La Méduse: Besson, « L’essor ne peut venir que des gens de culture »-non,de connaissances et d’expériences:l’utilisation de ce terme dans son sens actuel vient di Kultur kampf lancé par Bismarck contre les catholiques allemands,repris par Gramcsi,etc;ces origines douteuses doivent conduire à l’abandonner,surtout si l’on y aoute un terme encire plus vague de « communication »,ces égouts à excréments vomis par de multiples écrans

 

 

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Besson, « L’essor ne peut venir que des gens de culture »

Posted: 22 Feb 2017 09:10 PM PST

Benno Besson (Yverdon 1922-Berlin 2006) un des metteurs en scène dont la vision du théâtre a été marquante au XXe siècle. À chaque date anniversaire, je publie en l’honneur de cet immense artiste au nom de l’Association Benno Besson, art & mémoire, que nous avons fondée en 2007 à Lausanne. Souvenirs, les nôtres et ceux de tant d’autres, toujours incandescents.

PAR SIMA DAKKUS RASSOUL

«Brechtiens convaincus, nous prenions des trains spéciaux entre Leipzig et Berlin, au début des années soixante, pour assister à toutes les mises en scène du Berliner Ensemble. Nous étions cinq cents étudiants, toute une salle de théâtre, à nous seuls. Le bruit commença bientôt à se répandre ici et là qu’il y avait un metteur en scène du nom de Benno Besson au Deutsches Theater dont les créations éclipsaient tout ce qu’on avait coutume de voir au théâtre.» C’est ainsi que Christa Neubert-Herwig, chercheure en théâtre, auteure d’ouvrages et d’articles sur le travail de Benno Besson en Allemagne, évoque l’enthousiasme et le bouleversement provoqué à Berlin-Est par le travail du jeune metteur en scène.

Depuis, des salles entières ont applaudi, un peu partout en Europe, les spectacles de Besson qui ne traitaient pas le public avec condescendance et le faisaient réfléchir de manière ludique. Il tendait un miroir au monde dont les travers du temps n’étaient pas absents, mais au contraire mis en lumière et remis en question avec vigueur et lucidité. Il a travaillé dans plusieurs pays et langues.

L’un de ses regrets, les années de sa direction à la Comédie de Genève (1982-1989) était que la Suisse, avec ses langues et cultures n’ait pas une volonté politique forte pour faire fructifier et circuler ses richesses touchant trois grandes cultures européennes.

Sous la direction de Pierre Bauer, le Théâtre Municipal d’Yverdon, sa ville natale, est devenu le Théâtre Benno Besson.

Du fait de sa passion de mettre le théâtre en jeu, il ne s’est pas préoccupé de laisser des traces dans l’art éphémère du théâtre. Mais il reste pour tous les artistes de théâtre qui ont cheminé avec lui un personnage-clé du théâtre du siècle dernier. Il a légué la documentation le concernant à l’Académie des arts de Berlin.

Brecht que Besson rencontre à Zurich lui demande de venir avec lui en RDA, il fera partie de l’aventure du Berliner Ensemble. Brecht lui confia la mise en scène d’une adaptation du Don Juan de Molière. Il a mis en scène la Paix d’Aristophane, le Dragon d’Evguéni Schwartz, Œdipe Tyran de Sophocle, version Heiner Müller d’après Hölderlin. C’était dans les années soixante au Deutsches Theater.

En réponse à ce que le théâtre peut faire, «Qu’il s’agisse du destin de l’humanité et non seulement du destin de l’individu», me disait-il dans un entretien une année avant sa mort. En ajoutant que c’était le cas dans le théâtre grec, mais plus aujourd’hui.

Il est venu à Genève, appelé par des signatures d’artistes romands. Lorsqu’il était à la tête de la Comédie de Genève, j’ai suivi ses mises en scène. Il a créé Le Sexe faible de Flaubert en création mondiale où j’ai été son assistante avec Dominique Serreau. Ezio Toffolutti était à la scénographie et aux costumes dans un travail qui a accompagné celui de Benno pendant toute une vie.

Besson a travaillé avec les masques du bâlois Werner Strub, l’un des plus grands dans ce domaine en Europe qui nous a quittés en 2012. Le triomphe de l’Oiseau Vert et le succès d’Hamlet étaient une sorte d’apogée dans la rencontre entre les masques et le jeu des comédiens.

Benno Besson est décédé à Berlin, le 23 février 2006. L’hommage qu’on lui préparait pour les dix ans de son départ de ce monde n’a pas eu la grâce des subventions dans notre pays. On y reviendra sous diverses formes. Il ne se prenait pas pour un maître, il l’était. Pour moi, il a été un éclaireur attentif et ludique sans jamais donner de leçon.

Je terminerai ces précieux souvenirs par une citation provenant de la même traduction que j’ai eu la joie de faire de l’article de Christa Neubert, grande connaisseuse de son travail en Allemagne. «Il avait l’art de rendre l’éphémère intense et intéressant».

Benno Besson: «Au théâtre, il se produit toujours quelque chose qui permet au spectateur de saisir les correspondances scéniques avec le mouvement de la réalité. Il communique l’art de voir ce qui se passe réellement au moment où cela se passe.»

Photo Jean Mayerat

 

 

 

 

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