Arrêt sur Info : De Gaulle, la France et l’Amérique Par Philippe Conrad

France Histoire

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 france de gaulle

Après 1958, le fondateur de la Ve République entend réaffirmer l’indépendance du pays et défier la puissance dominante. S’il soutient d’emblée Kennedy en octobre 1962 lors de la crise de Cuba, il poursuit ses efforts en matière d’armement atomique et s’oppose à la politique américaine au Vietnam.

De Gaulle, la France et l’Amérique

On imagine qu’en mars prochain [article rédigé en janvier, ndlr] le cinquantième anniversaire de la sortie de l’OTAN décidée en 1966 par le général De Gaulle ne retiendra guère l’attention. L’événement était pourtant de taille, dix-sept ans après la formation de l’Alliance atlantique. On se souvient des véhémentes critiques formulées par les atlantistes de tous bords et de la publicité donnée à l’évacuation des bases américaines installées dans l’Hexagone. Dotée depuis peu d’une force nucléaire autonome, la France ne pouvait logiquement demeurer dans une organisation militaire intégrée au sein de laquelle sa liberté de décision se serait trouvée mise en cause.

Rapidement conclus, les accords Ailleret-Lemnitzer allaient en revanche prévoir, en cas de conflit, les modalités d’engagement des forces françaises aux côtés des alliés. Le choix de l’indépendance effectué par De Gaulle ne signifiait donc pas une rupture avec la grande puissance alliée. Il s’inscrivait pourtant dans une politique étrangère perçue comme celle d’un adversaire de Washington et certains interprétèrent cet antagonisme comme l’écho des relations difficiles qu’avait entretenues le général avec les Américains durant la Deuxième Guerre mondiale.

« Un Français fanatique à l’esprit étroit, dévoré d’ambition et ayant de la démocratie une conception plutôt suspecte », c’est en effet en ces termes que Franklin Delano Roosevelt juge le chef du mouvement des Français libres qui, avec l’appui de Churchill, a décidé dès l’été 1940 de refuser la défaite.

Celui qui entend incarner, avec bien peu de moyens pour le faire, le relèvement de la France supporte mal le maintien des relations entre Washington et Vichy, ou la faveur plus grande dont bénéficie le général Giraud auprès des Américains, pour ne rien dire de la volonté de ceux-ci d’imposer à la France, à travers l’AMGOT, le statut d’un territoire occupé par les Alliés. Selon le ministre britannique Oliver Lyttelton :

« De Gaulle n’a jamais rien laissé passer, c’est ainsi et non par la souplesse et l’urbanité qu’il s’est fait respecter. »

Le retour dans la guerre des forces françaises et la part qu’elles prennent à la victoire ne sont pas plus importants pour De Gaulle que sa volonté d’affirmer la souveraineté et la « grandeur » de la France vis-à-vis des Alliés qui, après le désastre de 1940, ne voyaient plus en elle qu’un acteur mineur du monde à venir.

Après 1958, le fondateur de la Ve République entend réaffirmer l’indépendance du pays et défier la puissance dominante. S’il soutient d’emblée Kennedy en octobre 1962 lors de la crise de Cuba, il poursuit ses efforts en matière d’armement atomique et s’oppose à la politique américaine au Vietnam.

Huit ans avant les États-Unis, le général reconnaît dès 1964 la Chine populaire et tente l’année suivante, avec son voyage en URSS et au nom d’une « Europe de l’Atlantique à l’Oural  », d’engager une « détente » avec le bloc de l’Est. Les voyages effectués en Amérique du Sud, le discours de Phnom Penh ou celui du « Québec libre  » viennent confirmer, tout comme le projet d’un retour à l’étalon-or, la prise de distance avec Washington.

Les choses changent toutefois quand Richard Nixon succède à Lyndon Johnson – avec qui De Gaulle ne s’est jamais entretenu en tête à tête – car le nouveau président américain est un admirateur du général et, en 1969, à la veille du départ de De Gaulle, un net réchauffement des relations s’opère, à un moment où l’intervention soviétique à Prague a sérieusement refroidi les espoirs d’un rapprochement avec l’Est.

Septuagénaire issu de la vieille Europe, formé dans le contexte des drames de la première moitié du siècle, le général De Gaulle – qui surestimait sans doute les possibilités de la France et sa capacité à assumer sa « grandeur » passée, dans un monde où il n’avait pas évalué l’ampleur de la révolution culturelle porteuse des événements de 1968 – avait en revanche parfaitement compris la nécessité de l’indépendance et de la puissance et savait que celle-ci ne valait qu’au service d’une volonté.

Philippe Conrad | NRH n°82 (janvier-février 2016)

De Gaulle, la France et l’Amérique

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Après 1958, le fondateur de la Ve République entend réaffirmer l’indépendance du pays et défier la puissance dominante. S’il soutient d’emblée Kennedy en octobre 1962 lors de la crise de Cuba, il poursuit ses efforts en matière d’armement atomique et s’oppose à la politique américaine au Vietnam.

De Gaulle, la France et l’Amérique

On imagine qu’en mars prochain [article rédigé en janvier, ndlr] le cinquantième anniversaire de la sortie de l’OTAN décidée en 1966 par le général De Gaulle ne retiendra guère l’attention. L’événement était pourtant de taille, dix-sept ans après la formation de l’Alliance atlantique. On se souvient des véhémentes critiques formulées par les atlantistes de tous bords et de la publicité donnée à l’évacuation des bases américaines installées dans l’Hexagone. Dotée depuis peu d’une force nucléaire autonome, la France ne pouvait logiquement demeurer dans une organisation militaire intégrée au sein de laquelle sa liberté de décision se serait trouvée mise en cause.

Rapidement conclus, les accords Ailleret-Lemnitzer allaient en revanche prévoir, en cas de conflit, les modalités d’engagement des forces françaises aux côtés des alliés. Le choix de l’indépendance effectué par De Gaulle ne signifiait donc pas une rupture avec la grande puissance alliée. Il s’inscrivait pourtant dans une politique étrangère perçue comme celle d’un adversaire de Washington et certains interprétèrent cet antagonisme comme l’écho des relations difficiles qu’avait entretenues le général avec les Américains durant la Deuxième Guerre mondiale.

« Un Français fanatique à l’esprit étroit, dévoré d’ambition et ayant de la démocratie une conception plutôt suspecte », c’est en effet en ces termes que Franklin Delano Roosevelt juge le chef du mouvement des Français libres qui, avec l’appui de Churchill, a décidé dès l’été 1940 de refuser la défaite.

Celui qui entend incarner, avec bien peu de moyens pour le faire, le relèvement de la France supporte mal le maintien des relations entre Washington et Vichy, ou la faveur plus grande dont bénéficie le général Giraud auprès des Américains, pour ne rien dire de la volonté de ceux-ci d’imposer à la France, à travers l’AMGOT, le statut d’un territoire occupé par les Alliés. Selon le ministre britannique Oliver Lyttelton :

« De Gaulle n’a jamais rien laissé passer, c’est ainsi et non par la souplesse et l’urbanité qu’il s’est fait respecter. »

Le retour dans la guerre des forces françaises et la part qu’elles prennent à la victoire ne sont pas plus importants pour De Gaulle que sa volonté d’affirmer la souveraineté et la « grandeur » de la France vis-à-vis des Alliés qui, après le désastre de 1940, ne voyaient plus en elle qu’un acteur mineur du monde à venir.

Après 1958, le fondateur de la Ve République entend réaffirmer l’indépendance du pays et défier la puissance dominante. S’il soutient d’emblée Kennedy en octobre 1962 lors de la crise de Cuba, il poursuit ses efforts en matière d’armement atomique et s’oppose à la politique américaine au Vietnam.

Huit ans avant les États-Unis, le général reconnaît dès 1964 la Chine populaire et tente l’année suivante, avec son voyage en URSS et au nom d’une « Europe de l’Atlantique à l’Oural  », d’engager une « détente » avec le bloc de l’Est. Les voyages effectués en Amérique du Sud, le discours de Phnom Penh ou celui du « Québec libre  » viennent confirmer, tout comme le projet d’un retour à l’étalon-or, la prise de distance avec Washington.

Les choses changent toutefois quand Richard Nixon succède à Lyndon Johnson – avec qui De Gaulle ne s’est jamais entretenu en tête à tête – car le nouveau président américain est un admirateur du général et, en 1969, à la veille du départ de De Gaulle, un net réchauffement des relations s’opère, à un moment où l’intervention soviétique à Prague a sérieusement refroidi les espoirs d’un rapprochement avec l’Est.

Septuagénaire issu de la vieille Europe, formé dans le contexte des drames de la première moitié du siècle, le général De Gaulle – qui surestimait sans doute les possibilités de la France et sa capacité à assumer sa « grandeur » passée, dans un monde où il n’avait pas évalué l’ampleur de la révolution culturelle porteuse des événements de 1968 – avait en revanche parfaitement compris la nécessité de l’indépendance et de la puissance et savait que celle-ci ne valait qu’au service d’une volonté.

Philippe Conrad | NRH n°82 (janvier-février 2016)

De Gaulle, la France et l’Amérique

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Après 1958, le fondateur de la Ve République entend réaffirmer l’indépendance du pays et défier la puissance dominante. S’il soutient d’emblée Kennedy en octobre 1962 lors de la crise de Cuba, il poursuit ses efforts en matière d’armement atomique et s’oppose à la politique américaine au Vietnam.

De Gaulle, la France et l’Amérique

On imagine qu’en mars prochain [article rédigé en janvier, ndlr] le cinquantième anniversaire de la sortie de l’OTAN décidée en 1966 par le général De Gaulle ne retiendra guère l’attention. L’événement était pourtant de taille, dix-sept ans après la formation de l’Alliance atlantique. On se souvient des véhémentes critiques formulées par les atlantistes de tous bords et de la publicité donnée à l’évacuation des bases américaines installées dans l’Hexagone. Dotée depuis peu d’une force nucléaire autonome, la France ne pouvait logiquement demeurer dans une organisation militaire intégrée au sein de laquelle sa liberté de décision se serait trouvée mise en cause.

Rapidement conclus, les accords Ailleret-Lemnitzer allaient en revanche prévoir, en cas de conflit, les modalités d’engagement des forces françaises aux côtés des alliés. Le choix de l’indépendance effectué par De Gaulle ne signifiait donc pas une rupture avec la grande puissance alliée. Il s’inscrivait pourtant dans une politique étrangère perçue comme celle d’un adversaire de Washington et certains interprétèrent cet antagonisme comme l’écho des relations difficiles qu’avait entretenues le général avec les Américains durant la Deuxième Guerre mondiale.

« Un Français fanatique à l’esprit étroit, dévoré d’ambition et ayant de la démocratie une conception plutôt suspecte », c’est en effet en ces termes que Franklin Delano Roosevelt juge le chef du mouvement des Français libres qui, avec l’appui de Churchill, a décidé dès l’été 1940 de refuser la défaite.

Celui qui entend incarner, avec bien peu de moyens pour le faire, le relèvement de la France supporte mal le maintien des relations entre Washington et Vichy, ou la faveur plus grande dont bénéficie le général Giraud auprès des Américains, pour ne rien dire de la volonté de ceux-ci d’imposer à la France, à travers l’AMGOT, le statut d’un territoire occupé par les Alliés. Selon le ministre britannique Oliver Lyttelton :

« De Gaulle n’a jamais rien laissé passer, c’est ainsi et non par la souplesse et l’urbanité qu’il s’est fait respecter. »

Le retour dans la guerre des forces françaises et la part qu’elles prennent à la victoire ne sont pas plus importants pour De Gaulle que sa volonté d’affirmer la souveraineté et la « grandeur » de la France vis-à-vis des Alliés qui, après le désastre de 1940, ne voyaient plus en elle qu’un acteur mineur du monde à venir.

Après 1958, le fondateur de la Ve République entend réaffirmer l’indépendance du pays et défier la puissance dominante. S’il soutient d’emblée Kennedy en octobre 1962 lors de la crise de Cuba, il poursuit ses efforts en matière d’armement atomique et s’oppose à la politique américaine au Vietnam.

Huit ans avant les États-Unis, le général reconnaît dès 1964 la Chine populaire et tente l’année suivante, avec son voyage en URSS et au nom d’une « Europe de l’Atlantique à l’Oural  », d’engager une « détente » avec le bloc de l’Est. Les voyages effectués en Amérique du Sud, le discours de Phnom Penh ou celui du « Québec libre  » viennent confirmer, tout comme le projet d’un retour à l’étalon-or, la prise de distance avec Washington.

Les choses changent toutefois quand Richard Nixon succède à Lyndon Johnson – avec qui De Gaulle ne s’est jamais entretenu en tête à tête – car le nouveau président américain est un admirateur du général et, en 1969, à la veille du départ de De Gaulle, un net réchauffement des relations s’opère, à un moment où l’intervention soviétique à Prague a sérieusement refroidi les espoirs d’un rapprochement avec l’Est.

Septuagénaire issu de la vieille Europe, formé dans le contexte des drames de la première moitié du siècle, le général De Gaulle – qui surestimait sans doute les possibilités de la France et sa capacité à assumer sa « grandeur » passée, dans un monde où il n’avait pas évalué l’ampleur de la révolution culturelle porteuse des événements de 1968 – avait en revanche parfaitement compris la nécessité de l’indépendance et de la puissance et savait que celle-ci ne valait qu’au service d’une volonté.

Philippe Conrad | NRH n°82 (janvier-février 2016)

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Après 1958, le fondateur de la Ve République entend réaffirmer l’indépendance du pays et défier la puissance dominante. S’il soutient d’emblée Kennedy en octobre 1962 lors de la crise de Cuba, il poursuit ses efforts en matière d’armement atomique et s’oppose à la politique américaine au Vietnam.

De Gaulle, la France et l’Amérique

On imagine qu’en mars prochain [article rédigé en janvier, ndlr] le cinquantième anniversaire de la sortie de l’OTAN décidée en 1966 par le général De Gaulle ne retiendra guère l’attention. L’événement était pourtant de taille, dix-sept ans après la formation de l’Alliance atlantique. On se souvient des véhémentes critiques formulées par les atlantistes de tous bords et de la publicité donnée à l’évacuation des bases américaines installées dans l’Hexagone. Dotée depuis peu d’une force nucléaire autonome, la France ne pouvait logiquement demeurer dans une organisation militaire intégrée au sein de laquelle sa liberté de décision se serait trouvée mise en cause.

Rapidement conclus, les accords Ailleret-Lemnitzer allaient en revanche prévoir, en cas de conflit, les modalités d’engagement des forces françaises aux côtés des alliés. Le choix de l’indépendance effectué par De Gaulle ne signifiait donc pas une rupture avec la grande puissance alliée. Il s’inscrivait pourtant dans une politique étrangère perçue comme celle d’un adversaire de Washington et certains interprétèrent cet antagonisme comme l’écho des relations difficiles qu’avait entretenues le général avec les Américains durant la Deuxième Guerre mondiale.

« Un Français fanatique à l’esprit étroit, dévoré d’ambition et ayant de la démocratie une conception plutôt suspecte », c’est en effet en ces termes que Franklin Delano Roosevelt juge le chef du mouvement des Français libres qui, avec l’appui de Churchill, a décidé dès l’été 1940 de refuser la défaite.

Celui qui entend incarner, avec bien peu de moyens pour le faire, le relèvement de la France supporte mal le maintien des relations entre Washington et Vichy, ou la faveur plus grande dont bénéficie le général Giraud auprès des Américains, pour ne rien dire de la volonté de ceux-ci d’imposer à la France, à travers l’AMGOT, le statut d’un territoire occupé par les Alliés. Selon le ministre britannique Oliver Lyttelton :

« De Gaulle n’a jamais rien laissé passer, c’est ainsi et non par la souplesse et l’urbanité qu’il s’est fait respecter. »

Le retour dans la guerre des forces françaises et la part qu’elles prennent à la victoire ne sont pas plus importants pour De Gaulle que sa volonté d’affirmer la souveraineté et la « grandeur » de la France vis-à-vis des Alliés qui, après le désastre de 1940, ne voyaient plus en elle qu’un acteur mineur du monde à venir.

Après 1958, le fondateur de la Ve République entend réaffirmer l’indépendance du pays et défier la puissance dominante. S’il soutient d’emblée Kennedy en octobre 1962 lors de la crise de Cuba, il poursuit ses efforts en matière d’armement atomique et s’oppose à la politique américaine au Vietnam.

Huit ans avant les États-Unis, le général reconnaît dès 1964 la Chine populaire et tente l’année suivante, avec son voyage en URSS et au nom d’une « Europe de l’Atlantique à l’Oural  », d’engager une « détente » avec le bloc de l’Est. Les voyages effectués en Amérique du Sud, le discours de Phnom Penh ou celui du « Québec libre  » viennent confirmer, tout comme le projet d’un retour à l’étalon-or, la prise de distance avec Washington.

Les choses changent toutefois quand Richard Nixon succède à Lyndon Johnson – avec qui De Gaulle ne s’est jamais entretenu en tête à tête – car le nouveau président américain est un admirateur du général et, en 1969, à la veille du départ de De Gaulle, un net réchauffement des relations s’opère, à un moment où l’intervention soviétique à Prague a sérieusement refroidi les espoirs d’un rapprochement avec l’Est.

Septuagénaire issu de la vieille Europe, formé dans le contexte des drames de la première moitié du siècle, le général De Gaulle – qui surestimait sans doute les possibilités de la France et sa capacité à assumer sa « grandeur » passée, dans un monde où il n’avait pas évalué l’ampleur de la révolution culturelle porteuse des événements de 1968 – avait en revanche parfaitement compris la nécessité de l’indépendance et de la puissance et savait que celle-ci ne valait qu’au service d’une volonté.

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