Faillite de la France : un pas important-La Chronique Agora-chronique pas toot-à-fait désintéressée

 

 

 

Faillite de la France : un pas important

 

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La Chronique Agora

Paris, mardi 21 février 2017

  • Simone Wapler : Un pas important vers la faillite de la France vient d’être franchi
    La dette de la France est désormais vue par les investisseurs étrangers comme « dette périphérique ». Les implications sont très dangereuses.
  • Bill Bonner : Une vieille, mais bonne, idée de la monnaie
    Pour Aristote, une bonne monnaie devait présenter cinq caractéristiques. L’argent falsifié d’aujourd’hui n’en possède que quatre.
  • Philippe Béchade : L’homme, cette espèce disparue des salles de marché
    Les indices volent de record en record. Aucun opérateur de salle de marché n’a d’angoisse puisqu’ils ont disparu au profit d’algorithmes dénués d’émotion.

LES NOTES DE SIMONE WAPLER

Simone Wapler

Un pas important vers la faillite de la France vient d’être franchi

Ca y est, c’est dans The Wall Street Journal de ce matin : la dette de la France a rejoint celles des pays périphériques de l’Europe.

Internet ne présente plus vraiment de hiérarchisation de l’information, mais la presse papier, toujours. Figurer en une est un signe d’importance pour une nouvelle ; le bas de page à droite est le deuxième emplacement le plus important après la photo sous la une.

The Wall Street Journal

The Wall Street Journal

Peut-être que cela ne vous paraît pas très important.

Après tout, les grands medias ne parlent que de revenu universel ou des revenus de certains des candidats, des gadgets électoraux en discussion, des taxes sur les robots, des lunettes des enfants. La France est un beau pays où les gens ont un budget vacances mais pas de budget santé puisque c’est l’Etat qui paye… C’est un beau pays généreux où l’on vit très bien avec l’argent des autres qui coule à flots.

Pour bien mesurer ce que signifie « dette périphérique », quelques chiffres.

  • La France est endettée à hauteur de 2 000 Mds€ soit, en gros, la taille de son économie.
  • Chaque année la dette grossit du déficit – 3,3% de l’économie en 2016 soit, en gros, 66 Mds€
  • Ce déficit représente 23% des recettes fiscales de la France qui sont de 288 Mds€
  • La charge de la dette – le paiement des intérêts – représente 41,8 Mds€
  • La France a besoin d’emprunter 185 Mds€ en 2017 (la dette n’est jamais remboursée puisqu’elle grossit. Elle est simplement roulée : nous empruntons pour rembourser un emprunt arrivé à échéance)
  • Le taux moyen d’emprunt de la France est de 2%
  • Les perspectives de croissance sont faibles voire nulles.
  • La dette de la France est détenue à 60% par des investisseurs étrangers qui lisent The Wall Street Journal.
21 avril 2017 : vos investissements sont en danger
Un basculement historique pourrait se produire au sein des autorités économiques mondiales ce jour-là…

… Et l’effet domino changerait tout pour votre épargne : protégez-vous dès maintenant en cliquant ici.

La présentation des chiffres rapportés à la taille de l’économie, c’est-à-dire le PIB, est en réalité une dangereuse tromperie. Car l’Etat ne possède pas la totalité de l’économie. Les rentrées de l’Etat sont nos impôts. Certes, certains politiciens rêvent d’une France-URSS mais, jusqu’à présent, l’Etat ne contrôle que 57% de l’économie de la France et pas (encore) 100%.

L’Etat français ne dispose pas du PIB de la France. Il dispose seulement de nos impôts.

Tous ces milliards vous donnent un peu le tournis. Alors essayons de rapporter cela à une taille humaine.

  • Vos revenus réels sont de 28 800 €
  • Vous êtes endetté à hauteur de 200 000 €
  • Tous les ans, vous dépensez 6 600 € de plus que vos 28 800 €; vous empruntez cet argent
  • Vous avez besoin cette année d’emprunter 18 500 € pour rembourser aussi des vieux crédits à la consommation qui arrivent à échéance
  • Votre taux d’emprunt moyen est de 2%
  • Vous n’avez aucune véritable perspective de croissance de vos revenus, votre chiffre d’affaires de 200 000 € est stagnant
  • 60% de votre dette est entre les mains de grands banquiers qui commencent à trouver que votre gestion est un peu légère et qui se proposent de monter vos taux d’intérêt pour compenser leur risque…

Pour que tout soit clair, voici un récapitulatif :

 

La France

 

M. X candidat à la commission de surendettement

PIB

2 000 Mds€

Chiffre d’affaires

200 000 €

Impôts (recettes fiscales)

288 Mds€

Revenus nets

28 800 €

Dette publique

2 000 Mds€

Emprunts déjà contractés

200 000 €

Déficit de l’année

66 Mds€

Crédits à la consommation pour l’année

6 600 €

Charge de la dette

42 Mds€

Intérêts sur les vieux emprunts

4 200 €

Besoin d’emprunts en 2017

185 Mds€

Besoin d’emprunts en 2017

18 500 €

Taux d’emprunt moyen

2%

Taux d’emprunt moyen

2%

Que pensez-vous qu’il va se produire si le taux d’emprunt monte ?

Pour mémoire, les pays dits périphériques de l’Europe sont le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Grèce…

La référence sur les marchés obligataires est le taux de la dette souveraine à 10 ans.

Pays

Taux d’emprunt
à 10 ans en%

France 1,045
Espagne 1,631
Italie 2,178
Portugal 4,00
Grèce 7,63

Source Les Echos au 21 février 2017

En admettant que la « Finance sans Visage » ne nous demande que le même tarif que l’Espagne (et surtout pas celui de l’Italie), cela signifie que les intérêts de notre dette et notre déficit vont coûter 60% plus cher.

La campagne électorale en cours n’aborde pas le sujet essentiel : la dérive des finances publiques n’est plus possible. Mais comme nous avons tardé à nous réformer, la faillite semble désormais inévitable.

Comme disait Margaret Thatcher, il y a toujours un moment où l’on vient à bout de l’argent des autres…

Lorsque nous serons parvenus à bout de l’argent des autres, pour maintenir son train de vie fastueux, il faudra que notre Etat lève les impôts correspondants, soit 23% de plus qu’actuellement dans un premier temps, simplement pour l’urgence du déficit. Par la suite, le poids de la dette s’alourdissant, le poids des impôts suivra.

L’Allemagne a compris et se prépare déjà à une crise de la dette souveraine en euro. Pour consulter notre enquête, c’est ici.

Evidemment, les souverainistes vous répondront qu’il suffit d’abandonner l’euro pour que la France puisse créer sa propre monnaie et ainsi tout s’arrangerait. Ce ne sont que contes à dormir debout. Autant émigrer immédiatement au Venezuela. L’impôt sera alors l’inflation.

Les comptes sont implacables.

Préparez-vous à la faillite de la France si ce n’est déjà fait. Soldez les résidus de votre assurance-vie en euro. Basculez en unités de compte ou utilisez l’argent pour payer des droits de mutation et transmettre à vos descendants si vous le pouvez et le désirez (car je sens que l’impôt sur la mort- les droits de successions – va augmenter violemment comme tous les autres impôts).

Et puis, s’il vous reste un peu de temps, envoyez ce tableau à nos brillants candidats à la présidence.

bitcoin

Le bitcoin a suscité de nombreuses questions et remarques…

… Voici LE guide indispensable pour tout comprendre sur cette nouvelle monnaie, ses avantages et ses spécificités.

Et il y a mieux : ce guide, nous vous l’offrons en cadeau !

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LES NOTES DE BILL BONNER

Bill Bonner

Une vieille, mais bonne, idée de la monnaie

Les idées véritablement neuves sont rares. Les bonnes idées le sont encore plus. Les bonnes idées concernant l’argent — sauf celles que nous avons eues nous-mêmes — ne se manifestent presque jamais.

Aujourd’hui, nous nous tournons vers Aristote, avec ce texte de Van Bryan, un de nos amis de Classical Wisdom Weekly, afin de jeter un regard sur ce qu’est supposément la monnaie (l’argent).

Pour l’Occident, la Grèce Antique fut l’ère des grandes premières.
Premier gouvernement démocratique ? Oui.
Premiers chefs-d’oeuvre de la littérature ? Oui.
Premières universités ? Oui et oui. Platon et Aristote ont fondé des écoles au cours de l’Epoque classique.

Il n’est donc pas étonnant que les Grecs de l’Antiquité aient également frappé certaines des premières pièces de monnaie du monde occidental.

Il est peut-être encore moins étonnant que, presque aussitôt, le premier scandale lié à une escroquerie et à une version antique du complexe militaro-industriel ait eu lieu.

Vous voyez… nous sommes vraiment influencés par les Grecs.

Les anciennes drachmes grecques ont été communément utilisées à partir de l’Epoque archaïque (aux environs de 600 av. J.-C.), jusqu’à l’Empire romain. Au départ, les pièces de monnaie anciennes étaient en électrum (ou or pâle), un alliage naturel, mais avec le temps, l’or et l’argent furent privilégiés

L’influence économique grandissante des Grecs, au cours du 5è siècle, fit de l’ancienne drachme une monnaie communément acceptée dans toutes les contrées alors connues.

On a retrouvé des pièces anciennes en Egypte, à Rome et en Syrie. Elles sont même parvenues jusqu’aux lointains territoires celtes.

Jusque-là, tout cela n’a rien de compliqué. Mais à présent, préparez-vous à réfléchir : nous allons passer aux choses philosophiques.

Ce que la monnaie n’est pas…

Aristote, personnage que l’on considère souvent comme le philosophe le plus prolifique et le plus influent du monde occidental, nourrissait quelques idées en ce qui concerne la monnaie.

A la différence de Platon, son prédécesseur et professeur, Aristote ne ressentait pas le besoin de justifier l’existence de la monnaie. Aristote, pragmatique, considérait que la nécessité de la monnaie allait de soi.

« A mesure que ces rapports de secours mutuels se transformèrent en se développant, par l’importation des objets dont on était privé et l’exportation de ceux dont on regorgeait, la nécessité introduisit l’usage de la monnaie. »

C’est important : Aristote n’affirmait pas que la monnaie était la richesse, mais plutôt qu’elle la représentait.

« En effet, un homme, malgré tout son argent, ne pourrait-il pas manquer des objets de première nécessité ? Et n’est-ce pas une plaisante richesse que celle dont l’abondance n’empêche pas de mourir de faim ? Comme ce Midas de la mythologie, dont le voeu cupide faisait changer en or tous les mets de sa table. »

Pour Aristote, la monnaie représente des olives dans le verger, des urnes en terre cuite, du vin provenant de la vigne. La monnaie n’était pas la richesse, mais une façon de la mesurer.

… Mais ce qu’elle devrait être : ses cinq caractéristiques

Je vous l’accorde, nous venons d’évoquer ce que la monnaie n’est pas. Alors, qu’est-ce que la monnaie ?

Eh bien Aristote dit qu’idéalement, la monnaie devrait avoir les cinq caractéristiques suivantes…

  1. Durable : elle doit survivre aux épreuves et péripéties quotidiennes de l’existence, liées au fait qu’on la transporte partout, dans les poches, les porte-monnaie, voire dans la bouche des personnes qui viennent de mourir.
  2. Transportable : un petit élément doit avoir une grande valeur.
  3. Divisible : si l’on casse une pièce de monnaie, que ce soit au sens figuré ou au sens propre, sa valeur relative ne doit pas être altérée.
  4. Fongible : remplaçable par quelque chose de même nature. Autrement dit, peu importe la pièce de monnaie spécifique que vous possédez, du moment que vous en possédez une.
  5. Avoir une valeur intrinsèque : la matière dans laquelle la pièce de monnaie est réalisée doit être une matière première de valeur (on frappe des pièces dans de l’or, pas du béton).

L »histoire nous a enseigné qu’ignorer ce cinquième principe peut se révéler particulièrement désastreux.

La Crise du IIIème siècle

Au tout début de l’Empire Romain, à partir de 27 av. J.-C., la monnaie que privilégiaient les Romains était le denier (denarius, en latin) d’argent. Le premier empereur romain, Auguste, frappa des pièces composées à 95% d’argent.

Ah mais pourquoi ne pas améliorer une bonne idée à l’aide d’un peu de manipulation monétaire ?

Ces pièces de monnaie ont été dépréciées au cours des siècles : à tel point qu’en 268 apr. J.-C., on ne comptait plus que 0,5% d’argent dans ces deniers. Interrogé à propos de la dévaluation de la monnaie, l’empereur Caracalla (qui régna de 198 à 217 apr. J.-C.) brandit son épée et déclara :

« Ne vous inquiétez pas. Tant que nous avons cela [en désignant l’épée], nous ne serons pas à court d’argent »

[NDLR : Le sort de l’euro est certes incertain, mais celui du dollar aussi car les Etats-Unis s’engagent financièrement dans une fuite en avant avec les dépenses de Trump. La seule puissance militaire américaine suffira-t-elle à contraindre la Chine, la Russie ou d’autres à continuer à négocier en dollar ? En cas de nouvelle crise monétaire internationale, l’or retrouvera son rôle et vous devriez absolument en posséder. Pour tout connaître de la future crise monétaire, savoir quel type d’or détenir et sous quelle forme, lisez ce livre de Jim Rickards, Le Nouveau Plaidoyer pour l’or.]

Que pensez-vous de cette politique monétaire ?

Même les économistes actuels peuvent bien imaginer ce qui arriva ensuite.

L’Empire subit une hyperinflation galopante. Au cours de cette période, les prix flambèrent jusqu’à 1 000%. C’est ce que l’on appelle souvent « la crise du IIIeme siècle ». Au cours des 50 ans qui suivirent, 26 hommes différents allaient revendiquer le pouvoir, souvent par intervention militaire. Quant à l’empereur Caracalla, en 217 apr. J.-C., ses propres soldats le poignardèrent à mort alors qu’il s’était arrêté pour soulager sa vessie.

L’histoire est réellement fascinante…

C’est peut-être Edward Gibbon, historien du XVIIIème siècle, qui résume le mieux la folie, lorsqu’il remarque que la grande question, en ce qui concerne l’empire romain, ce n’est pas qu’il ait sombré, mais plutôt qu’il ait tenu bon aussi longtemps !

Au cours des siècles, il s’est révélé que les grands penseurs avaient tort (Aristote soutenait que les mouches avaient quatre pattes et que les femmes avaient moins de dents que les hommes). Donc, par moments, la société n’a pu progresser qu’après avoir rejeté les affirmations d’Aristote. Ses idées concernant une monnaie saine se rangent-elles dans cette catégorie : un ramassis philosophique obsolète ?

Ou bien représentent-elle une sagesse qui a fait ses preuves au fil de toutes les époques ?


LES NOTES DE PHILIPPE BECHADE

Philippe Béchade

L’homme, cette espèce disparue des salles de marché

Les indices volent de record en record. Aucun opérateur de salle de marché n’a d’angoisse puisqu’ils ont disparu au profit d’algorithmes dénués d’émotion.

Vous l’avez peut être lu ou entendu sur quelques médias financier mais nous nous sentons obligés de le mentionner en préambule : le Nasdaq inscrit sa plus longue série de records historiques consécutifs (sept d’affilée) depuis 1999.

Le 15 février, le Nasdaq était vraiment le roi du bal des algorithmes avec une progression de type funiculaire, aussi régulière qu’inexorable. L’intervention humaine n’est même plus supposée tant le profil de la séance reflète le monopole de l’intelligence artificielle appliquée aux transactions boursières.

nasdaq

Nous rappelons également au passage que le nombre de « traders actions » chez Goldman Sachs a été ramené de 600 opérateurs en l’an 2000 à… deux début 2017 (nous supposons que sur l’obligataire et le FOREX, la réduction d’effectifs doit être du même ordre). Les 598 postes de « traders actions » supprimés ont été remplacés par des automates/robots conçus et supervisés par 200 informaticiens de haut vol (profil polytechnicien ou assimilé) qui travaillent sur l’ultra-vitesse, l’ultra-réactivité ou l’intelligence prédictive.

L’intelligence prédictive en boîte noire de marché ?

Cette intelligence prédictive repose sur la collecte, le recoupement et l’interprétation en temps réel de millions d’informations dans toutes les langues, sur tous les médias économiques et sur tous les réseaux sociaux… puis traduit ces « nuages d’inputs » en autant de paris spéculatifs sur un titre, un secteur, une tendance.

Les robots sont effectivement beaucoup mieux informés que ne le sera jamais le mieux renseigné des opérateurs sur actions, doublé du plus doué des chartistes. Même si un super-trader quasi-omniscient existait, il serait de toute façon devancé et battu à plate couture par le trading hyperfréquence.

Oui, les algos sont sursaturés d’informations et de bases de données concernant des milliards de graphiques et de séquences techniques antérieurs, mais ne détectent ni les excès (notion subjective), ni ce que le cerveau humain perçoit comme surréaliste. En matière de trading, le comble de la rationalité débouche sur la folie, parce que la seule référence des algorithmes, c’est le prix. Ils ne se mêlent pas de déterminer si le prix correspond à une valorisation cohérente : seule leur importe la tendance.
[NDLR : Même si les marchés sont devenus inhumains, il est toujours possible de viser un rendement moyen de 17% sur votre PEA… sans pour autant prendre de risques inutiles. Notre spécialiste vous livre la liste complète des valeurs à éliminer et celles que vous devriez impérativement sélectionner. Tout est ici.
]

Ces sept records consécutifs du Nasdaq sans même le moindre gonflement des volumes témoignent de la prise de contrôle totale du marché par les algos et de la capitulation de tout comportement contrarien. Plus ça monte, moins il y a de vendeurs – voire plus aucun au bout d’une semaine.

Le Nasdaq prend +12% en 100 jours, élection de Trump

Le Nasdaq affiche désormais +12% depuis l’élection présidentielle du 8 novembre 2016. Cela fait pile 100 jours. Nous sommes saisis de vertige. +0,12% par jour. Cela nous donne une progression annuelle de 43,6%.

Mais nous savons d’expérience que tout est possible à l’occasion d’un coup de folie passager de type dot.com… Celui-ci mériterait d’être baptisé dot.Trump.

Alors oublions un peu l’emballement de ces derniers jours pour analyser ce qui s’est passé ces huit dernières années.

En huit ans, autant de progression qu’entre 1996 et le sommet de 2000

Le 6 mars prochain, les marchés célébreront le huitième anniversaire du rebond depuis la crise du crédit subprime ; rebond qui se poursuit et accélère depuis deux mois.

Si les scores devaient en rester là, à 20 620 points, le Dow Jones aurait progressé de +14 150 points depuis son plancher des 6 470. Autrement dit, le Dow Jones a été multiplié par 3,19 en huit ans.

La précédente plus forte hausse historique du Dow Jones a eu lieu entre fin novembre 1994 et le 14 janvier 2000. Le Dow Jones est passé de 3 740 à 11 750 points ; sa capitalisation a donc été multipliée par 3,14 en six ans.

dow

Autre comparaison intéressante. Le Dow Jones réalise un parcours fulgurant depuis fin août 2015 : il engrange +33% en 17 mois. Entre 2006 et 2007 on a déjà connu une telle évolution. Parti de 10 700 points fin juin 2006, le Dow Jones grimpa également de +33% pour établir son précédent record à 14 200 points 16 mois plus tard.

Nous ne savons pas si les robots sont conscients de ces extrêmes en terme de performance mais il est à peu près certain que cela ne leur fait rien – contrairement à nous.

L’homme, cette espèce disparue dans l’univers du trading

Les performances du passé ont été réalisées à l’ère d’opérateurs de chair et de sang, prisonniers de leur psychologie quasi primitive. Cette époque est finie, révolue depuis 2009 (elle était déjà en voie de disparition en 2006), remplacée par un cocktail de flux de dépêches et de modèles mathématiques.

Depuis janvier 2009, les banques centrales injectent du carburant monétaire, les robots répartissent cette manne au mieux des opportunités de retour sur investissement, lesquelles sont calculées non pas en fonction des projections de bénéfices sur les prochaines années mais en fonction des événements graphiques survenus il y a trois centièmes de secondes, puisque c’est à cette échelle de temps que travaillent les algos.

A force de tordre toutes les forces du marché à coups d’injections de liquidités, la gestion du risque a été totalement subvertie et son évaluation rendue inefficiente.

Alors un Dow Jones multiplié par 3,18 en huit ans, un S&P500 par 3,5 et un Nasdaq par 4,6, cela n’impressionne pas une machine ni les ingénieurs qui la programment et pour lesquels la Bourse, les entreprises, n’évoquent pas grand-chose.

De leur point de vue, la Bourse, c’est un jeu vidéo. Les actions, les indices, les matières premières, ne sont que des lignes de codes, pas des entités à structure humaine, enracinées dans notre monde sensible.

Les marchés cybernétiques sont une caricature d’une « main invisible » tout juste capable de tirer les cours vers des prix toujours plus élevés et de s’autocélébrer comme la grande créatrice de richesse.

Jusqu’à ce que la machine se retrouve confrontée à encore plus déconnecté du réel qu’elle. Cela pourrait être le prochain banquier central, un clone de Kerviel… ou Donald Trump.

_______________COMMUNIQUE

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