Vers où va-t-on ?: Des Psy-OP à la guerre psychologique : la psychologie de la victoire-et varia

Vers où va-t-on ?

Pleine vitesse à venir pour la loi de Murphy
Des Psy-OP à la guerre psychologique : la psychologie de la victoire
Jean-Loup Izambert – Trump face à l’Europe

Pleine vitesse à venir pour la loi de Murphy

Posted: 04 Apr 2017 05:24 AM PDT
Article original de James Howard Kunstler, publié le 20 Mars 2017 sur le site kunstler.com
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

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Vous pourriez ne pas le savoir, étant donné tout le bruit ambiant du moment, mais au-delà des tourments des news et de la propagande, il y a encore quelque chose que l’on appelle la nation. C’est plus qu’un simple pacte politique. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, c’était aussi une culture, un ensemble convenu de valeurs, de pratiques et de coutumes qui constituaient une identité : je suis américain. Si vous aviez interrogé la foule au Yankee Stadium un après-midi d’été en 1947, j’imagine que chaque personne aurait répondu de cette façon, plutôt que de dire : je suis un vétéran de guerre blessé, je suis un WASP, je suis une femme au foyer opprimée, un noir, un Italien, un juif, je suis membre du syndicat, je suis communiste, je suis queer, je suis une victime de viol…

Ces jours-ci, les difficultés de l’histoire sont en train de briser la nation et notre réponse politique consiste à nous réfugier dans une matrice de rackets. La plupart de ces rackets sont économiques, parce que c’est l’essence du racket de tirer le plus grand bénéfice possible de l’objet de votre racket, au moindre coût pour le racketteur. En clair, c’est une façon organisée d’obtenir quelque chose pour rien. La politique identitaire de notre époque est une autre forme de racket – extrayant les avantages maximums actuels pour des réclamations de mauvais traitements, souvent passés, spécieux, ou seulement imaginaires.

Et donc, une des questions vraiment existentielles du moment est de savoir si nous continuerons à être une nation, même géographiquement, et beaucoup d’observateurs sensibles n’en sont pas si sûrs. Apparemment, nous ne sommes pas vraiment sûrs de vouloir même être. C’est pourquoi le slogan de Hillary Clinton, «Plus forts ensemble», a sonné si faux quand le Parti démocrate a travaillé avec tant de diligence en 2016, pour construire des fortifications identitaires distinctes et a ensuite déclaré la guerre culturelle à la majorité déclinante en dehors des remparts. Et vous êtes surpris que Donald Trump ait gagné l’élection?

Trump a gagné en faisant des promesses qu’il ne pourra jamais tenir, dans les circonstances actuelles. La principale promesse était de rétablir le niveau de vie dont jouissaient les anciens travailleurs industriels et les commis, au cours des dernières décennies. Sa promesse était basée sur une méconnaissance de l’Histoire : la notion selon laquelle l’organisation industrielle de la vie quotidienne faisait partie intégrante de la condition humaine. Vous pourriez détecter, en ce début de XXIe siècle, que ce n’est plus le cas. C’est précisément pourquoi nous avons essayé de la remplacer par une économie basée sur le racket. Quand il ne reste rien d’autre, beaucoup de gens essayent d’obtenir quelque chose pour rien, parce qu’il n’y a rien d’autre à faire.

D’où la financiarisation de l’économie. Dans les années 1950, la finance représentait environ 5% de l’économie. Sa mission était alors assez simple et juste : gérer la richesse accumulée de la nation (capital) et l’attribuer ensuite à ceux qui se proposaient de générer plus de richesses via de nouvelles activités productives, pour la plupart industrielles, à l’infini. Il s’est avéré que ad infinitum ne fonctionne pas dans un monde aux ressources finies – mais la balade a été si enivrante, que nous n’avons pas pu le croire et nous n’y arrivons toujours pas.

Avec l’industrie en état de mort clinique aux USA ou sa délocalisation (également temporaire), nous avons gonflé le système financier à près de 40% de l’économie. La nouvelle financiarisation était, en effet, une matrice de rackets en action. Ce qui avait servi auparavant pour la gestion du capital, a été autorisé à muter en diverses formes d’escroquerie et de fraude – comme le regroupement de prêts hypothécaires mal acquis en obligations gigantesques, pour ensuite les vendre à des caisses de retraite désespérées d’obtenir du « rendement » ou l’orgie de fusion et acquisition dans le milieu des soins de santé, qui ont transformé les hôpitaux en caisses enregistreuses ou les flux de revenus sur des « jeux » autour des dérivés de crédit équivalant à des paris sans possibilité de jamais être remboursés ou à des jeux de bonneteau pour arbitrer les taux d’intérêt pratiqués par les banques centrales et leurs concubins, les « gros trafiquants d’argent« .

Une partie de ce que j’ai énuméré ci-dessus peut être incompréhensible pour les lecteurs du blog. C’est parce que ces rackets ont été conçus pour être opaques et abscons. Les rackets se poursuivent, sans réglementations ni poursuites, parce qu’il y a un accord tacite, au sein du gouvernement et dans les salles des conseils d’administration, que c’est tout ce qu’il nous reste. Ce qui reste du standard de vie habituel en Amérique est soutenu par le désir et la fausseté et tout ce qui est maintenant à venir, c’est une apogée, alors que nous fonçons à toute vapeur pour devancer la loi de Murphy : si quelque chose peut aller mal, cela arrivera.

Quand toute l’Amérique se rendra compte que le Président Trump ne sait pas ce qu’il fait, cela fera passer la dépression nerveuse nationale de novembre dernier pour un cas momentané de vapeurs. Ce mauvais karma attend les marchés, les banques, les devises et les énormes dark pools d’obligations de contrepartie qui forment des trous noirs, où les notions de valeur sont aspirées en dehors de notre univers. Il y a tellement de choses qui peuvent mal tourner. Mais cela adviendra. Et puis, peut-être que cela nous amènera à envisager d’être à nouveau une nation.

James Howard Kunstler

Des Psy-OP à la guerre psychologique : la psychologie de la victoire

Posted: 04 Apr 2017 05:20 AM PDT
Article original de Colonel Paul E. Valley et le Major Michael A. Aquino 1, publié en 1980 sur le site US Army
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Si nous n’acceptons pas Excalibur, nous renonçons à notre capacité à inspirer les cultures étrangères avec notre moralité

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7e Groupe des opérations psychologiques Réserve de l’armée américaine
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Guerre psychologique
Le vrai champ de bataille est l’esprit

Introduction par Michael A. Aquino – Novembre 2003

À la fin des années 1970, la doctrine des opérations psychologiques (psy-Op) dans l’armée américaine n’avait pas encore émergé de la déception et de la frustration de la guerre du Vietnam. C’est ainsi qu’en 1980 le colonel Paul Vallely 2, m’a demandé, en tant que responsable au quartier général de l’équipe de psy-OP Research and Analysis (FA), de rédiger un article qui encouragerait une réflexion future au sein de la communauté psy-OP. Il ne voulait pas d’une analyse post-mortem du Vietnam, mais plutôt de quelques idées fraîches et novatrices concernant l’évolution et l’application des psy-OP.

J’ai préparé une ébauche initiale, que le colonel Vallely a passé en revue et annotée, qui a abouti à une révision des ébauches et des critiques jusqu’à ce qu’elles soient satisfaisantes. C’est ce qui a donné ce papier : Des psy-OP à la guerre psychologique : La psychologie de la victoire. 3.
Le Colonel Vallely en a envoyé des copies à divers bureaux gouvernementaux, agences, commandements et publications impliqués ou intéressés par les psy-OP. Il ne l’a pas conçu comme un article à publier, mais simplement comme un « document parlant » pour stimuler le dialogue. En cela, cela a été une réussite, à en juger par le nombre de lettres très argumentées, reçues depuis plusieurs mois.

Cela aurait dû être la fin de ce Mindwar ou guerre psychologique : une « étude de cas » mineure qui avait fait son modeste effet.

Avec l’apparition d’Internet dans les années 1980, cependant, la guerre psychologique a eu une seconde naissance entièrement inattendue – et quelque peu comique. Je fais allusion à sa réputation grandissante, due à son titre « sinistre » qui lui a rapidement fait gagner une réputation épouvantable de théorie conspirationniste. Le moulin à rumeur a bientôt transformé ce texte en un modèle orwellien pour le contrôle des esprits, du type Manchurian Candidate, pour la domination du monde. Ma propre image en tant que personnalité occulte a ajouté du carburant au feu : La guerre psychologique était maintenant vantée par la frange lunatique comme preuve concluante que le Pentagone trempe dans la magie noire et le culte du diable.

Maintenant que cet opéra absurdement comique a quelque peu disparu, j’ai pensé qu’il serait intéressant de faire une copie complète et exacte du document disponible, avec une introduction et quelques annotations historico-rétrospectives pour le placer dans un contexte raisonnable. Après tout, il a eu – et a peut-être encore – quelque chose de valable à dire.

Au sein des forces armées des États-Unis, les psy-OP ont habituellement été reléguées au second plan en tant que « multiplicateur de force ». Les principales décisions stratégiques étaient prises en tenant compte des intérêts et des buts politiques et militaires. C’est seulement alors que les psy-OP étaient invitées à participer pour aider à réaliser plus efficacement les missions déjà convenues.

La guerre psychologique inverse cette tendance. Les moyens psychologiques pour parvenir à la victoire – essentiellement en convainquant l’ennemi qu’il veut vraiment mettre ses politiques nationales en harmonie avec les nôtres – sont façonnés à l’appui des objectifs politiques fondamentaux. L’utilisation de la force militaire ordinaire (bombes, balles, etc.) est considérée comme un dernier recours dans des situations où la guerre psychologique échoue.

L’avantage de la guerre psychologique est qu’elle mène des guerres non létales, sans blessures et non destructrices. Essentiellement, vous submergez votre ennemi avec un argumentaire. Vous prenez le contrôle de tous les moyens par lesquels son gouvernement et la population traitent l’information pour se décider, et vous l’ajustez pour que ces esprits soient formatés comme vous le désirez. Tout le monde est heureux, personne n’est blessé ou tué, et rien n’est détruit.

La guerre ordinaire, d’autre part, se caractérise par son manque de raison objective d’en arriver là. Les antagonistes mutilent ou se tuent les uns ou les autres, volent ou se détruisent les uns ou les autres, jusqu’à ce qu’un côté soit tellement affaibli qu’il renonce [ou que les deux camps soient si malmenés qu’ils s’arrêtent sans victoire]. Après une telle guerre, il y a une misère durable, de la haine et beaucoup de souffrances.

Les seuls perdants dans la guerre psychologique sont les profiteurs de guerre : les entreprises et les sociétés qui s’engraissent sur les commandes d’hélicoptères, de chars, de canons, de munitions, etc. Par conséquent, on peut compter que ce que le président Dwight Eisenhower a appelé le « complexe militaro-industriel » résiste à la mise en œuvre de cette guerre psychologique comme doctrine régissant le conflit stratégique.

C’est l’argumentaire de vente de la guerre psychologique sous sa forme la plus simplifiée.
Alors que dans les années 1980, je n’avais aucune raison de penser que ce document aurait eu un effet officiel sur la doctrine psy-OP des USA au sein ou au-delà de l’armée, c’est avec une certaine fascination que j’ai vu ses prescriptions appliquées pendant la première guerre du Golfe, et avec plus d’évidence lors de l’invasion de l’Irak en 2003. Dans les deux cas, des psy-OP extrêmes ont été dirigés à la fois contre l’objet de l’attaque et contre la perception et l’opinion des internautes américains en 2003, dans la mesure où ils « incorporaient » des journalistes avec des unités militaires pour canaliser fatalement leurs perspectives et leurs perceptions.

L’impact même de ces techniques mineures de guerre psychologique a été remarquable. Un climat psychologique inexorable de victoire des États-Unis a été créé et a été soutenu à la fois aux États-Unis et en Irak, ce qui a accéléré cette victoire sur le terrain.

De manière moins positive, l’échec de la guerre psychologique, dans ce cas, à être guidé par les principes les plus rigoureux de la vérité et l’éthique a tout aussi inexorablement conduit à une substantielle évaporation de ce climat euphorique après la victoire. C’est là que se trouve le talon d’Achille de la guerre psychologique. En invoquant les émotions et les engagements les plus intenses de son public, il faut livrer la « marchandise » telle qu’elle est jugée par les publics cibles. Si les valeurs éthiques de cet auditoire ne sont pas respectées – si la guerre psychologique est utilisée uniquement au service de motivations et d’objectifs cachés – la « désintoxication » qui en résulte peut être fracassante sur le plan social.

En 1987, j’ai rédigé un document de recherche plus approfondi pour l’Université de la Défense nationale concernant l’éthique des psy-OP. En particulier, si la guerre psychologique doit effectivement être utilisée comme un élément de la politique étrangère des États-Unis, je ne peux que trop insister sur la nécessité de sa subordination aux principes les plus stricts et les plus éclairés de l’humanité, comme il est dit dans ce document, Opérations psychologiques : La dimension éthique, qui est également disponible sur le site http://www.xeper.org/maquino.

Examinons maintenant cet article sur la guerre psychologique (MindWar) lui-même écrit en 1980. En plus de ses notes de bas de page originales (qui identifient généralement des sources), j’en ai ajouté quelques nouvelles pour les mettre en évidence ou en critiquer certaines. Ces nouvelles notes de bas de page sont identifiées par [MA2003] à leur début.
Des psy-OP à la MindWar (guerre psychologique) : La psychologie de la victoire

Note du traducteur

Pour le reste du texte, nous garderons le terme MindWar choisi par l’auteur.

L’article du LTC John Alexander’s dans Military Review à l’appui de « psychotronics » – intelligence et emploi opérationnel de ESP – a été décidément provocateur. 4 La critique de la recherche dans ce domaine, basée comme il se doit sur les frontières de la science, rappelle les rires qui ont accueilli le scientifique italien Spallanzani en 1794 quand il a suggéré que les chauves-souris se déplacent dans le noir au moyen de ce que nous appelons maintenant le sonar. « Si elles voient avec leurs oreilles, alors entendent-elles avec leurs yeux ? », disait la plaisanterie. Mais je soupçonne que la marine américaine est assez heureuse que quelqu’un ait pris l’idée avec suffisamment de sérieux pour poursuivre les recherches. 5.

La recherche psychotronique en est à ses balbutiements, mais l’armée américaine possède déjà des systèmes d’armes opérationnels conçus pour faire ce que le LTC Alexandre voudrait que l’ESP fasse – sauf que ce système d’armes utilise les moyens de communication existants. Il cherche à cartographier les esprits des individus neutres et des ennemis, puis à les modifier en fonction des intérêts nationaux des États-Unis. Il le fait à grande échelle, englobant les unités militaires, les régions, les nations et les blocs. Sous sa forme actuelle, c’est appelé Opérations psychologiques (psy-OP).

Est-ce que les psy-OP fonctionnent, ou est-ce simplement un cosmétique pour lequel les commandants sur le terrain préfèreraient ne pas être dérangés ?

Si la question avait été posée en 1970, la réponse aurait été que les psy-OP fonctionnent très bien. En 1967 et 1968 seulement, 29 276 soldats Viet Cong / NVA (l’équivalent de 95 bataillons d’infanterie ennemis) se sont rendus aux forces de l’ARVN ou du MACV dans le cadre du programme d’amnistie de Chieu Hoi, principal effort de psy-OP de la guerre du Vietnam. À l’époque, le MACV estimait que l’élimination de ce même nombre de troupes au combat nous coûterait 6 000 morts. 6.

D’autre part, nous avons perdu la guerre – non pas parce que nous étions hors de combat, mais parce que nous avons été attaqués par une psy-OP. Notre volonté nationale de victoire a été attaquée plus efficacement que nous n’avons attaqué celle du nord vietnamien et du Viet Cong et la perception de ce fait a encouragé l’ennemi à s’accrocher jusqu’à ce que les États-Unis soient finalement brisés et rentrent en courant à la maison.

Notre psy-OP a échoué. Elle a échoué non pas parce que ses principes étaient faux, mais plutôt parce qu’elle a été dépassée par la psy-OP de l’ennemi. Les efforts de l’Armée de terre ont connu des succès impressionnants, mais notre propre psy-OP n’a pas réellement changé les esprits de la population ennemie ni défendu la population américaine contre la propagande de l’ennemi. De plus, la psy-OP de l’ennemi était tellement forte – il n’y a pas d’armée plus grande ou de meilleures armes – qu’elle a vaincu tous les Cobras et Spookys et ACAV et B52 que nous avons mis sur le terrain. La leçon n’est pas d’ignorer notre propre capacité psy-OP, mais plutôt de la changer et de la renforcer afin qu’elle puisse faire exactement ce genre de chose à notre ennemi lors de la prochaine guerre. Avoir du meilleur matériel est appréciable, mais seul, il ne changera rien si nous ne gagnons pas la guerre des esprits.

La première chose qu’il faut surmonter est une vision des psy-OP qui les limite à une routine, prévisible, trop évidente et donc marginalement efficace avec des applications « dépliants et haut-parleur ». Les dispositifs de ce type ont leur place, mais ils ne devraient être qu’un accessoire de l’effort principal. Cet effort principal ne peut commencer au niveau d’une compagnie ou d’une division. Il doit provenir du niveau national. Il doit renforcer notre volonté nationale de victoire et il doit attaquer et finalement détruire celle de notre ennemi. C’est une cause affectée par des combats physiques, mais c’est aussi une forme de guerre menée sur une base beaucoup plus subtile – dans l’esprit des populations nationales impliquées.

Commençons par un simple changement de nom. Nous devrions nous débarrasser du concept de « fonctionnement psychologique », presque embarrassant. À sa place, nous allons créer « MindWar ». Le terme est sévère et craintif, et c’est ce qu’il doit être. C’est un terme d’attaque et de victoire – pas de rationalisation, de persuasion et de conciliation. L’ennemi peut en être offensé. C’est tout à fait vrai tant qu’il est vaincu. Une définition est proposée :

MindWar ou guerre psychologique est la conviction délibérée et agressive de tous les participants à une guerre que nous allons gagner cette guerre.

C’est délibéré dans la mesure où c’est planifié, systématique et que cela implique un effort global de tous les niveaux d’activité, de la stratégie à la tactique. C’est agressif parce que les opinions et les attitudes doivent être activement changées, de ceux qui nous sont antagonistes à ceux qui nous soutiennent si nous voulons parvenir à la victoire. Nous ne gagnerons pas si nous nous contentons de contrer les opinions et les attitudes instillées par les gouvernements ennemis. Nous devons atteindre les gens avant qu’ils ne décident de soutenir leurs armées, et nous devons atteindre ces armées avant même que nos troupes de combat ne les voient sur les champs de bataille.

Comparez cette définition à celle de la guerre psychologique telle qu’annoncée par le général William Donovan de l’OSS dans son Estimation de base de la guerre psychologique lors de la Seconde Guerre mondiale :

La guerre psychologique est la coordination et l’utilisation de tous les moyens, y compris moraux et physiques, par lesquels la fin est atteinte – autres que ceux d’opérations militaires reconnues, mais y compris l’exploitation psychologique du résultat de ces actions militaires reconnues – qui tendent à détruire la volonté de l’ennemi à parvenir à la victoire et à endommager sa capacité politique ou économique à le faire ; qui tendent à priver l’ennemi du soutien, de l’assistance ou de la sympathie de ses alliés ou associés ou des éléments neutres, ou à empêcher l’acquisition d’un tel appui, de son assistance ou de sa sympathie ; ou qui tendent à créer, à maintenir ou à accroître la volonté de victoire de notre propre peuple et de nos alliés et à acquérir, maintenir ou accroître le soutien, l’assistance et la sympathie des neutres. 7.

Si l’euphémisme des « opérations psychologiques » résultait, comme le disait un officier général dans une lettre de 1917, d’« un grand besoin d’un synonyme qui serait utilisé en temps de paix pour ne pas choquer les sensibilités d’un citoyen d’une démocratie », alors c’est réussi localement. 8 D’un autre côté, cela ne semble pas avoir rassuré la sensibilité des Soviétiques qui, en 1980, ont décrit les psy-OP de l’armée américaine comme incluant :

… des méthodes impardonnables de sabotage idéologique incluant non seulement le chantage, la provocation et la terreur. 9.

La réticence avec laquelle l’armée a accepté même une composante de psy-OP « aseptisée » est bien documentée dans le brillant traité du Colonel Alfred Paddock sur l’histoire de la mise en place des psy-OP. Il a fallu des efforts renouvelés pour forger cette arme dans sa configuration la plus efficace, efforts frustrés par des dirigeants qui ne pouvaient pas ou ne devaient pas voir que les guerres sont faites et gagnées ou perdues non pas sur les champs de bataille, mais dans l’esprit des hommes. Comme l’a si bien conclu le colonel Paddock :

« En réalité, la manière dont la guerre psychologique et non conventionnelle a évolué de 1941 jusqu’à leur intégration comme capacité officielle de l’Armée de terre en 1952 suggère un thème qui se poursuit tout au long de l’histoire des guerres spéciales : l’Armée est réticente à essayer de faire face à des concepts et à des organisations d’une nature non conventionnelle. 10.

Selon la doctrine actuelle, une psy-OP est considéré comme un accessoire de l’effort principal pour gagner des batailles et des guerres. Le terme habituellement utilisé est « multiplicateur de force ». Elle n’est certainement pas considérée comme une condition préalable aux décisions de commandement. Ainsi une psy-OP ne peut pas prédéterminer l’efficacité politique ou psychologique d’une action militaire donnée. Elle ne peut être utilisée que pour souligner que l’action sera menée dans les meilleures conditions possibles.

La MindWar ne peut pas être si reléguée. C’est en fait la stratégie à laquelle la guerre tactique doit se conformer si elle veut atteindre son efficacité maximale. Le scénario de la MindWar doit être prééminent dans l’esprit du commandant et doit être le principal facteur dans sa prise décision sur le terrain. Sinon, il sacrifie des décisions qui contribuent réellement à gagner la guerre pour des mesures de satisfaction immédiate et tangible. [Considérer rationnellement le « comptage du nombre de morts » au Vietnam.]

En conséquence, les unités de psy-OP de « soutien au combat » telles que nous les connaissons aujourd’hui doivent devenir une chose du passé. Les équipes de la MindWar doivent offrir une expertise technique au commandant dès le début du processus de planification et à tous les niveaux jusqu’à celui du bataillon. De telles équipes ne peuvent pas être composées – comme elles le sont maintenant – d’officiers et de sous-officiers d’une branche immatérielle qui ne connaissent simplement que les bases des tactiques d’opérations de propagande. Elles doivent être composées d’experts à temps plein qui s’efforcent de traduire la stratégie de la MindWar nationale en objectifs tactiques pour maximiser le gain effectif de la guerre et minimiser les pertes en vie. De telles équipes de MindWar ne gagneront le respect du commandement que si elles peuvent livrer leurs promesses. 11
Ce que l’Armée de terre considère maintenant comme la psy-OP la plus efficace – la psy-OP tactique – est en fait l’effort le plus limité et le plus primitif, en raison des difficultés de formuler et de livrer des messages sous les contraintes d’un champ de bataille. Ces efforts doivent se poursuivre, mais ils ne sont considérés que comme un renforcement de l’effort principal de la MindWar. Si nous n’attaquons pas la volonté de l’ennemi avant qu’il arrive sur le champ de bataille, sa nation l’aura renforcée du mieux qu’elle peut. Nous devons attaquer cette volonté avant qu’elle ne soit en place, pour ainsi dire. Nous devons lui insuffler une prédisposition à la défaite inévitable.

La MindWar stratégique doit commencer dès que la guerre est considérée comme inévitable. Elle doit chercher à capter l’attention de la nation ennemie par tous les moyens disponibles et elle doit frapper les soldats potentiels de cette nation avant qu’ils ne mettent leurs uniformes. C’est dans leur foyer et leur collectivité qu’ils sont les plus vulnérables à la MindWar. Les États-Unis ont-ils été battus dans les jungles du Vietnam ou ont-ils été vaincus dans les rues des villes américaines ?

À cette fin, la MindWar doit avoir un cadre stratégique, avec des applications tactiques jouant un rôle de renfort en complément. Dans son contexte stratégique, la MindWar doit toucher les amis, les ennemis et les gens neutres à travers le globe – plus seulement avec les tracts sur le champ de bataille et des haut-parleurs primitifs de psy-OP ou par les faibles efforts imprécis de la psychotronie. 12 – mais par des médias détenus par les États-Unis ayant la capacité d’atteindre pratiquement toutes les personnes sur la surface de la Terre.

Ces médias sont bien entendu les médias électroniques – la télévision et la radio. Les développements les plus modernes en matière de communication par satellite, les techniques d’enregistrement vidéo et la transmission laser et optique des émissions permettent une pénétration des esprits dans le monde entier telle que cela aurait été inconcevable il y a quelques années seulement. Comme l’épée Excalibur, nous n’avons qu’à atteindre et saisir cet outil. Et cela peut transformer le monde pour nous si nous avons le courage et l’intégrité d’améliorer la civilisation avec lui. Si nous n’acceptons pas Excalibur, nous renonçons à notre capacité à inspirer les cultures étrangères avec notre moralité. S’ils désirent alors des moralités insatisfaisantes pour nous, nous n’aurons pas d’autre choix que de les combattre à un niveau plus brutal.

La MindWar doit cibler tous les participants pour être efficace. Elle ne doit pas seulement affaiblir l’ennemi ; Elle doit renforcer les États-Unis. Elle renforce les États-Unis en refusant l’accès de la propagande ennemie à notre peuple et en expliquant et en soulignant à notre peuple la justification de notre intérêt national pour une guerre spécifique.

En vertu de la législation américaine existante, les unités psy-OP ne peuvent pas cibler les citoyens américains. 13. Cette interdiction est fondée sur la présomption que la « propagande » est nécessairement un mensonge ou du moins une demi-vérité trompeuse, et que le gouvernement n’a pas le droit de mentir au peuple. Le ministère de la Propagande de Goebbels ne doit pas faire partie du mode de vie américain.

C’est tout à fait juste et cela doit donc être un axiome de la MindWar de toujours dire la vérité. Son pouvoir réside dans sa capacité à focaliser l’attention des destinataires sur la vérité de l’avenir aussi bien que celle du présent. La MindWar implique donc la promesse déclarée de la vérité que les États-Unis ont décidé de rendre réelle si elle n’est pas déjà ainsi.

La MindWar n’est pas nouvelle. Les victoires les plus élevées et les moins coûteuses des nations en ont été la conséquence, tant en temps de combat réel qu’en temps de menace. Considérons les attaques atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. La destruction physique de ces deux villes n’a pas détruit la capacité du Japon de continuer à se battre. Mais le choc psychologique de ces armes a détruit ce qui restait de la volonté nationale japonaise de combattre. La reddition a suivi ; Une longue et coûteuse invasion au sol a été évitée. 14

L’efficacité de la MindWar est fonction de sa propre utilisation habile des médias de communication, mais aucune erreur plus grande ne pourrait être faite que de confondre la MindWar avec un simple effort de propagande plus grand et sans principes. La « propagande » telle que définie par Harold Lasswell, est :

… l’expression d’opinions ou d’actions menées délibérément par des individus ou des groupes en vue d’influencer les opinions ou les actions d’autres individus ou groupes à des fins prédéterminées et par des manipulations psychologiques. 15.

La propagande, lorsqu’elle est reconnue comme telle – et toute chose produite par une unité psy-OP l’est – est automatiquement supposée être un mensonge ou au moins une distorsion de la vérité. Par conséquent, cela ne fonctionne que dans la mesure où un ennemi militaire est prêt à faire ce que nous voulons. Cela ne fonctionne pas parce que nous l’avons convaincu de voir la vérité telle que nous la voyons.

Dans son chapitre Conclusions de l’étude exhaustive des techniques de psy-OP faite en 1976 par l’Armée de terre, L. John Martin l’affirme froidement :

« Tout cela aboutit à dire que si notre communication persuasive se termine par un effet presque positif, nous devons l’attribuer à la chance, pas à la science […] L’efficacité de la propagande peut être encore moins prévisible et contrôlable que l’efficacité de la simple communication persuasive. 16. »

En conséquence, les propagandistes sont supposés être des menteurs et des hypocrites, prêts à peindre des couleurs attrayantes pour tromper les crédules. Comme le dit Jacques Ellul :

« Le propagandiste n’est pas, et ne peut être, un « croyant ». De plus, il ne peut croire à l’idéologie qu’il doit utiliser dans sa propagande. Il est simplement un homme au service d’un parti, d’un État ou d’une autre organisation, et sa tâche est d’assurer l’efficacité de cette organisation […] Si le propagandiste a une conviction politique, il doit la mettre de côté pour être capable d’utiliser certaines idéologies sur les masses populaires. Il ne peut même pas partager cette idéologie, car il doit l’utiliser comme un objet et la manipuler sans le respect qu’il aurait pour elle s’il y croyait. Il acquiert rapidement le mépris pour ces images et croyances populaires […] 17. »

Contrairement aux psy-OP, la MindWar n’a rien à voir avec la tromperie ou même avec une vérité « sélectionnée » et donc trompeuse. Elle dit plutôt toute la vérité qui, si elle n’existe pas encore, va advenir par la volonté des États-Unis. Les exemples de l’ultimatum de Kennedy à Khrouchtchev pendant la crise des missiles cubains et la position d’Hitler à Munich pourrait être cités.
Un message de type MindWar n’a pas besoin de s’adapter à des conditions de crédibilité abstraite comme le font les thèmes de psy-OP. Sa source le rend crédible. Comme Livy l’a dit une fois :

« La terreur du nom romain sera telle que le monde saura que, une fois qu’une armée romaine aura assiégé une ville, rien ne la déplacera – ni les rigueurs ni l’hiver ni la lassitude des mois et des années – qu’elle ne connaît qu’une fin, la victoire et qu’elle est prête, si un coup rapide et soudain ne suffit pas, à maintenir la pression jusqu’à ce que la victoire soit atteinte. 18. »

Contrairement à un propagandiste cynique comme Ellul, l’opérateur de MindWar doit savoir qu’il dit la vérité et il doit être personnellement engagé envers elle. Ce qu’il dit n’est qu’une partie de la MindWar ; Le reste – et le test de son efficacité – réside dans la conviction qu’il projette à son auditoire, dans le rapport qu’il établit avec elle.

Et ce n’est pas quelque chose qui peut être facilement falsifié, si même il est possible de le falsifier. C’est un « rapport » que le Dictionnaire compréhensif des termes psychologiques et psychanalytiques définit comme « des relations de confiance mutuelle sans contrainte », et qui s’approche du subliminal. Certains chercheurs ont suggéré qu’il est lui-même un « accent » subconscient et peut-être même basé sur une ESP pour un échange manifeste d’information.
Pourquoi croire un journaliste de télévision plus qu’un autre, même si les deux peuvent parler des mêmes sujets ? La réponse est qu’il y a rapport dans le premier cas ; et c’est un rapport qui a été reconnu et cultivé par les radiodiffuseurs les plus écoutés.

Nous avons couvert la déclaration de la vérité inévitable et la conviction derrière cette déclaration. Ce sont les qualités intrinsèques de l’opérateur de la MindWar. Le destinataire de la déclaration jugera ces messages non seulement par leur compréhension consciente, mais aussi par les conditions mentales dans lesquelles il les reçoit. La théorie derrière le « lavage de cerveau » était que la torture physique et la privation affaiblirait la résistance de l’esprit à la suggestion, et cela était vrai jusqu’à un certain point. Mais à long terme le lavage de cerveau ne fonctionne pas, parce que les esprits intelligents réalisent plus tard leur suggestibilité dans de telles conditions et donc les impressions douteuses et les options inculquées en conséquence. 19

Pour que l’esprit croie en ses propres décisions, il doit sentir qu’il a pris ces décisions sans coercition. Par conséquent, les mesures coercitives utilisées par l’opérateur ne doivent pas être détectées par des moyens ordinaires. Il n’est pas nécessaire de recourir à des médicaments qui affaiblissent l’esprit tels que ceux explorés par la CIA ; En fait, l’exposition d’une seule de ces méthodes ferait des dommages inacceptables à la réputation de la MindWar pour la vérité.

Les psy-OP existantes identifient des facteurs purement sociologiques qui suggèrent des expressions idiomatiques appropriées pour les messages. La doctrine dans ce domaine est très développée, et la tâche consiste essentiellement à rassembler et à maintenir des individus et des équipes ayant suffisamment d’expertise et d’expérience pour appliquer efficacement la doctrine. Ce n’est cependant que la dimension sociologique des mesures de réceptivité de la cible. Il y a des conditions purement naturelles dans lesquelles les esprits peuvent devenir plus ou moins réceptifs aux idées, et la MindWar devrait tirer pleinement parti de phénomènes tels que l’activité électromagnétique atmosphérique 20 Une théorie tenable a été fournie pour l’émergence du système nerveux, ne se développant pas à partir de demandes fonctionnelles, mais dérivant de la suite de forces dynamiques imposées aux groupes de cellules au moyen d’un champ total. La matière vivante a une définition d’un état basé sur la physique des champs de la relativité, à travers laquelle il a été possible de détecter une propriété mesurable des fonctions d’état totales. (Ravitz, État-fonction, y compris les états hypnotiques)], ionisation de l’air 21, et les ondes de fréquence extrêmement basse 22.

À la racine de toute décision d’instituer la MindWar par l’establishment de la défense américaine est une question très simple : Voulons-nous gagner la prochaine guerre dans laquelle nous choisissons de nous impliquer, le faire avec un minimum de perte en vie humaine, une dépense minimale, et dans le moins de temps possible ? Si la réponse est oui, alors la MindWar est une nécessité. Si nous voulons échanger ce genre de victoire contre plus de vies américaines, des désastres économiques et des impasses négociées, alors la MindWar est inappropriée, et si elle est utilisée superficiellement, elle contribuera effectivement à notre défaite.

Dans la MindWar, il n’y a pas de substitut à la victoire. 23.

Note du traducteur

Il serait intéressant que l’auteur puisse actualiser son introduction après les guerres d’Irak, du Kosovo ou de Syrie. Ces espérances ont de loin dépassé son relativisme. L’introduction où il se moque du complotisme tout en établissant clairement qu’il s’agit de neuro-pirater les esprits en prenant le contrôle de la presse est savoureux. Il est sans doute sincère en 1980 et même encore en 2003 où l’Amérique semble triomphante mais aujourd’hui cela sonne comme un aveu. Ce pays n’a plus de soft power à vendre. Partout ses idéaux reculent, ne tenant encore que grâce à des efforts considérables de propagande ou carrément de mensonges.

L’auteur parle même d’éthique et il faut sans doute le croire. Les années 1970 sont celles d’un génération éprise de Liberté, qui milite contre la guerre du Vietnam mais qui va ouvrir la porte à toutes les dérives. On voit que même à un certain niveau de l’infrastructure, les gens baignent dans un positivisme béat sans aucun recul sur ce qu’ils font. On voit actuellement ses prédictions les plus sombres se réaliser. La quantité de mensonges est en train de se retourner contre ses auteurs.

Liens

Valentin Vasilescu, l’excellent auteur roumain, nous propose ici une analyse sur un cas d’école en Roumanie : PsyOps : le Pentagone teste les nouvelles capacités de son homologue russe.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone
Notes

Major Michael A. Aquino Chef d’équipe de recherche et d’analyse des psy-Op
Commandant du 7e groupe psy-OP
Le terme « MindWar » ou Guerre Psychlogique a été inventé par un autre officier des psy-OP, le colonel Richard Sutter et moi-même en 1977. Après avoir vu le récent film Star Wars, nous avons joué sur une modification de son nom comme remplacement futuriste pour la désignation militaire un peu fade d’« opération psychologique ». Un traitement scientifiquement fictif de Guerre psychologique, avec une caricature de Sutter à la barre, apparaît dans mon histoire de Star Wars, The Dark Side, disponible sur http://www.xeper.org/maquino
Alexander, le lieutenant-colonel John B., Le nouveau champ de bataille mentale : Beam me up, Spock, dans Military Review, vol. LX, n° 12 décembre 1980.
MA2003 – Alexander (plus tard Colonel) a été impliqué avec des idées « parapsychologiques » et des expériences telles que ESP et « vision à distance ». Ceux-ci n’ont aucun rapport avec les psy-OP traditionnelles ou la MindWar. Cf. Mon article Project Star Gate : 20 millions de dollars dans Smoke (et Mirrors) à http://www.xeper.org/maquino.
Chieu Hoi : Le Billet Gagnant. MACV Command Information Pamphlet 6-69, mars 1969
Kermit Roosevelt (Ed.) Rapport de guerre de l’OSS. New York : Walker and Company, 1976, volume I, page 99
Lettre, Major Général W.C. Wyman au major général Lauris Norsted, le 22 juillet 1947, a cité à Paddock, le colonel Alfred H., Guerre psychologique et non conventionnelle, 1941-1952 : origines d’une capacité de guerre spéciale pour l’armée des États-Unis. Carlisle Barracks : Collège de guerre de l’armée des États-Unis.
Belashchenko, T., Propagande Noire de Fort Bragg, dans Sovetskiy Voin. Moscou, juin 1980, pages 46-47
Paddock, op. Cit., Page 258
MA2003 – En 1980, ni les psy-OP ni les Forces spéciales n’étaient des branches de carrière dans l’armée. Elles étaient plutôt « immatérielles », ce qui signifie que les affectations à ces dernières étaient relativement brèves et un risque à long terme pour la promotion au sein de la branche de base. Plus tard les FS sont devenues à la fois une branche solide pour des officiers, et les psy-OP ont aussi gagné à devenir une branche de l’armée, mais les psy-OP ne sont encore devenu une branche pour y faire carrière comme officier.
MA2003 – « Psychotronics » était un terme appliqué à des concepts tels que l’ESP et la « vision à distance » par certaines agences gouvernementales dans les années 1970-1980, peut-être pour les rendre plus « scientifiques ».
MA2003 – Cette loi a été établie après la Seconde Guerre mondiale, prétendument à la fois par dégoût pour l’extrême propagande intérieure des puissances fascistes et à cause des craintes concernant la propagande intérieure américaine, en particulier pendant la Première Guerre mondiale. Au moment de ce document en 1980, la loi était si stricte que, par exemple, les presses d’imprimerie des unités psy-OP de l’armée n’étaient pas autorisées à faire des affiches pour les stations de recrutement militaires locales
MA2003 – Néanmoins Hiroshima et Nagasaki ne sont pas de très bons exemples de MindWar, car – malgré leur impact psychologique – elles ont impliqué le meurtre et la blessure d’un grand nombre de personnes. La MindWar est parfaite quand personne n’est physiquement blessé.
Lasswell, Harold D. à Ellul, Jacques, Propagande : La formation des attitudes des hommes. New York : Random House, 1965, pages xi-xii.
Martin, L. John, « Efficacité de la propagande internationale » dans le Département de la brochure de l’armée 525-7-2 L’art et la science des opérations psychologiques : Études de cas d’application militaire, volume deux. Washington, D.C .: American Institutes for Research, 1976, page 1020
Ellul, Jacques, Propagande : La formation des attitudes des hommes. New York : Random House, 1965, pages 196-197. (L’ouvrage existe aussi français, langue dans laquelle il a été écrit : Ellul, Jacques, Propagandes, Paris, Armand Colin, 1962, nouvelle édition, Economica, 1990, NdT)
Keller, Werner, Les Étrusques. New York: Alfred A. Knopf, 1974, page 262
Cf. John Marks, La Recherche du « Candidat mandchou ». New York : Times Books, 1979.
Activité électromagnétique (EM) atmosphérique : le corps humain communique en interne par EM et impulsions électrochimiques. Le champ EM affiché dans les photographies de Kirlian, l’efficacité de l’acupuncture et les réponses physiques du corps à différents types de rayonnement EM (rayons X, rayonnement infrarouge, spectre de lumière visible, etc.) sont autant d’exemples de sensibilité humaine aux forces et champs EM . L’activité EM atmosphérique est régulièrement altérée par des phénomènes tels que les éruptions de taches solaires et les contraintes gravitationnelles qui déforment le champ magnétique terrestre. Dans des conditions extérieures variables, les humains sont plus ou moins disposés à considérer de nouvelles idées. La MindWar devrait être programmé en conséquence. Selon le Dr L.J. Ravitz, les constructions de champs électromagnétiques ajoutent du carburant à l’hypothèse d’unifier la matière vivante en harmonie avec les opérations de la nature, l’expression d’un champ électromagnétique sans compter les systèmes non vivants. Et qu’en tant que points sur les spectres, ces deux entités peuvent enfin prendre leurs positions dans l’organisation de l’univers d’une manière à la fois explicable et rationnelle […
Ionisation de l’air : une abondance de noyaux de condensation négatifs (ions d’air) dans l’air ingéré augmente la vigilance et l’exaltation, tandis qu’un excès d’ions positifs augmente la somnolence et la dépression. Le calcul de l’équilibre ionique de l’environnement atmosphérique d’un public cible sera également utile. Encore une fois, c’est une condition naturelle – provoquée par des agents aussi divers que la lumière ultraviolette solaire, la foudre et l’eau qui bougent rapidement – plutôt que celle qui est créée artificiellement. (La détonation des armes nucléaires, cependant, va modifier les niveaux d’ionisation atmosphérique.) Cf. Soyke, Fred et Edmonds, Alan, L’effet ionique. New York : E.P. Dutton, 1977.
Ondes de très basse fréquence (ELF) : Les ondes ELF jusqu’à 100 Hz sont une fois de plus naturelles, mais elles peuvent également être produites artificiellement (comme pour le Marine Project Sanguine pour la communication sous-marine). Les ondes ELF ne sont pas normalement remarquées par les sens nus, mais leur effet de résonance sur le corps humain a été relié à la fois aux troubles physiologiques et à la distorsion émotionnelle. Les vibrations infrasonores (jusqu’à 20 Hz) peuvent influencer subliminalement l’activité cérébrale afin de s’aligner sur les modèles d’ondes delta, thêta, alpha ou bêta, ce qui pousse l’auditoire à passer de la vigilance à la passivité. Les infrasons peuvent être utilisés tactiquement, car les ondes ELF se propagent sur de grandes distances ; Et cela pourrait être utilisé en conjonction avec les émissions de médias ainsi. Voir Playfair, Guy L. et Hill, Scott, Les Cycles du Ciel. New York : St. Martin’s Press, 1978, pages 130-140
MA2003 – D’après le célèbre aphorisme de Douglas MacArthur, général de l’armée : « En guerre, il n’y a pas de substitut à la victoire. »

Jean-Loup Izambert – Trump face à l’Europe

Posted: 04 Apr 2017 05:24 AM PDT
Note de Lecture

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Jean-Loup Izambert
Le journaliste Jean-Loup Izambert vient de publier un livre, le 1er Mars 2017, quelques mois seulement après l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis en novembre 2016. Ce livre, Trump face à l’Europe, prend néanmoins le temps de reposer les bases géopolitiques permettant de comprendre les rapports de force actuels entre les différents acteurs qui font l’actualité.

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C’est l’auteur lui-même qui m’a contactés pour nous proposer son livre et, après celui de Kunstler, je vous propose de vous dresser une rapide synthèse de cette lecture. N’ayant pas lu ses précédents ouvrages et ne connaissant l’auteur que de nom, je ne parlerai que de son texte. Il a aussi accepté de se prêter à une interview que vous pouvez retrouver plus bas.

Le titre peut paraître assez trompeur et on pourrait s’attendre à plonger dans l’actualité des récentes déclarations de l’équipe de Trump sur l’OTAN, sur l’UE alors que, paradoxalement, on commence par une plongée dans l’Histoire et même une double ou triple plongée dans celle de l’Asie, des États-Unis et de l’Europe. Izambert part de l’analyse d’Alexandre Latsa, dans son livre Un printemps Russe, sur la situation de la Russie et des différentes organisations qui structurent l’eurasisme avec un succès grandissant, malgré les attaques occidentales pour torpiller ces coopérations.

Dans ce contexte, les États-Unis sont assez logiquement décrits comme le Pays de la guerre qui, non content de vivre de ces guerres perpétuelles, entend continuer à faire monter les tensions en s’appuyant sur des ennemis réels et imaginaires à l’image de la première Guerre froide, une aubaine des deux côtés, pour leurs oligarchies respectives. Pour cela, les USA ont absolument besoin d’un contrôle militaire, politique et économique sur l’Europe de l’Ouest. L’OTAN, l’UE et les médias pro-atlantistes sont les outils de cette domination. Du point de vue économique, ces tensions sont aussi l’occasion pour les USA d’affaiblir encore les pays d’Europe de l’Ouest pour favoriser ses multinationales.

L’auteur analyse les multiples facteurs de cet affaiblissement, les guerres (Balkans, Ukraine), l’immigration massive, son couplage avec le terrorisme avec toutes les conséquences sociales et économiques sur les populations locales déjà en cours de paupérisation.

Le livre se termine sur deux constats, l’un que le système centré sur les États-Unis n’a que la fuite en avant guerrière pour se prémunir d’un effondrement et que Trump, qui a pris le navire en marche, n’a pas forcément les moyens de l’infléchir, l’autre que Trump n’est tout simplement ni le trublion qu’il prétend être, ni l’acteur d’un changement radical mais une simple nuance des élites américaines.
En 260 pages, ce livre est une opération coup de poing, menée à un rythme infernal, articulant de multiples sujets avec une grande profondeur historique. Du coup l’auteur ne s’embarrasse pas de nuances et ne négocie en rien avec le politiquement correct des médias occidentaux. Il y a un parti pris pro-multipolaire et anti-unipolaire caractérisé. Si vous lisez avec plaisir notre blogue, vous ne serez pas perdu, bien au contraire.

C’est d’ailleurs un autre trait du livre. Les sources sont une collection de liens de blogues ayant pignon sur rue dans la sphère anti-système, sputniknews.com, reseauinternational.net ou encore voltairenet.org, le site de Thierry Meyssan.

Si vous cherchez un fil conducteur pour mieux comprendre l’actualité, c’est sans doute un livre à lire d’autant qu’il refait un large tour d’horizon des forces en présence pour donner du sens aux conflits récents. Il s’appuie avec justesse sur des sources bien à jour et surfe aussi sur l’explosion de ces multiples blogues, auteurs, vidéos qui sont apparus ces dernières années pour suppléer à l’effondrement des médias traditionnels.

Un des autres intérêts du livre est de montrer l’articulation de sujets aussi divers que l’économie, la monnaie, la géopolitique, l’énergie et bien d’autres pour appréhender la complexité de notre monde. C’est un des objectifs de notre propre activité au Saker Francophone, défricher tous ces sujets, en parallèle, pour ne pas se contenter d’un seul point de vue. L’auteur a visiblement une compréhension solide de tous ces sujets et ce livre est l’occasion pour lui de le démontrer avec brio.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’auteur, retrouvez-le sur TV Libertés sur les collusions de l’État Français avec les réseaux terroristes.

Interview de Jean-Loup Izambert du 20 mars 2017
– Bonjour Mr Izambert. Est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots ?
Jean-Loup Izambert : – Je suis journaliste depuis quarante-cinq ans et je travaille en indépendant depuis 1987 après avoir occupé différentes fonctions au sein de différents médias français très divers, du mensuel économique et financier du groupe Les Echos à L’Humanité. J’ai fréquenté les couloirs feutrés de sociétés transnationales et partagé les vies malmenées des prolétaires des champs. Je suis également passé de « l’autre côté du miroir » en exerçant comme conseil en communication au sein de collectivités territoriales et d’entreprises, de PME comme de quelques grands comptes. J’y ai rencontré des personnages passionnants et tiré les moyens de financer mes enquêtes à long terme tout en assurant le nécessaire à ma famille. Faisant le constat que de grandes questions économiques et politiques n’étaient pas traitées par les médias officiels pour des raisons diverses, mon activité s’est très vite portée sur ces domaines. Apporter aux lecteurs des faits et des éléments les incitant à réfléchir, voire à agir pour changer l’ordre des choses, demande un travail personnel important sur le long terme pour tenter d’expliquer simplement des réalités complexes. Le journalisme d’investigation s’est imposé à moi tout naturellement et de manière indépendante afin de préserver ma liberté d’enquête, de réflexion et de publication.

– Pourquoi sortir un livre d’analyse aussi vite après l’élection américaine? Ne fallait-il pas laisser retomber la poussière et voir ce que Trump envisage de faire concrètement?

– Je n’ai jamais eu aucune illusion sur Donald Trump. Tout comme Hillary Clinton il est lié aux mêmes milieux des milliardaires des sociétés transnationales et du complexe militaro-industriel. Or, dans aucun pays vous ne pouvez avoir l’ambition d’agir pour l’émancipation humaine, le premier combat pour la liberté, sans vous en prendre à « la racine de mal » comme disait Marx. Cela veut dire décider de mesures politiques qui mettent la grande finance et les dirigeants des entreprises au service de l’intérêt général – les hommes qui font l’entreprise et son environnement – et non plus au seul profit des clans des grands propriétaires privés de la finance et de l’économie. De même, vous ne pouvez assurer la stabilité monétaire et la stabilité financière sans contrôler les mouvements de capitaux, sans être maître de l’utilisation des ressources financières de la nation. Aussi, parler de changement sans proposer de s’attaquer à ces questions est soit être naïf, soit foncièrement malhonnête. L’impérialisme est en fin de vie et ne doit plus sa survie qu’à des opérations de fausse alternance de ce genre et à l’absence d’organisations politiques qui proposent de s’attaquer réellement et prioritairement à ces questions. On ne peut envisager sérieusement que Donald Trump puisse modifier la situation de l’emploi dans les États-Unis en pleine crise structurelle sans prendre des mesures qui obligent les dirigeants de la grande finance et des sociétés transnationales à agir pour l’intérêt général. La question, qui ne vaut pas que pour les États-Unis, est de réorienter les bénéfices réalisés par les entreprises au profit de leur développement (création d’emplois, renforcement de la recherche et développement, augmentation des salaires, etc.) comme de celui de leur environnement. Ce changement nécessite une gestion démocratique des entreprises qui implique un engagement des salariés dans leur fonctionnement. Il s’agit, comme l’explique Hervé Sérieyx dans son Alerte sur notre contrat social, « de passer du ‘personnel-instrument’ au service de l’organisation à ‘l’organisation-instrument’ au service des personnes ». Cela revient à remettre en cause les fondements du capitalisme et ses hiérarchies de castes fermées contre un monde qui s’ouvre, ce que Donald Trump ne veut pas. Du reste que sont devenues ses promesses électorales ? Les places off-shore continuent d’héberger les filiales des transnationales étasuniennes qui y exportent la majeure partie de leurs bénéfices dans l’opacité la plus totale, les interventions de l’administration Trump dans les affaires intérieures d’autres États non seulement se poursuivent sur tous les continents mais se développent. De même, le renforcement du dispositif offensif de l’OTAN aux frontières de la Fédération de Russie est toujours en cours. Par ailleurs, les conseillers de Trump sont tous liés aux cercles impérialistes étasuniens, ce qui n’augure rien de bon pour la paix du monde. Vous noterez que, à quelques rares exceptions, les mêmes conseillers auraient pu tout aussi bien se mettre au service du clan Clinton pour mener une politique identique.

– Pouvez-vous commenter la couverture? Le titre oppose Trump à l’Europe alors que la photo choisie pour représenter l’Europe est celle de Vladimir Poutine? Et aussi ce sous-titre anxiogène « Peut-on éviter une nouvelle guerre mondiale? » qui peut sembler anachronique, car c’est Hillary Clinton qui pouvait le plus représenter le parti de la Guerre.
– La photo du président russe illustre l’Europe réelle, c’est-à-dire celle qui compte, celle qui se construit de Vladivostok à Lisbonne comme je le montre en début d’ouvrage. Qui mieux que le président russe représente l’Europe de la paix ? Certainement pas le président français et encore moins un quelconque fonctionnaire de la Commission dite « européenne » de Bruxelles. L’actuelle Union « européenne » n’est qu’une fabrication artificielle par laquelle Washington s’efforce d’empêcher la construction européenne en séparant son versant Ouest de son cœur, la Fédération de Russie. Je ne peux symboliser l’Europe par l’un de ces dirigeants qui s’évertuent à vouloir construire une union « européenne » sans la première puissance économique, financière, politique, culturelle et militaire du continent. L’Europe de Bruxelles est tout simplement vouée à disparaître à plus ou moins long terme. Vladimir Poutine quant à lui représente bien l’avenir de l’Europe, celle qui s’engage non pas dans des aventures militaires et s’empêtre dans la crise mais s’efforce de promouvoir une politique de paix et de développement économique et social. J’en donne de nombreux exemples comme vous avez pu le lire. Cela ne veut pas dire que j’approuve pleinement la politique du gouvernement russe dirigée par le Premier ministre Medvedev mais force est de constater que la Fédération de Russie défend la paix en Europe et dans le monde alors que les dirigeants français arment des groupes terroristes pour renverser les gouvernements qui ne conviennent pas à Washington. Que resterait-il de la Syrie aujourd’hui sans la coopération diplomatique et militaire de Moscou avec Damas et Téhéran ? Une autre Libye démantelée, une nouvelle place forte du terrorisme ! Quand au sous-titre, « Peut-on éviter une nouvelle guerre mondiale ? », je pense qu’il colle parfaitement à la réalité. Comme vous avez pu le lire au fil des chapitres nous sommes déjà en guerre : guerre politique, économique, financière, médiatique. Ces attaques de Washington contre l’Europe ne sont pas nouvelles mais elles ont pris aujourd’hui une telle intensité sur le continent européen qu’il est urgent de les stopper car elles conduisent le monde à sa perte. N’oublions pas, l’histoire l’a montré, que la guerre économique propre au capitalisme conduit toujours à la guerre totale. Les Français n’en n’ont pas conscience car les médias officiels ne traitent pas de ces questions importantes : la construction européenne avec tous les pays du continent, le développement de l’organisation de l’Union européenne eurasiatique ou de l’OCS, le renforcement de l’OTAN et les provocations militaires aux frontières de la Fédération de Russie, les conséquences sur l’économie de l’Europe occidentale des sanctions économiques décidées par Washington et reprises par Bruxelles, les tentatives de contrôle des médias, l’espionnage US en Europe, le soutien des gouvernements étasunien et français à des organisations criminelles, les initiatives en faveur de la paix et les coopérations économiques sur le continent européen au-delà de la petite Union « européenne », etc. Qui en parle vraiment dans les médias français ? Si Hillary Clinton est bien la représentante du parti de la guerre, de ce clan arrogant et prétentieux qui pense pouvoir régenter le monde avec son pays en ruines, en quoi Donald Trump serait-il différent ? Il n’a pris, alors qu’il pouvait le faire dès son accession à la présidence justement pour marquer une nouvelle orientation politique, aucune mesure significative, essentielle, permettant de stopper la crise, les interventions des États-Unis dans les affaires intérieures d’autres pays et les préparatifs de guerre.

– Le livre fourmille de détails, de références à différentes analyses et comme je suis gourmand, j’ai presque envie d’en avoir un peu plus. Par exemple, sur le phénomène d’immigration massive, vous citez cette fameuse analyse autrichienne de Direckt qui pointe des responsabilités aux USA, dont celles du réseau Soros, mais je n’ai rien trouvé sur l’organisation de ces trafics à la source. Comment ne peut-on pas tracer les incitations concrètes dans les pays d’origine pour que ces gens se mettent en marche ? On a parlé de la publicité faite par l’ambassade d’Allemagne, mais pas de témoignages des migrants eux-même sur la réalité de leur expérience par exemple. Est-ce si difficile de pénétrer ses réseaux de trafic d’êtres humains ?
– C’est une question importante que vous soulevez. Y répondre demande de mener une enquête de terrain sur le long terme qui n’est pas aisée. Je m’y suis engagé pour la préparation du tome 2 de 56 – Mensonges et crimes d’État, qui paraîtra en juin prochain – en remontant l’une des filières de passage de l’Europe occidentale (Belgique, France et Espagne) vers le nord Maroc. J’ai vécu plusieurs années au Maroc, ai voyagé à de nombreuses reprises entre la France, l’Espagne et le Maroc et ai pu suivre l’évolution de cette filière entre 2009 et 2014. Depuis quelques villes marocaines du nord-Maroc – région qui compte de nombreux Marocains résidant à l’étranger, les RME comme on les appelle –, les « combattants » recrutés étaient dirigés par des facilitateurs vers d’autres pays d’Afrique, la Libye mais surtout la Turquie pour aller combattre en Syrie. Concernant la masse de migrants déportée vers l’Europe, ce sont des fuyards qui désertent le combat pour libérer leur pays de l’occupation étrangère ou du pillage des sociétés transnationales occidentales. Ceux qui empruntent les deux corridors ouverts par les États-Unis – la filière de la Méditerranée après le renversement du régime libyen et la filière des Balkans après la guerre contre la Fédération de Yougoslavie – sont déjà sur place, dans des camps improvisés ou d’organisations de l’ONU. Vous avez là des passeurs qui se chargent de rassembler les candidats à l’exode, de les regrouper, de collecter les fonds et d’organiser leurs départs. Dès cet instant des associations financées tantôt par de plus importantes associations étasuniennes subventionnées par le gouvernement US ou par des milliardaires comme George Soros entrent en jeu. L’association Open Society de Soros est l’une des plus actives et apparente dans le financement de structures destinées à favoriser le passage des migrants et leur installation en Europe occidentale. Elles ont d’abord été installées dans les pays du sud de l’Europe occidentale afin de faciliter leur venue : la Central European University (CEU – Université d’Europe Centrale, créée en 1991 par Soros), qui aide par exemple Migration Aid, une ONG britannique d’aide matérielle sur le terrain, qui a, entre autres, mis au point Infoaid, une application mobile d’aide aux migrants ; Solidarity Now, créée en Grèce par l’Open Society en 2013 et qui entend, notamment en finançant d’autres organisations, prendre un poids conséquent au sein de la « société civile » grecque. En parallèle, l’Open Society finance plus d’une vingtaine d’ONG de natures diverses, et qui œuvrent pour l’accueil et l’installation des migrants : Refugee Aid Miksalište, Migrant’s Help Association for Hungary (MigHelp), Menédek – Hungarian Association for Migrants, International Rescue Committee, PICUM (Plateforme pour la coopération internationale sur les sans-papiers), UNITED for Intercultural Action, Legis, Solidarity Now, et bien d’autres qu’il serait trop long de citer ici. Peu de choses ont été publiées sur ce sujet mais vous avez pu lire des extraits de témoignages que j’ai recueillis auprès de fonctionnaires de divers services de renseignement. J’en publierai d’autres dans le tome 2 de 56. Le site Internet de la Fondation Prometheus (www. fondation-prometheus.org) a publié en octobre 2016 un très intéressant article à ce sujet sous le titre George Soros, le Brexit et les migrants.

Pour répondre à la seconde partie de votre question, il est effectivement difficile de pénétrer ces réseaux de trafics d’êtres humains pour plusieurs raisons. D’une part vous avez affaire à des masses sous-cultivées qui sont encadrées par des groupes criminels, ensuite vous êtes vite repéré si vous ne parlez pas l’arabe ou un dialecte africain et si votre aspect physique et vestimentaire dénote avec leur environnement. D’autre part, plusieurs des dirigeants de ces organisations qui organisent ces trafics sont en contact avec des membres de services de renseignement occidentaux. Bien souvent les mêmes passeurs sont présents dans des réseaux qui se livrent à d’autres trafics comme celui des armes. Comme je l’explique dans un chapitre, la DGSE mais aussi la CIA et le MI6 anglais connaissent bien nombre d’entre eux. Sous le gouvernement de Mouammar Kadhafi ceux-ci étaient emprisonnés à Benghazi avec des criminels d’organisations islamistes sunnites. Ils ont été libérés par ces services occidentaux afin de répandre la terreur dans le pays. Depuis, ils ont repris leurs activités mafieuses avec la tolérance de leurs libérateurs. Ainsi que je le développe également, les hiérarchies militaire et politique de l’État sont informées de ces déportations de population par la Direction du renseignement militaire (DRM) qui a les moyens humains et techniques de les suivre. Celles-ci n’ont donc rien de « soudain » contrairement à ce qu’ont affirmé certains médias et vous avez pu voir comment ceux-ci ont été exploités par les politiciens français.

– Si on prolonge votre livre, que pensez vous de la position chinoise et même russe sur le FMI ? Ces deux pays semblent collaborer avec le FMI et le BIS pour l’établissement d’une nouvelle monnaie mondiale. S’agit il d’une fausse collaboration, d’un double jeu pour une démolition contrôlée de l’Empire américain ? N’y-a-t-il pas un risque que les élites financières globalisées sautent du Titanic américain sur le bateau eurasiatique pour continuer leur domination ?

– Votre question en suggère une autre : celle du contenu des décisions politiques et économiques de l’Organisation de la Coopération de Shanghai (OCS) et du groupe BRICS. Dans la période actuelle, l’essentiel est de poursuivre la dédollarisation des économies. C’est l’une des conditions pour dégager les pays de l’impérialisme économique et financier des organisations financières et des sociétés transnationales anglo-saxonnes. Ainsi que je l’évoque rapidement, les BRICS ont créé leur propre banque dont les fonds sont destinés à permettre aux pays de se développer économiquement et socialement en préservant leur indépendance, ce qu’ils ne pouvaient faire en traitant avec les organisations financières de l’ONU – dont le FMI – ou les entreprises d’investissement anglo-saxonnes. Vous avez aujourd’hui des grands chantiers de développement qui portent sur des milliards d’euros qui sont traités en monnaies nationales par les pays membres du groupe des BRICS et de l’OCS. Concernant la tentative des pôles majeurs de l’industrie financière capitaliste de tenter de maintenir leur domination en « sautant dans le bateau eurasiatique », il est évident que ces acteurs de la financiarisation de l’économie ne restent pas les bras croisés. Lorsqu’elle était Secrétaire d’État Hillary Clinton a déclaré, en décembre 2012, vouloir empêcher par tous les moyens le développement de l’Union économique eurasiatique. Voilà bien l’aveu de s’opposer à une construction européenne qui échapperait à Washington ! Les dirigeants US multiplient leurs interventions politiques et financières pour entraver cette nouvelle construction européenne et sauver la position hégémonique du dollar, en déclin continu. Ils ont tenté de priver la Fédération de Russie de moyens de paiement en cessant les services Visa et MasterCard et en tentant de la faire déconnecter du réseau Swift. Ils ont été mis en échec grâce à la rapidité de réaction du système bancaire russe et de ses partenaires. Puis, ils ont tenté de perturber le fonctionnement des banques russes par des cyberattaques destinées à saboter les services de paiement de la Fédération de Russie, espérant la priver ainsi de ressources financières. Ils ont, là aussi, été mis en échec par les informaticiens du FSB, l’un des services du renseignement russe. Les dirigeants étasuniens ont demandé à rejoindre l’OCS mais ils ont reçu une fin de non recevoir unanime des représentants des peuples de l’assemblée eurasiatique. Les dirigeants de l’OCS agissent contre l’impérialisme, pour préserver la paix sur leurs territoires et engager des grands chantiers de développement économique et social dans tous les secteurs. Les dirigeants des États-Unis qui, depuis leur fondation en 1776, ont consacré plus de 93% de leur existence à faire la guerre aux peuples, et qui persistent toujours dans la même politique belliciste, ne peuvent en conséquence avoir leur place dans le monde positif. L’OCS a du reste décidé d’exclure de ses territoires toutes les infrastructures militaires étrangères – bases de l’OTAN et étasuniennes – qui ne participent pas à préserver la paix et à lutter contre le terrorisme et le crime organisé. Il n’est donc pas envisageable qu’en l’état actuel les États-Unis puissent rejoindre les organisations des peuples agissant pour la paix et le développement auxquelles ils ne cessent de s’opposer pour imposer leur hégémonie. Le « pays de la guerre » est en pleine débâcle économique, sociale et morale : premier pays occidental pour la consommation de drogues, la vente d’armes, le nombre de gangs du crime organisé et d’églises, la corruption financière et la pauvreté. Près de 103 millions d’Étasuniens en âge de travailler sont exclus de l’emploi, 47 millions (15% de la population) font la queue dès le matin devant les banques alimentaires et environ 100 millions reçoivent tous les mois une aide sociale du gouvernement fédéral. Quels sont les droits de l’homme pour ces millions de pauvres étasuniens ? Au lieu de s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres États, les dirigeants étasuniens seraient mieux avisés de commencer à régler ces problèmes qui ne font pas vraiment de leur pays un modèle de démocratie. Aussi, leur domination est devenue très fragile et toute relative, ce qui explique pour partie leur agressivité militaire.

– Que pensez-vous de cette explosion de blogues sur la toile? Quel peut être leur impact sur la scène politique et sur l’avenir de l’occident ?

– L’explosion des blogues est une bonne chose dans la mesure où tout ce qui facilite la diffusion de l’information et le contact entre les citoyens favorise l’échange d’idées et la prise de conscience. Reste qu’il faut être assez méfiant quant à la qualité des informations qui peuvent être diffusées par ces médias de masse. Bien souvent de fausses informations sont relayées faute d’être vérifiées ou des informations sérieuses sont noyées dans des textes plus ou moins fantaisistes. C’est aussi sans doute pourquoi la grande majorité des blogues deviennent relativement vite inactifs et ont une courte durée de vie. Seule une petite minorité des 3 millions de blogues qui se créent chaque mois survivent. Cela s’explique par le fait que, comme vous le savez, la collecte d’informations, leur vérification, leur mise en ligne et leur suivi demande un travail régulier très important. Il est donc nécessaire de sélectionner les sites qui donnent les sources des informations qu’ils publient comme vous le faites avec lesakerfrancophone.fr ou comme le fait, parmi d’autres, le site les-crises.fr d’Olivier Berruyer. Le web joue déjà un rôle dans l’image des entreprises et l’information économique, politique et sociale. La situation est devenue intéressante car des blogues peuvent diffuser et relayer des informations que les médias officiels ne traitent pas pour des raisons que j’expose dans le chapitre Contrôler les médias pour préparer l’opinion à la guerre. L’impact peut dans certains cas être important et plus fort que celui engendré par les médias traditionnels. Par exemple, une page de blogue avec les photos des principaux dirigeants français impliqués dans la protection et/ou le soutien à des membres d’organisations terroristes susciterait immédiatement un intérêt sur mon travail d’enquête que les médias ne traitent pas malgré l’importance de l’information. De même, des images sur les grands chantiers en cours en Fédération de Russie en partenariat avec d’autres pays juxtaposées à des titres mensongers de médias ou des déclarations russophobes de politiciens ne manqueraient pas de ridiculiser ces derniers. Traitée avec sérieux et efficacité, l’information d’un seul blogue peut provoquer des réactions en chaîne de manière rapide et ciblée auprès d’un large public.

– Est-ce que vous êtes connu ou traduit à l’étranger ?
– Plusieurs de mes reportages ont été publiés dans divers pays d’Europe (Fédération de Russie, Angleterre, Finlande, Allemagne, Italie) et deux de mes ouvrages, Le Crédit Agricole hors la loi ? et ONU violations humaines ont été traduits l’un en russe, l’autre en anglais. J’ai par ailleurs participé à un film réalisé par la télévision russe sur mon investigation sur le groupe bancaire Crédit Agricole, ce qui est complètement impossible en France où la censure frappe dès que vous enquêtez sur le pouvoir politique ou les centres de la nébuleuse banque-finance. Je parle bien évidemment d’enquêtes sérieuses sur les bas-fonds et le fonctionnement du système et non des historiettes sur les abus de politiciens avec lesquelles les médias amusent le peuple. Ce n’est pas le costume de monsieur Fillon à 6 000 euros qui m’intéresse mais comment des milliards d’euros ont pu passer en 2001 des caisses des sociétés coopératives locales et régionales de Crédit Agricole Mutuel dans celle d’une société anonyme sans l’accord des sociétaires propriétaires de ce capital. Ce n’est pas la vie amoureuse clandestine de François Hollande qui devrait retenir l’attention mais plutôt comment ce président a pu, avec son Premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault, et son ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, faire armer des groupes terroristes sans que personne ne s’y oppose.

– Et est ce que l’agitation des blogs francophones anti-système est perçue à l’étranger, notamment en Russie ?

– Je pense que nous ne sommes qu’au début d’un long processus car la langue reste souvent une barrière pour faire circuler l’information. La démarche que vous avez entreprise avec Le Saker Francophone est importante puisque vous portez à la connaissance des francophones des informations et analyses venues du monde entier, exprimées dans plusieurs langues et qui portent sur des sujets que les médias officiels ne traitent pas. Les blogues anti-système sont bien évidemment lus à l’étranger mais le manque de fiabilité des informations diffusées par nombre d’entre eux discrédite souvent l’ensemble de ces nouveaux médias de masse. Toutefois, les blogues qui s’affirment par le sérieux des informations qu’ils diffusent deviennent vite référencés comme des sources fiables et devraient conduire des médias traditionnels, y compris russes comme Sputnik ou RT, a être plus réceptifs et ouverts à des informations qu’ils ne traitent pas. Ceci étant dit nous travaillons souvent dans l’urgence, sommes confrontés à une multitude d’informations en un laps de temps très court et vérifier l’information diffusée par un blogue demande parfois beaucoup de disponibilité même si celle-ci paraît sourcée sérieusement. Et comme je le rappelle, si les milliardaires propriétaires des médias officiels reçoivent des centaines de millions d’euros de subventions annuelles, les équipes de rédaction sont de plus en plus réduites. Les journalistes d’investigation sont devenus pratiquement absents des salles de rédaction françaises. Il me semble encore trop tôt pour dire si les blogues vont se montrer des défricheurs entreprenants et efficaces pour s’emparer de ce déficit d’information.

Jean-Loup Izambert

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