Islam et science-conseil dans l’espérance du roi-il faut souligner qu’après le schisme d’Orient ceux qui le refusaient sont venus en occident avec leurs précieux manuscrits;ceci dit la science arabe n’est pas un mythe et c’est se ridiculiser que de la nier

 

 

 

 Islam et science.


Nouvel article sur conseil dans l’espérance du roi

Islam et science.

par conseilesperanceduroi

Dans son excellent essai intitulé  » Aristote au Mont Saint-Michel  » (2008), Sylvain Gougenheim avait déjà très largement réévalué l’apport du monde musulman dans la transmission à l’Occident médiéval de l’héritage culturel grec antique. Prenant le contre-pied de l’historiographie contemporaine gagnée par la dhimmitude ambiante, il avait démontré que l’Occident chrétien doit l’essentiel de cette transmission et assimilation à ses propres traducteurs et ateliers de traduction, notamment celui du Mont Saint-Michel. Pourtant, vous vous souvenez sans doute de la violence des critiques dont l’auteur fut l’objet, de la part de tous les promoteurs du multiculturalisme.

unknown

Et voici que paraît un ouvrage de l’historien et ingénieur Alexandre Moatti, dont le titre est un intéressant programme d’étude des cercles musulmans qui s’opposent aujourd’hui aux acquis scientifiques :  » Islam et science. Antagonismes contemporains « .

311jhte33kl-_sx326_bo1204203200_

On croise ainsi, dans islam et science, des complotistes niant l’apport des Grecs à la connaissance (pour ne retenir que l’âge d’or musulman, entre les VIIIe et XIIIe siècles), des exégètes du ­Coran qui y trouvent les clés de la relativité générale d’Einstein ou même des géocentristes (qui pensent encore que le Soleil tourne autour de la Terre).

Cela pourrait faire sourire si ces raisonnements ne cohabitaient pas avec d’autres idées, plus inquiétantes, s’opposant à la séparation des sciences et des religions admise aujourd’hui – au moins largement en Occident – et exprimant la volonté de soumettre les premières à l’islam, ce qu’il appelle le « concordisme ». Alexandre Moatti présente plusieurs de ces positions intellectuelles, de Sayyid Qutb (1906-1966) à Tariq Ramadan en passant Ziauddin Sardar.

Sayyid Qutb, l’un des auteurs de la doctrine des Frères musulmans et inspirateur post-mortem d’Al-Qaida, ne garde de la science que les apports techniques mais pas théoriques, réservés à l’Islam. Il considère, par exemple, que les sciences des origines (cosmologie, biologie) ne peuvent être enseignées par un non-musulman. Le prédicateur Tariq Ramadan apparaît plus modéré en considérant que la science nourrit la foi, cœur et esprit étant deux modes d’accès à la connaissance. D’autres proclament au contraire qu’il n’y a simplement pas de vérités autres qu’islamiques. Mais tous ont en commun de nier les spécificités de la science, à savoir le questionnement, la méthode d’analyse, le raisonnement, voire le doute.

Le plus troublant n’est pas de découvrir ce désir de soumettre les sciences à un ordre supérieur, mais de voir qu’il s’accompagne des critiques plus « modernes », voire post-modernes, et qu’Alexandre Moatti avait déjà très bien analysées dans Alterscience (Odile Jacob, 2013) : par exemple, la physique, la biologie ou la chimie se seraient « oubliées », devenant trop techniques et se désintéressant de questions morales ou éthiques. Autant de points qui en soi méritent discussion, et qui essaiment sous une forme dogmatique jusque chez ces auteurs se réclamant de l’islam.

L’historien émet l’hypothèse que la persistance de ces idées « concordistes » serait liée au fait que les sciences ne se sont pas institutionnalisées dans les pays musulmans comme en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord. Ce faisant, il est conscient qu’une telle enquête peut apporter des arguments à ceux qui assimilent purement et simplement l’islam à l’obscurantisme. Son intention est plutôt d’appeler les fidèles de cette religion à reconnaître les vertus de la science comme mode d’accès à la connaissance. Il reste qu’en mêlant des raisonnements farfelus avec d’autres plus réfléchis, des penseurs marginaux avec d’autres plus établis, des critiques audibles avec des positions inacceptables, cette plongée au plus près des sources ne peut qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui jugent que l’islam est incompatible avec la pensée occidentale. Mais cette vision des choses est-elle si éloignée de la réalité ?

Le 17 février 2017.

 

 

 

 

 

Publicités
Par défaut

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s