française Société Générale, l’italienne UniCredit et les espagnoles Santander et BBVA – « ont même obtenu une rentabilité supérieure à 100% et dégagent plus de bénéfices qu’elles ne font de chiffre d’affaires », souligne Oxfam.

Selon cette étude, le taux d’imposition des banques étudiées s’élève en moyenne à 6% et descend à 2% pour certaines banques, « bien en deçà du taux normalement en vigueur de 12,5%, déjà le plus faible de l’Union européenne ».

Les cinq plus grandes banques françaises – BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC et Société Générale – « ont déclaré 5,5 milliards d’euros de bénéfices dans les paradis fiscaux ». Quatre d’entre elles sont notamment présentes aux Iles Caïmans, où elles ont réalisé « 174 millions d’euros de bénéfices bien qu’elles n’y emploient personne ». Etrange, non ?
Et, pendant ce temps-là, le lobby bancaire européen reçoit des liquidités énormes de la Banque centrale européenne pour alimenter le crédit aux entreprises et aux particulier mais qu’il place donc ailleurs que là où il pourrait être utile à la croissance. Cherchez l’erreur.

Le 28 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

conseilesperanceduroi | mars 28, 2017 à 5:39 | Catégories : 00-Bulletins climatiques…de la République | URL : http://wp.me/p2prhf-hS0

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