l’USINE NOUVELLE : Les cinq faits marquants à retenir sur la perte d’attractivité de la France par Solène Davesne


Publié le 24/05/2016 À 07H00

baromètre Selon le baromètre EY, la France est nettement devancé en 2015 par l’Allemagne et la Grande-Bretagne dans la course pour attirer les investisseurs étrangers sur son sol

Malgré sa position géographique centrale et les communiqués optimistes de Business France sur l’attractivité de notre territoire, la France n’attire pas autant d’investissements physiques étrangers que ses grands voisins. Revue des faits marquants et chiffrés de l’année avec la société de conseil EY.

Le décrochage s’est accéléré 

Rétrogradée à la troisième place européenne pour les investisseurs étrangers depuis 2010, la France a encore augmenté son retard par rapport à l’Allemagne et la Grande-Bretagne, leader incontestée en matière d’attractivité.

Avec 598 projets menés à bien, la France a attiré presque autant de projet que l’an dernier, selon le baromètre EY. Dans le même temps, le nombre d’investissements directs étrangers en Europe s’est en revanche envolé de 14 %. L’Allemagne a ainsi réussi à convaincre 946 investisseurs de s’implanter sur son sol (+9 % par rapport à 2014). Loin des craintes du Brexit, les entreprises étrangères ont continué à plébisciter la Grande-Bretagne, qui caracole en tête avec 1065 projets, en hausse de 20 % sur un an.

« La nature des investissements l’avantage. Les projets se font de plus en plus dans les services, qui est la spécialité claire de la Grande-Bretagne. Le pays a aussi su développer un marketing efficace », souligne Marc Lhermitte, associé chez EY Les projets réalisés en France ont représenté 13 639 nouveaux emplois, soit la cinquième performance européenne seulement derrière la Pologne et la Russie.

La France a perdu la bataille des sièges sociaux 
Difficile de rivaliser avec Londres pour attirer des sièges sociaux. En 2015, la Grande-Bretagne a raflé 150 décisions d’implantations de centres de décision, soit la moitié des projets européens. Avec 11 projets seulement, la France ne pointe que sixième, devancée par l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Irlande et la Suisse.

Comme le rappelle une récente note du Conseil d’analyse économique, la présence de centres de décision est pourtant stratégique car ils ont un fort effet de levier pour localiser ensuite d’autres sites du groupe dans le pays. Pour les experts du CAE, la France devrait miser sur la qualité de ses infrastructures pour les cadres internationaux, comme les lycées internationaux. Le niveau de l’impôt sur les sociétés aurait un effet marginal.

Marc Lhermitte est moins catégorique. « En comité d’investissement, il y a toujours un moment où on fait défiler les slides des principaux taux d’impôts de chaque pays. La France ne doit pas forcément faire baisser ses d’IS, mais elle doit faire un marketing de sa fiscalité », estime l’expert.

Les investisseurs chinois ne sont pas au rendez-vous
La France est aussi en mauvaise posture pour attirer les nouveaux investisseurs étrangers en provenance des pays émergents, et notamment des chinois. Ce sont pourtant des investisseurs très convoités car ils commencent à peine à s’implanter. En Europe, les investisseurs chinois représentent 5 % des implantations de sites mais pèsent seulement 2 % des projets en France. En 2015, les investisseurs chinois ont réalisé 74 projets d’implantations en Allemagne, 68 en Grande-Bretagne, 19 aux Pays-Bas et seulement 14 en France. L’OPA de Kuka, le fabricant de robots industriels allemands par le groupe chinois Midea confirme le tropisme de ces investisseurs.

La note du CAE soulignait d’ailleurs que le recul des implantations de centres de décision en France s’expliquait aussi par la faible présence d’investisseurs émergents.  Pour EY, tout n’est cependant pas perdu. « Comme cela s’était passé avec le Japon, la France devra attendre la deuxième vague des investisseurs chinois « , estime Marc Lhermitte. Dans les années 80, les groupes japonais avaient d’abord misé sur  l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Avant de venir en France dans les années 2000 comme Toyota. Mais il faut déjà s’y préparer.

L’industrie, principale carte à jouer pour l’attractivité
Pour attirer les investisseurs étrangers, la France devrait davantage jouer la carte de l’industrie du futur. Car c’est là que se niche encore sa principale force. La France reste la première destination d’accueil en Europe pour les sites de production, même si les projets sont à 80 % des extensions de sites existants de petite taille.

L’attractivité de la France progresse pour les centres de R&D, avec plus  66 % de projets menés en 2015 par rapport à l’année précédent. Mais si l’Hexagone rattrape une partie de son retard, il reste une nouvelle fois bon troisième derrière l’Allemagne et la Grande Bretagne. S’il continue à jouer favorablement, le crédit d’impôt recherche n’est plus si discriminant car il est désormais rentré dans les mœurs des investisseurs et d’autres pays européens se sont dotés de dispositifs similaires.

L’image s’améliore, mais il reste à faire
Avec 80 % de décideurs étrangers satisfaits de l’attractivité de la France, la perception remonte à son niveau d’avant crise. C’est l’effet Emmanuel Macron. « Il y a un discours moins clivant et une meilleure stratégie vis-à-vis des relais d’opinion », souligne Marc Lhermitte, qui se félicite de la tenue régulière des conseils stratégiques de l’attractivité à l’Elysée et de la réussite de la campagne autour de la French tech.

Tout n’est donc pas perdu. Mais pour l’instant, la fin du french bashing ne se traduit pas en projets concrets. Les intentions de s’installer en France dans les douze prochains mois ont reculé de 35 % en 2015 à 24 % en 2016. « Les handicaps de la France sont restent les même : un coût du travail et une fiscalité élevée et un droit du travail perçu comme rigide. Les investisseurs ont l’impression que peu de choses ont changé au final », estime Marc Lhermitte.

Les cinq faits marquants à retenir sur la perte d’attractivité de la France

Solène Davesne

Publié le 24/05/2016 À 07H00

baromètre Selon le baromètre EY, la France est nettement devancé en 2015 par l’Allemagne et la Grande-Bretagne dans la course pour attirer les investisseurs étrangers sur son sol

Malgré sa position géographique centrale et les communiqués optimistes de Business France sur l’attractivité de notre territoire, la France n’attire pas autant d’investissements physiques étrangers que ses grands voisins. Revue des faits marquants et chiffrés de l’année avec la société de conseil EY.

Le décrochage s’est accéléré 

Rétrogradée à la troisième place européenne pour les investisseurs étrangers depuis 2010, la France a encore augmenté son retard par rapport à l’Allemagne et la Grande-Bretagne, leader incontestée en matière d’attractivité.

Avec 598 projets menés à bien, la France a attiré presque autant de projet que l’an dernier, selon le baromètre EY. Dans le même temps, le nombre d’investissements directs étrangers en Europe s’est en revanche envolé de 14 %. L’Allemagne a ainsi réussi à convaincre 946 investisseurs de s’implanter sur son sol (+9 % par rapport à 2014). Loin des craintes du Brexit, les entreprises étrangères ont continué à plébisciter la Grande-Bretagne, qui caracole en tête avec 1065 projets, en hausse de 20 % sur un an.

« La nature des investissements l’avantage. Les projets se font de plus en plus dans les services, qui est la spécialité claire de la Grande-Bretagne. Le pays a aussi su développer un marketing efficace », souligne Marc Lhermitte, associé chez EY Les projets réalisés en France ont représenté 13 639 nouveaux emplois, soit la cinquième performance européenne seulement derrière la Pologne et la Russie.

La France a perdu la bataille des sièges sociaux 
Difficile de rivaliser avec Londres pour attirer des sièges sociaux. En 2015, la Grande-Bretagne a raflé 150 décisions d’implantations de centres de décision, soit la moitié des projets européens. Avec 11 projets seulement, la France ne pointe que sixième, devancée par l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Irlande et la Suisse.

Comme le rappelle une récente note du Conseil d’analyse économique, la présence de centres de décision est pourtant stratégique car ils ont un fort effet de levier pour localiser ensuite d’autres sites du groupe dans le pays. Pour les experts du CAE, la France devrait miser sur la qualité de ses infrastructures pour les cadres internationaux, comme les lycées internationaux. Le niveau de l’impôt sur les sociétés aurait un effet marginal.

Marc Lhermitte est moins catégorique. « En comité d’investissement, il y a toujours un moment où on fait défiler les slides des principaux taux d’impôts de chaque pays. La France ne doit pas forcément faire baisser ses d’IS, mais elle doit faire un marketing de sa fiscalité », estime l’expert.

Les investisseurs chinois ne sont pas au rendez-vous
La France est aussi en mauvaise posture pour attirer les nouveaux investisseurs étrangers en provenance des pays émergents, et notamment des chinois. Ce sont pourtant des investisseurs très convoités car ils commencent à peine à s’implanter. En Europe, les investisseurs chinois représentent 5 % des implantations de sites mais pèsent seulement 2 % des projets en France. En 2015, les investisseurs chinois ont réalisé 74 projets d’implantations en Allemagne, 68 en Grande-Bretagne, 19 aux Pays-Bas et seulement 14 en France. L’OPA de Kuka, le fabricant de robots industriels allemands par le groupe chinois Midea confirme le tropisme de ces investisseurs.

La note du CAE soulignait d’ailleurs que le recul des implantations de centres de décision en France s’expliquait aussi par la faible présence d’investisseurs émergents.  Pour EY, tout n’est cependant pas perdu. « Comme cela s’était passé avec le Japon, la France devra attendre la deuxième vague des investisseurs chinois « , estime Marc Lhermitte. Dans les années 80, les groupes japonais avaient d’abord misé sur  l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Avant de venir en France dans les années 2000 comme Toyota. Mais il faut déjà s’y préparer.

L’industrie, principale carte à jouer pour l’attractivité
Pour attirer les investisseurs étrangers, la France devrait davantage jouer la carte de l’industrie du futur. Car c’est là que se niche encore sa principale force. La France reste la première destination d’accueil en Europe pour les sites de production, même si les projets sont à 80 % des extensions de sites existants de petite taille.

L’attractivité de la France progresse pour les centres de R&D, avec plus  66 % de projets menés en 2015 par rapport à l’année précédent. Mais si l’Hexagone rattrape une partie de son retard, il reste une nouvelle fois bon troisième derrière l’Allemagne et la Grande Bretagne. S’il continue à jouer favorablement, le crédit d’impôt recherche n’est plus si discriminant car il est désormais rentré dans les mœurs des investisseurs et d’autres pays européens se sont dotés de dispositifs similaires.

L’image s’améliore, mais il reste à faire
Avec 80 % de décideurs étrangers satisfaits de l’attractivité de la France, la perception remonte à son niveau d’avant crise. C’est l’effet Emmanuel Macron. « Il y a un discours moins clivant et une meilleure stratégie vis-à-vis des relais d’opinion », souligne Marc Lhermitte, qui se félicite de la tenue régulière des conseils stratégiques de l’attractivité à l’Elysée et de la réussite de la campagne autour de la French tech.

Tout n’est donc pas perdu. Mais pour l’instant, la fin du french bashing ne se traduit pas en projets concrets. Les intentions de s’installer en France dans les douze prochains mois ont reculé de 35 % en 2015 à 24 % en 2016. « Les handicaps de la France sont restent les même : un coût du travail et une fiscalité élevée et un droit du travail perçu comme rigide. Les investisseurs ont l’impression que peu de choses ont changé au final », estime Marc Lhermitte.

Les cinq faits marquants à retenir sur la perte d’attractivité de la France

Solène Davesne

Publié le 24/05/2016 À 07H00

baromètre Selon le baromètre EY, la France est nettement devancé en 2015 par l’Allemagne et la Grande-Bretagne dans la course pour attirer les investisseurs étrangers sur son sol

Malgré sa position géographique centrale et les communiqués optimistes de Business France sur l’attractivité de notre territoire, la France n’attire pas autant d’investissements physiques étrangers que ses grands voisins. Revue des faits marquants et chiffrés de l’année avec la société de conseil EY.

Le décrochage s’est accéléré 

Rétrogradée à la troisième place européenne pour les investisseurs étrangers depuis 2010, la France a encore augmenté son retard par rapport à l’Allemagne et la Grande-Bretagne, leader incontestée en matière d’attractivité.

Avec 598 projets menés à bien, la France a attiré presque autant de projet que l’an dernier, selon le baromètre EY. Dans le même temps, le nombre d’investissements directs étrangers en Europe s’est en revanche envolé de 14 %. L’Allemagne a ainsi réussi à convaincre 946 investisseurs de s’implanter sur son sol (+9 % par rapport à 2014). Loin des craintes du Brexit, les entreprises étrangères ont continué à plébisciter la Grande-Bretagne, qui caracole en tête avec 1065 projets, en hausse de 20 % sur un an.

« La nature des investissements l’avantage. Les projets se font de plus en plus dans les services, qui est la spécialité claire de la Grande-Bretagne. Le pays a aussi su développer un marketing efficace », souligne Marc Lhermitte, associé chez EY Les projets réalisés en France ont représenté 13 639 nouveaux emplois, soit la cinquième performance européenne seulement derrière la Pologne et la Russie.

La France a perdu la bataille des sièges sociaux 
Difficile de rivaliser avec Londres pour attirer des sièges sociaux. En 2015, la Grande-Bretagne a raflé 150 décisions d’implantations de centres de décision, soit la moitié des projets européens. Avec 11 projets seulement, la France ne pointe que sixième, devancée par l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Irlande et la Suisse.

Comme le rappelle une récente note du Conseil d’analyse économique, la présence de centres de décision est pourtant stratégique car ils ont un fort effet de levier pour localiser ensuite d’autres sites du groupe dans le pays. Pour les experts du CAE, la France devrait miser sur la qualité de ses infrastructures pour les cadres internationaux, comme les lycées internationaux. Le niveau de l’impôt sur les sociétés aurait un effet marginal.

Marc Lhermitte est moins catégorique. « En comité d’investissement, il y a toujours un moment où on fait défiler les slides des principaux taux d’impôts de chaque pays. La France ne doit pas forcément faire baisser ses d’IS, mais elle doit faire un marketing de sa fiscalité », estime l’expert.

Les investisseurs chinois ne sont pas au rendez-vous
La France est aussi en mauvaise posture pour attirer les nouveaux investisseurs étrangers en provenance des pays émergents, et notamment des chinois. Ce sont pourtant des investisseurs très convoités car ils commencent à peine à s’implanter. En Europe, les investisseurs chinois représentent 5 % des implantations de sites mais pèsent seulement 2 % des projets en France. En 2015, les investisseurs chinois ont réalisé 74 projets d’implantations en Allemagne, 68 en Grande-Bretagne, 19 aux Pays-Bas et seulement 14 en France. L’OPA de Kuka, le fabricant de robots industriels allemands par le groupe chinois Midea confirme le tropisme de ces investisseurs.

La note du CAE soulignait d’ailleurs que le recul des implantations de centres de décision en France s’expliquait aussi par la faible présence d’investisseurs émergents.  Pour EY, tout n’est cependant pas perdu. « Comme cela s’était passé avec le Japon, la France devra attendre la deuxième vague des investisseurs chinois « , estime Marc Lhermitte. Dans les années 80, les groupes japonais avaient d’abord misé sur  l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Avant de venir en France dans les années 2000 comme Toyota. Mais il faut déjà s’y préparer.

L’industrie, principale carte à jouer pour l’attractivité
Pour attirer les investisseurs étrangers, la France devrait davantage jouer la carte de l’industrie du futur. Car c’est là que se niche encore sa principale force. La France reste la première destination d’accueil en Europe pour les sites de production, même si les projets sont à 80 % des extensions de sites existants de petite taille.

L’attractivité de la France progresse pour les centres de R&D, avec plus  66 % de projets menés en 2015 par rapport à l’année précédent. Mais si l’Hexagone rattrape une partie de son retard, il reste une nouvelle fois bon troisième derrière l’Allemagne et la Grande Bretagne. S’il continue à jouer favorablement, le crédit d’impôt recherche n’est plus si discriminant car il est désormais rentré dans les mœurs des investisseurs et d’autres pays européens se sont dotés de dispositifs similaires.

L’image s’améliore, mais il reste à faire
Avec 80 % de décideurs étrangers satisfaits de l’attractivité de la France, la perception remonte à son niveau d’avant crise. C’est l’effet Emmanuel Macron. « Il y a un discours moins clivant et une meilleure stratégie vis-à-vis des relais d’opinion », souligne Marc Lhermitte, qui se félicite de la tenue régulière des conseils stratégiques de l’attractivité à l’Elysée et de la réussite de la campagne autour de la French tech.

Tout n’est donc pas perdu. Mais pour l’instant, la fin du french bashing ne se traduit pas en projets concrets. Les intentions de s’installer en France dans les douze prochains mois ont reculé de 35 % en 2015 à 24 % en 2016. « Les handicaps de la France sont restent les même : un coût du travail et une fiscalité élevée et un droit du travail perçu comme rigide. Les investisseurs ont l’impression que peu de choses ont changé au final », estime Marc Lhermitte.

Les cinq faits marquants à retenir sur la perte d’attractivité de la France

Solène Davesne

Publié le 24/05/2016 À 07H00

baromètre Selon le baromètre EY, la France est nettement devancé en 2015 par l’Allemagne et la Grande-Bretagne dans la course pour attirer les investisseurs étrangers sur son sol

Malgré sa position géographique centrale et les communiqués optimistes de Business France sur l’attractivité de notre territoire, la France n’attire pas autant d’investissements physiques étrangers que ses grands voisins. Revue des faits marquants et chiffrés de l’année avec la société de conseil EY.

Le décrochage s’est accéléré 

Rétrogradée à la troisième place européenne pour les investisseurs étrangers depuis 2010, la France a encore augmenté son retard par rapport à l’Allemagne et la Grande-Bretagne, leader incontestée en matière d’attractivité.

Avec 598 projets menés à bien, la France a attiré presque autant de projet que l’an dernier, selon le baromètre EY. Dans le même temps, le nombre d’investissements directs étrangers en Europe s’est en revanche envolé de 14 %. L’Allemagne a ainsi réussi à convaincre 946 investisseurs de s’implanter sur son sol (+9 % par rapport à 2014). Loin des craintes du Brexit, les entreprises étrangères ont continué à plébisciter la Grande-Bretagne, qui caracole en tête avec 1065 projets, en hausse de 20 % sur un an.

« La nature des investissements l’avantage. Les projets se font de plus en plus dans les services, qui est la spécialité claire de la Grande-Bretagne. Le pays a aussi su développer un marketing efficace », souligne Marc Lhermitte, associé chez EY Les projets réalisés en France ont représenté 13 639 nouveaux emplois, soit la cinquième performance européenne seulement derrière la Pologne et la Russie.

La France a perdu la bataille des sièges sociaux 
Difficile de rivaliser avec Londres pour attirer des sièges sociaux. En 2015, la Grande-Bretagne a raflé 150 décisions d’implantations de centres de décision, soit la moitié des projets européens. Avec 11 projets seulement, la France ne pointe que sixième, devancée par l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Irlande et la Suisse.

Comme le rappelle une récente note du Conseil d’analyse économique, la présence de centres de décision est pourtant stratégique car ils ont un fort effet de levier pour localiser ensuite d’autres sites du groupe dans le pays. Pour les experts du CAE, la France devrait miser sur la qualité de ses infrastructures pour les cadres internationaux, comme les lycées internationaux. Le niveau de l’impôt sur les sociétés aurait un effet marginal.

Marc Lhermitte est moins catégorique. « En comité d’investissement, il y a toujours un moment où on fait défiler les slides des principaux taux d’impôts de chaque pays. La France ne doit pas forcément faire baisser ses d’IS, mais elle doit faire un marketing de sa fiscalité », estime l’expert.

Les investisseurs chinois ne sont pas au rendez-vous
La France est aussi en mauvaise posture pour attirer les nouveaux investisseurs étrangers en provenance des pays émergents, et notamment des chinois. Ce sont pourtant des investisseurs très convoités car ils commencent à peine à s’implanter. En Europe, les investisseurs chinois représentent 5 % des implantations de sites mais pèsent seulement 2 % des projets en France. En 2015, les investisseurs chinois ont réalisé 74 projets d’implantations en Allemagne, 68 en Grande-Bretagne, 19 aux Pays-Bas et seulement 14 en France. L’OPA de Kuka, le fabricant de robots industriels allemands par le groupe chinois Midea confirme le tropisme de ces investisseurs.

La note du CAE soulignait d’ailleurs que le recul des implantations de centres de décision en France s’expliquait aussi par la faible présence d’investisseurs émergents.  Pour EY, tout n’est cependant pas perdu. « Comme cela s’était passé avec le Japon, la France devra attendre la deuxième vague des investisseurs chinois « , estime Marc Lhermitte. Dans les années 80, les groupes japonais avaient d’abord misé sur  l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Avant de venir en France dans les années 2000 comme Toyota. Mais il faut déjà s’y préparer.

L’industrie, principale carte à jouer pour l’attractivité
Pour attirer les investisseurs étrangers, la France devrait davantage jouer la carte de l’industrie du futur. Car c’est là que se niche encore sa principale force. La France reste la première destination d’accueil en Europe pour les sites de production, même si les projets sont à 80 % des extensions de sites existants de petite taille.

L’attractivité de la France progresse pour les centres de R&D, avec plus  66 % de projets menés en 2015 par rapport à l’année précédent. Mais si l’Hexagone rattrape une partie de son retard, il reste une nouvelle fois bon troisième derrière l’Allemagne et la Grande Bretagne. S’il continue à jouer favorablement, le crédit d’impôt recherche n’est plus si discriminant car il est désormais rentré dans les mœurs des investisseurs et d’autres pays européens se sont dotés de dispositifs similaires.

L’image s’améliore, mais il reste à faire
Avec 80 % de décideurs étrangers satisfaits de l’attractivité de la France, la perception remonte à son niveau d’avant crise. C’est l’effet Emmanuel Macron. « Il y a un discours moins clivant et une meilleure stratégie vis-à-vis des relais d’opinion », souligne Marc Lhermitte, qui se félicite de la tenue régulière des conseils stratégiques de l’attractivité à l’Elysée et de la réussite de la campagne autour de la French tech.

Tout n’est donc pas perdu. Mais pour l’instant, la fin du french bashing ne se traduit pas en projets concrets. Les intentions de s’installer en France dans les douze prochains mois ont reculé de 35 % en 2015 à 24 % en 2016. « Les handicaps de la France sont restent les même : un coût du travail et une fiscalité élevée et un droit du travail perçu comme rigide. Les investisseurs ont l’impression que peu de choses ont changé au final », estime Marc Lhermitte.

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