LE GRAIN DE SEL : lettre d’information de christine sourgins

La Beauté bientôt remboursée par la Sécu

Le neurologue Pierre Lemarquis a publié «  L’empathie esthétique, entre Mozart et Michel-Ange » aux éditions Odile Jacob, livre qui démontre que l’art devrait être remboursé par la Sécu. En effet, la Beauté d’une œuvre provoque la sécrétion de neuro-transmetteurs du bien-être, un vrai cocktail de vitalité : la dopamine, ce stimulant du désir, les endomorphines qui apaisent la douleur, l’adrénaline qui renforce l’énergie mais aussi la sérotonine, à l’action anxiolytique.  Bref, la Beauté de l’art serait un antidépresseur sans effets secondaires ravageurs… L’Art pourrait non seulement nous conduire à l’extase, mais certains spectacles effrayants pourraient s’avérer bénéfiques, grâce aux vertus cathartiques de la représentation, ce qu’Aristote notait déjà à propos du théâtre.

Mais la science du neurologue s’arrête là, n’ayant pas encore intégré, qu’aujourd’hui, tout ce qui porte le nom d’art peut revêtir des natures différentes voire antagonistes. Si voir une re-présentation, une nouvelle monstration du réel, fictionnelle, peut avoir un effet cathartique, il n’en est pas de même d’un certain art dit contemporain qui, au prétexte que « l’art c’est la vie », abolit la re-présentation au profit d’une simple présentation, voire d’une prédation du réel. De l’hémoglobine d’Opéra et du sang réellement versé lors d’une « performance » n’ont pas le même sens et ne déclenchent pas les mêmes réactions.

De même, on peut être septique de voir notre homme de science vanter les mérites du Ballon Flower de Jeff Koons, dont les formes arrondies nous renverraient vers l’enfance : si toute grande œuvre a une relation avec l’enfance, lieu d’émotions et sentiments des plus forts, on peut rêver pour l’art d’un autre destin que la régression infantile. Il serait bon de dire que si la Beauté nous offre plein de neuro-transmetteurs, la réciproque n’est pas vraie : la présence d’adrénaline ou de dopamine peut signifier la présence  de tout autre chose. Tout ce qui modifie notre humeur, nous détend et nous met en appétit de vivre n’est pas forcément Beau. Pour certains, le commérage ou la calomnie ont des effets revigorants, exaltants : où est le Beau ? Pour d’autres, lire dans un magazine people les misères des « stars » est hautement jouissif ; un accident de voiture en extasie un troisième, d’où les voyeurs qui s’amassent avec gourmandise au bord des routes. Pour le dire plus simplement : si la Beauté, incontestablement, nous émeut, tout ce qui nous émeut n’est pas forcément Beau.

Il n’en reste pas moins que l’amateur d’art jugera instructif d’apprendre que notre cerveau découvrant une œuvre d’art met 2 secondes pour la rejeter et quatre pour s’y intéresser, que celui qui goûte un tableau abstrait s’y projette d’une manière identique à celui qui savoure une œuvre figurative. En cause nos neurones miroirs, connectées au cerveau dionysien, celui des émotions. L’émotion esthétique, que développe ce cerveau dionysien, est différente du jugement esthétique, qui, lui, siège dans l’autre partie du cerveau, l’apollinien, dédié à l’intellect et à la culture pour reprend les catégories Nietzschéennes, alors que d’autres préfèrent évoquer « cerveau droit/ cerveau gauche », pour faire court. Conclusion : le neurologue ne s’étonne pas qu’on puisse ne pas aimer des œuvres que l’on trouve belles …ni aimer certaines que l’on juge peu réussies mais qui résonnent en nous émotionnellement.

Il voit bien l’intérêt des régimes totalitaires du XXème siècle à confisquer cette bouffée d’oxygène offerte à la population. Mais justement, une approche plus fine de l’histoire de l’art aurait pu conduire notre scientifique à s’interroger sur la situation présente. A savoir, la relégation de certains arts de la représentation (comme la Peinture) au profit des détournements, performances et autres installations prédatrices du réel. De même, dans la Peinture officiellement tolérée, l’importance d’un courant conceptuel anesthésié et anesthésiant qui contrebalance son exact contraire : une picturalité qui, elle, joue complaisamment sur le registre « affreux, sale et méchant » dont se goinfre notre ego dionysiaque…

Christine Sourgins

Par défaut

Olivier Demeulenaere – Regards sur l’économie

Bilderberg 2016 : la liste des Français participants et des politiciens en activité traîtres à leur nation

La réunion du groupe Bilderberg se tiendra à Dresde les 10-12 juin 2016. Au sommet de l’ordre du jour figurera très certainement le BrexitOD

bilderberg-2016

« Nous nous sommes attachés cette année à divulguer la liste des participants français à la réunion annuelle du groupe Bilderberg (Established 1954) de l’oligarchie criminelle transnationale ainsi que la liste des politiciens de tout poil en ACTIVITÉ, c’est à dire commettant un acte de trahison envers les peuples de leurs nations respectives en se réunissant à huis-clos, sans agenda officiel, en dehors de leur mandat représentatif et en complotant secrètement avec des politiciens, hommes et femmes d’affaires des secteurs privés et publics de différentes nations et ce en l’absence totale de transparence. Ceci constitue un acte de trahison !

Que les peuples se rappellent des noms de ces TRAÎTRES…

Participants français au Bilderberg 2016, Dresde 10-12 juin 2016 :

  • Henri de Castries, Chairman Bilderberg Group, PDG groupe AXA
  • Patricia Barbizet, PDG Artémis
  • Nicolas Baverez, associé, Gibson, Dunn & Crutcher
  • Olivier Blanchard, du Peterson Institute
  • Emmanuelle Charpentier, Directrice Max Planck Institute for Infection Biology
  • Laurent Fabius, président du Conseil Constitutionnel
  • Etienne Gernell, directeur d’édition, Le Point
  • Edouard Philippe, Maire du Havre (LR)
  • Christine Lagarde, directrice du FMI

Politiciens, politiciennes, élu(e)s des peuples ou ministres en fonction:

  • Ahmed Aboutelab, maire de la ville de Rotterdam, Hollande
  • Thomas Arenkiel, secrétaire permanent au ministère de la défense du Danemark
  • Magdalena Andersson, ministre des finances de la Suède
  • José Manuel Barroso, ex-président de la Commission Européenne
  • Borge Brende, ministre des Affaires Etrangères de la Norvège
  • Sharon Dijksma, ministre environnement de la Hollande
  • Kristalina Georgieva, Vice-présidente de la Commission Européenne
  • Helen Goodman, députée travailliste, Grande-Bretagne
  • Sylvie Gaulard, députée européenne
  • Lindsey Graham, sénateur, USA
  • Ursula von der Leyen, ministre de la défense de l’Allemagne
  • Thomas de Maizière, ministre de l’intérieur de l’Allemagne
  • Charles Michel, premier ministre de la Belgique
  • Bill Morneau, ministre des finances du Canada
  • Michael Nooman, ministre des finances de l’Irlande
  • Kajsa Ollengren, adjointe au maire d’Amsterdam, Hollande
  • Soren Pind, ministre de la justice du Danemark
  • Mook Ruette, premier ministre de la Hollande
  • Wolfgang Schäuble, ministre des finances de l’Allemagne
  • Mehmet Simsek, adjoint du premier ministre de la Turquie
  • Stanislas Tillich, ministre-président de la Saxe
Par défaut

Institut Européen de Bioéthique : LE DROIT DE CONNAÎTRE SES ORIGINES , UN DROIT FONDAMENTAL par Géraldine MATHIEU

1

Institut Européen de Bioéthique
Le législateur peut-il refuser à un être humain de savoir d’où il vient ? La loi devrait-elle reconnaître et garantir à tout individu le droit de connaître ses origines maternelle et paternelle ? Sur le plan in-ternational, devrait-on consacrer un droit de la per-sonne à connaître ses origines ? Et d’ailleurs, qu’entend-on par « origines » ? C’est à de telles interrogations que la présente étude entend ré-pondre, dans une approche combinant droit, psy-chologie et sociologie.
1. INTRODUCTION
A. Préalable : les termes du débat
Pour bien comprendre le débat sur l’accès aux ori-gines, il est nécessaire de distinguer clairement les concepts d’origine, de parenté et de parentalité.
Les origines, dans leur dimension biologique, ren-voient à l’axe corporel de la filiation : le parent d’origine d’un enfant est alors, au sens étroit, son géniteur.
La parenté désigne ensuite l’axe juridique de la filiation. Elle renvoie à un ensemble de droits et d’obligations dans le chef du parent et de l’enfant et permet d’inscrire l’enfant dans une lignée.
Le lien juridique de filiation ne prendra naissance, de plein droit ou au travers d’un acte juridique, que dans la mesure où l’une des hypothèses légales de l’établissement de la filiation maternelle ou pater-nelle est réalisée. Ainsi, la biologie seule ne donne pas plus d’éléments filiatifs que la volonté seule si elle ne s’accompagne pas d’une reconnaissance par le droit.
La parentalité, enfin, s’entend de l’axe éducatif et socioaffectif et renvoie de facto à l’exercice des attri-buts de l’autorité parentale, c’est-à-dire des fonctions d’éducation et de soins.
Si les parents génétiques peuvent évidemment être les parents légaux de l’enfant (axe de la parenté) et en prendre soin au quotidien (axe de la parentalité), tel ne sera pas toujours le cas. C’est précisément en cas de dissociation de ces différentes composantes que la question de l’accès aux origines se pose.
« Tromper un enfant sur sa filiation peut le rendre fou. »
D. ROUSSEAU,
Les grandes personnes sont vraiment stupides. Ce que nous apprennent les enfants en détresse,
Paris, Max Milo Editions, 2012, p. 11.

Maître de Conférences – UNamur
Chargée de projets
Défense des Enfants International
2
B. Le contexte
À l’origine, il y a toujours quelque chose.
À l’origine, il ne se peut pas qu’il n’y ait rien.
L’énigme des origines a toujours été au coeur des
questionnements de l’être humain. Notre esprit a besoin
de se raccrocher à un point de départ, dans l’espace
comme dans le temps1.
A un niveau collectif : Quelle est l’origine de l’humanité
? D’où vient l’homme ? Pourquoi y a-t-il
quelque chose plutôt que rien ? Inépuisables questions
auxquelles toutes les civilisations2 ont tenté
d’apporter leurs propres réponses, sous forme de
mythes, de croyances ou de réflexions.
A un niveau individuel ensuite : Qui suis-je ? D’où
viens-je ? Quelle est l’histoire de mes parents ? De
mes grands-parents ? De mon désir et de ma conception
? Ce phénomène n’est pas nouveau puisqu’il
participe de la condition humaine. Nous rencontrons
tous, à des degrés divers, à des moments différents,
le besoin de renouer avec notre histoire, notre singularité,
ce qui fait que nous sommes ce que nous
sommes, à l’endroit où nous sommes, pour nous réconcilier
avec notre passé, construire notre avenir,
comprendre d’où nous venons et où nous allons.
La question des origines touche à notre appartenance
ethnique, sociale et culturelle mais aussi, inévitablement
et avant tout, à notre ascendance, notre filiation,
notre généalogie, notre famille et notre place au
sein de celle-ci. La famille est en effet le premier
groupe auquel nous appartenons et au sein duquel
nous nous construisons ; son rôle dans la transmission
des origines est à cet égard primordial.
Si le questionnement sur les origines n’est pas neuf,
jamais il n’a été posé avec autant de force. Sous
l’impulsion d’études menées en sciences sociales et
psychologiques, la question de
la recherche des origines suscite
désormais de nombreux débats,
également dans le monde juridique,
et on assiste à une véritable
revendication d’un droit
d’accéder à ses origines. Il s’agit
sans aucun doute d’un des débats
de société les plus délicats
de ces vingt dernières années3.
Pourquoi ce débat a-t-il quitté la sphère de l’intime
et du privé pour se poser avec autant d’acuité dans
l’espace public ?
Ce sont les adoptés, devenus adolescents ou adultes,
qui sont, d’une certaine manière, à « l’origine des
questions sur les origines »4. Ces questions sont en
effet apparues dans l’espace public au travers de paroles
d’adoptés qui ont ressenti le besoin de raconter
leurs vécus intimes, leurs constructions, leurs difficultés,
au regard de leur situation d’enfants adoptés.
Plusieurs générations de ces enfants sont devenues
adultes depuis l’essor de l’adoption internationale et
interpellent désormais les intervenants dans le domaine
de l’adoption, notamment sur la question de
leurs origines.
Parallèlement, grâce aux progrès scientifiques avenus
au cours des dernières décennies, il est aujourd’hui
devenu possible d’isoler des cellules humaines,
de les reproduire et de « fabriquer » des enfants hors
sexualité, hors corps5. En multipliant les intervenants
dans le processus d’engendrement, la science, souvent
cautionnée par le droit, a ainsi multiplié les occasions
de susciter des recherches d’origines puisqu’il
peut y avoir aujourd’hui jusqu’à cinq personnes
à l’origine de la naissance d’un enfant : une femme
qui fait don de ses ovocytes, un homme qui fait don
de son sperme ou un couple qui fait don d’un de ses
embryons, une femme pour porter l’enfant et les parents
qui souhaitent l’éduquer et faire de lui « leur »
enfant, même en l’absence de lien biologique les reliant
à lui.
La reconnaissance progressive de l’homoparenté a
encore accentué la dimension du questionnement.
Au sein des couples homosexuels, le secret, qu’il
porte sur le fait de l’adoption, sur le recours à la procréation
médicalement assistée, combinée ou non à
la gestation pour autrui, est intenable par nature.
L’enfant élevé par un couple de même sexe sera en
effet tôt ou tard confronté à une évidence : l’espèce
humaine étant sexuée, il ne peut
avoir été conçu que par un
homme et une femme ou, à tout le
moins, par la rencontre des gamètes
des deux sexes. Il s’interrogera
ainsi nécessairement sur ses
origines6.
L’énigme des origines a toujours
été au coeur des questionnements
de l’être humain. Notre esprit a besoin
de se raccrocher à un point de
départ, dans l’espace comme dans
le temps.
3
Dans le même temps, les progrès de la génétique
ont permis d’établir avec une quasi-certitude l’origine
biologique d’un individu grâce aux tests ADN.
Il est aujourd’hui possible de caractériser la constitution
génétique de chaque personne, c’est-à-dire
son génotype (patrimoine génétique d’un individu
dépendant des gènes hérités de ses parents, qu’ils
soient exprimés ou non) et ainsi d’identifier chaque
individu à partir d’un échantillon organique. Le recours
à l’expertise génétique permet de s’assurer,
avec une certitude chiffrée le plus souvent aux alentours
de 99,99 %, de l’existence ou, à raison d’une
certitude de 100 %, du défaut de lien biologique
entre deux personnes, de quoi bouleverser le droit de
la filiation dans les systèmes juridiques, tels ceux de
la France et de la Belgique, qui ont toujours cherché
à réserver une place, à côté de la vérité du sang, à la
vérité socioaffective comme fondement de la filiation.
La multiplication des familles recomposées a également
participé, certes dans une moindre mesure, à
l’éclatement des dimensions constitutives de la filiation.
La relation de l’enfant avec son beau-parent
s’inscrit désormais dans une logique non plus exclusivement
substitutive mais le plus souvent additionnelle,
la recomposition familiale étant auparavant la
conséquence de la disparition précoce de l’un des
parents alors qu’elle est aujourd’hui le plus souvent
la suite logique d’une séparation7.
Toutes ces situations nouvelles ont contribué à complexifier
la donne en impliquant, soit dans l’engendrement,
soit dans l’éducation, soit dans la trajectoire
de vie de l’enfant, plus d’un homme et d’une
femme8. Il devient ainsi de plus en plus rare qu’un
seul homme et une seule femme cumulent dans leur
chef l’ensemble des dimensions constitutives de la
filiation : l’axe légal (le parent devant la loi – registre
de la parenté), l’axe biologique (le parent de
sang – registre des origines) et l’axe éducatif et socioaffectif
(le parent qui prend soin de l’enfant –
registre de la parentalité). La conception indivisible
de la filiation qui a toujours prévalu dans nos sociétés
occidentales se trouve ainsi bousculée par l’évolution
de la science, des moeurs et du droit.
2. LES ORIGINES, C’EST QUOI ?
Etymologiquement, le terme « origine » vient du
latin oriri qui signifie « surgir, apparaître » mais
aussi « tirer son origine de, sortir de, provenir de ».
Il désigne dès lors à la fois le commencement d’une
chose et ce qui a produit la chose, ce d’où elle est
sortie. En tant qu’être humain, le terme « origines »
renvoie ainsi à l’événement de notre venue au
monde, soit notre naissance, mais aussi au processus
causal antécédent, le phénomène même de la genèse
de ce moment événementiel 9.
Les origines d’une personne renvoient avant tout à
la dimension corporelle, aux origines dites
« biologiques ». La recherche de ses origines vise
donc tout naturellement l’obtention d’informations
sur ceux qui ont permis que nous venions au monde.
Cette dimension génétique de la quête des origines a
été fortement accentuée ces dernières années en raison
des développements de la science. Les progrès
scientifiques ont en effet permis, d’une part, de multiplier
les intervenants dans le processus de procréation
(donneur de gamètes, donneur d’embryon, recours
à une mère porteuse), d’autre part, de vérifier
avec une quasi-certitude l’origine biologique d’une
personne grâce à l’expertise génétique (ou test
ADN).
Mais les origines d’une personne ne sont jamais uniquement
biologiques. L’enfant prend aussi racine
dans le désir de ses parents. Le pédopsychiatre français
Daniel Rousseau relève ainsi, à propos de la
révélation à un enfant de ce qu’il est issu d’un don
de gamètes, révélation certes nécessaire par respect
pour lui, qu’il convient aussi de lui exprimer qu’il
est d’abord le fruit d’un amour, mais une fructification
aidée par un don. Il ajoute qu’il n’est nul besoin
d’entrer dans des considérations de techniques médicales
détaillées : [l]’enfant n’a pas à devoir
s’identifier à une paillette de sperme ou à une
éprouvette en verre, mais à se situer dans le désir
que ses parents ont eu de l’accueillir10.
La quête des origines, c’est aussi la quête du sens, le
désir de reconstituer une histoire, lui redonner une
unité, effacer des ruptures. Ainsi, la quête identitaire
dépasse souvent la seule référence à des données
biologiques. Elle est avant tout quête de soimême.
Elle ne peut en tout cas se comprendre
comme une valorisation de la nature contre la culture
ou de la biologie contre la volonté11 mais plutôt
comme la tentative de se réapproprier sa propre histoire.
4
3. TRANSMETTRE À L’ENFANT SES ORIGINES, POURQUOI ?
Comment savoir qui on est lorsqu’on ignore d’où on
vient ?
La recherche de ses origines est indissociable de la
réflexion de tout être humain sur son identité personnelle,
c’est-à-dire sur ce qui le constitue en tant
qu’individu, différencié des autres individus mais
intimement relié à eux. Le questionnement sur les
origines relève d’ailleurs d’un processus psychosocial
spontané : chaque être humain, à un moment
donné et selon un degré d’intensité variable, ressent
le besoin de mieux connaître ses origines, afin de
forger son identité. Il s’agit de s’approprier son histoire,
de comprendre son passé, de solidifier ses racines
afin de mieux appréhender le présent et l’avenir.
Le développement de la psychologie a mis en
évidence le rôle considérable que la connaissance
des origines joue dans le développement de la personnalité.
De nombreuses études ont pu montrer que
l’être humain, pour grandir et se développer dans les
meilleures conditions possibles, a besoin, dès son
enfance, de se situer par rapport à son passé
(origines au sens large) et son avenir12.
Cette quête identitaire peut prendre une dimension
toute particulière lorsque les origines sont ombragées.
L’existence – ou la suspicion – d’un secret attise
le besoin de savoir et celui qui touche aux origines
n’échappe pas à la règle. Le questionnement
identitaire passe nécessairement par une (re)mise en
question des origines personnelles et est accentué
dans les filiations qui comportent plus d’inconnues
et pour lesquelles les réponses à apporter sont susceptibles
d’être plus compliquées : abandon, adoption,
procréation médicalement assistée avec don
anonyme ou mère porteuse, séparation des parents et
perte de contact avec l’un d’eux ou encore simple
doute sur sa filiation naturelle13.
Si les secrets de famille ne sont pas tous pathogènes,
les secrets sur les origines le seront le plus souvent.
Quel que soit l’événement originel sur lequel il
porte, le secret sur les origines peut en effet générer
de réelles souffrances psychologiques et porter une
atteinte fondamentale à l’estime de soi. La psychanalyse,
depuis près de cent ans, nous apprend que
l’histoire du début de notre vie et les circonstances
de nos origines s’impriment en nous à l’insu de
notre savoir immédiat et que le non-dit sur l’origine
et l’histoire empêche tout simplement l’enfant de
penser et inaugure un destin de souffrance14. Les
enfants ont en effet des antennes particulières pour
entendre le non-dit, quand bien même ils ne poseraient
pas de questions à la manière des adultes.
On comprend ainsi qu’il est crucial de ne jamais cacher
aux enfants les secrets relatifs à leurs origines,
que le secret porte sur l’héritage biologique, l’adoption,
la conception par un tiers, la composition familiale,
comme par exemple l’existence de demi-frères
ou soeurs vivant ailleurs. Le secret doit être levé car
les origines de l’enfant, au sens le plus large qui
soit, lui appartiennent15.
4. TRANSMETTRE À L’ENFANT SES ORIGINES, OUI MAIS COMMENT ?
Le secret s’apparente au silence. Il ne s’oppose pas à
la vérité mais à la parole.
Mais que dire ? Car le paradoxe est que si le secret
sur les origines est le plus souvent toxique pour l’enfant,
aucune vérité n’est thérapeutique en soi16. La
vérité sur les origines ne sera ni jamais complète, ni
la même pour tous. Telle information fera sens pour
un enfant, pas forcément pour un autre. Pour certains,
avoir un nom c’est tout avoir, pour d’autres
c’est ne rien avoir17.
Le paradoxe est levé si on accepte l’idée que ce qui
est traumatisant pour l’enfant n’est pas tant l’événement
tu en lui-même que l’absence de parole dite
sur cet événement, soit le non-dit18. Nier quelque
chose ne fait qu’accentuer le poids de ce que l’on
cache19. Le pédopsychiatre Donald Winnicott relevait
déjà en 1955, à propos des enfants adoptés, que
ceux-ci se débrouillent toujours, d’une manière ou
d’une autre, pour apprendre la vérité et le fait de découvrir
que la personne en qui ils avaient confiance
les a trompés a beaucoup plus d’importance que ce
qu’ils ont découvert. La vérité n’est pas problématique
en soi si c’est la vérité.
5
Il est en revanche épouvantable pour l’enfant de ne
pas savoir si telle ou telle chose est vraie, si c’est un
mystère ou un fantasme20.
Pour évacuer le caractère pathogène du secret, il apparaît
dès lors essentiel de sortir du non-dit, ce qui
n’implique pas nécessairement de tout dire. Sortir
du non-dit, c’est avant tout parvenir à restituer à
l’enfant une parole vraie, sincère, authentique sur
son histoire, bien plus que viser la transmission intégrale,
froide, neutre et mécanique de l’ensemble des
informations existantes sur celle-ci.
Transmettre ses origines à l’enfant s’entend ainsi
avant tout d’un processus narratif
qui va lui permettre de retracer le fil
de l’histoire, de son histoire. Pour le
psychanalyste Serge Hefez, le plus
important est que l’on puisse raconter
à l’enfant une histoire ‘juste’ du
sens de sa venue au monde, histoire
qu’il pourra se raconter à luimême,
transformer à sa guise en interpellant quand
il le peut tous les protagonistes du récit. L’origine
ne fait sens que par les questions qu’elle pose et par
la parole qu’elle fait circuler autour de son mystère.
Elle est toujours à créer, elle se trame dans un conte
à jamais inachevé que la famille se raconte21.
Ce sont évidemment les parents qui sont les premiers
acteurs de cette transmission. Etant donné
qu’ils sont les premiers garants de l’éducation de
leur enfant et de la protection de son intérêt supérieur,
il leur reviendra évidemment de décider du
moment et de la manière de lui révéler son adoption
ou les circonstances de sa conception, en fonction de
leur vision de son intérêt. Cette décision ressortit à
l’exercice légitime de leur autorité parentale.
Dans la mesure où il n’existe pas une seule bonne
réponse, nous estimons que le droit n’a pas à répondre
à la question de savoir à quel âge il faut parler
à l’enfant de ses origines. Chaque réponse concrète
dépendra du contexte familial et relationnel
propre à chaque situation. L’important est, sans aucun
doute, que l’enfant apprenne la vérité sur ses
origines de la bouche de ses parents et que ceux-ci
parviennent à trouver les mots pour la lui révéler
avant qu’elle n’éclate au grand jour, malgré eux. Le
poids du non-dit s’accroît en effet avec le temps et
laisse souvent place à des fantasmes destructeurs
tels que « je suis l’enfant d’un viol, d’un inceste,
d’un adultère ». Plus la révélation est
tardive, plus le risque qu’en découlent
des conséquences négatives est
important : La révélation du mode
de conception induit obligatoirement
un bouleversement des données objectives
de l’histoire personnelle de
l’enfant. Plus il a été informé tardivement,
plus il est obligé de relire et de reconstituer
son histoire personnelle. Les éléments précis de son
mode de conception et la décision de ses parents
d’avoir utilisé ce procédé puis de l’avoir gardé secret
jusqu’à cet âge-là ont une dimension que l’enfant
a des difficultés à concevoir22. Pour Böszörményi-
Nagy23, il est capital que l’enfant ne perde pas
confiance en ses parents. Ainsi, interrogé précisément
sur la question de l’âge opportun pour une révélation
à l’enfant de ses origines, sa réponse avait
été péremptoire : Un jour avant les voisins 24 !
« Aucune vérité n’est
thérapeutique en soi »
5. QUE PRÉVOIENT LES INSTRUMENTS JURIDIQUES INTERNATIONAUX ?
A. Les articles 7 et 8 de la Convention des Nations
Unies relative aux droits de l’enfant
La Convention relative aux droits de l’enfant a été
adoptée à New York par l’Assemblée générale des
Nations Unies le 20 novembre 1989. Parmi les 193
Etats reconnus par l’ONU, seuls les Etats-Unis ne
sont pas parties à ce traité qui peut donc être qualifié
de quasi universel. Ce texte a marqué une étape importante
dans le droit international de l’enfant
puisque la Convention part de l’idée que l’enfant est
d’abord une personne et, à ce titre, peut invoquer les
droits de l’Homme. Il est désormais considéré
comme un sujet de droit, et non plus comme un
simple objet. Un Comité des droits de l’enfant, composé
d’experts indépendants, est chargé de surveiller
l’application de la Convention dans tous les pays qui
l’ont ratifiée.
L’article 7.1 de la Convention relative aux droits de
l’enfant dispose que [l]’enfant est enregistré aussitôt
sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le
droit d’acquérir une nationalité et, dans la mesure
du possible, le droit de connaître ses parents et
d’être élevé par eux.
6
Une première difficulté posée par cet article est que
le terme parents n’est pas défini. Or, aujourd’hui
plus que jamais, ce terme est susceptible de recouvrir
différentes réalités : s’agit-il des parents de naissance,
des parents adoptifs, des auteurs du projet parental
qui ont eu recours à la procréation médicalement
assistée, de celle ou celui qui a fourni ses gamètes,
du géniteur, de celui ou celle dont le nom est
écrit dans l’acte de naissance, de la personne qui
éduque l’enfant ?
Rachel Hodgkin et Peter Newell, dans le Manuel
d’application de la Convention relative aux droits de
l’enfant, retiennent une définition plurielle du terme
parents. Ils considèrent qu’il s’agit tout à la fois des
parents génétiques (ce qui est important pour l’enfant,
ne serait-ce que pour des raisons médicales),
des parents de naissance (c’est-à-dire la femme qui a
porté l’enfant et l’homme qui prétend
à sa paternité du fait de sa
relation avec la mère au moment
de la naissance) mais aussi des
éventuels parents nourriciers, qui
ont pris soin de l’enfant pendant
des périodes prolongées et qui
sont donc aussi intimement liés à
l’identité de l’enfant25.
Une seconde difficulté est que l’article 7.1 de la
Convention ne garantit à l’enfant le droit de connaître
ses parents que « dans la mesure du possible ».
Cette restriction fait, elle aussi, l’objet d’interprétations
divergentes. Elle fut ajoutée en raison de l’opposition
de certains Etats réticents à l’idée de conférer
au droit de l’enfant de connaître ses parents un
caractère absolu. L’expression est évidemment ambiguë,
puisque la « mesure du possible » peut tout à
la fois s’entendre de l’absence d’obstacles matériels
ou psychologiques ou de l’absence d’obstacles légaux,
et la différence est de taille26.
Trois situations peuvent être distinguées27 :
1. La première situation est celle où il est impossible,
pour des raisons matérielles, d’identifier l’un des
parents (par exemple, lorsque la mère ne sait pas qui
est le père ou lorsqu’il s’agit d’un enfant abandonné
dans la rue). Dans ce cas, et même si la Convention
impose que la législation ne comporte pas de discrimination
à l’égard de ces enfants, les Etats parties ne
peuvent pas faire grand-chose. Il s’agit d’une hypothèse
où l’identification n’est techniquement pas réalisable
28.
2. La deuxième situation est celle où la mère refuse
de dévoiler l’identité du père, pour des raisons de
convenance personnelle ou pour des raisons plus
graves (cas extrêmes tels que l’inceste ou le viol).
S’il est concevable d’obliger légalement les mères à
donner le nom du père, la question de la sanction
adéquate en cas de refus n’est pas simple. On conçoit
mal en effet que la mère puisse se voir retirer la
garde de l’enfant, voire l’autorité parentale.
L’astreinte financière comme moyen de pression
pourrait s’envisager, avec les limites inhérentes à
celle-ci, notamment en cas de faibles revenus de la
mère.
3. La troisième situation renvoie à l’hypothèse où
l’Etat décide que le parent ne doit pas être identifié.
Par exemple, lorsque le législateur limite l’accès de
l’enfant adopté aux informations
sur ses parents génétiques, lorsqu’il
prescrit l’anonymat des dons
d’ovules ou de sperme dans le domaine
des fécondations in vitro,
lorsqu’il impose une falsification
d’identité sur l’acte de naissance,
par exemple pour un enfant dont le
père n’est pas le mari de la mère,
ou encore lorsqu’il fait obstacle à l’établissement
d’une filiation pourtant connue, telle une filiation
incestueuse.
Cette troisième catégorie prête évidemment à controverse
quant à l’interprétation des termes « dans la
mesure du possible » puisqu’elle peut dans certains
cas apparaître comme un déni volontaire du législateur
du droit de l’enfant à connaître ses parents. Pour
certains en effet29, l’expression « dans la mesure du
possible » doit être comprise dans le sens de
« lorsque la loi n’y fait pas obstacle », de sorte qu’il
n’est pas exclu que des enfants soient conçus dans
des circonstances où les deux parents sont inconnus
(procréation médicalement assistée hétérologue, accouchement
dans l’anonymat) ou encore qu’ils
soient conçus et naissent dans le cadre d’une gestation
pour autrui. Une telle interprétation revient en
réalité à vider la portée de la règle de toute sa substance
puisqu’elle permet alors aux Etats de limiter le
droit reconnu à l’article 7 en fonction de choix que
lui seul estimerait opportuns. Il suffit alors d’invoquer
cette « mesure » pour prendre des dispositions
de nature à malmener le droit de l’enfant de connaître
ses origines.
La Convention ne garantit à
l’enfant le droit de connaître
ses parents que « dans la mesure
du possible ».
7
Il faut, au contraire, considérer que l’expression
« dans la mesure du possible » renvoie à l’absence
de limites matérielles et non légales. C’est d’ailleurs
la position adoptée par le Comité des droits de l’enfant
qui considère que le droit pour un enfant de connaître
ses parents, garanti par l’article 7.1 de la Convention,
est dénié par les Etats parties qui autorisent
l’accouchement anonyme (ou sous X), les boîtes à
bébés, le secret de l’adoption ou encore l’anonymat
du don de gamètes ou d’embryons30.
A côté de l’article 7.1 de la Convention, l’article 8
mérite également d’être mentionné. Il oblige les
Etats parties à respecter le droit de l’enfant de préserver
son identité, y compris sa nationalité, son
nom et ses relations familiales, tels qu’ils sont reconnus
par la loi, sans ingérence illégale. Si un enfant
est illégalement privé des éléments constitutifs
de son identité ou de certains
d’entre eux, les Etats parties doivent
lui accorder une assistance et une
protection appropriées, pour que
son identité soit rétablie aussi rapidement
que possible.
Les origines de l’enfant font partie
de son identité. Elles devraient donc
idéalement être protégées par l’Etat.
Le problème est que l’article 8
oblige les Etats à respecter le droit
de l’enfant à voir son identité préservée
sans ingérence illégale, tandis que ce n’est
que lorsque l’enfant se trouve illégalement privé de
son identité, ou d’une partie de celle-ci, qu’il a droit
à l’assistance et à la protection appropriée de l’Etat.
Cela signifie donc que si la loi de l’Etat permet que
l’enfant soit privé d’une partie de son identité, la
protection de l’article 8 ne s’appliquera pas puisque
l’ingérence sera dans ce cas légale. Nous considérons
toutefois que si les Etats parties restent souverains
dans l’élaboration de leurs lois, il leur appartient
de respecter leurs engagements internationaux.
Enfin, il convient de ne pas perdre de vu que la Convention
vise la protection de l’enfant, au sens de tout
être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la
majorité est atteinte plus tôt, en vertu de la législation
qui lui est applicable31. Si l’on peut certes défendre
l’idée que certains droits de l’enfant devraient
idéalement être reconnus de la même manière aux
adultes, il reste qu’une interprétation respectueuse de
la Convention interdit d’étendre l’application des
droits qu’elle consacre à une personne devenue majeure.
Dans la rigueur des termes, les articles 7 et 8
ne peuvent dès lors plus être mobilisés si l’enfant à
la recherche de ses origines est devenu majeur. C’est
alors vers la jurisprudence de la Cour européenne
des droits de l’Homme qu’il convient de se tourner.
B. L’article 8 de la Convention européenne des
droits de l’Homme
On rappellera tout d’abord que la Convention européenne
des droits de l’Homme s’applique au sein des
Etats parties à toute personne relevant de leur juridiction,
et donc aussi aux enfants.
C’est sous l’angle de l’article 8 de la Convention, et
plus précisément du droit au respect de la vie privée,
que la Cour européenne des droits
de l’Homme a développé sa jurisprudence
sur la question de l’accès
aux origines personnelles. Elle considère
que le respect de la vie privée
protège le droit à l’identité et à
l’épanouissement personnel. Pour la
Cour, le droit à l’identité fait même
partie du noyau dur du droit au respect
de la vie privée32, en ce qu’il
est une condition essentielle du droit
à l’autonomie33 et à l’épanouissement
34.
Le respect de la vie privée exige, aux yeux de la
Cour, qu’une personne puisse accéder aux informations
lui permettant d’établir « quelques racines de
son histoire ». La Cour a ainsi reconnu, sur cette
base, le droit pour un individu d’avoir accès aux informations
relatives à sa petite enfance contenues
dans un dossier de l’assistance publique (arrêt Gaskin
35), le droit de connaître ses origines et les circonstances
de sa naissance (arrêts Odièvre36 et Godelli
37) et le droit pour un enfant, fût-il âgé, d’avoir
accès à la certitude de sa filiation paternelle (arrêt
Jäggi38). Elle se montre également favorable à la
quête identitaire de l’enfant cherchant à faire établir
sa paternité biologique. La Cour qualifie ainsi de
« vital » l’intérêt de l’enfant, même devenu adulte, à
obtenir les informations qui lui sont indispensables
pour découvrir la vérité sur un aspect important de
son identité personnelle, dont l’identité de ses géniteurs
fait partie, et à faire « reconnaître ces origines
par le droit ».
Transmettre l’histoire de ses
origines à un enfant incombe
en premier lieu à sa famille.
Non seulement elle est le lieu
originel mais elle sera également
celui des premières paroles
qu’il pourra entendre
sur ses origines.
8
Si la Cour reconnaît que l’intérêt, pour une personne,
d’accéder aux informations lui permettant d’établir
les détails de son identité d’être humain est légitime,
et même « vital », elle considère, en même temps,
qu’il peut exister des motifs permettant de ne pas
assurer une totale transparence sur les origines et,
notamment, de ne pas révéler l’identité des parents
de naissance qui ont, eux aussi, le droit au respect de
leur vie privée. Ce droit est garanti à toute personne.
La difficulté réside dès lors dans la délicate mise en
balance d’intérêts contradictoires tous protégés par
l’article 8 de la Convention.
Ainsi, par exemple, dans l’arrêt Odièvre c. France en
2003, la Cour a mis en balance le droit de l’enfant à
la connaissance de ses origines et le droit à la vie
privée d’autres personnes, dont celui de la mère, qui
doit, aux yeux de la Cour, se voir reconnaître le droit
à conserver l’anonymat pour sauvegarder sa santé en
accouchant dans des conditions médicales appropriées.
La Cour a également invoqué le droit au respect
de la vie pour faire pencher la balance du côté
de l’anonymat : le souci de protéger la santé de la
mère et de l’enfant lors de la grossesse et de l’accouchement,
d’éviter des avortements clandestins ou
encore des abandons sauvages n’est ainsi pas étranger,
aux yeux de la Cour, aux buts que recherche le
système français.
6. QUELS SONT LES DIFFÉRENTS CONTEXTES DANS LESQUELS L’ENFANT
POURRAIT ÊTRE EMPÊCHÉ, PAR LE DROIT39, DE CONNAÎTRE SES
ORIGINES ?
A. L’accouchement sous X
Peut-on naître de rien sans n’être rien ?40
Un accouchement sous « X » ou dans l’anonymat,
tel qu’il est actuellement autorisé en France41, suppose
que la femme sollicite, au moment de son admission
dans un établissement de santé, que son anonymat
soit préservé, sans que la loi puisse l’obliger à
fournir la moindre information relative à son identité.
Elle reste évidemment libre de laisser des indications
non identifiantes à l’attention de l’enfant (son âge, sa
nationalité…), ainsi que, sous pli fermé, son identité,
avec la garantie toutefois que le secret sur celle-ci ne
sera levé qu’avec son accord. L’acte de naissance ne
mentionne pas le nom de la mère, la filiation n’est
pas établie et l’enfant, né de mère inconnue, est confié
aux organismes sociaux en vue d’une adoption.
L’accouchement anonyme a ainsi pour conséquence
directe que l’enfant est condamné à rester dans
l’ignorance de toute information relative à la femme
qui l’a mis au monde, sauf volonté contraire de celle
-ci.
A l’inverse de l’accouchement dans l’anonymat,
l’accouchement discret ou secret impose à la mère
de laisser une trace de son identité qui ne sera toutefois
pas mentionnée dans l’acte de naissance, ainsi
que des informations non identifiantes, conservées
confidentiellement par une autorité tierce. La confidentialité
de ces informations n’est alors que temporaire
et une levée ultérieure du secret est envisageable,
sous certaines conditions, à l’exclusion du
consentement de la mère, sans quoi le système mis
en place s’apparente alors à un réel accouchement
dans l’anonymat42.
Le droit belge ne connaît ni l’accouchement sous
« X » ni l’accouchement discret. Chaque naissance
doit être déclarée à l’officier de l’état civil par le
père, la mère, ou, depuis peu, la coparente43 ou, lorsque
ceux-ci s’abstiennent de le faire, par la personne
qui assure la direction de l’établissement ou son délégué,
ou par la personne présente lors de l’accouchement
si celui-ci n’a pas eu lieu dans un établissement
hospitalier. L’acte de naissance doit par ailleurs obligatoirement
mentionner le nom de la mère (ainsi que
celui du père ou de la coparente si la paternité ou la
coparenté est établie)44
9
L’inscription du nom de la mère dans l’acte de naissance
établit de plein droit la maternité45. C’est l’application
de l’adage Mater semper certa est (la mère
est toujours certaine). Le Code pénal érige par ailleurs
en infraction, d’une part le fait de ne pas déclarer
une naissance46, d’autre part, le fait de substituer
un enfant à un autre, d’attribuer à une femme un enfant
dont elle n’a pas accouché, de détruire la preuve
de l’état civil d’un enfant ou d’en empêcher l’établissement
47.
Néanmoins, à l’occasion de la médiatisation de faits
divers tragiques (dépôt d’un nourrisson dans une
boîte à bébé, abandon sauvage, infanticide) – faits
sociaux certes interpellant mais qui n’en restent pas
moins, heureusement d’ailleurs, marginaux48 – le
débat sur l’opportunité d’introduire dans notre droit
la possibilité d’un accouchement anonyme est systématiquement
relancé. Plusieurs propositions de loi
ont ainsi été déposées, sans jamais aboutir, et c’est
heureux. Les propositions de loi visant à instaurer un
accouchement anonyme selon le modèle français
doivent être fermement condamnées en ce qu’elles
octroient à la mère un droit absolu à l’anonymat et
méconnaissent l’évolution actuelle du droit international.
Le Comité des droits de l’enfant a en effet eu
l’occasion de déclarer à plusieurs reprises que les
Etats qui organisent l’anonymat de la maternité violent
l’article 7 de la Convention relative aux droits
de l’enfant, de la même manière que ceux qui tolèrent
les abandons sauvages dans les boîtes à bébés49.
On relèvera par ailleurs qu’il n’existe aucune donnée
objective qui ferait apparaître un lien entre l’accouchement
anonyme ou discret et le nombre d’infanticides,
plutôt lié à une détresse psychique intense de
la mère qui n’est plus en état de raisonner50. Une loi
sur l’accouchement anonyme ou discret n’aurait dès
lors probablement aucun impact sur ce nombre.
B. L’adoption
L’adoption permet un relâchement (adoption simple)
ou une rupture totale(adoption plénière)51 du lien
entre l’enfant et sa famille d’origine, pour le confier,
dans son intérêt, à un ou des adoptants. Ce contexte
de rupture peut évidemment être à l’origine d’une
multitude de secrets autour des origines de l’enfant.
Longtemps, il a été conseillé de taire la filiation de
l’enfant adopté afin qu’il ne se sente pas différent
des autres membres de la famille et qu’il ne souffre
ni du fait de savoir qu’il a été rejeté, ni du sentiment
d’être différent qui en résulte, ni finalement de
l’ignorance de ses origines. Le secret de l’adoption
était considéré comme la garantie suprême de cette
vie familiale créée par la seule volonté humaine.
Aujourd’hui toutefois, l’opinion est quasi unanime :
le fait de l’adoption doit être révélé au plus tôt à
l’enfant. Léon Cassiers, psychiatre et psychanalyste
belge, insistait déjà en 1990 sur l’importance de révéler
à l’enfant le fait de l’adoption dès son début :
Tous les auteurs décrivent les souffrances, et même
les perturbations psychiques parfois graves qui résultent
d’une politique de secret en la matière. Tous
s’accordent sur le fait qu’il n’y a pas d’âge spécifique
pour annoncer à l’enfant son statut d’adopté.
Ceci doit être présent dès le premier jour, et redit
comme un fait d’évidence que nul ne conteste. Cette
position unanime correspond aussi totalement à
notre expérience clinique. Le statut d’adopté doit
donc également être public, au même titre que le statut
d’identité de tout un chacun52.
Françoise Dolto, elle aussi, écrivait à propos du secret
de l’adoption : Certains parents adoptifs désirent
garder le secret concernant les origines des enfants,
ce qui me semble relever essentiellement de l’imaginaire.
Comme si l’ignorance de ses origines rapprochait
davantage l’enfant de ses parents adoptifs ou,
dans un autre sens, comme si l’enfant qui ne sait
rien de ses parents était l’enfant biologique du fantasme
des parents adoptifs !
L’expérience nous dit le contraire. La thérapie des
enfants nous apprend que, consciemment ou inconsciemment,
ils savent tout de leur histoire, et que seul
le non-dit, le mutisme des intervenants et de leurs
parents, ne les autorise pas à en prendre conscience.
Le non-dit, les lacunes dans l’histoire personnelle,
engendrent des traumatismes graves, qui sont souvent
à la base de névroses, voire de psychoses, chez
ces enfants53.
L’ensemble des textes internationaux qui traitent de
la question de la connaissance des origines en matière
d’adoption va dans le sens d’une reconnaissance
du besoin et de la nécessité pour la personne
adoptée d’obtenir un maximum d’informations sur
son passé préadoptif. Les Etats doivent tenir compte
de cette évolution.
10
Même si les réponses apportées à la question de la
recherche des origines par les Etats varient encore à
ce jour en fonction des traditions juridiques et des
cultures, on constate toutefois que de plus en plus de
pays prévoient explicitement dans leur législation un
droit à l’information sur l’identité des parents de
naissance et conservent à cet effet des informations
sur les origines de l’enfant54.
Traditionnellement, le droit belge a toujours été favorable
au droit de l’adopté de connaître ses origines.
D’une part, l’acte de naissance de l’enfant, qui
doit nécessairement55 mentionner le nom de la mère
et, si la filiation paternelle ou la coparenté est établie,
celui du père ou de la coparente, n’est pas remplacé
en cas d’adoption, mais s’y ajoute une mention
marginale de la décision qui prononce l’adoption56.
D’autre part, une copie conforme de l’acte de naissance
mentionnant la filiation peut être délivrée à
l’adopté majeur ainsi qu’aux représentants légaux de
l’adopté mineur57. En conséquence, l’adopté qui sollicite
une copie conforme de son acte de naissance58
prend nécessairement connaissance à la fois du fait
de son adoption, de l’identité de sa mère d’origine
s’il est né en Belgique, et de son père d’origine si la
paternité a été établie. Par ailleurs, dans la pratique
et depuis de nombreuses années déjà, les intervenants
au sein des organismes d’adoption jouent un
rôle important dans le recueil, la conservation et la
communication des informations ainsi que dans le
soutien et l’accompagnement des adoptés en quête
de leurs origines.
En 2003, la loi est venue confirmer et renforcer la
tradition de transparence qui a toujours entouré
l’adoption en droit belge, tout en accentuant la dimension
juridique de l’accès de l’adopté aux informations
relatives à ses origines. La loi prévoit en
effet que les autorités compétentes doivent conserver
les informations qu’elles détiennent sur les origines
de l’adopté et assurer l’accès de l’adopté ou de son
représentant à ces informations.
En Communauté française, les organismes d’adoption
ont toujours accordé une grande importance à la
recherche des origines des enfants adoptés59. Un
nouveau décret, entré en vigueur le 8 mai 201460,
apporte par ailleurs des améliorations substantielles
puisqu’il instaure un système de transmission aux
adoptants d’informations relatives à l’adopté et de
données non identifiantes concernant les parents de
naissance61.
Les adoptants pourront ainsi transmettre eux-mêmes
ces données à l’enfant qui en ferait la demande. A
défaut, celui-ci se voit reconnaître, dès l’âge de
douze ans, le droit d’obtenir ces informations de la
part de l’organisme d’adoption ou de l’autorité centrale
communautaire, moyennant un accompagnement
professionnel obligatoire s’il est mineur.
C. La procréation médicalement assistée avec don
anonyme
A la différence de l’enfant adopté, l’enfant né grâce
à une technique de procréation médicalement assistée
n’a pas été abandonné, seulement désiré. Il n’a
aucune expérience de vie, pas même intra-utérine,
avant son intégration dans sa famille. Il n’a pas
d’histoire personnelle complexe à affronter, pas besoin
de se réconcilier avec sa propre naissance ni de
panser la blessure de l’abandon initial.
Si la quête identitaire des enfants issus d’un don de
gamètes anonyme est certes d’une nature radicalement
différente de celle des adoptés et peut sembler,
a priori, plus « légère », elle n’en reste pas moins
tout aussi vive et légitime. Les premiers enfants nés
d’un don anonyme se font entendre. Ils s’expriment,
dans les cabinets de professionnels, au sein d’associations
62, auprès des législateurs, dans la presse et
les médias, mais aussi devant les tribunaux. C’est le
cas notamment en France où le nombre d’actions
visant à faire valoir le droit de connaître ses origines
se multiplie. Les témoignages de ces jeunes adultes
laissent apparaître un sentiment d’incomplétude, un
vide générationnel, une rupture décisive tenant à
l’effacement de la transmission de la vie.
Ils ont le sentiment que leur histoire personnelle est
« amputée », ressentent un « trou » dans leur filiation
et éprouvent souvent le besoin de se comparer à
« quelqu’un comme eux ». Ils peuvent également
ressentir un sentiment profond d’injustice et de discrimination,
se retrouvant malgré eux dans la situation
d’« orphelin génétique », sans aucun contrôle de
la situation. Une partie de leur histoire leur échappe
et leur est rendue légalement inaccessible. Leur souffrance
est accentuée par le fait que quelqu’un (en
l’occurrence une institution) en sait plus sur leur origine,
leur intimité, qu’eux-mêmes. Ils contestent un
système qui occulte complètement la réalité biologique
de leur existence. Très souvent, ces jeunes
adultes témoignent d’une part d’ombre qui entrave
leur construction identitaire et supportent difficilement
de ne pouvoir visualiser leurs ressemblances
physiques avec le donneur.
11
La question de l’apparence physique est ainsi récurrente
de sorte que bon nombre d’entre eux souhaiteraient
simplement disposer d’une photo du donneur,
sans nécessairement vouloir connaître son identité
ou le rencontrer. La question des autres enfants conçus
avec les paillettes de sperme du même donneur
est également très fréquente, avec, en toile de fond,
la peur d’une rencontre incestueuse. Jamais, toutefois,
il n’est question de revendiquer un père ni de
changer de parenté : leur « vrai père » est celui qui
les a voulus, accueillis, reconnus et élevés.
En Belgique, la loi63 autorise, à titre gratuit, le don
de sperme, d’ovocytes et d’embryons. Les parents,
au sens juridique du terme, sont les auteurs du projet
parental. Il est donc impossible d’établir un lien de
filiation entre l’enfant né grâce à un don et le donneur
ou les donneurs de gamètes ou d’embryons.
Quant à l’anonymat du donneur, la loi établit une
distinction entre le don de gamètes et le don d’embryons.
Elle impose l’anonymat pour ce dernier mais
autorise le don non anonyme de gamètes lorsqu’il
résulte d’un accord entre le donneur et le ou les receveurs
64. Toutefois, l’anonymat n’est dans ce cas levé
qu’entre le donneur et la receveuse ou le couple receveur.
Hormis par l’intermédiaire de ses parents,
l’enfant né à la suite d’un don non anonyme de gamètes
n’a aucun droit d’accès aux informations relatives
au donneur. D’une part, l’enfant ne dispose
d’aucun recours pour forcer ses parents à lui communiquer
les informations dont ils disposent ;
d’autre part, le centre de fécondation reste tenu de
rendre inaccessible toute donnée permettant l’identification
du donneur, que le don soit anonyme ou
non, et toute personne travaillant pour ou dans un tel
centre qui prend connaissance, de quelque manière
que ce soit, d’informations permettant l’identification
des donneurs d’embryons ou de gamètes est tenue
au secret professionnel65. Dès lors, aucune information
identifiante ne peut être communiquée par le
centre de fécondation.
Concernant les informations non identifiantes relatives
au donneur (taille, âge, poids, profession,
centres d’intérêts, état de santé,….), le centre de fécondation
ne peut communiquer que les informations
de nature médicale susceptibles de revêtir une
importance pour le développement sain de l’enfant
et, surtout, il ne peut communiquer ces informations
qu’à la receveuse ou au couple receveur qui en fait la
demande au moment de faire un choix ou au médecin
traitant de l’enfant, de la receveuse ou du couple
receveur, pour autant que la santé de l’enfant le requière
66.
Force est dès lors de constater qu’en organisant de la
sorte la « disparition » du donneur, le droit belge
confisque délibérément à l’enfant une partie de ses
origines67.
Tout comme nous avons démontré, dans nos deux
premiers points, le caractère néfaste du secret de
l’adoption et de l’anonymat absolu de la maternité,
l’anonymat absolu du tiers qui participe au projet
parental d’autrui est tout aussi insoutenable. De la
même manière qu’il n’est pas possible de nier la réalité
de l’adoption ou celle de l’accouchement, il n’est
pas plus concevable de nier l’intervention d’un tiers
dans le processus de procréation. En garantissant la
disparition du donneur, le droit confisque délibérément
à l’enfant une partie de ses origines. Au nom
de quoi ?
Certains soutiendront qu’il s’agit avant tout de garantir
la paix des familles68 et de respecter la vie privée
des auteurs du projet parental69. Le secret des
origines est alors posé comme une garantie de stabilité
de la relation ainsi créée.
Or, dans le domaine du psychisme, les économies à
court terme coûtent toujours, à long terme, très
cher70.
Le deuil d’un événement traumatique, tel celui de la
stérilité dans ce cas précis, ne peut jamais procéder
d’un effacement magique qui entretiendrait ici l’illusion
que les parents sont les géniteurs de l’enfant. La
psychanalyste française Geneviève Delaisi de Parseval
souligne ainsi que le dispositif qui consiste à
reconnaître le statut de quelqu’un pour, dans le
même temps, l’annuler, met en oeuvre un mécanisme
psychique pathologique bien connu qui s’appelle le
déni. […] L’anonymat accroît ainsi le risque d’évitement
de la vérité psychique du don que les parents
connaissent et sont, en même temps, invités à méconnaître.
En incitant ces derniers à adopter une position
qui pérennise l’illusion qu’ils sont les géniteurs
alors qu’ils ne le sont pas, la loi devient complice
d’une tentative d’annuler la portée symbolique de
l’acte procréatif71. Le secret conduit à l’annulation
psychique d’un élément fondateur ou structurel du
lien familial et ses effets pervers peuvent se transmettre
de génération en génération. Lorsque la loi
joue elle-même le jeu de ce secret en offrant comme
modèle aux parents le « camouflage » de leurs secrets,
elle les prive de la possibilité de se délivrer des
effets pathologiques de la situation72. Quant à l’enfant,
il lui sera tout simplement impossible de faire
le deuil d’un géniteur puisqu’on ne peut faire le deuil
de rien ou de personne73.
12
Une autre critique récurrente dès lors que l’on
aborde la question d’une éventuelle levée de l’anonymat
tient à la crainte d’une diminution des dons :
levez l’anonymat et vous tarirez la
source. Irresponsables. Vous allez assécher la rivière
du Sperme fertile qui d’ailleurs n’est déjà
qu’un ru74 !
A notre connaissance, aucune étude scientifique n’a
pu à ce jour démontrer que les Etats ayant autorisé la
levée de l’anonymat du donneur ont dû faire face à
une chute des dons à long terme75. En tout état de
cause, on rappellera que si le désir d’enfant – en
l’hypothèse d’un enfant non adopté – est légitime et
peut à ce titre être reconnu par le droit76, il ne saurait
revêtir un caractère absolu et ne peut en aucun cas se
traduire par un droit à l’enfant. Par conséquent, il
n’est pas permis de mettre en balance, d’une part, le
fait que les couples demandeurs devraient attendre
plus longtemps au cas où le nombre de candidats
donneurs potentiels diminuerait, d’autre part, l’intérêt
pour l’enfant de connaître ses origines.
La tendance actuelle en Europe est pourtant à la levée
de l’anonymat du don, au nom de l’intérêt de
l’enfant, plus particulièrement au nom de son droit
d’accéder à ses origines personnelles. Le réel défi
dans ce domaine est sans doute de faire évoluer les
mentalités pour envisager la reconnaissance d’un
lien qui rende compte de la vérité des origines et qui
se juxtapose à la filiation juridique sans menacer
celle-ci77. Il s’agit de privilégier la complémentarité
des statuts et des rôles afin de valoriser le geste altruiste
des donneurs tout en confortant les receveurs
du don comme étant, par définition, les seuls et
uniques parents selon la filiation78.
D. La gestation pour autrui
La gestation pour autrui englobe en général toutes
les situations où une femme poursuit une grossesse,
non pas dans l’intention de garder l’enfant et
d’assumer envers lui le rôle social de mère, mais
plutôt dans le but de le remettre, dès sa naissance, à
une personne ou à un couple avec qui elle a passé un
contrat à cet effet79.
Deux cas de figure sont traditionnellement distingués
selon que la mère porteuse est – ou non – également
la mère génétique de l’enfant. Dans la première
hypothèse, on parle le plus souvent de maternité de
substitution de « basse technologie » (partial surrogacy).
Le sperme peut dans ce cas provenir du père
commanditaire ou d’un donneur. Dans la seconde
hypothèse, celle où la mère porteuse n’est que la
gestatrice, la gestation pour autrui est alors qualifiée
de maternité de substitution de « haute technologie
» (full surrogacy). Cette seconde hypothèse peut
connaître différentes variantes selon que l’embryon
transféré dans l’utérus de la mère porteuse est conçu
à partir des gamètes du couple commanditaire, du
sperme d’un donneur et de l’ovule de la mère commanditaire,
du sperme du père commanditaire et de
l’ovule d’une donneuse ou encore du sperme d’un
donneur et de l’ovule d’une donneuse.
La pratique de la gestation pour autrui, en ce qu’elle
implique l’investissement charnel d’une autre femme
dans le projet parental d’autrui, se distingue fondamentalement
des autres formes de procréation médicalement
assistée.
Du point de vue de la mère porteuse tout d’abord, il
est indéniable que son rôle ne peut en aucune manière
se comparer à celui d’une donneuse de gamètes,
tant de par son investissement dans le temps
que de par la nature même de son intervention.
Du point de vue des auteurs du projet parental ensuite,
la situation est également différente dès lors
que la mère commanditaire ne fait pas l’expérience
de la grossesse ni de l’accouchement. Le don d’ovocytes,
que l’on pourrait qualifier de don génétique,
diffère sensiblement du don gestatif dans la mesure
où dans le don d’ovocyte, la mère sociale – qui est
aussi la mère utérine – porte et nourrit le bébé dès le
stade embryonnaire, partageant ainsi avec un foetus
avec lequel elle n’est pas génétiquement reliée une
certaine catégorie de substances corporelles (du
sang, de l’oxygène, le placenta). A l’inverse de la
GPA où […] c’est un autre clivage qui se joue80.
Du point de vue de l’enfant enfin, qui devra parvenir
à intégrer dans l’histoire de sa conception et de son
désir l’intervention de cette femme avec laquelle il
aura nécessairement construit des liens prénataux
durant neuf mois et dont il aura été séparé d’emblée
à la naissance. A cet égard, le pédopsychiatre Luc
Roegiers insiste sur la différence symbolique quant à
la dette de vie qui en résultera pour l’enfant par rapport
à un simple don de gamètes : [u]n don de gamète
est méritoire, mais n’amène pas une dette de
vie considérable. Une gestation est un engagement
d’un tout autre degré. La femme met en jeu son
corps, mais aussi ses émotions et la possibilité d’un
attachement. Cette démarche ‘maternelle’ ne peut
que questionner l’enfant et activer une dette de vie
significative81.
13
Le recours à la gestation pour autrui ne s’apparente
pas davantage à une situation d’adoption classique.
Tout d’abord, l’enfant est susceptible d’avoir un lien
génétique avec un (sinon les deux) parent(s) commanditaire(
s). Plus fondamentalement, il s’agit dès
le départ de créer un enfant pour répondre au désir
des parents commanditaires de sorte que le désir
d’enfant, de cet enfant-là, préexiste à sa conception
même. Il ne s’agit plus de mesure de protection ni
d’abandon d’enfant, mais d’aide à la procréation82.
L’enfant ne subit donc pas d’abandon par une mère
de naissance, ni de placement en pouponnière, en
institution ou en famille d’accueil, mais sera, si tout
se passe bien, immédiatement relié à ses parents
commanditaires.
Quoi qu’il en soit, le lien gestationnel qui unit un
enfant à la femme qui l’a porté pendant neuf mois et
qui l’a mis au monde est fondamental. Nul ne peut
plus nier aujourd’hui l’interaction qui se tisse durant
la grossesse entre la gestatrice et le foetus83, indépendamment
du partage d’un patrimoine génétique commun.
Nier l’intervention de la mère porteuse revient
à nier l’environnement hormonal dans lequel baigne
le foetus et à méconnaître les développements de la
science qui ont pu montrer les compétences sensorielles
acquises durant la vie foetale.
Ce que l’enfant aura vécu in utero et les attitudes de
la mère biologique, d’une part, l’irruption de la mère
juridique, avec d’autres attitudes, un autre rythme,
d’autre part, induiront sans doute une rupture, dont il
est difficile d’évaluer l’impact. Il est en tout cas important
de construire avec l’enfant un récit sur le fait
qu’il a fait l’objet d’une « commande » et que la
femme qui l’a porté n’aura pas de réelle place dans
sa vie alors qu’il a vécu en son sein pendant des
mois et qu’elle l’a mis au monde84.
Dans ce contexte, taire à l’enfant les circonstances
particulières de sa venue au monde méconnaîtrait
son droit fondamental à la connaissance de ses origines,
outre que cela semble pratiquement irréalisable.
Le recours à la gestation pour autrui mobilise
la capacité gestationnelle d’une autre femme ; le
couple commanditaire, a fortiori s’il s’agit d’un
couple d’hommes, ne pourra que très difficilement
taire à son entourage ce qui ne pourra passer inaperçu.
A l’inverse du don de gamètes, invisible, la gestation
est au contraire bien visible. Aucune forme de
déni ne saurait dès lors être organisée, l’anonymat
n’y aurait aucun sens et tout secret serait totalement
illusoire à garder.
CONCLUSION
L’amour de parents adoptifs, de parents qui ont eu
recours au don de gamètes, d’une mère célibataire,
aussi grand qu’il soit, ne pourra jamais combler le
besoin de comprendre d’où nous venons. C’est une
condition essentielle pour savoir qui nous sommes,
panser les blessures ou fractures qui nous habitent à
l’intérieur. Nos origines font partie de nous, elles
nous construisent et s’intègrent à notre identité.
Tout enfant qui en ressent le besoin – il ne saurait en
effet y avoir d’obligation de connaître ses origines –
devrait dès lors pouvoir découvrir d’où il vient, qui
sont ses parents de naissance, quelle est son histoire.
L’enfant porte en son corps la marque de la rencontre
d’un homme et d’une femme et la pluralité de
ce corps s’accentue lorsque parents et géniteurs sont
différents. L’intérêt de l’enfant commande alors de
donner à chacun son dû. Lorsqu’existe une dissociation
entre la filiation juridique et les origines génétiques
de l’enfant, la norme doit pouvoir aménager la
coexistence de ces deux dimensions fondatrices de
l’individu. Car si le respect de la dignité humaine
implique nécessairement de ne pas réduire la personne
à son origine génétique, pareille réduction emportant
une négation d’une partie de son identité, il
n’est pas plus acceptable d’évacuer complètement la
dimension corporelle de l’être humain.
S’il nous paraît dès lors crucial que chaque Etat fasse
le maximum pour progresser vers la reconnaissance
et l’application du droit de chacun à connaître ses
origines, il reste que face à cette question, le droit se
révèle fort indigent. Si ses prescriptions sont nécessaires,
elles ne sont sans doute pas suffisantes, car
accéder à ses origines dépasse largement la reconnaissance
et l’exercice d’un droit.
Accéder à ses origines, pour une personne, signifie
être capable, si elle le désire, de se réapproprier son
histoire et celle de ses proches, pour donner sens à sa
vie. A ce titre, la quête des origines renvoie avant
tout au processus actif et personnel de la (re)
connaissance de son identité par le sujet.
Formulons dès lors un double voeu.
14
Transmettre l’histoire de ses origines à un enfant incombe
en premier lieu à sa famille. Non seulement
elle est le lieu originel mais elle sera également celui
des premières paroles qu’il pourra entendre sur ses
origines. A ce titre, notre premier souhait est que
chaque parent, confronté à cette question, puisse
trouver, à sa façon et avec ses ressources, une parole
qui permettra à l’enfant de se réapproprier l’histoire
familiale, et de se dégager de l’enfermement et du
carcan dans lesquels le secret l’aurait éventuellement
plongé. Transmettre à l’enfant un récit sur ses origines,
avec tact et délicatesse, dans le souci du respect
de son intérêt et de son bien-être, est avant tout
un acte d’amour inconditionnel, gratuit, sans attente
en retour, et le droit n’a que peu de prise sur un tel
don.
Notre second voeu est que la quête des origines, si
importante soit-elle pour la construction de l’identité,
n’en devienne pas pour autant survalorisée. L’enquête
génétique ne pourra jamais dire notre genèse.
A l’origine, il ne se peut pas qu’il n’y ait rien. Un
quelque chose fait partie de la construction identitaire
de tout individu, à des degrés et avec une intensité
variables, selon l’histoire de vie de chacun. Les
origines d’un individu font partie de son identité et, à
ce titre, elles doivent lui être restituées. Mais le commencement
de la vie appelle nécessairement la suite
de la vie et s’il peut s’avérer crucial de partir à la
recherche de son passé, de ses racines, de son histoire,
il est tout aussi capital de parvenir ensuite à
s’en détacher pour mieux avancer, aujourd’hui et
demain. Toute personne est issue de la rencontre
d’autres personnes, mais est aussi acteur de son histoire.
La recherche de ses origines ne devrait dès lors
jamais être la fin d’un voyage.
Nous rappelons enfin que l’identité d’un individu
n’est pas unique. Cette identité est plurielle et n’est
pas donnée une fois pour toutes mais se construit
tout au long de sa vie. A chacun de nous, une part de
son identité échappe. Certaines choses, tel le regard
de l’autre, participent à la construction de qui nous
avons été, de qui nous sommes et de qui nous serons.
Puisse cette part de mystère ne jamais être percée…
Caminante, no hay camino, Marcheur, il n’y a pas de chemin
Se hace camino al andar. Le chemin se fait en marchant
Al andar se hace camino En marchant se fait le chemin
Y al volver la vista atrás Et en regardant derrière soi
Se ve la senda On voit le chemin
Que nunca se ha de volver a pisar. Où jamais on ne marchera de
nouveau.
Caminante, no hay camino – Extraits (Antonio MACHADO, poète espagnol,
1875-1939 )
Géraldine MATHIEU
Maître de Conférences – UNamur
Chargée de projets – Défense des Enfants International
(www.dei-belgique.be)
Membre du centre interdisciplinaire des droits de l’Enfant
(www.lecide.be)
Membre du comité d’éthique de la Clinique et Maternité Sainte-
Elisabeth à Namur
15
1 . A. JACQUARD, Petite philosophie à l’usage des non-philosophes, Collection Le Livre de poche, Paris, Calmann-Lévy, 1997. p. 135.
2. Toutes ou presque : Bouddha choisit d’écarter toutes ces spéculations. Quelles choses ont existé en premier ? Quelles choses ont
existé en dernier ? D’où vient et où va le monde ? Combien de cosmos se sont formés ? Combien de cosmos se sont détruits ? D’où
vient et où va le cosmos ? […] Telles sont les choses inassignables. Soutra de l’Ornementation fleurie, cité par C. WEILL, « Il était
une fois… », in Le Nouvel Observateur, Hors série no 77, « L’origine du monde », janvier/février 2011, p. 3.
3. Une émission de téléréalité consacrée à la recherche des origines par les enfants nés suite à une insémination hétérologue –
Generation Cryo – a même été lancée sur MTV à l’automne 2013, c’est dire… Voyez : http://www.mtv.com/shows/generation_cryo/
series.jhtml.
4. S. MARINOPOULOS, « Paroles d’origines », in La recherche des origines, Colloque national, Berne, 31 mai 2007, p. 49, http://www.espace
-adoption.ch.
5. Ibid., p. 53.
6. Sur les questionnements de l’enfant face à l’homoparenté, voyez not. : N. PRIEUR, « Origines, parenté et filiation : perspectives et
risques », Le journal des psychologues, 2011/9, no 292, pp. 37 et s.
7. I. THÉRY, « Anonymat des dons d’engendrement. Filiation et identité narrative des enfants au temps du démariage », in Défis contemporains
de la parenté, E. Porqueres i Gené (dir.), Paris, Les Editions de l’EHESS, 2009, p. 100.
8. Ibid.
9. Comité consultatif national d’éthique (France), Avis no 90 du 24 novembre 2005 relatif à l’accès aux origines, anonymat et secret
de la filiation, p. 5, disponible sur http://www.ccneethique.fr.
10. D. ROUSSEAU, Les grandes personnes sont vraiment stupides. Ce que nous apprennent les enfants en détresse, Paris, Max Milo
Editions, 2012, p. 19.
11. I. THÉRY, « Anonymat des dons d’engendrement. Filiation et identité narrative des enfants au temps du démariage », in Défis contemporains
de la parenté, E. Porqueres i Gené (dir.), Paris, Les Editions de l’EHESS, 2009, p. 103.
12. V. PROVOST, « Le droit de connaître ses origines personnelles : une évidence qui n’en est (peut-être) pas une », J.D.J., mars 2007,
p. 19.
13. Ibid., p. 18.
14. P. VERDIER, « Né sous X », in Cahiers de Maternologie – L’accouchement « sous X » en question, no 5, 1995, p. 78.
15. E. IMBER-BLACK, Le poids des secrets de famille. Quand et comment en parler. Ce qu’il faut dire – et ne pas dire, Paris, Editions
Robert Laffont, 1999, p. 205.
16. S. TISSERON, Les secrets de famille, Paris, PUF, 2011, p. 114.
17. Assemblée nationale française, 13e législature, Mission parlementaire sur l’accouchement dans le secret, Rapport de Madame
Brigitte Barèges, 12 novembre 2010, http://www.cnaop.gouv.fr.
18. G. DELAISI DE PARSEVAL, « L’anonymat des dons en AMP : un point de vue de psychanalyste. L’anonymat évite la vérité psychique
du don », in Procréation médicalement assistée et anonymat. Panorama international, B. Feuillet-Liger (dir.), Collection
« Droit, Bioéthique et Société », Bruxelles, Bruylant, 2008, p. 60. L’auteure fait référence aux travaux de Sandor Ferenczi, contemporain
de Freud.
19. Ibid., p. 57.
20. D.W. WINNICOTT, Les adolescents adoptés, 1955, cité par G. DELAISI DE PARSEVAL, « L’anonymat des dons en AMP : un point
de vue de psychanalyste. L’anonymat évite la vérité psychique du don », in Procréation médicalement assistée et anonymat. Panorama
international, B. Feuillet-Liger (dir.), Collection « Droit, Bioéthique et Société », Bruxelles, Bruylant, 2008, p. 57.
21. Propos de Serge HEFEZ, « Contre l’homophobie de certains psychanalystes », Le monde.fr, 22 octobre 2010.
22. J.-L. CLÉMENT, « L’insémination artificielle avec donneur : les enfants donnent leur avis », A ndrologie, 2010, p. 49.
23. Iván Böszörményi-Nagy, psychiatre américain mort en 2007, est un des pionniers de la thérapie familiale et le fondateur de la
thérapie contextuelle.
24. Propos cités par C. DUCOMMUN-NAGY, « Nouvelles familles, nouvelle définition de la loyauté familiale », in Les nouvelles
familles, S. d’Amore (éd.), Bruxelles, De Boeck, 2010, p. 265.
25. R. HODGKIN et P. NEWELL, Manuel d’application de la Convention relative aux droits de l’enfant, Publications des Nations Unies,
Bureau régional pour l’Europe, Genève, Atar Roto Presse, 2002, pp. 123 et 124.
26. N. GALLUS, Le droit de la filiation. Rôle de la vérité socio-affective et de la volonté en droit belge, Bruxelles, Larcier, 2009, p.
532, note 220.
27. R. HODGKIN et P. NEWELL, Manuel d’application de la Convention relative aux droits de l’enfant, Publications des Nations Unies,
Bureau régional pour l’Europe, Genève, Atar Roto Presse, 2002, pp. 123 et 124.
28. Il y a évidemment une obligation, dans le chef de l’Etat, de faire une enquête. En Belgique, une déclaration de naissance est par
ailleurs obligatoire, sous peine de sanctions pénales.
29. Voyez par exemple : Proposition de loi belge visant à réglementer l’usage des analyses génétiques à des fins d’identification en
matière de filiation, Doc. parl., Chambre, 2010, no 53-0192, Développements, p. 10 ; Avis de la section de législation du Conseil
d’Etat belge nos 39.474, 39.475, 39.476, 39.477, 39.478 et 39.525, Doc. parl., Sénat, 2005-2006, no 3-417/3, p. 37 ; Comité consultatif
de bioéthique de Belgique, A vis no 27 du 8 mars 2004 relatif au don de sperme et d’ovules, p. 10 ; N. GALLUS, Le droit de la filiation.
Rôle de la vérité socio-affective et de la volonté en droit belge, Bruxelles, Larcier, 2009, pp. 532 et 533.
30. Comité des droits de l’enfant, observations finales sur le rapport présenté par la France, no 24, CRC/C/15/Add.240 ; Comité des
droits de l’enfant, observations finales sur le rapport présenté par le Luxembourg, no 29, CRC/C/15/Add.250 ; Comité des droits de
l’enfant, observations finales sur le rapport présenté par l’Autriche, no 30, CRC/C/15/Add.251 ; Comité des droits de l’enfant,
observations finales sur le rapport présenté par la République tchèque, CRC/C/CZE/CA/3-4.
31. Art. 1er de la Convention relative aux droits de l’enfant.
16
32. Cour eur. D.H., arrêt Godelli c. Italie, 25 septembre 2012, req. no 33783/09, § 44.
33. Cour eur. D.H., arrêt Pretty c. Royaume-Uni, 29 avril 2002, req. no 2346/02, § 61.
34. Cour eur. D.H., arrêt Bensaid c. Royaume-Uni, 6 février 2001, req. no 44599/98, § 47.
35. Cour eur. D.H., arrêt Gaskin c. Royaume-Uni, 7 juillet 1989, req. no 10454/83.
36. Cour eur. D.H., arrêt Odièvre c. France, 13 février 2003, req. no 42326/98.
37. Cour eur. D.H., arrêt Godelli c. Italie, 25 septembre 2012, req. no 33783/09.
38. Cour eur. D.H., arrêt Jäggi c. Suisse, 13 juillet 2006, req. no 58757/00.
39. Les circonstances dans lesquelles les origines d’une personne peuvent être frappées du sceau du secret ne se limitent pas aux situations
décrites ici (adoption, accouchement sous X ou dans la discrétion, procréation médicalement assistée hétérologue et gestation
pour autrui). Le voile du secret peut également entourer les circonstances de la conception d’un enfant issu d’une relation sexuelle
ordinaire, hors ou durant le mariage. Contrairement à la grossesse et à l’accouchement, le fait générateur de la paternité n’est pas une
affaire publique. Dans ces conditions, le secret peut évidemment être plus fréquent. La différence avec les situations étudiées est fondamentale
en ce que ce n’est plus le législateur qui est à l’origine de la création du secret et de son maintien. L’éventuel secret sur les
origines de l’enfant n’est dans ce cas organisé ni par la science ni par le droit. Ni la science ni le droit ne contribuent en effet à la naissance
secrète d’un enfant adultérin a matre, ni au choix d’une mère de taire le nom du père biologique de l’enfant.
40. Nous nous sommes permis de reprendre, tant elle nous a interpellée, cette question violente, posée par Pierre Verdier (P. VERDIER,
« Né ‘sous X’ », in Cahiers de Maternologie – L’accouchement « sous X » en question, no 5, 1995 , p. 70).
41. Voyez les articles 326 du Code civil, 57, alinéa 1er du Code civil et L. 222-6 du Code de l’action sociale et des familles, disponibles
sur http://www.legifrance.gouv.fr
42. Pour un exemple, voyez la loi allemande adoptée le 5 juillet 2013, entrée en vigueur le 1er mai 2014, qui met en place un système
d’accouchement confidentiel. Cette loi a été adoptée par le Bundesrat pour permettre aux femmes d’accoucher confidentiellement, tout
en permettant à l’enfant, dès l’âge de seize ans, d’accéder aux informations relatives à ses origines maternelles. Une pesée des intérêts
est alors opérée par le tribunal. En cas de refus, l’enfant garde la possibilité de saisir le tribunal tous les trois ans, de manière à
apprécier une nouvelle fois les intérêts en présence, au regard de la situation actuelle qui pourrait avoir changé. La loi, q ui est entrée
en vigueur le 1er mai 2014, ne supprime toutefois pas l’existence des Babyklappen.
43. Loi belge du 5 mai 2014 portant établissement de la filiation de la coparente, M.B., 7 juillet 2014.
44. Art. 57 du Code civil belge.
45. Art. 312 du Code civil belge.
46. Art. 361 du Code pénal belge.
47. Art. 363 du Code pénal belge.
48. Depuis sa création en 2000, l’ASBL Moeders voor Moeders n’a recueilli que huit nourrissons.
49. Voyez supra.
50. Rapport Unicef, L’accouchement discret, Position d’Unicef Belgique, janvier 2009.
51. La différence fondamentale entre l’adoption plénière et l’adoption simple est que la première rompt tout lien avec la famille d’origine
(sauf les empêchements à mariage) et assimile l’adopté à l’enfant de l’adoptant, tandis que la seconde laisse subsister des liens
avec la famille d’origine. En Belgique, l’adoption plénière n’est possible qu’à l’égard d’un mineur. La question du secret des origines
dans l’adoption ne se pose évidemment que dans l’adoption plénière.
52. L. CASSIERS, « Le vécu de l’adoption », in A doption et formes alternatives d’accueil. Droit belge et droit comparé, M.-Th. Meulders-
Klein (dir.), Bruxelles, Story-Scientia, 1990, pp. 19 et 20.
53. F. DOLTO et N. HAMAD, Destins d’enfants, Adoption, familles d’accueil. Travail social. Entretiens, Paris, Gallimard, 1995, pp. 79
et 80.
54. Voyez à cet égard les résultats de l’enquête menée par le SSI/CIR (Service social international, Centre international de référence
pour les droits de l’enfant privé de famille) au sein de son réseau à propos du droit et des modalités d’accès aux origines et à laquelle
ont participé une vingtaine de pays, dont six pays d’origine (Afrique du Sud, Brésil, Burkina Faso, Croatie, Mexique et Répub lique
dominicaine) et quatorze pays d’accueil (Allemagne, Andorre, Australie, Belgique, Canada, Espagne, Hong Kong, Italie, Norvège,
Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse) : « Accès aux origines : droit et modalités d’accès », publié en 2012.
55. Art. 57, 2°, du Code civil.
56. Art. 1231-19 du Code judiciaire.
57. Art. 45 du Code civil.
58. Il doit le faire dans la perspective d’un mariage (art. 64, § 1er, 1°, du Code civil). C’est ainsi que bon nombres de personnes ont
appris leur statut d’adopté au moment de leur mariage, ce qui n’est sans doute pas le moment le plus propice pour faire éclater pareil
secret d’alcôve…
59. Voyez à cet égard la brochure réalisée par l’équipe du Service d’adoption Thérèse Wante à Ottignies : M. VAN-EGTEN, Les
adoptés en quête de leurs origines, Projet Pilote Itinérances, Service d’adoption Thérèse Wante ASBL, Ottignies, mars 2009.
60. M.B., 4 février 2014.
61. Voy. l’annexe 13 de l’arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 8 mai 2014 relatif à l’adoption, M.B., 12 août
2014.
62. Voyez notamment l’association belge Donorkinderen, http://www.donorkinderen.be
63. Loi belge du 6 juillet 2007 relative à la procréation médicalement assistée et à la destination des embryons surnuméraires et des
gamètes, M.B., 17 juillet 2007.
64. Art. 22, alinéa 2, et 57, de la loi belge du 6 juillet 2007.
65. Art. 28 et 57 de la loi belge du 6 juillet 2007.
66. Art. 36 et 65 de la loi belge du 6 juillet 2007.
17
68. Voyez, en ce sens, l’avis contentieux du Conseil d’Etat français rendu le 13 juin 2013, au terme duquel il a été jugé que la règle de
l’anonymat des donneurs de gamètes, figurant parmi les « principes fondamentaux de la bioéthique proclamés par la loi du 29 juillet
1994 et confirmés par la loi du 7 juillet 2011 », n’était pas incompatible avec les dispositions de la Convention européenne des droits
de l’homme et notamment avec l’article 8 garantissant le droit au respect de la vie privée et familiale. Le Conseil d’Etat a en effet estimé
que « plusieurs considérations d’intérêt général ont conduit le législateur à écarter toute modification de la règle de l’ano nymat,
notamment la sauvegarde de l’équilibre des familles et le risque majeur de remettre en cause le caractère social et affectif de la filiation
[…] » (Conseil d’Etat, Avis contentieux, 13 juin 2013, M. M., req. no 362981, § 11). Voyez à propos de cet avis : S.-L. BADA,
« Le principe de l’anonymat des donneurs de gamètes passe le cap du Conseil d’Etat », in Lettre « Actualités Droits-Libertés » du
CREDOF, 4 juillet 2013.
69. L. FRITH, « Gamete donation and anonymity : The ethical and legal debate », Human Reproduction, 2001, p. 822, http://
humrep.oxfordjournals.org/.p. 822.
70. C. HALMOS, Pourquoi l’amour ne suffit pas, Paris, Nil éditions, 2006, p. 56.
71. G. DELAISI DE PARSEVAL, « L’anonymat des dons en AMP : un point de vue de psychanalyste. L’anonymat évite la vérité
psychique du don », in Procréation médicalement assistée et anonymat. Panorama international, B. Feuillet-Liger (dir.), Collection
« Droit, Bioéthique et Société », Bruxelles, Bruylant, 2008 , p. 55.
72. C. LABRUSSE-RIOU, « L’anonymat du donneur : étude critique du droit positif français », in Le droit, la médecine et l’être humain.
Propos hétérodoxes sur quelques enjeux vitaux du XXIe siècle, Faculté de droit et de science politique d’Aix-Marseille, Collection du
Laboratoire de Théorie Juridique, vol. 9, Aix-en-Provence, Presses universitaires d’Aix-Marseille, 1996, p. 94.
73. Ibid.
74. J.-P. ROSENCZVEIG, « 1+1+1+1…=1. Le compte doit être bon », in Le Monde.fr – Secret des origines, 24 novembre 2008, http://
jprosen.blog.lemonde.fr.
résolution du conflit, Thèse de droit comparé, Université McGill, Montréal, 2011, http://digitool.library.mcgill.ca/, p. 223.
75. Ainsi, en Suède, premier pays au monde à avoir levé l’anonymat en matière de don de sperme en 1985, le nombre de dons, en
légère chute dans un premier temps, a commencé à remonter dès 1992, avec une modification du profil des donneurs : l’éventail est
désormais plus diversifié et plus altruiste, les donneurs sont plus âgés et ont déjà eu leurs propres enfants (K. ORFALI, « PMA et levée
de l’anonymat : la Suède entre une tradition de transparence et un statut novateur de l’enfant », in Procréation médicalement assistée et
anonymat. Panorama international, B. Feuillet-Liger (dir.), Collection « Droit, Bioéthique et Société », Bruxelles, Bruylant, 2008, p.
258). Cette modification du profil des donneurs a également suivi la levée de l’anonymat au Royaume-Uni, évoluant de l’archétype du
jeune étudiant en médecine au père de famille trentenaire (I. THÉRY, Des humains comme les autres. Bioéthique, anonymat et genre du
don, Paris, Les Editions de l’EHESS, 2010, p. 64). Sur ce constat, voyez aussi : J. COUSINEAU, L’anonymat des dons de gamètes et
d’embryons au Québec et au Canada. Essai théorique sur l’internormativité entre le droit positif et l’éthique de la sollicitude dans la
résolution du conflit, Thèse de droit comparé, Université McGill, Montréal, 2011, http://digitool.library.mcgill.ca/
76. Sur la complexité du désir d’enfant, voyez not. : G. DELAISI DE PARSEVAL, « Le désir d’enfant saisi par la médecine et par la loi »,
Esprit, novembre 1989, pp. 86 à 98
77. L. BRUNET, « Le principe de l’anonymat du donneur de gamètes à l’épreuve de son contexte. Analyse des conceptions juridiques
de l’identité », in Donner et après… La procréation par don de spermatozoïdes avec ou sans anonymat ?, Springer, 2010, pp. 235 à
252 ; Andrologie, 2010, vol. 10, no 1, p. 249.
78. Voyez dans ce sens : I. THÉRY, Des humains comme les autres. Bioéthique, anonymat et genre du don, Paris, Les Editions de
l’EHESS, 2010, pp. 65 et 66.
79. Commission de l’éthique de la science et de la technologie québécoise, Ethique et procréation assistée : des orientations pour le
don de gamètes et d’embryons, la gestation pour autrui et le diagnostic préimplantatoire, 2009, p. 68, disponible sur le site
http://www.ethique.gouv.qc.ca.
80. G. DELAISI DE PARSEVAL, Famille à tout prix, Paris, Seuil, 2008, p. 116.
81. L. ROEGIERS, « Gestation pour autrui : essai sur le point de vue de l’enfant », in La gestation pour autrui : vers un encadrement ?,
G. Schamps et J. Sosson (coord.), Bruxelles, Bruylant, 2013, p. 50.
82. A. CADORET, « Peut-on rapprocher la gestation pour autrui de l’adoption ? », Recherches sociologiques et anthropologiques, [En
ligne], 41-2, 2010, p. 20, mis en ligne le 9 février 2011, consulté le 2 novembre 2012, http://rsa.revues.org/241.
83. L’embryon prend le nom de foetus entre la huitième semaine de grossesse et la naissance. Son coeur commence à battre à trois
semaines et, à huit semaines, ses organes (sauf le cerveau) sont en place.
84. D. LE BRETON, « La question anthropologique de la gestation pour autrui », in Les incidences de la biomédecine sur la parenté.
Approche internationale, Collection « Droit, Bioéthique et Société », B. Feuillet-Liger (dir.), Bruxelles, Bruylant, 2014, pp. 343 et
344.
http://www.ieb-eib.org
1 rue de la Pépinière—1000 Bruxelles

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LE BLANC ET LE NOIR : Extension du domaine de la russophobie par Guillaume Faye

Publié par Leblancetlenoir sur 8 Juin 2016, 18:28pm

Catégories : #RUSSIE, #ETATS UNIS

Extension du domaine de la russophobie

Guillaume Faye

La propagande anti-russe s’intensifie dans les médias. Le russian bashing se répand et suggère que la Russie dirigée par Vladimir Poutine vit sous un régime tyrannique. Présenter à l’opinion occidentale le régime de Moscou comme violant l’État de droit et la démocratie, persécutant ses opposants et s’orientant vers une dictature est devenue une habitude. D’où vient cette propagande russophobe qu’on ne réserve pas à d’autres nombreux pays, pourtant, eux, réellement dictatoriaux ?

La Russie accusée d’être un État policier

Dans Le Figaro, un article de propagande anti-russe très peu professionnel, signé d’Emmanuel Grynszpan (« L’opposition russe désormais réprimée par des nervis » 02/06/2016) essaie de démontrer que des ”défenseurs des droits de l’homme” et des ”opposants” sont attaqués par « des groupuscules pro-Poutine sous le regard complice de la police ». Il cite plusieurs exemples de bagarres et d’agressions où, paraît–il, les agresseurs sont des milices secrètes du Kremlin. Pas la moindre preuve n’est avancée, c’est du roman policier journalistique.

Le journaliste duFigaro et ses confrères des autres médias occidentaux n’apportent aucune vérification de ce qu’ils relatent, mais se contentent de citer des opposants à Vladimir Poutine qui décrivent une situation dramatique pour les contestataires. Le problème, c’est que ces derniers, vivant en Russie, s’expriment librement dans les colonnes du Figaro et des autres médias. S’ils étaient persécutés en Russie, comme ils le prétendent, ils ne pourraient pas se répandre dans les médias occidentaux !

Contradiction complète : Le Figaro publie régulièrement un supplément consacré à la Russie (intitulé en anglais pour faire snob Russia beyond the headlines) avec la traduction d’articles de la presse russe qui reflètent toutes les opinions, y compris celles contraires à M. Poutine. Comment Le Figaro peut-ils écrire que le Kremlin interdit l’opposition à M. Poutine alors qu’il publie lui-même des articles de la presse russe qui critiquent le gouvernement ? C’est complètement absurde.

Cela dit, il est parfaitement possible, comme dans n’importe quel pays du monde, que des individus ou des groupes privés s’en prennent avec violence pour des raisons politiques à des contestataires de la politique gouvernementale. Mais comment peut-on en déduire qu’ils sont télécommandés par le gouvernement russe et protégés par la police ? Aucune preuve n’est apportée. En novembre dernier, j’ai participé à une conférence au Press Club de Washington sur les questions de l’immigration contre la politique laxiste d’Obama. Nous avons été attaqués physiquement par des groupes gauchistes ultra-violents. Il ne serait venu à personne l’idée de dire que c’était la Maison Blanche et l’administration Obama qui étaient derrière ces agressions.

L’imposteur Alexeï Navalny

Cet agitateur, médiatisé par la presse occidentale et très probablement financé par les services de renseignements américains et – hélas– européens, est qualifié par les médias français et occidentaux de « principal opposant au Kremlin ». Mensonge total. L’immense majorité des électeurs de la Fédération de Russie n’a jamais eu l’intention de voter pour ce provocateur. Navalny a participé avec ses partisans à une bagarre à l’aéroport d’Anapa et s’est présenté en victime du Kremlin.

Il prétend que le procureur général de Russie, Iouri Tchaïka, est un bandit lié au monde des affaires illégales et du crime, qui voudrait se venger de lui, l’opposant à Poutine. Les médias occidentaux relaient, sans vérifications, ces affirmations diffamatoires. Navalny et son entourage comparent Poutine à Hitler et les médias français reproduisent ces imbécillités. Leonid Volkov, un de ses proches collaborateurs, a répété dans les médias occidentaux que la situation actuelle de la Russie , « c’est ce qu’on observe dans toutes les dictatures. C’était pareil en Allemagne dans les années 30 et en Espagne dans les années 60 ». Il est dommage que des intellectuels, par ailleurs intelligents, comme par exemple Nicolas Baverez, portent crédit à ces contre–vérités issues de désinformations. Les vraies dictatures, elles, comme la Chine, les monarchies du Golfe devant lesquelles s’incline la France, ne sont jamais accusées.

Les deux raisons de la propagande antirusse

Les médias et les dirigeants occidentaux répètent que la Russie a ”annexé ” la Crimée ukrainienne, ce qui justifie les sanctions – par ailleurs illégales. Si c’était vrai, la Crimée qui est russe et non pas ukrainienne et qui a rejoint la Russie par référendum, sans aucune violence russe, se révolterait, il y aurait des troubles. Or la Crimée redevenue russe, est parfaitement tranquille. Bizarre…D’autre part, la propagande nous expliquait que Poutine cherchait à envahir l’Est de l’Ukraine et qu’il ne respecterait pas les accords de cessez–le–feu signés à Minsk. Il les a parfaitement respectés. Les affrontements en Ukraine ont cessé, non ? Alors d’où vient cette désinformation hostile contre la présidence de Poutine ? Explications :

1) Ce qui dérange les dirigeants européens (politiques et médias confondus), c’est d’abord l’orientation idéologique du pouvoir russe, centrée sur les valeurs d’identité, d’enracinement et de patriotisme, l’inverse même des choix idéologiques occidentaux profonds. La nouvelle Russie représente donc un danger, en terme d’attraction mentale sur les peuples européens de souche, d’exemple à suivre ; elle est un repoussoir pour les oligarchies occidentales déracinées, un objet de haine pathologique. L’hostilité du pouvoir russe aux manifestations de la gay pride ou au mariage homosexuel, par exemple, le fait détester par toute l’intelligentsia proche du pouvoir et par la classe journalistique en France. Bref, le gouvernement russe est ”politiquement incorrect ”.

2) La deuxième raison de la campagne de propagande et de désinformation antirusse est le retour de la Russie comme grande puissance sur la scène internationale, notamment en Syrie, et par la restauration de son outil militaire. Cela gêne certains projets stratégiques de Washington et il est normal que le relai soit suivi par les médias occidentaux et les gouvernements européens vassaux des USA. Bref, la nouvelle Russie post-communiste fait paradoxalement plus peur aux dirigeants occidentaux et leur semble plus redoutable et haïssable que l’ancienne URSS.

Construire l’image d’une dictature belliciste

La thèse officielle sur la Russie de Poutine, rabâchée par 90% des journalistes occidentaux qui suivent les désinformations des services spécialisés –par exemple celles de la Transatlantic Academy, (1) – est la suivante : le Kremlin manœuvrerait pour annexer le Donbass, en y ”gelant” un conflit, puis à faire de l’Ukraine un protectorat russe, et la même chose avec les trois pays baltes. Y compris par la force militaire. On cherche à présenter la Russie comme une dictature isolée ayant très peur de l’exemple d’une Ukraine démocratique, rejoignant l’UE et l’Otan. La Russie est décrite comme une menace pour l’Europe orientale et la paix du monde, afin de justifier la création d’incidents militaires (Est de l’Ukraine, Baltique…). Et de provoquer une confrontation armée, ” gérée”, si possible (mais pas sûr) en dessous du seuil nucléaire ; ce qui est l’objectif – non pas d’Obama, dépassé par les événements – mais de fauteurs de guerre très actifs au Pentagone, à la CIA, dans l’industrie d’armement et dans les médias US.

Le renforcement militaire de l’Otan en Europe orientale, sur ordre de Washington, atteste de cette stratégie mal pensée et à haut risque (voir récent article de ce blog sur Kaliningrad). Elle ne peut pas être freinée par une France qui n’a plus de politique étrangère indépendante sérieuse. Néanmoins, cette option belliciste antirusse peut être entravée par deux facteurs : une lassitude européenne envers une russophobie qui nuit à l’économie du fait des représailles russes aux sanctions, (cas de l’Italie, de la Hongrie, proposition de résolution parlementaire en France pour la levée des sanctions…) et la prochaine élection présidentielle américaine.

Si Hillary Clinton est élue, il n’y a rien à attendre de bon. En revanche, si Donald Trump parvient à la Maison Blanche, il pourrait renverser la table s’il joue la carte de l’isolationnisme et si, comme il l’a dit, il apprécie la Russie. À condition qu’on le laisse faire, car un Président américain doit avoir la force d’affronter les Trois Sœurs – CIA, Pentagone, et Complexe militaro-industriel. Un coup de feu est vite parti. La Russie, qui ne menace en rien la paix et la sécurité mondiale (contrairement à d’autres jamais incriminés) est donc présentée par les appareils de désinformation comme une dictature dangereuse, donc comme l’ennemie principale. Cette russophobie est totalement contraire aux intérêts des Français et des Européens.

(1) La ”Transatlantic Academy”, est un des exemples des centres de propagande métapolitique américains et européens atlantistes (financés par des fonds publics discrets et des fonds privés) qui ”informent” et en réalité influencent les journalistes du monde entier. Cette remarque n’implique aucun anti-américanisme, puisqu’aux USA d’autres think tanks et associations combattent ces lobbies, comme par exemple American Renaissance et le NPI.

http://www.gfaye.com/extension-du-domaine-de-la-russophobie/

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MEDIAS PRESSE INFO / Génome : le bal des apprentis sorciers by Jean-Pierre Dickès

ADN

Le 10 mai dernier, s’est tenue une réunion secrète à l’Harvard Médical School de Boston avec pour objectif de créer un génome humain artificiel.150 scientifiques de haut niveau se sont réunis dans ce but. L’idée étant à terme de créer un être humain artificiel en laboratoire. C’est l’aspect de cette réunion qui fait controverse. Tout finit cependant par se savoir.Je suis sollicité de donner mon avis sur cette affaire que j’avais abordée dans deux ouvrages aujourd’hui épuisés (2007 et 2011). En revanche je fais le point sur ce qui est appelé la biologie de synthèse dans mon ouvrage (accessible à tous) intitulé La Fin de l’espèce humaine. En effet nous nous situons à la lisière du Meilleur des Mondes d’Huxley et de  Frankenstein : la perspective d’un Homme artificiel (titre de mon ouvrage publié en 2007). Essayons de résumer.

Craig Venter, le démiurge

En 2002, un chercheur du nom de Craig Venter avait séquencé son propre ADN. Il avait donc établi pour la première fois au monde la séquence des molécules formant l’ADN. En 2007, il détricote l’ADN d’un microbe appelé mycoplasma génitalium ;  l’avantage étant que ce génome était de petite taille ; il reconstitue ensuite un autre génome d’un microbe de synthèse d’où son nom de Synthia. Il déclare à Paris Match qu’il allait créer un homme : c’est le God syndrom de ceux qui se prennent pour Dieu. Il avait en effet pour la première fois créé une espèce dans l’Histoire de l’Humanité.

À partir de ce moment, beaucoup de savants se mirent à fantasmer. On allait reconstituer le génome d’Einstein, du mammouth, de l’Homme de Neandertal voire créer un surhomme ; Venter allant même jusqu’à affirmer qu’il allait ressusciter son propre père. Rien que ça…Mais au moins réussir à mettre au point des génomes d’hommes super-intelligents ou super-sportifs.

Le séquençage du premier génome avait coûté un milliard de dollars. Il coûte actuellement entre 400 et 1000 dollars. Bien sûr, on a vite pensé que reconstituer un génome humain était désormais estimé à 90 millions de dollars au lieu de plusieurs milliards.

Le mea culpa de l’apprenti sorcier

Mais Craig Venter se rendit vit compte que le génome humain était au moins 200 fois plus complexe que celui de Synthia. Il fit un jour cet aveu : créer un homme synthétique était tellement difficile qu’il était improbable de réussir un tel succès avant de très nombreuses années. Pourquoi ?

Il faut savoir que sur les milliards de paires d’acides aminés, Adénine Thymine Guanidine Cytosine (ATGC), il suffit d’en changer une seule paire pour aboutir à une transformation radicale de l’humain. Par exemple la possibilité de manger ou de rire.

Par ailleurs les Chinois avaient sélectionné 2500 sujets dont de Quotient Intellectuel (QI) était égal ou supérieur à 160 (moyenne de la population = 100). Ils voulaient trouver dans le génome ce qui les rendaient aussi intelligents. En y mettant les moyens, ils n’y sont pas encore arrivés à ce jour.

D’autres études établissaient qu’une infime partie du génome concernant 74 variations portées par 300.000 jeunes hommes, pouvait expliquer leurs capacités intellectuelles ; mais cela n’intervenait que de manière très marginale dans leur réussite scolaire.

Pourquoi l’homme synthétique n’est pas pour demain

Or l’ADN constitue les gènes formant les chromosomes lesquels sont dans le noyau de la cellule. Mais toute fraction du génome est en relation avec d’autres fractions. Il existe de plus d’autres relations avec des centres dits « épigénétiques » disséminés dans le reste de la cellule ; c’est-à-dire le cytoplasme (zone entre le noyau et la membrane de la cellule). Mais aussi des petites organistes appelés mitochondries éparpillés dans ce dernier dont on découvre qu’ils sont aussi porteurs d’ADN. C’est tout le problèmes de la « chirurgie du gène ».

Autant dire que le surhomme escompté par les Chinois ou ces scientifiques de Harvard n’est pas pour demain. Quant au caractère secret de leur réunion, il est parfaitement ridicule.

Dr Jean-Pierre Dickès

Jean-Pierre Dickès | juin 7, 2016 à 3:59 | Catégories: Bioéthique et Santé
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BUSINESS BOURSE B§B : Etats-Unis: Pire rapport sur l’emploi depuis 6 ans. Plus de 102 millions d’américains sont sans emploi

80

Noter

man-being-firedC’est exactement ce qu’on attendait voir arriver.

Vendredi 03 Juin 2016, le département du travail américain (the Bureau of Labor Statistics) a annoncé que l’économie américaine avait crée seulement 38.000 emplois sur le mois de mai. C’était bien en deçà des 158.000 emplois anticipés par les analystes, et également inférieur à ce qui est nécessaire pour suivre le rythme de la croissance démographique.

En outre, le nombre d’emplois créés sur le mois d’Avril a été revu à la baisse de 37.000 et ceux créés sur le mois de Mars ont été revus à la baisse de 22.000. Si on fait la synthèse, les chiffres des deux mois précédents ont été revus à la baisse de 59.000 au total. Pour être honnête, c’est le pire rapport sur l’emploi publié depuis près de 6 ans, et le consensus à Wall Street a montré que c’était un véritable désastre.

Le plus drôle dans cette histoire, c’est que l’administration Obama affirme que le taux de chômage a continué de baisser sur le mois de mai. Presque chaque mois depuis l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, un grand nombre d’Américains qui étaient au chômage depuis une très longue période sont passés de la catégorie “chômage” à la catégorie “en dehors de la population active”. Cet artifice comptable a engendré une baisse constante et régulière du taux de chômage depuis l’arrivée d’Obama il y a environ 7 ans et demi, même si le pourcentage de la population active n’a quasiment pas varié depuis les pires moment de la dernière récession.

Le département du travail américain affirme que le nombre d’Américains se trouvant “en dehors dans la population active” a augmenté de 664.000 sur le seul mois de mai par rapport au mois d’Avril. Ce chiffre est tout simplement hallucinant. Le taux de participation à la population active est quant à lui revenu à 62,6 % maintenant, et il stagne juste au-dessus de son plus faible niveau atteint il y a 38 ans, en Novembre 1978.

De plus, lorsque vous ajoutez le nombre d’américains déclarés “officiellement au chômage” (7,436 millions), au nombre d’américains âgés de 16 et plus, sans emploi et et qui sont déplacés comptablement dans la catégorie “en dehors de la population active” (94,708 millions, ce qui représente un record historique), vous obtenez un total effarant de 102,144 millions d’Américains se trouvant sans emploi actuellement.

Tout ceci est très très inquiétant.

Jusqu’à présent, en 2016, trois membres de ma propre famille ont perdu leur emploi.

Selon Challenger, Gray & Christmas, les entreprises américaines ont annoncé 65.141 suppressions d’emplois au cours du mois d’Avril, ce qui représente une augmentation de 35 % par rapport au mois précédent. Et jusqu’à présent, cette année, les annonces de licenciements sont en hausse de 24 % par rapport à la même période de l’année 2015.

C’était seulement une question de temps avant que ces licenciements commencent à se matérialiser dans les chiffres officiels de l’emploi américain, et je suis convaincu que cette tendance va s’accélérer dans les mois à venir.

Et voici de nouveaux chiffres que vous devez absolument examiner…

obama-yes-we-can

  • Depuis que Barack Obama est arrivé à la Maison Blanche, 14.179.000 d’Américains ont quitté “le marché du travail” et donc la population active, selon le département du travail américain (the Bureau of Labor Statistics).

Pas la peine de vous expliquer que la communauté financière est plutôt horrifiée par l’ensemble de ces nouvelles. Ils s’attendaient à un meilleur rapport sur l’emploi, et beaucoup d’entre eux ne cachent pas leur déception. Voici un exemple tiré du Wall Street Journal

“Ce rapport sur l’emploi est un raté sans équivoque”, a déclaré Curt Long, économiste en chef à l’Association nationale des coopératives de crédit fédérale, notant que “le taux de chômage avait baissé”, mais pour une mauvaise raison du fait que le taux de participation à la population active avait baissé pour le second mois consécutif. “


Et voici un autre exemple qui vient de David Donabedian, responsable en chef de l’investissement chez Atlantic Trust Private Wealth Management…

” Nous n’arrivons pas à trouver la moindre petite nouvelle positive dans le rapport sur l’emploi d’aujourd’hui. Si nous étions à la recherche de signes de vigueur dans ce rapport, eh bien, il n’y a rien qu’on puisse prendre en considération là-dedans”.

Mais bien sûr, les médias de masse font tout ce qu’ils peuvent pour rendre ces chiffres positifs. Par exemple, CNN vient de publier un article hilarant intitulé “l’économie américaine est plus forte que ce mauvais rapport sur l’emploi”.

Et la Maison Blanche insiste sur le fait que ce dernier rapport sur l’emploi n’est pas vraiment un gros problème

Josh EarnestLa Maison Blanche n’a pas trop été déçu du nombre d’Américains se trouvant sans emploi ou sous-employés.

“ici à la Maison Blanche depuis plus de sept ans, je réagis aux chiffres sur l’emploi, et ce qui est vrai aujourd’hui était vrai dans le passé, c’est à dire que nous ne nous emballons pas lorsque les chiffres sur l’emploi sont meilleurs que prévu et inversement nous ne dramatisons pas la situation lorsqu’il sont moins bons que prévu “, a déclaré Josh Earnest, le porte-parole du président Barack à la Maison Blanche, sur CNBC.

Mais bien entendu, la vérité est que cette nouvelle est un événement majeur. Cela confirme clairement que l’économie américaine est entrée en récession.

Depuis des mois, j’ai publié des articles montrant que tous les autres indicateurs signalaient clairement qu’une nouvelle crise économique avait déjà commencé.

Mais les chiffres de l’emploi n’avaient pas encore été impactés jusqu’à présent. L’emploi est généralement considéré comme étant un “indicateur retardé”, ce qui signifie que ce n’est pas avec celui-là qu’il faut s’attendre à voir apparaître les signes d’une récession. Cependant, les chiffres officiels du chômage reflètent inévitablement un ralentissement économique à terme, et c’est ce que nous commençons à voir maintenant.

Ce que cela induit, c’est qu’il vous reste probablement encore moins de temps que vous ne le pensez pour vous préparer à ce qui va arriver.

Michael & Meranda Snyder: Leurs conseils pour savoir comment se préparer

L’économie américaine est déjà entrée dans les premières phases de la prochaine grande crise économique, et la plupart de la population sera totalement prise au dépourvu et risque de souffrir énormément.

Si nos dirigeants avaient pris de meilleures décisions depuis la dernière crise, les choses auraient pu tourner différemment. Mais au lieu de cela, ils n’ont rien changé à leurs habitudes, et maintenant nous allons récolter ce qu’ils ont semé.

Source: theeconomiccollapseblog

Etats-Unis: Pire rapport sur l’emploi depuis 6 ans. Plus de 102 millions d’américains sont sans emploi

80

Noter

man-being-firedC’est exactement ce qu’on attendait voir arriver.

Vendredi 03 Juin 2016, le département du travail américain (the Bureau of Labor Statistics) a annoncé que l’économie américaine avait crée seulement 38.000 emplois sur le mois de mai. C’était bien en deçà des 158.000 emplois anticipés par les analystes, et également inférieur à ce qui est nécessaire pour suivre le rythme de la croissance démographique.

En outre, le nombre d’emplois créés sur le mois d’Avril a été revu à la baisse de 37.000 et ceux créés sur le mois de Mars ont été revus à la baisse de 22.000. Si on fait la synthèse, les chiffres des deux mois précédents ont été revus à la baisse de 59.000 au total. Pour être honnête, c’est le pire rapport sur l’emploi publié depuis près de 6 ans, et le consensus à Wall Street a montré que c’était un véritable désastre.

Le plus drôle dans cette histoire, c’est que l’administration Obama affirme que le taux de chômage a continué de baisser sur le mois de mai. Presque chaque mois depuis l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, un grand nombre d’Américains qui étaient au chômage depuis une très longue période sont passés de la catégorie “chômage” à la catégorie “en dehors de la population active”. Cet artifice comptable a engendré une baisse constante et régulière du taux de chômage depuis l’arrivée d’Obama il y a environ 7 ans et demi, même si le pourcentage de la population active n’a quasiment pas varié depuis les pires moment de la dernière récession.

Le département du travail américain affirme que le nombre d’Américains se trouvant “en dehors dans la population active” a augmenté de 664.000 sur le seul mois de mai par rapport au mois d’Avril. Ce chiffre est tout simplement hallucinant. Le taux de participation à la population active est quant à lui revenu à 62,6 % maintenant, et il stagne juste au-dessus de son plus faible niveau atteint il y a 38 ans, en Novembre 1978.

De plus, lorsque vous ajoutez le nombre d’américains déclarés “officiellement au chômage” (7,436 millions), au nombre d’américains âgés de 16 et plus, sans emploi et et qui sont déplacés comptablement dans la catégorie “en dehors de la population active” (94,708 millions, ce qui représente un record historique), vous obtenez un total effarant de 102,144 millions d’Américains se trouvant sans emploi actuellement.

Tout ceci est très très inquiétant.

Jusqu’à présent, en 2016, trois membres de ma propre famille ont perdu leur emploi.

Selon Challenger, Gray & Christmas, les entreprises américaines ont annoncé 65.141 suppressions d’emplois au cours du mois d’Avril, ce qui représente une augmentation de 35 % par rapport au mois précédent. Et jusqu’à présent, cette année, les annonces de licenciements sont en hausse de 24 % par rapport à la même période de l’année 2015.

C’était seulement une question de temps avant que ces licenciements commencent à se matérialiser dans les chiffres officiels de l’emploi américain, et je suis convaincu que cette tendance va s’accélérer dans les mois à venir.

Et voici de nouveaux chiffres que vous devez absolument examiner…

obama-yes-we-can

  • Depuis que Barack Obama est arrivé à la Maison Blanche, 14.179.000 d’Américains ont quitté “le marché du travail” et donc la population active, selon le département du travail américain (the Bureau of Labor Statistics).

Pas la peine de vous expliquer que la communauté financière est plutôt horrifiée par l’ensemble de ces nouvelles. Ils s’attendaient à un meilleur rapport sur l’emploi, et beaucoup d’entre eux ne cachent pas leur déception. Voici un exemple tiré du Wall Street Journal

“Ce rapport sur l’emploi est un raté sans équivoque”, a déclaré Curt Long, économiste en chef à l’Association nationale des coopératives de crédit fédérale, notant que “le taux de chômage avait baissé”, mais pour une mauvaise raison du fait que le taux de participation à la population active avait baissé pour le second mois consécutif. “


Et voici un autre exemple qui vient de David Donabedian, responsable en chef de l’investissement chez Atlantic Trust Private Wealth Management…

” Nous n’arrivons pas à trouver la moindre petite nouvelle positive dans le rapport sur l’emploi d’aujourd’hui. Si nous étions à la recherche de signes de vigueur dans ce rapport, eh bien, il n’y a rien qu’on puisse prendre en considération là-dedans”.

Mais bien sûr, les médias de masse font tout ce qu’ils peuvent pour rendre ces chiffres positifs. Par exemple, CNN vient de publier un article hilarant intitulé “l’économie américaine est plus forte que ce mauvais rapport sur l’emploi”.

Et la Maison Blanche insiste sur le fait que ce dernier rapport sur l’emploi n’est pas vraiment un gros problème

Josh EarnestLa Maison Blanche n’a pas trop été déçu du nombre d’Américains se trouvant sans emploi ou sous-employés.

“ici à la Maison Blanche depuis plus de sept ans, je réagis aux chiffres sur l’emploi, et ce qui est vrai aujourd’hui était vrai dans le passé, c’est à dire que nous ne nous emballons pas lorsque les chiffres sur l’emploi sont meilleurs que prévu et inversement nous ne dramatisons pas la situation lorsqu’il sont moins bons que prévu “, a déclaré Josh Earnest, le porte-parole du président Barack à la Maison Blanche, sur CNBC.

Mais bien entendu, la vérité est que cette nouvelle est un événement majeur. Cela confirme clairement que l’économie américaine est entrée en récession.

Depuis des mois, j’ai publié des articles montrant que tous les autres indicateurs signalaient clairement qu’une nouvelle crise économique avait déjà commencé.

Mais les chiffres de l’emploi n’avaient pas encore été impactés jusqu’à présent. L’emploi est généralement considéré comme étant un “indicateur retardé”, ce qui signifie que ce n’est pas avec celui-là qu’il faut s’attendre à voir apparaître les signes d’une récession. Cependant, les chiffres officiels du chômage reflètent inévitablement un ralentissement économique à terme, et c’est ce que nous commençons à voir maintenant.

Ce que cela induit, c’est qu’il vous reste probablement encore moins de temps que vous ne le pensez pour vous préparer à ce qui va arriver.

Michael & Meranda Snyder: Leurs conseils pour savoir comment se préparer

L’économie américaine est déjà entrée dans les premières phases de la prochaine grande crise économique, et la plupart de la population sera totalement prise au dépourvu et risque de souffrir énormément.

Si nos dirigeants avaient pris de meilleures décisions depuis la dernière crise, les choses auraient pu tourner différemment. Mais au lieu de cela, ils n’ont rien changé à leurs habitudes, et maintenant nous allons récolter ce qu’ils ont semé.

Source: theeconomiccollapseblog

Etats-Unis: Pire rapport sur l’emploi depuis 6 ans. Plus de 102 millions d’américains sont sans emploi

80

Noter

man-being-firedC’est exactement ce qu’on attendait voir arriver.

Vendredi 03 Juin 2016, le département du travail américain (the Bureau of Labor Statistics) a annoncé que l’économie américaine avait crée seulement 38.000 emplois sur le mois de mai. C’était bien en deçà des 158.000 emplois anticipés par les analystes, et également inférieur à ce qui est nécessaire pour suivre le rythme de la croissance démographique.

En outre, le nombre d’emplois créés sur le mois d’Avril a été revu à la baisse de 37.000 et ceux créés sur le mois de Mars ont été revus à la baisse de 22.000. Si on fait la synthèse, les chiffres des deux mois précédents ont été revus à la baisse de 59.000 au total. Pour être honnête, c’est le pire rapport sur l’emploi publié depuis près de 6 ans, et le consensus à Wall Street a montré que c’était un véritable désastre.

Le plus drôle dans cette histoire, c’est que l’administration Obama affirme que le taux de chômage a continué de baisser sur le mois de mai. Presque chaque mois depuis l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, un grand nombre d’Américains qui étaient au chômage depuis une très longue période sont passés de la catégorie “chômage” à la catégorie “en dehors de la population active”. Cet artifice comptable a engendré une baisse constante et régulière du taux de chômage depuis l’arrivée d’Obama il y a environ 7 ans et demi, même si le pourcentage de la population active n’a quasiment pas varié depuis les pires moment de la dernière récession.

Le département du travail américain affirme que le nombre d’Américains se trouvant “en dehors dans la population active” a augmenté de 664.000 sur le seul mois de mai par rapport au mois d’Avril. Ce chiffre est tout simplement hallucinant. Le taux de participation à la population active est quant à lui revenu à 62,6 % maintenant, et il stagne juste au-dessus de son plus faible niveau atteint il y a 38 ans, en Novembre 1978.

De plus, lorsque vous ajoutez le nombre d’américains déclarés “officiellement au chômage” (7,436 millions), au nombre d’américains âgés de 16 et plus, sans emploi et et qui sont déplacés comptablement dans la catégorie “en dehors de la population active” (94,708 millions, ce qui représente un record historique), vous obtenez un total effarant de 102,144 millions d’Américains se trouvant sans emploi actuellement.

Tout ceci est très très inquiétant.

Jusqu’à présent, en 2016, trois membres de ma propre famille ont perdu leur emploi.

Selon Challenger, Gray & Christmas, les entreprises américaines ont annoncé 65.141 suppressions d’emplois au cours du mois d’Avril, ce qui représente une augmentation de 35 % par rapport au mois précédent. Et jusqu’à présent, cette année, les annonces de licenciements sont en hausse de 24 % par rapport à la même période de l’année 2015.

C’était seulement une question de temps avant que ces licenciements commencent à se matérialiser dans les chiffres officiels de l’emploi américain, et je suis convaincu que cette tendance va s’accélérer dans les mois à venir.

Et voici de nouveaux chiffres que vous devez absolument examiner…

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  • Depuis que Barack Obama est arrivé à la Maison Blanche, 14.179.000 d’Américains ont quitté “le marché du travail” et donc la population active, selon le département du travail américain (the Bureau of Labor Statistics).

Pas la peine de vous expliquer que la communauté financière est plutôt horrifiée par l’ensemble de ces nouvelles. Ils s’attendaient à un meilleur rapport sur l’emploi, et beaucoup d’entre eux ne cachent pas leur déception. Voici un exemple tiré du Wall Street Journal

“Ce rapport sur l’emploi est un raté sans équivoque”, a déclaré Curt Long, économiste en chef à l’Association nationale des coopératives de crédit fédérale, notant que “le taux de chômage avait baissé”, mais pour une mauvaise raison du fait que le taux de participation à la population active avait baissé pour le second mois consécutif. “


Et voici un autre exemple qui vient de David Donabedian, responsable en chef de l’investissement chez Atlantic Trust Private Wealth Management…

” Nous n’arrivons pas à trouver la moindre petite nouvelle positive dans le rapport sur l’emploi d’aujourd’hui. Si nous étions à la recherche de signes de vigueur dans ce rapport, eh bien, il n’y a rien qu’on puisse prendre en considération là-dedans”.

Mais bien sûr, les médias de masse font tout ce qu’ils peuvent pour rendre ces chiffres positifs. Par exemple, CNN vient de publier un article hilarant intitulé “l’économie américaine est plus forte que ce mauvais rapport sur l’emploi”.

Et la Maison Blanche insiste sur le fait que ce dernier rapport sur l’emploi n’est pas vraiment un gros problème

Josh EarnestLa Maison Blanche n’a pas trop été déçu du nombre d’Américains se trouvant sans emploi ou sous-employés.

“ici à la Maison Blanche depuis plus de sept ans, je réagis aux chiffres sur l’emploi, et ce qui est vrai aujourd’hui était vrai dans le passé, c’est à dire que nous ne nous emballons pas lorsque les chiffres sur l’emploi sont meilleurs que prévu et inversement nous ne dramatisons pas la situation lorsqu’il sont moins bons que prévu “, a déclaré Josh Earnest, le porte-parole du président Barack à la Maison Blanche, sur CNBC.

Mais bien entendu, la vérité est que cette nouvelle est un événement majeur. Cela confirme clairement que l’économie américaine est entrée en récession.

Depuis des mois, j’ai publié des articles montrant que tous les autres indicateurs signalaient clairement qu’une nouvelle crise économique avait déjà commencé.

Mais les chiffres de l’emploi n’avaient pas encore été impactés jusqu’à présent. L’emploi est généralement considéré comme étant un “indicateur retardé”, ce qui signifie que ce n’est pas avec celui-là qu’il faut s’attendre à voir apparaître les signes d’une récession. Cependant, les chiffres officiels du chômage reflètent inévitablement un ralentissement économique à terme, et c’est ce que nous commençons à voir maintenant.

Ce que cela induit, c’est qu’il vous reste probablement encore moins de temps que vous ne le pensez pour vous préparer à ce qui va arriver.

Michael & Meranda Snyder: Leurs conseils pour savoir comment se préparer

L’économie américaine est déjà entrée dans les premières phases de la prochaine grande crise économique, et la plupart de la population sera totalement prise au dépourvu et risque de souffrir énormément.

Si nos dirigeants avaient pris de meilleures décisions depuis la dernière crise, les choses auraient pu tourner différemment. Mais au lieu de cela, ils n’ont rien changé à leurs habitudes, et maintenant nous allons récolter ce qu’ils ont semé.

Source: theeconomiccollapseblog

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LE BLANC ET LE NOIR : Une victoire de Clinton signifierait-elle plus de guerres ? Par Robert Parry

Publié par Leblancetlenoir sur 6 Juin 2016, 19:48pm

Catégories : #ETATS UNIS, #AMERIQUE, #ISRAEL

L’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton prenant la parole au cours d’une conférence de l’American Israel Public Affairs Committee à Washington D.C. le 21 mars 2016.
L’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton prenant la parole au cours d’une conférence de l’American Israel Public Affairs Committee à Washington D.C. le 21 mars 2016.

Reportage spécial : Des néoconservateurs perspicaces voient en Clinton leur cheval de Troie pour être remis en selle à la Maison-Blanche par les électeurs démocrates, et ceci soulève la question posée par Robert Parry : est-ce que Clinton comme quarante-cinquième président ne signifierait pas plus de guerres ?

Par Robert Parry

Les instances du parti démocrate semblent déterminées à soutenir la campagne sans envergure d’Hillary Clinton jusqu’à la ligne d’arrivée de sa course avec Bernie Sanders, et comptent sur les divisions des Républicains pour lui ouvrir la route à la Maison Blanche. Mais – si elle arrive jusque-là – le monde devra retenir son souffle.

Si Clinton devient présidente, elle sera entourée par une équipe de néoconservateurs exerçant le contrôle sur la diplomatie américaine, qui lui imposera de reprendre ses stratégies de “changement de régimes” au Moyen-Orient et d’intensifier sa nouvelle et dangereuse “guerre froide” vis-à-vis de la Russie.

Si Bachar el-Assad est encore président de la Syrie, on exigera qu’elle lui donne le coup de grâce final ; il y aura également des pressions pour qu’elle augmente les sanctions contre l’Iran afin de pousser Téhéran à abandonner l’accord nucléaire ; il y a déjà des appels pour un plus large déploiement de troupes américaines à la frontière russe et pour une intégration de l’Ukraine dans la structure militaire de l’OTAN.

Hillary Clinton, quarante-cinquième président, devra entendre les argumentaires habiles justifiant ces mesures, la rhétorique opposant systématiquement la virilité à la féminité et la propagande pleurnicharde sur les ennemis diaboliques sortant les bébés des incubateurs, donnant du Viagra aux soldats pour qu’ils violent plus de femmes et commettant d’horribles crimes (certains bien réels, mais beaucoup imaginaires) sur des innocents sans défense.

Est-ce que quelqu’un pense qu’Hillary Clinton possède la sagesse de résister à ces chants de sirènes guerriers, même si elle y est prédisposée ?

Le président Barack Obama qui – malgré toutes ses fautes – possède une intelligence plus profonde et plus subtile que celle d’Hillary Clinton, s’est trouvé lui-même si accablé par ces pressions venant de la stratégie militariste de Washington qu’il s’est plaint de sa situation inconfortable auprès de Jeffrey Goldberg de The Atlantic, lui-même faucon néoconservateur.

La diplomatie de Washington est aujourd’hui si profondément aux mains des néoconservateurs et de leurs comparses affiliés à la doctrine libérale la plus interventionniste, que l’actuel président ne pourrait sans doute trouver personne pour l’interviewer, excepté un néoconservateur, même s’il se plaignait du fait que la capitale américaine soit entre les mains de bellicistes.

Étant donné la toute-puissance des néoconservateurs sur la diplomatie américaine – particulièrement au sein de l’administration du département d’État, des grands médias et des think tanks importants – Clinton sera harcelée par des demandes et des projets “va-t-en guerre” émanant à la fois de l’extérieur de son administration et de son propre camp.

Déjà, des néoconservateurs influents, tel que Robert Kagan de la Brookings Institution, ne cachent pas qu’ils escomptent avoir une influence non négligeable sur la diplomatie de Clinton. Kagan, qui s’est repositionné lui-même comme un “libéral interventionniste”, offre son soutien à Clinton qui l’avait nommé au Conseil consultatif du département d’État.

On dit aussi à Washington que l’épouse néoconservatrice de Kagan, Victoria Nuland, secrétaire d’État adjointe pour l’Europe, une autre protégée de Clinton et l’architecte du “changement de régime” en Ukraine, serait en lice pour une haute fonction diplomatique dans l’administration Clinton.

Les néoconservateurs de retour aux manettes

A vrai dire, l’élection de Clinton signifie qu’une partie des personnes les plus dangereuses de la diplomatie américaine pourraient murmurer directement à ses oreilles leurs combines pour “toujours plus de guerre” – et son dossier montre qu’elle est parfaitement sensible à de tels conseils.

A chaque fois, en tant que sénatrice américaine et secrétaire d’État, Clinton a opté pour les solutions de “changement de régime” – de l’invasion de l’Irak en 2003 jusqu’au coup d’État au Honduras en 2009, à la guerre aérienne en Libye en 2011, à la guerre civile en Syrie depuis 2011 – ou bien elle s’est faite le chantre de l’escalade des conflits, comme en Afghanistan et en Iran, plutôt que de s’engager dans des négociations avec concessions mutuelles.

Parfois Obama a suivi cette ligne (le “sursaut” en Afghanistan, la guerre en Libye, l’affrontement contre le nucléaire iranien) mais parfois il n’a pas suivi cette ligne (désescalade en Afghanistan, finalement négociation de l’accord nucléaire avec l’Iran après le départ de Clinton, rejet d’un assaut militaire direct contre le gouvernement syrien, et travail de temps en temps avec les Russes sur l’Iran et la Syrie).

En d’autres termes, Obama a agi comme un frein à l’encontre de l’aventurisme belliqueux de Clinton. Avec Clinton comme présidente, il n’y aura plus de telles retenues. On peut s’attendre à ce qu’elle endosse de nombreux, si ce n’est tous, les cadres de pensée néoconservateurs aberrants, comme l’a fait George W. Bush quand ses conseillers néoconservateurs ont utilisé sa peur et sa fureur après le 11-Septembre pour le guider vers leur programme de “changement de régime” pour le Moyen-Orient.

Les néoconservateurs n’ont jamais abandonné leurs rêves de renverser les gouvernements moyen-orientaux qu’Israël a inscrits sur sa liste d’ennemis. L’Irak était seulement le premier. Les suivants furent la Syrie et l’Iran avec l’idée qu’en installant des dirigeants pro-israéliens dans ces pays, les ennemis frontaliers d’Israël – Hezbollah au Liban, Hamas et autres groupes militants palestiniens – pourraient être isolés et écrasés.

Après l’invasion de l’Irak par Bush en 2003, les néoconservateurs à Washington plaisantaient sur le choix du suivant, serait-ce l’Iran ou la Syrie, avec une maxime : “Pour les hommes, les vrais, c’est Téhéran !” Mais la guerre d’Irak n’a pas été la “promenade de santé” promise par les néoconservateurs. Au lieu de lancer des fleurs aux soldats américains, les Irakiens semèrent des bombes artisanales.

En réalité, beaucoup de “vrais hommes” et de “vraies femmes” – ainsi que de “vrais enfants” – sont morts en Irak, ainsi que presque 4500 soldats américains et des centaines de milliers d’irakiens.

Le calendrier néoconservateur en prit un coup, mais, à leur avis, uniquement en raison de l’incompétence de Bush dans le suivi en Irak. Si ce n’avait été cette occupation bâclée, les néoconservateurs pensaient qu’ils auraient pu continuer à faire chuter les autres régimes gênants, l’un après l’autre.

Professionnellement, les néoconservateurs échappèrent au désastre irakien largement indemnes et continuèrent à dominer les groupes de réflexion de Washington et les tribunes libres des principaux journaux américains comme le Washington Post et le New York Times. Jamais à la traîne, ils commencèrent à préparer des plans à long terme.

Une erreur d’Obama

Bien qu’ils aient perdu la Maison-Blanche en 2008, les néoconservateurs saisirent leur chance quand le président élu Obama fit le choix en matière de politique étrangère d’une “équipe de rivaux” en s’inspirant d’Abraham Lincoln. Au lieu d’aller chercher les “réalistes” de la politique étrangère marginalisés (et vieillissants) à Washington, Obama plongea sur le registre de l’establishment dominé par les néoconservateurs.

Obama recruta sa belliqueuse rivale démocrate, la sénatrice Hillary Clinton, au poste de secrétaire d’État et garda le secrétaire à la Défense de Bush, Robert Gates. Obama garda aussi la plupart des militaires du haut commandement mis en place par Bush, y compris le favori néoconservateur le général David Petraeus.

La stratégie de gestion naïve d’Obama laissa les néoconservateurs et leurs copains “libéraux interventionnistes” consolider leur contrôle bureaucratique sur la bureaucratie de la politique étrangère de Washington, bien que le président préférât une approche plus “réaliste” qui aurait utilisé plus judicieusement la puissance américaine – et il était moins assujetti au gouvernement de droite israélien.

L’influence souterraine des néoconservateurs devint particulièrement évidente au département d’État de Clinton au moment où elle fit appel à Nuland, une idéologue néoconservatrice et une assistante auprès du vice-président Dick Cheney, pour être la porte-parole du département et la mit sur la voie du poste de secrétaire d’État adjointe pour les Affaires européennes (même si le poste ne fut officialisé qu’après le départ de Clinton en 2013).

L’influence des néoconservateurs/faucons libéraux est maintenant si forte au sein du département d’État que des officiels de ma connaissance qui occupent ces lieux réapparaissent, comme habités par des extraterrestres, débitant des discours arrogants pour le soutien de l’intervention américaine partout dans le monde. En revanche, je trouve, qu’en comparaison, la CIA et le Pentagone font preuve de réalisme et de retenue.

Peut-être le meilleur exemple de ce phénomène d’”extraterrestres” est-il le sénateur John Kerry qui a remplacé Clinton au poste de secrétaire d’État en devenant, au même moment, le porte-parole de la rhétorique la plus va-t-en-guerre de la bureaucratie.

Par exemple, Kerry a été partisan d’une campagne de bombardements en représailles contre l’armée syrienne en août 2013, ignorant les doutes de la communauté du renseignement sur la responsabilité ou non du régime de Bachar el Assad quant à l’attaque au gaz sarin dans la banlieue de Damas.

Au lieu d’écouter les analystes du renseignement, Kerry s’est aligné derrière la “pensée de groupe” pilotée par les néoconservateurs rejetant toute la faute sur Assad, l’excuse parfaite pour mettre en place, avec retard, le “changement de régime” syrien, cher aux néoconservateurs. Les néoconservateurs ne prirent pas en compte la réalité des faits – et Kerry abonda en ce sens. [Lire sur Consortiumnews.com “What’s the Matter with John Kerry?“]

Mais Obama, lui, n’a pas suivi. Il écoutait lorsque James R. Clapper, directeur du renseignement national, lui a dit qu’on était loin d’avoir des preuves que l’armée syrienne fût impliquée. (Au bout du compte, Il y aurait des preuves d’une provocation montée par les islamistes extrémistes afin de pousser l’armée américaine à intervenir à leur côté dans la guerre.)

Obama a reçu également une aide du président russe Vladimir Poutine qui persuada le président Assad de renoncer aux armes chimiques (alors qu’Assad a toujours nié tout rôle dans l’attaque au gaz sarin). L’aide de Poutine a énervé les néoconservateurs qui ont rapidement reconnu que la coopération Obama-Poutine était une menace profonde pour leur entreprise de « changements de régime ».

Cibler l’Ukraine

Certains néoconservateurs, plus intelligents, ont rapidement considéré l’Ukraine comme un coin qui pourrait être enfoncé entre Obama et Poutine. Carl Gershman, président de la Fondation nationale pour la démocratie (NED), a appelé l’Ukraine le “gros lot” et un premier pas potentiel pour écarter Poutine du pouvoir en Russie.

C’est à la secrétaire d’État adjointe Nuland qu’a été confiée la direction de l’opération en Ukraine jusqu’à sa réussite, telle qu’elle l’avait planifiée avec l’ambassadeur américain en Ukraine, Geoffrey Pyatt, pour se débarrasser du président ukrainien pro-russe Victor Ianukovich. Nuland et Pyatt ont été piégés par l’interception d’une discussion téléphonique portant sur qui devrait prendre la relève.

« Yats, c’est notre homme, » a dit Nuland à propos d’Arseni Iatseniouk qui allait en effet devenir le nouveau Premier ministre. Nuland et Pyatt ont alors échangé des idées sur comment « faire coller tout ça » et comment « donner naissance à ce truc ». Ce « truc » est devenu le sanglant coup d’État du 22 février 2014, qui a évincé le Président élu Ianukovich et provoqué une guerre civile entre « nationalistes » ukrainiens de l’Ouest et russes ethniques de l’Ukraine à l’Est.

Comme les « nationalistes », dont certains ouvertement néonazis, ont infligé des atrocités aux Russes ethniques, la Crimée a voté à 96 pour cent pour quitter l’Ukraine et rejoindre la Russie. La résistance au nouveau régime de Kiev a également surgi dans la région du Donbass oriental.

Pour le département d’État – et les médias américains traditionnels – ce conflit s’explique totalement par « l’agression russe » contre l’Ukraine et « l’invasion russe » de la Crimée (malgré le fait que les troupes russes étaient déjà en Crimée dans le cadre de l’accord sur la base navale de Sébastopol). Mais tous les gens qui comptent ont reconnu que le référendum en Crimée était « une mascarade » (quoique de nombreux sondages ont depuis confirmé les résultats).

Quand la citoyenne Clinton s’est penchée sur la crise en Ukraine, elle a comparé le Président russe Poutine à Hitler.

Ainsi, aujourd’hui, la stratégie du scénario – comme Obama le qualifierait – des faucons néoconservateurs/libéraux de Washington exige une concentration de plus en plus importante de troupes américaines et de systèmes d’armements de l’OTAN à la frontière russe pour dissuader « l’agression » de Poutine.

Ces durs à cuire et ces jeunes filles jurent aussi ignorer les avertissements de la Russie contre ce qu’elle estime des menaces militaires à son existence. Apparemment « les hommes, les vrais » vont à Moscou (peut-être en chevauchant une bombe nucléaire comme celle, fameuse, de « Docteur Folamour »).

Ian Joseph Brzezinski, fonctionnaire au département d’État sous la présidence de George W. Bush et maintenant expert en politique étrangère pour le Conseil atlantique, un groupe de réflexion de l’OTAN, a cosigné un article exhortant l’OTAN à incorporer des unités de l’armée ukrainienne au déploiement de ses opérations militaires le long de la frontière russe.

« Des responsables de la sécurité nationale ukrainienne de haut niveau ont incité vivement la communauté internationale à être plus audacieuse dans sa réponse aux actions militaires provocatrices de la Russie, » ont écrit Brzezinski (fils du vieux guerrier de la guerre froide, Zbigniew Brzezinski) et le coauteur ukrainien Markian Bilynskyj.

« Le déploiement d’une compagnie d’infanterie ukrainienne expérimentée ou d’une plus grande unité pour renforcer la défense du territoire de l’OTAN en Europe centrale serait une contribution positive au maintien des forces de l’Alliance dans la région. »

Suivre le scénario

Ce genre de discours ferme est celui que le prochain Président, quel qu’il ou elle soit, peut attendre d’un officiel de Washington. L’interview d’Obama dans The Atlantic montre bien qu’il se sent entouré et engagé par ces forces bellicistes, mais qu’il tire une certaine fierté à résister – de temps en temps – au scénario stratégique de Washington.

Mais comment la Présidente Hillary Clinton répondrait-elle ? Quand elle est apparue face au Comité américain des Affaires publiques d’Israël le 21 mars – à un moment où il semblait qu’elle avait presque remporté la nomination démocrate – Clinton a montré ce qu’on peut appeler son vrai visage, assurant servilement Israël de sa loyauté et promettant d’entretenir des relations étroites entre les États-Unis et Israël « en passant au niveau supérieur » (une expression qui s’applique d’habitude aux couples décidant d’emménager ensemble).

En examinant le rapport public de Clinton, on pourrait raisonnablement conclure qu’elle-même fait partie des néoconservateurs, tant dans sa dévotion à Israël que son penchant pour la solution des « changements de régime ». Elle suit aussi la tendance des néoconservateurs à diaboliser tout dirigeant étranger qui se met en travers de leur chemin. Mais même si elle n’en est pas membre à part entière, elle se plie souvent à leurs demandes.

Un écart possible par rapport à cette ligne est l’amitié personnelle de Clinton avec le conseiller de longue date Sidney Blumenthal, qui a très tôt critiqué le néo-conservatisme lorsqu’il est apparu comme une force puissante durant l’administration Reagan. Blumenthal et son fils Max ont aussi osé critiquer le traitement abusif des Palestiniens par Israël.

Cependant, le lobby d’Israël semble ne courir aucun risque d’entendre la voix de Sidney Blumenthal pendant une 45e administration dirigée par Clinton. Le mois dernier, un groupe pro-sioniste, The World Values Network, a acheté une pleine page du New York Times pour attaquer Blumenthal et son fils et a déclaré que « Hillary Clinton doit désavouer ses conseillers anti-Israël. »

Bien que Clinton ne puisse se dissocier publiquement de Sidney Blumenthal, la frappe préventive a rétréci sa marge d’action et a aidé le clan Kagan-Nuland à foncer au cœur de la politique étrangère de Clinton.

En effet, l’objectif principal de Clinton, si elle est élue, est probablement d’assurer sa réélection. En politicien traditionnel, elle devrait penser que le moyen de réaliser sa réélection est de rester du bon côté du leadership israélien. Dans cette optique, elle a promis à l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) que, Présidente, elle inviterait immédiatement le Premier ministre Benyamin Netanyahou à la Maison-Blanche.

Ainsi, qu’arriverait-il si Clinton faisait passer la relation américano-israélienne « au niveau supérieur » ? Vraisemblablement cela signifierait adopter une ligne très dure envers l’accord nucléaire de l’an dernier avec l’Iran. Or, étant donné la réticence américaine à accorder un allègement significatif des sanctions économiques, l’Iran met déjà en doute l’intérêt de son consentement aux contraintes exceptionnelles de son programme nucléaire.

Une approche belliqueuse de Clinton – condamnant le comportement de l’Iran et imposant de nouvelles sanctions – renforcerait, au sein du gouvernement, les tenants d’une politique dure envers l’Iran et pourrait bien mener l’Iran à renoncer à l’accord en raison de la mauvaise foi américaine. Cela, bien sûr, plairait aux néoconservateurs et à Netanyahou en remettant en jeu l’option « boum boum boum l’Iran ». [Le refrain des Beach Boys, « Bar bar bar bar Barbar Ann », a été détourné par McCain en « Bomb bomb bomb, bomb bomb Iran », NdT]

Un renversement stupéfiant

Clinton peut avoir considéré son discours à l’AIPAC comme l’amorce du « recentrage » qu’elle attendait tant – la libérant finalement de l’obligation de faire la cour aux progressistes – mais ensuite elle a subi une série de défaites, souvent de l’ordre du raz de marée, aux primaires et au comité électoral aux mains du sénateur Bernie Sanders.

En plus de ces défaites stupéfiantes, la campagne de Clinton a nettement souffert d’un « manque d’enthousiasme ». Sanders, le « social-démocrate » de 74 ans du Vermont, attire des foules énormes et surexcitées et gagne d’impressionnants pourcentages d’électeurs plus jeunes. En attendant, Clinton est confrontée à des sondages montrant des taux élevés d’opinions négatives et une extraordinaire méfiance publique.

Si elle obtient la nomination démocrate, elle ne peut que s’engager dans une campagne négative acharnée puisque – face au manque d’enthousiasme des électeurs – sa meilleure chance de victoire est de diaboliser à un tel point son adversaire républicain que Démocrates et Indépendants se rendent aux urnes, morts de peur à l’idée de ce que le fou furieux du Parti républicain pourrait faire.

A l’heure qu’il est, beaucoup de partisans de Clinton la voient comme le choix – pas très excitant – de « la sécurité », une femme politique dont le long curriculum leur apporte l’assurance qu’elle doit savoir ce qu’elle fait. Les Afro-Américains, qui ont été ses électeurs les plus loyaux, se sentent apparemment plus à l’aise avec quelqu’un qu’ils connaissent (qui a eu aussi des fonctions dans l’administration Obama), que Sanders, qui est inconnu pour beaucoup et vu comme quelqu’un dont les programmes ambitieux semblent moins concrets que les idées sans envergure de Clinton.

Mais regarder de près le curriculum de Clinton, particulièrement son attachement aux « changements de régime » et autres plans interventionnistes au Moyen-Orient et en l’Europe de l’Est, pourrait faire réfléchir les électeurs pacifistes. [Lire sur Consortiumnews.com, « Is Hillary Clinton ‘Qualified’ ? »]

Des néoconservateurs astucieux, comme Robert Kagan, ont compris depuis longtemps que Clinton pourrait être leur cheval de Troie, tiré dans la Maison-Blanche par les électeurs Démocrates. Kagan a déclaré au New York Times : « Je me sens à l’aise avec elle sur la politique étrangère. Si elle poursuit la politique que nous pensons qu’elle poursuivra, ce sera ce qu’on pourrait appeler du néo-conservatisme, mais il est clair que ses partisans ne vont pas l’appeler ainsi ; ils vont l’appeler autrement. »

Le même article du Times a remarqué que Clinton « reste le navire dans lequel beaucoup d’interventionnistes mettent leurs espoirs. » Cependant, si elle est ce « navire » rapportant une politique étrangère néoconservatrice à la Maison-Blanche, ce choix « sécurisant » pourrait se révéler dangereux pour Amérique et la planète.

Une victoire de Clinton signifierait-elle plus de guerres ? Par Robert Parry

Publié par Leblancetlenoir sur 6 Juin 2016, 19:48pm

Catégories : #ETATS UNIS, #AMERIQUE, #ISRAEL

L’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton prenant la parole au cours d’une conférence de l’American Israel Public Affairs Committee à Washington D.C. le 21 mars 2016.
L’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton prenant la parole au cours d’une conférence de l’American Israel Public Affairs Committee à Washington D.C. le 21 mars 2016.

Reportage spécial : Des néoconservateurs perspicaces voient en Clinton leur cheval de Troie pour être remis en selle à la Maison-Blanche par les électeurs démocrates, et ceci soulève la question posée par Robert Parry : est-ce que Clinton comme quarante-cinquième président ne signifierait pas plus de guerres ?

Par Robert Parry

Les instances du parti démocrate semblent déterminées à soutenir la campagne sans envergure d’Hillary Clinton jusqu’à la ligne d’arrivée de sa course avec Bernie Sanders, et comptent sur les divisions des Républicains pour lui ouvrir la route à la Maison Blanche. Mais – si elle arrive jusque-là – le monde devra retenir son souffle.

Si Clinton devient présidente, elle sera entourée par une équipe de néoconservateurs exerçant le contrôle sur la diplomatie américaine, qui lui imposera de reprendre ses stratégies de “changement de régimes” au Moyen-Orient et d’intensifier sa nouvelle et dangereuse “guerre froide” vis-à-vis de la Russie.

Si Bachar el-Assad est encore président de la Syrie, on exigera qu’elle lui donne le coup de grâce final ; il y aura également des pressions pour qu’elle augmente les sanctions contre l’Iran afin de pousser Téhéran à abandonner l’accord nucléaire ; il y a déjà des appels pour un plus large déploiement de troupes américaines à la frontière russe et pour une intégration de l’Ukraine dans la structure militaire de l’OTAN.

Hillary Clinton, quarante-cinquième président, devra entendre les argumentaires habiles justifiant ces mesures, la rhétorique opposant systématiquement la virilité à la féminité et la propagande pleurnicharde sur les ennemis diaboliques sortant les bébés des incubateurs, donnant du Viagra aux soldats pour qu’ils violent plus de femmes et commettant d’horribles crimes (certains bien réels, mais beaucoup imaginaires) sur des innocents sans défense.

Est-ce que quelqu’un pense qu’Hillary Clinton possède la sagesse de résister à ces chants de sirènes guerriers, même si elle y est prédisposée ?

Le président Barack Obama qui – malgré toutes ses fautes – possède une intelligence plus profonde et plus subtile que celle d’Hillary Clinton, s’est trouvé lui-même si accablé par ces pressions venant de la stratégie militariste de Washington qu’il s’est plaint de sa situation inconfortable auprès de Jeffrey Goldberg de The Atlantic, lui-même faucon néoconservateur.

La diplomatie de Washington est aujourd’hui si profondément aux mains des néoconservateurs et de leurs comparses affiliés à la doctrine libérale la plus interventionniste, que l’actuel président ne pourrait sans doute trouver personne pour l’interviewer, excepté un néoconservateur, même s’il se plaignait du fait que la capitale américaine soit entre les mains de bellicistes.

Étant donné la toute-puissance des néoconservateurs sur la diplomatie américaine – particulièrement au sein de l’administration du département d’État, des grands médias et des think tanks importants – Clinton sera harcelée par des demandes et des projets “va-t-en guerre” émanant à la fois de l’extérieur de son administration et de son propre camp.

Déjà, des néoconservateurs influents, tel que Robert Kagan de la Brookings Institution, ne cachent pas qu’ils escomptent avoir une influence non négligeable sur la diplomatie de Clinton. Kagan, qui s’est repositionné lui-même comme un “libéral interventionniste”, offre son soutien à Clinton qui l’avait nommé au Conseil consultatif du département d’État.

On dit aussi à Washington que l’épouse néoconservatrice de Kagan, Victoria Nuland, secrétaire d’État adjointe pour l’Europe, une autre protégée de Clinton et l’architecte du “changement de régime” en Ukraine, serait en lice pour une haute fonction diplomatique dans l’administration Clinton.

Les néoconservateurs de retour aux manettes

A vrai dire, l’élection de Clinton signifie qu’une partie des personnes les plus dangereuses de la diplomatie américaine pourraient murmurer directement à ses oreilles leurs combines pour “toujours plus de guerre” – et son dossier montre qu’elle est parfaitement sensible à de tels conseils.

A chaque fois, en tant que sénatrice américaine et secrétaire d’État, Clinton a opté pour les solutions de “changement de régime” – de l’invasion de l’Irak en 2003 jusqu’au coup d’État au Honduras en 2009, à la guerre aérienne en Libye en 2011, à la guerre civile en Syrie depuis 2011 – ou bien elle s’est faite le chantre de l’escalade des conflits, comme en Afghanistan et en Iran, plutôt que de s’engager dans des négociations avec concessions mutuelles.

Parfois Obama a suivi cette ligne (le “sursaut” en Afghanistan, la guerre en Libye, l’affrontement contre le nucléaire iranien) mais parfois il n’a pas suivi cette ligne (désescalade en Afghanistan, finalement négociation de l’accord nucléaire avec l’Iran après le départ de Clinton, rejet d’un assaut militaire direct contre le gouvernement syrien, et travail de temps en temps avec les Russes sur l’Iran et la Syrie).

En d’autres termes, Obama a agi comme un frein à l’encontre de l’aventurisme belliqueux de Clinton. Avec Clinton comme présidente, il n’y aura plus de telles retenues. On peut s’attendre à ce qu’elle endosse de nombreux, si ce n’est tous, les cadres de pensée néoconservateurs aberrants, comme l’a fait George W. Bush quand ses conseillers néoconservateurs ont utilisé sa peur et sa fureur après le 11-Septembre pour le guider vers leur programme de “changement de régime” pour le Moyen-Orient.

Les néoconservateurs n’ont jamais abandonné leurs rêves de renverser les gouvernements moyen-orientaux qu’Israël a inscrits sur sa liste d’ennemis. L’Irak était seulement le premier. Les suivants furent la Syrie et l’Iran avec l’idée qu’en installant des dirigeants pro-israéliens dans ces pays, les ennemis frontaliers d’Israël – Hezbollah au Liban, Hamas et autres groupes militants palestiniens – pourraient être isolés et écrasés.

Après l’invasion de l’Irak par Bush en 2003, les néoconservateurs à Washington plaisantaient sur le choix du suivant, serait-ce l’Iran ou la Syrie, avec une maxime : “Pour les hommes, les vrais, c’est Téhéran !” Mais la guerre d’Irak n’a pas été la “promenade de santé” promise par les néoconservateurs. Au lieu de lancer des fleurs aux soldats américains, les Irakiens semèrent des bombes artisanales.

En réalité, beaucoup de “vrais hommes” et de “vraies femmes” – ainsi que de “vrais enfants” – sont morts en Irak, ainsi que presque 4500 soldats américains et des centaines de milliers d’irakiens.

Le calendrier néoconservateur en prit un coup, mais, à leur avis, uniquement en raison de l’incompétence de Bush dans le suivi en Irak. Si ce n’avait été cette occupation bâclée, les néoconservateurs pensaient qu’ils auraient pu continuer à faire chuter les autres régimes gênants, l’un après l’autre.

Professionnellement, les néoconservateurs échappèrent au désastre irakien largement indemnes et continuèrent à dominer les groupes de réflexion de Washington et les tribunes libres des principaux journaux américains comme le Washington Post et le New York Times. Jamais à la traîne, ils commencèrent à préparer des plans à long terme.

Une erreur d’Obama

Bien qu’ils aient perdu la Maison-Blanche en 2008, les néoconservateurs saisirent leur chance quand le président élu Obama fit le choix en matière de politique étrangère d’une “équipe de rivaux” en s’inspirant d’Abraham Lincoln. Au lieu d’aller chercher les “réalistes” de la politique étrangère marginalisés (et vieillissants) à Washington, Obama plongea sur le registre de l’establishment dominé par les néoconservateurs.

Obama recruta sa belliqueuse rivale démocrate, la sénatrice Hillary Clinton, au poste de secrétaire d’État et garda le secrétaire à la Défense de Bush, Robert Gates. Obama garda aussi la plupart des militaires du haut commandement mis en place par Bush, y compris le favori néoconservateur le général David Petraeus.

La stratégie de gestion naïve d’Obama laissa les néoconservateurs et leurs copains “libéraux interventionnistes” consolider leur contrôle bureaucratique sur la bureaucratie de la politique étrangère de Washington, bien que le président préférât une approche plus “réaliste” qui aurait utilisé plus judicieusement la puissance américaine – et il était moins assujetti au gouvernement de droite israélien.

L’influence souterraine des néoconservateurs devint particulièrement évidente au département d’État de Clinton au moment où elle fit appel à Nuland, une idéologue néoconservatrice et une assistante auprès du vice-président Dick Cheney, pour être la porte-parole du département et la mit sur la voie du poste de secrétaire d’État adjointe pour les Affaires européennes (même si le poste ne fut officialisé qu’après le départ de Clinton en 2013).

L’influence des néoconservateurs/faucons libéraux est maintenant si forte au sein du département d’État que des officiels de ma connaissance qui occupent ces lieux réapparaissent, comme habités par des extraterrestres, débitant des discours arrogants pour le soutien de l’intervention américaine partout dans le monde. En revanche, je trouve, qu’en comparaison, la CIA et le Pentagone font preuve de réalisme et de retenue.

Peut-être le meilleur exemple de ce phénomène d’”extraterrestres” est-il le sénateur John Kerry qui a remplacé Clinton au poste de secrétaire d’État en devenant, au même moment, le porte-parole de la rhétorique la plus va-t-en-guerre de la bureaucratie.

Par exemple, Kerry a été partisan d’une campagne de bombardements en représailles contre l’armée syrienne en août 2013, ignorant les doutes de la communauté du renseignement sur la responsabilité ou non du régime de Bachar el Assad quant à l’attaque au gaz sarin dans la banlieue de Damas.

Au lieu d’écouter les analystes du renseignement, Kerry s’est aligné derrière la “pensée de groupe” pilotée par les néoconservateurs rejetant toute la faute sur Assad, l’excuse parfaite pour mettre en place, avec retard, le “changement de régime” syrien, cher aux néoconservateurs. Les néoconservateurs ne prirent pas en compte la réalité des faits – et Kerry abonda en ce sens. [Lire sur Consortiumnews.com “What’s the Matter with John Kerry?“]

Mais Obama, lui, n’a pas suivi. Il écoutait lorsque James R. Clapper, directeur du renseignement national, lui a dit qu’on était loin d’avoir des preuves que l’armée syrienne fût impliquée. (Au bout du compte, Il y aurait des preuves d’une provocation montée par les islamistes extrémistes afin de pousser l’armée américaine à intervenir à leur côté dans la guerre.)

Obama a reçu également une aide du président russe Vladimir Poutine qui persuada le président Assad de renoncer aux armes chimiques (alors qu’Assad a toujours nié tout rôle dans l’attaque au gaz sarin). L’aide de Poutine a énervé les néoconservateurs qui ont rapidement reconnu que la coopération Obama-Poutine était une menace profonde pour leur entreprise de « changements de régime ».

Cibler l’Ukraine

Certains néoconservateurs, plus intelligents, ont rapidement considéré l’Ukraine comme un coin qui pourrait être enfoncé entre Obama et Poutine. Carl Gershman, président de la Fondation nationale pour la démocratie (NED), a appelé l’Ukraine le “gros lot” et un premier pas potentiel pour écarter Poutine du pouvoir en Russie.

C’est à la secrétaire d’État adjointe Nuland qu’a été confiée la direction de l’opération en Ukraine jusqu’à sa réussite, telle qu’elle l’avait planifiée avec l’ambassadeur américain en Ukraine, Geoffrey Pyatt, pour se débarrasser du président ukrainien pro-russe Victor Ianukovich. Nuland et Pyatt ont été piégés par l’interception d’une discussion téléphonique portant sur qui devrait prendre la relève.

« Yats, c’est notre homme, » a dit Nuland à propos d’Arseni Iatseniouk qui allait en effet devenir le nouveau Premier ministre. Nuland et Pyatt ont alors échangé des idées sur comment « faire coller tout ça » et comment « donner naissance à ce truc ». Ce « truc » est devenu le sanglant coup d’État du 22 février 2014, qui a évincé le Président élu Ianukovich et provoqué une guerre civile entre « nationalistes » ukrainiens de l’Ouest et russes ethniques de l’Ukraine à l’Est.

Comme les « nationalistes », dont certains ouvertement néonazis, ont infligé des atrocités aux Russes ethniques, la Crimée a voté à 96 pour cent pour quitter l’Ukraine et rejoindre la Russie. La résistance au nouveau régime de Kiev a également surgi dans la région du Donbass oriental.

Pour le département d’État – et les médias américains traditionnels – ce conflit s’explique totalement par « l’agression russe » contre l’Ukraine et « l’invasion russe » de la Crimée (malgré le fait que les troupes russes étaient déjà en Crimée dans le cadre de l’accord sur la base navale de Sébastopol). Mais tous les gens qui comptent ont reconnu que le référendum en Crimée était « une mascarade » (quoique de nombreux sondages ont depuis confirmé les résultats).

Quand la citoyenne Clinton s’est penchée sur la crise en Ukraine, elle a comparé le Président russe Poutine à Hitler.

Ainsi, aujourd’hui, la stratégie du scénario – comme Obama le qualifierait – des faucons néoconservateurs/libéraux de Washington exige une concentration de plus en plus importante de troupes américaines et de systèmes d’armements de l’OTAN à la frontière russe pour dissuader « l’agression » de Poutine.

Ces durs à cuire et ces jeunes filles jurent aussi ignorer les avertissements de la Russie contre ce qu’elle estime des menaces militaires à son existence. Apparemment « les hommes, les vrais » vont à Moscou (peut-être en chevauchant une bombe nucléaire comme celle, fameuse, de « Docteur Folamour »).

Ian Joseph Brzezinski, fonctionnaire au département d’État sous la présidence de George W. Bush et maintenant expert en politique étrangère pour le Conseil atlantique, un groupe de réflexion de l’OTAN, a cosigné un article exhortant l’OTAN à incorporer des unités de l’armée ukrainienne au déploiement de ses opérations militaires le long de la frontière russe.

« Des responsables de la sécurité nationale ukrainienne de haut niveau ont incité vivement la communauté internationale à être plus audacieuse dans sa réponse aux actions militaires provocatrices de la Russie, » ont écrit Brzezinski (fils du vieux guerrier de la guerre froide, Zbigniew Brzezinski) et le coauteur ukrainien Markian Bilynskyj.

« Le déploiement d’une compagnie d’infanterie ukrainienne expérimentée ou d’une plus grande unité pour renforcer la défense du territoire de l’OTAN en Europe centrale serait une contribution positive au maintien des forces de l’Alliance dans la région. »

Suivre le scénario

Ce genre de discours ferme est celui que le prochain Président, quel qu’il ou elle soit, peut attendre d’un officiel de Washington. L’interview d’Obama dans The Atlantic montre bien qu’il se sent entouré et engagé par ces forces bellicistes, mais qu’il tire une certaine fierté à résister – de temps en temps – au scénario stratégique de Washington.

Mais comment la Présidente Hillary Clinton répondrait-elle ? Quand elle est apparue face au Comité américain des Affaires publiques d’Israël le 21 mars – à un moment où il semblait qu’elle avait presque remporté la nomination démocrate – Clinton a montré ce qu’on peut appeler son vrai visage, assurant servilement Israël de sa loyauté et promettant d’entretenir des relations étroites entre les États-Unis et Israël « en passant au niveau supérieur » (une expression qui s’applique d’habitude aux couples décidant d’emménager ensemble).

En examinant le rapport public de Clinton, on pourrait raisonnablement conclure qu’elle-même fait partie des néoconservateurs, tant dans sa dévotion à Israël que son penchant pour la solution des « changements de régime ». Elle suit aussi la tendance des néoconservateurs à diaboliser tout dirigeant étranger qui se met en travers de leur chemin. Mais même si elle n’en est pas membre à part entière, elle se plie souvent à leurs demandes.

Un écart possible par rapport à cette ligne est l’amitié personnelle de Clinton avec le conseiller de longue date Sidney Blumenthal, qui a très tôt critiqué le néo-conservatisme lorsqu’il est apparu comme une force puissante durant l’administration Reagan. Blumenthal et son fils Max ont aussi osé critiquer le traitement abusif des Palestiniens par Israël.

Cependant, le lobby d’Israël semble ne courir aucun risque d’entendre la voix de Sidney Blumenthal pendant une 45e administration dirigée par Clinton. Le mois dernier, un groupe pro-sioniste, The World Values Network, a acheté une pleine page du New York Times pour attaquer Blumenthal et son fils et a déclaré que « Hillary Clinton doit désavouer ses conseillers anti-Israël. »

Bien que Clinton ne puisse se dissocier publiquement de Sidney Blumenthal, la frappe préventive a rétréci sa marge d’action et a aidé le clan Kagan-Nuland à foncer au cœur de la politique étrangère de Clinton.

En effet, l’objectif principal de Clinton, si elle est élue, est probablement d’assurer sa réélection. En politicien traditionnel, elle devrait penser que le moyen de réaliser sa réélection est de rester du bon côté du leadership israélien. Dans cette optique, elle a promis à l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) que, Présidente, elle inviterait immédiatement le Premier ministre Benyamin Netanyahou à la Maison-Blanche.

Ainsi, qu’arriverait-il si Clinton faisait passer la relation américano-israélienne « au niveau supérieur » ? Vraisemblablement cela signifierait adopter une ligne très dure envers l’accord nucléaire de l’an dernier avec l’Iran. Or, étant donné la réticence américaine à accorder un allègement significatif des sanctions économiques, l’Iran met déjà en doute l’intérêt de son consentement aux contraintes exceptionnelles de son programme nucléaire.

Une approche belliqueuse de Clinton – condamnant le comportement de l’Iran et imposant de nouvelles sanctions – renforcerait, au sein du gouvernement, les tenants d’une politique dure envers l’Iran et pourrait bien mener l’Iran à renoncer à l’accord en raison de la mauvaise foi américaine. Cela, bien sûr, plairait aux néoconservateurs et à Netanyahou en remettant en jeu l’option « boum boum boum l’Iran ». [Le refrain des Beach Boys, « Bar bar bar bar Barbar Ann », a été détourné par McCain en « Bomb bomb bomb, bomb bomb Iran », NdT]

Un renversement stupéfiant

Clinton peut avoir considéré son discours à l’AIPAC comme l’amorce du « recentrage » qu’elle attendait tant – la libérant finalement de l’obligation de faire la cour aux progressistes – mais ensuite elle a subi une série de défaites, souvent de l’ordre du raz de marée, aux primaires et au comité électoral aux mains du sénateur Bernie Sanders.

En plus de ces défaites stupéfiantes, la campagne de Clinton a nettement souffert d’un « manque d’enthousiasme ». Sanders, le « social-démocrate » de 74 ans du Vermont, attire des foules énormes et surexcitées et gagne d’impressionnants pourcentages d’électeurs plus jeunes. En attendant, Clinton est confrontée à des sondages montrant des taux élevés d’opinions négatives et une extraordinaire méfiance publique.

Si elle obtient la nomination démocrate, elle ne peut que s’engager dans une campagne négative acharnée puisque – face au manque d’enthousiasme des électeurs – sa meilleure chance de victoire est de diaboliser à un tel point son adversaire républicain que Démocrates et Indépendants se rendent aux urnes, morts de peur à l’idée de ce que le fou furieux du Parti républicain pourrait faire.

A l’heure qu’il est, beaucoup de partisans de Clinton la voient comme le choix – pas très excitant – de « la sécurité », une femme politique dont le long curriculum leur apporte l’assurance qu’elle doit savoir ce qu’elle fait. Les Afro-Américains, qui ont été ses électeurs les plus loyaux, se sentent apparemment plus à l’aise avec quelqu’un qu’ils connaissent (qui a eu aussi des fonctions dans l’administration Obama), que Sanders, qui est inconnu pour beaucoup et vu comme quelqu’un dont les programmes ambitieux semblent moins concrets que les idées sans envergure de Clinton.

Mais regarder de près le curriculum de Clinton, particulièrement son attachement aux « changements de régime » et autres plans interventionnistes au Moyen-Orient et en l’Europe de l’Est, pourrait faire réfléchir les électeurs pacifistes. [Lire sur Consortiumnews.com, « Is Hillary Clinton ‘Qualified’ ? »]

Des néoconservateurs astucieux, comme Robert Kagan, ont compris depuis longtemps que Clinton pourrait être leur cheval de Troie, tiré dans la Maison-Blanche par les électeurs Démocrates. Kagan a déclaré au New York Times : « Je me sens à l’aise avec elle sur la politique étrangère. Si elle poursuit la politique que nous pensons qu’elle poursuivra, ce sera ce qu’on pourrait appeler du néo-conservatisme, mais il est clair que ses partisans ne vont pas l’appeler ainsi ; ils vont l’appeler autrement. »

Le même article du Times a remarqué que Clinton « reste le navire dans lequel beaucoup d’interventionnistes mettent leurs espoirs. » Cependant, si elle est ce « navire » rapportant une politique étrangère néoconservatrice à la Maison-Blanche, ce choix « sécurisant » pourrait se révéler dangereux pour Amérique et la planète.

Une victoire de Clinton signifierait-elle plus de guerres ? Par Robert Parry

Publié par Leblancetlenoir sur 6 Juin 2016, 19:48pm

Catégories : #ETATS UNIS, #AMERIQUE, #ISRAEL

L’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton prenant la parole au cours d’une conférence de l’American Israel Public Affairs Committee à Washington D.C. le 21 mars 2016.
L’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton prenant la parole au cours d’une conférence de l’American Israel Public Affairs Committee à Washington D.C. le 21 mars 2016.

Reportage spécial : Des néoconservateurs perspicaces voient en Clinton leur cheval de Troie pour être remis en selle à la Maison-Blanche par les électeurs démocrates, et ceci soulève la question posée par Robert Parry : est-ce que Clinton comme quarante-cinquième président ne signifierait pas plus de guerres ?

Par Robert Parry

Les instances du parti démocrate semblent déterminées à soutenir la campagne sans envergure d’Hillary Clinton jusqu’à la ligne d’arrivée de sa course avec Bernie Sanders, et comptent sur les divisions des Républicains pour lui ouvrir la route à la Maison Blanche. Mais – si elle arrive jusque-là – le monde devra retenir son souffle.

Si Clinton devient présidente, elle sera entourée par une équipe de néoconservateurs exerçant le contrôle sur la diplomatie américaine, qui lui imposera de reprendre ses stratégies de “changement de régimes” au Moyen-Orient et d’intensifier sa nouvelle et dangereuse “guerre froide” vis-à-vis de la Russie.

Si Bachar el-Assad est encore président de la Syrie, on exigera qu’elle lui donne le coup de grâce final ; il y aura également des pressions pour qu’elle augmente les sanctions contre l’Iran afin de pousser Téhéran à abandonner l’accord nucléaire ; il y a déjà des appels pour un plus large déploiement de troupes américaines à la frontière russe et pour une intégration de l’Ukraine dans la structure militaire de l’OTAN.

Hillary Clinton, quarante-cinquième président, devra entendre les argumentaires habiles justifiant ces mesures, la rhétorique opposant systématiquement la virilité à la féminité et la propagande pleurnicharde sur les ennemis diaboliques sortant les bébés des incubateurs, donnant du Viagra aux soldats pour qu’ils violent plus de femmes et commettant d’horribles crimes (certains bien réels, mais beaucoup imaginaires) sur des innocents sans défense.

Est-ce que quelqu’un pense qu’Hillary Clinton possède la sagesse de résister à ces chants de sirènes guerriers, même si elle y est prédisposée ?

Le président Barack Obama qui – malgré toutes ses fautes – possède une intelligence plus profonde et plus subtile que celle d’Hillary Clinton, s’est trouvé lui-même si accablé par ces pressions venant de la stratégie militariste de Washington qu’il s’est plaint de sa situation inconfortable auprès de Jeffrey Goldberg de The Atlantic, lui-même faucon néoconservateur.

La diplomatie de Washington est aujourd’hui si profondément aux mains des néoconservateurs et de leurs comparses affiliés à la doctrine libérale la plus interventionniste, que l’actuel président ne pourrait sans doute trouver personne pour l’interviewer, excepté un néoconservateur, même s’il se plaignait du fait que la capitale américaine soit entre les mains de bellicistes.

Étant donné la toute-puissance des néoconservateurs sur la diplomatie américaine – particulièrement au sein de l’administration du département d’État, des grands médias et des think tanks importants – Clinton sera harcelée par des demandes et des projets “va-t-en guerre” émanant à la fois de l’extérieur de son administration et de son propre camp.

Déjà, des néoconservateurs influents, tel que Robert Kagan de la Brookings Institution, ne cachent pas qu’ils escomptent avoir une influence non négligeable sur la diplomatie de Clinton. Kagan, qui s’est repositionné lui-même comme un “libéral interventionniste”, offre son soutien à Clinton qui l’avait nommé au Conseil consultatif du département d’État.

On dit aussi à Washington que l’épouse néoconservatrice de Kagan, Victoria Nuland, secrétaire d’État adjointe pour l’Europe, une autre protégée de Clinton et l’architecte du “changement de régime” en Ukraine, serait en lice pour une haute fonction diplomatique dans l’administration Clinton.

Les néoconservateurs de retour aux manettes

A vrai dire, l’élection de Clinton signifie qu’une partie des personnes les plus dangereuses de la diplomatie américaine pourraient murmurer directement à ses oreilles leurs combines pour “toujours plus de guerre” – et son dossier montre qu’elle est parfaitement sensible à de tels conseils.

A chaque fois, en tant que sénatrice américaine et secrétaire d’État, Clinton a opté pour les solutions de “changement de régime” – de l’invasion de l’Irak en 2003 jusqu’au coup d’État au Honduras en 2009, à la guerre aérienne en Libye en 2011, à la guerre civile en Syrie depuis 2011 – ou bien elle s’est faite le chantre de l’escalade des conflits, comme en Afghanistan et en Iran, plutôt que de s’engager dans des négociations avec concessions mutuelles.

Parfois Obama a suivi cette ligne (le “sursaut” en Afghanistan, la guerre en Libye, l’affrontement contre le nucléaire iranien) mais parfois il n’a pas suivi cette ligne (désescalade en Afghanistan, finalement négociation de l’accord nucléaire avec l’Iran après le départ de Clinton, rejet d’un assaut militaire direct contre le gouvernement syrien, et travail de temps en temps avec les Russes sur l’Iran et la Syrie).

En d’autres termes, Obama a agi comme un frein à l’encontre de l’aventurisme belliqueux de Clinton. Avec Clinton comme présidente, il n’y aura plus de telles retenues. On peut s’attendre à ce qu’elle endosse de nombreux, si ce n’est tous, les cadres de pensée néoconservateurs aberrants, comme l’a fait George W. Bush quand ses conseillers néoconservateurs ont utilisé sa peur et sa fureur après le 11-Septembre pour le guider vers leur programme de “changement de régime” pour le Moyen-Orient.

Les néoconservateurs n’ont jamais abandonné leurs rêves de renverser les gouvernements moyen-orientaux qu’Israël a inscrits sur sa liste d’ennemis. L’Irak était seulement le premier. Les suivants furent la Syrie et l’Iran avec l’idée qu’en installant des dirigeants pro-israéliens dans ces pays, les ennemis frontaliers d’Israël – Hezbollah au Liban, Hamas et autres groupes militants palestiniens – pourraient être isolés et écrasés.

Après l’invasion de l’Irak par Bush en 2003, les néoconservateurs à Washington plaisantaient sur le choix du suivant, serait-ce l’Iran ou la Syrie, avec une maxime : “Pour les hommes, les vrais, c’est Téhéran !” Mais la guerre d’Irak n’a pas été la “promenade de santé” promise par les néoconservateurs. Au lieu de lancer des fleurs aux soldats américains, les Irakiens semèrent des bombes artisanales.

En réalité, beaucoup de “vrais hommes” et de “vraies femmes” – ainsi que de “vrais enfants” – sont morts en Irak, ainsi que presque 4500 soldats américains et des centaines de milliers d’irakiens.

Le calendrier néoconservateur en prit un coup, mais, à leur avis, uniquement en raison de l’incompétence de Bush dans le suivi en Irak. Si ce n’avait été cette occupation bâclée, les néoconservateurs pensaient qu’ils auraient pu continuer à faire chuter les autres régimes gênants, l’un après l’autre.

Professionnellement, les néoconservateurs échappèrent au désastre irakien largement indemnes et continuèrent à dominer les groupes de réflexion de Washington et les tribunes libres des principaux journaux américains comme le Washington Post et le New York Times. Jamais à la traîne, ils commencèrent à préparer des plans à long terme.

Une erreur d’Obama

Bien qu’ils aient perdu la Maison-Blanche en 2008, les néoconservateurs saisirent leur chance quand le président élu Obama fit le choix en matière de politique étrangère d’une “équipe de rivaux” en s’inspirant d’Abraham Lincoln. Au lieu d’aller chercher les “réalistes” de la politique étrangère marginalisés (et vieillissants) à Washington, Obama plongea sur le registre de l’establishment dominé par les néoconservateurs.

Obama recruta sa belliqueuse rivale démocrate, la sénatrice Hillary Clinton, au poste de secrétaire d’État et garda le secrétaire à la Défense de Bush, Robert Gates. Obama garda aussi la plupart des militaires du haut commandement mis en place par Bush, y compris le favori néoconservateur le général David Petraeus.

La stratégie de gestion naïve d’Obama laissa les néoconservateurs et leurs copains “libéraux interventionnistes” consolider leur contrôle bureaucratique sur la bureaucratie de la politique étrangère de Washington, bien que le président préférât une approche plus “réaliste” qui aurait utilisé plus judicieusement la puissance américaine – et il était moins assujetti au gouvernement de droite israélien.

L’influence souterraine des néoconservateurs devint particulièrement évidente au département d’État de Clinton au moment où elle fit appel à Nuland, une idéologue néoconservatrice et une assistante auprès du vice-président Dick Cheney, pour être la porte-parole du département et la mit sur la voie du poste de secrétaire d’État adjointe pour les Affaires européennes (même si le poste ne fut officialisé qu’après le départ de Clinton en 2013).

L’influence des néoconservateurs/faucons libéraux est maintenant si forte au sein du département d’État que des officiels de ma connaissance qui occupent ces lieux réapparaissent, comme habités par des extraterrestres, débitant des discours arrogants pour le soutien de l’intervention américaine partout dans le monde. En revanche, je trouve, qu’en comparaison, la CIA et le Pentagone font preuve de réalisme et de retenue.

Peut-être le meilleur exemple de ce phénomène d’”extraterrestres” est-il le sénateur John Kerry qui a remplacé Clinton au poste de secrétaire d’État en devenant, au même moment, le porte-parole de la rhétorique la plus va-t-en-guerre de la bureaucratie.

Par exemple, Kerry a été partisan d’une campagne de bombardements en représailles contre l’armée syrienne en août 2013, ignorant les doutes de la communauté du renseignement sur la responsabilité ou non du régime de Bachar el Assad quant à l’attaque au gaz sarin dans la banlieue de Damas.

Au lieu d’écouter les analystes du renseignement, Kerry s’est aligné derrière la “pensée de groupe” pilotée par les néoconservateurs rejetant toute la faute sur Assad, l’excuse parfaite pour mettre en place, avec retard, le “changement de régime” syrien, cher aux néoconservateurs. Les néoconservateurs ne prirent pas en compte la réalité des faits – et Kerry abonda en ce sens. [Lire sur Consortiumnews.com “What’s the Matter with John Kerry?“]

Mais Obama, lui, n’a pas suivi. Il écoutait lorsque James R. Clapper, directeur du renseignement national, lui a dit qu’on était loin d’avoir des preuves que l’armée syrienne fût impliquée. (Au bout du compte, Il y aurait des preuves d’une provocation montée par les islamistes extrémistes afin de pousser l’armée américaine à intervenir à leur côté dans la guerre.)

Obama a reçu également une aide du président russe Vladimir Poutine qui persuada le président Assad de renoncer aux armes chimiques (alors qu’Assad a toujours nié tout rôle dans l’attaque au gaz sarin). L’aide de Poutine a énervé les néoconservateurs qui ont rapidement reconnu que la coopération Obama-Poutine était une menace profonde pour leur entreprise de « changements de régime ».

Cibler l’Ukraine

Certains néoconservateurs, plus intelligents, ont rapidement considéré l’Ukraine comme un coin qui pourrait être enfoncé entre Obama et Poutine. Carl Gershman, président de la Fondation nationale pour la démocratie (NED), a appelé l’Ukraine le “gros lot” et un premier pas potentiel pour écarter Poutine du pouvoir en Russie.

C’est à la secrétaire d’État adjointe Nuland qu’a été confiée la direction de l’opération en Ukraine jusqu’à sa réussite, telle qu’elle l’avait planifiée avec l’ambassadeur américain en Ukraine, Geoffrey Pyatt, pour se débarrasser du président ukrainien pro-russe Victor Ianukovich. Nuland et Pyatt ont été piégés par l’interception d’une discussion téléphonique portant sur qui devrait prendre la relève.

« Yats, c’est notre homme, » a dit Nuland à propos d’Arseni Iatseniouk qui allait en effet devenir le nouveau Premier ministre. Nuland et Pyatt ont alors échangé des idées sur comment « faire coller tout ça » et comment « donner naissance à ce truc ». Ce « truc » est devenu le sanglant coup d’État du 22 février 2014, qui a évincé le Président élu Ianukovich et provoqué une guerre civile entre « nationalistes » ukrainiens de l’Ouest et russes ethniques de l’Ukraine à l’Est.

Comme les « nationalistes », dont certains ouvertement néonazis, ont infligé des atrocités aux Russes ethniques, la Crimée a voté à 96 pour cent pour quitter l’Ukraine et rejoindre la Russie. La résistance au nouveau régime de Kiev a également surgi dans la région du Donbass oriental.

Pour le département d’État – et les médias américains traditionnels – ce conflit s’explique totalement par « l’agression russe » contre l’Ukraine et « l’invasion russe » de la Crimée (malgré le fait que les troupes russes étaient déjà en Crimée dans le cadre de l’accord sur la base navale de Sébastopol). Mais tous les gens qui comptent ont reconnu que le référendum en Crimée était « une mascarade » (quoique de nombreux sondages ont depuis confirmé les résultats).

Quand la citoyenne Clinton s’est penchée sur la crise en Ukraine, elle a comparé le Président russe Poutine à Hitler.

Ainsi, aujourd’hui, la stratégie du scénario – comme Obama le qualifierait – des faucons néoconservateurs/libéraux de Washington exige une concentration de plus en plus importante de troupes américaines et de systèmes d’armements de l’OTAN à la frontière russe pour dissuader « l’agression » de Poutine.

Ces durs à cuire et ces jeunes filles jurent aussi ignorer les avertissements de la Russie contre ce qu’elle estime des menaces militaires à son existence. Apparemment « les hommes, les vrais » vont à Moscou (peut-être en chevauchant une bombe nucléaire comme celle, fameuse, de « Docteur Folamour »).

Ian Joseph Brzezinski, fonctionnaire au département d’État sous la présidence de George W. Bush et maintenant expert en politique étrangère pour le Conseil atlantique, un groupe de réflexion de l’OTAN, a cosigné un article exhortant l’OTAN à incorporer des unités de l’armée ukrainienne au déploiement de ses opérations militaires le long de la frontière russe.

« Des responsables de la sécurité nationale ukrainienne de haut niveau ont incité vivement la communauté internationale à être plus audacieuse dans sa réponse aux actions militaires provocatrices de la Russie, » ont écrit Brzezinski (fils du vieux guerrier de la guerre froide, Zbigniew Brzezinski) et le coauteur ukrainien Markian Bilynskyj.

« Le déploiement d’une compagnie d’infanterie ukrainienne expérimentée ou d’une plus grande unité pour renforcer la défense du territoire de l’OTAN en Europe centrale serait une contribution positive au maintien des forces de l’Alliance dans la région. »

Suivre le scénario

Ce genre de discours ferme est celui que le prochain Président, quel qu’il ou elle soit, peut attendre d’un officiel de Washington. L’interview d’Obama dans The Atlantic montre bien qu’il se sent entouré et engagé par ces forces bellicistes, mais qu’il tire une certaine fierté à résister – de temps en temps – au scénario stratégique de Washington.

Mais comment la Présidente Hillary Clinton répondrait-elle ? Quand elle est apparue face au Comité américain des Affaires publiques d’Israël le 21 mars – à un moment où il semblait qu’elle avait presque remporté la nomination démocrate – Clinton a montré ce qu’on peut appeler son vrai visage, assurant servilement Israël de sa loyauté et promettant d’entretenir des relations étroites entre les États-Unis et Israël « en passant au niveau supérieur » (une expression qui s’applique d’habitude aux couples décidant d’emménager ensemble).

En examinant le rapport public de Clinton, on pourrait raisonnablement conclure qu’elle-même fait partie des néoconservateurs, tant dans sa dévotion à Israël que son penchant pour la solution des « changements de régime ». Elle suit aussi la tendance des néoconservateurs à diaboliser tout dirigeant étranger qui se met en travers de leur chemin. Mais même si elle n’en est pas membre à part entière, elle se plie souvent à leurs demandes.

Un écart possible par rapport à cette ligne est l’amitié personnelle de Clinton avec le conseiller de longue date Sidney Blumenthal, qui a très tôt critiqué le néo-conservatisme lorsqu’il est apparu comme une force puissante durant l’administration Reagan. Blumenthal et son fils Max ont aussi osé critiquer le traitement abusif des Palestiniens par Israël.

Cependant, le lobby d’Israël semble ne courir aucun risque d’entendre la voix de Sidney Blumenthal pendant une 45e administration dirigée par Clinton. Le mois dernier, un groupe pro-sioniste, The World Values Network, a acheté une pleine page du New York Times pour attaquer Blumenthal et son fils et a déclaré que « Hillary Clinton doit désavouer ses conseillers anti-Israël. »

Bien que Clinton ne puisse se dissocier publiquement de Sidney Blumenthal, la frappe préventive a rétréci sa marge d’action et a aidé le clan Kagan-Nuland à foncer au cœur de la politique étrangère de Clinton.

En effet, l’objectif principal de Clinton, si elle est élue, est probablement d’assurer sa réélection. En politicien traditionnel, elle devrait penser que le moyen de réaliser sa réélection est de rester du bon côté du leadership israélien. Dans cette optique, elle a promis à l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) que, Présidente, elle inviterait immédiatement le Premier ministre Benyamin Netanyahou à la Maison-Blanche.

Ainsi, qu’arriverait-il si Clinton faisait passer la relation américano-israélienne « au niveau supérieur » ? Vraisemblablement cela signifierait adopter une ligne très dure envers l’accord nucléaire de l’an dernier avec l’Iran. Or, étant donné la réticence américaine à accorder un allègement significatif des sanctions économiques, l’Iran met déjà en doute l’intérêt de son consentement aux contraintes exceptionnelles de son programme nucléaire.

Une approche belliqueuse de Clinton – condamnant le comportement de l’Iran et imposant de nouvelles sanctions – renforcerait, au sein du gouvernement, les tenants d’une politique dure envers l’Iran et pourrait bien mener l’Iran à renoncer à l’accord en raison de la mauvaise foi américaine. Cela, bien sûr, plairait aux néoconservateurs et à Netanyahou en remettant en jeu l’option « boum boum boum l’Iran ». [Le refrain des Beach Boys, « Bar bar bar bar Barbar Ann », a été détourné par McCain en « Bomb bomb bomb, bomb bomb Iran », NdT]

Un renversement stupéfiant

Clinton peut avoir considéré son discours à l’AIPAC comme l’amorce du « recentrage » qu’elle attendait tant – la libérant finalement de l’obligation de faire la cour aux progressistes – mais ensuite elle a subi une série de défaites, souvent de l’ordre du raz de marée, aux primaires et au comité électoral aux mains du sénateur Bernie Sanders.

En plus de ces défaites stupéfiantes, la campagne de Clinton a nettement souffert d’un « manque d’enthousiasme ». Sanders, le « social-démocrate » de 74 ans du Vermont, attire des foules énormes et surexcitées et gagne d’impressionnants pourcentages d’électeurs plus jeunes. En attendant, Clinton est confrontée à des sondages montrant des taux élevés d’opinions négatives et une extraordinaire méfiance publique.

Si elle obtient la nomination démocrate, elle ne peut que s’engager dans une campagne négative acharnée puisque – face au manque d’enthousiasme des électeurs – sa meilleure chance de victoire est de diaboliser à un tel point son adversaire républicain que Démocrates et Indépendants se rendent aux urnes, morts de peur à l’idée de ce que le fou furieux du Parti républicain pourrait faire.

A l’heure qu’il est, beaucoup de partisans de Clinton la voient comme le choix – pas très excitant – de « la sécurité », une femme politique dont le long curriculum leur apporte l’assurance qu’elle doit savoir ce qu’elle fait. Les Afro-Américains, qui ont été ses électeurs les plus loyaux, se sentent apparemment plus à l’aise avec quelqu’un qu’ils connaissent (qui a eu aussi des fonctions dans l’administration Obama), que Sanders, qui est inconnu pour beaucoup et vu comme quelqu’un dont les programmes ambitieux semblent moins concrets que les idées sans envergure de Clinton.

Mais regarder de près le curriculum de Clinton, particulièrement son attachement aux « changements de régime » et autres plans interventionnistes au Moyen-Orient et en l’Europe de l’Est, pourrait faire réfléchir les électeurs pacifistes. [Lire sur Consortiumnews.com, « Is Hillary Clinton ‘Qualified’ ? »]

Des néoconservateurs astucieux, comme Robert Kagan, ont compris depuis longtemps que Clinton pourrait être leur cheval de Troie, tiré dans la Maison-Blanche par les électeurs Démocrates. Kagan a déclaré au New York Times : « Je me sens à l’aise avec elle sur la politique étrangère. Si elle poursuit la politique que nous pensons qu’elle poursuivra, ce sera ce qu’on pourrait appeler du néo-conservatisme, mais il est clair que ses partisans ne vont pas l’appeler ainsi ; ils vont l’appeler autrement. »

Le même article du Times a remarqué que Clinton « reste le navire dans lequel beaucoup d’interventionnistes mettent leurs espoirs. » Cependant, si elle est ce « navire » rapportant une politique étrangère néoconservatrice à la Maison-Blanche, ce choix « sécurisant » pourrait se révéler dangereux pour Amérique et la planète.

Par défaut

FAWKES INFO : MAJ Bilderberg: Vous ne devinerez jamais quel est le nouvel Eldorado fiscal d’après la banque Rothschild

Je remet au goût du jour cet article publié sur le blog le 7 avril dernier car le très sérieux média espagnol « El confidential Digital » a eu connaissance d’un des sujets  qui sera abordé lors de la prochaine réunion du groupe Bilderberg qui se tiendra dans 3 jours à Dresde en Allemagne. Curieusement, cette année, la liste des participants n’a pas encore été publiée mais nous savons désormais que les Bilderbergers vont aborder le thème des Panama Papers et plus précisément la possibilité que les Etats-Unis deviennent le seul paradis fiscal au monde. 

On comprendra dès lors que cette vaste fumisterie médiatique des Panama Papers n’a fait qu’ouvrir la voix à la redirection des fonds des puissants vers le nouvel Eldorado fiscal qu’évoquait la banque Rothschild en début d’année. La raison pour justifier cet énorme transfert de richesses, qui est déjà en cours, est bien évidemment la lutte contre le blanchiment d’argent et le terrorisme, le constat étant que si les Etats-Unis devenaient le seul paradis fiscal, les activités illégales seraient plus facilement traçables. En tout cas, c’est l’idée. Ce serait surtout une manne financière considérable pour certaines banques comme la banque Rothschild, dont certains membres de la dynastie font partie du comité de direction du groupe Bilderberg depuis des années. Sûrement un pur hasard bien évidemment ;) Guy Fawkes

——-

Cet article a été publié en Janvier dernier par Bloomberg et, comme vous allez le constater, il prend aujourd’hui tout son sens suite au gros buzz médiatique du moment: les Panama Leaks autrement appelées Panama Papers. D’après Andrew Penney, directeur général chez Rothschild & Co, le nouvel Eldorado fiscal ne serait autre que…les Etats-Unis.

 Leur banque semble d’ailleurs très investi dans cette démarche puisqu’ils avouent volontiers aider les grandes fortunes à migrer des anciens paradis fiscaux qui ont pris du plomb dans l’aile vers les Etats-Unis et bien évidemment, vers leur banque qui bénéficie, comme par enchantement, d’une exonération. Quoi un complot? Encore?


 « En Septembre dernier, dans un cabinet d’avocats surplombant la baie de San Francisco, Andrew Penney, directeur général chez Rothschild &Co., a fait un exposé sur la façon dont la riche élite mondiale peut éviter de payer des impôts.
Son message était clair: Vous pouvez aider vos clients à déplacer leurs fortunes aux États-Unis, sans payer d’impôts tout en étant dissimulés vis à vis de leurs gouvernements.
Certains appellent cela la nouvelle Suisse.
Après avoir passé des années à fustiger les autres pays pour avoir aidé les riches américains à cacher leur argent à l’étranger, les États-Unis apparaissent comme l’un des principaux paradis fiscaux cultivant le culte du secret pour les riches étrangers. En résistant à de nouvelles normes mondiales d’information, les États-Unis sont en train de créer un nouveau marché brûlant, devenant ainsi la destination fiscale de prédilection pour les richesses provenant de l’étranger. Des avocats de Londres en passant par les sociétés de fiducie suisses, chacune leur emboîtent le pas, en aidant les riches dans le monde à déplacer leurs comptes provenant d’endroits comme les Bahamas et les îles Vierges britanniques vers le Nevada, le Wyoming et le Dakota du Sud. »
« Rothschild, l’institution financière européenne séculaire, a ouvert une société de fiducie à Reno, au Nevada., À quelques pâtés de maisons des casinos Harrah et Eldorado. Cette société déplace désormais la fortune de riches clients étrangers provenant de paradis fiscaux comme les Bermudes, qui sont sujets à de nouvelles obligations d’information internationales, vers les fiducies (trusts) gérées dans le Nevada par Rothschild, qui sont exonérés.« 
« Pour les conseillers financiers, l’état des lieux actuel est tout simplement une bonne opportunité d’affaires. Dans un projet de sa présentation à San Francisco, Penney de chez Rothschild a écrit que les Etats-Unis « sont effectivement le plus grand paradis fiscal dans le monde. » Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, dans des termes ultérieurement supprimés de ses remarques préparées, ne disposent pas « des ressources nécessaires pour faire appliquer les lois fiscales étrangères et ils ne sont pas très enclin à ce que cela change ».
Publié par Fawkes News

MAJ Bilderberg: Vous ne devinerez jamais quel est le nouvel Eldorado fiscal d’après la banque Rothschild

Je remet au goût du jour cet article publié sur le blog le 7 avril dernier car le très sérieux média espagnol « El confidential Digital » a eu connaissance d’un des sujets  qui sera abordé lors de la prochaine réunion du groupe Bilderberg qui se tiendra dans 3 jours à Dresde en Allemagne. Curieusement, cette année, la liste des participants n’a pas encore été publiée mais nous savons désormais que les Bilderbergers vont aborder le thème des Panama Papers et plus précisément la possibilité que les Etats-Unis deviennent le seul paradis fiscal au monde. 

On comprendra dès lors que cette vaste fumisterie médiatique des Panama Papers n’a fait qu’ouvrir la voix à la redirection des fonds des puissants vers le nouvel Eldorado fiscal qu’évoquait la banque Rothschild en début d’année. La raison pour justifier cet énorme transfert de richesses, qui est déjà en cours, est bien évidemment la lutte contre le blanchiment d’argent et le terrorisme, le constat étant que si les Etats-Unis devenaient le seul paradis fiscal, les activités illégales seraient plus facilement traçables. En tout cas, c’est l’idée. Ce serait surtout une manne financière considérable pour certaines banques comme la banque Rothschild, dont certains membres de la dynastie font partie du comité de direction du groupe Bilderberg depuis des années. Sûrement un pur hasard bien évidemment ;) Guy Fawkes

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Cet article a été publié en Janvier dernier par Bloomberg et, comme vous allez le constater, il prend aujourd’hui tout son sens suite au gros buzz médiatique du moment: les Panama Leaks autrement appelées Panama Papers. D’après Andrew Penney, directeur général chez Rothschild & Co, le nouvel Eldorado fiscal ne serait autre que…les Etats-Unis.

 Leur banque semble d’ailleurs très investi dans cette démarche puisqu’ils avouent volontiers aider les grandes fortunes à migrer des anciens paradis fiscaux qui ont pris du plomb dans l’aile vers les Etats-Unis et bien évidemment, vers leur banque qui bénéficie, comme par enchantement, d’une exonération. Quoi un complot? Encore?


 « En Septembre dernier, dans un cabinet d’avocats surplombant la baie de San Francisco, Andrew Penney, directeur général chez Rothschild &Co., a fait un exposé sur la façon dont la riche élite mondiale peut éviter de payer des impôts.
Son message était clair: Vous pouvez aider vos clients à déplacer leurs fortunes aux États-Unis, sans payer d’impôts tout en étant dissimulés vis à vis de leurs gouvernements.
Certains appellent cela la nouvelle Suisse.
Après avoir passé des années à fustiger les autres pays pour avoir aidé les riches américains à cacher leur argent à l’étranger, les États-Unis apparaissent comme l’un des principaux paradis fiscaux cultivant le culte du secret pour les riches étrangers. En résistant à de nouvelles normes mondiales d’information, les États-Unis sont en train de créer un nouveau marché brûlant, devenant ainsi la destination fiscale de prédilection pour les richesses provenant de l’étranger. Des avocats de Londres en passant par les sociétés de fiducie suisses, chacune leur emboîtent le pas, en aidant les riches dans le monde à déplacer leurs comptes provenant d’endroits comme les Bahamas et les îles Vierges britanniques vers le Nevada, le Wyoming et le Dakota du Sud. »
« Rothschild, l’institution financière européenne séculaire, a ouvert une société de fiducie à Reno, au Nevada., À quelques pâtés de maisons des casinos Harrah et Eldorado. Cette société déplace désormais la fortune de riches clients étrangers provenant de paradis fiscaux comme les Bermudes, qui sont sujets à de nouvelles obligations d’information internationales, vers les fiducies (trusts) gérées dans le Nevada par Rothschild, qui sont exonérés.« 
« Pour les conseillers financiers, l’état des lieux actuel est tout simplement une bonne opportunité d’affaires. Dans un projet de sa présentation à San Francisco, Penney de chez Rothschild a écrit que les Etats-Unis « sont effectivement le plus grand paradis fiscal dans le monde. » Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, dans des termes ultérieurement supprimés de ses remarques préparées, ne disposent pas « des ressources nécessaires pour faire appliquer les lois fiscales étrangères et ils ne sont pas très enclin à ce que cela change ».
Publié par Fawkes News

MAJ Bilderberg: Vous ne devinerez jamais quel est le nouvel Eldorado fiscal d’après la banque Rothschild

Je remet au goût du jour cet article publié sur le blog le 7 avril dernier car le très sérieux média espagnol « El confidential Digital » a eu connaissance d’un des sujets  qui sera abordé lors de la prochaine réunion du groupe Bilderberg qui se tiendra dans 3 jours à Dresde en Allemagne. Curieusement, cette année, la liste des participants n’a pas encore été publiée mais nous savons désormais que les Bilderbergers vont aborder le thème des Panama Papers et plus précisément la possibilité que les Etats-Unis deviennent le seul paradis fiscal au monde. 

On comprendra dès lors que cette vaste fumisterie médiatique des Panama Papers n’a fait qu’ouvrir la voix à la redirection des fonds des puissants vers le nouvel Eldorado fiscal qu’évoquait la banque Rothschild en début d’année. La raison pour justifier cet énorme transfert de richesses, qui est déjà en cours, est bien évidemment la lutte contre le blanchiment d’argent et le terrorisme, le constat étant que si les Etats-Unis devenaient le seul paradis fiscal, les activités illégales seraient plus facilement traçables. En tout cas, c’est l’idée. Ce serait surtout une manne financière considérable pour certaines banques comme la banque Rothschild, dont certains membres de la dynastie font partie du comité de direction du groupe Bilderberg depuis des années. Sûrement un pur hasard bien évidemment ;) Guy Fawkes

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Cet article a été publié en Janvier dernier par Bloomberg et, comme vous allez le constater, il prend aujourd’hui tout son sens suite au gros buzz médiatique du moment: les Panama Leaks autrement appelées Panama Papers. D’après Andrew Penney, directeur général chez Rothschild & Co, le nouvel Eldorado fiscal ne serait autre que…les Etats-Unis.

 Leur banque semble d’ailleurs très investi dans cette démarche puisqu’ils avouent volontiers aider les grandes fortunes à migrer des anciens paradis fiscaux qui ont pris du plomb dans l’aile vers les Etats-Unis et bien évidemment, vers leur banque qui bénéficie, comme par enchantement, d’une exonération. Quoi un complot? Encore?


 « En Septembre dernier, dans un cabinet d’avocats surplombant la baie de San Francisco, Andrew Penney, directeur général chez Rothschild &Co., a fait un exposé sur la façon dont la riche élite mondiale peut éviter de payer des impôts.
Son message était clair: Vous pouvez aider vos clients à déplacer leurs fortunes aux États-Unis, sans payer d’impôts tout en étant dissimulés vis à vis de leurs gouvernements.
Certains appellent cela la nouvelle Suisse.
Après avoir passé des années à fustiger les autres pays pour avoir aidé les riches américains à cacher leur argent à l’étranger, les États-Unis apparaissent comme l’un des principaux paradis fiscaux cultivant le culte du secret pour les riches étrangers. En résistant à de nouvelles normes mondiales d’information, les États-Unis sont en train de créer un nouveau marché brûlant, devenant ainsi la destination fiscale de prédilection pour les richesses provenant de l’étranger. Des avocats de Londres en passant par les sociétés de fiducie suisses, chacune leur emboîtent le pas, en aidant les riches dans le monde à déplacer leurs comptes provenant d’endroits comme les Bahamas et les îles Vierges britanniques vers le Nevada, le Wyoming et le Dakota du Sud. »
« Rothschild, l’institution financière européenne séculaire, a ouvert une société de fiducie à Reno, au Nevada., À quelques pâtés de maisons des casinos Harrah et Eldorado. Cette société déplace désormais la fortune de riches clients étrangers provenant de paradis fiscaux comme les Bermudes, qui sont sujets à de nouvelles obligations d’information internationales, vers les fiducies (trusts) gérées dans le Nevada par Rothschild, qui sont exonérés.« 
« Pour les conseillers financiers, l’état des lieux actuel est tout simplement une bonne opportunité d’affaires. Dans un projet de sa présentation à San Francisco, Penney de chez Rothschild a écrit que les Etats-Unis « sont effectivement le plus grand paradis fiscal dans le monde. » Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, dans des termes ultérieurement supprimés de ses remarques préparées, ne disposent pas « des ressources nécessaires pour faire appliquer les lois fiscales étrangères et ils ne sont pas très enclin à ce que cela change ».
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MAJ Bilderberg: Vous ne devinerez jamais quel est le nouvel Eldorado fiscal d’après la banque Rothschild

Je remet au goût du jour cet article publié sur le blog le 7 avril dernier car le très sérieux média espagnol « El confidential Digital » a eu connaissance d’un des sujets  qui sera abordé lors de la prochaine réunion du groupe Bilderberg qui se tiendra dans 3 jours à Dresde en Allemagne. Curieusement, cette année, la liste des participants n’a pas encore été publiée mais nous savons désormais que les Bilderbergers vont aborder le thème des Panama Papers et plus précisément la possibilité que les Etats-Unis deviennent le seul paradis fiscal au monde. 

On comprendra dès lors que cette vaste fumisterie médiatique des Panama Papers n’a fait qu’ouvrir la voix à la redirection des fonds des puissants vers le nouvel Eldorado fiscal qu’évoquait la banque Rothschild en début d’année. La raison pour justifier cet énorme transfert de richesses, qui est déjà en cours, est bien évidemment la lutte contre le blanchiment d’argent et le terrorisme, le constat étant que si les Etats-Unis devenaient le seul paradis fiscal, les activités illégales seraient plus facilement traçables. En tout cas, c’est l’idée. Ce serait surtout une manne financière considérable pour certaines banques comme la banque Rothschild, dont certains membres de la dynastie font partie du comité de direction du groupe Bilderberg depuis des années. Sûrement un pur hasard bien évidemment ;) Guy Fawkes

——-

Cet article a été publié en Janvier dernier par Bloomberg et, comme vous allez le constater, il prend aujourd’hui tout son sens suite au gros buzz médiatique du moment: les Panama Leaks autrement appelées Panama Papers. D’après Andrew Penney, directeur général chez Rothschild & Co, le nouvel Eldorado fiscal ne serait autre que…les Etats-Unis.

 Leur banque semble d’ailleurs très investi dans cette démarche puisqu’ils avouent volontiers aider les grandes fortunes à migrer des anciens paradis fiscaux qui ont pris du plomb dans l’aile vers les Etats-Unis et bien évidemment, vers leur banque qui bénéficie, comme par enchantement, d’une exonération. Quoi un complot? Encore?


 « En Septembre dernier, dans un cabinet d’avocats surplombant la baie de San Francisco, Andrew Penney, directeur général chez Rothschild &Co., a fait un exposé sur la façon dont la riche élite mondiale peut éviter de payer des impôts.
Son message était clair: Vous pouvez aider vos clients à déplacer leurs fortunes aux États-Unis, sans payer d’impôts tout en étant dissimulés vis à vis de leurs gouvernements.
Certains appellent cela la nouvelle Suisse.
Après avoir passé des années à fustiger les autres pays pour avoir aidé les riches américains à cacher leur argent à l’étranger, les États-Unis apparaissent comme l’un des principaux paradis fiscaux cultivant le culte du secret pour les riches étrangers. En résistant à de nouvelles normes mondiales d’information, les États-Unis sont en train de créer un nouveau marché brûlant, devenant ainsi la destination fiscale de prédilection pour les richesses provenant de l’étranger. Des avocats de Londres en passant par les sociétés de fiducie suisses, chacune leur emboîtent le pas, en aidant les riches dans le monde à déplacer leurs comptes provenant d’endroits comme les Bahamas et les îles Vierges britanniques vers le Nevada, le Wyoming et le Dakota du Sud. »
« Rothschild, l’institution financière européenne séculaire, a ouvert une société de fiducie à Reno, au Nevada., À quelques pâtés de maisons des casinos Harrah et Eldorado. Cette société déplace désormais la fortune de riches clients étrangers provenant de paradis fiscaux comme les Bermudes, qui sont sujets à de nouvelles obligations d’information internationales, vers les fiducies (trusts) gérées dans le Nevada par Rothschild, qui sont exonérés.« 
« Pour les conseillers financiers, l’état des lieux actuel est tout simplement une bonne opportunité d’affaires. Dans un projet de sa présentation à San Francisco, Penney de chez Rothschild a écrit que les Etats-Unis « sont effectivement le plus grand paradis fiscal dans le monde. » Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, dans des termes ultérieurement supprimés de ses remarques préparées, ne disposent pas « des ressources nécessaires pour faire appliquer les lois fiscales étrangères et ils ne sont pas très enclin à ce que cela change ».
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FAWKES NEWS : La dictature européenne se dévoile , l’intolérance va devenir un crime de haine aggravé nécessitant des « programmes de réhabilitation »

Ce modèle de loi a été finalisé l’année dernière par le Conseil Européen pour la Tolérance et la Réconciliation. Vous n’en avez jamais entendu parler? C’est normal. C’est le type de structure mondialiste qui travail dure dans l’ombre à annihiler le peu de liberté d’expression qu’il nous reste. Et cette fois, comme nous allons le voir, il s’agit d’un texte de haut vol dont le Conseil ambitionne qu’ils soit implémenté dans toutes les législations des pays européens. Ce conseil existe depuis 2008 et il est présidé depuis l’année dernière par Tony Blair. Voyons en détail ce dont parle cette proposition de loi.

Le modèle de loi s’intitule « UNE LOI TYPE EUROPÉENNE POUR LA PROMOTION DE LA TOLÉRANCE ET LA RÉPRESSION DE L’INTOLÉRANCE« .

Pour l’Europe, l’intolérance est intolérable

Le but de cette loi est de « fournir des mécanismes efficaces pour la promotion de la tolérance et de la suppression de l’intolérance dans les sociétés européennes. »

Partant du principe que « le principe de tolérance est incompatible avec toute forme de discrimination illégale », cette loi vise à criminaliser toute forme d’intolérance. D’après le texte, ce type de comportement vise notamment les discours de haine impliquant « les groupes nationaux, raciaux, ethnique ou l’ascendance, les racines culturelles, affiliation religieuses, les liens linguistiques, l’identité de genre ou d’orientation sexuelle. »

Cependant, le texte indique que la « Détermination des critères d’appartenance à un groupe traditionnel particulier est principalement constitué par le groupe lui-même («autodétermination»). » Peut-être nous inventerons-t-il un jour le crime de haine contre les politiciens allez savoir.

La «Diffamation de groupe» signifie: les commentaires diffamatoires tenus en public et
dirigée contre un groupe tel que défini au paragraphe (a) – ou des membres de ceux-ci – et destinés à inciter à la violence, à malicieusement vilipender la groupe, le mépriser exprès ou le soumettre à de fausses accusations. Pour les fausses accusations, ça promet puisque bien souvent, « versions officielles » et « théories du complot » se contredisent à la fois sur les tenants et aboutissants mais surtout sur ceux qui tirent les ficelles.

Cette explication est également intéressante:

 » La nécessité de préserver la tolérance inhérente à une société pluraliste implique le fait de ne montrer aucune tolérance envers les crimes de haine. »

La section 3 B parle tout simplement…de supprimer l’intolérance. La section 4 A: Pas besoin d’être tolérant face à l’intolérant.

La section 6 C indique que les nations seront tenus de créer une commission de surveillance national sur la tolérance afin de vérifier que les principes de tolérance sont respectés et de disséminer les lignes directrices et recommandations auprès des médias de masse.


La section 7 concerne les sanctions pénales

a) Les actes suivants seront considérés comme des infractions pénales
considérées comme des crimes aggravés:

(i) Les crimes haineux tels que définis à l’article 1 (c).

(Ii) L’incitation à la violence contre un groupe tel que défini dans
la Section 1 (a).

(Iii) La diffamation de groupe tel que défini à l’article 1 (b).

(Iv) L’approbation d’une idéologie totalitaire, de la xénophobie
ou de l’antisémitisme.

(V) L’approbation publique ou la négation de l’Holocauste.

(Vi) L’approbation publique ou le refus de tout autre acte de génocide
dont l’existence a été déterminée par une
cour pénale internationale ou un tribunal.

Voici venir la perle de ce projet de loi:

« b) Les mineurs reconnus coupables d’avoir commis des crimes énumérés au paragraphe (a) seront soumis à un programme de réadaptation
propice à une culture de tolérance

Section 8 nous indique que, tout comme pour la théorie du genre, la culture de la tolérance zéro envers l’intolérance va devenir un mantra martelé un peu partout: école, militaires, police, milieux professionnels. Partout.

« Du matériel pédagogique pour les cours de sensibilisation à la tolérance (y compris
syllabus) sera élaboré par les ministères de l’éducation pour répondre
aux besoins.

(E) Les instructeurs seront formés d’une manière qui les qualifient pour former
d’autres personnes à la sensibilisation à la tolérance.

(F) Les ministères de l’éducation veilleront à ce que le matériel pédagogique
dans les cours ordinaires soient exempts de toute insinuation et affront
dirigé contre un groupe tel que défini à la section 1 (a).

(G) La production de livres, pièces de théâtre, les rapports des journaux, les articles de magazine, les films et les programmes télévisés faisant la promotion d’un climat
de tolérance doivent être encouragés et, le cas échéant,
subventionnés par le gouvernement.
« 


La section 9 encourage davantage les médias à servir de relais pour la propagande d’Etat:

A) Le gouvernement encouragera la radiodiffusion publique
qui consacrera un pourcentage de leurs programmes visant à promouvoir un climat de
tolérance, conformément à la section 8 (f).

(B) Le Gouvernement encouragera tous les médias privés (y compris la presse écrite) dans la promotion d’un climat de tolérance, conformément à la section 8 (f).

(C) Le gouvernement encouragera tous les médias (publics
ainsi que privés) à adopter un code de conduite éthique, qui veillera à
empêcher la propagation de l’intolérance et sera supervisé par une commission des plaintes des médias de masse. »

Internet dans le viseur

La dernière section évoque le cas d’Internet, qui est naturellement dans le viseur de l’Europe (Vous comprenez mieux d’ou vient l’intérêt du gouvernement français pour la question dernièrement. ça non plus, ça ne vient pas d’eux mais de plus haut…)

« Le Gouvernement devra prendre des mesures contre la propagation de la diffamation de groupe
ou des crimes haineux (tel que défini à l’article 1 (b) – (c)) à travers Internet.

Notes d’explication:

(I) Internet est un outil couramment utilisé pour la diffusion de discours de haine.
(Ii) L’obligation de supprimer certaines données d’Internet a été approuvé par
la Cour de justice européenne dans l’arrêt Google de 2014. On estime que ce cas ouvre la voie à la suppression des publications qui propagent les crimes haineux ou la diffamation de groupe sur Internet.


Conclusion

Donc apparemment, pour éradiquer l’intolérance, l’Union Européenne n’a rien trouvé de mieux que de devenir totalement intolérante à son tour, limiter drastiquement la liberté d’expression, envoyer les jeunes en centres de réhabilitation et bourrer le crane des gens avec davantage de propagande d’Etat.

Ce texte ouvre également la voix à la censure des médias alternatifs puisque Cameron indiquait en 2014 que les théories du complot devraient être considérés comme extrémistes et combattus au même titre que des discours haineux. A terme, tout ce qui contredit la parole officielle pourrait bien être étiqueté comme des crimes haineux ou une diffamation de groupe favorisant l’intolérance.

Nous nous embourbons de plus en plus dans une société totalitaire et orwellienne. Si vous en doutiez encore, je vous invite à consulter cet article du Gatestone Institute concernant la Guerre à la Liberté d’Expression sur Internet qu’est en train d’opérer l’Union Européenne.

La dictature européenne se dévoile: L’intolérance va devenir un crime de haine aggravé nécessitant des « programmes de réhabilitation »

Ce modèle de loi a été finalisé l’année dernière par le Conseil Européen pour la Tolérance et la Réconciliation. Vous n’en avez jamais entendu parler? C’est normal. C’est le type de structure mondialiste qui travail dure dans l’ombre à annihiler le peu de liberté d’expression qu’il nous reste. Et cette fois, comme nous allons le voir, il s’agit d’un texte de haut vol dont le Conseil ambitionne qu’ils soit implémenté dans toutes les législations des pays européens. Ce conseil existe depuis 2008 et il est présidé depuis l’année dernière par Tony Blair. Voyons en détail ce dont parle cette proposition de loi.

Le modèle de loi s’intitule « UNE LOI TYPE EUROPÉENNE POUR LA PROMOTION DE LA TOLÉRANCE ET LA RÉPRESSION DE L’INTOLÉRANCE« .

Pour l’Europe, l’intolérance est intolérable

Le but de cette loi est de « fournir des mécanismes efficaces pour la promotion de la tolérance et de la suppression de l’intolérance dans les sociétés européennes. »

Partant du principe que « le principe de tolérance est incompatible avec toute forme de discrimination illégale », cette loi vise à criminaliser toute forme d’intolérance. D’après le texte, ce type de comportement vise notamment les discours de haine impliquant « les groupes nationaux, raciaux, ethnique ou l’ascendance, les racines culturelles, affiliation religieuses, les liens linguistiques, l’identité de genre ou d’orientation sexuelle. »

Cependant, le texte indique que la « Détermination des critères d’appartenance à un groupe traditionnel particulier est principalement constitué par le groupe lui-même («autodétermination»). » Peut-être nous inventerons-t-il un jour le crime de haine contre les politiciens allez savoir.

La «Diffamation de groupe» signifie: les commentaires diffamatoires tenus en public et
dirigée contre un groupe tel que défini au paragraphe (a) – ou des membres de ceux-ci – et destinés à inciter à la violence, à malicieusement vilipender la groupe, le mépriser exprès ou le soumettre à de fausses accusations. Pour les fausses accusations, ça promet puisque bien souvent, « versions officielles » et « théories du complot » se contredisent à la fois sur les tenants et aboutissants mais surtout sur ceux qui tirent les ficelles.

Cette explication est également intéressante:

 » La nécessité de préserver la tolérance inhérente à une société pluraliste implique le fait de ne montrer aucune tolérance envers les crimes de haine. »

La section 3 B parle tout simplement…de supprimer l’intolérance. La section 4 A: Pas besoin d’être tolérant face à l’intolérant.

La section 6 C indique que les nations seront tenus de créer une commission de surveillance national sur la tolérance afin de vérifier que les principes de tolérance sont respectés et de disséminer les lignes directrices et recommandations auprès des médias de masse.


La section 7 concerne les sanctions pénales

a) Les actes suivants seront considérés comme des infractions pénales
considérées comme des crimes aggravés:

(i) Les crimes haineux tels que définis à l’article 1 (c).

(Ii) L’incitation à la violence contre un groupe tel que défini dans
la Section 1 (a).

(Iii) La diffamation de groupe tel que défini à l’article 1 (b).

(Iv) L’approbation d’une idéologie totalitaire, de la xénophobie
ou de l’antisémitisme.

(V) L’approbation publique ou la négation de l’Holocauste.

(Vi) L’approbation publique ou le refus de tout autre acte de génocide
dont l’existence a été déterminée par une
cour pénale internationale ou un tribunal.

Voici venir la perle de ce projet de loi:

« b) Les mineurs reconnus coupables d’avoir commis des crimes énumérés au paragraphe (a) seront soumis à un programme de réadaptation
propice à une culture de tolérance

Section 8 nous indique que, tout comme pour la théorie du genre, la culture de la tolérance zéro envers l’intolérance va devenir un mantra martelé un peu partout: école, militaires, police, milieux professionnels. Partout.

« Du matériel pédagogique pour les cours de sensibilisation à la tolérance (y compris
syllabus) sera élaboré par les ministères de l’éducation pour répondre
aux besoins.

(E) Les instructeurs seront formés d’une manière qui les qualifient pour former
d’autres personnes à la sensibilisation à la tolérance.

(F) Les ministères de l’éducation veilleront à ce que le matériel pédagogique
dans les cours ordinaires soient exempts de toute insinuation et affront
dirigé contre un groupe tel que défini à la section 1 (a).

(G) La production de livres, pièces de théâtre, les rapports des journaux, les articles de magazine, les films et les programmes télévisés faisant la promotion d’un climat
de tolérance doivent être encouragés et, le cas échéant,
subventionnés par le gouvernement.
« 


La section 9 encourage davantage les médias à servir de relais pour la propagande d’Etat:

A) Le gouvernement encouragera la radiodiffusion publique
qui consacrera un pourcentage de leurs programmes visant à promouvoir un climat de
tolérance, conformément à la section 8 (f).

(B) Le Gouvernement encouragera tous les médias privés (y compris la presse écrite) dans la promotion d’un climat de tolérance, conformément à la section 8 (f).

(C) Le gouvernement encouragera tous les médias (publics
ainsi que privés) à adopter un code de conduite éthique, qui veillera à
empêcher la propagation de l’intolérance et sera supervisé par une commission des plaintes des médias de masse. »

Internet dans le viseur

La dernière section évoque le cas d’Internet, qui est naturellement dans le viseur de l’Europe (Vous comprenez mieux d’ou vient l’intérêt du gouvernement français pour la question dernièrement. ça non plus, ça ne vient pas d’eux mais de plus haut…)

« Le Gouvernement devra prendre des mesures contre la propagation de la diffamation de groupe
ou des crimes haineux (tel que défini à l’article 1 (b) – (c)) à travers Internet.

Notes d’explication:

(I) Internet est un outil couramment utilisé pour la diffusion de discours de haine.
(Ii) L’obligation de supprimer certaines données d’Internet a été approuvé par
la Cour de justice européenne dans l’arrêt Google de 2014. On estime que ce cas ouvre la voie à la suppression des publications qui propagent les crimes haineux ou la diffamation de groupe sur Internet.


Conclusion

Donc apparemment, pour éradiquer l’intolérance, l’Union Européenne n’a rien trouvé de mieux que de devenir totalement intolérante à son tour, limiter drastiquement la liberté d’expression, envoyer les jeunes en centres de réhabilitation et bourrer le crane des gens avec davantage de propagande d’Etat.

Ce texte ouvre également la voix à la censure des médias alternatifs puisque Cameron indiquait en 2014 que les théories du complot devraient être considérés comme extrémistes et combattus au même titre que des discours haineux. A terme, tout ce qui contredit la parole officielle pourrait bien être étiqueté comme des crimes haineux ou une diffamation de groupe favorisant l’intolérance.

Nous nous embourbons de plus en plus dans une société totalitaire et orwellienne. Si vous en doutiez encore, je vous invite à consulter cet article du Gatestone Institute concernant la Guerre à la Liberté d’Expression sur Internet qu’est en train d’opérer l’Union Européenne.

La dictature européenne se dévoile: L’intolérance va devenir un crime de haine aggravé nécessitant des « programmes de réhabilitation »

Ce modèle de loi a été finalisé l’année dernière par le Conseil Européen pour la Tolérance et la Réconciliation. Vous n’en avez jamais entendu parler? C’est normal. C’est le type de structure mondialiste qui travail dure dans l’ombre à annihiler le peu de liberté d’expression qu’il nous reste. Et cette fois, comme nous allons le voir, il s’agit d’un texte de haut vol dont le Conseil ambitionne qu’ils soit implémenté dans toutes les législations des pays européens. Ce conseil existe depuis 2008 et il est présidé depuis l’année dernière par Tony Blair. Voyons en détail ce dont parle cette proposition de loi.

Le modèle de loi s’intitule « UNE LOI TYPE EUROPÉENNE POUR LA PROMOTION DE LA TOLÉRANCE ET LA RÉPRESSION DE L’INTOLÉRANCE« .

Pour l’Europe, l’intolérance est intolérable

Le but de cette loi est de « fournir des mécanismes efficaces pour la promotion de la tolérance et de la suppression de l’intolérance dans les sociétés européennes. »

Partant du principe que « le principe de tolérance est incompatible avec toute forme de discrimination illégale », cette loi vise à criminaliser toute forme d’intolérance. D’après le texte, ce type de comportement vise notamment les discours de haine impliquant « les groupes nationaux, raciaux, ethnique ou l’ascendance, les racines culturelles, affiliation religieuses, les liens linguistiques, l’identité de genre ou d’orientation sexuelle. »

Cependant, le texte indique que la « Détermination des critères d’appartenance à un groupe traditionnel particulier est principalement constitué par le groupe lui-même («autodétermination»). » Peut-être nous inventerons-t-il un jour le crime de haine contre les politiciens allez savoir.

La «Diffamation de groupe» signifie: les commentaires diffamatoires tenus en public et
dirigée contre un groupe tel que défini au paragraphe (a) – ou des membres de ceux-ci – et destinés à inciter à la violence, à malicieusement vilipender la groupe, le mépriser exprès ou le soumettre à de fausses accusations. Pour les fausses accusations, ça promet puisque bien souvent, « versions officielles » et « théories du complot » se contredisent à la fois sur les tenants et aboutissants mais surtout sur ceux qui tirent les ficelles.

Cette explication est également intéressante:

 » La nécessité de préserver la tolérance inhérente à une société pluraliste implique le fait de ne montrer aucune tolérance envers les crimes de haine. »

La section 3 B parle tout simplement…de supprimer l’intolérance. La section 4 A: Pas besoin d’être tolérant face à l’intolérant.

La section 6 C indique que les nations seront tenus de créer une commission de surveillance national sur la tolérance afin de vérifier que les principes de tolérance sont respectés et de disséminer les lignes directrices et recommandations auprès des médias de masse.


La section 7 concerne les sanctions pénales

a) Les actes suivants seront considérés comme des infractions pénales
considérées comme des crimes aggravés:

(i) Les crimes haineux tels que définis à l’article 1 (c).

(Ii) L’incitation à la violence contre un groupe tel que défini dans
la Section 1 (a).

(Iii) La diffamation de groupe tel que défini à l’article 1 (b).

(Iv) L’approbation d’une idéologie totalitaire, de la xénophobie
ou de l’antisémitisme.

(V) L’approbation publique ou la négation de l’Holocauste.

(Vi) L’approbation publique ou le refus de tout autre acte de génocide
dont l’existence a été déterminée par une
cour pénale internationale ou un tribunal.

Voici venir la perle de ce projet de loi:

« b) Les mineurs reconnus coupables d’avoir commis des crimes énumérés au paragraphe (a) seront soumis à un programme de réadaptation
propice à une culture de tolérance

Section 8 nous indique que, tout comme pour la théorie du genre, la culture de la tolérance zéro envers l’intolérance va devenir un mantra martelé un peu partout: école, militaires, police, milieux professionnels. Partout.

« Du matériel pédagogique pour les cours de sensibilisation à la tolérance (y compris
syllabus) sera élaboré par les ministères de l’éducation pour répondre
aux besoins.

(E) Les instructeurs seront formés d’une manière qui les qualifient pour former
d’autres personnes à la sensibilisation à la tolérance.

(F) Les ministères de l’éducation veilleront à ce que le matériel pédagogique
dans les cours ordinaires soient exempts de toute insinuation et affront
dirigé contre un groupe tel que défini à la section 1 (a).

(G) La production de livres, pièces de théâtre, les rapports des journaux, les articles de magazine, les films et les programmes télévisés faisant la promotion d’un climat
de tolérance doivent être encouragés et, le cas échéant,
subventionnés par le gouvernement.
« 


La section 9 encourage davantage les médias à servir de relais pour la propagande d’Etat:

A) Le gouvernement encouragera la radiodiffusion publique
qui consacrera un pourcentage de leurs programmes visant à promouvoir un climat de
tolérance, conformément à la section 8 (f).

(B) Le Gouvernement encouragera tous les médias privés (y compris la presse écrite) dans la promotion d’un climat de tolérance, conformément à la section 8 (f).

(C) Le gouvernement encouragera tous les médias (publics
ainsi que privés) à adopter un code de conduite éthique, qui veillera à
empêcher la propagation de l’intolérance et sera supervisé par une commission des plaintes des médias de masse. »

Internet dans le viseur

La dernière section évoque le cas d’Internet, qui est naturellement dans le viseur de l’Europe (Vous comprenez mieux d’ou vient l’intérêt du gouvernement français pour la question dernièrement. ça non plus, ça ne vient pas d’eux mais de plus haut…)

« Le Gouvernement devra prendre des mesures contre la propagation de la diffamation de groupe
ou des crimes haineux (tel que défini à l’article 1 (b) – (c)) à travers Internet.

Notes d’explication:

(I) Internet est un outil couramment utilisé pour la diffusion de discours de haine.
(Ii) L’obligation de supprimer certaines données d’Internet a été approuvé par
la Cour de justice européenne dans l’arrêt Google de 2014. On estime que ce cas ouvre la voie à la suppression des publications qui propagent les crimes haineux ou la diffamation de groupe sur Internet.


Conclusion

Donc apparemment, pour éradiquer l’intolérance, l’Union Européenne n’a rien trouvé de mieux que de devenir totalement intolérante à son tour, limiter drastiquement la liberté d’expression, envoyer les jeunes en centres de réhabilitation et bourrer le crane des gens avec davantage de propagande d’Etat.

Ce texte ouvre également la voix à la censure des médias alternatifs puisque Cameron indiquait en 2014 que les théories du complot devraient être considérés comme extrémistes et combattus au même titre que des discours haineux. A terme, tout ce qui contredit la parole officielle pourrait bien être étiqueté comme des crimes haineux ou une diffamation de groupe favorisant l’intolérance.

Nous nous embourbons de plus en plus dans une société totalitaire et orwellienne. Si vous en doutiez encore, je vous invite à consulter cet article du Gatestone Institute concernant la Guerre à la Liberté d’Expression sur Internet qu’est en train d’opérer l’Union Européenne.

La dictature européenne se dévoile: L’intolérance va devenir un crime de haine aggravé nécessitant des « programmes de réhabilitation »

Ce modèle de loi a été finalisé l’année dernière par le Conseil Européen pour la Tolérance et la Réconciliation. Vous n’en avez jamais entendu parler? C’est normal. C’est le type de structure mondialiste qui travail dure dans l’ombre à annihiler le peu de liberté d’expression qu’il nous reste. Et cette fois, comme nous allons le voir, il s’agit d’un texte de haut vol dont le Conseil ambitionne qu’ils soit implémenté dans toutes les législations des pays européens. Ce conseil existe depuis 2008 et il est présidé depuis l’année dernière par Tony Blair. Voyons en détail ce dont parle cette proposition de loi.

Le modèle de loi s’intitule « UNE LOI TYPE EUROPÉENNE POUR LA PROMOTION DE LA TOLÉRANCE ET LA RÉPRESSION DE L’INTOLÉRANCE« .

Pour l’Europe, l’intolérance est intolérable

Le but de cette loi est de « fournir des mécanismes efficaces pour la promotion de la tolérance et de la suppression de l’intolérance dans les sociétés européennes. »

Partant du principe que « le principe de tolérance est incompatible avec toute forme de discrimination illégale », cette loi vise à criminaliser toute forme d’intolérance. D’après le texte, ce type de comportement vise notamment les discours de haine impliquant « les groupes nationaux, raciaux, ethnique ou l’ascendance, les racines culturelles, affiliation religieuses, les liens linguistiques, l’identité de genre ou d’orientation sexuelle. »

Cependant, le texte indique que la « Détermination des critères d’appartenance à un groupe traditionnel particulier est principalement constitué par le groupe lui-même («autodétermination»). » Peut-être nous inventerons-t-il un jour le crime de haine contre les politiciens allez savoir.

La «Diffamation de groupe» signifie: les commentaires diffamatoires tenus en public et
dirigée contre un groupe tel que défini au paragraphe (a) – ou des membres de ceux-ci – et destinés à inciter à la violence, à malicieusement vilipender la groupe, le mépriser exprès ou le soumettre à de fausses accusations. Pour les fausses accusations, ça promet puisque bien souvent, « versions officielles » et « théories du complot » se contredisent à la fois sur les tenants et aboutissants mais surtout sur ceux qui tirent les ficelles.

Cette explication est également intéressante:

 » La nécessité de préserver la tolérance inhérente à une société pluraliste implique le fait de ne montrer aucune tolérance envers les crimes de haine. »

La section 3 B parle tout simplement…de supprimer l’intolérance. La section 4 A: Pas besoin d’être tolérant face à l’intolérant.

La section 6 C indique que les nations seront tenus de créer une commission de surveillance national sur la tolérance afin de vérifier que les principes de tolérance sont respectés et de disséminer les lignes directrices et recommandations auprès des médias de masse.


La section 7 concerne les sanctions pénales

a) Les actes suivants seront considérés comme des infractions pénales
considérées comme des crimes aggravés:

(i) Les crimes haineux tels que définis à l’article 1 (c).

(Ii) L’incitation à la violence contre un groupe tel que défini dans
la Section 1 (a).

(Iii) La diffamation de groupe tel que défini à l’article 1 (b).

(Iv) L’approbation d’une idéologie totalitaire, de la xénophobie
ou de l’antisémitisme.

(V) L’approbation publique ou la négation de l’Holocauste.

(Vi) L’approbation publique ou le refus de tout autre acte de génocide
dont l’existence a été déterminée par une
cour pénale internationale ou un tribunal.

Voici venir la perle de ce projet de loi:

« b) Les mineurs reconnus coupables d’avoir commis des crimes énumérés au paragraphe (a) seront soumis à un programme de réadaptation
propice à une culture de tolérance

Section 8 nous indique que, tout comme pour la théorie du genre, la culture de la tolérance zéro envers l’intolérance va devenir un mantra martelé un peu partout: école, militaires, police, milieux professionnels. Partout.

« Du matériel pédagogique pour les cours de sensibilisation à la tolérance (y compris
syllabus) sera élaboré par les ministères de l’éducation pour répondre
aux besoins.

(E) Les instructeurs seront formés d’une manière qui les qualifient pour former
d’autres personnes à la sensibilisation à la tolérance.

(F) Les ministères de l’éducation veilleront à ce que le matériel pédagogique
dans les cours ordinaires soient exempts de toute insinuation et affront
dirigé contre un groupe tel que défini à la section 1 (a).

(G) La production de livres, pièces de théâtre, les rapports des journaux, les articles de magazine, les films et les programmes télévisés faisant la promotion d’un climat
de tolérance doivent être encouragés et, le cas échéant,
subventionnés par le gouvernement.
« 


La section 9 encourage davantage les médias à servir de relais pour la propagande d’Etat:

A) Le gouvernement encouragera la radiodiffusion publique
qui consacrera un pourcentage de leurs programmes visant à promouvoir un climat de
tolérance, conformément à la section 8 (f).

(B) Le Gouvernement encouragera tous les médias privés (y compris la presse écrite) dans la promotion d’un climat de tolérance, conformément à la section 8 (f).

(C) Le gouvernement encouragera tous les médias (publics
ainsi que privés) à adopter un code de conduite éthique, qui veillera à
empêcher la propagation de l’intolérance et sera supervisé par une commission des plaintes des médias de masse. »

Internet dans le viseur

La dernière section évoque le cas d’Internet, qui est naturellement dans le viseur de l’Europe (Vous comprenez mieux d’ou vient l’intérêt du gouvernement français pour la question dernièrement. ça non plus, ça ne vient pas d’eux mais de plus haut…)

« Le Gouvernement devra prendre des mesures contre la propagation de la diffamation de groupe
ou des crimes haineux (tel que défini à l’article 1 (b) – (c)) à travers Internet.

Notes d’explication:

(I) Internet est un outil couramment utilisé pour la diffusion de discours de haine.
(Ii) L’obligation de supprimer certaines données d’Internet a été approuvé par
la Cour de justice européenne dans l’arrêt Google de 2014. On estime que ce cas ouvre la voie à la suppression des publications qui propagent les crimes haineux ou la diffamation de groupe sur Internet.


Conclusion

Donc apparemment, pour éradiquer l’intolérance, l’Union Européenne n’a rien trouvé de mieux que de devenir totalement intolérante à son tour, limiter drastiquement la liberté d’expression, envoyer les jeunes en centres de réhabilitation et bourrer le crane des gens avec davantage de propagande d’Etat.

Ce texte ouvre également la voix à la censure des médias alternatifs puisque Cameron indiquait en 2014 que les théories du complot devraient être considérés comme extrémistes et combattus au même titre que des discours haineux. A terme, tout ce qui contredit la parole officielle pourrait bien être étiqueté comme des crimes haineux ou une diffamation de groupe favorisant l’intolérance.

Nous nous embourbons de plus en plus dans une société totalitaire et orwellienne. Si vous en doutiez encore, je vous invite à consulter cet article du Gatestone Institute concernant la Guerre à la Liberté d’Expression sur Internet qu’est en train d’opérer l’Union Européenne.

Par défaut

GOLDBROKER : La plus grosse bulle de l’Histoire entraînera un effondrement encore plus grand

Egon Von Greyerz  Membre du conseil d’administration de Goldbroker.com – Fondateur MAM

Mes articles


Publié le 3 juin 2016

Dans un monde rempli de bulles qui exploseront toutes, il est évidemment impossible de prédire laquelle sera la première à dévaster l’économie mondiale. Une des plus grosses bulles, qui pourrait certainement provoquer la chute du système financier, est celle du marché des obligations. Il s’agit d’un marché de 100 000 milliards $ qui a augmenté de manière exponentielle depuis 25 ans et qui est pratiquement à la verticale depuis la crise de 2006-2009.

Les gouvernements, désespérés, créent de la monnaie comme s’il n’y avait pas de lendemain, dans l’espoir de garder le monde à flot encore quelques années. Mais, comme je l’ai souligné tant de fois, vous ne pouvez créer ni de la stabilité économique, ni de la richesse, en imprimant de la monnaie ou en augmentant le fardeau de la dette.

Les gouvernements ne peuvent se permettre des taux d’intérêt supérieurs à zéro

En temps normal, les gouvernements seraient devenus totalement insolvables avec les niveaux élevés de dette qu’ils créent. Mais le Japon a réglé ce problème il y a vingt ans en fixant les taux à zéro. Cette tendance s’est accélérée ces deux dernières années et il existe maintenant plus de 8 000 milliards $ d’obligations gouvernementales à rendement négatif à travers le monde. Mais, évidemment, les gouvernements n’ont jamais de problème à payer les intérêts, puisqu’ils n’ont qu’à émettre encore plus de dette pour les payer.

Comme les gouvernements du monde entier sont en concurrence pour baisser les taux d’intérêt, la Réserve fédérale américaine continue de menacer de monter les taux… Mais nous sommes dans un système financier mondial qui est entièrement interdépendant. La plus grande économie du monde ne peut monter les taux sans que cela ait de graves conséquences sur le système financier et le dollar. De plus, pour les États-Unis eux-mêmes, monter les taux à ce stade irait totalement à l’encontre de la tendance de l’économie réelle. Les profits des sociétés sont en déclin, ainsi que la production industrielle, et plusieurs indicateurs vont dans ce sens, comme le fret, le transport et le trafic conteneurs. Et le taux de chômage réel n’est pas de 5%, mais bien de 23%. Mais le plus important est que la dette fédérale américaine, qui se situe aujourd’hui à 19 000 milliards $, devrait atteindre au moins 28 000 milliards $ d’ici dix ans, selon le Central Budget Office. Cette dette pourrait fort bien atteindre 35 000 milliards $ ou plus d’ici 2025 si la croissance américaine n’est pas au rendez-vous, ce qui devrait être le cas, sans doute. Avec toute cette pression, il serait étonnant que le gouvernement américain monte les taux en juin, malgré le tapage médiatique actuel.

Des taux d’intérêt de 15-20% mèneront à des faillites

Le dilemme est qu’avec 230 000 milliards $ de dette, des taux d’intérêt plus élevés garantissent de provoquer des faillites et du helicopter money. Et cela accélérera la course vers le bas des devises, menant à l’hyperinflation et des taux d’intérêt bien plus élevés.

Le monde ne voit actuellement pas le risque d’hyperinflation. Pourtant c’est la conséquence évidente de cette folie de dette créée par les gouvernements. Ils ne laisseront certainement pas l’économie mondiale se diriger vers une implosion déflationniste globale sans d’abord injecter des quantités illimitées de monnaie imprimée sans valeur pour essayer de résoudre le problème.

Les obligations à 100 ans seront sans valeur à maturité

Il est totalement incompréhensible que l’on puisse prêter de l’argent aux gouvernements avec des rendements nuls ou négatifs alors qu’il est très clair qu’aucun gouvernement ne pourra rembourser cette dette en monnaie d’aujourd’hui. Il est encore plus difficile de comprendre comment on peut prêter de l’argent à des gouvernements insolvables pour 50 ou 100 ans. Des pays comme la Belgique, la France, l’Espagne et l’Italie ont tous émis des obligations à 50 ans. On peut être certain qu’au moins ces deux derniers pays ne seront définitivement pas capables de rembourser ces emprunts, et probablement les deux autres non plus. Mais cela n’a pas vraiment d’importance, vu que la BCE (si elle existe encore) émettra de la monnaie de singe pour acheter ces obligations, comme elle deviendra le seul acheteur de la dette de la Zone euro. Et puis il y a le Mexique, la Belgique et l’Irlande qui ont émis des obligations à 100 ans ! L’Irlande, par exemple, était virtuellement en faillite il y a quelques années et, en 2011, elle payait 14% sur ses obligations à dix ans. Maintenant ils ont créé de l’argent sur 100 ans à 2,3% ! Il est absolument garanti que la valeur de l’euro, comme la valeur de l’obligation, sera descendue à zéro bien avant que les 100 ans soient écoulés. Comment un gestionnaire d’investissement peut-il acheter cette obligation ? Il n’est évidemment pas inquiet, puisqu’il ne sera plus là à maturité, mais il est fort possible que l’obligation devienne sans valeur avant la fin de sa vie active.

Les taux à long terme grimperont vers fin 2016

Le graphique ci-dessous nous montre les bons du Trésor américain à dix ans, mais le rendement plutôt que le prix de l’obligation. La hausse très prononcée de l’obligation (baisse du rendement), de 16% en 1980 à 2% aujourd’hui, ramène le taux au bas record de la fin de la Deuxième guerre mondiale. Il s’agit d’un cycle de 36 ans qui devrait se terminer en 2016. La hausse du rendement pourrait être très rapide à cause de l’impression monétaire massive et d’un dollar qui s’effondre. Je m’attends à ce que le rendement atteigne au moins 16% dans les 5-7 années à venir, et possiblement beaucoup plus.

 

 

Dans les 12 à 18 mois à venir, deux forces tireront les rendements dans des directions différentes. Les gouvernements et les banques centrales continueront de garder les taux à court terme à zéro ou négatifs. Mais c’est une bataille perdue d’avance puisque les détenteurs d’obligations à long terme réaliseront que non seulement les obligations à 50 ou 100 ans ne seront pas remboursées, mais les obligations à court terme également. Les gros détenteurs de dette américaine comme le Japon, la Chine et la Russie, seront en concurrence pour se débarrasser de leurs titres qui se détérioreront rapidement. Il y a clairement un avantage à agir en premier («avantage du précurseur») avant que la panique ne s’installe.

Des taux beaucoup plus élevés n’affecteront pas que les prêteurs et les emprunteurs. Le marché des produits dérivés, de 1 500 000 milliards $, est entièrement lié aux taux d’intérêt, et une fois que les taux augmenteront, la plupart deviendront sans valeur. C’est un problème d’une ampleur que même du helicopter money ne peut résoudre.

La phase finale entraînera la plus grande implosion de l’Histoire

Ceci nous ramène à la notion de risque. Comme je l’ai souvent dit, les risques économiques, financiers et géopolitiques sont actuellement plus grands que jamais. Espérons que le scénario catastrophe ne se réalise pas, parce que si c’est le cas, notre vie sera bien différente, et pour longtemps. Étant donné que nous avons la plus grosse bulle des 100 dernières années, la phase finale devrait mener à la plus grosse implosion du système financier et économique mondial de l’Histoire.

Quels que soient les répercussions de la crise qui frappera le monde dans les années à venir, il est absolument essentiel de protéger son patrimoine contre ces risques. La meilleure assurance financière disponible, et la moins chère, de loin, est l’or et de l’argent physique conservé en dehors du système bancaire. Il s’agit de la seule assurance disponible où la prime, investie dans les métaux, n’a pas à être repayée annuellement, à des taux plus élevés, mais plutôt s’apprécie à mesure que le risque augmente.

Source: GoldSwitzerland

La plus grosse bulle de l’Histoire entraînera un effondrement encore plus grand

Egon Von Greyerz  Membre du conseil d’administration de Goldbroker.com – Fondateur MAM

Mes articles


Publié le 3 juin 2016

Dans un monde rempli de bulles qui exploseront toutes, il est évidemment impossible de prédire laquelle sera la première à dévaster l’économie mondiale. Une des plus grosses bulles, qui pourrait certainement provoquer la chute du système financier, est celle du marché des obligations. Il s’agit d’un marché de 100 000 milliards $ qui a augmenté de manière exponentielle depuis 25 ans et qui est pratiquement à la verticale depuis la crise de 2006-2009.

Les gouvernements, désespérés, créent de la monnaie comme s’il n’y avait pas de lendemain, dans l’espoir de garder le monde à flot encore quelques années. Mais, comme je l’ai souligné tant de fois, vous ne pouvez créer ni de la stabilité économique, ni de la richesse, en imprimant de la monnaie ou en augmentant le fardeau de la dette.

Les gouvernements ne peuvent se permettre des taux d’intérêt supérieurs à zéro

En temps normal, les gouvernements seraient devenus totalement insolvables avec les niveaux élevés de dette qu’ils créent. Mais le Japon a réglé ce problème il y a vingt ans en fixant les taux à zéro. Cette tendance s’est accélérée ces deux dernières années et il existe maintenant plus de 8 000 milliards $ d’obligations gouvernementales à rendement négatif à travers le monde. Mais, évidemment, les gouvernements n’ont jamais de problème à payer les intérêts, puisqu’ils n’ont qu’à émettre encore plus de dette pour les payer.

Comme les gouvernements du monde entier sont en concurrence pour baisser les taux d’intérêt, la Réserve fédérale américaine continue de menacer de monter les taux… Mais nous sommes dans un système financier mondial qui est entièrement interdépendant. La plus grande économie du monde ne peut monter les taux sans que cela ait de graves conséquences sur le système financier et le dollar. De plus, pour les États-Unis eux-mêmes, monter les taux à ce stade irait totalement à l’encontre de la tendance de l’économie réelle. Les profits des sociétés sont en déclin, ainsi que la production industrielle, et plusieurs indicateurs vont dans ce sens, comme le fret, le transport et le trafic conteneurs. Et le taux de chômage réel n’est pas de 5%, mais bien de 23%. Mais le plus important est que la dette fédérale américaine, qui se situe aujourd’hui à 19 000 milliards $, devrait atteindre au moins 28 000 milliards $ d’ici dix ans, selon le Central Budget Office. Cette dette pourrait fort bien atteindre 35 000 milliards $ ou plus d’ici 2025 si la croissance américaine n’est pas au rendez-vous, ce qui devrait être le cas, sans doute. Avec toute cette pression, il serait étonnant que le gouvernement américain monte les taux en juin, malgré le tapage médiatique actuel.

Des taux d’intérêt de 15-20% mèneront à des faillites

Le dilemme est qu’avec 230 000 milliards $ de dette, des taux d’intérêt plus élevés garantissent de provoquer des faillites et du helicopter money. Et cela accélérera la course vers le bas des devises, menant à l’hyperinflation et des taux d’intérêt bien plus élevés.

Le monde ne voit actuellement pas le risque d’hyperinflation. Pourtant c’est la conséquence évidente de cette folie de dette créée par les gouvernements. Ils ne laisseront certainement pas l’économie mondiale se diriger vers une implosion déflationniste globale sans d’abord injecter des quantités illimitées de monnaie imprimée sans valeur pour essayer de résoudre le problème.

Les obligations à 100 ans seront sans valeur à maturité

Il est totalement incompréhensible que l’on puisse prêter de l’argent aux gouvernements avec des rendements nuls ou négatifs alors qu’il est très clair qu’aucun gouvernement ne pourra rembourser cette dette en monnaie d’aujourd’hui. Il est encore plus difficile de comprendre comment on peut prêter de l’argent à des gouvernements insolvables pour 50 ou 100 ans. Des pays comme la Belgique, la France, l’Espagne et l’Italie ont tous émis des obligations à 50 ans. On peut être certain qu’au moins ces deux derniers pays ne seront définitivement pas capables de rembourser ces emprunts, et probablement les deux autres non plus. Mais cela n’a pas vraiment d’importance, vu que la BCE (si elle existe encore) émettra de la monnaie de singe pour acheter ces obligations, comme elle deviendra le seul acheteur de la dette de la Zone euro. Et puis il y a le Mexique, la Belgique et l’Irlande qui ont émis des obligations à 100 ans ! L’Irlande, par exemple, était virtuellement en faillite il y a quelques années et, en 2011, elle payait 14% sur ses obligations à dix ans. Maintenant ils ont créé de l’argent sur 100 ans à 2,3% ! Il est absolument garanti que la valeur de l’euro, comme la valeur de l’obligation, sera descendue à zéro bien avant que les 100 ans soient écoulés. Comment un gestionnaire d’investissement peut-il acheter cette obligation ? Il n’est évidemment pas inquiet, puisqu’il ne sera plus là à maturité, mais il est fort possible que l’obligation devienne sans valeur avant la fin de sa vie active.

Les taux à long terme grimperont vers fin 2016

Le graphique ci-dessous nous montre les bons du Trésor américain à dix ans, mais le rendement plutôt que le prix de l’obligation. La hausse très prononcée de l’obligation (baisse du rendement), de 16% en 1980 à 2% aujourd’hui, ramène le taux au bas record de la fin de la Deuxième guerre mondiale. Il s’agit d’un cycle de 36 ans qui devrait se terminer en 2016. La hausse du rendement pourrait être très rapide à cause de l’impression monétaire massive et d’un dollar qui s’effondre. Je m’attends à ce que le rendement atteigne au moins 16% dans les 5-7 années à venir, et possiblement beaucoup plus.

 

 

Dans les 12 à 18 mois à venir, deux forces tireront les rendements dans des directions différentes. Les gouvernements et les banques centrales continueront de garder les taux à court terme à zéro ou négatifs. Mais c’est une bataille perdue d’avance puisque les détenteurs d’obligations à long terme réaliseront que non seulement les obligations à 50 ou 100 ans ne seront pas remboursées, mais les obligations à court terme également. Les gros détenteurs de dette américaine comme le Japon, la Chine et la Russie, seront en concurrence pour se débarrasser de leurs titres qui se détérioreront rapidement. Il y a clairement un avantage à agir en premier («avantage du précurseur») avant que la panique ne s’installe.

Des taux beaucoup plus élevés n’affecteront pas que les prêteurs et les emprunteurs. Le marché des produits dérivés, de 1 500 000 milliards $, est entièrement lié aux taux d’intérêt, et une fois que les taux augmenteront, la plupart deviendront sans valeur. C’est un problème d’une ampleur que même du helicopter money ne peut résoudre.

La phase finale entraînera la plus grande implosion de l’Histoire

Ceci nous ramène à la notion de risque. Comme je l’ai souvent dit, les risques économiques, financiers et géopolitiques sont actuellement plus grands que jamais. Espérons que le scénario catastrophe ne se réalise pas, parce que si c’est le cas, notre vie sera bien différente, et pour longtemps. Étant donné que nous avons la plus grosse bulle des 100 dernières années, la phase finale devrait mener à la plus grosse implosion du système financier et économique mondial de l’Histoire.

Quels que soient les répercussions de la crise qui frappera le monde dans les années à venir, il est absolument essentiel de protéger son patrimoine contre ces risques. La meilleure assurance financière disponible, et la moins chère, de loin, est l’or et de l’argent physique conservé en dehors du système bancaire. Il s’agit de la seule assurance disponible où la prime, investie dans les métaux, n’a pas à être repayée annuellement, à des taux plus élevés, mais plutôt s’apprécie à mesure que le risque augmente.

Source: GoldSwitzerland

La plus grosse bulle de l’Histoire entraînera un effondrement encore plus grand

Egon Von Greyerz  Membre du conseil d’administration de Goldbroker.com – Fondateur MAM

Mes articles


Publié le 3 juin 2016

Dans un monde rempli de bulles qui exploseront toutes, il est évidemment impossible de prédire laquelle sera la première à dévaster l’économie mondiale. Une des plus grosses bulles, qui pourrait certainement provoquer la chute du système financier, est celle du marché des obligations. Il s’agit d’un marché de 100 000 milliards $ qui a augmenté de manière exponentielle depuis 25 ans et qui est pratiquement à la verticale depuis la crise de 2006-2009.

Les gouvernements, désespérés, créent de la monnaie comme s’il n’y avait pas de lendemain, dans l’espoir de garder le monde à flot encore quelques années. Mais, comme je l’ai souligné tant de fois, vous ne pouvez créer ni de la stabilité économique, ni de la richesse, en imprimant de la monnaie ou en augmentant le fardeau de la dette.

Les gouvernements ne peuvent se permettre des taux d’intérêt supérieurs à zéro

En temps normal, les gouvernements seraient devenus totalement insolvables avec les niveaux élevés de dette qu’ils créent. Mais le Japon a réglé ce problème il y a vingt ans en fixant les taux à zéro. Cette tendance s’est accélérée ces deux dernières années et il existe maintenant plus de 8 000 milliards $ d’obligations gouvernementales à rendement négatif à travers le monde. Mais, évidemment, les gouvernements n’ont jamais de problème à payer les intérêts, puisqu’ils n’ont qu’à émettre encore plus de dette pour les payer.

Comme les gouvernements du monde entier sont en concurrence pour baisser les taux d’intérêt, la Réserve fédérale américaine continue de menacer de monter les taux… Mais nous sommes dans un système financier mondial qui est entièrement interdépendant. La plus grande économie du monde ne peut monter les taux sans que cela ait de graves conséquences sur le système financier et le dollar. De plus, pour les États-Unis eux-mêmes, monter les taux à ce stade irait totalement à l’encontre de la tendance de l’économie réelle. Les profits des sociétés sont en déclin, ainsi que la production industrielle, et plusieurs indicateurs vont dans ce sens, comme le fret, le transport et le trafic conteneurs. Et le taux de chômage réel n’est pas de 5%, mais bien de 23%. Mais le plus important est que la dette fédérale américaine, qui se situe aujourd’hui à 19 000 milliards $, devrait atteindre au moins 28 000 milliards $ d’ici dix ans, selon le Central Budget Office. Cette dette pourrait fort bien atteindre 35 000 milliards $ ou plus d’ici 2025 si la croissance américaine n’est pas au rendez-vous, ce qui devrait être le cas, sans doute. Avec toute cette pression, il serait étonnant que le gouvernement américain monte les taux en juin, malgré le tapage médiatique actuel.

Des taux d’intérêt de 15-20% mèneront à des faillites

Le dilemme est qu’avec 230 000 milliards $ de dette, des taux d’intérêt plus élevés garantissent de provoquer des faillites et du helicopter money. Et cela accélérera la course vers le bas des devises, menant à l’hyperinflation et des taux d’intérêt bien plus élevés.

Le monde ne voit actuellement pas le risque d’hyperinflation. Pourtant c’est la conséquence évidente de cette folie de dette créée par les gouvernements. Ils ne laisseront certainement pas l’économie mondiale se diriger vers une implosion déflationniste globale sans d’abord injecter des quantités illimitées de monnaie imprimée sans valeur pour essayer de résoudre le problème.

Les obligations à 100 ans seront sans valeur à maturité

Il est totalement incompréhensible que l’on puisse prêter de l’argent aux gouvernements avec des rendements nuls ou négatifs alors qu’il est très clair qu’aucun gouvernement ne pourra rembourser cette dette en monnaie d’aujourd’hui. Il est encore plus difficile de comprendre comment on peut prêter de l’argent à des gouvernements insolvables pour 50 ou 100 ans. Des pays comme la Belgique, la France, l’Espagne et l’Italie ont tous émis des obligations à 50 ans. On peut être certain qu’au moins ces deux derniers pays ne seront définitivement pas capables de rembourser ces emprunts, et probablement les deux autres non plus. Mais cela n’a pas vraiment d’importance, vu que la BCE (si elle existe encore) émettra de la monnaie de singe pour acheter ces obligations, comme elle deviendra le seul acheteur de la dette de la Zone euro. Et puis il y a le Mexique, la Belgique et l’Irlande qui ont émis des obligations à 100 ans ! L’Irlande, par exemple, était virtuellement en faillite il y a quelques années et, en 2011, elle payait 14% sur ses obligations à dix ans. Maintenant ils ont créé de l’argent sur 100 ans à 2,3% ! Il est absolument garanti que la valeur de l’euro, comme la valeur de l’obligation, sera descendue à zéro bien avant que les 100 ans soient écoulés. Comment un gestionnaire d’investissement peut-il acheter cette obligation ? Il n’est évidemment pas inquiet, puisqu’il ne sera plus là à maturité, mais il est fort possible que l’obligation devienne sans valeur avant la fin de sa vie active.

Les taux à long terme grimperont vers fin 2016

Le graphique ci-dessous nous montre les bons du Trésor américain à dix ans, mais le rendement plutôt que le prix de l’obligation. La hausse très prononcée de l’obligation (baisse du rendement), de 16% en 1980 à 2% aujourd’hui, ramène le taux au bas record de la fin de la Deuxième guerre mondiale. Il s’agit d’un cycle de 36 ans qui devrait se terminer en 2016. La hausse du rendement pourrait être très rapide à cause de l’impression monétaire massive et d’un dollar qui s’effondre. Je m’attends à ce que le rendement atteigne au moins 16% dans les 5-7 années à venir, et possiblement beaucoup plus.

 

 

Dans les 12 à 18 mois à venir, deux forces tireront les rendements dans des directions différentes. Les gouvernements et les banques centrales continueront de garder les taux à court terme à zéro ou négatifs. Mais c’est une bataille perdue d’avance puisque les détenteurs d’obligations à long terme réaliseront que non seulement les obligations à 50 ou 100 ans ne seront pas remboursées, mais les obligations à court terme également. Les gros détenteurs de dette américaine comme le Japon, la Chine et la Russie, seront en concurrence pour se débarrasser de leurs titres qui se détérioreront rapidement. Il y a clairement un avantage à agir en premier («avantage du précurseur») avant que la panique ne s’installe.

Des taux beaucoup plus élevés n’affecteront pas que les prêteurs et les emprunteurs. Le marché des produits dérivés, de 1 500 000 milliards $, est entièrement lié aux taux d’intérêt, et une fois que les taux augmenteront, la plupart deviendront sans valeur. C’est un problème d’une ampleur que même du helicopter money ne peut résoudre.

La phase finale entraînera la plus grande implosion de l’Histoire

Ceci nous ramène à la notion de risque. Comme je l’ai souvent dit, les risques économiques, financiers et géopolitiques sont actuellement plus grands que jamais. Espérons que le scénario catastrophe ne se réalise pas, parce que si c’est le cas, notre vie sera bien différente, et pour longtemps. Étant donné que nous avons la plus grosse bulle des 100 dernières années, la phase finale devrait mener à la plus grosse implosion du système financier et économique mondial de l’Histoire.

Quels que soient les répercussions de la crise qui frappera le monde dans les années à venir, il est absolument essentiel de protéger son patrimoine contre ces risques. La meilleure assurance financière disponible, et la moins chère, de loin, est l’or et de l’argent physique conservé en dehors du système bancaire. Il s’agit de la seule assurance disponible où la prime, investie dans les métaux, n’a pas à être repayée annuellement, à des taux plus élevés, mais plutôt s’apprécie à mesure que le risque augmente.

Source: GoldSwitzerland

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