Gaullisme.fr: Malika Sorel-Sutter : « Je ne supporte plus la mise en accusation permanente de la France ! »

 

Malika Sorel-Sutter : « Je ne supporte plus la mise en accusation permanente de la France ! »

 

Malika Sorel-Sutter a été membre du collège du Haut Conseil à l’Intégration et de sa mission Laïcité. Elle est administrateur de l’association de Défense et de géopolitique Géostratégies 2000. Elle est notamment l’auteur d’« Immigration, intégration: le langage de vérité ». (Fayard/Mille et une nuits, 2011)

Vous étiez invitée sur un plateau d’i’Télé pour parler des récents propos polémiques d’Emmanuel Macron sur la colonisation française en Algérie. Qu’étiez-vous venue défendre ?

Comme beaucoup de Français, je ne supporte plus la mise en accusation permanente de la France, rendue responsable et coupable de tous les maux. Tous les bienfaits dont elle a été – ou est encore – à l’origine sont soigneusement tus. Un réquisitoire soutenu par nombre de médias et des hordes d’idiots utiles. Réquisitoire des plus dangereux, puisqu’il entretient un climat hostile à l’égard de la France et des Français. J’ai également souhaité dénoncer l’injustice faite à des générations de militaires et appelés du contingent dont nul ne prenait la défense, alors même qu’ils sont les premiers visés par la charge très lourde portée par Emmanuel Macron. Son accusation de « crime contre l’humanité » perd tout fondement si on analyse la croissance démographique algérienne entre 1830 et 1962.

Vous avez regretté, sur le plateau, d’être la seule à défendre votre position contre trois avis identiques et contraires au vôtre. Pensez-vous que, sur ce sujet comme sur d’autres, le déséquilibre médiatique est (quasi) systématique ?

Oui, c’est malheureusement le cas. Il m’est arrivé de refuser certaines émissions, préférant m’effacer car il me paraissait clair que j’eusse été la caution du débat. Je ne veux pas me rendre, malgré moi, complice de cette entreprise qui tend à faire croire à la population qu’elle a accès à des débats équilibrés. Ce genre de configuration m’est par ailleurs particulièrement pénible. Lorsque je me retrouve face à des Français de souche qui font preuve d’une injustice profonde envers la France, je suis parfois saisie d’un haut-le-cœur…

Vous avez ensuite parlé de « procès contre la France » en évoquant cette émission, mais également la manière dont l’Histoire est enseignée dans les manuels scolaires. Quel est ce procès sans cesse fait à la France ?

L’enseignement ne devrait transmettre que des faits. Or, certains manuels portent des jugements sur des périodes ou des événements historiques, les adjectivent.

L’histoire est analysée au travers de la perception des sociétés d’aujourd’hui. L’évolution de la signification des mots à travers les époques n’est pas prise en compte. Prenons l’exemple du terme « race ». Pendant longtemps, il n’avait pas la signification et encore moins la connotation qu’on lui donne aujourd’hui. On brandit pourtant des déclarations très anciennes pour les verser à l’instruction du procès intenté à la France. Des pans de l’Histoire se retrouvent enlaidis. D’autres, qui pourraient donner motif de fierté, passent à la trappe ou deviennent optionnels. Des chapitres entiers traitent, et de manière orientée, des pages d’Histoire qui s’écrivent actuellement sous nos yeux, telle celle des flux migratoires extra-européens. C’est du lavage de cerveau façon 1984, de George Orwell. Il faut assainir ce climat. L’enjeu est aussi la pacification des salles de classes, pour permettre aux enseignants d’exercer de nouveau pleinement leur mission.

Quel est le discours qu’il faudrait selon vous tenir sur la colonisation afin que les relations s’apaisent enfin ?

Dans un récent entretien au Point, l’écrivain Kamel Daoud dit que tout le récit national algérien est tissé autour de l’histoire coloniale. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que la classe politique, de l’autre côté de la Méditerranée, abandonne l’approche de culpabilisation de la France qui lui permet, justement, d’obtenir la soumission d’un certain nombre d’hommes politiques français avec, à la clé, concessions et avantages. Il serait salutaire pour toutes les parties en présence de construire une relation d’égal à égal. Plus que des discours, ce sont en réalité les comportements qu’il faut changer en combattant, en France, cette idéologie qui est hautement toxique. Comme je le développe dans mes livres, elle a largement contribué à rendre presque impossible l’intégration culturelle des enfants de l’immigration, avec les conséquences que nous connaissons.

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