L’Orient-Le Jour:À Genève, Damas veut parler terrorisme, pas transition politique

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À Genève, Damas veut parler terrorisme, pas transition politique

Salem al-Meslet, porte parole du Haut comité des négociations lors d’une conférence de presse à Genève. Pierre Albouy/Reuters

SyrieL’opposition appelle la délégation du régime à « dire clairement qu’elle est engagée à parler de transition pour trouver une solution en Syrie ».

OLJ/Agences
26/02/2017

Le régime de Damas utilise le prétexte du terrorisme pour éviter de s’engager dans des discussions sur une transition politique en Syrie, a accusé dimanche le porte-parole de la délégation principale de l’opposition, alors que les pourparlers organisés par l’ONU à Genève peinent à démarrer.

« Depuis qu’ont commencé les négociations de Genève, le seul mot que le régime a à la bouche est le terrorisme. En fait, il bloque les choses en utilisant ce prétexte », a déclaré à l’AFP Salem al-Meslet, porte parole du Haut comité des négociations (HCN).

Le chef de la délégation du régime syrien à Genève, Bachar al-Jaafari, a déclaré samedi que la priorité des pourparlers était de discuter de la lutte contre le terrorisme, après un attentat sanglant contre les services de renseignement à Homs (centre), revendiqué par Fateh al-Cham, l’ex-branche syrienne d’el-Qaëda.
M. Jaafari a également sommé l’ONU et l’opposition de condamner clairement le terrorisme et l’attaque de Homs, qui a fait entre 30 et 42 morts samedi.

(Repère : Conflit syrien : qui sont les négociateurs aux pourparlers de Genève ?)

« Jaafari tergiverse, il ne veut pas démarrer la discussion sur la transition politique. Et de la même manière qu’il insiste sur notre condamnation de ce qui s’est passé à Homs, nous demandons à la délégation du régime de dire clairement qu’elle est engagée à parler de transition politique (…) pour trouver une solution en Syrie », a-t-il lancé.
« Genève est l’endroit où nous devons parler de la question politique », a-t-il insisté. « Les questions militaires doivent être discutées à Astana », a-t-il poursuivi, en référence au processus de négociations au Kazakhstan parrainé par les Russes et la Turquie, et centré sur l’application du cessez-le-feu.

Moscou, allié de Damas, et Ankara, soutien des rebelles, ont conclu fin décembre un accord de cessez-le-feu concernant le gouvernement et l’opposition armée. Mais les groupes jihadistes Etat islamique (EI) et Fateh Al-Cham en sont exclus.

(Lire aussi : Assad est-il réellement le moindre mal ?)

Plusieurs sessions de discussions pour tenter de trouver un règlement au conflit syrien se sont tenus à Genève depuis 2014. Elles ont toutes échoué en raison de la violence sur le terrain et du fossé séparant les belligérants.
Les nouveaux pourparlers dans la ville suisse, ouverts jeudi à l’ONU, se tiennent dans un contexte différent: le régime a renforcé ses positions grâce à ses alliés russe et iranien, notamment en reprenant Alep, l’ancien fief de l’insurrection dans le nord. La Turquie, alliée des rebelles, s’est rapprochée de Moscou. Et les Etats-Unis de Donald Trump n’ont pas encore donné de signaux sur leur implication dans la recherche d’une solution politique au conflit.

 


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